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Contenu rédigé par Luc B.
Classement des meilleurs critiques: 126
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Commentaires écrits par
Luc B.
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L'Hiver du monde (Le Siècle, tome 2)
L'Hiver du monde (Le Siècle, tome 2)
par Ken Follett
Edition : Pocket Book
Prix : EUR 10,64

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 LE GENTIL KEN, MAIS OU EST LE MECHANT BARBIE..., 15 avril 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Hiver du monde (Le Siècle, tome 2) (Pocket Book)
Le principe n’est pas nouveau, mais quand c’est bien fait, et Ken Follett s’y connait, ça fonctionne : la saga historique. Le premier tome de cette série, LA CHUTE DES GEANTS, était très bien, exposant les grands bouleversements politiques, sociétaux du début du XXème siècle, au travers le destin de 5 familles. Cette suite, qui couvre la période 1933-1949, est très nettement en dessous.

La faute à un style moins enlevé, des caractères moins trempés, mais surtout parce que l’auteur à recours à des systématismes un peu redondants. Comme celui de faire des rejetons des personnages du premier tome, des jeunes gens qui ont tous réussi à s’élever dans les hautes sphères politiques ou militaires. Ainsi, quel que soit le théâtre de l’action, vous êtes sûr d’y trouver un témoin privilégié parmi les héros du bouquin. Les américains mettent au point une bombe atomique ça tombe bien, le jeune Greg Pechkov bosse sur le projet Manhattan. Le coup d’état d’Hitler en 1933, on le vit de l’intérieur grâce au député Von Ulrich. Les prises de décision de Staline sont décrites par Volodia. Quand la famille Dewar part en vadrouille vers Hawaï début décembre 1941, on se dit que les avions japonais ne vont pas tarder à survoler Pearl Harbor… Et ainsi de suite, les discours de Churchill, le débarquement en Normandie, le plan Marshall...

La ficelle est un peu grosse. On est moins dans le roman pur, que dans l’illustration. Conséquence : le livre ne donne que le point de vue des classes dirigeantes, alors que le premier tome donnait la parole aux aristocrates aussi bien qu’aux prolétaires, mineurs gallois, trafiquants d’alcool à Buffalo, ou révolutionnaires de Russie.

Et voilà donc un second aspect un peu gênant. Les personnages allemands sont tous opposés à la politique d’Hitler, comme les russes condamnent celle de Staline. Les rares nazis que l’on croise sont un inspecteur de la gestapo, Macke, et le fils Von Ulrich qui s’engage dans les jeunesses hitlériennes… à 14 ans. Pêcher de jeunesse. Je vous rassure, lui aussi aura la révélation. Même le fasciste anglais Boy Fitzherber redorera vite son blason, en mourant en héros, et sa femme Daisy virera socialiste au bout de quatre chapitre.

Et puis ce mystère. Où sont passés les 6 millions de juifs déportés dans les camps ? S’il y a bien une allusion au génocide des juifs en Ukraine (quelques lignes qui ne rendent compte en rien de l’ampleur du massacre) Ken Follett passe totalement sous silence la Shoah (mais expose très bien le programme T4, l’élimination des handicapés et des vieillards séniles). Ne pouvant être taxé de révisionniste, j’en conclus qu’il a agi par excès de pudeur ? Pour un type qui fonde sa réputation sur l'exactitude de ses recherches, ça la fout mal...

Sur plus de 1000 pages, il y a évidemment de bons moments, des époques et personnages plus intéressants que d’autres (les histoires d’espionnage dans le Berlin en guerre, les brigades internationales en Espagne). Mais l’ensemble apparait trop fabriqué, huilé, et les points de vue historiques semblent parfois contestables.


The Wiz
The Wiz
DVD ~ Diana Ross
Proposé par plusdecinema
Prix : EUR 6,10

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 LE CAS LUMET, 25 janvier 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Wiz (DVD)
Sidney Lumet mérite tout notre respect pour DOUZE HOMMES EN COLERE, LA COLINE DES HOMMES PERDUS, LE GAND ANDERSON, THE OFFENCE, SERPICO, UN APRES MIDI DE CHIEN, LE PRINCE DE NEW YORK, LE VERDICT, 7H58 CE SAMEDI-LA… Un peu moins pour LE CRIME DE L’ORIENT EXPRESS, mais le casting de première classe devait être alléchant.

Mais alors, THE WIZ… Comme disait je ne sais plus qui : mon dieu pardonnez-leurs, ils ne savent pas ce qu’ils tournent.

THE WIZ c’est l’adaptation d’une pièce de Broadway, elle-même adaptée du MAGICIEN D’OZ, que Victor Flemming, découvreur de talent mais pas de la pénicilline, avait tourné en 1939. En faire une version « black » était une bonne idée (comme le CARMEN JONES de Preminger). La section cinéma de la Motown produit ce remake pour un budget considérable, avec Diana Ross et Michael Jackson en tête d’affiche. On y croise Mabel King, Richard Pryor, et même Lena Horne (salut Hervé… non pas le fan de Roger Dean, l’autre). La réalisation est confiée à Sidney Lumet (à la courte paille ?).

Sidney, grand connaisseur de la chose cinéma, aviez-vous vu les films de Stanley Donen, Vincente Minnelli, Busby Berkeley, George Sidney, Charles Walters ? Aviez-vous échangé avec Milos Forman qui tournait HAIR au même moment, ou même visionné le TOMMY de Ken RUSSELL ?

Le mot clé d’une comédie musicale, au cinéma, c’est : mouvement. Peu de réalisateurs avaient le sens du cadre et du mouvement comme Sidney Lumet. Alors pourquoi dans THE WIZ tout est-il figé ? Pourquoi n’a-t-on que des plans d’ensemble, fixes, destinés à montrer combien le plateau des décors est immense ? Les plans sont raccordés à la truelle. Jamais les danseurs ne sont accompagnés, rien n’est souligné par la caméra. Les chorégraphies sont sans imagination, sans grâce, mécaniques, les manques de synchronisme (la base, quoi) sont flagrants. Les décors sont laids, sous-éclairés, sous-exploités (la poursuite dans le parking, le métro…). Les rares d’effets spéciaux renvoient à George Méliès, et ce, deux après STAR WARS (les piliers carnivores du métro… on touche l'abîme) ! Il n’y a dans ce film strictement aucune idée de mise en scène.

THE WIZ, visuellement, est un ratage artistique complet. Et ça dure 2h10.

Reste Diana Ross, qui ne s’en sort pas trop mal, malgré des œillades appuyées (ça se dirige un comédien, surtout une chanteuse), Michael Jackson qui fait ce qu’il peut sous son maquillage grotesque, et la bande son balance quelques (quelques) bons morceaux orchestrés par Quincy Jones.

Alors j'entends déjà l'argument massue : mais c'est pour les gamins.
Justement.
Si vous les aimez, vos gamins, mettez-les devant CHANTONS SOUS LA PLUIE ou UN AMERICAIN A PARIS, mais que THE WIZ reparte au pays d’Oz, et y reste !
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (9) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 19, 2014 9:51 AM CET


Une Fille et des Fusils
Une Fille et des Fusils
DVD ~ Amidou, Jacques Portet Janine Magnan
Proposé par valounoa
Prix : EUR 6,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 LELOUCH FILME CE QU'IL CONNAIT LE MIEUX : LUI MEME !, 15 janvier 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Une Fille et des Fusils (DVD)
Quatrième métrage de Claude Lelouch, UNE FILLE ET DES FUSILS (1964) fleure encore bon la Nouvelle Vague, avec cette caméra en liberté dans les rues de Paris, et ce générique égrené à la voix (Guitry et Welles le faisaient aussi). Le départ est réussi, avec Martine, sourde-muette, qui échange avec Jacques en écrivant à la craie sur les murs, les bancs, les pavés. L’insouciance sera de courte durée. Jacques et ses trois potes, ouvriers d’usine, fondent une école du gangstérisme, pour à terme, arrondir les fins de mois.

Lelouch fait mouche avec ces quatre pieds nickelés qui se gavent de romans et films noirs pour apprendre le métier, puis passent de la théorie à la pratique, dérobant des tablettes de chewin-gum, du courrier, des pommes... puis des flingues. Lelouch est à l’aise dans ce registre, la cocasserie, la loufoquerie. Et on sent le malaise poindre. Peu de temps après la guerre d’Algérie, quatre ans avant mai 1968, les mouvements contestataires et les vagues de kidnapping, ces apprentis-extrémistes de pacotille ne revendiquent aucune pensée politique. Ils sont justes béats d’admiration pour Capone et Dillinger. Lelouch visionnaire et cynique ? Non, car il s'en fout. Ce qui l’intéresse ici, c'est filmer sa propre cinéphilie, ses fantasmes, mais pas une époque, encore moins de vrais gens.

On se doute bien que tout cela va virer au drame, que le jeu du « pan t’es mort » et l’amitié ne feront pas long feu. Malgré la fraicheur des comédiens (Jean Pierre Kalfon, Amidou, les autres sont mauvais) et l’enthousiasme du réalisateur, la machine tourne rapidement à vide. Lelouch n’a pas de point de vue, de pensée, ces personnages sont artificiels, sans vie réelle.

Parce que Lelouch est fasciné par le cinéma américain, ses personnages doivent l’être aussi, et par extension, les spectateurs de ses films. Sauf que regarder Lelouch filmer, n'a rien de fascinant ! C'est au plus, une curiosité. La séquence western est grotesque (comme celle d'UN HOMME QUI ME PLAIT) la mise en abîme du tournage, les courses et dérapages de bagnoles, les zooms arrière, la caméra suggestive, les regards caméra intempestifs… L’arsenal Lelouch se met en place… Lelouch, c’est le film et le making-off en même temps. Je filme en prenant soin de vous montrer comment je fais. Si le scénar prévoit « un tireur est posté sur un toit des Champs Elysées », je vous montre quinze fois que c’est vraiment Amidou perché là-haut, filmé à l’arrache, sans autorisation de la préfecture… Parce que ça fait chouette. Ça frime. Sauf que la scène est totalement improbable, mais ça, Lelouch s'en moque.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (7) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 18, 2014 10:14 AM CET


Les sept voleurs
Les sept voleurs
DVD ~ Edward G. Robinson
Prix : EUR 18,70

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 MER MEDITERRANEE'S SEVEN, 12 décembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les sept voleurs (DVD)
Un scope noir et blanc avec casse dans un casino de la Riviera, bon sang, il nous reparle de MELODIE EN SOUS-SOL… Eh ben non. Ce film peu connu, est un petit polar aux oignons, signé du vétéran Henry Hathaway (NIAGARA, PETER IBBETSON, LE CARREFOUR DE LA MORT, NEVADA SMITH…). Et au bout de 10 minutes, on se dit qu’on l’a déjà vu. En fait non. Mais ce film a très largement (intégralement ?) inspiré le OCEAN’S ELEVEN de Soderbergh. Donc l’association de 6 hommes et une femme, qui mettent au point un plan machiavélique pour dévaliser un casino. L’organisateur, un vieil homme, fait appel à un ami pour reprendre en main l’équipe, et avancer de plusieurs semaines la date du coup.

Si vous avez vu le Soderbergh, alors vous connaissez le truc. Comment on entre, comment on rafle, et comment on ressort. A quelques nuances près. Si vous n’avez pas vu le Soderbergh, je vous laisse la surprise. Car ce film est vraiment épatant, Hathaway sait manifestement raconter une histoire (début de carrière en 1925, il a eu le temps d'apprendre), faire monter la sauce, le suspens, orchestrer les rebondissements, sans se disperser, et tenir les comédiens en laisse. Et surtout, basculer d’un coup dans le drame, vers la fin, avec une étonnante révélation (enfin… je subodorais le coup…) une scène magnifique et tragique. On regretta l’utilisation abusive de la transparence sur les premiers plans, à mon avis, pas un n’a mis les pieds à Nice !

Le film se passe en France, donc, certains protagonistes sont français, mais joués par des acteurs américains, qui glissent un « monsieur » ou un « merci » de temps à autre pour faire couleur locale ! Là est l’autre qualité du film : l’interprétation. Et trois types de jeu, amusants à confronter. Rod Steiger, pur produit de la Méthode Actor Studio (illustration parfaite avec la scène en question sur la fin, on sent qu’il a souffert pour de vrai !) avec ses faux airs de Brando. Il en impose. Face à lui, la vieille école représentée par Edward g. Robinson, immense comédien, à l’instinct, direct, sans chichi (ASSURANCE SUR LA MORT, LA FEMME AU PORTRAIT, LE KID DE CINCINNATI…) et entre les deux, Eli Wallach de la méthode Strasberg aussi (il a frayé chez Kazan) mais qui n’en fait pas étalage. Il a aussi joué pour Sergio Léone (Steiger aussi d'ailleurs...). J'adore Wallach, revu dans GHOST WRITER de Polanski, toujours vivant, 98 balais aux prunes. La jeune et terriblement gironde Joan Collins complète le tableau, surfant sur la vague des Liz Taylor, petite pointe de vulgarité en prime, mais dont le rôle est fort, à cent lieues d’un simple faire-valoir en jupon.

Ca ne brille pas par son originalité, mais c'est du solide. Y'a du talent au générique, et au final, ça paye !
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 9, 2014 1:25 PM CET


Mélodie en sous-sol
Mélodie en sous-sol
DVD ~ Jean Gabin
Proposé par DVDMAX
Prix : EUR 5,39

4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 MELODIE EN FA... MINEUR., 31 octobre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mélodie en sous-sol (DVD)
Un « classique », c’est ce qu’on lit partout à propos de ce polar d’Henri Verneuil (1962) qui a fait les beaux jours du cinoche à la télé. C’est d’ailleurs sur la petite lucarne que je viens de le re re re re voir. Le film tient la route, la nostalgie joue à fond, et c’est vrai que ça fait plaisir, comme de renfiler ses vielles pantoufles confortables.

MELODIE EN SOUS SOL c’est le principe du casse qui foire. Y’en a des centaines sur ce modèle. Des pires mais aussi des meilleurs. Alain Delon ne se la jouait pas encore monolithique, Maurice Biraud joue ce qu’on lui demande de jouer, c’est-à-dire la même chose qu’avant. Le taulier, Gabin, ne force pas particulièrement son talent (qu’il avait immense), des réalisateurs comme Jacques Becker, Duvivier ou Renoir en tirait meilleur parti. Il fait son numéro habituel de « ouuhhh laisse-moi t’dire mon p’tit bonhomme que ça va pas s’passer comme ça, passque hein… » en roulant des mirettes et récite les dialogues d’Audiard sans vraiment trop y croire. Audiard justement qui fournit le minimum syndical comparé à la partition en or de LE CAVE SE REBIFFE (sans parler des Lautner).

Reste à savoir comment Henri Verneuil va emballer le tout. Verneuil, c’est un visuel, il aime les mouvements de caméra même quand c’est inutile (généralement dans 75% des cas). Il réussit de belles choses (la manière dont il s’approprie le décor de la piscine, cadre en scope, belle profondeur de champ), mais comme il aime aussi que cela se voie, il a tendance à s’attarder. Le film manque de rythme. Trop long, trop lent. Verneuil n’est pas Jean Pierre Melville, qui lui pouvait se permettre de filmer un casse pendant 25 minutes sans aucun dialogue, mais un maximum de tension.

Ce qui manque au film, et aux personnages surtout, c’est de l’épaisseur. John Huston hissait QUAND LA VILLE DORT au rang de tragédie. Stanley Kubrick faisait de L’ULTIME RAZZIA une mécanique d’échec implacable (avec son épilogue très proche…) et télescopait les points de vue. Verneuil filme contentieusement mais platement des archétypes, son scénario manque de développements. Ou alors son film doit durer 1h20. Parce que deux types qui font un casse, avec juste un couteau suisse pour desserrer trois vis de grille d'aération, ça tient du film intimiste, pas de la superproduction (ce que Becker dans LE TROU avait pigé).

Malgré tout, cela ne m’empêchera pas de le re re re re regarder de nouveau dans deux ans !

PS : fuyez la version colorisée, une des plus laides qui soit. La fumée des clopes de Delon est verte quand il fume devant des arbres ! Les coloristes n’ont qu’une nuance de brun en stock, qu’ils tartinent un peu partout, ça bave, c’est ignoble, à pleurer, la famille du chef op’ Louis Page serait en droit de porter plainte.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (13) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 4, 2014 8:21 PM CET


Springsteen & I
Springsteen & I
DVD ~ Bruce Springsteen
Prix : EUR 16,45

25 internautes sur 27 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 UN DOCU ORIGINAL QUI RENOUVELE LE GENRE, 7 octobre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Springsteen & I (DVD)
Ce rock-umentaire n’en est pas vraiment un. Ce n'est pas un concert, il n’est pas question de retracer une carrière, une vie, de laisser des proches ou musiciens s’exprimer. Il s’agit d’écouter ce qu’un certain nombre d’anonymes ont à dire sur le chanteur qu’ils aiment. Ils ne le disent pas devant la caméra institutionnelle d’un interviewer, d’un journaliste. Ils s'enregistrent eux mêmes, avec une web cam, un téléphone, un caméscope (dans une cuisine, une voiture, un parking... avec tous les ratés et approximations de son et de cadre). Ce film est donc une compilation d’interventions de spectateurs, qui racontent un souvenir, lié à un concert de Springsteen. Souvenir confronté à l'extrait du concert en question. La forme est donc assez inédite. Gros travail d'archiviste de la part de la production (Ridley Scott) et des monteurs.

Certains extraits sont déjà connus, visibles sur Youtube. Sauf que là, on a la version du fan, qui raconte le comment et le pourquoi. L’exemple le plus célèbre étant ce type, déguisé en Elvis, qui se lance comme défi de monter sur scène lors d’un concert de Springsteen à Philadelphie. Et il y arrive ! Et se retrouve avec un E Street Band au taquet pour deux chansons d’Elvis Presley, devant 60 000 personnes !! Le réalisateur du film a retrouvé ce type, qui raconte l’envers du décor, et c’est hilarant ! Mention spéciale à ce couple dont madame est fan, mais pas monsieur, mais alors… pas du tout, qui vit un calvaire depuis 20 ans, calvaire d’autant plus pénible pour lui que les concerts durent quatre heures !! Les exemples se multiplient pendant 1h30, tantôt drôles, cocasses, tendres, ou à la limite de l’hystérie pour les fans ultimes. Et y’en a !!

Car au-delà de ces anecdotes, ce qui se dessine c’est le lien qui unit cet artiste et son public, l’écho de ses chansons sur les populations, la présence du chanteur dans leur vie, au quotidien. A la fin, deux surprises : des extraits du concert de Hyde Park avec McCartney (30 minutes), et un épilogue heureux : des fans du Danemark dont les petits films avaient été sélectionnés, se sont vus inviter à la fin d’un concert pour rencontrer Springsteen, y compris celui qui ne l’aime pas du tout !!

L’originalité de ce film, les témoignages choisis, attachants, prenants (le type qui nettoie les stades après les concerts), ou franchement hilarants (la dingue qui répète à son bébé, lui montrant une photo du chanteur : « this is daddy » !!) la musique qu'on y entend (les extraits, nombreux, sont très bien choisis, et généralement les chansons sont en entier) en font un vrai grand et bon moment. Finalement, ce film ressemble à une chanson de Springsteen, des tranches de vie, peuplées de personnages cocasses, doux-dingues, qui se saignent pour accéder à quelques instants de bonheur. On y pleure, on y rit, on en ressort ragaillardi !
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (13) | Permalien | Remarque la plus récente : Oct 30, 2013 5:35 PM CET


The Red Riding Trilogy
The Red Riding Trilogy
DVD ~ Andrew Garfield
Prix : EUR 19,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 LE YORKSHIRE AUX ABOIS, 19 septembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Red Riding Trilogy (DVD)
A l’origine, une série de quatre romans de David Peace, surnommée non sans raison Le Quatuor du Yorkshire, en référence à l’œuvre de James Ellroy. Adaptée par la chaine de télé Channel 4, la chronique qui suit concerne le premier volet : RED RIDING 1974.

Le fil rouge de cette série est l’étude de la corruption policière, à travers des histoires différentes, mais avec des personnages récurrents. Si l’époque change (deux autres épisodes ont été tournés, 1980 et 1983), le lieu de l’action reste le Yorkshire, décrit comme l’arrière cours de l’Enfer, où misère, violence et désœuvrement servent de décor, et où sévit le fameux Etrangleur. Dans RED RIDING 1974, le jeune journaliste Eddie Dunford fraichement promu à la chronique judiciaire du canard local, se lance dans une enquête sur des disparitions et meurtres de jeunes filles. Il se mettra à dos sa hiérarchie, les flics, le notable du coin, un promoteur véreux.

Le réalisateur Julian Jarrold donne dans le glauque et le poisseux, dresse un panorama effrayant, de misère sociale, de collusion entre notables, autorité et quatrième pouvoir. L’omniprésence de pluie glacée et d’horizon gris achève le tableau. Si l’intrigue en elle-même, pas très originale, est rondement menée, le film se fait plus oppressant au fur et à mesure qu’Eddie Dunford avance dans sa mission, et gagne en épaisseur. Maladroit et insolent au début (sa première interview de Paula), il découvre un territoire gangréné par la violence, la corruption, les mensonges. Il nous rappelle Philip Marlowe face aux huiles frelatées du GRAND SOMMEIL, décidé à faire le ménage, moins par justice que pour le repos de sa conscience.

La réalisation est brute, nerveuse, réserve de très beaux moments de mise en scène, dominée par une interprétation sans faille. Le budget alloué oblige à resserrer les boulons et de ne pas s’éparpiller. L’univers graphique rappelle le travail de Mike Hodges sur GET CARTER (1971 La Loi du milieu). Si le départ peut paraitre maniérée (reconstitution des 70’s ad hoc, photo granuleuse et verdâtre) on est rapidement happé par cette affaire, juchée de cadavres et de dossiers compromettants, éprouvante à souhait.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Sep 21, 2013 3:23 PM MEST


Papillon
Papillon
DVD ~ Steve McQueen
Proposé par TristanDVD
Prix : EUR 13,80

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 LES FAITS, PAPILLON, RIEN QUE LES FAITS !, 11 septembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Papillon (DVD)
Tiré des (soi-disant) souvenirs d’Henri Charrière, PAPILLON est surtout le reflet des grandes épopées engagées hollywoodiennes, avec message humaniste, décors grandioses en scope, et têtes d’affiche fédératrices.

Steve McQueen (son meilleur rôle ?) ayant déjà eu l’expérience d’une GRANDE EVASION, il était logique qu’il endosse les guenilles du bagnard Papillon. Sa présence à l’écran en impose toujours autant, et son duo avec Dustin Hoffman est une des premières qualités du film. Les derniers échanges entre les deux personnages, à la fin, possèdent une réelle force émotionnelle.

Pour le côté politique du film, qui mieux que le scénariste black-listé Dalton Trumbo à la plume, pour écrire cet hymne à la liberté, cette dénonciation de l’injustice et des traitements infâmes subis par une poignée de pauvres types envoyés purger leur peine en Guyane.

Et bien sûr, il revient au solide Franklin J Schaffner (LA PLANETE DES SINGES, PATTON, CES GARCONS QUI VENAIENT DU BRESIL) d’assurer une mise en scène ad-hoc, et emporter le spectateur dans presque 2h30 d’aventures. Car au final, il s’agit bien de cela, les passages au bagne n’étant qu’une petite partie du récit (mais parmi les plus connus). Papillon court, nage, rame, grimpe, plonge, échappe aux chasseurs de primes, aux traitres, aux lépreux, aux crocodiles, aux bonnes sœurs, le regard acier toujours pointé vers l’horizon, vers son seul objectif : la liberté....

Schaffner nous offre un répit dans la belle séquence chez les indiens du Honduras, avant-goût d’Eden, plages blanches, eau claire et naïades demi-nues (vous remarquerez que pour cette parenthèse enchantée aucun dialogue n’est prononcé) mais le mythe du bon sauvage en prendra un coup au détour d’un travelling arrière tout à fait pertinent !

Du bon, du grand cinoche américain, pétri de bonnes intentions, de numéros d’acteurs et de scènes spectaculaires.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (10) | Permalien | Remarque la plus récente : Oct 21, 2013 9:49 AM MEST


Velvet Goldmine [Import anglais]
Velvet Goldmine [Import anglais]
DVD ~ Ewan Mcgregor
Prix : EUR 11,46

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 CITIZEN GLAM, 28 août 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Velvet Goldmine [Import anglais] (DVD)
Après s’être intéressé aux Carpenters, et avant de s’attaquer aux différences facettes de Bob Dylan dans le kaléidoscopique I’M NOT THERE, le réalisateur Todd Haynes plonge dans ses souvenirs de jeunesse, et nous trousse une évocation haute en couleurs de la période Glam Rock.

L’histoire : le journaliste Arthur Stuart enquête sur la star déchue Brian Slade, 10 ans après sa disparition des écrans radar. Il rencontre ceux qui l’ont connu. Portraits croisés et flash-back, qui renvoient surtout Arthur à sa propre adolescence, sa fascination pour le chanteur, et ses premiers émois sexuels.

Les multiples références à CITIZEN KANE ne sont pas fortuites, on sait Todd Haynes grand cinéphile, voir son LOIN DE PARADIS, sublime mélo inspiré de Douglas Sirk. Haynes reprend de Welles la construction même du film, le procédé, le témoin en fauteuil roulant, l’ex-femme retrouvée dans un restau vide, et une ribambelle de plans et mouvements de caméra. Au jeu des 7 erreurs, on s’amusera aussi à reconnaitre qui est qui, Brian Slade (rien que le nom…) en Bowie, et Curt Wild, mix de Iggy Pop, Lou Reed, Mick Jagger, Kurt Cobain. Jeu de cache-cache autant visuel (Brian Molko…) et musical (compos originales, reprises, réinterprétations de titres, tout se mélange) VELVET GOLDAMINE est pourtant moins un film sur le rock, qu’un conte nostalgique, initiatique, une histoire de triangle amoureux (Brian, Curt et Arthur), dont on ne sait jamais s’il est réel ou fantasmé. Après tout, le film entier repose sur une absence…

La dernière partie déçoit un peu, quelques longueurs, l’indice qui permettra à Arthur de retrouver Brian Slade est trop simple, formel, Todd Haynes nous avait habitué à plus de poésie, de rêverie, comme la scène entre Curt et Arthur sur le toit, survolé par une sorte de soucoupe volante toute droite venue de RENCONTRE DU 3EME TYPE ! L’invention visuelle rappelle le style de Baz Luhrmann, au choix, ou du Max Ophüls de LOLA MONTES. Un esthète ce Todd…

On saluera la performance d’Ewan McGregor en Curt Wild, dont le personnage éclipse celui de Brian Slade, assez fade finalement, une fois la triple couche de maquillage retirée.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (5) | Permalien | Remarque la plus récente : Sep 2, 2013 5:03 PM MEST


Les Nerfs à vif (1962)
Les Nerfs à vif (1962)
DVD ~ Gregory Peck
Proposé par zoreno-france
Prix : EUR 2,76

6 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 LES NUITS DU CHASSEUR, 12 juin 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Nerfs à vif (1962) (DVD)
CE COMMENTAIRE PORTE SUR LE FILM DE 1962 (Amazon ayant mélangé sur certaines éditions les avis clients)

Ce qui est bien avec les remakes, c’est que cela permet de savoir qu’il y a un original… en l’occurrence, ce thriller de J (pour John, ou Jack) Lee Thompson, réalisé en 1962. Et qui ne démérite absolument pas. On pouvait craindre le pire, J Lee Thompson n’étant pas le plus subtile des réalisateurs britanniques, et qui en fin de carrière nous a sorti un certain nombre de navets avec Charles Bronson.

A travers cette histoire de vengeance (un taulard, Max Cady, harcèle un avocat, Sam Bowden, qui l’avait envoyé en prison 8 ans plus tôt, et menace de s’en prendre à sa fille) Thompson livre un pur thriller, noir, souligné par la partition aux petits oignons de Bernard Hermann, compositeur attitré d’Hitchcock. Par rapport au film de Scorsese, qui en 1991 pouvait montrer ce qu’il voulait, Thompson ne peut, lui, que suggérer. Mais tout est très clair. Max Cady est un maniaque sexuel, un violent, à tendances pédophiles. Le plan où il salive en regardant la gamine, à quatre pattes, lustrant le pont d’un bateau, ne laisse aucune ambiguïté. Dans la scène de poursuite à la bibliothèque, l’agresseur est parfois filmé à hauteur de braguette, ce qui laisse là aussi peu de doute sur ses intentions.

Si Bowden ne souhaite pas porter plainte contre Cady, c’est qu’il craint, au procès, de devoir aborder la sexualité de sa fille en public. Le sexe est un tabou dans cette famille conservatrice. L’ironie veut que Bowden soit avocat, et qu’il préfère user de la violence pour se débarrasser du rôdeur, constatant que la Loi ne suffit pas. Réflexion désabusée d’un anglais sur la justice et la psyché américaine, ou film réellement réactionnaire ?

Dans la forme, c’est impeccable, un beau noir et blanc contrasté, des images fortes, un admirable plan séquence (Cady agressant Diane Taylor) et surtout, trois grands comédiens (qui feront tous une apparition dans la version de Scorsese) : Martin Balsam, Gregory Peck droit dans ses bottes, et surtout Robert Mitchum, impérial, effrayant, une bête féroce, sauvage, le vice, le Mal incarné, la lie de la société qu’il faut éliminer. Une composition à rapprocher de son rôle d’Harry Powell, dans LA NUIT DU CHASSEUR.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (6) | Permalien | Remarque la plus récente : Aug 20, 2013 10:57 PM MEST


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