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Contenu rédigé par Luc B.
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Commentaires écrits par
Luc B.
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The hit
The hit
DVD ~ John Hurt
Proposé par [mediapromo]
Prix : EUR 12,72

8 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Y'A DES GUNS GUNS GUNS DANS MA BENZ BENZ BENZ..., 29 avril 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : The hit (DVD)
THE HIT (1984) n'est pas la première réalisation de Stephen Frears, mais le film qui l'a fait connaître du grand public. C'est aussi un film qui relança le genre « noir » dans les années 80, avec SANG POUR SANG, le premier métrage des frères Coen, la même année, et 10 ans avant RESERVOIR DOGS de Tarantino.

La trame de THE HIT est très simple : en 1974, Willie Parker dénonce ses complices après une série de hold-up, refait sa vie en Espagne, jusqu'à ce que deux tueurs à la solde de son ancien boss le kidnappe, pour le rapatrier au pays...

THE HIT tient à la fois du polar et du road-movie. Dans une Espagne écrasée de soleil, la Mercedes blanche de Braddock (John Hurt) et Myron (Tim Roth) traverse des faubourgs désertiques, des stations essence dépeuplées, des rades construits de trois planches vermoulues, avec à son bord le flegmatique Parker (Terence Stamp) et plus tard, la jolie et énigmatique Maggie (Laura Del Sol). Ayant laissé quelques cadavres derrière eux, et donc suivi à la trace par un flic (Fernando Rey), l'équipage est contraint d'emprunter les chemins de traverses jusqu'à la frontière française. Un huis-clos s'installe en voiture, chacun essayant de garder son autorité sur le groupe, Parker tentant lui de jouer le jeu de la division. Sur la fin, les discussions se font plus philosophiques, Parker essayant de dominer les armes par sa récente culture. Terence Stamp domine la distribution, par son charisme et son regard clair, et l'on se souvient de son rôle dans THEOREME de Pasolini, où, comme ici, il semble charmer tour à tour tous les protagonistes.

Stephen Frears, avec peu de moyen, arrive à créer une réelle atmosphère, un Film Noir en pleine lumière, tension palpable (la scène de l'appart à Madrid) et déchiré d'éclats de violence (la scène de la station essence) sur un rythme qui aurait sans doute mérité d'être mieux soutenu. John Hurt est inquiétant à souhait, Tim Roth tête à claque en puceau du flingue, et Laura Del Sol très sensuelle (du moins avant qu'elle se prenne une série de beignes !). Une musique flamenco de Paco De Lucia souligne joliment l'ensemble (je précise qu'Eric Clapton ne signe que le générique), et l'affaire est bouclée en une heure trente. De la bonne série B.

Un mot sur ce réalisateur anglais, qui mène depuis trente ans une carrière presque sans faute, entre petits films anglais sensibles et populaires (MY BEAUTIFUL LAUNDRETTE, THE SNIPER, THE VAN, THE QUEEN) et des réalisations hollywoodiennes réussies (LES ARNAQUEURS, LES LIAISONS DANGEREUSES) ou pataudes (HEROS MALGRE LUI). On lui doit aussi HIGH FIDELITY que les (vieux) amateurs de rock vénèrent, ainsi qu'un joli néo-western HI-LO COUNTRY, bide total, mais réussi.

Mise en garde : THE HIT est sortie en édition française sous le titre LES NOUVEAUX TUEURS (titre homonyme d'un navet), avec un doublage abominable, et une bande son décalée par rapport aux images. Un supplice ! Comment je le sais ? Car le pigeon qui est tombé dessus, au fond d'un Super U entre un lot de trois slips et de quatre tournevis pour 2€99, c'est moi !
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (8) | Permalien | Remarque la plus récente : May 8, 2010 10:21 PM MEST


Les Piliers de la Terre
Les Piliers de la Terre
par Ken Follett
Edition : Poche
Prix : EUR 11,20

10 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 SUR LA PLAGE, UN PAVE..., 28 avril 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Piliers de la Terre (Poche)
Dans la série « je ne prends qu'un seul bouquin cet été, mais un gros » LES PILIERS DE LA TERRE peut être une bonne solution, si le lecteur n'est pas rebuté par s'envoyer plus de 1000 pages. Et d'apprécier les fresques historiques, où la Grande Histoire se mêle de destinées individuelles.

L'action de ce livre écrit par Ken Follet, habituellement habitué aux thrillers d'espionnage, se déroule en Angleterre, entre 1140 et 1175. En résumer l'intrigue n'est évidemment pas aisé, vu la multiplicité des personnages. A travers Tom le bâtisseur, sa famille, sa descendance, Ken Follet nous promène dans une Angleterre ou une France moyenâgeuse, ravagée par les guerres, les famines, les rivalités, où l'on côtoie des ouvriers (Tom, puis son fils Alfred, Jack), un comte corrompu et pervers (l'ignoble William Hamleigh), une héritière dépossédée (Aliéna, et son frère Richard), un prieur exigeant mais humain (Philip), des moines, des évêques, des rois...

Sur un plan strictement documentaire, ce livre est assez remarquable, décrivant moeurs et conditions de vie de l'époque, de manière très réaliste, l'auteur s'intéressant particulièrement à la construction de cathédrales. Sur le plan politique, Follet décrit fort bien les rivalités entre clergé et barons, archevêques et rois, les tractations, les complots, les crapuleries, et comment le petit peuple tente de survivre, pris entre l'autorité dogmatique des uns, et la violence, la bassesse, la lâcheté des autres. Le roman est long, est permet à l'auteur de fouiller ces personnages, de les accompagner au fil des années, de croiser les destins. Les personnages féminins (Elen, Aliéna) étant les plus intéressants. Certains épisodes bien sûr sont plus passionnants que d'autres, mais on ne s'ennuie jamais. Le style de Ken Follet est loin du souffle épique et de la poésie de SALAMMBÔ de Flaubert, certes, mais il est efficace, descriptif, pas ronflant. Bref, du très classique. La principale qualité étant de réussir à impliquer les personnages dans l'intrigue générale (qui s'étend sur presque trois générations), elle-même impliquée dans la toile de fond historique.

Lecture recommandée pour qui souhaite être baladé dans les aléas de l'histoire médiévale, les deux pieds dans la boue, la tête dans les transepts. Un bon gros plat de résistance, mais parfaitement digeste, qui aurait pu aisément peser le double, qu'on en redemanderait
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (6) | Permalien | Remarque la plus récente : May 29, 2010 10:35 PM MEST


Sweet Tea
Sweet Tea
Proposé par thebookcommunity_fr
Prix : EUR 42,01

3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 LES EAUX BOUEUSES DU DELTA, 20 avril 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sweet Tea (CD)
C'est quoi ce déluge de guitares sursaturées ? Cette basse vrombissante qui fait trembler les vitres alentours ? Cette frappe de batterie qui ferait passer celle de John Bonham pour un tambour de majorette ? A-t-on affaire à un quatuor grunge de Seattle, trop pressé de faire du boucan, en oubliant de régler les amplis, ou des prises inédites de Grand Funk ?

Non, c'est un disque de blues, enregistré par Buddy Guy. Après le succès de DAMN RIGHT I'VE GOT THE BLUES, Guy semble libre de produire le disque de ses rêves. Quatre musiciens dans une bicoque aménagée en studio, en juillet 2001 (il a 65 ans) et neuf titres, parfois très longs. Capturer l'essence de ce disque ? Jeter un oeil sur la photo derrière le disque, Buddy Guy, vêtu de noir, sur fond noir, la crinière noire, la peau plus noire que l'ébène. Le blues tient ses racines des transes africaines, au cas où on l'aurait oublié...

Le premier titre pourtant ne sent pas le souffre. Dans « Done got old » interprété avec pour seul accompagnement une guitare sèche, Buddy Guy se plaint d'être trop vieux, trop usé. Les titres qui suivent démentent le bluesman, par leur férocité, leur agressivité. Rarement on aura entendu un album de blues contemporain aussi authentique, aussi brut, bestial. Et aussi libre, avec ses plages de 7 minutes, de 12 minutes même pour l'hypnotique « I gotta try you girl » qui ne semble jamais finir, et des conditions d'enregistrement rêvées, souples, où les interventions des uns et des autres ne sont pas gommées au mixage. « Who's been foolin' you » est une splendeur, sans doute le tempo le plus sautillant du disque. Somptueux aussi ce dernier blues « It's jungle out there », (écrit par B.Guy) lourdingue et profond, avec le piano bastringue de Bobby Whitlock en soutien (ex Derek and Dominoes). La plupart des titres sont des reprises de Junior Kimbrough, bluesman du Mississippi décédé en 1998.

SWEAT TEA n'est certainement pas un disque facile, les premières écoutes peuvent désappointer, racler les tympans. C'est le disque d'un des plus grands représentants de la musique blues encore en activité, qui s'est offert là un retour aux sources profondes du delta, d'une authenticité incroyable. Un joyau.

Durée : 54 minutes
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (8) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 28, 2010 1:42 AM MEST


Live At The Budokan
Live At The Budokan
Prix : EUR 8,70

6 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Y A-T-IL UNE VIE APRES DEEP PURPLE ?, 16 avril 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Live At The Budokan (CD)
Ian Gillan commence sa carrière en 1969 avec Deep Purple, le fameux Mark II qui grave entre 70 et 73 quatre albums légendaires, et le non moins fameux MADE IN JAPAN. Mais l'alchimie des premières années disparaît très vite, le torchon brûle entre Blackmore d'un côté, Ian Gillan et Roger Glover de l'autre. Le vocaliste et le bassiste quittent le navire, et pendant deux ans Gillan végète dans son coin. En 1975 son pote Glover lui propose alors de le produire, en solo, et trois albums seront enregistrés en deux ans : CHILD IN TIME, CLEAR AIR TURBULENCE, SCARABUS. Et ce live, mis en boite en septembre 77.

Gillan n'a pas choisi la facilité pour son retour au micro, proposant une musique dite « progressive », saupoudrée de funk, de jazz rock, de hard, de blues. Pourtant, pas de lyrisme théâtral gonflant, ni de prétentions artistiques pompeuses. Juste de la très bonne musique, ouverte, libre. Ce LIVE AT BUDOKAN est une bonne illustration de ce nouveau registre. Une longue plage instrumentale japonisante ouvre les hostilités, engageant le groupe sur « Clear air Turbulence », suivi du très funky « My baby loves me ». Gillan est la star du groupe, sur l'affiche en tout cas, mais sur scène les musiciens ne font pas tapisserie, et s'offrent de longs chorus, comme sur le superbe « Money Lender ». Je regrette personnellement l'utilisation trop fréquente du synthé, alors que le Rhodes, le Vox ou l'Hammond sonnent plus authentique. « Twin exhausted » est un p'tit rock'n'roll balancé avec énergie, « Mercury hight » donne dans le boogie-jazzy swinguant où Gillan fait chialer l'harmonica.

Puis arrive les reprises de Deep Purple. « Child in time » d'abord, sur lequel il faut s'arrêter un instant, ce titre étant le grand morceau de bravoure de Gillan. Cette version est très différente de l'originale, puisque le solo central sur tempo boogie a été supprimé. On reste donc sur le motif et les accords de la partie chant. Le morceau est introduit par une longue partie de flûte traversière et de percussions, puis de claviers Rhodes. Superbe. Gillan entame le chant, vers le crescendo vocal, mais derrière, si le groupe se resserre, il n'y a pas ce soutien sur-puissant du duo Lord/Blackmore qui portait réellement Gillan, le poussait, l'envoyait toujours plus haut. Très belle version tout de même, belle prise de risque. Même chose avec « Smoke on the water », intro classique, rythme plus syncopé, chorus de guitare, et soudain virage funky de très bon augure. Ce morceau étant une composition quasi parfaite, on pourrait l'adapter en tango ou mazurka, qu'il resterait aussi bon ! Ce disque se clôt sur un « Woman from Tokyo » rapidement expédié, dommage, encore une fois, cet excellent titre aurait mérité qu'on s'y attarde.

L'aventure du Ian Gillan Band n'a pas été un succès, le public est resté déconcerté par ce registre très libre, et la relecture des classiques. Le chanteur reformera un nouveau groupe, nommé simplement Gillan, se recentrant sur un hard plus accessible. Comparé au travail de Blackmore dans Rainbow, ou Lord/Paice/Coverdale dans Whitesnake, il faut reconnaître à Ian Gillan d'avoir été le plus aventureux, et de proposer une musique plus créative, plus pointue, où ses capacités vocales fabuleuses, étaient parfaitement mis en valeur.

Ian Gillan a produit de nombreux autres albums, sous son nom, s'est égaré du côté de Black Sabbath, puis a reformé Deep Purple, qui, plus de quarante après sa création, parcours toutes les scènes du monde, avec toujours autant de plaisir. Ce qui ne l'empêche pas de se lancer dans des projets personnels en parallèle. Si y'a bien un anglais avec qui j'adorerais partager une pinte, c'est bien avec ce gars-là !

Musiciens : Ian Gillan : chant, harmonica / Ray Fenwick : guitare / John Gustafson : basse / Colin Towns : claviers / Mark Nauseef : batterie.
Durée : 78 minutes.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (14) | Permalien | Remarque la plus récente : May 11, 2010 1:57 PM MEST


Même pas mal ! : Petite anthologie des répliques cultes de films d'action
Même pas mal ! : Petite anthologie des répliques cultes de films d'action
par Olivier Bousquet
Edition : Broché

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 JE PREFERE ETRE MORT ET COOL, QUE VIVANT ET PAS COOL, 9 avril 2010
Voilà un petit recueil de dialogues de cinéma comme il en existe déjà beaucoup. Celui-ci n'est pas consacré aux grandes répliques du cinéma classique, ou à Audiard, mais aux répliques du cinéma d'action américain. Au programme, série B, Z, avec Stallone, Van Damme, Seagal, Willis... Autant dire que ça nous change des Prévert et Jeanson !

Le cinoche d'action pur n'est pas spécialement réputé pour la finesse de répartie de ses héros. Les lignes de dialogue sont d'ailleurs réduites au maximum, au profit des effets pyrotechniques, poursuites et bastons. Mais ces héros-là s'expriment de temps à autre. Généralement, juste avant de flinguer un gus, il est de bon ton de lâcher une bombe. Les auteurs nous dressent un panorama hilarant de quelques répliques, classées par thème.

Le temps des menaces, avec ce grand classique Eastwoodien :
- Posez votre artillerie, messieurs, parce que nous n'allons pas vous laisser partir comme ça.
- Qui nous ?
- Smith, Wesson, et moi !

Il y a les sentences définitives : « Une planche ne rend jamais les coups » (Opération Dragon), « Pour survivre en guerre, il faut devenir la guerre » (Rambo 2), « Etre premier y'a que ça, être second ça n'existe pas, le second c'est un con » (Over the Top)... Y'a aussi les conseils d'ami : « La peine qui te reste à tirer est aussi longue qu'une pine de moustique, alors ne déconne pas » (Animal Factory), les mises au point nécessaires : « je me souviens très bien de ce que j'ai dit, car j'étais là quand je l'ai dit » (Bad Boy), « le seul qui se fera arrêter ici, c'est toi, pour avoir sucé ce connard et avalé les preuves » (Ennemis d'Etat)...

Difficile de citer trop d'exemples sans heurter la sensibilité de madame censure, car 95% des répliques ont trait à la sodomie, au trou du c** et à ce qu'on peut carrer dedans (un large panorama de figures !), aux paires de coui**** et autres joyeusetés ! C'est d'une grossièreté sans borne, énorme, souvent totalement surréaliste, mais bidonnant à coup sûr. A noter que ces répliques sont issues des versions françaises des films, car généralement plus connues ainsi, avec la voix du doubleur.

Allez, pour la route :
- Tu as lu la république des animaux, de César ?
- Non, mais j'ai déjà enculé un mouton ! (187 : Code Meurtre)

- Qu'est ce qu'une merde dans ton genre a fait pour mériter une médaille ?
- J'ai niqué ta soeur. (Wanted)
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (24) | Permalien | Remarque la plus récente : May 8, 2010 9:43 PM MEST


Pierre qui roule
Pierre qui roule
par Lax
Edition : Poche
Prix : EUR 8,65

8 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 LES PREMIERES FOIRADES DE DORTMUNDER, 6 avril 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Pierre qui roule (Poche)
Ouvrir un bouquin de Donald Westlake augure toujours du meilleur. Auteur américain né en 1933, et décédé en 2008, il commence à écrire des polars au tout début des années soixante, sous divers pseudos. On le connaît bien en France, car ses livres ont été adaptés au cinéma. Yves Robert nous a massacré UN JUMEAU SINGULIER, transformant un roman noir et cynique en vaudeville lourdingue avec Pierre Richard, Costa Gavras s'en est mieux sorti avec LE COUPERET.

Parmi toute sa galerie de personnages, Westlake a créé John Dortmunder, le roi de la cambriole foireuse. Cette série appartient autant au polar qu'à la comédie loufoque. PIERRE QUI ROULE (1970) est le premier roman où ce personnage apparaît. A peine sorti de taule, Dortmunder est contacté pour dérober une émeraude dans un musée. Le coup est parfait. Enfin presque, parce qu'un de ses acolytes avale la pierre juste avant de se faire serrer. Un deuxième coup est aussitôt monté pour la récupérer... sauf que... puis un troisième...

Finalement, Dortmunder et sa bande de bras cassés sont de vrais pros. Leurs coups sont bien pensés, bien exécutés. Mais ils sont poisseux ! Y'a toujours un imprévu. Des gens malhonnêtes. Et dans ce métier, les gens malhonnêtes, c'est la plaie. Ils sont sympas et attachants tous, l'ami Andy Kelp, éternel optimiste, quand il présente au commanditaire la liste des équipements nécessaires ("on aurait besoin aussi d'une locomotive !), Chefwick "tut tut" et ses trains électriques, et Murch le fondu de bagnole qui écoute des disques du « 500 miles d'Indianapolis » avec sa mère chauffeuse de taxi !

PIERRE QUI ROULE se lit en trois jours. Bons bougres et mauvais coups, situations burlesques et dialogues irrésistibles, et final improbable. Ce livre a été adapté en 1972 par Peter Yates, avec Robert Redford, sous le titre « Les Quatre malfrats ».
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : May 6, 2010 1:58 PM MEST


The Ghost Writer
The Ghost Writer
DVD ~ Ewan McGregor
Proposé par plusdecinema
Prix : EUR 7,39

7 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 POLANSKI : L'ART CONSOMME DE LA MISE EN SCENE., 6 avril 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Ghost Writer (DVD)
Roman Polanski est un maître de la mise en scène. Cet homme-là à du métier, du talent. Que ce soit dans ces films des 60's, cauchemardesques, paranoïaques, où l'étrange et l'horreur côtoient la réalité (REPULSION, LE LOCATAIRE, ROSEMARY'S BABY), où dans ces oeuvres plus académiques comme le très réussi FRANTIC ou LE PIANISTE, qui lui valut moult récompenses méritées.

Ce talent, Polanski le met aujourd'hui au service d'un thriller pas si anodin que cela. Encore une fois, l'étrange, le doute, la parano, la manipulation, sont au centre de son récit, ainsi qu'un regard désabusé et cynique sur les puissants, les politiques, les communicants. GHOST WRITER n'est pourtant pas un film à charge, c'est surtout un divertissement tricoté de mains de maître, presque un exercice de style.

Polanski nous plonge de suite dans son intrigue, dès la première image. Bien que le rythme général du film soit assez nonchalant, tout s'enchaîne vite, à merveille, sans temps mort. Tout s'emboîte, rien n'est laissé au hasard. Les décors sont parfaitement exploités, rugueux, sauvages, froids, vides. Et pourtant, le danger est omniprésent, car il vient surtout de l'intérieur. Rapidement, on se méfie de tout le monde, même de cette domestique asiatique qui à priori ne parle pas anglais, ou de son mari jardinier qui balaie inutilement des feuilles contre le vent, qui traine au second plan, tout le temps, et qui insiste pour qu'Ewan McGregor se promène en voiture, et emprunte son bonnet... C'est dans ces petites scènes, à priori anodines, que Polanski distille le doute. Le moindre petit rôle est ambigu, sournois, hypocrite, intéressé. A qui peut-on faire confiance ? (apparition savoureuse d'Eli wallach, goguenard)

Et puis l'intrigue s'enrichit de rebondissements, d'escapades, de filatures, de poursuites, mais Polanski n'a pas besoin de crissement de pneus, de compteurs bloqués sur 250 km/h, de mitrailleuses lourdes pour être efficace. La fuite du ferry est un modèle du genre, et la visite chez le professeur Emmet est un sommet d'ambiguïté, avec sa femme que l'on entend rapidement dire au téléphone quand une porte s'entrebâille : « oui... il est arrivé... ». Cela suffit pour inviter le spectateur à reconsidérer la conversation qui va suivre sous un angle moins angélique. L'affaire s'emballe, les dernières scènes sont haletantes, et l'ultime plan du film époustouflant.

Un Polanski sous le signe d'Hitchcock, comme on l'a souvent dit ? Non. Car Hitchcock donnait des informations aux spectateurs pour mieux installer son suspens. Polanski, lui, ne dévoile rien. Le spectateur en sait autant que le héros, pas plus, pas moins, et nage avec lui dans les mêmes eaux troubles. L'autre différence vient de la direction d'acteur, ici d'une précision diabolique. Car GHOST WRITER est superbement interprété (mentions à Pierce Brosnan et Olivia Williams). Sans posséder le venin de CHINATOWN (un sommet dans la carrière de Polanski) son cru 2010 nous rappelle, à l'instar des Sidney Lumet, John Boorman, que ce réalisateur, à 77 ans, n'a rien perdu de son talent.

Et l'histoire dans tout cela ? Ghost writer signifie « le nègre », celui qu'on paie pour rester dans l'ombre, qui fouille, essaie de cerner les autres, de comprendre, de mettre en ordre, de donner une image propre à des événements pas toujours reluisants. L'histoire ? Tout est dans le titre !


5 chefs-d'oeuvres de Max Pécas
5 chefs-d'oeuvres de Max Pécas
DVD ~ Luq Hamet
Prix : EUR 23,82

17 internautes sur 19 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 MAX PECAS / PAUL LELOUP : DEUX FACETTES DU CINEMA FRANCAIS, 1 avril 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : 5 chefs-d'oeuvres de Max Pécas (DVD)
Le nom de Max Pécas évoque irrémédiablement la série Z, les nanars invraisemblables. Quand on songe aux grandes trilogies du cinéma français, le titre qui vient à l'esprit est MARIUS de Pagnol. La trilogie marseillaise. On oublie souvent la trilogie tropézienne de Pécas : LES BRANCHES DE ST TROPEZ (1983) DEUX ENFOIRES A ST TROPEZ (1986) ON SE CALME ET ON BOIT FRAIS A ST TROPEZ (1987). Ces films sont une surenchère de gags foireux, de filles en bikini, de rires gras, un festival d'acteurs qui cachetonnent. Supportables au troisième degré. Mais ceux sont aussi des métrages qui ont remporté un vif succès en salle, à l'instar des films de Philippe Clair. Une époque où les Charlots, les Bidasses, et autres Septième Compagnie dominaient le cinéma comique.

Ce que l'on sait moins, c'est le second parcours de Max Pécas dans le cinéma français. Comme beaucoup de metteurs en scène, qui, dans les années 70 ont tourné des films érotiques, voir pornographiques (avec son collègue José Bénazéraf), Pécas utilisait un pseudonyme quand il s'agissait d'aborder des projets personnels : Paul Leloup.

Né en 1925, à Lyon, Max Pécas rejoint après guerre un petit groupe de jeunes critiques de cinéma, et participe à des réunions enflammées avec Jacques Doniol-Valcroze, Eric Rohmer et André Bazin, sur ce que devrait être, selon eux, la nouvelle doctrine du cinéma français. Les bases des CAHIERS DU CINEMA, puis de la Nouvelle Vague, sont lancées. Pécas fraye avec ce milieu pendant toutes les années 60, croise Vadim, Bardot (qu'il présente à HG Clouzot), oeuvre à la Cinémathèque française avec Langlois, organise des rétrospectives de grands cinéastes américains. C'est lui qui convainc Samuel Fuller de participer au PIERROT LE FOU de Godard. Il devient un ami proche de Jacques Rivette (dont il est le parrain de la fille). Il se lie aussi avec le jeune Bertrand Tavernier, à l'époque attaché de presse, qu'il croise dans la rédaction des CAHIERS et lui aussi natif de Lyon. Tavernier, qui passe à la réalisation en 1974, dira plus tard toute son admiration pour Pécas, et ce qu'il lui doit. D'autres auront plus de « pudeur » à évoquer le nom de Pécas... Comme Jean Pierre Melville qui fit l'impasse sur celui grâce auquel il bâtit les Studios Jenner en 1955, et qui aida au montage financier de BOB LE FLAMBEUR la même année.

C'est en 1956 que Paul Leloup réalise son premier film : L'OREE DU BOIS. Drame sombre et introspectif sur la difficulté de perdre un enfant, il lance la carrière du jeune Pierre Vaneck. L'influence de ce film sur l'oeuvre future d'un Pialat est incontestable. Ours d'argent au festival de Berlin, le film est un échec commercial, ce qui n'empêche pas son auteur de récidiver avec LE PARDON DE MORPHEE (1957) avec Gérard Blain et Hénia Sucha. Là, on serait en droit d'évoquer Bresson, tant les deux hommes (qui se connaissaient et s'estimaient) renouvellent l'approche d'une mise en scène minimaliste, refusant les effets ostentatoires, jouant sur la dilatation du temps réel. Hénia Sucha retrouvera Paul Leloup, cette fois sous le patronyme de Pécas, en 1960, pour LE CERCLE VICIEUX d'après un roman de Frédéric Valmain (pseudo de Frédéric Dard...). La musique est signée Charles Aznavour, pour qui Pécas écrira des dizaines de textes, entre 58 et 65. Désormais, le nom de Pécas ne quittera plus l'affiche, dans des productions érotico-policières, puis dans la comédie franchouillarde. Mais il signe toujours Paul Leloup des scénarios pour Rivette, Resnais, Eustache, Astruc, Franju, réalise le poignant CARROUSEL en 1973, MON DEFUNT AMOUR en 1978 (la même année que EMBRAYE BIDASSE, CA FUME, sous le nom de Pécas, ça frise la schizo) et MEMOIRE MIROIR en 1984, son dernier film sous le nom de Leloup. Il rachète un cinéma à Paris, le Brady, qu'il offre à son ami Jean Pierre Mocky. Rarement cinéaste aura pu mener à bien deux carrières parallèles. Des films personnels, engagés, à l'esthétique revendiquée (Leloup était aussi photographe, peintre, et sculpteur à ses heures) mais au succès confidentiels, financés par des grosses comédies pataudes qui trônaient au box office.

Max Pécas, qui retranscrit les entretiens entre Truffaut et Hitchcock et qui persuadera Truffaut de participer à RENCONTRE DU TROISIEME TYPE de Spielberg, reste attaché à un genre honni, moqué, méprisé. C'est oublier le trajet réel de ce personnage atypique, discret, à l'origine de carrières comme celles de Téchiné, Miller, Pialat, qui fut assistant de production pour Renoir, Clouzot ou Carné dans les années cinquante, qui fit beaucoup pour les rétrospectives Lang, Hawks, Preminger, faisant venir ces metteurs en scène à Paris, grâce à ces contacts hollywoodiens (et sa troisième femme Liza Hedburn, soeur d'Audrey), fruit de nombreux séjours en Californie lorsqu'il travaillait comme distributeur associé au département européen de la MGM. Ses amitiés là-bas, lui permirent de faire sortir Jules Dassin et Joseph Losey des griffes du maccarthysme, et de financer leurs carrières européennes. C'est lui encore qui décide Alain Delon de produire MONSIEUR KLEIN, dont il est l'instigateur. Pécas/Leloup conseille à James B. Harris et Stanley Kubrick de tourner LOLITA en Angleterre (via la filiale MGM anglaise) pour contourner la censure américaine et profiter de nouveaux financements. Et ainsi décider indirectement de la nouvelle orientation de la carrière de Kubrick, qui installé près de Londres, y tournera jusqu'à la fin de ses jours.

Les films de Paul Leloup sont désormais introuvables, non réédités. J'ai eu la chance d'en voir deux, au Brady justement. Formellement incroyablement maîtrisés, d'une justesse psychologique constante, d'une modernité aujourd'hui encore avérée, ils restent des joyaux dont peut s'enorgueillir le cinéma français. Max Pécas ne regrette rien de cette double carrière, ses comédies ont eu du succès, et le public les plébiscite à la télévision. Pécas décède en 2003, à Paris, sans avoir pu faire aboutir son dernier projet, avec Jeanne Moreau (rencontrée et aimée sur EVE de Losey) et Vincent Cassel : une fable écologique en 3D, ayant pour sujet la colonisation de la planète Pandora (en hommage au film d'Albert Lewin, le film préféré de Max Pécas).
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (7) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 29, 2010 10:08 PM MEST


E.T., l'Extra-Terrestre [Édition Spéciale - Single]
E.T., l'Extra-Terrestre [Édition Spéciale - Single]
DVD ~ Dee Wallace
Prix : EUR 8,76

3 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 QUAND SPIELBERG FILME AVEC LES YEUX D'UN ENFANT, 29 mars 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : E.T., l'Extra-Terrestre [Édition Spéciale - Single] (DVD)
Enorme succès du cinéma contemporain, la version d'E.T. L'EXTRA TERRESTRE que l'on peut voir aujourd'hui, n'est effectivement pas celle tournée par Spielberg en 1982. Dans une courte introduction, le réalisateur explique que les progrès numériques lui ont permis, 20 ans plus tard, de parfaire certaines scènes, et notamment de retravailler l'expression de son personnage. Certaines scènes ont été rajoutées (à peine 5 minutes en tout...) et les armes à feu gommées. On peut légitimement comprendre la colère des fans, s'interroger sur les motifs réels de ces changements, mais avouons que l'essentiel n'est pas là.

Ce qui frappe avec ce film, c'est que le réalisateur en fait un réel film pour les enfants. Entendons par là, que la mise en scène épouse le point de vue des enfants. D'abord dans le placement de la caméra, à un mètre du sol, et qui ne cadre aucun adulte en entier. On ne voit pas leur visage. Lorsqu'ils apparaissent en plan large, ce sont des silhouettes sur fond de brume, lézardées de faisceaux de lampes. En fait, Spielberg filme les adultes, comme ont aurait filmé les Extraterrestres dans n'importe quelle autre production. Ce sont eux qui font peur. Ce sont eux les ennemis. Lorsque la mère d'Elliot déclare la disparition de son fils à un policier, celui-ci reste de dos, et le cadre s'arrête aux épaules. Idem pour le professeur au collège. La mère d'Elliot est justement l'exception, filmée normalement, mais dont le rôle n'influe pas le court de l'histoire. Ce sont les enfants le moteur, ils laissent leur mère en dehors, ne la font pas complice. Elle-même ne se rend compte de rien...

Lorsqu'enfin les adultes entrent réellement en scène (les militaires, les médecins, scientifiques) Spielberg les filme avec un casque, un masque, des combinaisons. Et toujours de la hauteur d'un enfant. Le seul moment où on s'attarde sur leur visage, c'est lorsqu'on pense E.T. au bord du trépas. Si l'extra terrestre n'est plus là, alors le merveilleux disparait, le monde de l'enfance aussi, et les adultes peuvent occuper le terrain. C'est, sur le plan scénaristique et de la mise en scène, une idée absolument formidable.

Ce filme a bien d'autre qualité, comme celle de narrer une intrigue simple, compréhensible, ou de montrer un extra terrestre gentil, pacifique, denrée rare dans la SF. C'est aussi un film qui regorge de références. Clins d'oeil au pote Georges Lucas, avec cette scène excellente où le soir d'Halloween, E.T. croise un gamin déguisé en Maître Yoda, le pointe du doigt en hurlant « maison ! maison ! ». J'y ai vu pour ma part beaucoup de références à LA NUIT DU CHASSEUR, ce chef d'oeuvre de Charles Laughton, un conte aussi, qui filtre avec le fantastique, et mettant en scène deux enfants face à un Robert Mitchum carnassier. On le remarque dans la composition des plans de profil, dans les ombres de la mère qui lit une histoire, dans cette brume omniprésente, les silhouettes qui s'en détachent, ou le plan sur la lune immense. Hommage au film de Laughton, comme à ceux des 50's, que Spielberg a du voir étant gamin. La manière dont Spielberg utilise ses travellings arrière pour élargir le champ, et nous faire découvrir un danger (les gamins sortent de chez eux, la caméra recule, on découvre en amorce l'arrière d'une camionnette dont plusieurs hommes descendent...) est une figure de style que l'on retrouve dans tous ses films, et venue tout droit du Film Noir.

On reproche souvent à Spielberg l'innocence de ses films, même lorsqu'il en réalise de plus dramatiques. On sait le metteur en scène marqué par PETER PAN, et le monde de l'enfance. Dans E.T., cela est pleinement justifié. C'est un film pensé et conçu pour être compris par les enfants. Une mise en scène millimétrée, pertinente, usant aussi de toutes les ficelles du suspens, de l'aventure, du gag, et... du mélo. Lacrymal ? Comme BREAKING THE WAVES, CITY LIGHTS, OUT OF AFRICA ou TENDRES PASSIONS... Chacun dans leur genre des tire-larme redoutablement efficaces. Et ça fait du bien !
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A Man And The Blues
A Man And The Blues
Prix : EUR 11,18

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5.0 étoiles sur 5 L'INCONTOURNABLE CLASSIQUE DE BUDDY GUY, 20 mars 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : A Man And The Blues (CD)
Il y a, dans la belle et grande famille de l'industrie du disque, des oeuvres éphémères, qu'on rentre dans les cartons aussitôt sorties, trois petits tours sur les radios, sur les plateaux télé, et puis s'en vont... J'aurais aimé citer des noms, mais le nombre de mots par chronique étant limité, je risque d'exploser mon quota.

Et puis il y a les disques qui restent, qui font date, qui ne s'écoulent certes pas par millions dès la première semaine, mais on s'en moque. Parce que 40 ans après leur enregistrements, ils gardent intacts leur fraîcheur. A MAN AND THE BLUES fait incontestablement partie de cette famille. Buddy Guy l'enregistre en 1968. Buddy Guy est une des dernières légendes du blues, dont le parcours est assez semblable à ces collègues. Né en Louisiane, apprenant les rudiments de guitare, trouvant quelques contrats ci et là, il finit par prendre la route du nord, vers Chicago, ville de l'ébullition musicale. Il y croise les bluesmen les plus en vue, dont l'incontournable Willie Dixon, compositeur arrangeur producteur chez Chess Records. Il forme un duo avec l'harmoniciste Junior Wells, parcourt le monde, et finit sur scène avec les Rolling Stones ou Eric Clapton, honoré pour services rendus au patrimoine de la musique mondiale.

Ce disque est un joyau. Le morceau titre « A man and the blues » est un blues lent, épuré, magnifique, avec ce walk de basse sur les temps, l'appui discret de trois saxophones, et cette voix (qui me rappelle dans les intonations souffreteuses le Clapton de Derek et Dominoes) à la fois douce, gorgée de tristesse et de souffrance, qui frémit, et que l'on sent prête à rugir au quart de tour. Et puis il y a ce piano, reconnaissable de suite, celui d'Otis Spann, incontournable musicien de l'époque. Un morceau fabuleux, qui précède « I can't quit the blues » plus pêchu, exécuté dans l'urgence, très rhythm'n'blues, qui précède lui-même le classique Motown de Berry Gordy « Money, that's what I want »...

On ne va pas passer en revue tout le disque, il est sublime. Buddy Guy m'a toujours rappelé BB King, dans sa manière d'attaquer un chorus lent, ses accents, ses silences, et dans sa voix, dans ses montées dans les voix de contre. Cela se vérifie évidemment sur « Sweet Little angel » composition de BB King. Sur scène (et oui, j'ai eu la chance de le voir !) Buddy Guy fait des imitations. Il chante et joue de la guitare à la manière de... Son imitation de BB King est fabuleuse, jusque dans les mimiques, la gestuelle.

Il y a dans ce disque la fraicheur, la spontanéité, l'énergie des enregistrements en live, lorsque les musiciens se retrouvent ensemble, en studio, sans over-dub ou bidouillage, entre pros, avec trois répétitions et la prise finale. On entend Buddy Guy pousser ses acolytes, exulter, comme dans « One room country shack » lorsque Spann martèle son piano dans les graves.

Phrase bateau, je sais, superflue, sans doute, mais à ceux qui liraient cette chronique sans jamais avoir possédé un disque de blues, ce A MAN AND THE BLUES est incontestablement un sommet du genre. Il est produit par Sam Charters pour Vanguard, et entame une grande période pour Buddy Guy. La quintessence d'un genre : le Chicago Blues.
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