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Contenu rédigé par Luc B.
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Commentaires écrits par
Luc B.
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Velvet Goldmine [Import anglais]
Velvet Goldmine [Import anglais]
DVD ~ Ewan Mcgregor
Prix : EUR 11,46

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 CITIZEN GLAM, 28 août 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Velvet Goldmine [Import anglais] (DVD)
Après s’être intéressé aux Carpenters, et avant de s’attaquer aux différences facettes de Bob Dylan dans le kaléidoscopique I’M NOT THERE, le réalisateur Todd Haynes plonge dans ses souvenirs de jeunesse, et nous trousse une évocation haute en couleurs de la période Glam Rock.

L’histoire : le journaliste Arthur Stuart enquête sur la star déchue Brian Slade, 10 ans après sa disparition des écrans radar. Il rencontre ceux qui l’ont connu. Portraits croisés et flash-back, qui renvoient surtout Arthur à sa propre adolescence, sa fascination pour le chanteur, et ses premiers émois sexuels.

Les multiples références à CITIZEN KANE ne sont pas fortuites, on sait Todd Haynes grand cinéphile, voir son LOIN DE PARADIS, sublime mélo inspiré de Douglas Sirk. Haynes reprend de Welles la construction même du film, le procédé, le témoin en fauteuil roulant, l’ex-femme retrouvée dans un restau vide, et une ribambelle de plans et mouvements de caméra. Au jeu des 7 erreurs, on s’amusera aussi à reconnaitre qui est qui, Brian Slade (rien que le nom…) en Bowie, et Curt Wild, mix de Iggy Pop, Lou Reed, Mick Jagger, Kurt Cobain. Jeu de cache-cache autant visuel (Brian Molko…) et musical (compos originales, reprises, réinterprétations de titres, tout se mélange) VELVET GOLDAMINE est pourtant moins un film sur le rock, qu’un conte nostalgique, initiatique, une histoire de triangle amoureux (Brian, Curt et Arthur), dont on ne sait jamais s’il est réel ou fantasmé. Après tout, le film entier repose sur une absence…

La dernière partie déçoit un peu, quelques longueurs, l’indice qui permettra à Arthur de retrouver Brian Slade est trop simple, formel, Todd Haynes nous avait habitué à plus de poésie, de rêverie, comme la scène entre Curt et Arthur sur le toit, survolé par une sorte de soucoupe volante toute droite venue de RENCONTRE DU 3EME TYPE ! L’invention visuelle rappelle le style de Baz Luhrmann, au choix, ou du Max Ophüls de LOLA MONTES. Un esthète ce Todd…

On saluera la performance d’Ewan McGregor en Curt Wild, dont le personnage éclipse celui de Brian Slade, assez fade finalement, une fois la triple couche de maquillage retirée.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (5) | Permalien | Remarque la plus récente : Sep 2, 2013 5:03 PM MEST


Les Nerfs à vif (1962)
Les Nerfs à vif (1962)
DVD ~ Gregory Peck
Proposé par 101Trading
Prix : EUR 8,18

6 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 LES NUITS DU CHASSEUR, 12 juin 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Nerfs à vif (1962) (DVD)
CE COMMENTAIRE PORTE SUR LE FILM DE 1962 (Amazon ayant mélangé sur certaines éditions les avis clients)

Ce qui est bien avec les remakes, c’est que cela permet de savoir qu’il y a un original… en l’occurrence, ce thriller de J (pour John, ou Jack) Lee Thompson, réalisé en 1962. Et qui ne démérite absolument pas. On pouvait craindre le pire, J Lee Thompson n’étant pas le plus subtile des réalisateurs britanniques, et qui en fin de carrière nous a sorti un certain nombre de navets avec Charles Bronson.

A travers cette histoire de vengeance (un taulard, Max Cady, harcèle un avocat, Sam Bowden, qui l’avait envoyé en prison 8 ans plus tôt, et menace de s’en prendre à sa fille) Thompson livre un pur thriller, noir, souligné par la partition aux petits oignons de Bernard Hermann, compositeur attitré d’Hitchcock. Par rapport au film de Scorsese, qui en 1991 pouvait montrer ce qu’il voulait, Thompson ne peut, lui, que suggérer. Mais tout est très clair. Max Cady est un maniaque sexuel, un violent, à tendances pédophiles. Le plan où il salive en regardant la gamine, à quatre pattes, lustrant le pont d’un bateau, ne laisse aucune ambiguïté. Dans la scène de poursuite à la bibliothèque, l’agresseur est parfois filmé à hauteur de braguette, ce qui laisse là aussi peu de doute sur ses intentions.

Si Bowden ne souhaite pas porter plainte contre Cady, c’est qu’il craint, au procès, de devoir aborder la sexualité de sa fille en public. Le sexe est un tabou dans cette famille conservatrice. L’ironie veut que Bowden soit avocat, et qu’il préfère user de la violence pour se débarrasser du rôdeur, constatant que la Loi ne suffit pas. Réflexion désabusée d’un anglais sur la justice et la psyché américaine, ou film réellement réactionnaire ?

Dans la forme, c’est impeccable, un beau noir et blanc contrasté, des images fortes, un admirable plan séquence (Cady agressant Diane Taylor) et surtout, trois grands comédiens (qui feront tous une apparition dans la version de Scorsese) : Martin Balsam, Gregory Peck droit dans ses bottes, et surtout Robert Mitchum, impérial, effrayant, une bête féroce, sauvage, le vice, le Mal incarné, la lie de la société qu’il faut éliminer. Une composition à rapprocher de son rôle d’Harry Powell, dans LA NUIT DU CHASSEUR.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (6) | Permalien | Remarque la plus récente : Aug 20, 2013 10:57 PM MEST


Dédée d'Anvers
Dédée d'Anvers
DVD ~ Simone Signoret
Prix : EUR 19,16

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 LE QUAI DU PORT DES BRUMES DE L'ANGOISSE, 5 avril 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Dédée d'Anvers (DVD)
Réalisé en 1948, DEDEE D’ANVERS d’Yves Allégret sent bon l’avant-guerre. Le film est marqué à la fois du sceau du réalisme Poétique, cher à Marcel Carné, et au Film Noir américain. Remarquez que ces deux genres puisent un certain nombre de leurs codes à la même source. L’un comme l’autre ont les pieds ancrés dans un réalisme social, mais l’image et les décors sont souvent traités en mode expressionniste.

DEDEE D’ANVERS a pour décor… Anvers, et son port (comme Le Havre de QUAI DES BRUMES) mais Allégret ne s’intéresse pas au rendu réaliste, plutôt à une évocation de port, lieu de transit, cosmopolite (d’où le terme de réalisme « poétique »), théâtre presque abstrait de la tragédie qui s’annonce. Dédée est une prostituée qui travaille dans un rade à marins avinés, et qui cherche à se défaire de l’emprise de son mac, Marco, toujours à court d’argent. Elle rencontre Francesco, capitaine de cargo, qui lui propose de la suivre. Monsieur René, patron du troquet, lui donne sa bénédiction.

Le plan pré-générique, un panoramique 360° sur le port qui croise le visage de Dédée, cheveux au vent, regardant l’horizon, nous dit presque tout des personnages, prêts à tout pour se sortir de leur trou, en rêvant du grand voyage. Les éléments du drame se mettent en place, le désir de fuir de Dédée, le désir d’aimer de Francesco, le travail d’extorsion de Marco pour financer un plan dope, l’amour platonique de René envers celle qu’il pousse à reprendre sa liberté. Bien sûr, ces éléments convergeront, vers un final tragique et sans espoir.
On reste épaté par la crudité des scènes, des propos, la violence des rapports. Allégret, marié à Signoret, réalise quelques prouesses de caméra, comme la fuite de Dédée en travelling subjectif, la bagarre des marins, les errances éthyliques de Marco, et bien sûr, le final à l’aube, et la manière très particulière d’achever Marco. « Roule doucement » demande Dédée à René, pour être sûr de ne pas rater et faire souffrir l’agonisant.

DEDEE D’ANVERS est surtout magistralement interprété, Simone Signoret (Dédée) et sa démarche populo, Bernard Blier (René) égal à lui-même, Marcel Dalio (Marco), prodigieux comédien croisé chez Renoir, immonde ordure, pathétique et vulgaire.

Il manque à Yves Allégret un scénario sans doute moins prévisible (et un Francesco plus étoffé), mais c’est aussi ce qui fait tout le charme de ces productions, mécaniques noires et pessimistes, où la grisaille, la nuit, n’en finissent pas d’obstruer l’horizon des protagonistes.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (5) | Permalien | Remarque la plus récente : May 19, 2013 2:29 PM MEST


Le prince de New York
Le prince de New York
DVD ~ Treat Williams
Proposé par plusdecinema
Prix : EUR 6,28

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 LE RETOUR DE SYDNEY LUMET AUX AFFAIRES (LOUCHES)., 5 mars 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le prince de New York (DVD)
Après un intermède musical plutôt déroutant (LE MAGICIEN D’OZ version Diana Ross, et oui, c’était lui !) Sydney Lumet revient en 1981 à ses premières amours, le film dossier. Une fresque judiciaire de trois heures dont le point de départ est le suivant : Danny Ciello est un policier des stups, corrompu jusqu’à la moelle, à qui le bureau du procureur propose une collaboration clandestine, afin de… lutter contre la corruption policière. Danny Ciello accepte à la seule condition que ses copains ne soient pas inquiétés. Mais une fois le rouleau compresseur de la justice en marche, pas facile de l’arrêter…

C’est du pur Sydney Lumet, un sujet ample, complexe, un état des lieux des institutions judiciaires et policières américaines à l’aube des années 80. La construction de film est assez exemplaire, pour bien comprendre le profil et les motivations du flic Danny Ciello, et sa naïveté à se jeter dans la gueule du loup. Ciello se pense intouchable, rusé, aimé et respecté, et en même temps, un type profondément désespéré, qui en a marre. Le bureau du procureur a choisi un flic véreux, qu‘il doit blanchir pour en faire un témoin digne de foi. Le problème, c’est que plus la commission avance dans son travail, plus les dossiers louches et les mauvaises relations de Ciello remontent à la surface. D’autant que chaque personne incriminée dans ce vaste coup de filet, se défend en attaquant Ciello.

Quand on y réfléchit, cela ressemble à l’affaire du commissaire Michel Neyret, en France, récemment inculpé pour des méthodes connues de tous sur le terrain, mais condamnées par les textes de loi. Sydney Lumet dresse le quotidien de flics contraints de frayer avec ceux qu’ils sont censés arrêter, pour pouvoir en coincer de plus dangereux. A cela s’ajoute une histoire d’amitié, de confiance, de corporatisme, valeurs qui ne vont pas tarder à voler en éclat.

La mise en scène est très classique, rythmée, les trois heures passent comme une fleur. Lumet donne la part belle aux comédiens (Treat Williams, parfait dans le rôle de Ciello), les scènes urbaines et nocturnes ont une patine réaliste, tragique (magnifique poursuite sous la pluie), la tension est présente dès le premier plan. Le mot d’ordre semble être : on le lâche rien, on presse toujours plus ! Le film offre une galerie de seconds rôles vraiment épatants. Mais le revers, c’est justement tous ces personnages, intervenants, départements, services, bureaux, réseaux… et il n’est pas toujours aisé de s’y retrouver. Mais c’est justement ce que vit le héros, d’abord confiant, mais très vite paumé, noyé, broyé, humilié. Du grand Sydney Lumet.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 4, 2013 9:33 PM MEST


The Master
The Master
DVD ~ Joaquin Phoenix
Prix : EUR 13,70

22 internautes sur 27 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 SI TU CLIGNES DES YEUX, ON RECOMMENCE..., 1 mars 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Master (DVD)
CETTE CHRONIQUE CONCERNE LE FILM ET NON LE SUPPORT PRODUIT.

Après le monumental THERE WILL BE BLOOD en 2007, Paul Thomas Anderson, dernier prodige hollywoodien en date (et pour longtemps si vous voulez mon avis) revient avec THE MASTER. L’histoire de Freddie Quell, vétéran de la guerre de Corée, qui tente sa réinsertion civile. Il rencontre les membres de La Cause, secte dirigée par Lancaster Dodd, qui voit en Freddie le cobaye idéal pour ses expériences pseudo-psychologiques.

On a dit que le personnage de Lancaster Dodd était inspiré par Ron Hubbard, créateur de la Scientologie. C’est vrai, d’autant que la thérapie mentale de Dodd s’inspire précisément de la méthode scientologue. On sait le réalisateur proche de Tom Cruise, qui avait joué un gourou dans MAGNOLIA en 1999. Et dans THERE WILL BE BLOOD, il était déjà question de prédicateur véreux.

Mais ce film est d’abord le portrait d’une Amérique déboussolée, avec les vétérans qui peinent à y retrouver leurs marques, et une société bourgeoise en manque de repère qui s’encanaille de croyances cosmico-fumeuses. La famille se délite, l’édifice se fissure. THE MASTER parle aussi de ce qui nous lie, nos rapports de force, de domination, d’attirance ou de répulsion. Le fil qui nous relie était le thème de PUNCH DRUNK LOVE, comme le cœur du choral et multi-intrigues MAGNOLIA.

Le film est tourné sur pellicule 65mn, tirée sur 70mn, format de tournage très rare, utilisé jadis pour pour LAWRENCE D’ARABIE ou 2OO1. Le directeur photo Mihai Malaimare Jr fait vraiment des merveilles. THE MASTER se double d’un spectacle visuel fascinant, une mise en scène précise, méticuleuse, majestueuse dans ses travellings, PTA ayant laissé de côté son maniérisme d’antan. Et il apporte un peu plus d’humanité à ses personnages que par le passé.

Joaquim Phoenix s’est créé un nouveau corps, aminci, en déséquilibre constant, les épaules voutées, rictus à la lèvre. Il est assez impressionnant (du rôle à oscar ça coco, sauf si Daniel Day Lewis est aussi nommé !!) et forme un duo passionnant de tension avec Philip Seymour Hoffman, fidèle du réalisateur, et une fois de plus prodigieux. Comme Amy Adams, qui joue la femme de Dodd, et son éminence grise…

THE MASTER n’atteint pas pour moi la puissance tragique et le lyrisme de THERE WILL BE BLOOD, mais gagne en humanité et intimité ce qu’il perd en spectaculaire.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (10) | Permalien | Remarque la plus récente : Aug 14, 2013 2:28 PM MEST


Coffret Frankenstein - Édition Collector 4 DVD
Coffret Frankenstein - Édition Collector 4 DVD
DVD ~ Mae Clarke

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 PROCREATION MEDICALEMENT ASSISTEE, 13 février 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Coffret Frankenstein - Édition Collector 4 DVD (DVD)
CETTE CHRONIQUE NE PORTE QUE SUR LE FILM "LE FILS DE FRANKENSTEIN" ET NON SUR L'ENSEMBLE DU COFFRET

Dans la famille FRANKENSTEIN je demande… LE FILS (1939), produit et réalisé par Rowland V. Lee, et qui fait suite aux deux premiers (et célèbres) volets, FRANKENSTEIN (1931), LA FIANCEE DE FRANKENSTEIN (1935) réalisés en leurs temps par James Whale.

Cette nouvelle génération n’était sans doute pas nécessaire, mais le film n’est pourtant pas désagréable. Il reprend les rouages classiques, l’arrivée du fils du docteur Henry Frankenstein, Wolf, dans le château de son ancêtre. Où l’on apprendra que la créature de son père vit encore, cachée dans l’ancien laboratoire, sous la surveillance d’Ygor. Wolf Frankenstein, bien qu’ayant promis de s'abstenir de jouer à l'apprenti sorcier, s’empresse de redonner un second souffle au monstre, qui une fois sur pied, sera manipulé par Ygor pour assouvir une sombre vengeance…

L’intérêt premier est de trouver au générique trois des grands acteurs du genre : Basil Rathbone (Wolf Frankenstein) Bela Lugosi (Ygor) et Boris Karloff (le monstre). Ce même Karloff qui arrêtera de tourner les autres épisodes, remplacé au choix par Lon Chaney ou Lugosi.

Le rythme de l'intrigue, sans être intrépide, est plutôt bien soutenu. Intrigue bien ficelée qui d’ailleurs tient davantage du film policier que du film fantastique (la créature en sérial killer téléguidé…). Ce film vaut aussi pour ses décors, un style expressionniste hérité des années 20, un festival de perspectives tronquées, d’obliques, d’escalier de guingois, de murs striés d’ombres monumentales. Un peu too much parfois, limite caricatural.

On retiendra la première apparition de Karloff en profondeur de champ, la scène du miroir dans lequel la créature se reflète, découvrant sa laideur, et interrogeant son créateur sur ce qui lui semble être une anomalie. Ou la présence d’Ygor à sa fenêtre, jouant inlassablement les mêmes notes au cor pour communiquer avec la créature, ou encore la disparition mystérieuse du majordome Benson…

A noter un gag tout à fait involontaire (à mon avis) avec l’inspecteur Krogh. Ce personnage a une prothèse mécanique à la place du bras droit, qu’il ne cesse de faire grincer (comme Peter Sellers dans FOLAMOUR !!). Évidemment, lors du combat final, le monstre veut l’envoyer valdinguer, et le faux bras lui reste dans la main ! Krogh finit la bagarre manchot !!! Digne de Mel Brooks...

Certes, ce FILS DE FRANKENSTEIN ne possède pas la poésie et le merveilleux des films de James Whale, mais n’a rien non plus du rejeton honteux.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (8) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 26, 2013 9:28 AM CET


Fear and Desire
Fear and Desire
DVD ~ Frank Silvera
Proposé par MEDIA PRO
Prix : EUR 8,29

7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 LE SAINT GRAAL !, 31 janvier 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Fear and Desire (DVD)
Après deux courts métrages tournés en 1951, Stanley Kubrick sollicite copains et famille pour produire ce premier long métrage, en 1953. Selon l’adage kubrickien « la meilleure façon d’apprendre à faire un film, c’est d’en tourner un ». Kubrick cumule donc les fonctions de réalisateur, producteur, cadreur, directeur photo, monteur… Il confie le scénario à un copain de classe. Plutôt apprécié dans le circuit art et essai, le film est un échec commercial, mais surtout un échec artistique pour son auteur, qui décide de le retirer de la circulation. 60 ans plus tard, le graal est enfin disponible.

FEAR AND DESIRE n’aura donc qu’un intérêt limité pour beaucoup, mais la future carrière du cinéaste justifie qu’on y jette un œil. Et là, stupeur : tout Kubrick est déjà présent dans ce coup d’essai. L’histoire est celle de quatre soldats perdus en forêt après le crash de leur avion, qui tentent de regagner leur camp. Ils s’aperçoivent qu’ils sont tombés tout près d’un QG ennemi.

Dès les premières images, qui renvoient au générique de SHINING, un des thèmes centraux de Kubrick apparait : l’enfermement. Non pas dans un hôtel (SHINING), un vaisseau spatial (2OO1), un appartement mondain (EYES WIDE SHUT), des tranchées (LES SENTIERS DE LA GLOIRE), mais dans une forêt, théâtre de cette guerre abstraite. Kubrick restera fidèle à cette méthode, l’observation d’un groupe d’hommes confrontés à un ennemi invisible : eux-mêmes. Et comment la perte de contrôle, de la raison, au profit des pulsions, va briser ces hommes, les vider de leur substance, en faire des pantins irréfléchis, (voir la fin de FULL METAL JACKET, ORANGE MECANIQUE...). Une phrase est très révélatrice : « on ne va pas rester civilisé très longtemps si on entre dans ces bois ». Les liens avec les deux autres films de guerre de Kubrick sont flagrants, certains images du QG ennemi semblent même toutes droites sorties de PATHS OF GLORY (cadre, lumière, gestuelle). La figure militaire, autoritaire, est déjà vue comme un danger, le général ennemi qui a nommé son chien lieutenant, n’ayant rien à envier au paranoïaque général Ripper de FOLAMOUR. On retiendra aussi les scènes avec la jeune prisonnière, qui rejoint les grandes figures féminines de Kubrick (Shelley Duval, Shelley Winter, Nicole Kidman), figure maternelle autant qu’objet de convoitise, source de fantasme et de dérèglement. Les plans sont implicitement pervers, sadiques, le geste irrémédiable du jeune soldat étant le point culminant du film. Le visage de la morte axé vers le haut du cadre, dénote et surprend. Du grand art visuel.

Car on sent un Kubrick beaucoup plus intéressé par la fabrication d’images, que préoccupé par la cohérence d’ensemble de son film. On est bluffé par l’ingéniosité des cadres, la qualité de la photo, les éclairages sophistiqués (presque caricaturaux parfois), expressionnistes, les gros plans et inserts inspirés d’Eisenstein, certes maladroits et un tantinet prétentieux… Ou ces visages déformés par la haine et la peur, devenant des masques horribles, figure récurrente du cinéaste. Ce qui pêche, c’est une interprétation assez fade (Franck Silvera s’en sort mieux, on le retrouvera dans LE BAISER DU TUEUR) des dialogues ampoulés et intellos, ou purement informatifs et redondants, des incohérences de scénario risibles (la scène de l’interrogatoire est ridicule, comme le fait de découvrir à la jumelle le camp ennemi pourtant situé juste sur la rive d’en face !), quelques ratés dans les raccords. Et on vérifie que Kubrick n’est pas le meilleur filmeur de scènes d’actions, dont visiblement il se contrefout !

Quelles conclusions en tirer ? Que ce premier film est bancal, mal fichu, fait de trois bouts de ficelles (les mêmes acteurs jouent les « gentils » et les « méchants » !!) mais visuellement très inventif, voire avant-gardiste. C’est un tube à essai, dans lequel Kubrick concocte les recettes qui feront sa gloire. Pour le spectateur lambda, sans doute aucun intérêt, mais pour l’amateur de Kubrick, l’expérience est passionnante, c’est une plongée dans un univers en formation, on identifie tout ce qu’on retrouvera dans ses futures productions. Rien de déshonorant (compte tenu du budget) et pourtant, on comprend le souhait de Kubrick de retirer le film du circuit. Il trouvait le film inabouti est prétentieux. Il est légitime de se demander pourquoi les ayants-droits (donc sa femme) sont passés outre les vœux du défunt… Est-ce pour lutter contre les versions médiocres trouvables sur Internet ?

Le visionner aujourd’hui, c’est aller contre la volonté du Maïtre ! On ressent un léger frissonnement, à braver l’interdit, se dire que l’on a devant les yeux le plus célèbre des films invisibles, sur lequel on est libre de se forger sa propre opinion. Pour la première fois, Stanley Kubrick n’a donc pas le dernier mot !

Images DVD parfaitement restaurées.
VO ou VOST uniquement. Pas de bonus ni commentaire.
61 minutes / format 1:37 respecté.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (24) | Permalien | Remarque la plus récente : Mar 1, 2013 12:59 PM CET


Kill me again [Import italien]
Kill me again [Import italien]
DVD ~ Val Kilmer
Prix : EUR 11,46

4 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 PRIVATE INVESTIGATION, 23 janvier 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Kill me again [Import italien] (DVD)
John Dahl semble être foutu pour le Cinéma, et c’est bien dommage. Ce réalisateur qui œuvre désormais pour la télé, les séries à succès, avait pourtant sacrément bien commencé sa carrière pour le grand écran, avec une série de trois polars, néo-Film Noir, qui culminait avec LAST SEDUCTION en 1994. Avant cela nous avions eu RED ROCK WEST, et donc son premier essai : KILL ME AGAIN.

Du pur Film Noir, mais situé dans le désert rocailleux du Nevada, qui reprend tous les ingrédients du genre, le privé fauché embarqué par une poule éplorée et pas claire dans une histoire de détournement de fric encore moins nette, avec un ex-mari qui a du mal à contenir ses nerfs, et des sbires de la mafia peu portés sur l’humour… Les références pullulent, à ASSURANCES SUR LA MORT (Billy Wilder), CA COMMENCE A VERA CRUZ (Don Siegel) jusqu’au PSYCHOSE d’Hitchcock, pour la fuite, les billets, le motel, la bagnole dans les marais, la scène en voiture et le flic… La musique évoque aussi les envolées violonneuses de Bernard Hermann (compositeur attitré de Sir Alfred), superbe. 90 minutes chrono, des rebondissements, ça cogne, ça flingue, ça roule, c’est joliment écrit et filmé. John Dahl connait son affaire, il donne dans l’économie de moyen, une idée, un plan, et on passe au suivant. Il fait du neuf avec du vieux, mais le fait bien. Classieux, mais pas ostentatoire.

Alors qu’est ce qui pêche ? A l’affiche, on a les époux Kilmer, couple à l’écran et à la ville. Val Kilmer n’est pas le plus grand comédien de sa génération, et sa femme… non plus. Voilà ce qui ne va pas. C’est pas grand-chose, compte tenu des qualités soulignées, mais Linda Fiorentino dans THE LAST SEDUCTION nous avait vampés de plus belle manière ! Quant au mari, c’est Michael Madsen (RESERVOIR DOGS entre autre), et là, on en a pour son pesant de virilité !
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (8) | Permalien | Remarque la plus récente : Jul 20, 2013 1:51 PM MEST


L'homme aux nerfs d'acier
L'homme aux nerfs d'acier
DVD ~ Lee Van Cleef
Proposé par ABCINE
Prix : EUR 14,00

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 POLAR BOLOGNAISE, 16 décembre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'homme aux nerfs d'acier (DVD)
On doit au réalisateur Michele Lupo des films comme HERCULE ET LES TITANS, LE SHÉRIF ET LES EXTRA TERRESTRES, ou encore MÉFIE-TOI BEN, CHARLIE VEUT TA PEAU... Tout un programme. Bref, on ne miserait pas un kopeck sur ce type... Et pourtant, L'HOMME AUX NERFS D'ACIER (1973) est à deux doigts de passer pour un bon film. Le scénario est plutôt intéressant. Un jeune truand, Tony, star de son quartier, vénère un certain Frankie Dio, un chef mafieux, qui justement débarque en ville pour régler quelques affaires. Tony prend Frankie en filature, se fait arrêter en même temps que lui, et se retrouve en prison avec son idole. Frankie Dio comprend vite que cet aficionado encombrant pourrait lui être très utile...

Le casting est épatant, avec Lee Van Cleef dans le rôle de Dio. Sorti de ses westerns, l'acteur garde une présence très physique, et impressionne. Tony Li Bianco (vu dans LES TUEURS DE LA LUNE DE MIEL) campe un personnage (Tony) déconnecté des réalités, agaçant au départ, réellement attachant ensuite. Le méchant est joué par Jean Rochefort, et voir l'acteur de UN ÉLÉPHANT CA TROMPE défourailler à la mitraillette vaut le détour ! C'est aussi crédible que Bruce Willis dans Hamlet. Et enfin, l'actrice Edwige Fenech (la Pam Grier du cinéma italien...) que l'on a toujours plaisir à voir - sortir de la douche. Ah ! La scène du parloir, toutes loches dehors !... Dommage que le budget de la production interdisait l'emploi de la 3D, dans les premiers rangs c'eût été impressionnant.

La première partie du film est classique, guerre des gangs, règlements de comptes mafieux, parfois surprenants dans leurs exécutions (le meurtre à la perceuse, fallait oser !). C'est la relation entre Frankie et Tony qui fait l'originalité du film, la manière dont le cadet s'attache à l'ainé, et on regrette que le metteur en scène n'ait pas creusé davantage ses personnages, il y avait là une matière intéressante. Mais la seconde partie (évasion, cavale, dernier coup) est rythmée par des gags désolants, des situations comiques désespérantes, et des incohérences de scénario. Un changement de registre qui desserre totalement l'ensemble de l'histoire. Là où le polar pouvait se doubler d'une étude psychologique, Michele Lupo choisit la comédie navrante à la Philippe Clair. Décevant, mais surtout, incompréhensible.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (7) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 3, 2013 9:45 PM CET


Ca commence à Vera Cruz
Ca commence à Vera Cruz
DVD ~ Robert Mitchum
Proposé par DVDMAX
Prix : EUR 5,99

1 internaute sur 3 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 L'HOMME QU'A VU L'HOMME, QU'A VU L'HOMME..., 27 novembre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ca commence à Vera Cruz (DVD)
Voilà un film atypique. C’est la troisième réalisation de Don Siegel, metteur en scène de talent, qui l’illustrera dans le polar à la fin des années 60, un pote de Clint Eastwood, et deuxième papa de L’INSPECTEUR HARRY. Oui, car Harry Callahan a deux papas : Clint et Don ! Vive le mariage pour tous !

Mais revenons à Vera Cruz… Le scénario est assez ingénieux. Un certain Blake poursuit un certain Halliday, qui lui-même poursuit un certain Fiske. Il semblerait que le deuxième ait piqué du fric au premier, mais accuse le troisième d’être responsable, à moins que le premier et le troisième se soient mis d’accord pour faire accuser le deuxième… Et là-dessus, la police locale poursuit tout le monde ! Vous suivez ? CA COMMENCE A VERA CRUZ est une pure série B, un petit budget, qui pourtant a au générique le grand Robert Mitchum. Mais celui-ci, à peine sorti de taule pour usage de plantes vertes, devait se faire discret…

Comme à l’ordinaire dans ce type de production, le rythme est haletant (le film ne dure que 1h10, toutes les poursuites sont quasiment en accéléré !), et Siegel qui a été longtemps réalisateur de seconde équipe spécialiste des scènes d’action, est à son aise. Film atypique, car à la croisée des genres. Au premier coup d’œil, c’est du Film Noir (gangsters, chapeau mou, photo contrastée, cadrages) mais le décor fait davantage penser au western, plans larges sur de grandes étendues mexicaines, poursuites en voiture, et duel final à trois, comme dans LE BON LA BRUTE ET LE TRUAND. Mais surtout, le film se veut tenir aussi de la comédie. Et c’est là que le bât blesse (à mon sens) car l’humour tombe un peu à plat. On ne s’y attend pas, et Siegel n’est ni Cukor ni Hawks… Les personnages perdent du coup de leur superbe, le flic mexicain qui veut apprendre l’anglais, et surtout Mitchum, macho, grossier, bas du front.

Une curiosité bancale mais pas déplaisante.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 3, 2013 9:46 PM CET


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