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Contenu rédigé par Ludwig Jean Sé...
Classement des meilleurs critiques: 57
Votes utiles : 1981
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Commentaires écrits par Ludwig Jean Sébastien
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4.0 étoiles sur 5
Le "Grand Métier", 13 mai 2013
En septembre 1869, Eric Beaurelec, capitaine respecté du « Beau René » fait naufrage avec tout son équipage suite à une tempête au large de Terre-Neuve. Il laisse une veuve et deux jeunes enfants qui, à l'âge adulte, choisiront des métiers n'ayant aucun rapport avec la mer. En 1908, Yann, petit-fils d'Eric et fils d'un médecin de Paimpol, tombe amoureux de Francesca, la fille d'un émigré italien accusé d'un crime qu'il n'a pas commis. Après s'être donnée à lui, la belle s'enfuit avec sa famille et disparaît sans laisser d'adresse. Yann est désespéré. Lui qui se destinait à une carrière militaire erre sur les quais de Paimpol et force la main du brave capitaine Caupiac qui, en souvenir de son grand-père, lui permet d'embarquer sur le « Reine-Marie » et de faire ses premières armes dans le « Grand métier ». Avec pour tout bagage le violon que lui a laissé en souvenir Francesca, il va découvrir le dur et ingrat labeur des terre-neuvas, ces forçats de la mer qui partent pour de longs mois de campagne de pêche sur des trois-mâts, très loin dans l'Atlantique nord sur des flots dangereux à la recherche des bancs de morues. Bien qu'ancré sur la vie quotidienne des marins-pêcheurs du début de l'autre siècle, ce livre, remarquablement documenté, et, de ce point de vue passionnant, l'est beaucoup moins quand l'intrigue dérive dans le sentimental et les amours tragiques, contrariées voire un peu ridicules des deux personnages principaux, par ailleurs bien campés et fort attachants. Gilbert Bordes, auteur prolifique spécialisé dans le roman de terroir et également dans le roman purement historique (« La peste noire »), a voulu cette fois se lancer sur les traces de Pierre Loti (« Pêcheur d'Islande ») et de Victor Hugo (« Les travailleurs de la mer »). Il ne semble pas que le résultat soit à la hauteur de ces grands ancêtres. Néanmoins cet ouvrage permettra au lecteur de découvrir ou de redécouvrir un métier oublié et totalement disparu et d'avoir une pensée émue pour le courage de ces gens qui prenaient autant de risques juste pour nourrir leurs compatriotes. Un honnête ouvrage, intéressant par son volet historique et sociologique, mais pas le meilleur de Bordes.
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5.0 étoiles sur 5
Une odyssée incroyable, 10 mai 2013
En 1828, suite à une humiliante défaite, le shah de Perse Fath Ali se retrouve condamné à verser un lourd tribut au Tsar de toutes les Russies. Il ne trouve rien de mieux que d'exiger des plus pauvres de son peuple de très lourds impôts tellement impossibles à payer que les habitants du petit village chrétien arménien de Khosrew-Abad doivent faire un énorme emprunt auprès d'usuriers musulmans. Après quelques années passées à ne rembourser que les intérêts, ils réalisent qu'ils vous finir par perdre leurs terres, être vendus comme esclaves et que leurs femmes risquent de se retrouver enfermées dans les bordels de Téhéran ou d'Istanbul. Leur seul et unique espoir : demander de l'aide à la France dont ils connaissent la générosité, ayant rencontré quelques années auparavant un émissaire de Napoléon Bonaparte. Trois hommes se déclarent volontaires pour rallier Paris à pied... Ce roman, qui n'en est pas vraiment un puisque c'est la reprise du récit d'un authentique exploit réalisé par trois arméniens, Chahèn le vieux sage, Bartev le colosse sculpteur sur bois et Gaïdzad le filou, fourmille de péripéties et de rebondissements. Rien ne sera épargné au trio ni les attaques de bêtes sauvages, ni les agressions, ni les vols, ni les emprisonnements, ni les détours à n'en plus finir. Au total, presque un an d'une marche épuisante à travers l'Arménie, la Georgie, la Russie, la Pologne, l'Allemagne et la France via l'Angleterre. Des milliers de kilomètres à pied sous le soleil, dans le froid, le vent, la pluie, la neige ou la poussière. Une odyssée qui laisse le lecteur admiratif et un peu attristé devant l'attitude des églises, aussi cyniques que l'orthodoxe qui promène nos trois héros de patriarches en métropolites, les obligeant à se rallonger de centaines de kilomètres supplémentaires ou aussi cupide que la catholique qui organise une gigantesque tombola et fait disparaître les fonds recueillis par les généreux fidèles. L'écriture de Gardel, journaliste, est rythmée, agréable et facile à lire. Le récit est émaillé de considérations historiques et géographiques intéressantes et heureusement pas trop nombreuses. Les trois personnages principaux sont attachants par leur courage et leur candeur. Un magnifique récit de voyage qui démontre une fois de plus que la réalité dépasse toujours la fiction !
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4.0 étoiles sur 5
Agréable divertissement, 9 mai 2013
En Floride, Tom Sagan, ancien grand journaliste d'investigation et prix Pulitzer, est prêt à se donner la mort, désespéré qu'il est d'avoir vu sa carrière brisée suite à un reportage bidonné sans qu'il s'en aperçoive et de découvrir sa vie sentimentale détruite par le départ de son épouse. Au moment où il va appuyer sur la détente, un inconnu fait irruption chez lui, l'arme au poing. Il lui montre une video de sa fille Alle retenue prisonnière quelque part et qui mourra s'il n'obéit pas à une étrange injonction : demander l'ouverture de la tombe de son père Averam... Et voilà Tom embarqué dans une étrange affaire de course au trésor des plus rocambolesques. Des reliques sacrées (une ménorah, une table de sacrifice et deux trompettes) prises lors de la destruction du second temple de Jérusalem auraient été cachées par Christophe Colomb dans une grotte de la Jamaïque. Un roman d'aventures dans un registre thriller à dominante historique selon la recette bien connue des best-sellers type Dan Brown ou Khoury à ceci près que, si Berry se permet quelques privautés avec la réalité historique, il annonce très honnêtement la couleur dans un ultime chapitre qui présente le bilan du vrai et du faux, qui démêle l'historique de l'inventé, ce que cet auteur est le seul à pratiquer. L'hypothèse selon laquelle Christophe Colomb aurait été un converti juif (un converso ou un marrane) repose sur plusieurs faits troublants : l'expédition a été financée par de riches commerçants juifs. Il n'y avait pas de prêtre à bord mais un traducteur d'hébreu. Colomb protégea les juifs tout le temps où il gouverna la Jamaïque. Comme les historiens ne disposent que de fort peu de documents sur les origines du grand navigateur, l'intrigue romanesque de Berry, même si elle relève du révisionnisme historique le plus échevelé, reste plausible. Comme toujours, cette histoire divertissante est intéressante et même souvent passionnante (on apprend beaucoup de choses en particulier sur les Marrons, ces Noirs qui se rebellèrent contre les Anglais et trouvèrent refuge dans les montagnes et les forêts), agréable à lire, bien qu'un peu longuette (552 pages). N'en déplaise au Washington Post, ce n'est quand même pas « le meilleur Berry ».
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5.0 étoiles sur 5
Léger et pratique, 6 mai 2013
Ce sac à dos poche à eau est léger et pratique. Il permet de s'hydrater facilement lors de nos séances de marche nordique sans avoir à s'arrêter. Même intérêt dans le cas de sorties vélos ou VTT. Bonne finition. Livraison pas très rapide. Une bonne semaine...
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4.0 étoiles sur 5
Assassinat politique, 6 mai 2013
En 1804, Bonaparte, alors Premier Consul, envoie de l'autre côté du Rhin plusieurs commandos de gendarmes d'élite (au total plus de mille hommes) pour s'emparer de la personne du Duc d'Enghien, dernier descendant de l'illustre famille des Condés. Sur les conseils de Talleyrand, Napoléon piétine toutes les conventions internationales, viole l'intégrité du territoire de l'électeur de Bade et tous les traités de paix pour kidnapper un présumé comploteur, lui faire subir une parodie de justice (il ne disposera d'aucun avocat) et le faire aussitôt fusiller dans les douves du château de Vincennes. Cette exécution de sang-froid mettra fin à toutes les tentatives de restauration monarchique, placera le Premier Consul sur un pied d'égalité avec les jacobins les plus enragés, assoira définitivement son pouvoir et lui permettra même de le transformer en empire légitime autant à l'extérieur qu'à l'intérieur. Cet assassinat politique fut donc tout bénéfice pour Napoléon. « Par le sang d'un prince » est un excellent livre d'histoire plus passionnant qu'un roman historique. Le célèbre avocat Paul Lombard y produit un formidable travail d'historien basé sur une documentation sérieuse, des citations innombrables et un croisement de sources éclairant non seulement un fait historique qui put être controversé mais également une période particulièrement troublée. Le lecteur découvrira la personnalité rétrograde, pleine de bravoure et de panache du jeune duc, toujours en première ligne pour combattre « la Gueuse » sans ignorer son côté léger, irréfléchi et hédoniste. Au moment de sa capture, il ne s'occupe plus guère que de chasse et d'amour après avoir guerroyé pendant une quinzaine d'années sous divers étendards et dans l'armée du Grand Condé. Et, comme toujours, la réalité dépasse la fiction. C'est particulièrement vrai dans cette histoire qui se produit juste après l'attentat à la machine infernale rue Saint Nicaise (qui permettra d'ailleurs à Bonaparte de se débarrasser à la fois des jacobins et des royalistes), des complots de Moreau, Pichegru, Dumouriez et des ultimes tentatives d'assassinat de Georges Cadoudal. L'accusation impliquera le petit duc qui n'avait pourtant aucune connexion avec eux et le seul tort de se trouver trop près des frontières, de recevoir de l'argent anglais et d'être allé s'amuser au carnaval de Strasbourg. Un livre passionnant bien que d'une lecture un peu laborieuse, le style de Lombard manquant un peu de rythme et de vie comme tout traité historique sérieux qui se respecte.
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5.0 étoiles sur 5
Intime et historique, 28 avril 2013
En 1965, Lila a cinq ans, son père est un pasteur argentin d'origine métisse et sa mère est une américaine d'origine européenne, professeur de dessin. Depuis quelques années, le couple n'a cessé de faire des aller et retours entre Buenos Aires et les Etats-Unis. Lila a un peu de difficulté à s'acclimater à sa nouvelle vie dans le sud des Etats-Unis, en pleine « Black Belt ». Pour ses camarades blancs de la petite ville de Marion (Alabama), elle reste inclassable : elle n'est pas vraiment blanche mais pas noire non plus. La ségrégation raciale vit ses derniers jours. Les Afro-américains commencent à revendiquer de plus en plus pour obtenir leurs droits civiques et vont finir par les obtenir. Lila découvre des préjugés qui sont à mille lieues de ce qu'elle vit dans sa famille... Un très gros (255 pages) et très bel album de bandes dessinées entièrement exécuté au crayon noir sur un registre à la fois historique et intime. On suit avec tendresse et affection le parcours de cette petite immigrante qui découvre avec effarement la réalité de ce « home of the free », cette terre de la liberté, cette patrie recevant tous les peuples de la terre qui se comporte si différemment selon la couleur de la peau des gens. Avec le recul, il est intéressant de remarquer qu'en l'espace d'à peine une décennie, les mentalités évoluèrent rapidement, passant de l'apartheid le plus strict à l'égalité la plus totale (plus en apparence, sans doute, que dans la réalité des faits) grâce à l'action des marches pour l'égalité, des grèves, des mobilisations de masse, des médias, de grands hommes comme Martin Luther King ou de simples artistes comme Joan Baez, Bob Dylan et tant d'autres. Un combat culturel qui porta de beaux fruits. Mais tout reste relatif. Les dernières pages sont là pour le prouver. A son retour en Argentine, trente ans plus tard, Lila découvre un tout autre pays. Homogène ethniquement, il était devenu multiracial et les tensions entre les communautés inconnues jusque alors apparaissaient. Doit-on en conclure que le racisme, tout comme la sottise, serait éternel et universel ? Un ouvrage d'une grande qualité plastique et esthétique à conseiller aux jeunes qui n'ont pas connu cette époque troublée et aux autres... pour s'en rappeler.
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1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Un destin hors du commun, 24 avril 2013
François Joseph Fournier naît le 6 décembre 1857 à Clabecq en Belgique dans une famille modeste. Son père, batelier, transporte le charbon de la vallée de la Sambre. Sa mère est serveuse dans un estaminet. Il entre aux chemins de fer belges comme manœuvre. À 15 ans il est aide-chauffeur conduisant les locomotives dans la gare de triage. A l'âge de 20 ans, il part pour Paris où il exerce plusieurs métiers : livreur aux Halles, ouvrier dans une entreprise de mécanique, garçon de laboratoire au Museum d'Histoire Naturelle. En 1883, il part au Canada sur le chantier du Canadian Pacific Railway puis il se rend à Panama pour travailler au creusement du canal. Il participe à la ruée vers l'or comme ouvrier. Il est envoyé par sa compagnie au Mexique dans la région du Chiapas pour prospecter les bois précieux, le pétrole et l'or. Rapidement il se met à prospecter à son compte et fonde sa propre société : "Las dos estrellas" (Les deux étoiles). Le 30 mars 1901 il découvre une importante veine de quartz aurifère dans les montagnes de Tlalpujahua ce qui lui permet de faire fortune. Il ne se contente pas de l'exploitation minière et veut réaliser une entreprise agricole modèle dans la région du Tabasco : la Colonizadora. Quittant un Mexique en crise, il rentre en Europe sans attache. Le 22 février 1912, lors d'une vente par adjudication, il achète l'île de Porquerolles qu'il met en valeur sur le modèle qu'il avait utilisé à la Colonizadora : développement des cultures viticole et fruitière, création d'une coopérative, mise en place d'une flottille de bateaux assurant la liaison avec la Tour Fondue sur la presqu'île de Giens. Quel destin extraordinaire que celui de ce petit Belge devenu « l'homme aux 400 millions de francs-or » qui vécut au moins dix vies avant de se retirer sur son île pour en faire une sorte de havre de paix, une enclave de sérénité dans laquelle toute une petite communauté pouvait vivre dans l'aisance et la sérénité du simple fruit de son travail. Utopiste et aventurier, Fournier saura ne point dévier de son cap et ne sacrifiera jamais son idéal de rêve et de paix. Homme secret, il a laissé pas mal de lacunes dans son parcours. Que revenait-il faire en Belgique alors qu'il n'y avait plus vraiment de famille ? Luret reconnaît avoir rempli de manière romanesque toutes les zones d'ombre que sa recherche bibliographique avait laissées. Que pouvait-il faire d'autre ? Ce qui n'est pas estampillé authentique reste totalement vraisemblable. Seul reproche, un style quelconque, souvent lourd et parfois trop descriptif et un déséquilibre entre les longues années d'aventures dans le monde largement détaillées et la période de mise en valeur de Porquerolles qui semble elle, à peine survolée. Intéressant quand même ne serait-ce que pour le récit de cette vie hors du commun.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Savoir renoncer, 21 avril 2013
Dans le grand nord canadien, un jeune inuit nommé Nutaq a atteint l'âge où il doit tuer un ours blanc pour pouvoir devenir un homme. Accompagné de son père, Maatsiaq et de huit chiens de traineau, il se met en route pour une longue expédition. Assez rapidement, il découvre des traces du grand animal, mais comme il semble hors de portée, le père et le fils décident de monter la tente pour passer la nuit. Il va falloir surveiller le feu sans s'endormir, ce qui ne va pas être facile pour Nutaq. Heureusement pour lui, un drôle de petit oiseau va intervenir tout au long de la nuit et même lui prêter main forte lors de sa confrontation avec le terrible ours blanc... Une jolie légende qui s'adresse plutôt aux tous petits niveau maternelle. Elle les emmènera loin dans les territoires glacés de la banquise au temps où les Inuits chassaient encore avec des lances. Elle ne manquera pas de les faire rêver tout en leur distillant une philosophie du respect de la nature et de soi-même. Son père lui ayant imposé de laisser la vie sauve à l'ours, Nutaq réalise, déçu, qu'il ne sera jamais un grand chasseur comme lui. « Il n'est pas de plus grand chasseur que celui qui sait renoncer. » s'entend-il répondre. Ce gentil petit conte est également illustré par son auteure à l'aide d'aquarelles assez naïves voire même quasi enfantines, très fraîches et très agréables. Belle édition avec couverture rigide et papier de bonne qualité.
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4.0 étoiles sur 5
A lire comme un thriller, 20 avril 2013
Que n'apprend-on pas à la lecture de cette enquête sur la très respectable banque française créée en 1864 par Charles de Wendel et Eugène Schneider pour développer le commerce et l'industrie en France au moment de la révolution industrielle ? Qu'avec un salaire de près de 4,5 millions d'euros avant bonus, son patron Daniel Bouton se retrouvait, de fait, dans la peau d'un des managers les mieux rémunérés du CAC 40. Que la banque a été, ces temps derniers, d'échecs en catastrophes, qu'elle a raté l'absorption du CIC, racheté par le Crédit Mutuel, manqué son OPA amicale contre Paribas, récupéré de haute lutte par la BNP. Qu'elle a subi des pertes record de plus de 7 milliards d'euros dont 4,9 suite aux agissements mal surveillés d'un certain Kerviel. Et bien pire qu'elle s'est retrouvée impliquée dans des affaires pas très claires de rétro-commissions comme celle des frégates de Taïwan. Et que ses placements à l'étranger avec sa filiale SG Cowen aux Etats-Unis, en Afrique ou dans les pays de l'Est ainsi que son soutien aux folies de Vivendi à l'ère de J.M.Messier n'ont été qu'une longue suite de catastrophes, de ratages voire de manoeuvres frauduleuses par la faute d'escrocs comme un certain Gruttadauria, les frères Rigas ou les gens des affaires du Sentier. Une enquête solidement étayée (sources et références remplissent plus de 40 pages de notes, c'est dire) qu'il faut lire si l'on veut en savoir plus sur les arrière-cuisines de cette banque aussi calamiteuse que les autres. Il est loin le temps où le client pouvait dormir sur ses deux oreilles après avoir placé son argent en sécurité à la banque. Aujourd'hui, les traders jonglent avec les millions et les milliards, d'énormes bulles d'argent virtuel circulent d'un bout à l'autre de la planète en quelques secondes et suite à quelques clics d'ordinateurs. La banque est devenue une sorte de théâtre d'ombre inquiétant où s'entremêlent toutes les tentations et tous les intérêts qu'ils soient industriels, commerciaux, politiques ou même mafieux. Une avidité aussi folle qu'incontrôlée pousse à tous les excès et à prendre tous les risques. Les traders jouent à la roulette avec l'argent qui leur est confié. Ils gagnent, ils sont félicités et grassement récompensés. Ils perdent et on leur tombe dessus à bras raccourcis. Mais, comme le casino, la banque gagne toujours... enfin aussi longtemps que les états piocheront dans la poche des contribuables pour éponger leurs dettes et que le système devenu fou n'implosera pas. A lire pour se faire peur, exactement comme un thriller !
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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Fin de partie, 18 avril 2013
Le monde arrive-t-il à la fin d'un cycle, celui du progrès technique exponentiel, de la croissance sans fin et de la finance triomphante se repaissant de bulles spéculatives de plus en plus énormes et de plus en plus incontrôlées ? Oui, répond l'auteur, en ce début de XXIème siècle, l'humanité se trouve bien à un tournant de son existence. Les contraintes écologiques, le dérèglement climatique et l'épuisement des ressources et particulièrement celle des énergies fossiles non renouvelables ne permettront jamais que le niveau de vie de type occidental se généralise partout. Il faudra donc par la force des choses réduire l'empreinte écologique de chacun ainsi que l'écart sans cesse grandissant entre les riches et les pauvres. En clair, cela signifie que la paupérisation de l'Occident est en marche et n'est pas prête de s'arrêter. Mais comment allons-nous nous adapter à cette évolution ? En changeant volontairement de mode de vie, en réduisant volontairement nos émissions de gaz à effet de serre, en gaspillant moins, en relocalisant nos productions, en donnant une part plus importante à l'agriculture biologique, c'est à dire en nous comportant intelligemment ou en nous opposant violemment à toute remise en question, au prix des pires troubles et des pires violences ? Cette étude géopolitique a le mérite de parfaitement poser le problème et de bien montrer les deux voies possibles. L'auteur, bien qu'un peu idéaliste bisounours à mon goût personnel, ne cache pas les immenses difficultés d'une évolution sereine. L'Europe pauvre en énergie donc bien placée pour assumer la « décroissance » est engluée dans le marasme. La cause : la trahison par les élites de l'idéal européen qui se fondait sur les principes démocratiques de souveraineté des citoyens. « En réalité, écrit-il, l'Union a été progressivement remise aux mains du système financier. ». Parlant du rejet du projet de Traité constitutionnel par les peuples français, irlandais et néerlandais et validé par les parlements, il ajoute : « L'oligarchie a violé la souveraineté populaire pour un résultat pitoyable. » Les pages sur les Etats-Unis sont encore plus inquiétantes. « Cette psychologie quotidienne de la violence, la force du contrôle médiatique, le poids de l'armée, tout cela signifie que la tentation sera grande pour l'oligarchie des Etats-Unis de répondre par la violence aux problèmes qui ne peuvent que s'aggraver. Les Etats-Unis deviennent un risque pour la paix. Mais peut-être se déchireront-ils eux-mêmes. Ou changeront-ils pour embrasser la sobriété heureuse... » Et quand on sait que leur adversaire naturel est la Chine, dont l'auteur minimise d'ailleurs la dangerosité écologique, politique et sociale, le lecteur ne peut avoir que les pires craintes. Un livre pour bien comprendre les enjeux et ne pas être surpris par ce qui nous attend dans un avenir relativement proche !
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