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Contenu rédigé par Guinea Pig
Classement des meilleurs critiques: 2.036
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Commentaires écrits par
Guinea Pig

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It Might Get Loud [Import anglais]
It Might Get Loud [Import anglais]
Prix : EUR 24,90

3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 The Edge se lève, Jack White pose sa guitare, Jimmy Page joue Whole Lotta Love..., 31 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : It Might Get Loud [Import anglais] (DVD)
Au-delà du fait qu'il s'agit d'un documentaire vraiment bien fichu sur une rencontre entre Jimmy Page(Led Zeppelin), The Edge (U2), Jack White (The White Stripes, The Raconteurs) et leur rapport à la guitare avec plein d'anecdotes et d'images d'archive, qui s'adresse aussi bien aux musiciens qu'aux fans de rock en général, sans nécessairement être fan des groupes susnommés, le film vaut vraiment le détour pour UNE scène, que je pourrais regarder en boucle toute la journée :
Vers la moitié du film, après que les trois ont causé guitare et comparé leurs expériences dans un hangar aménagé en temple de la guitare, Jimmy Page prend sa guitare et commence à jouer le riff de "Whole Lotta Love". Et là, le film devient indispensable juste pour voir les tronches de Jack White et The Edge se décomposer et laisser place à un sourire béat de gamin en adoration. The Edge se lève pour mieux voir et Jack White pose sa guitare : victoire par K.O. de Jimmy Page qui joue Whole Lotta Love avec un flegme tout britannique...


A Letter Home
A Letter Home
Prix : EUR 16,99

12 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Les limites du vintage, 31 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : A Letter Home (CD)
Quand j'ai entendu ce "nouvel album" de Neil Young, je ne savais rien du concept derrière et du procédé d'enregistrement. Tout ce que j'y ai entendu, c'est des énièmes démos retrouvées "comme par miracle" dans le grenier du cousin d'un mec qui connaissait une fille qui connaissant un assistant dans le studio dans lequel un mec inconnu appelé Neil Young aurait enregistré des chansons pour l'anniversaire de sa mère... Un objet purement dispensable, en gros, à part pour les complétistes...
Et à vrai dire, après avoir entendu l'histoire derrière l'enregistrement de ces chansons, mon avis n'a absolument pas changé. Neil Young a une notoriété telle qu'il peut enregistrer tout et n'importe quoi (on pensera à "Arc" ou "Trans", que j'aime, par ailleurs, hein), voire lui-même en train de tirer la chasse d'eau chez lui tout en sifflant un blues de Blind Willie Johnson, et il y aura toujours quelqu'un pour crier au génie. Et de l'autre côté, on a Jack White (Jack White III, pardon), intégriste du tout analogique qui aime fabriquer des guitares électriques avec une planche pourrie, des clous et une bouteille de soda (voir l'excellent It Might Get Loud, et qui, s'il le pouvait, enregistrerait ses compositions sur des défenses de mammouth...
Le vintage est à la mode ; les musiciens crachent sur le numérique et ne jurent plus que l'analogique (synthés, effets, enregistrement...), le vinyle est redevenu le support musical préféré des mélomanes, même la K7 connaît un retour en grâce, mais ça ne suffit pas à Jack White, il faut qu'il nous prouve qu'il est le roi du vintage en nous ressortant un obscur procédé d'enregistrement qu'il a dû payer une fortune.
Le résultat parlera à certains, qui lui trouveront une certaine beauté, certains verront en cet album un pied de nez à l'industrie du disque, on pourra y entendre un hommage de Neil Young et de Jack White à un passé musical révolu... Moi ce que j'y entends, c'est un concept grésillant...


Machinists of Joy [Lp/CD]
Machinists of Joy [Lp/CD]
Prix : EUR 24,75

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Indus Machine Music pour bouger son bassin de la Ruhr, 31 mai 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Machinists of Joy [Lp/CD] (Album vinyle)
Je ne vais pas m'amuser à comparer le nouvel album des Krupps aux précédents, pour la simple et bonne raison que je ne les écoutais pas, mon esprit d'adolescent indus étant à l'époque déjà obnubilé par Nine Inch Nails, KMFDM, Ministry, Marilyn Manson ou Rammstein. A l'écoute de " Machinists of Joy", je réalise que c'est une erreur qu'il va falloir tâcher de réparer rapidement.
A vrai dire, la seule raison qui m'a amené à jeter une oreille du côté de cet album est la copie à l'identique de la pochette du Metal Machine Music de Lou Reed. Une nouvelle reprise inaudible d'une oeuvre inaudible ? Que nenni ! Un effet marketing ? Mmh, copier la pochette d'un des albums les plus insupportables de l'histoire du rock ne me semble pas très vendeur...
Et dès la première écoute, on comprend : contrairement au larsen de Lou Reed, cet album des Krupps est quant à lui un véritable hymne musical à ces machines qui travaillent dans l'industrie du métal. Au risque de paraître pompeux, je pense que le terme "metal industriel" a été inventé pour cet album des Krupps, car jusqu'à maintenant je n'ai jamais entendu un album d'indus qui évoque autant les usines et la métallurgie dans la musique, mais surtout dans les paroles.
Musicalement, ce n'est même plus une madeleine de Proust, mais carrément tout un quatre-quarts de Proust que je retrouve : une bonne cuve d'EBM incandescent avec ses grosses lignes de basse viscérales et son chant scandé à la DAF, un haut-fourneau rempli d'électronique énervée à la KMFDM, un chef d'atelier à la voix bien grave et corrosive à la Laibach, des riffs en fusion dans-ta-face à la Rammstein...
Comme toujours, je ne peux qu'être émerveillé devant le fait que l'industrie toute proche du bassin de la Ruhr a pu engendrer à Düsseldorf une telle quantité de groupes incroyables : Neu!, DAF, Kraftwerk, Die Krupps...
Si vous arrivez à mettre la main sur l'édition limitée de l'album, je ne peux que vous conseiller de vous jeter dessus, puisque on y a droit en bonus à, entre autres, une reprise de "Panik", de Métal Urbain (décidément, le métal est omniprésent) et une chanson avec Geoffroy "Dernière Volonté" D., qui mériteraient amplement de figurer sur l'album.


Benji
Benji
Prix : EUR 19,00

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Mark Kozelek chante 1103 morts et une comédie sur un chien, 30 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Benji (CD)
Mark Kozelek affirme qu'il a appelé l'album "Benji" (en référence au film où le protagoniste est un chien) pour donner une note plus légère à l'album... Mais l'évocation d'un gentil chien qui sauve des enfants kidnappés ne suffit pas à faire oublier les 1103 personnes décédées auxquelles il fait allusion au cours des chansons. Oui, 1103, j'ai compté ! En vrac, il chante la mort des 918 morts de la secte "Le Temple du Peuple" de Jim Jones, des 77 personnes tuées par le Norvégien Anders Breivik, de l'épouse d'un ami de son père qui a mis fin aux souffrances de sa femme malade en lui tirant une balle dans la tête, de James Gandolfini, le protagoniste des Sopranos, du tueur en série Richard Ramirez, décédé de causes naturelles, des victimes de ce dernier, de sa grand-mère, d'Elvis Presley, d'amis à lui, d'une cousine et d'un oncle qui sont décédés à quelques années d'écart, après avoir jeté des aérosols dans un feu, de John Bonham, le batteur de Led Zeppelin, etc etc.
La mort est omniprésente dans cet album, et occulte complètement la question que de nombreuses personnes se posent sur le fait qu'il continue à sortir des albums sous le nom de Sun Kil Moon, alors qu'il en est le seul membre... Kozelek approche dangereusement de la cinquantaine et ça se sent. Dans un style très simple, avec une fausse naïveté, Kozelek raconte ses histoires avec souvent ce flot ininterrompu de paroles passant du coq à l'âne, passant de questions fondamentales sur par exemple l'indifférence des Américains face aux tueries à répétition, pour enchaîner sur des détails personnels infimes, comme le fait qu'il était en train de manger des nouilles japonaises en buvant du thé vert lorsqu'il a appris la mort de James Gandolfini... Le tout semble avoir été écrit de manière très spontanée, puisqu'il parle souvent au présent, comme lorsqu'il dit qu'il "doit prendre le vol de 10h45 le lendemain" ou sur "Richard Ramirez died today of natural causes", lorsqu'il dit que le batteur qui doit venir jouer de la batterie sur l'album (Steve Shelley, feu Sonic Youth) a le même âge que James Gandolfini avait lorsqu'il est décédé, alors que le batteur joue sur cette même chanson.
Cette mélancolie se ressent évidemment dans la musique et dans le chant : simples et habités, sa guitare acoustique étant parfois accompagnée d'instrumentations sans fioritures, avec ces choeurs discrets qui dédoublent le chant de Mark Kozelek de manière toujours aussi étrange.
Mais ses réflexions sur la mort l'amènent heureusement à aussi célébrer ceux qui sont vivants, comme ses vibrants hommages à sa mère sur "I can't live without my mother's love", à son père sur "I love my dad", à son ami le musicien Ben Gibbard (The Postal Service, Death Cab For Cutie) sur "Ben's My Friend", ou lorsqu'il raconte en détail son éveil sexuel et les différentes femmes qui y sont associées sur "Dogs".


They Live
They Live
Proposé par reflexgb
Prix : EUR 45,52

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Obéissez ! Achetez ce disque !, 29 mai 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : They Live (Album vinyle)
Certaines personnes attendent impatiemment l'arrivée des extraterrestres sur terre. John Nada, le héros du film "They Live", les attendait nettement moins. Quant à moi, ce que j'attendais avec impatience, c'était des rééditions dignes de ce nom pour les B.O. des films de John Carpenter. J'en ai rêvé, c'est pas Sony qui l'a fait, mais Death Waltz, un label anglais spécialisé dans des rééditions luxueuses en vinyle de B.O. de films penchant du côté obscur.
Au-delà de l'objet lui-même, qui est vraiment magnifique, soit dit en passant, et du film, qui est un de mes préférés dans l'oeuvre de Carpenter (ne serait-ce que pour l'interminable scène de baston), cette B.O., composée par Carpenter et Alan Howarth, ne figurait pas parmi mes préférées de l'oeuvre du Maître. Le blues électronique était peut-être un peu trop "blues" et "pas assez électronique" à mon goût... Mais force est de constater que depuis plusieurs jours, l'album fait des aller-retours incessants sur la platine, et que je suis possédé par le thème musical récurrent.
Je n'ai pourtant pas enfilé de quelconque paire de lunettes qui me ferait voir la réalité autrement, mais cette B.O. marque pour moi la fin de l'époque faste de John Carpenter le compositeur avec un grand "C" (la fin de John Carpenter le réalisateur avec un grand "R" venant quelques années plus tard...). En terme de créativité, c'est la dernière oeuvre pour laquelle il peut être qualifié de défricheur, puisqu'il perd sérieusement son avance sur sa B.O. suivante, "In The Mouth Of Madness", avant d'être sérieusement dépassé sur celles qui suivront. Sur "They Live", il parvient à allier cette musique électronique minimaliste instaurée dès "Assault on Precinct 13" à des sonorités plus "rock", qui le perdront par la suite, selon moi.


Along the Way
Along the Way
Prix : EUR 20,25

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 Le long du chemin de la new age, 29 mai 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Along the Way (Album vinyle)
On ne m'a jamais offert de collier de nouilles... Mais à l'écoute du dernier album en date de Mark McGuire, j'ai l'impression de comprendre ce que les parents peuvent ressentir quand ce qu'ils ont de plus cher au monde leur offre ce qu'il y a de plus laid au monde... De la gêne teintée d'affection, voilà ce qu'"Along The Way" m'inspire, si tant est qu'inspiration il y a...
Inspiré, Mark McGuire l'a été, en tout cas, pour écrire le livret qui accompagne l'album : un interminable fatras de considérations philosophiques discount sur la découverte de soi, avec des perles comme "L'amour est l'essence qui donne vie à la Terre" ou "cet album est une vénération de toute vie et de toute énergie existant dans l'univers"... Oui, ça empeste furieusement le patchouli, le jardin zen miniature et le dreamcatcher... Rien qu'à lire le livret, on comprend que la musique baigne dans un bain new age. Attention, la musique de Mark McGuire n'est pas encore prête à être commercialisée dans les rayons de cette chaîne bien connue de magasins prônant la nature et les découvertes, mais à l'instar de nombreux musiciens talentueux comme Popol Vuh, Mike Oldfield ou Deuter, la plongée dans la soupe new age peut s'avérer sans retour. D'ailleurs, la musique de Mark McGuire présente plus d'une similitude avec celle des musiciens cités plus haut. Il n'en est ici qu'à son baptême avec brassards dans le petit bain, mais de là à tenter le plongeoir de 10 mètres dans le grand bain, il n'y a qu'un pas... On sentait déja sur l'album précédent, Get Lost, que Mark McGuire s'était assagi musicalement, et qu'il aspirait à un peu plus de sérénité, à garder un peu les pieds sur le plancher des vaches plutôt que d'explorer l'hyperespace musical comme il en avait l'habitude au sein d'Emeralds. Mais ici, c'est tellement serein que c'en est insipide : nappes amorphes, séquences de synthétiseurs très linéaires, guitares fades, chant indolent... Ca m'ennuie vraiment de dire ça d'un album d'un musicien que je vénérais (autant que lui vénère l'univers...), mais l'ennui, c'est que je m'ennuie à l'écoute de cet album...
Au moins, à l'inverse d'un collier de nouilles, le nouvel album de Mark McGuire se laisse digérer, lui...


Slow Focus (Inclus Coupon MP3)
Slow Focus (Inclus Coupon MP3)
Prix : EUR 28,24

3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Saturation de transe saturée, 12 décembre 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Slow Focus (Inclus Coupon MP3) (Album vinyle)
Je m'étais très peu attardé sur Tarot Sport, leur précédent album, et ce à cause d'une conclusion un peu hâtive que j'en avais tiré ; je le trouvais trop orienté "dancefloor". Lorsque je le réécoute maintenant, je me dis que je suis allé un peu vite en besogne, que Tarot Sport n'a pas dû enflammer les pistes juste parce que les rythmes étaient un peu plus terre à terre que sur Street Horrrsing... Et dès la première écoute du nouvel album, j'ai retrouvé cet enthousiasme primitif qui s'était emparé de moi avec le premier album. Cette esthétique bruitiste et tribale au service d'une musique confinant à la transe. Une bonne rythmique un peu martiale, un petit gimmick électronique légèrement bizarroïde, de la saturation parfaitement dosée juste à la limite du désagréable et en avant la musique ! Extrême dans la répétition et le strident, Slow Focus n'est jamais pour autant insupportable, gardant juste assez de place à une légère harmonie pour détendre les tympans. Le duo parvient toujours à allier du drone (qui n'a pas à rougir devant celui d'un Sunn O))) ou d'un Burzum) à des synthés extatiques dans une union parfaite, qui se délie lentement et progressivement pour atteindre des sommets totalement épiques de jouissance auditive, baignant dans un flot de distorsion infinie.


Far Side Virtual
Far Side Virtual
Prix : EUR 20,15

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Emétique Hermétique, 12 décembre 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Far Side Virtual (Album vinyle)
De James Ferraro, je connaissais le duo noisy lo-fi psyché zarbi The Skaters, qui me laissait à vrai dire assez indifférent. Contrairement à ce Far Side Virtual... Fin 2011, The Wire (le magazine musical, pas la meilleure série tv du monde fait de cet album de James Ferraro l'album de l'année. Les choix de leur magazine étant souvent un peu trop avant-gardistes et obscurs à mon goût, je me suis tout de même dit qu'il fallait l'essayer. Je l'ai fait et j'en suis encore tout retourné...
Le résultat est vraiment très perturbant. C'est absolument abominable, ça donne franchement envie de vomir, c'est répugnant, et pourtant, je n'ai cessé de l'écouter, de le réécouter, et de l'écouter encore régulièrement deux ans après sa sortie. Mais de quoi s'agit-il ? Point de guitares bruitistes et de production lo-fi. Non, ici tout est synthétique et produit très proprement. Musicalement, c'est un album enjoué et très carré, fait à partir de sons sortis de windows 95, de sons du logiciel skype, toute une palette d'instruments MIDI, allant des cordes au piano en passant par les cuivres. Le tout avec des samples vantant les mérites de tablettes ou de menus virtuels pour des sushis crées par Gordon Ramsay... C'est kitschissime, totalement ringard et lisse à en donner la nausée, à l'image de la pochette, une des plus moches qu'il m'ait été donné de voir. Plus qu'un album réellement musical, ce Far Side Virtual s'apparente à une oeuvre d'art moderne, visiblement très conceptualisée par James Ferraro, qui voulait tout d'abord le sortir en sonneries de téléphone... On y verra en premier lieu une critique de la société de consommation, mais aussi une musique jetable, un produit technologique en voie d'obsolescence, un hymne rétro-futuriste, un pastiche des pires illustrations musicales des pires films d'entreprise des années 90 ou même une critique de la musique électronique actuelle. Mettre cet album en tête de son classement annuel constituait donc un acte politique plus qu'un choix musical et je ne peux finalement que l'approuver. C'est un cauchemar d'une profonde laideur et pourtant si facile à écouter, presque entraînant. Aussi fascinant que du télé-achat par une nuit d'insomnie...


Unison
Unison
Prix : EUR 15,71

4.0 étoiles sur 5 Oui, à l'unisson !, 12 décembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Unison (CD)
Que retient-on trois ans après la vague witch house trop rapidement annoncée comme un nouveau genre, à part une liste longue comme le bras de noms de groupes incompréhensibles tels M‡яc▲ll▲, GL▲SS †33†H ou CVL† SH‡† ? Personnellement, à part le génialement putassier King Night de Salem (dont le silence radio total n'est pas très enthousiasmant) et peut-être oOoOO qui tente de s'acheter une réelle crédibilité electro, je ne garde pas grand-chose. Si. Je garde Unison, et je le garde précieusement. Avec leur allègre mélange d'une pochette purement black metal, de gros beats electro, d'envolées de guitare tantôt shoegaze tantôt méchamment saturées, d'un chant féminin ethéré aux accents gothiques, d'une reverb omniprésente et de lignes de synthés stridentes, les Français d'Unison mènent une guerre sur plein de fronts en même temps, remportant sur leur passage toutes les victoires. On a pu ainsi les voir jouer aux côtés ou en première partie de groupes d'horizons vraiment très différents, de l'éther vocal deMazzy Star au rock indé tendance electro de Suuns, des synthés flippants d'Umberto à la non moins flippante Jarboe... Et aucune de ces juxtapositions n'est inappropriée. Autant dire qu'Unison est un groupe protéiforme pour qui la barrière des genres n'est pas un problème, puisqu'il les ingère pour ensuite les régurgiter en un mélange pertinent, aussi flippant que beau, et surtout au-delà de la relégation au sein d'un sous-genre mort-né.


Drifters / Love Is the Devil
Drifters / Love Is the Devil
Prix : EUR 11,89

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Dérive contrôlée, 12 décembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Drifters / Love Is the Devil (CD)
Route du Rock 2011. Il Pleut. Vraiment beaucoup. Tellement que je suis à deux doigts d'avouer ma défaite face à la pluie et d'aller me coucher dans une tente qui s'apparente à un waterbed... Errant dans la boue, je tombe complètement par hasard sur la petite scène où vient de commencer à jouer Dirty Beaches. Le nom ne m'était pas totalement étranger, mais pour une raison qui m'échappe totalement, je pensais qu'il s'agissait d'un énième groupe d'indie-pop standardisée. Et là, la grosse claque ! Alex Zhang Hungtai m'a fait oublier le temps pourri qui me pourrissait le festival. Dirty Beaches ou comment allumer le feu avec rien, si ce n'est une guitare électrique, une boîte à rythmes anémique et une voix de crooner déglingué. "Dirty", l'album Badlands l'était beaucoup. "Beaches", il l'était beaucoup moins, m'évoquant plutôt des ruelles glauques et un local à poubelles qu'une plage ensoleillée. Une sorte de Chris Isaak terminal qui jouerait dans un club rance pour alcooliques échoués sur les tables... Mais 27 minutes d'album, c'est un peu court, jeune homme, et surtout frustrant de ne pas en avoir plus à se mettre sous les oreilles.
Avec Drifters/Love is The Devil, je suis plus que comblé. Double album, 16 titres, 1h40 de méandres dans les bas-fonds. Sur les 7 premiers titres, on retrouve bien le crooner maladif et les hululements à la Alan Vega à travers le combiné d'un téléphone, et l'on se rapproche d'autant plus de la musique de Suicide par le fait que la touche rockabilly qui imprégnait Badlands est ici nettement moins présente. Encore plus saturée, tendance dissonnance, encore plus noyée dans une reverb malsaine, la musique de Dirty Beaches est encore plus hantée qu'auparavant. La production y est toujours aussi rachitique, toujours aussi cradingue. Les ruelles que Drifters/Love Is The Devil m'évoque ne sont même plus malfamées, elles sont désertes.
Et sur la deuxième partie de l'album, exit la boîte à rythmes, exit la voix, il ne reste plus grand chose, que des instrumentaux qu'on ne peut qualifier d'ambient que par l'absence de rythme et de voix. Parce que si c'est de la musique d'ambiance, alors c'est de la musique de sale ambiance, d'une soirée où l'on a peur d'être poignardé à chaque instant avec une lame tellement rouillée que si elle ne nous tue pas tout de suite, le tétanos se chargera du reste... Ici un piano auquel il doit manquer la moitié des touches, là une guitare d'occasion trouvée chez un prêteur sur gages borgne...
Drifters/Love Is The Devil est un road-movie, ou plutôt un road-album. A commencer par son titre annonciateur : "Drifters". Car c'est bien une dérive lancinante, un vagabondage qui nous mène d'un "Night Walk" sous les rêves de néon de "Belgrade" au "Casino Lisboa", en passant par "Berlin" ou un bus "Greyhound at night"... Une dérive sur une autoroute perdue, une invitation au voyage qu'on est en droit d'hésiter à refuser, tant la route empruntée est inquiétante.


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