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Vincent

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Retour au meilleur des mondes
Retour au meilleur des mondes
par Aldous Huxley
Edition : Poche
Prix : EUR 4,90

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Clairvoyant, 26 décembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Retour au meilleur des mondes (Poche)
Contrairement à ce que pourrait penser un acheteur pressé, ce livre n'est pas un roman dystopique faisant suite au "Meilleur des mondes", mais un essai qui interroge les ressemblances entre la société occidentale de la fin des années 1950 ("Retour au meilleur des mondes" ayant été publié en 1958 en anglais) et la société décrite dans le best-seller d'Aldous Huxley paru un quart de siècle plus tôt. L'auteur est frappé par le fait que ce qu'il anticipait dans Le Meilleur des mondes se soit déjà en partie réalisé, alors qu'il imaginait que cette grande transformation se serait faite plus lentement. L'organisation devient totale, l'excès d'ordre détruit la liberté, l'initiative personnelle. Les individus standardisés perdent leur singularité. La croissance fulgurante de la population exerce une pression toujours plus forte sur les ressources disponibles et nécessite un gouvernement toujours plus autoritaire. "Le déferlement technique a conduit à la concentration du pouvoir économique et politique ainsi qu'au développement d'une société contrôlée par les Grosses Affaires et les Gros Gouvernements", écrit-il.
Et le pire, c'est que les hommes adaptés consentent. La ville devient une termitière peuplée d'automates obéissants et grégaires, "dans laquelle une vie humaine, enrichie de rapports personnels multiples et divers, est devenue pratiquement impossible". Les rouages passifs acceptent leur servitude, avalant des doses de bonheur industriel, de conformisme quotidien délivrées par les médias omniprésents, la pub aux techniques de persuasion toujours plus poussées, la consommation croissante, les tranquillisants qui éteignent les cris de révolte. Distraits en permanence, ils ont droit au cirque, aux feuilletons, au sport, et au pain industriel. Quand elle désire le confort, la population dépersonnalisée ne songe pas à la liberté, à l'indépendance, à la responsabilité : elle se satisfait de l'oligarchie en place tant que celle-ci lui fournit ses rations. C'est la grande différence entre 1984 et les analyses d'Huxley : l'ordre n'est pas imposé par la violence permanente, mais avec courtoisie, discrétion. Ce texte est d'une clairvoyance rare. A la manière d'un Jacques Ellul (qu'Huxley fit connaître aux Etats-Unis) ou d'un Bernard Charbonneau (http://www.amazon.fr/Le-changement-Bernard-Charbonneau/dp/B00DJSZZLE/ref=zg_bs_465074_2), ce texte pose une question fondamentale :
"A une époque où la surpopulation s'accélère, où l'excès d'organisation s'accentue, où les moyens d'information à l'échelle planétaire deviennent sans cesse plus efficaces, comment pouvons-nous sauvegarder l'intégrité et réaffirmer la valeur de la personnalité humaine ?"


Le changement
Le changement
par Bernard Charbonneau
Edition : Broché
Prix : EUR 12,50

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Du grand Charbonneau, 8 décembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le changement (Broché)
Bernard Charbonneau est un pionnier de l'écologie politique. Qu'un ouvrage inédit de ce penseur phare soit publié suffisait à m'enthousiasmer, mais en plus le contenu frappe et nous éclaire à merveille sur notre époque. Dans la continuité des autres livres de Charbonneau, celui-ci critique le développement économique et technique, accusé non seulement de détruire la nature mais de ravager aussi les hommes et leur liberté. La croissance perpétuelle, injonction martelée dans les têtes par les économistes, les médias, les hommes politiques, nécessite un bouleversement permanent de la société : il faut sans cesse détruire pour construire (ex : des autoroutes, des lignes à grande vitesse...), il faut sans cesse mobiliser et déraciner les hommes, sans cesse leur faire avaler de nouveaux produits, changer les modes... "Transformer notre vieille France en un pays neuf", comme le disait de Gaulle. Le changement, ce doit être tout le temps, pour que l'ascension du PIB ne se relâche jamais. Ce livre nous aide ni plus ni moins qu'à nous défaire de l'emprise de l'idéologie de la croissance perpétuelle.

Trois citations pour finir :
"L'explosion scientifique et technique, donc économique, provoque l'éclatement social."
"Si les ressources des continents s'épuisent, celles des océans sont intactes. Et après, il y aura celles de la Lune et du Soleil. Il n'y qu'une planète-Vie ? Allons donc ! Quelque part dans une autre galaxie... Il n'y a pas de limites, l'Univers est infini. Le temps du monde fini, de la conscience planétaire qui est celle des bornes de notre planète et de notre corps terrestre, n'a pas atteint les esprits."
"La vraie question n'est plus de choisir entre capitalisme et socialisme, mais de dominer un Développement sans frein ne pouvant mener qu'à la destruction de la nature et de la liberté."


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