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Contenu rédigé par Laneton
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Laneton "Jip" (France)
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Francesca da Rimini
Francesca da Rimini
DVD ~ Placido Domingo
Prix : EUR 10,99

5.0 étoiles sur 5 Un bijou - Scotto divine – Levine magistral, 21 juillet 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Francesca da Rimini (DVD)
Cet opéra donné au Met en 1984 est un poème symphonie magistralement dirigé par ce très grand chef qu’est James Levine, avec des chanteurs qui atteignent la perfection, dans des décors magnifiques et avec des robes et costumes d’époque moyenâgeuse splendides. Et surtout, il y a Renata Scotto au firmament de son art.
La partition de cette œuvre est opulente et raffinée, avec des moments envoûtants et extrêmement poétiques que l’on goutte en plusieurs occasions dans de grands interludes ou l’action se poursuit sans paroles. C’est particulièrement à ces moments que l’on mesure la qualité de la direction de James Levine qui a l’art de dégager les mélodies, les colorations, faisant chanter chaque instrument soliste et notamment les violoncelles et contrebasses qui tiennent une place importante, mais aussi quelques instruments anciens (luth et viole) particulièrement adaptés à une histoire médiévale. Cela est particulièrement remarquable en fin des actes 1 et 3 et ajoute fortement à la beauté de ces passages et à l’émotion. Mais il sait aussi dégager toute la puissance requise comme dans le terrible final ou il fait exploser l’orchestre après le double assassinat des amants.
En dehors de l’acte 2 où la scène de bataille est fort bien rendue, les autres actes bénéficient de décors sophistiqués et élégants dans lesquels les personnages superbement parés en costumes d’époque médiévale évoluent dans une animation bien réglée. C’est tout de même plus agréable à regarder que le triste spectacle offert par Del Monaco à Paris en 2011 qui ne valait guère que par l’interprétation de R. Alagna.
Cette fin de l’acte 1 est d’un romantisme extrême, la découverte de l’autre à travers la grille d’abord, le coup de foudre, puis leur rapprochement progressif et enfin la remise de la rose de Francesca à Paolo, probablement l’une des plus belles rencontres amoureuses de l’opéra, exprimée seulement par l’accompagnement musical et les expressions des visages, qui ne va pas sans rappeler la remise de la rose d’argent d’Octavian à Sophie.
La fin de l’acte 3 est tout aussi romantique et émouvante, c’est la scène du baiser : « lui que de moi ne sera séparé me baisa la bouche » (Dante). L’orchestre atteint là un raffinement d’expression rare pour accompagner d’abord le dialogue de Paolo et de Francesca vers ce moment à la fois redouté et attendu, ce baiser passionné renouvelé dans une posture à la Rodin. L’émotion est au maximum.
Renata Scotto, remarquable du début à la fin, atteint à ce moment le summum d’expression vocale et artistique, elle s’investit totalement, y met toute sa sensibilité, au point de venir saluer le public sans pouvoir cacher sa propre émotion très visible et d’avoir à se blottir un instant contre son partenaire. On a envie que l’opéra s’arrête là. Mais je ne veux pas réduire la prestation de Renata Scotto à ce seul moment car elle dispense tout au long de l’opéra un chant absolument divin, un timbre rare et pur, faisant passer une forte intensité dramatique, presque sans vibrato, au legato contrôlé. Chacune de ses interventions est un moment de rare plaisir. Son final est éblouissant. Elle était bien à cette époque la reine blanche du Met, la noire étant une autre soprano tout aussi exceptionnelle Katleen Battle. Rien que pour Renata Scotto, les amateurs d’opéra se doivent de conserver ce DVD, ainsi d’ailleurs que sa Manon Lescaut et sa Luisa Miller. Je garderai toujours en mémoire son salut final, elle est comme la sportive qui a tout donné d’elle-même pour battre le record, elle est vidée, mais tellement heureuse d’avoir donné tant de plaisir à son public.
A ses côtés, il n’y a aussi que des louanges à dresser pour l’interprétation parfaite de Placido Domingo, totalement complice de Renata Scotto, totalement en phase, dans la plénitude de son chant, depuis son entrée au second acte « j’ai seulement vu une rose » jusqu’à la terrible scène finale.
Face à ce couple si romantique et lyrique, l’opposition de style des 2 frères de Paolo est frappante et excellemment rendue par le metteur en scène. C. Mac Neil et W. Lewis impressionnent par leur stature, leur sauvagerie et une expression vocale sans faille. D’ailleurs, j’ai beau chercher, je ne trouve aucun petit rôle à critiquer. Une mention spéciale à la belle mezzo d’Isola Jones dans le personnage de Smaragdi, confidente de Francesca, totalement synchrone avec Renata Scotto en début de 3° acte et à la grâce des servantes offrant de très jolis tableaux.
Par ce DVD, conseillé par un ami, j’ai vraiment découvert la très grande qualité de cette œuvre que je ne connaissais que superficiellement par des extraits de L. Gencer ou R. Kabaivanska, et quelques fragments du spectacle de la Bastille; c’est peu dire qu’il m’a enthousiasmé au point de me l’être passé 3 soirs de suite. Techniquement, il est sans défaut et les plans de Brian Large sont comme de coutume très adaptés au dialogue. Je ne peux donc qu’encourager les fervents de grand opéra à l’acquérir.


Le Trouvère
Le Trouvère
DVD ~ Giuseppe Verdi
Prix : EUR 35,05

1.0 étoiles sur 5 Epouvantable transposition, 20 juillet 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Trouvère (DVD)
S’il m’arrive d’apprécier certaines transpositions raisonnables et intelligentes, ici ce n’est pas le cas : le célèbre et illuminé Robert Carsen nous offre une horreur dont il a le secret : un Trouvère en costume-cravates et robe de soirée au milieu d’une énorme usine rouge ressemblant plus ou moins à une unité pétrolière totalement rouge, crachant le feu, au milieu du lac, à laquelle on accède en Mercédès ou en hors-bord, et dans laquelle évoluent les personnages.
Inutile de dire que les dialogues médiévaux ne collent pas du tout avec un tel décor. C’est pour moi insupportable, mais il parait qu’il y en a qui aiment, je les respecte.
Si encore la qualité musicale était acceptable, ce n’est pas non plus le cas: des 4 interprètes principaux, seul Z. Lucic est à peu près au niveau du rôle du Comte de Luna. Les 3 autres s’étagent du médiocre à l’insupportable. Il est vrai que quand on a dans l’oreille tous les grands interprètes qui ont marqué ce qui est l’un des plus musicaux opéras de Verdi, de Kabaivanska à Montserrat et Harteros, de Domingo à Kaufmann, de Cossotto à Zajic, j’en passe et des meilleurs, on ne supporte pas un tel manque de qualité vocale. Les chœurs sont vocalement bons, mais les hommes transformés en soldats armés de mitraillettes et de pistolets, et les femmes habillées en bonnes sœurs dans un tel décor font anachroniques ! Quant à l’orchestre de Vienne, il a de bonnes sonorités mais mal mises en valeur par une prise de son qui ne peut être excellente en plein air avec des chanteurs équipés de micros. De plus sa direction manque d’ampleur et est parfois molle.
Heureusement, je n’avais pas acquis ce DVD, j’ai donc pu le rendre. Ce commentaire se veut peut-être trop sévère, il est destiné aux nombreux mélomanes qui comme moi sont attachés au traditionnel, à la musicalité et à la recherche d’une émotion afin qu’ils ne se risquent pas. Il doit être réservé à ceux qui recherchent l’originalité et qui ne sont pas trop exigeants quant à la qualité vocale.


Il Corsaro [Blu-ray]
Il Corsaro [Blu-ray]
DVD ~ Verdi
Prix : EUR 39,41

3.0 étoiles sur 5 Interprétation inégale d’un opéra justement oublié., 17 juillet 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Il Corsaro [Blu-ray] (Blu-ray)
Après une ouverture rythmée et lourde, on découvre une mise en scène très classique simple, dans un décor agréable mais minimum, et avec des costumes de qualité très colorés et épousant bien l’ambiance locale ottomane. L’animation est excellente et les combats sont particulièrement bien réglés au second acte.
Il faut saluer l’opéra de Parme qui a voulu produire les opéras oubliés de Verdi à l’occasion du 200 ° anniversaire de sa naissance. Mais il faut bien reconnaître que cet opéra est bien médiocre, même si le style verdien est présent tout au long de l’œuvre. On ressent un manque de travail sur la partition et cela sur un livret assez pauvre. Certains qualifient même cette œuvre de bâclée, je n’irai tout de même pas jusque-là !
La direction d’orchestre est banale et manque un peu d’âme et de relief, elle parait même brutale par moments, elle ne fait pas très aboutie, mais s’attache à bien suivre les interprètes et à animer un bon chœur, notamment de femmes qui de plus sont belles et élégantes dans leurs tenues exotiques.
On est certes loin des grandes œuvres à venir(ou même de certaines antérieures) mais certains passages comme les duos, trios et ensembles préfigurent bien celles-ci et laissent percer le talent du compositeur par son style énergique musical et concis.
Malheureusement, la distribution est très inégale, les chanteurs étant de meilleure qualité que les chanteuses. On y remarque un bon ténor Bruno Ribeiro dans le rôle-titre même s’il peine un peu dans l’extrême aigu. Inversement, la soprano, Irina Lungu, est un peu pénible à écouter dans le premier acte, tant sa voix manque totalement d’assise et de technique, distribuant des aigus forcés et des sons rauques, sans parler de sa difficulté dans les vocalises. Elle est meilleure dans le troisième acte. Cela est étonnant de la part d’une chanteuse qui par ailleurs a montré des qualités indéniables dans le répertoire verdien. Elle a probablement manqué de préparation pour ce rôle. Quant à la seconde soprano interprétant Gulnara, elle n’a pas le physique idéal d’une jeune et belle odalisque, elle dispense un chant médiocre plus sombre que celui de Medora et que le public a bien du mal à apprécier, nous aussi. Le rôle de baryton du Pacha tenu par Luca Salsi ne prête à aucune critique, il en donne une interprétation de qualité très "verdienne", en particulier dans la longue scène du début du 3° acte.
Faute de mieux, en DVD, on peut se procurer ce spectacle pour ceux qui veulent connaître en profondeur l’œuvre complète de ce si grand maître de l’opéra que fut Verdi.


Tristan & Isolde [Blu-ray]
Tristan & Isolde [Blu-ray]
DVD ~ Richard Wagner
Prix : EUR 38,89

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Seulement pour la musique, 1 juillet 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Tristan & Isolde [Blu-ray] (Blu-ray)
Cet opéra est pour moi mythique, car jeune, à l’opéra de Paris, avec sur scène Birgit Nilsson en exceptionnelle Isolde et je crois W. Windgassen en Tristan et K. Böhm dans la fosse, j’ai pour la première fois mesuré la force émotionnelle de l’opéra quand à la mort d’Isolde, je me suis rendu compte que j’avais les larmes aux yeux, comme la plupart des spectateurs autour de moi tant l’émotion était intense. Ensuite, j’ai acheté l’enregistrement de Furtwängler avec une autre Isolde de légende, K. Flagstadt en duo avec un Tristan lui aussi légendaire, L. Suthaus. Ces références demeurent indélébiles et rendent forcément injustes et très difficiles toute appréciation des innombrables versions parues depuis. D’autant que d’autres m’ont fortement marquées par certaines qualités réelles, Orange avec la même B. Nilsson et J. Vickers, le beau Tristan de René Kollo, la sensibilité de G. Jones aux aigus splendides, plus récemment W. Meier bouleversante et si expressive.
Cet enregistrement n’échappe pas à cette règle. Je l’ai acquis pour la notoriété de Peter Schneider dont la direction d’orchestre dans Wagner est généralement excellente; et là, je dirai que je n’ai pas été déçu. Il anime l’orchestre de Bayreuth avec à la fois finesse et ardeur, lui faisant rendre une musicalité quasi parfaite, d’une partition sublime et immortelle dont les accords traduisent tant de sentiments contraires, amour et adultère, amour et mort, désir tyrannique et convenances sociales, etc…
Malheureusement, c’est à peu près tout. Passons sur la mise en scène, elle est inexistante, ce n’est pas grave, cet opéra peut s’en passer, et c’est mieux que différentes tentatives de modernisation que l’on a pu voir ces dernières années. Encore aurait-on pu soigner la gestuelle. Mais il est tellement difficile sinon impossible d’accorder la vision matérielle avec l’expression des âmes, avec la dimension spirituelle omniprésente dans cette œuvre, où tout est dans l’action intérieure des deux héros.
On a opté pour une transposition des personnages dans notre temps, donc costume-cravate de rigueur pour Tristan et tailleur jaune vif boudinant Isolde au second acte, ce qui ne fait pas de l’héroïne un monstre de désir et de sensualité. Quant aux décors, je les qualifierai de minimalistes, de pauvres et souvent de laids, ce qui est dommage car la qualité de l’image en Blue-Ray est très bonne. Ils ne confèrent pas d’unité aux 3 actes de l’œuvre.
Au niveau vocal, R. Dean-Smith donne une bonne prestation, manquant tout de même d’expression et de profondeur. I. Théorin commence de manière satisfaisante et va décliner au fur et à mesure que l’on avance dans le déroulement de l’action, jusqu’à une quasi catastrophe finale, le massacre vocal de la mort d’Isolde, insupportable ! D’autant que le rendu scénique, chantant couchée dans un lit, loin du cadavre de Tristan, gâche l’émotion que l’on doit ressentir à cet instant qui célèbre l’Amour sublimé par la mort et la spiritualité, dans l’union éternelle des deux êtres. Je ne dirai rien des autres personnages, dans l’ensemble satisfaisants mais secondaires, sauf Brengaine qui est d’une médiocrité affligeante, catastrophique du début à la fin.
Peut-être suis-je trop sévère, c’est pourquoi je mets tout de même 3 étoiles, une telle œuvre, pour moi l’une des plus belles de l’opéra, ne peut tolérer de la médiocrité. Donc je reste dans l’attente du DVD de référence qui conjuguerait à la fois une bonne direction d’orchestre, (comme celle de P. Schneider), une magnifique Isolde (comme W. Meier), un grand Tristan (peut-être un jour J. Kaufmann), et une mise en scène qui ne fasse que mettre en valeur la musique et ses interprètes.


Verdi: Un Ballo in Maschera [Blu-ray]
Verdi: Un Ballo in Maschera [Blu-ray]
DVD ~ Massimiliano Pasapia
Prix : EUR 12,11

2.0 étoiles sur 5 Seulement pour la direction de Chailly, 10 juin 2014
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Pour apprécier ce spectacle, il faudrait ne pas avoir vu la version Solti/Domingo qui touche à l’excellence, alors que celle-ci touche à la médiocrité. Seule la direction d’orchestre de R. Chailly est pleine de finesse et d’entrain, au sens mélodique bien verdien dont il est tellement imprégné.
Je ne goûte absolument pas la mise en scène moderniste qui sied mal à propos d’une intrigue princière, décors faits de figures géométriques dont on se demande la signification. Les costumes n’ont également rien de princier, simplement médiocres, des tenues négligées, on a juste évité trop de costumes cravates. Par contre on donne dans l’excentricité et le loufoque, notamment Ulrica transformée en gros animal entouré de piquants genre hérisson ou porc-épic. Quant à la mise en scène, elle est quasiment inexistante. Même le bal n’a vraiment rien de carnavalesque tant il semble statique.
L’interprétation est très inégale, le meilleur est de loin le baryton Franco Vassalo à la voix chaude et musicale, il ne fait tout de même pas oublier Leo Nucci. A.M. Chiuri est une bonne mezzo en Ulrica, voix bien charpentée, grave pur, mais il ne faudrait pas la voir ainsi revêtue. La soprano chantant Amelia hurle plus qu’elle ne chante et manque de musicalité. Quant au ténor, au physique en robé, il n’a rien de princier et son interprétation est en dessous de tout. Pas étonnant que ces 2 chanteurs aient disparu des grandes scènes d’opéra. Et Oscar manque totalement de dynamisme vocal.
Donc je laisse les 2 étoiles pour R. Chailly; mais pour une si belle œuvre, l’une des plus mélodieuses de Verdi, avec des airs de bel canto que l’on a tous dans l’oreille, c’est presqu’un supplice d’entendre une telle interprétation vocale, il y a au catalogue beaucoup mieux et pour moi le DVD Solti à Vienne est encore insurpassé tant pour le spectacle que pour la musicalité.
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Maria Stuarda
Maria Stuarda
DVD ~ Donizetti
Prix : EUR 19,81

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 J. DI DONATO AU SUMMUM DE SON ART, 24 mai 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Maria Stuarda (DVD)
Commentant il y a 2 ans le DVD de cette œuvre admirable avec M. DEVIA, je marquais mon attente d’un nouvel enregistrement de grande qualité, nous l’avons enfin.
Joyce Di Donato a atteint depuis 2 ou 3 ans un niveau d’excellence que nous avons pu apprécier dans d’autres productions comme Cenerentola ou Cendrillon, sans oublier sa composition dans the Enchanted Island. Ici elle est au summum de la qualité que l’on peut attendre d’une artiste d’opéra, aussi bien vocalement que scéniquement. C’est admirable, magnifique. Une voix absolument sublime, parfaitement contrôlée malgré les difficultés, nous transporte d’émotion. Son legato est extraordinaire, ses vocalises nuancées, le pianissimo, sa prononciation et sa musicalité parfaites. Dès qu’elle apparaît, l’émotion commence et ne va faire que croître assez rapidement jusqu’aux larmes, l’expression vocale y suffit et son jeu simple, son regard bleu très doux et perçant, l’amplifie progressivement dans ce second acte qui est un monument de l’opéra. La façon dont elle arrive à exprimer les divers sentiments qui la parcourent est simplement magnifique. De plus, son humilité et sa gentillesse de femme n’en font pas une diva malgré la ferveur que lui témoigne à la fin son public pour qui elle est la reine du Met.
Elle a en face d’elle une jeune soprano très grande qui se révèle dans un rôle vocalement très difficile et nous délivre des aigus purs, puissants et somptueux, des vocalises admirables. Mc Vicar ne l’a pas arrangée physiquement en l’accoutrant de tenues grand-guignolesques et en lui conférant des attitudes d’une raideur et d’une dureté à mon avis excessives, en la maquillant comme un clown, en lui ôtant le minimum de féminité, même dans la scène de recherche de tendresse avec Lancaster. Elsa van den Heeven devra seulement améliorer son registre grave pour devenir une des grandes sopranos dramatiques de demain, et aussi apprendre à mieux dire l’italien. Par son allure et son registre, elle n’est pas sans me faire penser à J. Sutherland jeune.
Les rôles d’hommes, que certains qualifient de secondaires, mais qui pour moi ne le sont pas, ne serait-ce que par leur présence dans les duos et les ensembles avec les deux reines, sont de qualité, particulièrement M. Polenzani et M. Rose. Le chœur est également remarquable et pas seulement dans l’entrée de la dernière scène où il amplifie notre émotion. Quant à l’orchestre, il s’applique à bien accompagner les chanteurs, il ressort bien les quelques phrases musicales en intermède, il ne se fait pas remarquer autrement que par une bonne exécution mélodique, et c’est déjà très bien.
De la mise en scène, je ne dirai pas grand-chose, Mc Vicar est resté assez raisonnable en dehors de la composition du personnage d’Elisabeth, qu’il ridiculise de manière outrancière. On a connu pire. Il n’y pas vraiment de décor, il n’y en a pas besoin, peut-on appeler un décor un mur recouvert de graffitis; tout est dans le dialogue des deux reines, et les jeux de lumière et de couleur sont très étudiés. Mais avait-il besoin que Marie Stuart soit atteinte de la maladie de Parkinson au dernier acte ? La scène d’ouverture, faite de personnages gesticulants, on ne peut appeler cela ballet, est aussi anachronique.
Vous avez compris mon enthousiasme, c’est de trouver une grande artiste arrivée après des années de travail au niveau suprême où sa seule présence vous fait frémir et vous met en communion intime par la musique délivrée par la voix, et qui vous fait oublier les outrances du metteur en scène. Ce DVD est incontournable pour tout amateur de grand opéra dramatique.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 11, 2014 7:17 PM MEST


Georges Bizet - Carmen / Antonacci, Kaufmann, D'Arcangelo, Amsellem, Pappano (The Royal Opera House)
Georges Bizet - Carmen / Antonacci, Kaufmann, D'Arcangelo, Amsellem, Pappano (The Royal Opera House)
DVD ~ Anna Caterina Antonacci
Prix : EUR 10,99

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Magnifique malgré quelques réserves, 20 mai 2014
Un échange récent avec une amie « amazonienne » m’incite à exprimer mon ressenti sur ce spectacle et aussi certaines réserves, je ne dis pas critiques, car c’est un bien bel enregistrement. Mais, je ne peux pas ne pas le comparer à celui du Met qui lui est exceptionnel, quasi parfait sur tous les plans.
La mise en scène est belle, avec une très bonne animation, mais tout se déroule quasiment dans le même décor en carton-pâte à peine remodelé pour chaque scène. Plusieurs innovations sont excellentes comme la scène du duel ou certaines attitudes des acteurs très bien impliqués dans leurs personnages, et beaucoup de finesse dans leurs expressions. Les costumes sont beaux, mais je n’apprécie pas beaucoup le parti pris des très larges décolletés des femmes, surtout celui de Carmen dans les 3 premiers actes compte tenu de la corpulence d’Anna Caterina Antonacci. Cela fait vulgaire et ne colle pas avec l’image qui est la mienne de ce rôle qui est celui d’une aguicheuse amoureuse chronique et non d’une péripatéticienne. Mais ce n’est que mon ressenti, d’autres au contraire apprécieront…Mais on demeure assez loin du spectacle offert par le Met qui est simplement somptueux.
L’orchestre du Royal Opéra est magnifiquement conduit et emballé par A. Pappano, excellent chef s’il en est, et il a avec lui une troupe choriste elle-même excellente, celle de Covent Garden. Les rôles principaux sont superbement tenus, comment dire autrement quand on a sur scène celui qui est considéré unanimement comme le meilleur ténor de sa génération, et l’une des toutes meilleurs sopranos dramatiques. Et pourtant, il manque une fibre méditerranéenne dans la voix de Jonas Kaufmann, ce qu’ont R. Alagna absolument parfait au Met ou jadis J. Carreras. Quant à Anna Caterina Antonacci à la ligne de chant et d’expression excellente, elle n’a pas le grave nécessaire à certaines phrases comme le possède E. Garança ou jadis Grace Bumbry.
Les deux autres rôles importants sont aussi un peu décevant, I. D’Archangelo n’a pas la voix d’Escamillo, il chante très bien en baryton qu’il est alors qu’il nous faudrait une basse chantante. Quant à Norah Amsellem, physiquement, elle ne fait plus très jeune fille, son aigu de poitrine est difficilement supportable, mais elle campe une belle prestation au 3° acte. Comment oublier Mirella Freni !
Parmi toutes les offres de cet opéra aussi célèbre et populaire, c’est une version à connaître, et la Carmen d’Anna Caterina Antonacci mérite de figurer à coté de bien des illustres devancières, Julia Migenes-Johnson dans le magnifique film d’opéra, la grande Grace Bumbry, inoubliable, A. Baltsa, B. Uria-Monzon, T. Berganza et aujourd’hui pour moi la référence , E. Garança la plus brune gitane des Lettones et une voix idéale couvrant toute la tessiture nécessaire.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 16, 2014 5:19 PM MEST


Carmen (The Metropolitan Opera Live HD)
Carmen (The Metropolitan Opera Live HD)
DVD ~ Elina Garanca
Prix : EUR 13,99

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Somptueux et musicalement parfait, 19 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Carmen (The Metropolitan Opera Live HD) (DVD)
Venant de revoir ce DVD, j’en ai redécouvert la splendeur, splendeur d’un spectacle magnifique en tous points, splendeur musicale, splendeur du couple Don José/Carmen. J’en ai repris mes notes précédentes.
Le Met nous offre une production extraordinaire : qualité des décors, beauté des costumes, animation scénique, du grand spectacle signé R. Eyre digne de Zeffirelli jadis. Le moment le plus impressionnant est probablement l’entrée du dernier acte avec le défilé de la corrida, avec ces chœurs d’enfants et d’adultes, les figurants, peut-être y-a-t-il 300 personnes sur scène. Aucun autre opéra au monde n’est capable d’atteindre ce niveau d’excellence. La mise en scène est magnifique aidée par des acteurs qui se donnent à fond, sans retenue, mais sans excès, elle crée une animation pratiquement sans temps mort.
Y. Nezet-Seguin assure une direction d’orchestre parfaite, il démarre l’ouverture un peu vite, puis revient à un tempo normal très attentif au soutien des chanteurs, mettant bien en lumière la superbe musique de Bizet. Il m’a fait penser à certains moments à Karajan par ses élans et sa sensibilité.
Carmen est la très belle et blonde mezzo lettonne Elina Garança, que l’on n’attendait pas dans ce rôle, et pourtant, devenue brune, elle incarne l’une des plus belles Carmen que l’on ait vues, sensuelle, passionnée, mais surtout une ligne de chant exceptionnelle. Depuis Grace Bumbry qui demeure pour moi une référence, (malheureusement la qualité technique du DVD marque son âge), je crois que l’on n’avait pas entendu une incarnation de cette qualité. Et pourtant que de belles Carmen a-t-on connu, J. Migenes –Johnson dans le beau film de F. Rosi, A.C. Antonacci, superbe avec J. Kaufmann, mais un peu trop vulgaire à mon goût, B. Uria-Monzon, A. Baltsa sont les noms qui me viennent à l’esprit et qui m’ont marqué dans cette œuvre.
R. Alagna, toujours excellent dans le répertoire français se surpasse dans ce Don José par la qualité parfaite de son chant, son expressivité, son jeu, il possède la sensibilité du personnage, ce que n’ont pas par exemple J. Kaufmann ou J. Vickers. Avec E. Garança, Il rend notamment une scène finale dans le duo mortel d’une puissance émotionnelle jamais vue. Il est le meilleur Don José de notre époque, mais que j’aimais aussi J. Carreras dans ce rôle.
Faut-il malgré tout trouver une critique à spectacle aussi beau ? Les deux autres rôles ne sont pas au même niveau. Certes B. Frittoli chante parfaitement une Micaela, mais elle a au minimum 20 ans de plus que le personnage, et ça se voit. Mais ce n’est pas le pire, il y a un Escamillo que je qualifierais simplement d’épouvantable. Dans une production de moindre qualité, cela vaudrait le retrait d’une étoile, pas ici car globalement tout le reste en vaut plus que 5.
C’est l’enregistrement Vidéo que l’on doit avoir, on ne se lasse pas de le voir et revoir.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : May 19, 2014 11:52 AM MEST


Samson & Dalila
Samson & Dalila
DVD ~ Camille Saint-Saens
Prix : EUR 30,00

1.0 étoiles sur 5 Épouvantable sur tous les plans, 12 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Samson & Dalila (DVD)
A la première écoute, j’avais été très déçu, à la seconde, je suis dégoûté, j’ai jeté le DVD.
Bien que certains semblent apprécier, personnellement, je ne vois pas l’intérêt de rajouter aux horreurs du Moyen Orient qui nous sont produites chaque jour sur nos TV, la même chose dans un spectacle qui est avant tout fait pour divertir. S’il est vrai que je suis assez rebelle aux transpositions, sauf quand c’est fait avec mesure et qualité, ici cela dépasse l’entendement jusqu’à voir Dalila se faire sauter par le grand prêtre, la kalachnikov entre les jambes, ce n’est plus de l’art, c’est de la provocation délirante qui n’a rien à faire dans un chef d’œuvre de l’opéra français.
Si encore les images étaient belles, s’il y avait un décor élégant, si les costumes étaient beaux et pas des costumes/cravates qui envahissent les plateaux quel que soit l’intrigue et son époque, on y trouverait une petite compensation, mais ce n’est pas du tout le cas. Et que vient faire le cadavre d’un enfant assassiné et ensanglanté, il n’est pas dans le scénario, pas plus que le final où Sanson au lieu de provoquer l’effondrement du temple est bardé d’explosifs pour se faire sauter.
Voilà pour l’aspect visuel, passons à l’aspect musical, ce n’est pas beaucoup mieux. Comment un chef aussi talentueux que V. Gergiev peut-il être aussi endormi, l’orchestre n’a aucune qualité mélodique, on a l’impression qu’il est ailleurs tellement il est mou, il n’est pas avec les chanteurs, il se contente de tonner quand il le faut.
Torsten Kerl est un ténor de seconde zone qui au point de vue corporel n’a rien du colosse qu’il est sensé interpréter, sans aucun charme, peinant à gravir 2 marches tellement il est empâté, avec une voix limitée en puissance et parfois bêlante, sans aucun jeu d’acteur digne de ce nom. Quant à la Dalila de M. Tarasova, c’est aussi médiocre, aussi pauvre. Elle n’a aucun charme même dans la scène de la séduction, elle crie dans l’aigu et manque de profondeur dans le grave. Je n’avais jamais entendu le grand air « mon cœur s’ouvre à ta voix » donné de façon aussi insipide, terminant en s’essuyant la sueur avec une serviette blanche et avec un revolver à la main !
J’arrête là mon œuvre de démolition, je pourrais continuer avec les ballets, la bacchanale, indigents, vulgaires. Pour me consoler d’autant de déception, j’ai remis sur la platine quelques instants, notamment ce grand air par l’irremplaçable Shirley Verrett, et aussi quelques passages du Sanson de Placido Domingo, tout de suite j’ai retrouvé les frémissements, l’émotion, l’humidité pointant dans mes yeux, la musicalité d’un orchestre bien enlevé. Non, je n’admets pas que l’on puise abîmer un chef d’œuvre du répertoire à ce point.


attila
attila
DVD ~ giuseppe verdi
Prix : EUR 16,63

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Interprétation magistrale de référence, 10 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : attila (DVD)
On ne peut considérer cette œuvre comme mineure tant elle est puissante, tant elle met en valeur le patriotisme, tant la musique préfigure les œuvres ultérieures de Verdi dites majeures.
Nous avons ici un enregistrement de référence, historique, qui présente les défauts de l'âge, l'image n'est pas au niveau que nous connaissons aujourd'hui, la prise de son non plus, le sous titrage n'est qu'en anglais et il n'y a aucune plaquette.
Est-ce pour cela que je devrais retirer une ou deux étoiles ? Là n'est pas l'essentiel, d'autant que l'offre est plus que réduite en DVD.
Non, d'abord parce que R. Muti mène de main de maître son orchestre de la Scala lui faisant émettre des phrases d'une puissance émotionnelle remarquable aux accents tellement verdiens. Il est totalement pénétré par cette musique.
Ensuite, le rôle-titre est tenu par un Samuel Ramey au summum de sa carrière, qui en faisait la meilleure basse de son époque avec une présence scénique et surtout une expression vocale stupéfiante de puissance et de couleur. Le public lui rend un hommage exceptionnel et mérité. Je ne me lasse pas de revoir le premier acte dans lequel il est stupéfiant.
C'est en affrontant des rôles aussi exigeants que celui d'Orabella que Cheryl Studer a rapidement cassé sa voix, on en a ici les prémices dans sa difficulté à tenir les aigus dévastateurs de la partition; ceci étant, elle assure une excellente prestation vocale, mais bien statique et son physique est peu compatible avec le personnage de jeune promise.
Les autres personnages sont dans l'ensemble bien tenus, avec une mention spéciale pour G. Zancanaro en Ezio, à la voix longue et à l'aigu brillant.
Les décors et les costumes rendent ce spectacle très agréable à regarder, cela n'a rien à voir avec les metteurs en scène dits d'avant-garde qui donneraient cette œuvre en costume cravate sur une scène quasi nue et grise.
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