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Contenu rédigé par Laneton
Classement des meilleurs critiques: 508
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Commentaires écrits par
Laneton "Jip" (France)
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Weber / Der Freischütz [Blu-ray]
Weber / Der Freischütz [Blu-ray]
DVD ~ Von Weber
Prix : EUR 48,11

4.0 étoiles sur 5 Musicalement somptueux, 26 janvier 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Weber / Der Freischütz [Blu-ray] (Blu-ray)
Cette œuvre est considérée comme fondatrice de l’opéra romantique germanique, elle l’est aussi pour moi car, enfant en 9° (on dit CE2 de nos jours), nous avions une heure par semaine d’éducation musicale et l’un des premiers thèmes que le professeur nous a donné à entendre, en tous cas que j’ai retenu, était ce merveilleux thème central du Freischütz. Je crois que c’est par lui et grâce à lui qu’est venue progressivement cette passion pour l’opéra qui ne m’a jamais quitté. Plus tard il a fait partie de mes premiers disques vinyles, celui dirigé par J. Keilberth avec l’Agate inégalée d’Elisabeth Grümmer; puis ce fut celui de Carlos Kleiber, quelle direction enflammée et la voix de miel de Gundula Janovitz, je viens de les réécouter.
Tout cela pour vous dire qu’en appréciant ce DVD, j’ai conscience encore plus que d’habitude d’être marqué sentimentalement par cette histoire personnelle. Musicalement, cette production est somptueuse d’abord par la qualité de la direction de C. Thielemannn, probablement le meilleur chef vivant dans les répertoires germaniques, notamment Wagner et Strauss. Il arrive à enflammer les musiciens comme C. Kleiber, et le compliment n’est pas mince, il fait chanter tous les instruments solistes d’une manière harmonieuse, la clarinette, les cors, les violoncelles… Après avoir entendu l’ouverture, j’étais pénétré d’émotion tellement c’est beau, une musique qui vous prend totalement à la fois par sa puissance et par sa richesse harmonique… alors je l’ai écoutée une seconde fois avant d’entrer dans le spectacle, globalement de moindre qualité. Dans la scène de la gorge aux loups, il dégage un espace sonore d’une profonde gravité donnée par les trémolos des cordes, avec au milieu la clarinette qui chante l’espoir. Mais il y a aussi un excellent et opulent chœur, puissant et très bien dirigé par le chef en symbiose avec les musiciens et les chanteurs, et pas seulement dans le célèbre chœur des chasseurs du dernier acte.
Malheureusement, la vision du spectacle est décevante, c’est triste, trop sombre, cela manque de lumière, les costumes manquent aussi de couleur, par exemple la gorge aux loups est noire, on ne distingue quasiment rien pendant un temps qui m’a semblé bien long. La célébration de la nature est inexistante, la poésie est absente, la féerie aussi, et on a cru insérer des scènes choquantes qui n’ont rien à faire dans un opéra romantique qui devrait d’abord mettre en exergue l’amour. Le pire est la scène de décapitation… aujourd’hui, c’est particulièrement difficile à voir ! Pourquoi ne pas s’être inspiré du vieil enregistrement d’Ernst Kozub.
L’interprétation vocale, sans être mauvaise, est pour le moins inégale et n’est pas au niveau de la direction d’orchestre, c’est dommage. Passe pour les chanteurs sans grande faiblesse et même avec une mention pour la qualité du chant du ténor, M. König et aussi pour les 2 basses. Par contre les 2 rôles féminins sont tenus par des sopranos de deuxième ordre, rien à voir avec E. Grümmer ou E. Mathis Cela est tout de même gênant car c’est Agate qui a les plus beaux airs et notamment celui où le fameux thème déjà entendu dans l’ouverture est développé par la prière au clair de lune « Leise, leise… » au second acte. La soprano de service est contractée, est obligée de forcer sa voix, donc produit des aigus criards et en fin d’air augmente son vibrato ôtant la musicalité. Quant à celle qui incarne Annette, c’est pire, elle bêle, délivre des aigus stridents et massacre les vocalises.
J’espère que l’on nous produira un jour un enregistrement de référence. En attendant, ce DVD mérite malgré tout intérêt, il ne mériterait que 3 étoile pour le spectacle et l’interprétation vocale, mais 5 étoiles pour la qualité musicale assez exceptionnelle de l’orchestre et des chœurs. Donc moyenne 4 étoiles. Et je continuerai à écouter mes 2 vieux disques…


Maria Di Rohan
Maria Di Rohan
DVD ~ Donizetti
Prix : EUR 35,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Belle musicalité très lyrique, 7 janvier 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Maria Di Rohan (DVD)
Ce DVD d’un opéra rarement donné et enregistré au festival de Bergame de 2011, cité natale de Donizetti, nous livre une représentation scénique de qualité et une interprétation globalement correcte d’une œuvre anormalement délaissée : une histoire convenue, très conventionnelle de l’opéra seria, une femme tiraillée entre 2 hommes. Musicalement, c’est une œuvre lyrique d’un romantisme expressif et très mélodique, riche en harmoniques, dont les lignes vocales sont très chromatiques, donnant beaucoup de couleurs aux nombreux airs. Le soutien orchestral est bon, sérieux, sous la direction appliquée de Gregory Kunde que l’on est plus habitué à voir sur la scène que dans la fosse. La longue ouverture est bien enlevée et mise à profit pour une présentation détaillée de l’histoire faite en surexposition d’image (mais en anglais ou italien, tout comme les sous-titres ensuite)
Les acteurs évoluent dans des costumes d’époque élégants et colorés, dans une mise en scène peu dynamique et des décors réduits au minimum, mais avec de beaux jeux de lumière. Donc pas d’excentricité, ce qui est déjà appréciable.
Cet opéra nécessiterait un trio vocal de premier ordre tant les difficultés que les chanteurs ont à affronter sont nombreuses, il faut bien dire qu’ici ce n’est pas le cas, sans être catastrophique toutefois et finalement on regarde ce spectacle qui dure moins de 2 heures sans aucun déplaisir. D’ailleurs, il faut bien s’en contenter car c’est le seul DVD disponible.
Le rôle-titre est globalement bien tenu par la soprano irlandaise Majella Cullagh qui est, après ses airs et in fine, largement saluée par le public, et c’est justice car elle se donne sans retenue déployant des aigus puissants, des vocalises agréablement assurées malgré leur grande difficulté. Par contre, elle a un medium très faible et aucun grave. Il faut éviter de comparer avec Renata Scotto, incomparable dans le CD toujours disponible. Elles ne jouent pas dans la même classe. Mais on apprécie sa cavatine d’entrée au premier acte malgré une voix pas encore chaude, et surtout la prière du 3° acte ou l’expression dramatique est magnifique et poignante. Sa puissance vocale lui permet de dominer les ensembles grâce à une excellente projection, ensembles qui préfigurent Verdi. Il y a là un grand rôle de soprano dramatique.
Marco di Felice qui est l’interprète de Chevreuse est un baryton assez remarquable, comme l’Italie nous en offre régulièrement, une belle voix ample, profonde, bien contrôlée, son air d’entrée est très musical, mais il touche à l’excellence dans la scène finale de la jalousie traduisant à la fois sa rage et sa déception. Il recueille un franc succès justifié du public. La qualité de son interprétation n’est pas loin de valoir celle de R. Bruson, partenaire de R. Scotto dans l’enregistrement CD.
Quant au ténor qui interprète le troisième grand rôle celui de Chalais, il n’a pas le niveau requis, je dirais qu’il pourrait faire un assez bon ténor d’opérette, et de plus son accoutrement lui donne un air clownesque, c’est dommage. De ce fait, le superbe duo d’amour du second acte, accompagné d’une musique délicieuse puis qui va finalement porter l’angoisse en elle-même, est un peu gâché. Quant au final, soutenu par un orchestre puissant et par le chœur, on ne l’entend quasiment pas !
Il faut rendre justice à Bergame de monter régulièrement des œuvres secondaires de Donizetti, jouant le même rôle que Pesaro pour Rossini, de le faire avec des moyens réduits pour un niveau de qualité très acceptable. Ensuite, j’ai réécouté les principaux passages du CD de Scotto/Bruson, musicalement il y a un fossé. Mais je dois dire que j’ai néanmoins pris plaisir à voir ce DVD pendant 2 heures. C’est pourquoi, malgré les quelques faiblesses mentionnées, je lui accorde 4 étoiles. Ce bel opéra mériterait d’être produit plus souvent par les grandes maisons d’opéra et je rêve de ce que pourraient en donner les plus grands chanteurs de notre époque, par exemple un trio tel que A. Netrebko/L. Tezier/F.Meli, cela en ferait un superbe DVD si le metteur en scène savait demeurer dans des limites acceptables, car c’est un opéra, l’un des derniers de Donizetti, dont l’écriture est achevée.


Dvorák : Rusalka [Blu-ray]
Dvorák : Rusalka [Blu-ray]
DVD ~ Renée Flemming
Prix : EUR 26,19

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Dans un tableau de Fragonard, un délice, 29 novembre 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Dvorák : Rusalka [Blu-ray] (Blu-ray)
Voici certainement le DVD de référence de ce magnifique opéra, si original dans son histoire mais tellement romantique. J’avais beaucoup aimé celui de Christine Opolais et de Klaus Florian Vogt, musicalement, dramatiquement et vocalement parfait, mais un peu gâché par une mise en scène privilégiant l’excentricité, la violence et la laideur.
Ici, au Met, Otto Schenk a reproduit en l’améliorant la mise en scène créée à Vienne dans les années 80 dans un décor très conventionnel privilégiant la nature et la couleur qui m’a fait penser à certaines toiles de Fragonard, avec des robes et des costumes de toute beauté. La conception du plateau est intelligente et combine bien les deux mondes aquatique et aérien. Cela permet de dégager toute la beauté de cette œuvre d’un compositeur qui a introduit dans sa musique beaucoup de thèmes folkloriques de son pays et de rappels à la splendeur de la nature, lui conférant parfaitement sa dimension poétique et romantique. On est plongé pleinement dans l’onirisme, et les images en Blue-ray sont ravissantes en conférant au spectacle un coté enchanteur. Dommage que par moments les sous-titres soient décalés par rapport au chant.
Y. Nezet-Seguin sait mettre en lumière dans sa direction d’orchestre la richesse des accords, les nuances, les couleurs de manière brillante et délicate, et l’on retrouve souvent des passages musicaux qui se rapprochent des symphonies, notamment de la 8°, ou des poèmes symphoniques qui sont si beaux, mais aussi dans la scène du bal l’exubérance des danses slaves. Il rend merveilleusement la fluidité de cette musique, tantôt mélancolique, tantôt sensuelle, tantôt lyrique.
C’est un bonheur de retrouver dans cette ambiance une magnifique Renée Fleming plutôt que dans celle de Carsen à Paris il y a quelques années que j’avais trouvé épouvantable. On sait que cette œuvre lui est très intime, de par ses origines et aussi parce que c’est avec le Chant à la Lune qu’elle a gagné le concours du Met comme le rappelle Susan Graham dans son introduction. Ici, elle le délivre avec sa merveilleuse voix fluide, douce et fascinante avec son regard d’une profondeur bleue séduisante qui la rend par instants ensorcelante ou mélancolique, notamment quand elle exprime avec ardeur la force de son désir. Tout au long de l’opéra, elle sait conserver la ligne mélodique sublime de Dvorak qu’elle épouse à la perfection et dispenser des aigus parfois puissants et toujours colorés. A la fin du second acte, elle délivre un chant particulièrement déchirant par sa puissance expressive qui vous fait frissonner d’émotion. Si son médium a lui perdu un peu de volume avec les années, cela est ici sans importance. Mais dans la partie muette de cet acte, elle n’a pas la même qualité d’expression que Christine Opolais qui y est exceptionnelle.
A ses côtés, Piotr Beczala incarne à la perfection le prince par sa prestance, ses costumes, son élégance et la pureté de son chant, clair, puissant, expressif. Le duo final avec Rusalka est simplement extatique. La scène de sa mort est rendue avec délicatesse, sans emphase, célébrant l’amour enfin partagé, elle est d’une beauté infinie avec Renée Fleming chantant ses dernières strophes dans une expression tragique particulièrement émouvante avant de donner son baiser d’amour et de mort.
John Relyea est un ondin tendre et chaleureux par sa belle voix de basse et sa présence physique impressionnante. Quant à Dolora Zajick, elle confirme s’il en était besoin qu’elle est une des toutes meilleures contraltos de notre temps et confère au personnage de Jezibaba une méchanceté sympathique par son aspect quelque peu excentrique. Emily Magee est une princesse délivrant des aigus hystériques comme Marina dans Boris Godounov, mais elle conserve dans ses tentatives de séduction une distance et une réserve de bon aloi.
La scène des dryades au 3° acte est magnifique scéniquement, c’est là que le rapprochement avec Fragonard est le plus évident, les trois ondines délivrent un chant d’une extrême beauté sur une musique délicate et harmonieuse, on est touché par la grâce à ce moment qui vous rappelle que nous sommes dans un conte onirique.
Voici donc pour moi, l’enregistrement de référence en DVD auquel je ne trouve aucun défaut et qui fait resplendir une œuvre magnifique d’un compositeur que j’ai toujours beaucoup aimé pour la qualité de ses orchestrations, comme celle que l’on peut apprécier ici.


Cherevichki
Cherevichki
DVD ~ Piotr Ilyich Tchaikovski
Prix : EUR 30,82

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Un superbe conte musical de Noël, 11 novembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Cherevichki (DVD)
Pour une fois, ce n’est pas Pouchkine qui a inspiré cet opéra, mais Gogol. Pas le Gogol des Ames Mortes, celui de sa jeunesse qui excellait dans les récits fantastiques, drolatiques et même grotesques dans l’univers des paysans ukrainiens de l’époque. Tchaïkovski en a fait une œuvre musicale et chorégraphique merveilleuse qui sort des sentiers battus de l’art, dans un conte de Noël qu’il faut véritablement recevoir au premier degré en retrouvant son âme d’enfant, un peu comme pour le Coq d’or ou la Petite Renarde rusée. C’est une histoire d’amour simple, facile à suivre et très bien sous-titrée. Ce pourrait aussi être une excellente œuvre d’initiation à l’opéra pour des jeunes qui naturellement y seraient un peu réfractaires.
La représentation, ici filmée, qu’en a fait le Royal Opéra est fantastique à tous points de vue, mais comme c’est un opéra, savourons d’abord la musique de Tchaïkovski très mélodieuse, d’un grand raffinement sonore, et qui accompagne, sous une direction d’orchestre équilibrée, chanteurs, qui nous donnent beaucoup de très beaux airs, et danseurs. Mais nous sommes en présence d’un opéra qui s’éloigne de la tradition russe ne serait-ce que par les interprètes principaux qui ont les tessitures classiques de l’opéra italien avec, pour le couple, un ténor et une soprano et pour les personnages d’âge mur, des basses et une remarquable alto, pour moi la meilleure de sa génération : Larissa Diadkova, voix chaude et veloutée, qui est la mère du forgeron et en même temps la sorcière. Elle se montre aussi à l’aise dans la comédie dans les 2 premiers actes, que dans le seul moment d’émotion du quatrième acte quand elle croit son fils mort. Elle rejoint ensuite la fiancée Oxana (Olga Guryakhova très belle et bonne soprano expressive et dotée d’une voix sans défaut majeur mais manquant peut-être un peu de puissance) dans un duo d’une extrême beauté.
Le ténor V. Grivnov qui joue le forgeron est un excellent ténor, au jeu peut-être un peu statique tout enamouré qu’il est d’Oxana, insensible au monde diabolique qui l’entoure, et le diable de M. Mikhaïlov est particulièrement savoureux, absurde et surréaliste par moments. Tous les autres interprètes sont d’excellente qualité, on trouve même dans un rôle secondaire au troisième acte la grande basse russe qu’est Sergei Leiferkus.
Et puis, dans un spectacle tout en mouvement, avec une animation travaillée avec le chœur et beaucoup de figurants, y compris des enfants, nous avons des intermèdes de danse superbes aussi bien classiques que folkloriques avec une prestation de cosaques. On y trouve le génie du compositeur de Casse-Noisette ou de la Belle au Bois Dormant. Il est rare de voir le couple de danseurs-étoiles exécuter des figures avec un enfant, tout rappelle que nous sommes dans un conte de Noël.
Mais ce qui fait toute la féérie de ce spectacle qui un côté naïf, c’est la mise en scène réaliste, truculente, sans tomber dans la caricature, les décors enchanteurs et les costumes pour la plupart issus du folklore ukrainien, pleins de couleur, d’un esthétisme remarquable par les harmonies et sans exagération, tout vous enchante du début à la fin. On a même une maison de poupée comme cadre du second acte.
Le final est éblouissant, quel plus beau cadeau de Noël pour les amoureux que de se retrouver enfin, après tant de péripéties, dans le soulier de la Tsarine pour enfin pouvoir se marier, puis toute la troupe viendra nous saluer en musique et dans la joie.
Encore un conseil pour ceux qui comme moi aimeront découvrir cette œuvre peu connue, commencez par écouter les 3 suppléments qui sont très bien faits, qui vous introduisent parfaitement dans l’œuvre et qui de plus, fait rare, bénéficient d’un sous-titrage en Français.


Anna Netrebko : Macbeth [Blu-ray]
Anna Netrebko : Macbeth [Blu-ray]
DVD ~ Anna Netrebko
Prix : EUR 26,19

4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Anna-Marilyn Macbeth, 11 novembre 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Anna Netrebko : Macbeth [Blu-ray] (Blu-ray)
Qu’il est difficile d’apprécier une nouvelle représentation d’une telle œuvre que l’on connait trop bien et quand on a en mémoire une référence dont la qualité touche à la perfection visuellement et musicalement, je fais bien entendu référence au Macbeth de Sinopoli. Prenant connaissance de ce nouveau DVD, après une première vision qui m’a pour le moins interloqué, je viens de le revoir et même de repasser les principaux passages une troisième fois avant d’essayer de traduire mon ressenti comme une amie « amazonienne » enthousiaste, m’y invite. Avant cela, je n’ai pas résisté à remettre sur la platine le DVD de Sinopoli.
Comme d’habitude le Met n’a pas lésiné sur les moyens pour offrir un spectacle somptueux en reprenant plus ou moins la mise en scène de 2007, avec le même Z. Lucic dans le rôle-titre, mais en substituant Anna Netrebko à Maria Guleghina, là on était certain de gagner au change ! On a tendance à mettre l’accent sur des images fortes voire choquantes au lieu de se concentrer sur les personnages. On fait de Lady Macbeth une vamp aguichante très déshabillée, très glamour, ressemblant à Marilyn Monroe, mais en y ajoutant certaines outrances que je n’ai pas appréciées comme les tonnes de peinture rouge, l’égorgement de Banco en direct à la mode Daesch, les chaises pour le somnambulisme ou la scène de sexe en fin de troisième acte. Est-il nécessaire d’avoir les seins à l’air pour chanter d’ailleurs merveilleusement « or, tutti, sorgete » ? Bon, je sais être rebelle aux opéras revisités et transposés, mis dans l’air du temps pour exciter la curiosité ou choquer, ce qui souvent nuit à l’émotion que dégage naturellement une grande œuvre. Ceci étant dit, la qualité d’image est exceptionnelle en Blue-ray, la forêt torturée est bien rendue et les couleurs ressortent de façon lumineuse sur une tonalité générale sombre, le brindisi est notamment très beau avec des robes superbes.
Dans l’ensemble, la qualité musicale m’a semblé bonne sans être exceptionnelle, Fabio Luisi conduit l’orchestre de manière peut-être un peu trop sage, il ne sonne pas comme on pourrait l’attendre à certains moments, comme l’a si bien fait Sinopoli qui savait aussi ralentir le tempo pour souligner un instant particulier d’émotion., ce que ne fait pas F. Luisi.
Alors, bien entendu, nous sommes avant tout attentif à l’interprétation d’Anna Netrebko qui une fois de plus se livre totalement et offre un chant exceptionnel comme elle en est coutumière, nous offrant une prestation époustouflante. Elle attache de plus en plus d’importance à son jeu d’actrice comme peu de cantatrices l’ont fait, et ici, elle est formidable notamment dans ses expressions de visage et dans ses intonations. Elle offre une lady Macbeth de bel canto avec une voix lyrique, ample et somptueuse, aux aigus puissants ou filés admirables, qui ayant mûri, a élargi sa tessiture et qui lui permet de venir vers des rôles verdiens; n’a-t-elle pas été récemment une formidable Léonore comme elle pourra être demain une merveilleuse Elisabeth de Valois, voire affronter Wagner en Elsa de Brabant, là j’attends de voir. Mais il lui manque encore un peu de grave profond dans ce rôle, notamment dans « La luce langue », un peu de raucité pour faire plus méchante, bien qu’elle s’efforce d’amplifier certains traits. Ceci étant dit, on est totalement pris par son interprétation, se montrant tour à tour déterminée, violente, hargneuse, impitoyable, diabolique, tout en étant tellement (trop) désirable, sachant aussi montrer un peu de tendresse devant un mari couard et perdu jusqu'à l'emmener dans un rapport sexuel. Mais globalement, dans mon imaginaire, Mara Zampieri, beaucoup moins lyrique, infiniment moins séduisante, avec des moyens vocaux très inférieurs, demeure pour moi l’incarnation parfaite de Lady Macbeth, son « una macchia » notamment est nettement plus impressionnant que l’interprétation plus plate qu’en donne Anna Netrebko, dont le ré bémol est étouffé, et qui est encore trop belle pour quelqu’un qui est en agonie.
Je suis par contre assez déçu par le Macbeth de Z. Lucic qui manque de présence et de jeu scénique, très conventionnel on dirait que la production a voulu que tout l’éclairage soit mis sur Anna Netrebko. Son chant est assez monocorde, il n’a pas de coloration et il ne dégage aucune émotion, on dirait qu’il chante Rigoletto. Le dernier air « pieta, ripetto, amore » est très décevant comparé à l’excellence du grand Renato Bruson qui lui nous fait frissonner.
René Pape campe un Banco sobre avec la très belle voix qu’on lui connait, même si le grave bas se perd un peu dans les profondeurs de l’orchestre. Son air est magnifique. La mise en scène lui confère aussi une présence secondaire. Quant à Mac Duff, seul rôle de ténor, petit rôle qui a pourtant accueilli les plus grands dans le passé, à commencer par C. Bergonzi, il est superbement campé par Joseph Calleja dont la grande stature ajoute à sa présence scénique. Il nous offre au 4° acte son air de manière superbe.
Quant aux chœurs, vocalement très bons, le célèbre « Patria oppressa » comme le final sont simplement splendides, mais ils sont, comme souvent à New-York, trop abondants et cela fait fouillis sur la scène. Les sorcières sont transformées en zombies éméchées et fagotées comme des clochardes, accompagnées d’enfants impavides, tous dans une agitation assez ridicule.
Alors seulement 3 étoiles pour la seule Anna Netrebko qui donne une interprétation certes contestable dans le cadre proposé par la mise en scène, mais dramatiquement et vocalement exceptionnelle. C’est néanmoins un DVD que tout amateur d’opéra et de Verdi se doit de connaître.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 4, 2015 6:49 AM CET


Joyce Didonato : La donna del lago [Blu-ray]
Joyce Didonato : La donna del lago [Blu-ray]
DVD ~ Joyce Didonato
Prix : EUR 28,88

13 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Fabuleux - Eblouissant, 8 novembre 2015
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Joyce Didonato : La donna del lago [Blu-ray] (Blu-ray)
Il y a des œuvres dites secondaires qui vous marquent profondément, et ce depuis bien longtemps. Cet opéra est de ceux-ci, pourquoi, je ne sais dire, peut-être parce qu'il touche particulièrement ma sensibilité ; peut-être aussi par son romantisme soulignant les valeurs de liberté et d'amour. J'en attendais depuis la représentation de Londres la parution en DVD pour remplacer le vieil et seul enregistrement de Muti à la Scala qui marque son âge. C'est finalement le Met qui nous offre l'extraordinaire représentation de l'an dernier qui m'avait éblouie au cinéma.
Au-delà de la qualité 5 étoiles de l'interprétation vocale, c'est la qualité musicale de l'orchestre que je veux mettre en exergue. Michele Mariotti a Rossini dans le sang depuis sa tendre enfance, il est un habitué de Pesaro, rappelons-nous Matilde de Shabran ; cela nous offre un orchestre merveilleux qui met en relief l'expression et la grâce de la musique, mais aussi les moments d'instruments solistes, notamment les cors, la harpe et les trombones, tout en assurant une attention exemplaire à l'accompagnement des solistes. A de nombreux moments, on se délecte de cet accompagnement musical comme avant l'arrivée dans la maison au premier acte ou le prélude du second acte. Pour sa première apparition au Met, il s'assure un triomphe.
Si l'on peut regretter que la production n'ait pas fait un effort supplémentaire pour les décors, ne serait-ce que pour mieux montrer la nature sauvage, ce sera ma seule réserve, par contre elle a conçu des costumes d'époque absolument remarquables qui à eux seuls remplissent l'espace, on est là dans une représentation traditionnelle et classique qui sied tellement mieux à l'œuvre que d'autres dites avant-gardistes qui souvent me révulsent. En Blue-ray ce sont des images magnifiques. La fin du premier acte est particulièrement belle, et la harpe ajoute à cette beauté. La mise en scène est sobre et laisse les chanteurs donner le meilleur d'eux-mêmes, dans une partition vocale qui fait appel à des tonalités extrêmes dans l'aigu. Cela explique d'ailleurs pourquoi ce merveilleux opéra n''est pas donné plus souvent, il fait appel à 2 mezzos et 2 ténors de premier plan comme il n'en existe que peu dans chaque génération. Le mérite du Met est d'avoir rassemblé ce qui se fait de mieux aujourd'hui.
A commencer par le rôle-titre, Elena, la Dame du Lac, dans lequel Joyce Di Donato atteint l'excellence absolue au summum de sa carrière. Dès son entrée dans l'arioso, elle vous éblouit. Elle assurera ce rôle écrasant sans aucune faiblesse jusqu'à cet air final célèbre et si souvent massacré tant il est difficile, sans doute le plus exigeant du répertoire « tanti affetti » dans lequel vous êtes totalement ébloui et transporté devant tant de beauté. La manière dont elle maîtrise les colorations et son legato sont admirables, on ne touche pas à la perfection, on y est. Elle est la reine du Met.
A ses côtés, le roi, J.D. Flores ne le cède en rien quant à la qualité vocale. Lui aussi doit affronter des aigus dévastateurs que peu de ténors arrivent à atteindre, et ceci sans rien concéder à la ligne mélodique. Il dispose d'une voix intemporelle qu'il va distiller dès son entrée en scène pour atteindre l'excellence absolue au début du second acte « oh, fiamma soave » malgré les difficultés accumulées dans l'extrême aigu, accompagné par la voix soude des trombones, produisant un effet acoustique remarquable, il fait un énorme triomphe de la part du public.
Rodrigo, l'autre ténor, incarné par J. Osborne, pâlit un peu de la comparaison dans les scènes communes, notamment dans le duel, alors qu'il produit un chant de grande qualité, notamment dans son air d'entrée, »qual rapido torrente » très orné, on voit la différence entre un très bon ténor et un ténor stratosphérique.
Et puis, il y a Malcolm dont Daniela Barcelona campe un curieux personnage du fait de son physique mais qui elle aussi produit un chant extraordinaire avec une voix de mezzo forte, disons même de contralto tant son grave arrive à aller en profondeur, mais son étendue vocale est stupéfiante. Sa cabalette d'entrée au premier acte « o quante lacrime » est merveilleusement donnée et saluée par le public qui lui fait un triomphe. Cette voix participe à l'exaltation de passions, notamment à travers son second air du 2° acte beaucoup plus pathétique « oh dieu peux-tu m'apporter la paix' », riche d'expression et suivi d'un duo enflammé avec Elena. Et puis comment ne pas noter le merveilleux duo d'amour avec Elena d'un romantisme pur et dans une mélodie douce et suave.
Voici donc un DVD que tout amateur d'opéra et de bel canto se doit certainement d'acquérir. Chez moi, il demeurera sur le devant de ma bibliothèque et j'aurai énormément de plaisir à le revoir régulièrement, il est la référence pour longtemps.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (8) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 14, 2015 12:48 PM CET


Rossini : Matilde di Shabran [Blu-ray]
Rossini : Matilde di Shabran [Blu-ray]
DVD ~ Olga Peretyatko
Prix : EUR 25,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Délectable, encore mieux en Blue Ray, 11 octobre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Rossini : Matilde di Shabran [Blu-ray] (Blu-ray)
Elle s’appelle Olga Peretyatko, elle nous vient du Mariinski à Saint Petersbourg, comme Anna Netrebko, ça rime ; comme elle, elle est belle ;quand elle apparait enfin sur la scène après 50 mn, c’est le choc, une voix insolente de facilité, de fraicheur, de colorations bien dosées, d’une technique insolente, un legato renforçant si besoin l’impact dramatique, avec une forte présence scénique qui est renforcée par sa robe rouge au superbe décolleté qui met en valeur une plastique irréprochable et qui tranche avec les costumes des autres personnages plutôt sombres ou bruns. On est sous le charme, et cela ira jusqu’à la fin quelques 3 heures plus tard qu’on ne verra pas passer avec la belle et joyeuse musique de Rossini bien dirigée par son mari, M. Mariotti. Elle délivre des aigus cristallins, encore un peu secs par moments, et des vocalises extraordinaires de facilité apparente, mais qui résultent d’un travail de longue haleine. Elle se joue de toutes les difficultés d’une partition souvent monstrueuse. Seul son grave manque encore un peu de profondeur, il viendra avec le temps. Son final est éblouissant, il dure 15 minutes, elle l’exécute sans fatigue apparente et y déploie toute sa séduction. J’ai eu la même impression que la première fois où j’ai vu Anna Netrebko, dont elle n’a pas exactement la même tessiture, puisse-t-elle avoir le même destin. Elle me semble plutôt avoir un peu la même voix que R. Scotto jeune.
Mais c’est aussi dans les duos et les ensembles qu’elle apparait formidable, d’abord les duos et dialogues avec J.D. Florez, égal à lui-même, lui aussi dans un rôle écrasant, vocalement parfait mais , comme d’habitude , à la gestuelle stéréotypée. Le premier duo à l’entrée de Matilde avec l’excellente basse au grave profond qu’est Nicola Alaimo en Aliprando, dans un dialogue savoureux est salué par le public avec une longue ovation justifiée.
Un peu plus tard, elle va déployer des aigus étonnants de fraicheur et des vocalises stupéfiantes de facilité dans un quatuor superbe, suivi de l’un des plus beaux moments de cet opéra ,le quintette désopilant et rythmé où Olga Peretyatko déploie toute sa séduction de beauté vocale et charnelle devant un J.D. Flores sans défense, totalement séduit. La façon dont Matilde désarme Corradino est simplement délicieuse. C’est un vrai régal. Il en sera de même un peu plus tard au second acte dans un sextuor qui voit J.D. Florez déployer un très beau chant avec un grave renforcé.
A côté de ces 2 artistes exceptionnels, toute la distribution est excellente, Anna Goryachova est une bonne mezzo qui incarne un travesti, Eduardo, faisant bien masculin, excellente au second acte notamment dans un duo avec J.D. Florez ; Paolo Bordogna est en Isidoro un peu le clown/poète de service de la Comédie italienne est à la fois un excellent comédien et un beau baryton qui monte en régime au fur et à mesure que l’on avance.
Grace à cette qualité, on ne voit pas le temps passer malgré la longueur de l’œuvre qui est fondée sur une intrigue simple mais succulente que l’on complique par moments par plaisir, dans une mise en scène sobre mais dynamique, et un décor réduit à un escalier tournant qui aurait pu être un peu plus sophistiqué. Et puis il y a la magnifique et si joyeuse musique de Rossini, bien enlevée par l’animation orchestrale donnée par son chef, Michele Mariotti, et qui comporte comme souvent chez Rossini des emprunts à d’autres œuvres que l’oreille reconnait facilement dès l’ouverture. Mais quel bonheur ! Le public de Pesaro a fait un triomphe justifié à ce spectacle qui vous ravira si vous décidez de l’acquérir.


Rimsky-Korsakov / Tsar's Bride [Blu-ray]
Rimsky-Korsakov / Tsar's Bride [Blu-ray]
DVD ~ Olga Peretyatko
Prix : EUR 31,49

5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Eblouissant, 7 octobre 2015
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Je viens juste de voir ce spectacle, car cette œuvre est rarement jouée et je la connaissais mal, je ne résiste pas à livrer à chaud mes impressions, car rarement j'ai ressenti autant d'émotion à la vision d'une œuvre qui vous prend aux tripes du début à la fin, j''en suis sorti les yeux humides et terriblement impressionné, cassé comme jamais, il faut dire qu''elle est servie par une équipe exceptionnelle, 4 très grands rôles avec des chanteurs de première classe et Maître Barenboïm. Je pense d'ailleurs que cet opéra a absolument besoin de cette qualité sans laquelle il serait vécu comme assez ordinaire.
Et pourtant, quand j'ai vu que le metteur en scène était Tcherniakov, qui m'avait horrifié dans Kitége et que j'avais détesté dans le Prince Igor, que d'ordinaire je ne supporte pas, j'ai failli renoncer. Heureusement, j'ai vaincu cette appréhension ! Car ici, je l'ai supporté, bien que provocateur, je ne dirai pas que j'ai aimé, mais je lui reconnais d'avoir mis les remarquables chanteurs en situation de donner le meilleur d'eux-mêmes tant au plan scénique que vocal, et de faciliter la compréhension d'une intrigue un peu complexe. Il met bien en lumière les passions amoureuses exacerbées.
Mais avant de parler des interprètes, tous exceptionnels, j'ai été subjugué par la direction de Daniel Barenboïm qui anime l'un des meilleurs orchestres au monde, celui de Berlin, avec vigueur, dans une dynamique implacable, tout en mettant bien en lumière les belles mélodies, avec des moments de lyrisme magnifiques et en soignant son accompagnement des chanteurs. Dès l'ouverture, vous êtes pris à la gorge, le drame est là, il ne vous quittera pas pendant près de 3 heures. Ecoutez avec quelle doigté, alterné avec de la puissance, il ouvre le quatrième acte. Et quelle belle partition musicale alternant les mélodies colorées issues des thèmes populaires avec des phrases d'une très forte intensité dramatique.
Le premier à entrer en scène est un baryton que je ne connaissais pas, J.M.Kränzle et qui donne au personnage de Grigory une personnalité très forte, avec une voix charpentée, mélodieuse, d'une projection parfaite ; il nous offre une présence scénique énorme, particulièrement dans une scène finale exceptionnelle qui vous secoue d'émotion.
Puis entre en jeu une mezzo fantastique, Anita Rachvelishvili, que nous avions découvert dans le Prince Igor, et qui va faire un juste et fabuleux triomphe final. Elle est pourtant dans un rôle ingrat, celui de Lyubasha, amante rejetée et vengeresse, mais elle l'assume, d'abord dans un air d'entrée qui est une bien belle mélodie a capella vocalement terrifiante, (« une voix qui fait défaillir les cœurs » a-t-on dit), puis quand le drame se noue, avec une vigueur et une présence fascinante, une parfaite maîtrise du souffle. Sa voix est d'une puissance et d'une étendue rare, capable de toutes les couleurs, elle dégage une chaleur tout à fait exceptionnelle, elle campe véritablement un personnage inoubliable.
La fiancée du tsar est Olga Peretyatko, superbe, très vivante, totalement adaptée au personnage, subtile dans son interprétation d'une partition qui ne la met pas spécialement en lumière. Son premier air d'entrée au II est délicieux de grâce et terriblement romantique. Mais c'est au final, dans la scène de la folie, qu'elle délivre un chant fantastique d'un air d'anthologie, délivrant des aigus limpides, de forte puissance dramatique qui accentue votre émotion. Elle est loin de sa Matilde de Shabran, elle montre là l'étendue de son talent qui la prédispose dans différents registres, à une grande carrière qu'elle a d'ailleurs bien débuté.
Et quel bonheur de retrouver Anatoli Kotscherga (le meilleur Gremine jamais entendu) dans le rôle du père. Les années ont arrondi la silhouette, mais sa belle et chaude voix de basse est quasiment intacte. Son interprétation de l'air du 4° acte est simplement fantastique, il y exprime une puissance dramatique rare qui vous noue la gorge d'émotion, tellement c'est beau.
Tous les autres personnages sont très bons, notamment le promis qui va devoir laisser la place, qui est un bon ténor : Pavel Cernoch, un nom à retenir. Et puis il y a la grande Anna Tomowa-Sintow, qui fait son numéro au 3° acte, son âge lui fera pardonner une voix d'une émission un peu désastreuse qu'elle compense par son métier.
J'aimerais encore souligner la qualité des duos (celui de la fin du premier acte entre Grigory et Lyubasha est impressionnant) et de plusieurs ensembles, ce n'est pas du Verdi, mais ça y ressemble par moments, ils participent à cette impression de puissance de cette œuvre tellement belle au plan musical, même si les 2 actes centraux n'atteignent pas le même niveau d'émotion que le premier et surtout le dernier.
Si vous aimez l'âme russe, et ressentir par la musique une émotion qui vous prend tout votre être, vous avez là un enregistrement exceptionnel, pour moi l'un des plus beaux opéras russes' , assez conventionnel il est vrai, malgré Tcherniakov', ou un peu grâce à lui.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Oct 17, 2015 7:12 AM MEST


Leontina Vaduva : Chanter, ma raison d'être
Leontina Vaduva : Chanter, ma raison d'être
DVD ~ Fabrice Maze

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4.0 étoiles sur 5 Souvenir d'une merveilleuse soprano, 5 septembre 2015
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Reportage un peu convenu avec des documents d'époque sur la carrière de l'une des plus attachantes sopranos des dernières années, à la voix très pure et aux intonations faisant passer à merveille les émotions. Sa Juliette avec Alagna demeure pour moi inégalée.J'ai toujours regretté comme amateur d'opéras sa décision d'interrompre sa carrière pour pouvoir se consacrer pleinement à l'enfant tant désiré. Mais elle demeure aujourd'hui dans l'enseignement une intervenante majeure pour le perfectionnement des jeunes chanteurs.


Verdi : Les vêpres siciliennes [Blu-ray]
Verdi : Les vêpres siciliennes [Blu-ray]
DVD ~ Lianna Haroutounian
Prix : EUR 28,88

4.0 étoiles sur 5 Version en français d’assez bonne qualité globale, 18 août 2015
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J’ai apprécié de découvrir cette œuvre rarement donnée dans sa version d’origine en français, d’autant que les représentations en DVD sont rares et généralement en italien. Avec une qualité d’image superbe en Blue-ray, on a une mise en scène du type théâtre dans le théâtre que je n’apprécie que modérément, dans une transposition au 19 ° siècle qui n’est pas trop choquante, un peu tout de même et particulièrement au final avec l’incendie du drapeau tricolore porté par un Procida travesti ! Les costumes et robes sont de grande qualité et d’une élégance rare, notamment les parures d’Hélène. Comme de coutume, le ballet du 3° acte a été quasiment supprimé, (ce que l’on peut regretter car c’est une très belle page musicale), mais sans lui l’œuvre dure déjà plus de 3 heures avec quelques longueurs. Enfin, le rappel régulier du crime commis par Montfort par des figurants (danseuses ou enfant) en doublure de l’action est original et ne manque pas d’esthétisme, il permet en tous cas de meubler les temps morts de l’œuvre et d’apprécier la qualité du ballet de Covent Garden.
La très belle partition de Verdi est superbement mise en valeur par une direction d’orchestre efficace et puissante animée par Antonio Pappano. Son attention aux chanteurs est extrême, et il sait aussi bien souligner le lyrisme de certains passages. L’ouverture sous cette direction est magnifique et l’animation des ensembles vocaux avec chœur est remarquable. Il y confirme si besoin est faire partie des grands chefs de notre époque.
Globalement, l’interprétation vocale est de très bonne qualité et supérieure à la version en italien de Ricardo Chailly à Bologne handicapée par 3 rôles masculins assez médiocres, notamment celui de Arrigo (ici Henri) et une méforme de Léo Nucci.
Le rôle d’Elena, qui est l’un des plus difficiles du répertoire, il couvre quasiment 3 octaves, est un peu trop difficile pour Lianna Haroutounian, d’une belle prestance scénique et dotée d’une voix certes puissante dans l’aigu, mais manquant de projection et de couleur dans le chant, affligée d’un vibrato chevrotant dans certains passages, peu à l’aise dans les ornementations et dépourvue du grave nécessaire ce qui lui fait escamoter le saut de douzième de la sicilienne dont elle dégage cependant assez bien le lyrisme. De ce fait, elle est peu audible dans les ensembles. Et je ne parle pas de son français tellement il est massacré! Elle est vocalement très loin de la magnifique interprétation de Susan Dunn à Bologne, sans être cependant catastrophique, et je ne veux même pas rappeler Maria Callas dans cet emploi!
En face d’elle, les 3 rôles masculins sont globalement excellents, à commencer par l’Henri de Brian Hymel, magnifique ténor bien façonné à l’école américaine, dans une tessiture de rôle particulièrement difficile et dans un registre très élevé du début à la fin; son grand air (O jour de peine) du 4°acte est saisissant et émouvant, il s’y investit à fond, ce qui explique qu’il ait ensuite au 5° acte un peu de difficulté à maintenir sa voix, notamment dans son dernier air (La brise souffle au loin…). Michaël Volle campe un extraordinaire Montfort au physique impressionnant, aux expressions très travaillées, tyrannique, et à la voix parfaitement posée, son grand air d’entrée du 3° acte (au sein de la puissance) est particulièrement éloquent et tragique. Quant à Erwin Schrott, qui offre une très bonne incarnation du rôle de Procida, il est fidèle à lui-même dans son apparence de macho qui convient bien ici, son « o tu palermo » d’entrée au 2° acte est bien donné, très musical, mais il n’a pas ce timbre de bronze qu’avaient jadis les grandes basses comme R. Raimondi qui a donné une incarnation de référence de ce rôle. Cependant, son intervention au 4° acte, admirable et pathétique, arrive à vous faire frissonner
Ce DVD m’a procuré du plaisir par sa qualité globale et par moments des émotions, il est intéressant à connaître pour une œuvre peu jouée, car longue, difficile, avec une histoire un peu compliquée, mais ici fort bien traduite scéniquement. Il a toute sa place à côté de la représentation de Bologne, également superbe scéniquement, et avec la duchesse Hélène somptueuse qu’en a donnée Susan Dunn qui y fit un triomphe. Mais je reste dans l’attente de la version de référence, que j’espère un jour (complète avec le ballet ?) et en italien, car tout de même c’est bien la langue de Verdi et c’est un magnifique opéra.


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