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Contenu rédigé par Luc B.
Classement des meilleurs critiques: 473
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Commentaires écrits par
Luc B.
(TOP 500 COMMENTATEURS)   

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Black Swan  (Oscar® 2011 de la Meilleure Actrice)
Black Swan (Oscar® 2011 de la Meilleure Actrice)
DVD ~ Natalie Portman
Proposé par MEDIA PRO
Prix : EUR 7,30

4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Y'A DES CYGNES QUI NE TROMPENT PAS, 9 mai 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Black Swan (Oscar® 2011 de la Meilleure Actrice) (DVD)
Grosse polémique à la sortie du film, et après les oscars couronnant l'actrice Nathalie Portman : est-ce elle ou non qui danse dans le film ? On s'en contrefiche ! Les entrechats peuvent être ceux d'une doublure, c'est commun et même logique au cinéma, Portman est actrice, pas danseuse. Et heureusement.

Car force est de reconnaître qu'elle habite totalement son personnage, et en donne une interprétation crédible. Et ce n'était pas gagné car ce film flotte entre deux genres : le mélodrame et le fantastique. Le réalisateur Darren Aronofsky a la bonne idée de ne pas marquer la frontière, en terme de style, de rendu, entre la réalité et ce qui est fantasmé. Il a en cela retenu les leçons du maître Roman Polanski. La confusion mentale du personnage s'immisce donc insidieusement et plus efficacement dans la tête du spectateur. Aronofsky utilise avec intelligence et parcimonie les effets spéciaux, mention spécial pour l'envol du cygne noir, sur la fin, avec les plumes qui poussent, scène magnifique d'une grande sobriété. Autre bon réflexe, d'avoir situé le film pratiquement en lieux clos, l'appartement et le studio de danse, des lieux fréquentés quotidiennement par l'héroïne, dans lesquels elle devrait se sentir à l'aise, et qui au contraire deviennent les antres de sa folie. Et enfin, saluons Aronofsky pour avoir choisi un scénario simple, la dualité du cygne noir et du cygne blanc renvoyant bien sûr à la schizophrénie du personnage de Nina. Une idée basique, presque galvaudée, mais solidement mise en image, car c'était là le vrai challenge, dépoussiérer un mélo aux ressorts dramatiques ultra classiques (même démarche que pour THE WRESTLER en 2008). Et le boulot est intelligemment fait, bien que souffrant de quelques redondances et effets appuyés sur la fin.

La pauvre Nina est flanquée d'une mère protectrice et envahissante à l'excès, qui nous renvoie aux deux films auxquels on pense en regardant celui-ci : CARRIE de Brian De Palma et LA PIANISTE de Michael Haneke. Et aussi à SHOW GIRL de Verhoven, mais qui lui s'intéressait davantage à la métaphore de la société américaine, qu'au parcours initiatique d'une femme-enfant en proie à une psyché auto destructrice.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (9) | Permalien | Remarque la plus récente : Mar 19, 2013 1:18 PM CET


Holiday
Holiday
DVD ~ Jean-Pierre Darroussin
Proposé par plusdecinema
Prix : EUR 6,98

4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 UN "WHO DONE IT" PAILLARD ET RAFFRAICHISSANT, 1 mars 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Holiday (DVD)
Guillaume Nicloux est un cinéaste inégal, qui a su remettre au goût du jour le Film Noir avec UNE AFFAIRE PRIVEE ou LE POULPE, mais qui s'est aussi égaré dans le thriller pataud avec LA CLEF ou LE CONCILE DE PIERRE (d'après Grangé...). Ce film de 2011, HOLIDAY est un très bonne surprise, à la croisée de trois genres : l'étude de moeurs, le polar et la comédie. La comédie, ici, est paillarde, et c'est ce qui fait tout le sel de cette intrigue déjantée. On y suit le couple Trémois (Darroussin et Godrèche) en week end dans un relais château, avec belle maman (Balasko). Les rares clients qui trainent là sont tous parfaitement frappés, obsédés, tordus, et l'intrigue vaudevillesque vire au drame lorsque la propriétaire de l'établissement est retrouvée pendue.

Ce film est un "Who done it", un cluedo, un genre codifié, dont Agatha Christie fut le reine. Un meurtre, une enquête, des suspects, que l'inspecteur réunira ensemble pour confondre le coupable au dernier chapitre. Sauf que Guillaume Nicloux ne se contente pas d'une simple intrigue policière, il tord le coup au genre. Il se retrouve sur les terres d'un Pascal Thomas, d'un Jean Pierre Mocky (les trognes des seconds rôles) voire d'un Bertrand Blier. D'ailleurs le personnage joué par Judith Godrèche rappelle celui de Miou-Miou dans LES VALSEUSES, interprétation comprise. Nicloux parvient à réaliser un film égrillard, hymne au libertinage, à la liberté, sans jamais tomber dans la vulgarité (un scénar qui pourtant n'aurait pas déplu à un Max Pécas...) grâce à une mise en scène inspirée, rapide, ludique et maline, grâce à des dialogues loufoques, drôles, et grâce à une galerie de comédiens qui ne surjouent pas des situations par elles mêmes déjà énormes. Jean Pierre Darroussin est évidemment prodigieux, Josiane Balasko très à son aise, toute en retenue (ce qui et rare chez elle...) et Godrèche excelle aussi dans un profil qu'elle a déjà exploité.

HOLIDAY détonne dans le panorama des comédies françaises, pas franchement calibré TF1 à 20h30, un cocktail d'humour, de folie-douce, une comédie extravertie, dont l'intrigue foutraque rebondit jusqu'au dernier plan.

A noter que le scénario est cosigné avec Jean Bernard Pouy, talentueux auteur de polars.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 28, 2012 5:05 PM MEST


Champ [Import USA Zone 1]
Champ [Import USA Zone 1]
DVD ~ Wallace Beery

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 MELODRAME REALISTE D'UNE JUSTESSE INCROYABLE, 8 février 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Champ [Import USA Zone 1] (DVD)
King Vidor est sans doute plus célèbre pour ses dernières réalisations, comme DUEL AU SOLEIL (Gregory Peck), LE REBELLE (Gary Cooper), L'HOMME QUI N'A PAS D'ETOILE (Kirk Douglas), mais il a du réaliser une bonne cinquantaine de films avant guerre, dont ce fleuron du mélodrame réaliste, THE CHAMP (1931).

L'histoire est édifiante : Champ, un ex champion de boxe, alcoolique, élève seul son fils Dink, et après avoir gagné aux dés, lui achète un cheval. Grisé, Champ persiste à jouer, perd tout ce qu'il a, et doit mettre le cheval au clou. Le seul moyen de s'en sortir, et de confier le gamin à sa mère, remariée à un homme riche...

Tous les éléments du mélodrame sont réunis, l'amour du père pour son fils, le dévouement, l'abnégation, le désir de briller, de se surpasser pour l'être aimé. Gnan Gnan ? Pas du tout, au contraire, totalement poignant, car King Vidor signe une mise en scène loin des effets larmoyants, mais empreint de réalisme social. Les pérégrinations des deux héros dans les bars, les salle de jeux, leur vie commune dans leur petite piaule sont exemplaires. Pas un plan de trop, un cadre large pour que les acteurs vivent dans le décor. Voir le gamin aider son père cuité à se mettre au lit, sans cesse le soutenir à bout de bras. C'est le gamin qui tient la maisonnée ! Lorsqu'on découvre que la mère de Dink est vivante, et souhaite lui donner un foyer plus digne, le gamin devra choisir entre deux styles de vie. Pas de caricature ici, même si le beau-père monnaye d'abord l'enfant, il s'apercevra vite que rien ne peut l'empêcher de se faire la belle pour retrouver son père. La scène au cercle de jeu où l'enfant exténué s'endort sur une table, comprenant que son père ne daignera rentrer se coucher qu'une fois à sec, est magnifique, comme celle de la première visite à la mère. Les seconds rôles sont bien présents, il y a une grande solidarité entre les personnages, Champ est un peu le héros local dont le dévouement pour son fils est connu.

Si le film tient si bien le coup, c'est grâce à Wallace Beery, acteur prodigieux, bourru et plein d'humanité. Et aussi grâce à Jacky Cooper. Si le jeune acteur n'est pas toujours à son aise lorsque les dialogues sont longs (le ton est parfois forcé), il est incroyablement juste dans les scènes dramatiques. La séquence de la prison, où Champ, endetté, finit par croupir, est hallucinante de vérité, de violence, d'une grande force émotionnelle. Et ça ne tient que par le jeu des acteurs. L'ultime match de boxe (l'image est sans doute un peu trop accélérée !) nous montre un Wallace Beery qui cogne comme un fou, avec des inserts en contre-plongée d'une grande modernité. Je ne raconterai pas la fin, mais King Vidor fait culminer son mélo dans un déluge de cris et de larmes, qui n'épargne pas le spectateur. Un film d'une grande simplicité psychologique, mais d'une dimension tragique qui rappelle LE VOLEUR DE BICYCLETTE, et bien sûr THE KID.

NB : pas d'édition française en DVD ? Dommage...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (7) | Permalien | Remarque la plus récente : Mar 4, 2012 9:52 AM CET


Quand la ville dort [Édition Simple]
Quand la ville dort [Édition Simple]
DVD ~ Sterling Hayden
Proposé par cinebox
Prix : EUR 8,48

11 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 A KUBRICK LA MECANIQUE, A HUSTON LA TRAGEDIE., 12 janvier 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Quand la ville dort [Édition Simple] (DVD)
Un des grands thèmes qui traverse toute l'œuvre de John Huston, est le désir, l'envie, de réussite, de pouvoir. Dès son premier film, LE FAUCON MALTAIS, on s'entretue pour posséder la fameuse statuette. Il y avait la soif de l'or dans LE TRESOR DE LA SIERRA MADRE, et bien sûr la chasse la baleine blanche dans MOBY DICK, l'ivresse du pouvoir divin dans L'HOMME QUI VOULAIT ETRE ROI. Ce film Noir de 1950, QUAND LA VILLE DORT (superbe titre français, qui se vérifie sur les plans nocturnes et urbains) ne fait pas exception. Mais les désirs, ici, sont plus terre à terre : réussir le hold-up parfait. Derrière l'appât du gain, chacun a son rêve. Pour Gus (Sterling Hayden, toujours impressionnant) il s'agit de retrouver le parfum des chevaux de son enfance. Pour Louis, le perceur de coffre, il s'agit de pouvoir entretenir « honnêtement » sa petite famille, et son fils grippé. Pour Emmerich, il s'agit de fuir une épouse grabataire au bras de sa jeune maîtresse (Marylin Monroe). Celui-là mérite la palme du cynisme, une ordure magnifique !

Mais voilà, comme souvent, le destin s'emmêle, et les rêves s'écroulent. Parce que l'homme semble être par essence corrompu, le projet capote, Emmerich, endetté, se croyant plus malin que les autres. Et puis le coup du sort, un vigile, une bagarre, un pistolet qui tombe, un coup de feu qui part par accident... On a souvent comparé ce film à celui de Kubrick L'ULTIME RAZZIA. A raison. Les deux métrages reprennent le thème du holp-up qui foire, et Sterling Hayden est présent dans les deux. Ce qui intéressait Kubrick, c'était davantage la mécanique, comment le grain de sable grippe la machine, comment l'émotion prend le pas sur la raison. Il y avait aussi des trahisons, mais au final, tout aurait pu fonctionner sans un ultime et malheureux coup du sort. Chez Huston, chaque pion semble tomber un par un, comme des dominos. Dès le départ on sent les protagonistes sur leurs gardes. La confiance ne règne pas franchement. Finalement, Huston s'intéresse moins au hold-up en lui-même, qu'aux conséquences d'une nouvelle vie sur ses personnages. Chacun ressent l'ivresse d'une vie meilleure, et perd les pédales. Huston filme ces pantins misérables avec délectation. Il y a une dimension tragique ici, humaine, qui manque sans doute chez Kubrick.

La mise en scène est classique, presque sobre, mais d'une précision diabolique, dans ses cadres.Le film baigne dans une lumière d'une noirceur absolue, à l'image de ce plan dans un couloir à peine éclairé entre un flic et Cobb (mention spéciale pour Marc Lawrence), juste un trait de lumière qui filtre par une ouverte horizontale. Lorsque le flic sort, ouvre la porte, on aperçoit la rue, et qu'il fait jour. Même en plein jour, Huston filme ses gangsters comme de nuit, comme s'il voulait cacher toute cette saleté, mettre à part ce monde de truands. Car les flics, eux, sont filmés en pleine lumière, mais sans relief, quasi documentaire, avec d'ailleurs quelques élans mélodramatiques sur la probité de la police, qui semblent légèrement ironiques... QUAND LA VILLE DORT est un des derniers grands Film Noir, le genre évoluera dans les années 50. Un des plus beaux films de son auteur.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 15, 2012 12:14 PM CET


Elvis
Elvis
DVD ~ Kurt Russell

5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 JOHN CARPENTER TROP EBLOUI PAR SON SUJET, 4 janvier 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Elvis (DVD)
John Carpenter a toute mon estime. Il vénère RIO BRAVO et Elvis Presley. Bon, ça, c'est fait.

Musicien lui-même, on lui propose en 1979 la réalisation d'un biopic télévisuel sur le King, décédé deux ans plus tôt. Le montage définitif (commenté dans cette chronique) fait 2h40, une version raccourcie d'une heure sortira en parallèle. Si les adeptes de Presley feront un triomphe au film, les amateurs de cinéma et de Carpenter en particulier ont le droit d'être plus critiques. Aveuglé par son sujet, Carpenter nous livre une bio d'un académisme assumé, ce qui tranche avec son style habituel, lui, le roi de la série B déjantée et sarcastique. On ne retrouve pas le John Carpenter si prompt à dézinguer l'american way of life et le showbiz, sujet pourtant tout trouvé ici.

Pourtant, son film est intéressant, car il retrace fidèlement la carrière du chanteur (le film s'arrête en 1969), les points clés du personnage étant présents, tant sur le plan musical que psychologique. La première partie est bien rythmée, traduit parfaitement l'effervescence et l'explosion de Presley sur la scène rock (premiers concerts survoltés, les tournées en bagnole, les shows télé sous haute surveillance) quand la dernière partie sera plus lente, plus sombre, à l'image de la longue parenthèse passée à Hollywood pour des tournages insipides. Entre les deux, Carpenter passe un peu trop de temps sur le décès de Gladys Presley, élément essentiel pour comprendre le personnage, mais traduit sans doute avec trop de pataud, sans parvenir à en faire un véritable climax dramatique. Avec cette dernière partie de film, Carpenter touche juste, et sobrement, les errements de son héros, en plein mysticisme, qui s'entoure d'une bande de potes, la fameuse Memphis Mafia (n'ayant plus sa mère pour le vénérer) qu'il couvre de cadeaux (n'ayant plus sa mère à aimer). Très belle scène, celle où il ouvre son garage pour regarder la vieille Cadillac rose offerte à sa mère des années plus tôt. Tout est dit, en un plan, sur la solitude, le désarroi du personnage, pourtant au sommet de sa popularité. Le film renvoie par moment à CITIZEN KANE (la scène du repas, face à sa femme) dans la description de l'homme seul dans sa propriété de Graceland (la Xanadu de Kane) et son rapport à sa femme, qui cherche à s'émanciper.

La bande-son est impeccable, offrant des versions de chansons en gestation (un « Suspicious minds » dans le salon particulièrement efficace, plus roots que l'original). Chapeau à Ronnie McDowell qui double Russel sur les parties chantées. Mais le point fort du film reste l'interprétation de Kurt Russel, fascinant dans son élocution et sa gestuelle. Russel et Carpenter venaient de se trouver, ils ne se lâcheront pas de sitôt. Citons aussi Shelley Winters, vue dans LOLITA, et Bing Russel, le propre père de Kurt.

On pourra regretter une mise en scène sans doute trop classique, linéaire, sans réelle idée de cinéma, et une vision trop révérencieuse de Presley. Un film qui certes évoque les fêlures du personnage, mais n'égratigne en rien le mythe. Le colonel Parker passe pour un saint, pas un mot du Come Back de 1968, ni des addictions diverses du chanteur, sa paranoïa grandissante, ses infidélités conjugales. Carpenter était pourtant l'homme de la situation, mais deux ans après la mort du King, c'eût été sans doute malvenu...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (8) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 8, 2012 7:37 PM CET


Dans la ligne de mire [Import belge]
Dans la ligne de mire [Import belge]
DVD ~ Clint Eastwood
Proposé par __The_Best_on_DVD__
Prix : EUR 10,98

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 C'EST CARRE ET CA TOURNE ROND., 5 décembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Dans la ligne de mire [Import belge] (DVD)
Ce film aligne tous les poncifs inhérents au genre. L'agent Horrigan qui a failli dans une mission de protection, jadis (en novembre 63 à Dallas, suivez mon regard...) et qui est bien décidé à prendre sa revanche. Ce même Horrigan qui est seul à croire au complot et qui sera mis sur la touche pour cause de paranoïa aiguë. L'ex agent de la CIA qui vire psychopathe et se venge ainsi de son administration. Le duo du jeune agent qui a tout à apprendre du vieux sage. Les conseillers en communication qui font passer l'intérêt électoral avant la sécurité de leur président. Le chasseur et la proie qui font joujou par téléphone, se jaugent, se provoquent. Une jolie agent qui subit les réflexions machistes, mais qui succombera tout de même...

Et pourtant, ça fonctionne, et rudement bien. Pourquoi ? Parce que Wolgang Petersen, le réalisateur, connait son boulot, et il le fait bien. A l'ancienne, sans maniérisme. Il mise tout sur son duo d'acteurs, et il a raison : Clint Eastwood fait du Eastwood, et forcément, il le fait mieux que tout le monde (il tourne peu sous la direction des autres, mais choisit bien, comme avec LA CORDE RAIDELa Corde raide qui reste à mon sens beaucoup plus intéressant). John Malkovich excelle à jouer les tordus, les sadiques, s'amuse comme un fou à s'affubler de perruques, et joue de son timbre de voix fluet et inquiétant. Un film à l'ancienne, avec des vieux. Ça change. Pas de bimbo, mais une agent d'âge mûre, ce qui n'empêche nullement la séduction, d'autant que c'est Rénée Russo qui s'y colle : la classe. J'aime cette réplique, lorsque Clint se rince l'oeil sur la robe de soirée moulante de Renée : "Vous regardez quoi au juste, agent Horrigan ?" - "Rien, je me demandais simplement où vous rangez votre arme...". Son amourette avec Clint nous apparaît sincère, les personnages ont un vécu, et on a droit au passage à un très beau plan, lorsque pressés de se retrouver au pieu, les deux amants se délestent sur la moquette de leurs flingues, menottes, talkies, matraques, chargeurs de rechange, holster, badges... Une bonne poursuite sur les toits, et une scène finale à la hauteur. Bon, 2h10 pour sauver le président c'est sans doute 20 minutes de trop, mais voilà du bon cinoche, bien dosé, sans remplissage, un suspens vu et revu mais efficace, et truffé de seconds rôles distribués intelligemment.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (12) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 12, 2012 8:56 PM CET


La Neuvième porte
La Neuvième porte
DVD ~ Johnny Depp
Proposé par AAWATA59
Prix : EUR 19,98

4 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 NEUF PORTES... C'EST QUATRE DE TROP !, 24 novembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Neuvième porte (DVD)
Ce n'est pas la première fois que Polanski se coltine avec le démon. Déjà dans ROSEMARY'S BABY. Mais avec cette NEUVIEME PORTE, il donne dans la production hollywoodienne. C'est l'histoire de Dean Corso, spécialiste d'ouvrages anciens, qui accepte de travailler pour un riche collectionneur, en possession d'une édition rare (et satanique dit-on). Le but avoué : en prouver l'authenticité. Le but caché... c'est une autre histoire !

Polanski est un maître de la mise en scène, on le sait, et on est une fois de plus enthousiaste de le voir au commande d'un thriller paranormal. Il est dans son élément. On retrouve d'ailleurs dans ce film pas mal de points commun avec THE GHOST WRITER : le livre comme élément central, l'enquêteur amateur inconscient des réels enjeux, qui poursuit avant d'être lui-même poursuivi, la paranoïa ambiante, les grandes demeures inquiétantes, et même le jardinier qui ratisse ses feuilles mortes ! Par contre, il y a une différence de taille entre les deux films : celui-ci est raté ! Ca ne démarre pas trop mal, les mouvements de caméra sont élégants (le premier plan du suicide), la lumière sophistiquée, il y a du mystère derrière le commanditaire, les personnages secondaires, les jumeaux libraires en Espagne, cette femme tatouée troublante et sexy. Mais le scénario aligne les mêmes scènes, les mêmes meurtres violents. On a vite compris le principe. Le problème, c'est que l'histoire n'évolue pas, ne bifurque pas, ça reste très linéaire. Le fameux Corso semble aussi expert que moi (à part jouer aux 7 différences sur les gravures du livre et regarder la tranche, que fait-il ?), et Johnny Depp en donne une interprétation très standard. Il est aussi expressif qu'une boite de sardines, la palme revenant à Emmanuelle Seigner dont le « non jeu » tient du raffinement ! De très bonnes scènes, comme celle chez la baronne (que l'on voit à l'arrière-plan et... qu'on ne voit plus...). Et puis patatras ! La dernière demi-heure donne dans le grand guignol, le pyrotechnique, les diableries de bazar, qui ne font même pas frémir, et un coït sur fond de manoir en flamme franchement risible. Au final, un Polanski plus sensationnaliste plus que subtil, du réchauffé sans mystère ni suspens.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (7) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 23, 2011 10:16 AM CET


L'enfer est à lui
L'enfer est à lui
DVD ~ Edmond O'Brien

3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 LE METRE ETALON DU FILM DE GANGSTERS, 27 octobre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'enfer est à lui (DVD)
Plus qu'un classique, un must absolu du film de gangsters, pourtant tourné à une époque où le FILM NOIR s'intéressait davantage au drame psychanalytique, ou au film de détective. L'ENFER EST A LUI (WHITE HEAT, 1949) raconte l'histoire du gang de Cody Jarret, mené d'une poigne de fer par le fils et sa mère. Après le casse d'un train qui a fait quatre victimes, Cody a la police à ses trousses. Il préfère se livrer pour un petit larcin, tirer ses deux ans de prison, ressortir et jouir de son magot. Mais la police, pas si bête, infiltre un flic dans sa cellule...

Le réalisateur Raoul Walsh a enclenché la touche action, et le rythme ne faiblit pas d'un iota pendant deux heures. Une leçon de mise en scène, un film sans cesse sous tension, un scénario aux multiples rebondissements, avec poursuites, trahisons et fusillades à gogo. Mais plus tout, un personnage hallucinant, Cody, psychopathe et irascible, qui lorsqu'il est pris de migraine vient pleurnicher dans les jupons de sa mère, la seule personne qui compte pour lui. C'est d'ailleurs elle qui maintient le navire à flot pendant que le fiston croupit en taule. Cette relation mère/fils fait d'ailleurs tout le sel de cette intrigue, au demeurant assez classique, et du personnage de Cody. Une mère dominante, autoritaire et protectrice. Une relation ambiguë (Cody n'a pas une once de sentiment pour sa femme) dont la police se servira pour aboutir à ses fins. Pour une scène, Cagney devait s'asseoir sur les genoux de sa mère, comme un gamin. Improbable, même pour le réalisateur, qui pensait atteindre les limites de son script en versant dans le ridicule. Cagney l'a fait, et après le "cut" toute l'équipe a applaudi l'acteur, médusée de ce qu'ils venaient de voir. Car pour interpréter Cody Jarret, et pour rendre à l'écran toute la folie et la complexité du personnage, il fallait un acteur d'exception : James Cagney est de ceux-là. Il était déjà éblouissant dans L'ENNEMI PUBLIC (William Wellman, 1931 L'ennemi public), mais là, son jeu dépasse tout ce qu'on peut imaginer. C'en est presque fascinant. Cagney avait 20 ans d'avance sur ses collègues. On se souvient évidemment de la dernière scène, dans l'usine pétrochimique en flamme, Cagney hurlant « Made it Ma, top of the world !» comme un dernier bras d'honneur avant de tirer sa révérence. Un final d'apocalypse. Mais n'oublions pas la scène du réfectoire, en prison, où Cagney apprend la mort de sa mère, et devient fou. On penserait alors à un numéro d'acteur, filmé en gros plan, mettant en valeur le comédien, genre : en route pour les Oscars ! Et non, Raoul Walsh, avec une intelligence extrême (et des contraintes budgétaires aussi) choisit de tourner la scène en plan large, de très haut, et en une seule prise. Cagney commence par monter sur les tables, puis envoie au tapis les gardiens qui tentent de le maîtriser. Les figurants n'étaient pas prévenus, et ont vu cette boule de nerf folle furieuse leur foncer dessus ! Eblouissant !

Virginia Mayo (qu'est-ce qu'elle se prend !) et Edmond O'Brien complètent une distribution impeccable. L'ENFER EST A LUI est devenu avec le temps le mètre étalon du genre, dont la violence et le cynisme laissent pantois.

PS : L'ENFER EST A LUI fait partie d'un remarquable coffret consacré au Film Noir, tendance "gangsters" avec 5 autres films, dont deux autres réussites majeures du genre : L'ENNEMI PUBLIC et LES FANTASTIQUES ANNEES 20 (du même Raoul Walsh La Collection Films Noirs - Edition Limitée Boîtier métal, 6 Films - Inclus le Livret
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La Derniere Maison Sur La Gauche [Édition Collector]
La Derniere Maison Sur La Gauche [Édition Collector]
DVD ~ Sandra Cassel
Proposé par PREMIERE
Prix : EUR 23,99

2 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 EPROUVANT ET AMBIGU, 29 septembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Derniere Maison Sur La Gauche [Édition Collector] (DVD)
Premier film réalisé par Wes Craven en 1972, LA DERNIERE MAISON SUR LA GAUCHE est un film à la fois mauvais et très intéressant ! Paradoxe ? Sur un plan strictement cinématographique, on frise l'amateurisme. Et le petit budget du film n'a rien à voir dans l'histoire ! Il y a des erreurs de script, et des incohérences de montage (signé Wes Craven) qui frisent le gag ! Sans doute le réalisateur s'est-il retrouvé avec peu de matière à monter, des plans inexistants (oubliés ou non exploitables techniquement) et il a fait ce qu'il a pu avec ce qu'il avait. Et malgré tout, Wes Craven a réussi à faire beaucoup, car le film est prenant, et si on sourit de quelques défauts au début, on n'a plus du tout envie de rire ensuite...

Ce qui est intéressant, c'est la construction du scénario, avec ce groupe de psychopathes qui s'en prennent à deux jeunes filles, pour atterrir ensuite dans la maison des parents de leurs victimes. On reconnaîtra un peu le destin du jeune Alex d'ORANGE MECANIQUE, qui après avoir violé la femme d'un écrivain, se retrouve justement chez lui lorsqu'il a besoin d'aide. Une mécanique simple qui a le mérite de ne pas s'éparpiller. Il y a aussi la manière de filmer, très naturelle, directe, sans fioritures ou effets horrifiques, quasi documentaire, qui rendent les scènes de violence encore plus repoussantes. Une scène est particulièrement réussie, lorsque qu'après le viol d'une des jeunes filles, les bourreaux, couverts de sang, se regardent, hagards, reprennent leur souffle. On sent pointer un sentiment de culpabilité, on attend une réaction. Mais non. Rien. Le vide. Et sans un mot, ils comprennent qu'ils ne peuvent laisser leur victime s'en aller vivante. Alors que beaucoup de réalisateurs auraient enquillé sur une scène de poursuite, avec hurlements hystériques, Wes Craven choisit le silence, la lenteur. la jeune fille, meurtrie, s'enfonce dans un lac comme un zombie. La scène du repas, réunissant les parents et les tueurs est elle aussi abominable, par les sous entendus, et les perspectives annoncées. Wes Craven a incontestablement le talent de mettre le spectateur mal à l'aise.

Le dernier point, et pas des moindre, est le portrait de l'Amérique post hippie, brossée dans ce film. Certains commentateurs rejettent ce film pour sa violence gratuite. Mais la violence n'est pas gratuite dans ce film. Il faut se souvenir du cas Charles Manson et Sharon Tate, ou du tueur Zodiac, de la paranoïa qui régnait alors, de la condamnation des idéaux hippie, coupables selon certains d'avoir engendré ces monstres. C'est d'ailleurs en voyant le médaillon Peace and Love au cou d'un des types, que la mère d'une victime comprend la situation. Souvenons-nous aussi de l'épilogue d'EASY RIDER. Et puis il y a ces personnages de flics, grotesques. L'absence de loi, l'absence de règle, laisse les hommes libres de tout excès. Wes Craven nous montre une société privée de repère, ou la frontière entre bourreaux et victimes disparaît. Œil pour oeil. La seule ambiguïté du film est la position du cinéaste. Nous montre-t-il l'absurdité, la violence, la déchéance morale des hommes (car ce trio est dénué de toute morale, et de toute émotion, sauf celle de jouir de leurs méfaits), ou prône-t-il l'auto défense, de soigner le mal par le mal dans une société pas assez répressive ?

Un film qui n'est pas sans rappeler LES TUEURS DE LA LUNE DE MIEL de Léonard Kastle, dans sa manière d'appréhender les personnages et la violence à l'écran. Initiateur des slashs movies, LA DERNIERE MAISON SUR LA GAUCHE s'avère plus intéressant et ambigu qu'un simple jeu de massacre. Raison pour laquelle il reste 40 ans après un film éprouvant.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (12) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 2, 2015 8:30 PM MEST


Les Innocents aux Mains Sales
Les Innocents aux Mains Sales
DVD ~ Romy Schneider
Proposé par S-PION
Prix : EUR 16,19

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4.0 étoiles sur 5 L'OBJET DE TOUS NOS FANTASMES, 12 septembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Innocents aux Mains Sales (DVD)
LES INNOCENTS AUX MAINS SALES s'inscrit dans la période « ventre mou » de Chabrol, après les années 60 et ses grands chefs d'œuvre (QUE LA BETE MEURE, LA FEMME INFIDELE...) et avant sa rencontre avec Isabelle Huppert (VIOLETTE NOZIERE en 1978). A l'image des NOCES ROUGES réalisé deux ans auparavant, ce film paraît daté, n'est pas exempt de défaut, mais s'inscrit encore une fois parfaitement dans la thématique de Chabrol.

Une fois de plus Chabrol nous propose une variation autour du trio amoureux. Le mari (Rod Steiger) richement installé à Saint Tropez, alcoolique, impuissant, la femme (Romy Scheider), belle, jeune, délaissée, et l'amant (Paolo Giusti) écrivain et bellâtre. Et bien sûr, les troisième et second chercheront à se débarrasser du premier.

Pour une fois, et contrairement aux Les Noces rouges, Chabrol traite consciencieusement son intrigue criminelle, s'attache à une enquête riche en rebondissements, véritable parodie du genre. Mais on imagine si bien Chabrol, l'œil goguenard, se dire : j'en rajoute encore une couche, ça passera. Oui, ça passe. Chabrol réalise de très beaux plans, troublants, avec musique ad hoc, dont celui, absolument superbe de Romy Scheider assise sur un canapé, son profil se reflétant dans une baie vitrée-miroir, qu'elle fait coulisser, nous laissant voir à l'arrière-plan, au fond du jardin, un homme en transportant un second sur ses épaules. Il est très intéressant de voir Chabrol faire de Romy Schneider un objet sexuel, la jetant sous les regards concupiscents des personnages masculins du film. Et du spectateur. Ces personnages font d'ailleurs tout le sel de ce film. Des seconds rôles impeccables, du couple de flic (François Maistre décidément prodigieux, picolant de plus en plus au fur et à mesure du film), François Perrot, odieux et troublant à souhait (j'adore cet acteur vu dans COUP DE TORCHON) et Jean Rochefort, délectable dans le rôle de Légal (sic !) l'avocat. Ils sont tous détestables, vicieux, tordus (y compris les premiers rôles, mais chut, ne révélons rien !), et Chabrol arme une fois de plus son bazooka pour dépeindre la dépravation de ces âmes tourmentées.

Malheureusement, le film souffre de petits défauts, certains plans plus bâclés que d'autres, quelques effets datés, un tempo parfois trop ralenti, mais surtout (co production oblige) une interprétation inégale, due au doublage. Rien à redire côté français, mais Paolo Giusti me semble assez insipide, et Rod Steiger, acteur pourtant prodigieux, ne semble pas à son aise dans cette petite production franco-allemande. Il tourna en anglais face à Schneider. Il suffisait de faire de son personnage un français (ce qui n'aurait rien changé) et embaucher Noiret ou Piccoli... Le juge est lui aussi post synchronisé.

Un bon cru chabrolien, qui n'égale tout de même pas les grandes réalisations passées et à venir...
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