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Contenu rédigé par Luc B.
Classement des meilleurs critiques: 370
Votes utiles : 5814

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Commentaires écrits par
Luc B.
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Le Démon de la chair
Le Démon de la chair
DVD ~ Hedy Lamarr

3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 PETITE PESTE DEVIENDRA GRANDE..., 14 juin 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Démon de la chair (DVD)
Edgar G. Ulmer débarque à Hollywood en 1926, pour travailler avec Murnau. Il restera aux Etats Unis, et y écrira et réalisera pléthore de films, dits de série B. En 1945, il signe le prototype même du petit Film Noir fauché Détour ce qui lui vaut la reconnaissance éternelle de tous les cinéphiles du monde ! Ulmer est aussi décorateur, et directeur photo. Caractéristiques qui imprègnent ses mises en scène, extrêmement travaillées et inventives, compte tenu des petits budgets impartis. Il semblerait que Ulmer ait été « black listé » pour de sombres histoires de moeurs, le brave Edgar ayant piqué la femme d'un puissant producteur, qui ne lui pardonnera pas...

L'année qui suit la sortie de DETOUR, Ulmer signe cet autre fleuron du Film Noir : LE DEMON DANS LA CHAIR, avec Hedy Lamarr et Georges Sanders (dont il faut absolument lire les mémoires, MEMOIRES D'UNE FRIPOUILLE, cyniques et truculentes...).

Jenny, jeune peste qui tyrannise ces camarades, affublée d'un père alcoolique et violent, se fait la promesse de devenir riche, puissante, et belle. Elle a douze ans, et regarde son reflet dans une rivière. Derrière elle, son père écluse une bouteille de whisky, et la dernière goutte absorbée, jette la bouteille à l'eau. Le reflet de sa fille est troublée, et lorsque la surface de l'eau redevient lisse, c'est le reflet de Jenny adulte qui apparaît. Elle est devenue belle, très belle. Admirable ellipse de temps. Jenny cherche maintenant un homme fortuné à épouser, et jettera son machiavélique dévolu sur Isaiah Poster, veuf, propriétaire de commerces, qui la connaît depuis sa naissance. Le but étant d'épouser Isaiah pour mieux séduire son fils, Ephraïm, étudiant en architecture de retour d'Europe...

Le Film Noir regorge de garces, mais cette Jenny est un modèle du genre. La manière dont elle trouve refuge, en pleur, un soir, chez Poster, pour finalement lui passer la bague au doigt le lendemain, est un sommet ! Rien ne doit freiner Jenny dans sa quête de pouvoir. Elle écoute, épie, observe, et chaque conversation entendue, est immédiatement passée à la moulinette de son cerveau pervers pour en tirer profit. Lorsqu'elle rencontre le contremaître de son mari John Evered (George Sanders), et comprend que ce dernier est amoureux de Meg (une amie d'enfance) on sait immédiatement qu'elle n'aura de cesse de briser cet amour, et prendre possession de John. Elle manipule, avance ses pions, lâche des petites phrases anodines qui ont des résonances terrifiantes.

La mise en scène de Ulmer est d'une précision diabolique. Il filme les regards, les réactions en chaîne, comme une boule de billard judicieusement frappée qui rébondit mollement sur les bandes, mais finit par envoyer les autres au fond des poches. Précise, et sombre, beaucoup de scènes nocturnes, des pièces peu éclairées, des personnages dans l'ombre. Il faut voir Jenny descendre un escalier, un chandelier à la main, et éteindre deux bougies sur trois, avec les doigts, sans ciller, pour mieux s'enrober de pénombre, puis se glisser près de Ephraïm, et lui déclarer, lasse : « combien de temps encore ton père restera-t-il entre nous ? »... Jenny est interprétée par Hedy Lamarr, actrice moyenne, mais d'une beauté renversante. Elle possède un air de Vivian Leigh, et son personnage n'est pas sans rappeler Scarlett O'Hara, surtout lorsqu'elle fait fasse aux hordes d'ouvriers saouls et déchaînés qui envahissent la ville, et que son mari est cloué au lit suite à un malaise. Le mari est joué par Gene Lockhart, qui nous rappelle un peu Thomas Mitchell, acteur qui joue le père de Scarlett dans GONE WITH THE WIND. On regrettera tout de fois l'interprétation mollassonne de Louis Hayward (Ephraïm) et cette erreur de casting : Georges Sanders était un acteur prodigieux, habitué aux rôles de crapules notoires (REBECCA, MAN HUNT, DORIAN GRAY, MADAME MUIR, IVANHOE, CORRESPONDANT 17...) mais franchement, en honnête contremaître-bûcheron à rouflaquettes, désolé, ça ne passe pas !

Avec comme toile de fond l'industrialisation du commerce, et les conséquences économiques sur les populations, quelques piques bien senties contre l'hypocrisie bourgeoise, les carcans religieux, ce film vaut essentiellement le détour pour sa mécanique vénéneuse, son héroïne jusqu'au-boutiste. A noter, comme le rappelle l'autre (excellente) chronique, que LE DEMON DANS LA CHAIR s'apparente au genre Film Noir, tout en se déroulant au XIXè siècle. Mélange des genres tout à fait réussi.

N & B, 1/1:33, 100 mn.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 15, 2011 9:38 AM MEST


Le Rouge et le Noir
Le Rouge et le Noir
par Stendhal
Edition : Poche
Prix : EUR 4,60

12 internautes sur 18 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 ON VEUT DU CONCRET !, 12 juin 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Rouge et le Noir (Poche)
Témoin d'une tendance récente sur Amazon, concernant les chroniques, de désirer davantage de descriptif produit, j'ai souhaité me plier à la demande quasi générale. Vox Amazoni, vox Déi.

J'ai acquis ce livre, dont j'ai apprécié les caractéristiques, et je souhaite faire partager mon enthousiasme aux alentours. Commençons par la couverture, superbe, cartonnée (350 gr, pelliculée, mate, donc pas de traces de doigts gras), en couleurs, avec une photo (enfin, une peinture, de qui, on ne sait pas) et le nom de l'auteur (il n'a pas de prénom... un oubli sans doute, l'édition qui sortira à Noël y remédiera). Passons à l'essentiel, le contenu...

Quelle merveille ! D'abord, il faut dire que le livre s'ouvre facilement. Il bénéficie d'une compression qui permet l'impression jusqu'à 1750 caractères par page, sans qu'il y ait de gêne pour la lecture, chaque lettre se distingue de sa voisine, n'empiète pas sur la suivante, l'encre noire est profonde, précise, la ponctuation lisible. Pas de souci pour distinguer les virgules ou les points d'interrogation. Vraiment, une très belle réalisation. La marge autour du texte est calculée pour permettre de tenir le livre, feuilleter les pages, sans cacher le texte avec ses doigts. Les éditeurs ont vraiment fait un beau travail. Les caractères (times, corps 10) permettent une lecture immédiate des mots, et même de phrases entières, sans que l'ont ait à revenir en arrière. Bien que cette option soit disponible, ainsi que de sauter une page, plusieurs, voire des chapitres entiers. Une pagination a été prévue, et je constate que les nombres se suivent dans le bon ordre, très pratique pour s'y retrouver, et le chapitrage respecte l'ordre chronologique de l'intrigue, ce qui permet aux lecteurs non munis de marque-page, de faire des pauses dans la lecture du récit. L'option « cornage de page » est aussi disponible, car le papier est un 70 gr, et se plie facilement.

Pour une fois, les bonus n'ont pas été oubliés. Des chronologies, vie de l'auteur, commentaires de spécialistes... Peu de détail par contre sur la manière dont l'auteur a réalisé son livre (références de l'encre, type d'impression, écriture sur Mac ou PC...), et surtout, ce livre n'est disponible qu'en version française. On aurait apprécié avoir le choix entre plusieurs langues, et surtout des sous titres, voire la version braille pour les malvoyants. Franchement, en presque 600 pages, on ne me fera pas croire que ces compléments étaient difficiles à placer ! Encore les effets du marketing, le même livre ressortira prochainement en deux tomes, ou en coffret, et cette fois complété de ce qui manque ici.

La lecture terminée, le livre se range aisément, il tient presque debout tout seul. Je dis presque, car, pour avoir essayé, je peux vous dire qu'il lui arrive de tomber. Mieux vaut le ranger entre deux autres volumes, si toutefois le lecteur possède d'autres livres chez-lui. Heureusement, c'est mon cas, un ami m'en a passé quelqu'un uns pour faire joli dans mon salon.

Voilà. Je suis vraiment enthousiasmé par cet achat, que je ne regrette pas, malgré les petits défauts mentionnés.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (16) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 5, 2011 11:54 PM MEST


La Mystère de la chambre close
La Mystère de la chambre close
DVD ~ William Powell
Proposé par cd_detector
Prix : EUR 9,97

3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 MICHAEL CURTIZ AU SERVICE D'UN "WHO DONE IT" CLASSIQUE ET REUSSI, 1 juin 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Mystère de la chambre close (DVD)
Ce MYSTERE DE LA CHAMBRE CLOSE, aussi appelé MEURTRE AU CHENIL, et THE KENNEL MURDER CASE en anglais, et le cinquième film réalisé par Michael Curtiz dans la seule année 1933 ! C'est dire si à l'usine à rêves d'Hollywood, on ne se dorait pas la pilule sur les plages de Malibu !

Un petit mot sur ce metteur en scène d'origine hongroise (1886-1962), à qui on doit quelques unes des plus belles réussites hollywoodiennes : CAPTAIN BLOOD, ROBIN DES BOIS, L'AIGLE DES MERS, et son chef d'oeuvre : CASABLANCA... On lui doit aussi PASSAGE TO MARSEILLE avec Bogart, et KING CREOLE avec Elvis Presley ! Il clôt sa carrière en 1961 avec LES COMANCHEROS. Curtiz n'émigre pas à Hollywood dans les années trente, fuyant le nazisme, mais dix ans plus tôt, fuyant les persécutions juives dans son pays d'origine. Son style cinématographique est très classique, la mise en scène est là pour servir l'action, et non pour des démonstrations esthétiques. Visuellement, les films de Curtiz sont sans doute moins forts que ceux qu'un Ford, d'un Lang, ou d'un Preminger. Mais en bon artisan, il maîtrise tous les genres : polar, western, cape et épée, romance, fantastique...

Cette petite série B est tout à fait réjouissante, et repose sur le concept du « who done it ? ». Le titre rappelle évidemment le roman de Gaston Leroux LE MYSTERE DE LA CHAMBRE JAUNE, ainsi qu'Edgar Allan Poe. Archer Coe, riche collectionneur, et participant à un concours de chiens (d'où le "chenil" du titre, et précisons que la première victime du film est un cleps...) est retrouvé suicidé dans sa chambre, verrouillée de l'intérieur. Philo Vance, détective, ayant parlé à Coe la veille, ne croit pas à la thèse du suicide, et l'autopsie confirmera qu'il s'agit bien d'un meurtre. Reste à trouver comment, qui, et pourquoi ?

L'action se déroule pratiquement en huit clos, avec recherches d'indices, découvertes de cadavres, suspects toujours plus nombreux, cogitations entre le flegmatique Vance, l'inspecteur de police ronchon et à la ramasse, et l'attorney qui ne pige pas trop non plus les tenants et aboutissants de l'affaire. Michael Curtiz parvient à rendre cette tortueuse intrigue parfaitement lisible à l'écran, à insuffler le bon rythme, distiller les coups de théâtre quand il faut, et lorsque tout semble perdu... faire éclater l'odieuse vérité !

Certainement pas une oeuvre maîtresse de Curtiz, mais un divertissement rondement mené, avec la star des années trente William Powell (qui interprètera quatre fois de Philo Vance, gros succès) , Mary Astor (« LE FAUCON MALTAIS ») et le tonitruant Eugene PALLETTE, un habitué de chez Franck Capra, et Frère Tuck au côté d'Errol Flyn.

1933
1h15
N&B
1/1.33
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (10) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 8, 2010 6:47 PM MEST


Robin des Bois [Director's Cut - Version longue inédite]
Robin des Bois [Director's Cut - Version longue inédite]
DVD ~ William Hurt
Prix : EUR 6,77

22 internautes sur 38 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 UN ROBIN SANS COLLANT... ET SANS PANACHE, 31 mai 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Robin des Bois [Director's Cut - Version longue inédite] (DVD)
Après CHRISTOPHE COLOMB, GLADIATOR, et KINGDOM OF HEAVEN, Ridley Scott revient à la grosse production historique, en s'attaquant cette fois à un mythe : Robin des Bois. Et si on en croit le synopsis, Scott va nous raconter la genèse du personnage, le retour des Croisades, de France, l'arrivée en Angleterre, et le début de la clandestinité. Soyons donc prévenu, ce film-là ne sera pas un remake boosté à la testostérone du film référence de Michael Curtiz. Ridley Scott est habile (et même parfois talentueux) et on se doute que le spectacle sera total, que la photographie sera soignée, et le montage pas trop haché. La première demi-heure est très réussie, attaque de château fort, fracas des combats, exposition des alliances politiques, et une scène d'embuscade impeccable, où Robin et ses amis interviennent, arcs à la main. Ensuite, Robin embarque pour l'Angleterre, et notre héros y perd de sa superbe. Recherche ses racines, avec l'éternel traumatisme d'enfance (comme Batman !) que les scénaristes hollywoodiens nous ressortent tous les deux jours, pour qu'un héros gagne en profondeur...

Le problème de cette adaptation, c'est que Robin n'apparaît pas comme un redresseur de tort, chevaleresque, qui enfile les coup d'éclat, seul contre tous. Il récupère bien une charrette de blé volée à frère Tuck, mollement, mais c'est tout. Alors oubliez Errol Flynn, oubliez le panache, oubliez la générosité du personnage, Russel Crowe campe pompeusement et au premier degré, un soldat vieillissant, fatigué, qui rentre de la guerre. Ce ROBIN DES BOIS est marqué par le syndrome JAMES BOND de Daniel Craig. On démystifie, on met en exergue la face sombre du héros. Le public ne s'identifie plus au sauveur de la veuve et de l'orphelin, qui bondit prestement, malin, charmeur, et châtie les ennemis. Non, le héros est torturé, il s'interroge, ne comprend plus le monde dans lequel il évolue... Dans ce cas, pourquoi reprendre le personnage de Robin Des Bois, si c'est pour n'en garder que le nom sur l'affiche (et attirer les jeunes spectateurs...).

Le film manque terriblement de rebondissements. Des exemples ? Robin rentre en Angleterre en usurpant une identité. Croyez-vous qu'il sera inquiété, reconnu, trahi ? Non. Robin blesse au visage, d'un lancé de flèche, l'ignoble Godfroy. Pensez-vous que celui n'aura de cesse de retrouver celui qui l'a dévisagé ? Non. Pensez-vous que Robin reconnaîtra grâce à cette cicatrice l'auteur du complot royal ? Non. Pensez-vous que le shérif de Nottingham serait perfide, méfiant face à l'arrivé de Robin, qu'il lancerait ses espions, ferait pression sur Marianne ? Non, le shérif est un pleutre, un lâche, un rigolo pathétique. Personnage totalement transparent. Le méchant, le vrai, c'est Godfroy. Y-a-il des confrontations entre Godfroy et Robin ? Non. Y-a-t-il le fameux duel final où le spectateur frisonne pour son héros ? Non. Le tout est noyé dans la masse, dans une bataille sans fin, sur une plage, avec ralentis grossiers et falaises numériques à l'arrière plan... Je ne raconterai pas la fin de Godfroy, mais c'est franchement indigne d'un film d'aventures.

Et la mise en scène de Ridley Scott ? Ben, techniquement irréprochable, mais y-a-t-il une scène en particulier qui marque le spectateur ? Une scène promettait d'être belle. Une colonne de cavaliers filmée entre des vallées, vue du ciel... On se dit que Scott fera virevolter sa caméra, descendra au milieu des hommes, remontera, ira jusqu'à la côte où débarquent les bateaux ennemis, faisant le lien entre les deux armées qui convergent, en un seul plan séquence ? Ben non. Le plan aérien dure trois secondes. Où sont les climax dramatiques ? Les combats de BRAVEHEART étaient plus spectaculaires, les enjeux politiques plus passionnants, les descriptions de vie de LA CHAIR ET LE SANG étaient plus réalistes, l'esthétique et le merveilleux de EXCALIBUR étaient plus captivants. Et bien sûr, les combats du PRISONNIER DE ZENDA, de SCARAMOUCHE ou d'IVANHOE, débordaient d'énergie, d'idées, de prouesses, dont ce ROBIN-là est hélas dénué. Où est le suspens ? Ce n'est même pas Robin qui sauve Marianne des flammes... Tiens, Marianne (Cate Blanchett) , parlons-en, qui laboure elle-même ses champs, tire à l'arc comme une médaillée olympique, et chevauche en armure, épée à la main ? Une executive-woman, forte et indépendante, contemporaine, mais qui ne cadre pas dans le tableau général. Une Jeanne d'Arc souhaitant bouter les français hors d'Angleterre ! Et cette charte des barons... six siècles avant 1789, Robin des Bois serait à l'origine de la Déclaration des Droits de l'Homme ? Ben voyons...

Deux minutes avant la fin, Ridley Scott filme le shérif de Nottingham, qui pour afficher un édit contre un arbre, concernant le hors-la-loi Robin, réclame un clou à la foule présente. Et c'est un flèche qui vient se planter dans le parchemin, entre les doigts du shérif. L'esprit de Robin revit dans cette courte scène, mais est absent des 2h10 qui précèdent. On a beau croiser Petit Jean et Frère Tuck, Robin, lui, le héros légendaire, n'est pas là. Dommage, car cet homme du peuple, qui choisit la clandestinité, qui pille les caisses des riches barons pour redistribuer aux crève-la-faim, cet adepte de la répartition des richesses (comme Zorro, espérons d'ailleurs que ce ne sera pas la prochaine cible de Ridley Scott !) cette histoire-là, en 2010, avaient de sacrées résonances, et aurait pu, en plus d'un divertissement relevé, être une belle réflexion sur notre monde actuel. Ridley Scott est passé à côté des deux sujets. Trop sérieux, trop pompeux. Parce qu'il a voulu donner une chair psychologique et une caution historique à ce personnage, il l'a vidé de ce qui faisait sa substance : charisme, héroïsme, panache, espièglerie, humour (dont le film est totalement dépourvu).

Ridley Scott a voulu faire différent. Pourquoi pas. Le problème, c'est qu'il n'a pas fait mieux. Loin de là... Une occasion ratée.


Breaking The Waves
Breaking The Waves
Proposé par Disco100
Prix : EUR 25,95

5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 IN A BROKEN DREAM..., 28 mai 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Breaking The Waves (CD)
Désolé, je ne parlerais ni du film, ni de la musique du film... mais plus précisément de la première chanson de cette BO, le genre de morceau qu'on n'hésiterait pas à échanger contre toute sa discographie, même si ce sont celles de Brutor et du Snake réunies... C'est dire si je place la barre très haut...

PYTHON LEE JACKSON est un groupe australien, comme eux THE SLEEPY JACSKON (très bon album) mais pas comme l'autre Jackson (mais je m'égare...) qui prend forme au milieu des années 60. C'est en 1966, avec l'arrivée de Dave Bentley aux claviers, au chant, et surtout principal compositeur, que le combo prend son envol, et se retrouve trois ans plus tard en Angleterre pour une tournée promo. En avril 1969, le groupe est en studio, à Londres, et Rod Stewart est sollicité pour chanter sur quelques morceaux, dont « In a broken dream ».

Ce morceau est une des plus belles choses qu'on puisse se mettre dans les oreilles. 3'40 d'un slow soul incandescent, avec plaqués d'hammond rugueux, guitare sixties saturée, et surtout la voix hallucinante de Rod Stewart, la plus belle voix de soul blanche du moment, qui chiale son désespoir, ses blessures, les promesses faites du fond de la tombe... Le morceau est court, mais une rare intensité. Première grille d'intro veloutée, sur la seconde la guitare rentre, stridente, ça sent la pop sixties des MOODY BLUES, mais dès que Rod Stewart balance le premier couplet « Everyday I spend my time, drinking wine... » on comprend que la suite sera immense. Avec Joe Cocker, ce type a dominé le petit monde des « chanteurs-interprètes » de soul/blues dix mille pieds au dessus de la mêlée. C'est à pleurer tellement c'est grand ! Et on regrette amèrement que la fin du morceau soit shuntée trop rapidement, plutôt que de laisser les musiciens conclure d'eux-mêmes.

Le reste de cette BO est évidemment une tuerie, des classiques à la pelle, le fabuleux « All the way from Memphis » de MOTT THE HOOPLE, les THIN LIZZY, JETHRO TULL, ROXY MUSIC, et ce monument qu'est « Child in time » de qui vous savez...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (10) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 12, 2010 4:59 PM MEST


Live
Live
Proposé par RAREWAVES-FR
Prix : EUR 6,45

6 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 LA MAISON BLUES EST EN FEU : TANT MIEUX !, 28 mai 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Live (CD)
Inconnu au bataillon avant qu'un chroniqueur ne me le fasse découvrir, cet album live de COLOSSEUM est un grand moment de musique et de... n'importe quoi ! Imaginez les Allman's Brothers se disant : on arrête de donner dans le distingué, on ne recherche plus l'accord parfait, la classe internationale on s'en tape, les arrangements précieux on les balance aux orties, le beau son cristallin des guitares et le velouté de l'hammond : stop !

On veut du cradingue, du déglingué, de l'hirsute, de la sauvagerie. L'orgue hammond de Dave Greenslave rappelle furieusement celui de Jon Lord, acéré, mordant, énorme, présent. La voix de Chris Farlow par contre, ne me rappelle pas spécialement celle de Ian Gillan. Ses possibilités techniques sont un sacré cran en dessous, le timbre est différent. Disons que Farlow fait avec ce qu'il a (une bonne base) et il compense par une allégresse de tout instant, de la folie, des hurlements sauvages. Il a en commun avec Gillan le fait de ne pas se contenter de chanter des textes entre deux chorus, mais de participer à l'ensemble, et donner une tonalité festive à la prestation.

La base de cette musique : le blues, incontestablement, comme on en jouait chez les blancs à la fin des années 60, c'est-à-dire mâtiné de guitares rock, de soul, d'impro (FLEETWOOD MAC, ALLMAN'S, PACIFIC GAZ AND ELECTRIC, THE ELECTRIC FLAG...) et de chorus à rallonge. Celui du guitariste Dave Clempson sur « Lost Angeles » est de toute beauté. Sur ce même morceau, notons que Greenslave se met au vibraphone, et donne une couleur jazzy extrêmement intéressante le temps de quelques mesures. Blues aussi avec la reprise de « Stormy Monday blues » qui n'a pas la finesse et la beauté frémissante de celle des Allman's sur le live au Fillmore, mais qui commence avec un scat speedé de Farlow, et encore une fois, définit fort bien ce qu'entend faire ce groupe à partir de la musique de leurs aînés : garder le noyau, mais faire exploser les codes, transgresser, métisser, s'amuser.

La présence d'un saxophone change un peu la donne, avec cette pointe de rock progressif, très présence sur « Rope Ladder » et surtout sur l'instrumental déjanté « Tanglewood 63 » avec les harmonies vocales très datées « prog ». Pour le reste, c'est du rock blues furibard qui rappelle BLODWYN PIG, avec ce boogie incroyable « Walking in the park », le long, somptueux et bluezy « Skelington » avec solo de guitare et changements de tempo.

Une musique non formatée, libre, inspirée, vivante, qui ne recherche pas la maîtrise absolue de l'art musical, mais qui dépote, décoiffe, explose, et donne envie de monter sur scène pour des jams interminables et jubilatoires.

Merci Hervé.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Aug 22, 2011 9:26 AM MEST


Sticky Fingers
Sticky Fingers
Prix : EUR 12,99

11 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 AND THE WINNERS ARE... THE ROLLING STONES !, 28 mai 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sticky Fingers (CD)
C'est drôle, vous avez remarqué, tout le monde dit à propos de STICKY FINGERS qu'il contient la plus belle chanson des Stones... et personne ne cite la même ! Je vais donc me lancer aussi, et proposer "Wild horses" comme plus belle chanson des Stones ! La voix de Jagger sur le premier couplet y est belle à pleurer. Ce type là, un Anglais maigrichon, chantait le blues comme Big Mamma Thornton !

STICKY FINGERS est donc l'album le plus stonien des Stones, le plus célèbre, par les titres, le son, et la pochette aussi (rappelons que la version vinyle présentait une vraie braguette !). Commencer un album par "Brown Sugar", y'a pire dans la vie ! (Led Zep commence le IV avec "Black Dog", c'est pas mal non plus... IN ROCK démarre avec "Speed KIng" if you please...) Mick Taylor, jeune recrue qui a déjà une sacrée expérience, fait des merveilles sur le long "Can't you hear me knocking" (à rapprocher de son solo sur "Fly Tomorow" de et avec John Mayall), "Sister Morphine" nous rappelle le centre d'intérêt des Stones à ce moment de leur carrière, et "Dead Flowers" est une de leur composition que je préfère, simple, carrée, country-folk, un modèle du genre. Album quasi parfait, osons même mythique, à l'égard des compositions, donc.

C'est justement cela qui gêne certains sur STICKY FINGERS. Le coté, on sait tout faire, et on le fait bien, car on s'appelle les Rolling Stones. Après 5 ou 6 ans de travail, de répétition, de concerts, ils ont trouvé la recette, le bon équilibre, le son qu'il faut... Un peu de country, du folk, du rock, un morceau lyrique un peu long, des violons par-ci, un blues acoustique par-là. Les Stones démontrent qu'ils sont à la fin de 60's le meilleur groupe de rock, et à partir de là, on va faire marcher la photocopieuse, ça marchera toujours, puisqu'on est les meilleurs. Et pour appuyer notre coté sulfureux, on va chanter les drogues ouvertement, et mettre une braguette et un slip moule burnes en couverture ! Avec le tampon "Andy Warhol" en alibi culturel ! Regardez la photo intérieure, comme ils sont contents d'eux les cinq ! Et regarder le visage de Jagger, qui semble bailler, genre, c'est tellement fastoche pour nous... les Fingers... in the noise, puisqu'on est le meilleur groupe du monde, et on vous en ressort un comme celui-là quand on veut ! (l'avenir prouvera le contraire...). Les stones ont arrêté de chercher, avec STICKY FINGERS ils ont trouvé.

Il n'empêche que, objectivement, même s'il est moins sauvage et cru que EXILE ou LET IT BLEED, STICKY FINGERS reste un album énorme, mémorable, parfaitement cohérent, qui prouve la maîtrise totale des Stones sur leur art. C'est aussi l'album après lequel ils ne pourront monter plus haut que la première marche du podium...


Un Taxi Mauve
Un Taxi Mauve
DVD ~ Charlotte Rampling
Proposé par BERSERK MEDIA
Prix : EUR 15,95

7 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 BALLADE IRLANDAISE, ESTHETIQUE, MAIS UN PEU LONGUETTE, 19 mai 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Un Taxi Mauve (DVD)
Je gardais de UN TAXI MAUVE, réalisé par Yves Boisset en 1977, un souvenir ému, voire humide, et ce grâce à une scène très précise, que les années n'avaient pas altéré... Charlotte Rampling retire son pull et dévoile une splendide paire de seins, devant un Philippe Noiret médusé. Ah les belles loches ! N'y avait-il pas un rectangle blanc au bas de l'écran à cette époque ? Re visionné récemment, cette scène existe bien, mais Charlotte Rampling ne retire pas son pull, elle l'enfile. Nuance. Elle joue Sharon, qui arrive des Etats Unis, et s'installe chez son frère Jerry dans une petite bicoque du Connemara. Elle se change dans sa chambre, en sort pour prendre quelque chose dans la pièce principale, passe donc devant son frère et Philippe Noiret, les seins nus, et repart dans la chambre où elle remet un pull... Puis Noiret lui dira « ils sont très beaux ». Quoi donc ? « vos seins » Comment osez-vous ? « n'est-ce pas pour les exhiber que vous êtes passée ainsi devant moi ? ».

Sharon va rester quelque jours avec son frère, copain de chasse et de ballades de Philippe Maréchal (Noiret) le temps de mettre une belle pagaille dans l'existence paisible et solitaire de ces mâles, et de découvrir ce qui se trame dans le manoir d'un certain Taubelman (Peter Ustinov), le tout sous l'oeil goguenard d'un vieux médecin (Fred Astaire) qui roule en taxi... mauve.

Tourné après DUPONT LA JOIE, ce film de Boisset tranche nettement sur sa filmographie. Adepte du polar social, de la dénonciation coup de poing, Yves Boisset s'offre une pause contemplative dans de superbes paysages irlandais. Il réunit une belle troupe d'acteurs, adapte un récit de Michel Déon. Malheureusement, le tout manque cruellement de rythme, et d'intérêt. Les questions soulevaient au départ, trouvent une réponse, certes, mais point de révélations fracassantes. Les personnages, à force d'être énigmatiques, en deviennent transparents, et peu consistants. La beauté étrange de Charlotte Rampling ne suffit pas à insuffler à son personnage l'ambiguïté nécessaire à un bon suspens psychologique. Les ressorts dramatiques sont très classiques, et la mise en scène académique de Boisset ne parvient pas à les exacerber. Le fait que le film (apparemment) ait été tourné un anglais, et donc post synchronisé ensuite en français par Noiret, Rampling et Ustinov, tous francophones, n'arrange pas les choses.

Reste quelques scènes arrosées dans des pubs, une partie de poker, un incendie, les paysages, et surtout, la composition de Peter Ustinov, qui écrase la distribution, par sa truculence, l'excès de son personnage. Il est odieux ! Il est génial ! Noiret est impeccable (comme toujours) mais Fred Astaire cabotine comme rarement. Voilà pourtant un personnage intéressant, médecin, confident de Maréchal, que l'on pourrait croire irréel. Toujours souriant, philosophe, il pourrait n'être que le fruit de l'imagination de Maréchal, un double imaginaire, sa bonne conscience... L'idée aurait mérité d'être creusée.

UN TAXI MAUVE semble jouir d'une bonne réputation... Et pourtant, malgré des qualités formelles indéniables, cela manque de consistance, et ça se traîne tout de même un peu... Dommage. Boisset n'était sans doute pas l'homme de la situation.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (9) | Permalien | Remarque la plus récente : May 27, 2010 12:33 PM MEST


Are You Experienced ?
Are You Experienced ?
Proposé par Madcjay Records
Prix : EUR 12,00

5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 LE "A BOUT DE SOUFFLE" DU ROCK : INSOLENT, INEDIT, SULFUREUX, INDEMODABLE, 15 mai 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Are You Experienced ? (CD)
Jimi Hendrix était loin d'être un débutant, lorsque ce premier album sort en mai 1967. Il a 24 ans, a déjà enregistré plusieurs titres avec diverses formations, a joué en studio ou en tournée avec du beau monde, comme Arthur Lee de LOVE, Sam Cooke, ou Little Richard. Cela fait près de huit ans qu'il joue de la guitare pour gagner sa croûte. Son premier single « Hey Joe » est sorti six mois plus tôt, beau succès, suivi de deux autres. Hendrix est la coqueluche londonienne, de Mc Cartney à Jagger, tout le monde se damne pour ce guitariste gaucher très adroit, tous les six-cordistes du british-blues accourent observer le phénomène, dont Eric Clapton alors au sein de Cream. Clapton et Hendrix jameront ensemble, et la légende veut que Clapton s'éclipse en coulisse se remettre de ses émotions, devant l'insolent talent du Cherokee. Et on connaît par choeur l'histoire de Johnny Hallyday qui le remarqua, et lui fit faire ses premières parties en octobre 1966 à l'Olympia.

Jimi Hendrix a fait ses classes dans le blues, dans le sud des Etats-Unis, mais rapidement son spectre musical s'élargit à la pop psychédélique, au rock pionnier, au jazz, au funk. Il écoutait aussi beaucoup de musique classique. La sortie de BLOND ON BLOND de Dylan est un électrochoc. Ainsi donc, on a le droit de composer des chansons longues, dont la forme bouscule les règles en vigueur des trois minutes couplet-refrain-pont-chorus. Quand Hendrix entre en studio pour son premier album, il a déjà le désir d'innover dans la manière de jouer de la guitare, grâce à des bidouillages sonores, des pédales, des bidules que son ingénieur du son fabrique pratiquement sur mesure. Accessoires présents aussi sur scène, avec lesquels le guitariste jouera, improvisera, se rapprochant ainsi des expérimentations free-jazz déjà en vogue. C'est en ce sens que Jimi Hendrix dépasse l'étiquette de « guitariste de blues » ou « artiste de rock ».

Mais pour l'instant, ne voyons pas trop grand. ARE YOU EXPERIENCED reste accessible, dans le registre pop-rock-blues, des titres courts, mais produits déjà avec un soin maniaque. On y entend une guitare féline, sexy, exubérante, explosive, bruyante, anarchique mais totalement contrôlée. La liste des classiques alignés sur son premier disque laisse pantois. Le bouillonnant « Foxy Lady », le sombre « Manic depression », le blues traditionnel (et transcendé) « Red House », l'énergique « Fire » ainsi que les singles déjà sortis (sur la version remasterisée), et ce petit chef d'oeuvre « The wind cries Mary », qui plus tard avec « Little wing » rivalisera au titre de plus belle ballade du siècle. Clapton reprendra "Little Wing" avec Derek and the Dominos, sur Layla And Other Assorted Love Songs comme Hendrix jouera "Sunshine of your love". Qui a parlé de jalouise, de compétition entre les deux hommes ? Les thèmes développés par Hendrix sont largement inspirés par sa forte consommation de LSD, l'évasion, les mondes parallèles, l'élargissement de la conscience, un certain mal-être à se trouver sur cette Terre lorsqu'on son esprit créatif rêve d'être ailleurs, loin dans la stratosphère. On y retrouve une thématique sexuelle bien connue des bluesmen aussi.

Citons bien sûr Mitch Mitchell à la batterie, et Noel Redding à la basse (guitariste de formation), indissociables partenaires en studio comme à la scène, deux musiciens talentueux et vierges d'expérience, que Hendrix pourra donc plus facilement modeler à son univers en pleine expansion. ARE YOU EXPERIENCED est un succès, mais le grand public ne découvrira vraiment Hendrix qu'au festival de Monterey, un mois après, qui permet au guitariste de Seattle de renouer avec les tournées sur sa terre natale.

A peine six mois après la sortie de ce disque, Jimi Hendrix entrera de nouveau en studio pour un second 33 tours, AXIS : BOLD AS LOVE.
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Un Homme qui me plaît
Un Homme qui me plaît
DVD ~ Jean-Paul Belmondo
Proposé par odyssees-numeriques
Prix : EUR 9,06

6 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 ROAD-MOVIE EN VOITURE, MAIS UN PEU BATEAU..., 10 mai 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Un Homme qui me plaît (DVD)
Trois ans après le triomphe mondial d'UN HOMME ET UNE FEMME, Claude Lelouch est au Etats-Unis pour tourner ce film, méconnu, avec Annie Girardot et Jean Paul Belmondo. Girardot interprète Françoise, une actrice française qui tourne à Los Angeles, et qui rencontre le compositeur du film, Henri, interprété par Belmondo. Bien qu'ayant chacun un conjoint en Europe, ils passent une nuit ensemble, et décident de profiter d'une pause dans le tournage pour partir en vadrouille à Vegas, puis traverser tout le pays...

Claude Lelouch fascine ou agace. Sa technique très personnelle, légère, spontanée, ces plans-séquences virevoltants, ses musiques enivrantes, ses zooms arrière, sa direction d'acteur très libre qui laisse aux comédiens le choix d'improviser (on pourrait dire qu'ils laissent ses comédiens en roue libre, faute de savoir quoi en faire...) font de Lelouch un auteur, au sens strict du terme. Qu'on aime ou pas, un Lelouch, comme un Godard ou un Truffaut, se reconnaît en trois plans. Tout ceci n'étant, bien sûr, pas un gage de qualité... Avec UN HOMME QUI ME PLAIT (1969) le spectateur est encore une fois partagé entre intérêt et ennui. Claude Lelouch nous refait le coup de la mise en abîme (le tournage dans le tournage), et reprend son thème favori : deux êtres qui se rencontrent, s'aiment, vivent leur passion, et s'en remettent au destin. On remplace Deauville par le Nevada... Parmi les points positifs de ce métrage, une certaine sobriété de la mise en scène (un peu datée tout de même), un rythme bien soutenu dans la première demi-heure, et des séquences de comédies réussies, comme la scène du bar en feu... Tout cela tient le coup parce qu'interprété par un Belmondo impérial, qui à la fin des années soixante a su tirer profit de ses rencontres avec De Broca, Verneuil, Godard, Melville (trois films !), et récemment François Truffaut. Annie Girardot est très bien aussi, elle fait du... Girardot, et on aperçoit sur deux courtes scènes la jeune Farrah Fawcett.

Puis le film vire au road-movie. Et pour réussir dans ce genre, il manque à Lelouch l'énergie, ou la désinvolture, la poésie ou la folie. On assiste à des scènes qui manquent de piquant, et à un défilé de cartes postales, un hommage aux westerns, séquence de cascadeurs filmée à la sauvette, qui culmine avec cette scène de la décapotable pourchassée par des Apaches en plein désert ! Heureusement que le ridicule ne tue pas, en 40 ans, Lelouch aurait été enterré une bonne vingtaine de fois ! Scène à mon sens cocasse sur le papier, mais qui ne trouve pas sa place dans un film finalement assez conventionnel. On ne sait pas grand-chose des personnages, et à vrai dire, on s'en moque en peu, ils ne sont pas très consistants. Personnage en dérive pour l'une, coureur de jupon pour l'autre. Il manque un liant à cette sauce pour qu'elle se tienne. Il manque l'humanité, le naturalisme d'un Manuel Poirier dans WESTERN (1997), il manque le regard acéré d'un réalisateur sur ses personnages comme Alain Cavalier et LE PLEIN DE SUPER (1975), et bien sûr, le dynamitage en règle d'un Godard dans PIERROT LE FOU, pour ne citer que ces trois road-movie français. Pourtant la gravité pointe son nez à la fin du récit (apparition de Marcel Bozzufi) retour au bercail des tourtereaux, et promesse de se retrouver... Là, Lelouch apporte davantage de sentiment, avec presque rien, et touche juste.

UN HOMME QUI ME PLAIT n'est pas un film inintéressant, pas désagréable, mais pas passionnant non plus. Dans une réplique, Henri dit à Françoise : « tu es une bourgeoise, une bourgeoise est une femme qui n'ose pas se mettre à poil ». Françoise, en voiture, retire sa robe. Mais Henri ajoute : « tu vois, tu gardes tes mains sur tes seins... ». Très jolie scène, mais qui nous parle davantage du réalisateur ! Lelouch, qui n'a pas osé le road-movie contemplatif, sensuel ou subversif, ou qui n'a pas osé la fuite tragique et charnelle de deux amants en perdition. Une pincée de l'un, une pincée de l'autre. C'est tout.

Lelouch n'a pas osé. Ou alors, il n'a pas su.
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