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Schütz : Psaumes de David. Mields, Rademann.
Schütz : Psaumes de David. Mields, Rademann.
Prix : EUR 33,28

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Prodigieux, 12 janvier 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Schütz : Psaumes de David. Mields, Rademann. (CD)
Plus j'avance dans la découverte de cette intégrale Schütz en cours de Hans-Christoph Rademann, plus je suis émerveillé par le travail de ce chef. Après une lecture des Sept Paroles du Christ en Croix extraordinaire de sensibilité (Schütz : Passion selon Saint Luc, Sept dernières paroles du Christ. Rademann.), des Musikalische Exequien époustouflantes (Schütz : Musikalische Exequien. Mields, Schneider, Kobow, Rademann.), passées trop inaperçues, car sorties de façon concomitante avec la version mondialement encensée de Lionel Meunier, j'attendais avec impatience ces "Psaumes", que je considère comme la plus belle œuvre de Schütz.

Contrairement aux Musikalische Exequien précitées, la discographie des Psaumes de David de Schütz n'est en effet pas si abondante que l'importance de l’œuvre ne pourrait le laisser croire, à première vue. L'excellent (Psaumes De David, Sw 22-47) côtoie le très décevant (Psaumes De David, Sw 22-47). Je considérais jusqu'ici la version de Konrad Junghänel comme la référence, cet enregistrement d'Hans-Christoph Rademann me fait changer d'avis.

Le plateau de solistes est d'une remarquable qualité. On y retrouve Dorothée Mields ou Stephan Mac Leod que les familiers des enregistrements de Philippe Herreweghe connaissent bien. Le choeur, déjà très impressionnant dans les "Sept Paroles", est ici à un niveau stratosphérique. Les vents du Dresdner Barockorchester rivalisent dans la précision avec le Concerto Palatino que je pensais jusqu'ici inégalable, dans ce type de répertoire.

Et surtout, quel SOUFFLE ! Rademann montre dans cet enregistrement que le génie Schütz suffit : il n'est pas besoin d'en faire des tonnes pour le manifester. De ce point de vue, cette version est un peu l'antithèse du disque de La Chapelle Rhénane. Le premier psaume "Der Herr spracht zu meinem Herren" est un moment de grâce absolu. "Ist nicht Ephraim mein teurer Sohn" résonne dans toute sa sombre ambiguïté. La litanie de "Danket dem Herren", presque scandée, répond au "tumulte des Nations" de "Warum toben die Heiden ?". La somptuosité dans "Zion spricht", la douceur dans "Lobe den Herr, meine Seele", tout est là.

On espère désormais un enregistrement de Philippe Herreweghe, tant ses "Psaumes" donnés à Paris, en novembre dernier, étaient eux aussi, exceptionnels.

Ce disque Rademann n'est toutefois pas un produit d'attente. Il s'agit de mon point de vue de la nouvelle version de référence des Psaumes de Schütz.

Un disque indispensable.

Qualité d'enregistrement exceptionnelle, comme tous les autres disques Schütz/Rademann édités chez Carus.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Sep 20, 2014 6:44 PM MEST


Bach : Cantates sacrées vol. 46 BWV 17, 19, 45, et 102
Bach : Cantates sacrées vol. 46 BWV 17, 19, 45, et 102
Prix : EUR 22,09

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Oui, MAIS, 10 janvier 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Bach : Cantates sacrées vol. 46 BWV 17, 19, 45, et 102 (CD)
En achetant ce volume 46 de l'intégrale de Suzuki, on sait déjà qu'on va se retrouver en terrain connu.

Un orchestre très propre, joliment délié, éloquent, bien en place.
Un chœur précis, superbe de cohérence, à défaut d'être plein de verve et d'animation (on n'est pas chez Gardiner).
Une authentique vision spirituelle de l'oeuvre, tout en piété intériorisée sans transports de mysticisme exalté (exception notable, toutefois : une BWV 105 hallucinante dans le volume 10 Cantatas-Vol. 10).
Une prise de son de grande qualité (c'est, a contrario, un défaut récurrent de l'intégrale Gardiner chez SDG).

Suzuki, une valeur sûre, donc.

Il y a aussi, par contre, quelques petits trucs énervants.

Un continuo au clavecin franchement discutable, dans le principe même, et, selon les versions, tirant sur l'aigrelet.
Des solistes japonais parfois un peu en dessous (Yukari Nonoshita, Makoto Sakurada) mais rien de rédhibitoire.

Et surtout, surtout, il y a l'inénarrable GERD TÜRK. Mais pourquoi, Diable, Suzuki s'acharne-t-il à utiliser ce Ténor ? Que lui trouve-t-il ? Mystère. Quand on a Peter Kooij ou Carolyn Sampson ou Hana Blazikova à côté, il y a de quoi s'interroger...

Dans les "Passions", Gerd Türk est déjà passablement agaçant en Evangéliste. Dans ce volume 46, il est proprement insupportable de déclamation ululée dans les récitatifs et de vibrato abusif destiné sans doute à masquer quelques faiblesses techniques dans les arias. Ça savonne dur dans BWV 45 ("Weiss ich Gottes Rechte") et la justesse est manifestement optionnelle (écoutez Christoph Genz, pourtant pas exceptionnel, chez Gardiner (Bach: Cantatas, Vol. 5), la comparaison est cruelle). Dans BWV 102, on appuie carrément sur la touche "next" tellement ce cabotinage est hors de propos. BWV 17, pareil : au suivant.

Pour le reste, Peter Kooij est toujours stupéfiant de maîtrise et d'expressivité (BWV 45 - Es werden viele zu mir sagen an jenem Tage, ça décoiffe), Hana Blazikova se défend très bien, même si succéder à Carolyn Sampson n'est pas chose facile. Le Bach Collegium Japan est toujours aussi éloquent et articulé : une BWV 45 remarquable de clarté, un bel engagement dans BWV 17, de la vie dans BWV 102.

En résumé, un superbe volume 46... amputé de toutes ses pièces pour Ténor. Partant, l'achat des volume 5 (BWV 45&102) et 7 (BWV 17) de Gardiner est indispensable, en complément.

Œuvrez pour le bien commun : écoutez Bach !
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 19, 2013 10:32 PM CET


Psaumes De David, Sw 22-47
Psaumes De David, Sw 22-47
Prix : EUR 14,99

3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Enorme déception, 9 janvier 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Psaumes De David, Sw 22-47 (CD)
Dernier enregistrement en date consacré à Schütz de la Chapelle Rhénane, celui-ci est de très, très loin le moins bon.

Il s'agit même d'un surprenant raté dans une entreprise discographique jusqu'ici marquée par une exceptionnelle qualité (voir par exemple le magnifique Magnificat D'Uppsala et le non moins magnifique second livre des Symphoniae Sacrae Schütz: Symphoniae Sacrae II).

A l'origine, le parti pris, tout à fait pertinent sur le fond, d'aborder les Psalmen Davids sous l'angle de la réjouissance, de la louange et de l'allégresse d'un peuple rendant grâces. Ce choix est plutôt intéressant musicalement (et très cohérent théologiquement, même si ça n'est pas vraiment le sujet).

Le problème réside dans le fait que la Chapelle Rhénane décline ce parti pris d'une bien discutable manière : tempos faussement "accrocheurs", beaucoup trop rapides, déclamation très extravertie des solistes, tutti vrillant les tympans, théâtralisation excessive, instrumentarium parfois à la limite du pétaradant, l'effort d'animation vire vite à l'agitation.

Tout cela est... bruyant. De joie, guère. De solennité, pas plus. De grâce, aucune.

Le comble est atteint dans le Psaume "Alleluja ! Lobet den Herren" (SWV 38): ce n'est plus de la jubilation, ce n'est plus un chant de louange, c'est carrément de l'hystérie. Tempo frénétique, breakbeat incongru d'un tambour tombé d'on ne sait trop où, nouveau départ à fond de cale, chant des solistes virant au glapissement, aïe, aïe, aïe. On ne rend pas grâces : on crie "grâce" ! Heureusement, la chose prend fin assez vite : l'oeuvre est expédiée en 7 minutes là où Konrad Junghänel ou Françoise Lasserre, par exemple, tournent autour de neuf minutes.

A contrario, comment comprendre l'extrême lenteur du tempo dans "Zion spricht" (SWV 46) ? Est-ce pour marquer l'accablement ? La démonstration est pour le moins appuyée.

Peu à peu, l'écoute devient fatigante. Au bout de trois ou quatre psaumes, elle devient carrément crispante. On n'a ni plus ni moins envie que de couper le sifflet à toute cette meute braillarde.

A écouter par curiosité. Pour une première approche des Psaumes de Schütz, privilégiez Konrad Junghänel (Psaumes De David, Sw 22-47).

Prise de son remarquable, par ailleurs, si vous avez le courage d'aller au bout.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Sep 20, 2014 2:44 PM MEST


Magnificat D'Uppsala
Magnificat D'Uppsala
Prix : EUR 16,99

6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 L'éclat du génie, 5 décembre 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Magnificat D'Uppsala (CD)
Si vous souhaitez découvrir la musique de Schütz, ce disque est fait pour vous. Si vous la connaissez déjà, il est fait pour vous quand même. Mieux : son acquisition est indispensable.

Second disque de Benoît Haller consacré à Schütz (il y en a quatre, à ce stade), celui-ci est à mon sens le meilleur, et de loin. L'ensemble rhénan se forge au fil des ans une expertise dans cette musique qui devient très impressionnante, si l'on excepte la déception que constitue sa lecture des Psalmen Davids (Psaumes De David, Sw 22-47), un peu trop démonstrative (préférez la version Junghänel : Psaumes De David, Sw 22-47). Nulle part ailleurs que dans ce "Magnificat d'Uppsala" la Chapelle Rhénane ne démontre mieux son intimité avec le langage du Sagittarius.

Le programme est très judicieusement composé. Le chef alsacien s'en explique dans le passionnant livret du CD. Plutôt que d'enregistrer un programme consacré à une œuvre en particulier, Benoît Haller a opté pour une sélection de pièces aux climats contrastés, très représentatives de la densité phénoménale de l’œuvre de Schütz, véritable génie musical à la croisée de la Renaissance et du Baroque naissant. En cela, ce disque est tout à fait indiqué au néophyte.

On voit ainsi alterner des œuvres encore empreintes des souvenirs du voyage de Schütz en Italie, où il découvrit la musique des maîtres vénitiens Monteverdi et Gabrieli (Cantiones Sacrae - 1625), avec des œuvres de la maturité annonçant l'entrée dans le Baroque (Symphoniae Sacrae III - 1650). Au cours de ce périple extraordinaire, l'auditeur découvrira avec émotion le climat recueilli des "Petits Concerts Spirituels" où Schütz, privé d'un effectif d'instrumentistes et de choristes décimé par les malheurs du temps (nous sommes alors en pleine Guerre de Trente Ans) déploie des trésors d'inventivité pour livrer des pages d'une beauté poignante ("O Jesu, nomen dulce").

L'éclat des pièces marquées par une forme de somptuosité (Magnificat, Symphoniae Sacrae) n'en est que plus brillant.

La performance des instrumentistes et des choristes de la Chapelle Rhénane est exceptionnelle : on sent une authentique passion pour cette musique, un ardent désir de la servir.

Que dire de négatif ? Rien. Ah, si. Sachant que cinq pièces des Symphoniae Sacrae III sont enregistrées dans ce programme, je crains fort qu'une intégrale de cette œuvre par la Chapelle Rhénane se fasse attendre longtemps.

Prise de son saisissante de précision, de présence et de rondeur à la fois : une des meilleures qu'il m'ait été donné d'entendre.

Une réussite rare. Un disque exceptionnel.


Cantates /Vol.2
Cantates /Vol.2
Prix : EUR 20,99

3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Gardiner très en jambes, 4 décembre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Cantates /Vol.2 (CD)
Comme d'habitude avec les enregistrements du Bach Pilgrimage parus chez SDG, l'exceptionnel côtoie le décevant. Au final, pourtant, voici un magnifique volume. Je crois d'ailleurs me souvenir que ce disque avait été couronné d'un "Diapason d'Or de l'année", à l'époque.

Evacuons d'emblée les petites déceptions :

- Emerveillé par l'ouverture de BWV 2, on se retrouve navré, c'est le mot, par la prestation catastrophique du contre-ténor Daniel Taylor dans son aria "Tilg, o Gott, die Lehren". Mais que s'est-il passé ??? Le malheureux s’époumone en vain, parvenant même à faire déjouer les instrumentistes qui l'accompagnent dans cette galère. Phrasé, justesse, mesure, tout est à côté. Un raté surprenant pour le pauvre Daniel Taylor qui n'est pas du tout coutumier du fait. Ce doit être une grande peine, pour un artiste, de savoir un tel loupé immortalisé au disque.

- L'absence de la Basse Peter Harvey que Stephen Varcoe (CD1 - Paris) et Jonathan Brown (CD2 - Zürich) ne parviennent pas à faire oublier, en dépit de prestations très honorables. Dommage, en particulier pour l'aria de BWV 10 où les instrumentistes se montrent souverains.

Hormis ces réserves, ce volume 2 est somptueux.

Le Ténor James Gilchrist (CD1 - Paris), parfait, comme d'habitude, dans toutes ses interventions. Quelle classe !

Une Lisa Larsson, époustouflante dans son aria de BWV 10. Quelle énergie !

Une magnifique exécution de la célébrissime BWV 21 "Ich hatte viel Bekümmernis".

Des vents au sommet : les trompettes de BWV 76, le hautbois de BWV 21. Quelle maîtrise !

Le Monteverdi Choir à son meilleur niveau (BWV 76 ! BWV 10 !). Quelle précision, quelle vitalité ! Magistral.

Et enfin, une incursion ahurissante dans le répertoire de Schütz qui risque de vous faire tomber à la renverse. Gardiner fait en effet jouer SWV 386 "Die Himmel erzählen die Ehre Gottes - Les cieux racontent la gloire de Dieu" de Heinrich Schütz, juste avant la cantate de Bach du même nom (BWV 76). Cette œuvre, issue du recueil de Geistliche Chormusik de Schütz, paru à Dresde en 1648, est extraordinaire. Le Monterverdi Choir et les English Baroque Soloists y sont littéralement déchaînés et on se prend à espérer que Gardiner décide d'enregistrer une anthologie, voire une intégrale, des oeuvres de Schütz, surtout les Symphoniae Sacrae et la Gistliche Chormusik, tant ce petit aperçu de ses prédispositions en la matière est convaincant. Ce serait une bonne chose : la discographie récente est tout à la fois lacunaire et inégale.

Prise de son honorable mais guère enthousiasmante, comme toujours avec les enregistrements SDG.

Œuvrez pour le bien commun : écoutez Bach (et Schütz) !


Consort Music
Consort Music
Proposé par EliteDigital FR
Prix : EUR 39,90

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un sommet de la musique de consort, 14 novembre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Consort Music (CD)
Vous qui pensez que Savall et Hespèrion XX sont définitivement souverains dans le répertoire de consort anglais (cf. de magnifiques enregistrements Dowland, Tye, Gibbons et une extraordinaire anthologie Holborne), prêtez attention, et surtout, oreille, à ce disque.

Depuis bien des années, maintenant, l'ensemble anglais Fretwork trace un sentier digne du plus haut intérêt dans le répertoire de consort élizabéthain, en empruntant quelques chemins de traverse allant de la transcription très réussie d’œuvres de Bach (Bach: Alio Modo) à la musique contemporaine.

Voici un enregistrement du début des années 90 consacré à William Byrd, compositeur anglais contemporain de Dowland. Elève de Thomas Tallis, Byrd s'est particulièrement illustré dans le répertoire liturgique mais aussi dans de très belles pièces pour virginal. Ces œuvres pour consort de violes sont tout aussi remarquables.

Fretwork nous brosse ici un tableau qui surprendra sans doute les inconditionnels de Savall : guère d'effusions, un lyrisme très "en dedans", une forme de pudeur et d'économie de moyens qui sied parfaitement à ce répertoire véritablement spirituel. L’interprétation est totalement mise au service de la polyphonie. Là où Savall fait chanter les voix en les singularisant par un traitement somme toute assez latin, Fretwork cherche et parvient à condenser le contrepoint en un bloc cohérent, en une "pâte" absolument fascinante, comme on pourrait le dire d'un orchestre symphonique. Le travail sur les parties de basse, véritable soubassement de la polyphonie, est remarquable. C'est probablement sur ce point que cet enregistrement de Fretwork se distingue du disque, plus récent, de l'ensemble Phantasm (Phantasm : William Byrd - Complete Consort Music).

Certains parleront peut-être d'austérité. J'évoquerais plutôt une forme de sobriété mise entièrement au service du discours musical. Le résultat est admirable.

Prise de son très correcte.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 7, 2013 6:10 AM CET


Libro quatro d'intavoluntara di chitarone
Libro quatro d'intavoluntara di chitarone

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 La claque, 8 octobre 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Libro quatro d'intavoluntara di chitarone (CD)
Voilà un disque que je qualifierais de "robuste", d'où se dégagent une force, une puissance peu communes.

Hopkinson Smith nous avait livré une superbe lecture d’œuvres extraites du Libro Primo d'Intavolatura (Libro Primo D'Intavolatura Di Lauto) pour luth, Rolf Lislevand se consacre, lui, à l'oeuvre pour chitarrone du même Kapsberger, virtuose italien d'origine allemande du baroque naissant.

Il est accompagné pour la circonstance de rien de moins que Guido Morini et d'un panel d'instrumentistes incluant Lorenz Duftschmidt et Pedro Estevan que les familiers des enregistrements Savall époque Astrée-Auvidis connaissent bien.

Dès la "Toccata Prima" ouvrant le programme, c'est la claque, le mot est faible. Cassures, ruptures, puissance phénoménale du théorbe littéralement "amplifié" par le jeu époustouflant de Lislevand, lignes mélodiques brisées, alternance de climats pour ainsi dire à chaque mesure, basse continue implacable, descente chromatique, remontée, l'estomac dans les talons, pour finir littéralement cloué au mur par un final ahurissant. En près de cinq minutes de musique extraordinaire, on a tout vu passer, les dinosaures, l'Homme de Vitruve, l'invention de la roue, le séquençage du génome, Armstrong sur la Lune. Fabuleux.

Et après ?

Après ? On commence par se demander si on a bien entendu et on remet la "Toccata Prima", presque intimidé.

Confirmation. On a bien entendu.

Chancelant, on poursuit l'aventure.

L'enthousiasme se régule, on se retrouve en terrain connu (Canario), l'ambiance parfois "savallesque" (Capona-Sferraina) rafraîchit un peu, les deux toccatas suivantes passent et on se surprend par ailleurs à considérer avec attention les mots de Rolf Lislevand parlant de "compositions formellement faibles" et "d'idées mal développées" dans le livret auquel on avait jeté un coup d’œil distrait, avant l'écoute.

Survient alors une lumineuse "Passacaglia in la" où le dialogue entre tous les musiciens vous entraîne vers une jubilation impossible à réfréner. Ce sera le cas dans toutes les pièces avec basse obstinée. Quelques toccatas éclairent également le programme.

D'autres pièces seront plus anecdotiques : impression de limitation du discours à une démonstration de virtuosité ou intérêt purement musicologique (Colascione).

Il n'en reste pas moins que ce "Libro Quarto d'Intavolatura" est un disque auquel vous reviendrez sans doute très souvent... pour les mêmes pièces. Lesquelles valent à elles seules cinq étoiles.

Prise de son "majestueuse" (Nicolas Bartholomée).
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Improvisando
Improvisando
Prix : EUR 32,20

2.0 étoiles sur 5 Creux, 7 octobre 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Improvisando (CD)
J'admire beaucoup Paolo Pandolfo.

Mais là...

De prime abord, on est charmé par la belle sonorité de l'ensemble, le foisonnement de couleurs, la virtuosité.

Hélas, l'ennui pointe bien vite le bout de son nez.

La surabondance d'interludes à base de clochettes ou de percussions finit par lasser et donne l'impression de masquer une certaine forme de... vide. A force de lorgner vers le jazz (cf. livret), l'expérience touche presque au cross-over crispant. Si les interprètes semblent éprouver un évident plaisir à se retrouver ensemble, ils ne nous convient pas, c'est le moins que l'on puisse dire, et nous laissent carrément sur le bord du chemin.

Et d'ailleurs, en parlant de chemin : où va-t-on ? De quoi parle-t-on, au fait, dans ce disque ?

Un disque somme toute intéressant à la première écoute, mais auquel on ne revient pas.

La virtuosité ne suffit pas.


Cantates bwv25, 46, 105 & 138
Cantates bwv25, 46, 105 & 138
Prix : EUR 21,00

15 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Raffinement et grâce, 7 octobre 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Cantates bwv25, 46, 105 & 138 (CD)
Ce disque est en quelque sorte la version studio d'un magnifique concert au programme analogue donné à l'Eglise Saint-Roch le 25 janvier dernier, concert que Philippe Herreweghe avait dédié à la mémoire de Gustav Leonhardt, disparu quelques jours plus tôt.

Voici quatre très belles cantates, parmi lesquelles figure celle que je considère à ce jour comme la plus belle de toutes les cantates composées par Bach : BWV 105 - Herr, gehe nicht ins Gericht mit deinem Knecht (Seigneur, n'entre pas en jugement avec ton serviteur), déjà enregistrée par Philippe Herreweghe, il y a quelques années (Bach : Cantates 39, 73, 105, 107, 131): superbe (et pas chère) version.

On y trouve aussi la magnifique cantate BWV 25, découverte avec émerveillement lors de ce concert. M'étant penché sur la discographie pas si abondante de cette cantate, j'avais été déçu par la version Suzuki, brouillonne, et aux solistes Japonais un peu décevants (Bach;Cantatas Vol.13), la version Koopman, terne, malgré une excellente Lisa Larsson, pas terne, elle, dans l'aria pour soprano (J.S. Bach : Cantatas, Vol. 7). Gardiner s'en tire mieux, mais avec une prise de son franchement perfectible et Malin Hartelius, à mon sens pas assez "baroque" dans son aria (Bach Cantatas, Vol. 7: Ambronay/Bremen). Bref, il manquait LA version.

Autant dire que je me suis précipité sur ce disque, escomptant y retrouver la magie du concert précité.

Et c'est le cas.

BWV 25, cantate au climat très sombre et aux accents archaïsants (on songerait presque à Buxtehude, voire à Schütz) est une réussite totale. Il s'agit là de la meilleure version qu'il m'ait été donné d'entendre. On regrettera seulement une certaine "dureté" d'Hana Blazikova dans son aria, mais ce n'est pas rédhibitoire et l'ensemble vaut des dizaines d'écoutes.

BWV 138 est une très belle cantate assez atypique, car très "récitée". Le magnifique mouvement introductif, sublimé par le hautbois de Marcel Ponseele, est un des très grands moments de ce disque. Curieusement, Peter Kooij paraît moins à son aise dans l'aria "Auf Gott steht meine Zuversicht", avec quelques petits problèmes de justesse, notamment à la fin.

BWV 105 est absolument somptueuse. Du sublime Chorus d'ouverture au surprenant Choral final où l'orchestre tient une grande place, tout est impeccable. Mention spéciale pour le Ténor Thomas Hobbs dans son aria. Je garde une infime préférence pour la version Suzuki (Bach Cantatas volume 10), mais celle-ci n'est pas loin de l'égaler.

Au final, malgré quelques petites réserves, une très grande réussite rehaussée de surcroît par une présentation somptueuse et une prise de son superlative.

Oeuvrez pour le bien commun : écoutez Bach !


Bach : Cantates 39, 73, 105, 107, 131
Bach : Cantates 39, 73, 105, 107, 131
Prix : EUR 10,00

28 internautes sur 29 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une interprétation marquée par le raffinement, 11 août 2012
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bach : Cantates 39, 73, 105, 107, 131 (CD)
Quoi de neuf sous le soleil ? Bach... les cantates... Herreweghe ? Mouais. Faut voir. En plus, en collection économique... Rien de bien neuf, dira-t-on.

Et pourtant ! Ce disque est exceptionnel à bien des égards. Petit tour d'horizon.

D'abord, le programme.

BWV 73 - Herr, wie du willt, so schicks mit mir (SEIGNEUR, dispose de moi selon ta volonté), superbe cantate (très belle version aussi, chez Gardiner période Archiv Cantates BWV 72, 73, 111 & 156).
BWV 107 - Was willst du dich betrüben (Pourquoi t’affliger), un joyau, rayon de lumière sorti du néant des origines. Cette cantate est fort peu enregistrée, de surcroît, et on se demande bien pourquoi...
BWV 105 - Herr, gehe nicht ins Gericht mit deinem Knecht (SEIGNEUR, n'entre pas en jugement avec ton serviteur) qui est peut-être la plus belle cantate composée par Bach.
BWV 131 - Aus der Tief Rufe ich, Herr, zu dir (Du fond de l’abîme je t’invoque), première cantate sacrée composée par Bach selon plusieurs auteurs, qui laisse sans voix par son intensité dramatique.

Ensuite, le Collegium Vocale du début des années 90 : extraordinaire de délié et de raffinement. La sensibilité de Barbara Schlick, le hautbois de Marcel Ponseele, la classe de Peter Kooij. Rien ne manque. Tout frise l'essentiel. Tout est ciselé, précis, doux. En un mot, spirituel.

Pour finir, le prix. Dérisoire est un mot faible si on le rapporte à la qualité du contenu : l'ensemble est moins cher qu'une place de cinéma pour des heures de bonheur.

Alors, que dire ?

Certes, la qualité d'enregistrement n'est pas toujours au top, si on la compare aux derniers enregistrements BIS ou Alpha.
Certes, il n'y a pas le texte des cantates dans le livret (mais vous pouvez le trouver aisément sur bach-cantatas).
Certes BWV 105 est plus belle chez un Suzuki (vol. 10), en pleine crise de mysticisme (une fois n'est pas coutume) : Cantatas-Vol. 10.

Mais tout cela ne compte guère : voilà une lecture exceptionnelle à laquelle on revient souvent, sans même s'en rendre compte. Je conseille particulièrement ce disque à tout curieux un peu désargenté (ou pas) qui souhaite aborder les cantates.

Œuvrez pour le bien commun : écoutez Bach !
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 19, 2013 10:38 PM CET


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