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Contenu rédigé par M. Girardin
Classement des meilleurs critiques: 718
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Commentaires écrits par
M. Girardin (Thionville)
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Rosary Sonatas
Rosary Sonatas
Prix : EUR 22,90

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Splendides Mystères, 22 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Rosary Sonatas (CD)
Une partition dont l'armure laisse apparaître à la fois un fa dièse et un fa bécarre... Des sonates commençant par un arpège de 4 notes avant même l'armure... Des mélodies et harmonies sans aucun sens apparent... Chaque sonate précédée d'une splendide enluminure représentna tl'un des "mystères" de la vie du Christ...
La partition de Heinrich Biber, composée en 1675 mais redécouverte seulement en 1980 ne laisse pas de surprendre : le compositeur demande au violoniste d'accorder son violon différemment pour chaque pièce et écrit l'oeuvre telle qu'elle doit alors être jouée, et non entendue. Ainsi, les partitions ne se révèlent pleinement qu'une fois exécutées, car il est quasiment impossible de lire cette partition aux transpositions multiples sans utiliser le violon comme clef de décryptage.
Depuis quelques années, de plus en plus de violonistes relèvent le défi lancé par Biber à travers les siècles : car, au-delà du jeu d'écriture, ces Sonates du Mystère (ou Sonates du Rosaire) sont au nombre des plus hauts chefs d'oeuvre de la littérature pour violon. La scordature permet non seulement de rendre possible l'exécution d'accords inouïs, mais également modifie la sonorité du violon : extrêmement sonnante lorsque les cordes sont accordées en octave ; assombrie au contraire lorsque les tierces dominent ; tendue enfin lorsque les cordes, montées d'une quinte, sont tendues à la limite de la rupture. Le violon se transforme alors, de sonate en sonate, afin de mieux épouser les émotions liées à chaque épisode de la vie du Christ.
La version proposée ici par Rachel Podger est particulièrement réussie : au-delà de la maîtrise technique, la réalisation de la basse continue, est inventive et variée sans jamais devenir envahissante (3 instrumentistes jouant d'instruments différents selon les sonates). Surtout, chaque mouvement est parfaitement caractérisé, dansant ou chantant, gai ou triste, selon les cas, sans tomber dans un affect déplacé ou une aseptisation du discours baroque : la mesure est la caractéristique première de cette version, qui permet de souligner tout ce que cette composition particulièrement originale contient intrinsèquement de touchant, voire de théâtral. On pourra, au premier abord, préférer les versions plus démonstratives (Bismuth et La Tempesta par exemple) ou plus mystiques (Goebbels). Cependant, cette probité presque détachée me semble relever d'une plus grande vérité musicale puisqu'il s'agit d'accompagner les prières protestantes du Rosaire.
Seul regret, la Passacaille finale - chef d'oeuvre absolu, à placer au même niveau que la Chaconne de Bach - est réutilisée d'un disque précédent. Cela n'enlève rien à la qualité de l'interprétation, mais pourquoi n'avoir pas ré-enregistré la pièce dans le contexte d'un enregistrement intégral qui lui donne tout son sens - et aurait donc, peut-être, éclairé d'un tout autre jour la façon de la jouer.
Mais il s'agit bien d'un défaut mineur - et imperceptible à l'écoute : cette interprétation exemplaire rejoint d'emblée le sommet de la discographie et sera ré-écoutée bien souvent !


Les Soeurs Weber : Airs de concert, airs d'opéra de Mozart
Les Soeurs Weber : Airs de concert, airs d'opéra de Mozart
Proposé par Englishpostbox
Prix : EUR 13,32

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un Mozart vrai, 12 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Soeurs Weber : Airs de concert, airs d'opéra de Mozart (CD)
Ce deuxième album solo de Sabine Devieilhe confirme toute l'intelligence de la musicienne, bien au-delà de ses talents vocaux (que l'on connaissait déjà par ailleurs). Là où ses consoeurs se contentent d'enfiler les airs comme des perles selon une thématique-prétexte plus ou moins bien défendue, Sabine Devieilhe conçoit son disque comme un concert complet, presque une oeuvre à part entière, sorte de pasticcio sur Mozart.
Ici, Sabine et Raphaël (Pichon, chef de l'ensemble instrumental Pygmalion) nous proposent un aperçu de l'intimité de la famille Weber, famille musicienne amie de Mozart dont 3 des 4 filles, toutes chanteuses, ont noué avec Wolfgang des relations amoureuses plus ou moins fortes : Aloysia sera adulée, Josepha admirée et Constanze...épousée. Un programme en 4 parties, allant des innocents jeux amoureux préliminaires aux portraits musicaux des 3 soeurs, si magnifiquement dépeints par Mozart.

Au delà du concept, c'est un programme musical remarquablement interprétée qui est servi ici, variant les genres : airs d'opéras, airs de concerts, lieder, exercices vocaux mais aussi intermèdes orchestraux, tous enchaînés dans une cohérence musicale parfaitement aboutie. L'exercice est poussé jusqu'à l'adaptation de certaines pages, d'après des fragments laissés par Mozart : comme si, dans l'intimité de la famille Weber, l'exécution musicale laissait place l'improvisation sur certains airs bien connus. (Laissons les esprits chagrins s'en offusquer, le bonheur musical est là, c'est l'essentiel)

Pour défendre ce programme, les interprètes sont à un niveau superlatif : l'ensemble Pygmalion est à la fois virtuose et élégant, avec à sa direction un Raphaël Pichon qui sait saisir pour chaque page son style et son allure propre, sans déséquilibrer l'ensemble. Sabine Devieilhe confirme sa virtuosité et son aisance dans le suraigu (jusqu'aux terrifiants contre-sols du Popoli di Tessaglia, notes qu'aucun autre compositeur n'a osé écrire). C'est surtout son interprétation que l'on retiendra. Même si l'on a entendu, ça et là, une meilleure maîtrise vocale (Dessay) ou un plus grand luxe sonore (Schwarzkopf, Della Casa) il y a ici une qualité rare : tout est "vrai". Pas d'affect inutile, ni d'esbrouffe, ni de poses calculées : l'émotion est livrée à l'état pur, comme à nu. Une expérience courageuse et bouleversante. L'air "Vorrei Spiegarvi, o Dio" est à ce titre un moment hors du temps, absolument inoubliable.

Pour terminer le disque, enchaîné au "Et incarnatus est" de la Messe en Ut, les musiciens nous proposent en piste cachée, une version orchestrée du canon "Leck mich am Arsch" (Lèche moi le cul). Un pied-de-nez potache et scatologique : l'esprit du (pas si) divin Mozart est bien là !
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 19, 2016 5:06 AM CET


Violin Concerto / Insel Der Sirenen / Antiphon
Violin Concerto / Insel Der Sirenen / Antiphon
Prix : EUR 18,39

4.0 étoiles sur 5 L'un des plus beaux concertos contemporains, 3 janvier 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Violin Concerto / Insel Der Sirenen / Antiphon (CD)
Jörg Widmann est l'un des compositeurs actuels les plus en vue, grâce à une écriture qui sait allier une grande exigence technique parfaitement adaptée à chaque instrument (issue de son expérience de clarinettiste virtuose) à un style mêlant les expérimentations avant-gardistes de ses maîtres Lachenmann et Rihm à une expression intense laissant son oeuvre accessible à un public non rompu à une musique expérimentale.
Ses oeuvres explorent toutes les capacités des instruments pour lesquels il écrit, allant parfois jusqu'à inventer avec les interprètes de nouveaux modes de jeux (pour la clarinette, évidemment, mais aussi plus récemment dans le concerto pour alto dédié à Antoine Tamestit). Le concerto pour violon présenté ici a été composé en 2007 pour Christian Tetzlaff, l'un des plus brillants virtuoses actuels. Il s'agi d'une oeuvre jusqu'au boutiste dans sa forme : un seul mouvement d'une demi-heure, dont la musique semple ne jamais s'arrêter mais plutôt être en évolution et mutation constantes. Le soliste joue sans interruption ou presque pendant toute cette demi-heure, explorant les tessitures et les modes de jeu les plus audacieux. Le tout est soutenu par un orchestre somptueux, aux sonorités d'une beauté glaçante (parfois stridentes, à l'image des crotales frottées à l'archet).
Christian Tetzlaff, qui défend ce concerto dans le monde entier, est le (sur)homme de la situation : il faut une technique et une endurance de fer pour venir à bout de ce qui est sans doute le plus difficile concerto contemporain.L'orchestre royal suédois, parfaitement dirigé par un Daniel Harding visiblement passionné par cette musique, est un écrin somptueux laissant au soliste toute latitude à exprimer toute la beauté et la souffrance de cette musique.

Les compléments sont, hélas, bien moins intéressants. Antiphon est une oeuvre pour orchestre contemporaine du concerto, comme son opposé : là où le concerto n'est qu'un long flux continu, Antiphon se veut une succession de gestes musicaux s'interrompant les uns les autres. Le résultat n'est pas à la hauteur des ambitions, et n'apparaît plutôt que comme un exposé de musique(s) contemporaine(s) convenu, bien que remarquablement écrit.
Insel der Sirenen est une pièce plus ancienne (1997) pour violon solo et cordes représentant les chants des sirènes, à la fois beaux et dangereux. Ces harmonies continues en perpétuelle mutation, représentatives d'une musique contemporaine rebattue, n'offrent que peu d'intérêt à l'auditeur. La pièce ressemble plus à un exercice d'écriture de la part d'un compositeur qui ne possédait alors ni la totalité de ses moyens ni, surtout, de langage véritablement personnel.
On aurait préféré d'autres compléments : Teufel Amor, par exemple, splendide pièce symphonique auquel le disque n'a pas encore fait honneur.


Mozart / Concertos pour Piano
Mozart / Concertos pour Piano
Proposé par DAME BLANCHE DISQUAIRE PARIS
Prix : EUR 16,00

2.0 étoiles sur 5 Mozart en apnée, 30 décembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mozart / Concertos pour Piano (CD)
Il est toujours risqué d'enregistrer ce qui l'a déjà été des dizaines de fois (voire des centaines). Un enregistrement, au contraire d'un concert, est fait pour rester et, donc, pour se comparer. Lorsque l'on en arrive, comme pour ces deux concertos de Mozart, à deux ou trois-centième enregistrement, il faut pour exister apporter quelque chose de nouveau, ou de plus abouti, plus étudié.
C'est donc avec curiosité et exigence que l'on écoute chaque nouvel enregistrement de ces chefs d'oeuvre. La déception est ici immense : c'est du Mozart-au-mètre qui nous est servi ici !
Que l'on s'entende bien, il n'y a rien de mauvais ni de scandaleux ici. L'orchestre est juste, tout est en place, et cela sonne plutôt bien. Mais pourquoi cette impression de déchiffrage, ou de découverte de la partition ? Point de phrasé, que du métronome. Point de question-réponse, mais un dialogue de sourds où chacun coupe la parole à l'autre (le mouvement lent du concerto en ré mineur est caricatural de ce point de vue).
Quant au style mozartien, il n'y est jamais : la moindre respiration est exclue, mettant mal à l'aise pour qui tente de se couler dans la musique et n'y trouvant pas la moindre particule d'air. L'orchestre, quant à lui, joue avec ses gros sabots, façon éléphant dans un magasin de porcelaine.

Pour résumer, il s'agit d'un enregistrement honnête, qui aurait tout à fait son intérêt s'il s'agissait d'un concerto inédit. Mais pour Mozart, la concurrence est bien trop rude pour souffrir cela.


Musique Pour Piano (Intégrale) /Vol.2
Musique Pour Piano (Intégrale) /Vol.2
Prix : EUR 7,05

4.0 étoiles sur 5 Jolies miniatures pour piano, amoureusement servies, 3 août 2015
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Musique Pour Piano (Intégrale) /Vol.2 (CD)
La musique de Martinu ; où se retrouvent des influences aussi disparates que Ravel, Dvorak et les musiques de danses américaines ; ne s'exprime qu'en formes miniatures, et jamais sur un ton pleinement sérieux. C'est exactement ce que propose ce disque, qui propose plusieurs recueils de pièces pour piano inspirées des jeux d'enfants et de la nature.
On écoutera le disque avant tout pour les cycles de "Marionnettes", car si les autres pièces ne déméritent pas, Martinu ne retrouvera pas le mélange de simplicité et de grâce si caractéristique de ce qui était son premier opus achevé - bien que publié tardivement. D'une pièce à l'autre, les marionnettes vedettes (Colombine, Pierrot, Arlequin) dansent, chantent, rient, pleurent, en autant de pièces aussi variées que semblables. Ce n'est pas un hasard si ces pièces font le bonheur des jeunes pianistes qui y trouvent une musique moderne et élégante, sans difficulté majeure.
Giorgio Koukl, fervent défenseur de la musique de Martinu, livre une interprétation sensible et élégante de chaque pièce, avec un rubato très expressif savamment dosé. Il y manque cependant l'inspiration qui permet aux plus grands de transcender les ouvres qu'ils interprètent. Une ombre au tableau : les reprises sont presque systématiquement ignorées. Cela est sans doute dû au minutage très généreux du programme, mais dans le cadre d'une intégrale en plusieurs volume cela ne se justifie pas.


Grieg / Piano Concerto
Grieg / Piano Concerto
Proposé par Englishpostbox
Prix : EUR 14,78

5.0 étoiles sur 5 Perianes, nouveau pianiste assoluto, 30 juillet 2015
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Grieg / Piano Concerto (CD)
Si le nom de Perianes commençait depuis quelques années à circuler, le jeune pianiste espagnol vient de faire une entrée fracassante sur la scène internationale : après un magnifique disque Mendelssohn (regroupant notamment plusieurs Lieder Ohne Worte), le présent disque est à marquer d'une pierre blanche. Imposer sa marque avec l'un des concertos les plus rabattus du répertoire est difficile. Pourtant, il sera difficile de revenir à nos anciennes amours après un tel enregistrement.
Les tempis, souvent lents, permettent de souligner la richesse harmonique du langage de Grieg, trop souvent estompé par des accents romantiques plus allemands que norvégiens. Le paradoxe est que la parenté avec le concerto de Schumann n'en est que plus évidente encore : le calme du premier thème après les impressionnants accords initiaux, dans la mélancolique tonalité de la mineur, bien sûr ; mais également le caractère de danse populaire du finale, bien plus entraînant que dans les tempi échevelés habituellement entendus. Le second mouvement confine au sublime, et la toute fin du concerto, d'une puissance terrifiante et sereine, déployant un immense paysage comme seuls les compositeurs scandinaves (et Messiaen) savent en écrire, donne un aperçu du paradis.
L'orchestre de la BBC, placé sous la baguette de l'excellent Sakari Oramo, se hisse aux mêmes hauteurs que le soliste.
En complément, une sélection de quelques Pièces Lyriques qui démontrent à la fois toute la musicalité de Perianes (s'il en était encore besoin), et toute la richesse mélodique et harmonique de Grieg (ce qui était nécessaire, car on oublie trop souvent l'originalité et l'inventivité du compositeur). On en redemande !


Chostakovitch / Symphonies & Concertos [Blu-ray]
Chostakovitch / Symphonies & Concertos [Blu-ray]
DVD ~ Shostakovich
Prix : EUR 163,26

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Indispensable, 23 juillet 2015
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Chostakovitch / Symphonies & Concertos [Blu-ray] (Blu-ray)
Il s'agissait, d'abord, d'un pari fou comme seul Gergiev les ose : donner l'intégrale des symphonies et des concertos de Shostakovitch à Paris, avec l'orchestre du Mariinsky, sur 4 week-ends répartis sur 2 saisons. Pari gagné, et comment ! Ayant eu la chance d'assister à 2 concerts de la série, je peux témoigner du choc inoubliable que furent ses concerts, avec un timbre splendide de l'orchestre et une énergie comme aucun autre orchestre au monde ne sait en communiquer. Surtout, l'interprétation par des interprètes on ne peut plus idiomatiques donne à ces oeuvres toute leur saveur, tout leur accent originel : Gergiev a transformé le Mariinsky en "machine à jouer du Shostakovitch" disait un critique suite à ces concerts. C'est vrai, et quel miracle que d'entendre un orchestre aussi à l'aise, aussi naturel dans cette musique qui met à mal les plus grands orchestres.
La captation vidéo arrive comme un suprême cadeau, l'immortalisation d'un grand moment de musique, sompteusement filmé et enregistré, venant se placer au sommet de la discographie des symphonies, devant l'intégrale CD enregistrée in loco depuis plusieurs années par les mêmes interprètes, bien plus inégale. Je retiendrai tout particulièrement le 1er concerto pour violon, avec un Vadim Repin impérial, ayant véritablement fait sien ce concerto redoutable, reléguant tous ses concurrents loin derrière par la maturité de on interprétation et sa sonorité flamboyante. Les Septième et Neuvième symphonies sont tout aussi splendides dans les déferlements orchestraux qui mettent en branle la Salle Pleyel.
Seules pièces en retrait, les concertos pour violoncelle souffrent du choix des solistes : Capuçon et Brunello sont de splendides violoncellistes, mais, au milieu d'une distribution exclusivement russe, ils ont une sonorité bien moins idiomatique qui détonne dans un univers si naturellement slave.

Cela seul justifie la possession de ce coffret, mais on y ajoutera aussi une valeur sentimentale, symbolique : il s'agit du dernier grand projet musical de la mythique Salle Pleyel, désormais interdite à toute musique classique. Le choix de Chostakovitch, compositeur aux prises avec la censure s'abattant sur sa musique n'est d'ailleurs peut-être pas gratuit. Il est en tout cas tristement ironique.


Green : Mélodies française sur des poèmes de Verlaine
Green : Mélodies française sur des poèmes de Verlaine
Prix : EUR 16,99

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Bel hommage au plus beau poète français, 18 juillet 2015
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Green : Mélodies française sur des poèmes de Verlaine (CD)
Les puristes s'offusqueront : Philippe Jaroussky récidive et enregistre de nouveau de la mélodie française. Ecrite pour des voix féminines (le plus souvent), à une époque où la voix de contre-ténor n'existait pas, la mélodie française est, à première vue, aussi éloignée de l'art de Philippe Jaroussky que l'est le foie gras de la peinture impressionniste.
Sauf qu'une fois de plus, l'évidence doit être reconnue : lorsque l'on est un tel musicien, doté d'une voix si magnifique et d'une sensibilité à fleur de peau, on peut tout chanter, du moment que l'esprit est respecté. Et c'est le cas ici, de Fauré à Honegger, et de Debussy à Brassens.
Encore plus que dans son opus précédent, Opium, Jaroussky, suprêmement accompagné par Jérôme Ducros, défie les conventions pour livrer des interprétations ciselées, sans affect vain mais directement émouvantes. Surtout, le programme est remarquable : un florilège de mélodies sur des textes de Paul Verlaine, où le choix a été de varier au maximum les compositeurs sur un nombre limité de textes, afin d'offrir des comparaisons passionnantes. En effet, peut-on imaginer plus dissemblable que les versions de Saint-Saëns et de Fauré de "C'est l'extase" ?
Pour certaines mélodies, les deux complices sont rejoints par le quatuor Ebène, dans de très beaux arrangements qui permettent de redécouvrir les plus célèbres mélodies (les Fêtes Galantes de Debussy).
Verlaine a rarement été si bien servi, et l'on reviendra souvent à ce disque piocher, ça et là, quelques bonheurs, mettant sur un pied d'égalité (ou presque) Ferré, Brassens, Poldowski, Fauré et Debussy, tous serviteurs du Poète.


Mozart / The 5 Violin Concertos
Mozart / The 5 Violin Concertos

Aucun internaute (sur 1) n'a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Mozart tel qu'en lui-même : beauté, bonheur et plaisir., 21 avril 2015
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Mozart / The 5 Violin Concertos (CD)
Les concertos pour violon de Mozart, bien que sur-enregistrés, n'ont pas la réputation qu'ils méritent. Ces petits bijoux du style galant, composés coup sur coup alors que Mozart n'avait que 19 ans, possèdent une grâce, une légèreté, une simplicité qui n'appartient qu'à eux-mêmes. Cependant, leur relative simplicité, justement, leur a trop souvent valu d'être relégués au rang de simples exercices pour violonistes en cours de formation.
Jusqu'à présent, les interprétations disponibles étaient donc soit des enregistrements bâclés, soit des tentatives de transformer ces concertos en monuments imposants du répertoire, ce qu'ils ne sont pas : le talent insolent de Mozart n'empêche pas qu'il s'agit d’œuvres de commande, destinées à mettre en avant le talent de violoniste de Mozart, instrument qu'il détestait jouer...

L'enregistrement de David Grimal sonne comme une redécouverte : une interprétation travaillée, étudiée, réfléchie, mais sans statufier et glorifier ces pièces qui sont et doivent rester des moments de plaisir et de loisir. L'ensemble "Les Dissonnances" est idéal pour cela : ensemble sans chef, qui jouent ensemble pour le plaisir de jouer ensemble, avec un respect des œuvres qui sait éviter les démonstrations archéologiques trop courantes depuis la révolution baroqueuse. A ce sujet, le livret du disque est passionnant : une discussion entre David Grimal et Brice Pauset (compositeur des cadences) sur les rapports entre l’œuvre, le compositeur et l'interprète.

David Grimal est idéal dans ce répertoire : virtuose sans extravagance, précis mais pas chirurgical. Son orchestre le suit les yeux fermés. Le bonheur de jouer une musique qui semble couler de source ; cela semble simple à dire, mais c'est extrêmement difficile. Et lorsque cela arrive, comme ici, il faut le savourer sans modération !


ORFEO[S]/French and Italian Cantatas
ORFEO[S]/French and Italian Cantatas
Proposé par RAREWAVES USA
Prix : EUR 13,81

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Orphée soubrette, 15 avril 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : ORFEO[S]/French and Italian Cantatas (CD)
La soprano sud-coréenne Sunhae Im est bien connue des mélomanes par ses participations aux intégrales de René Jacobs dans lesquelles elle excelle dans les rôles de "soubrette" (Zerlina de Don Giovanni, Papagena de Die Zauberflöte, Serpetta de La Finta Giardiniera). Im sait se montrer drôle, piquante et touchante, tout en maintenant une ligne de chant agréable et des vocalises très précises, sans oublier un abattage certain.

Pour son premier récital solo, Im change radicalement de style : plus de soubrettes, mais des Orphée, héros tragique par excellence. Le programme, alternant des cantates en italien et français autour du mythe d'Orphée, est remarquablement construit et permet de belles découvertes musicales. Cependant, on ne passe pas si simplement des rôles comiques de jeunes filles naïves aux déclamation tragiques d'un grand héros grec.
C'est là la faiblesse de l'album : Mme Im chante et vocalise à merveille, mais jamais nous n'entendons Orphée. La voix est trop légère et pointue, avec un grand sourire permanent dans le timbre. Les cantates françaises sont particulièrement ingrates à ce sujet, ajoutant à une musique plus sobre (et plus tragique) les difficultés d'une langue française mal maîtrisée.
L'Akademie für alte Musik, excellent orchestre de chambre, suit la chanteuse remarquablement et, justement, tire également la musique vers ce qu'elle n'est pas en allégeant trop le propos.
Un disque agréable et virtuose, avec une belle musique que l'on devait redécouvrir. Mais l'interprétation est, hélas, hors-sujet.


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