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Contenu rédigé par M. Girardin
Classement des meilleurs critiques: 618
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Commentaires écrits par
M. Girardin (Thionville)
(TOP 1000 COMMENTATEURS)   

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Tout Satie
Tout Satie
Prix : EUR 30,90

9 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Majeur à force d'être mineur, 8 avril 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Tout Satie (CD)
Il n'existe pas plus marginal qu'Erik Satie, compositeur essentiellement autodidacte, renvoyé 2 fois du conservatoire, mais qui reprendra ses études de composition à 40 ans, une solide carrière de compositeur derrière lui. Ses oeuvres sont toutes, ou presque, des miniatures, d'un langage modal d'une simplicité extrême et dépouillée. Satie a inventé une musique minimale mais, aussi, un rapport distant à la musique, avec ses indications de jeu fantaisistes : "laqué comme un canard" indique-t-il, par exemple, au violoniste pour les "Choses vues à gauche et à droite (sans lunettes)". Et, surtout, le surréalisme, lors de ses collaborations avec Cocteau et Picasso.
Le coffret présent regroupe l'intégrale de ses oeuvres, permettant de découvrir tout l'art d'un compositeur qui composait très sérieusement des pièces à ne jamais prendre au sérieux (sauf pour quelques pièces de la maturité dont le splendide "Socrate"). C'est d'ailleurs toute sa qualité : Satie est le compositeur majeur de la simplicité, poussée parfois jusqu'à l'absurde, mais toujours avec un raffinement extrême (les "Gymnopédies" et les "Gnossiennes" bien sûr)

Erato a su compiler des enregistrements divers, en mêlant intelligemment des sources variées : ainsi les oeuvres pour piano sont principalement issues de la mémorable intégrale d'Aldo Ciccolini, mais quelques pièces sont issues d'autres coffrets (Anne Queffelec, Jean-Pierre Armengaud notamment). Cela donne des choix parfois surprenants : les 3 "Gymnopédies" sont interprétées par 3 pianistes différents - et ô surprise, Michel Legrand pour la seconde ! Surtout, pourquoi conserver les orchestrations non originales (Debussy, Milhaud, Constant,...) alors que manque la version orchestrée par Satie lui-même des "Trois Petites Montées" ? Et la version pour voix et piano de "Socrate", d'un dépouillement extrême et pour moi supérieure à la version orchestrale, manque cruellement.
Bien sûr, tous les enregistrements ne se valent pas : Nicolai Gedda n'est pas le ténor le plus idiomatique que l'on puisse imaginer et les œuvres orchestrales semblent souvent enregistrées à la va-vite. Mais Aldo Ciccolini reste magistral dans toutes les pièces pour piano, Mady Mesplé chante avec une élégance désuète parfaite (quel magnifique "Je te veux" !) Et la gouaille de Gabriel Bacquier dans "Allons-y Chochotte" vaut le prix de bien des enregistrements.
A ce prix-là, et aussi complet, il s'agit d'une aubaine, que vous soyez un Satien fervent ou simplement un curieux.


Vertigo
Vertigo
Prix : EUR 14,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Un grand disque d'un très grand claveciniste, 23 mars 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Vertigo (CD)
Eblouissante révélation des victoires de la musique classique l'an dernier, Jean Rondeau confirme avec ce deuxième disque (après Jean Rondeau : Imagine) tout le talent que l'on lui voyait. Ce disque est un hymne à la vie et au bonheur, transcrivant à travers les pièces de Rameau et Royer toute une palettes de scènes et sentiments fortement différenciés. Nous sommes ici bien loin du cliché du clavecin sévère voire ennuyeux transmis par des musiciens baroque qui ont parfois confondu véracité musicologique et froideur. Rarement le clavecin avait été si chantant, si coloré, si chaleureux. La musicalité rejoint ici une technique hors pair, permettant au jeune virtuose d'affronter sans encombre les pièces les plus difficile, en conservant toujours la primauté à la musicalité devant la démonstration virtuose.
Surtout, au-delà de la qualité purement instrumentale, le disque brille également par son programme remarquablement distribué. L'alternance entre les 2 maîtres du clavecin français du XVIIIè siècle, l'un archi-connu (Rameau) et l'autre presque oublié (Royer) permet de confronter deux techniques d'écriture personnelles, certes mais semblables dans leur recherche non pas de la perfection formelle mais plutôt de la représentation - presque picturale - des impressions choisies. On saluera principalement, en dehors des pièces les plus célèbres, l'ébouriffant Vertigo de Royer, qui donne son titre à l'album : baroque en diable, cette pièce virtuose alterne les mouvements lents et rapides comme une véritable montagne russe - et une expérience d'écoute exaltante.
Un disque inratable, donc, et nous attendons le prochain, en espérant non pas un troisième disque carte-visite mais l'enregistrement d'une oeuvre intégrale cette fois.


English Delight
English Delight
Prix : EUR 21,00

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 La découverte d'un nouveau grand altiste, 18 mars 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : English Delight (CD)
Peu à peu, depuis quelques années, l'alto sort de l'ombre de ses frères violon et violoncelle, sous l'impulsion de quelques grands artistes qui ont su donner à l'instrument méconnu ses lettres de noblesse : Bashmet, Zimmermann, Kashkashian, Tamestit. La découverte lors des victoires de la musique classique 2014 d'Adrien La Marca laissait entrevoir l'apparition d'un nouveau nom dans cette dynastie prestigieuse. Cet enregistrement splendide en est la confirmation.
On se réjouira d'abord du programme, très intelligemment conçu autour de la musique anglaise pour alto : si les Lachrymae de Britten sont connues de tout amateur de musique de chambre, le reste du programme est une découverte. La Sonate de Rebecca Clarke, qui ouvre l'album est une révélation, pleine d'un lyrisme expressif mais contenu (très anglais donc) et déployant de magnifiques phrases parfaitement adaptées à l'alto dont le compositeur était un virtuose reconnu. Les autres pièces sont toutes remarquablement adaptées à l'instrument, dont elles permettent de découvrir toutes les facettes, avec un vrai coup de cœur pour les déchirants accents du Chant de Jonathan Harvey dont les sonorités rauques de l'alto désaccordé sont une merveille.
En compléments, les transcriptions de 2 chants de John Dowland et du Music for a While de Purcell viennent inscrire ce programme dans l'histoire de la musique anglaise qui commence enfin à s'exporter vers le continent.
Adrien La Marca montre dans ce programme toute l'étendue de sa virtuosité mais, surtout, une étonnante maturité artistique, ancrée dans une sonorité pleine et chaleureuse que l'on ne peut jamais confondre avec celle d'un violon ou d'un violoncelle. Thomas Hoppe continue avec ce disque de rappeler toute la noblesse que peut avoir le rôle d'accompagnateur au piano, véritable partenaire dans une entente musicale absolue.
Un très grand disque, qui nous fait attendre avec impatience la suite.


Verdi : La forza del destino [Blu-ray]
Verdi : La forza del destino [Blu-ray]
DVD ~ jonas kaufmann Anja Harteros
Prix : EUR 21,99

14 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 La forza di Harteros, 12 mars 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Verdi : La forza del destino [Blu-ray] (Blu-ray)
La forza del Destino est sans doute le plus méconnu - ou en tous cas le plus mésestimé - des opéras de maturité de Verdi (ceux écrits après la trilogie Rigoletto/Traviata/Trovatore). Cela est dû, d'une part, à un livret réputé impossible : 2 amants séparés par les conventions sociales cherchent à fuir ensemble mais, en jetant son pistolet à terre, l'amant tue accidentellement le père de sa bien-aimée. S'en suit une longue séparation et poursuite vengeresse par le frère de la fiancée, s'achevant par le meurtre en duel du frère 20 ans plus tard juste devant la grotte où la fille s'était retirée en ermite alors que tout le monde la croyait morte. Son frère profite alors de son dernier souffle pour la poignarder et laisser seul l'amant maudit, qui entre temps est devenu chef militaire puis moine...
D'autre part, une malédiction s'est emparée de cette "Forza del destino" tant et si bien que les italiens ne prononcent pas son nom. S'ils sont véritablement acculés, ils parleront alors de la "Potenza del fato" (la Puissance du Sort). Il faut reconnaître que la créatrice du rôle de Leonora est tombée grièvement malade lors des représentations et que les chanteurs sont allés de maladies et accidents pour culminer en 1960 par la mort subite du grand baryton Leonard Warren alors qu'il chantait "Morir, tremenda cosa" (Mourir, quelle chose terrifiante).

Les représentations déjà légendaires du Bayerische Staastoper en 2014 devraient contribuer à la réévaluation de cet opéra maudit. Tout d'abord, si le livret est brouillon et décousu, il n'en regorge pas moins de situations dramatiques extrêmement fortes (à l'image du Trouvère) et Verdi y montre tout son génie de compositeur dramatique. Les célèbres motifs du destin, habilement orchestrés et distribués entre voix et orchestre aux moments fatidique du drame, prennent aux tripes comme jamais. Le metteur en scène Martin Kusej a su réaliser une très belle mise en scène, oscillant entre spectaculaire et intimiste, pleine d'images fortes mais aussi à la brillante distribution d'acteurs. Sa transposition dans le monde contemporain des attentats terroristes n'est ni provocation ni vaine : il s'en sert pour camper de véritables personnages proches de nous, de nos peurs et de notre culture, allant bien au-delà d'un livret trop faible sans jamais le trahir.
Musicalement, on regrettera que la direction ait été confiée, comme trop souvent pour Verdi, à un chef des plus routiniers : Asher Fisch dirige de la musique au mètre, et insuffle difficilement la force dramatique nécessaire. L'ouverture est une réelle déception lorsque l'on sait qu'il s'agit de la plus belle pièce d'orchestre de Verdi et que les plus grands chefs en ont donné des versions bouleversantes et terrifiantes.
Fort heureusement, dès que le rideau se lève, les chanteurs renversent la tendance : ce sont eux, portés par la mise en scène, qui dirigent alors le drame et l'orchestre se contentera de suivre (remarquablement bien, reconnaissons-le).
Et la distribution réunie ici ne connaît pas la moindre faiblesse, au contraire : les petits rôles de comprimarii sont tenus de façon exemplaire (malgré une voix un peu usée pour la Curra de Heike Grötzinger). Les rôles secondaires sont exemplaires : le Fra Melitone de Renato Girolami est drôle et virtuose dans un numéro au sommet du bouffon au début du 4ème acte. La Preziosilla de Nadia Krasteva est pour moi une véritable découverte : malgré quelques graves poitrinés, la mezzo bulgare déploie un voix d'airain aux aigus percutants, entraînant le choeur comme rarement dans le pourtant redoutable "Rataplan". Cela ne justifie pas pour autant l'existance de ce rôle de gitane au milieu des soldats, qui ne fait qu'animer des scènes chorales dramatiquement inutiles...
Dans les 2 rôles du Machese di Calatrava et de Padre Guardiano, Vitalij Kowaljow est une basse extraordinaire d'autorité sereine, aux graves puissants et aux aigus écatants, et à la ligne splendidement conduite. On peut s'interroger sur l'utilité de cumuler les 2 rôles, surtout que les costumes suggèrent une identité entre les 2 personnages. A part une belle image théâtrale finale (Leonora, sur le point de mourir, reconnaît son père...) cela n'ajoute que de la confusion à un livret qui l'est assez. Mais la splendeur musicale le valait.
Ludovic Tézier confirme qu'il est tout simplement le meilleur baryton Verdi actuel et trouve en Don Carlo di Vargas son meilleur rôle (avec le Posa de Don Carlos) : sa voix splendide, souvent trop belle pour des rôles de "méchants", fait ici merveille en ce frère désespéré essayant de se transformer en foudre vengeur contre sa nature.
Le Don Alvaro de Jonas Kaufmann se passe de commentaires : après un début tendu, Kaufmann nous fait du Jonas et c'est splendide, miraculeux de maîtrise technique et d'incarnation dramatique. Si l'on ne sait toujours pas comment il est possible de chanter avec ces nuances et ces couleurs sombres dans cette tessiture, on se contente de le remercier d'exister.

Mais malgré tous ces chanteurs d'exception, la triomphatrice de la soirée - et haut la main, est Anja Harteros. Peu après les représentations de 2014, le magazine Classica lui dédiait 2 pages dans la rubrique habituellement dédiée aux grands chanteurs du passé. L'article était intitulé "Un don fait à Verdi". On ne peut mieux résumer, il s'agit ici tout simplement de LA Leonora, parfaite depuis son air d'introduction Me pellegrina e orfana, jusqu'à un Pace, pace mio Dio imprerssionnant. Toutes les nuances, toutes les couleurs y sont sur tout l'ensemble d'une tessiture pourtant redoutable, sans la moindre tension dans les extrêmes. On écouterait en boucle cet enregistrement rien que pour elle.
Alors comment faire avec toute une troupe d'un tel niveau ? Peut-être l'écouter plusieurs fois en même temps...


Quatuors à cordes (Intégrale - Volume 1)
Quatuors à cordes (Intégrale - Volume 1)
Prix : EUR 4,99

Aucun internaute (sur 1) n'a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 La poursuite de la découverte d'une grande compositrice, 5 mars 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Quatuors à cordes (Intégrale - Volume 1) (CD)
La compositrice polonaise Grazyna Bacewicz (1909-1969) demeure à ce jour largement méconnue, mais sa renommée commence à poindre, surtout depuis la parution du sublime enregistrement qui lui a dédié Krystian Zimmerman (Grazyna Bacewicz : Quintettes pour piano n° 1 et n° 2 - Sonate pour piano n° 2)
Ici, le quatuor polonais Lutoslawski nous propose 4 de ses 7 quatuors à cordes, dont la composition s'étend sur l'ensemble de sa période créatrice : le premier quatuor à cordes a été composé lors de la fin de son apprentissage au conservatoire de Paris alors que le Septième quatuor, composé en 1965 est l'une de ses dernières œuvres. Les quatuors enregistrés ici témoignent de la diversité stylistique d'une compositrice qui a su faire siennes les diverses méthodes d'écriture de la première moitié du XXè siècle sans pour autant perdre une voix propre. On appréciera tout particulièrement l'expressivité de l'écriture du sixième quatuor qui ouvre ce disque, dont le langage, oscillant entre tonalité et dodécaphonisme semble contenir toute la musique de son époque.
Hélas, l'interprétation du jeune quatuor polonais Lutoslawski n'est pas à la hauteur de cette musique superbe. Si l'exécution est techniquement très maîtrisée (ce qui est déjà louable compte tenu de la difficulté des pièces), il y manque l'âme que pourraient y mettre un grand ensemble. Nous sommes bien loin des torrents émotionnels délivrés par l'ensemble qu'avait réunit Zimmermann pour l'enregistrement des quintettes avec piano. Frustration extrême, pour des œuvres dont on sent toute la beauté potentielle.


Rosary Sonatas
Rosary Sonatas
Prix : EUR 26,61

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Splendides Mystères, 22 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Rosary Sonatas (CD)
Une partition dont l'armure laisse apparaître à la fois un fa dièse et un fa bécarre... Des sonates commençant par un arpège de 4 notes avant même l'armure... Des mélodies et harmonies sans aucun sens apparent... Chaque sonate précédée d'une splendide enluminure représentna tl'un des "mystères" de la vie du Christ...
La partition de Heinrich Biber, composée en 1675 mais redécouverte seulement en 1980 ne laisse pas de surprendre : le compositeur demande au violoniste d'accorder son violon différemment pour chaque pièce et écrit l'oeuvre telle qu'elle doit alors être jouée, et non entendue. Ainsi, les partitions ne se révèlent pleinement qu'une fois exécutées, car il est quasiment impossible de lire cette partition aux transpositions multiples sans utiliser le violon comme clef de décryptage.
Depuis quelques années, de plus en plus de violonistes relèvent le défi lancé par Biber à travers les siècles : car, au-delà du jeu d'écriture, ces Sonates du Mystère (ou Sonates du Rosaire) sont au nombre des plus hauts chefs d'oeuvre de la littérature pour violon. La scordature permet non seulement de rendre possible l'exécution d'accords inouïs, mais également modifie la sonorité du violon : extrêmement sonnante lorsque les cordes sont accordées en octave ; assombrie au contraire lorsque les tierces dominent ; tendue enfin lorsque les cordes, montées d'une quinte, sont tendues à la limite de la rupture. Le violon se transforme alors, de sonate en sonate, afin de mieux épouser les émotions liées à chaque épisode de la vie du Christ.
La version proposée ici par Rachel Podger est particulièrement réussie : au-delà de la maîtrise technique, la réalisation de la basse continue, est inventive et variée sans jamais devenir envahissante (3 instrumentistes jouant d'instruments différents selon les sonates). Surtout, chaque mouvement est parfaitement caractérisé, dansant ou chantant, gai ou triste, selon les cas, sans tomber dans un affect déplacé ou une aseptisation du discours baroque : la mesure est la caractéristique première de cette version, qui permet de souligner tout ce que cette composition particulièrement originale contient intrinsèquement de touchant, voire de théâtral. On pourra, au premier abord, préférer les versions plus démonstratives (Bismuth et La Tempesta par exemple) ou plus mystiques (Goebbels). Cependant, cette probité presque détachée me semble relever d'une plus grande vérité musicale puisqu'il s'agit d'accompagner les prières protestantes du Rosaire.
Seul regret, la Passacaille finale - chef d'oeuvre absolu, à placer au même niveau que la Chaconne de Bach - est réutilisée d'un disque précédent. Cela n'enlève rien à la qualité de l'interprétation, mais pourquoi n'avoir pas ré-enregistré la pièce dans le contexte d'un enregistrement intégral qui lui donne tout son sens - et aurait donc, peut-être, éclairé d'un tout autre jour la façon de la jouer.
Mais il s'agit bien d'un défaut mineur - et imperceptible à l'écoute : cette interprétation exemplaire rejoint d'emblée le sommet de la discographie et sera ré-écoutée bien souvent !


Mozart : The Weber Sisters
Mozart : The Weber Sisters
Proposé par zoreno-france
Prix : EUR 16,23

7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un Mozart vrai, 12 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mozart : The Weber Sisters (CD)
Ce deuxième album solo de Sabine Devieilhe confirme toute l'intelligence de la musicienne, bien au-delà de ses talents vocaux (que l'on connaissait déjà par ailleurs). Là où ses consoeurs se contentent d'enfiler les airs comme des perles selon une thématique-prétexte plus ou moins bien défendue, Sabine Devieilhe conçoit son disque comme un concert complet, presque une oeuvre à part entière, sorte de pasticcio sur Mozart.
Ici, Sabine et Raphaël (Pichon, chef de l'ensemble instrumental Pygmalion) nous proposent un aperçu de l'intimité de la famille Weber, famille musicienne amie de Mozart dont 3 des 4 filles, toutes chanteuses, ont noué avec Wolfgang des relations amoureuses plus ou moins fortes : Aloysia sera adulée, Josepha admirée et Constanze...épousée. Un programme en 4 parties, allant des innocents jeux amoureux préliminaires aux portraits musicaux des 3 soeurs, si magnifiquement dépeints par Mozart.

Au delà du concept, c'est un programme musical remarquablement interprétée qui est servi ici, variant les genres : airs d'opéras, airs de concerts, lieder, exercices vocaux mais aussi intermèdes orchestraux, tous enchaînés dans une cohérence musicale parfaitement aboutie. L'exercice est poussé jusqu'à l'adaptation de certaines pages, d'après des fragments laissés par Mozart : comme si, dans l'intimité de la famille Weber, l'exécution musicale laissait place l'improvisation sur certains airs bien connus. (Laissons les esprits chagrins s'en offusquer, le bonheur musical est là, c'est l'essentiel)

Pour défendre ce programme, les interprètes sont à un niveau superlatif : l'ensemble Pygmalion est à la fois virtuose et élégant, avec à sa direction un Raphaël Pichon qui sait saisir pour chaque page son style et son allure propre, sans déséquilibrer l'ensemble. Sabine Devieilhe confirme sa virtuosité et son aisance dans le suraigu (jusqu'aux terrifiants contre-sols du Popoli di Tessaglia, notes qu'aucun autre compositeur n'a osé écrire). C'est surtout son interprétation que l'on retiendra. Même si l'on a entendu, ça et là, une meilleure maîtrise vocale (Dessay) ou un plus grand luxe sonore (Schwarzkopf, Della Casa) il y a ici une qualité rare : tout est "vrai". Pas d'affect inutile, ni d'esbrouffe, ni de poses calculées : l'émotion est livrée à l'état pur, comme à nu. Une expérience courageuse et bouleversante. L'air "Vorrei Spiegarvi, o Dio" est à ce titre un moment hors du temps, absolument inoubliable.

Pour terminer le disque, enchaîné au "Et incarnatus est" de la Messe en Ut, les musiciens nous proposent en piste cachée, une version orchestrée du canon "Leck mich am Arsch" (Lèche moi le cul). Un pied-de-nez potache et scatologique : l'esprit du (pas si) divin Mozart est bien là !
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 19, 2016 5:06 AM CET


Violin Concerto / Insel Der Sirenen / Antiphon
Violin Concerto / Insel Der Sirenen / Antiphon
Prix : EUR 18,39

4.0 étoiles sur 5 L'un des plus beaux concertos contemporains, 3 janvier 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Violin Concerto / Insel Der Sirenen / Antiphon (CD)
Jörg Widmann est l'un des compositeurs actuels les plus en vue, grâce à une écriture qui sait allier une grande exigence technique parfaitement adaptée à chaque instrument (issue de son expérience de clarinettiste virtuose) à un style mêlant les expérimentations avant-gardistes de ses maîtres Lachenmann et Rihm à une expression intense laissant son oeuvre accessible à un public non rompu à une musique expérimentale.
Ses oeuvres explorent toutes les capacités des instruments pour lesquels il écrit, allant parfois jusqu'à inventer avec les interprètes de nouveaux modes de jeux (pour la clarinette, évidemment, mais aussi plus récemment dans le concerto pour alto dédié à Antoine Tamestit). Le concerto pour violon présenté ici a été composé en 2007 pour Christian Tetzlaff, l'un des plus brillants virtuoses actuels. Il s'agi d'une oeuvre jusqu'au boutiste dans sa forme : un seul mouvement d'une demi-heure, dont la musique semple ne jamais s'arrêter mais plutôt être en évolution et mutation constantes. Le soliste joue sans interruption ou presque pendant toute cette demi-heure, explorant les tessitures et les modes de jeu les plus audacieux. Le tout est soutenu par un orchestre somptueux, aux sonorités d'une beauté glaçante (parfois stridentes, à l'image des crotales frottées à l'archet).
Christian Tetzlaff, qui défend ce concerto dans le monde entier, est le (sur)homme de la situation : il faut une technique et une endurance de fer pour venir à bout de ce qui est sans doute le plus difficile concerto contemporain.L'orchestre royal suédois, parfaitement dirigé par un Daniel Harding visiblement passionné par cette musique, est un écrin somptueux laissant au soliste toute latitude à exprimer toute la beauté et la souffrance de cette musique.

Les compléments sont, hélas, bien moins intéressants. Antiphon est une oeuvre pour orchestre contemporaine du concerto, comme son opposé : là où le concerto n'est qu'un long flux continu, Antiphon se veut une succession de gestes musicaux s'interrompant les uns les autres. Le résultat n'est pas à la hauteur des ambitions, et n'apparaît plutôt que comme un exposé de musique(s) contemporaine(s) convenu, bien que remarquablement écrit.
Insel der Sirenen est une pièce plus ancienne (1997) pour violon solo et cordes représentant les chants des sirènes, à la fois beaux et dangereux. Ces harmonies continues en perpétuelle mutation, représentatives d'une musique contemporaine rebattue, n'offrent que peu d'intérêt à l'auditeur. La pièce ressemble plus à un exercice d'écriture de la part d'un compositeur qui ne possédait alors ni la totalité de ses moyens ni, surtout, de langage véritablement personnel.
On aurait préféré d'autres compléments : Teufel Amor, par exemple, splendide pièce symphonique auquel le disque n'a pas encore fait honneur.


Mozart / Concertos pour Piano
Mozart / Concertos pour Piano
Prix : EUR 16,44

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2.0 étoiles sur 5 Mozart en apnée, 30 décembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mozart / Concertos pour Piano (CD)
Il est toujours risqué d'enregistrer ce qui l'a déjà été des dizaines de fois (voire des centaines). Un enregistrement, au contraire d'un concert, est fait pour rester et, donc, pour se comparer. Lorsque l'on en arrive, comme pour ces deux concertos de Mozart, à deux ou trois-centième enregistrement, il faut pour exister apporter quelque chose de nouveau, ou de plus abouti, plus étudié.
C'est donc avec curiosité et exigence que l'on écoute chaque nouvel enregistrement de ces chefs d'oeuvre. La déception est ici immense : c'est du Mozart-au-mètre qui nous est servi ici !
Que l'on s'entende bien, il n'y a rien de mauvais ni de scandaleux ici. L'orchestre est juste, tout est en place, et cela sonne plutôt bien. Mais pourquoi cette impression de déchiffrage, ou de découverte de la partition ? Point de phrasé, que du métronome. Point de question-réponse, mais un dialogue de sourds où chacun coupe la parole à l'autre (le mouvement lent du concerto en ré mineur est caricatural de ce point de vue).
Quant au style mozartien, il n'y est jamais : la moindre respiration est exclue, mettant mal à l'aise pour qui tente de se couler dans la musique et n'y trouvant pas la moindre particule d'air. L'orchestre, quant à lui, joue avec ses gros sabots, façon éléphant dans un magasin de porcelaine.

Pour résumer, il s'agit d'un enregistrement honnête, qui aurait tout à fait son intérêt s'il s'agissait d'un concerto inédit. Mais pour Mozart, la concurrence est bien trop rude pour souffrir cela.


Musique Pour Piano (Intégrale) /Vol.2
Musique Pour Piano (Intégrale) /Vol.2
Prix : EUR 7,05

4.0 étoiles sur 5 Jolies miniatures pour piano, amoureusement servies, 3 août 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Musique Pour Piano (Intégrale) /Vol.2 (CD)
La musique de Martinu ; où se retrouvent des influences aussi disparates que Ravel, Dvorak et les musiques de danses américaines ; ne s'exprime qu'en formes miniatures, et jamais sur un ton pleinement sérieux. C'est exactement ce que propose ce disque, qui propose plusieurs recueils de pièces pour piano inspirées des jeux d'enfants et de la nature.
On écoutera le disque avant tout pour les cycles de "Marionnettes", car si les autres pièces ne déméritent pas, Martinu ne retrouvera pas le mélange de simplicité et de grâce si caractéristique de ce qui était son premier opus achevé - bien que publié tardivement. D'une pièce à l'autre, les marionnettes vedettes (Colombine, Pierrot, Arlequin) dansent, chantent, rient, pleurent, en autant de pièces aussi variées que semblables. Ce n'est pas un hasard si ces pièces font le bonheur des jeunes pianistes qui y trouvent une musique moderne et élégante, sans difficulté majeure.
Giorgio Koukl, fervent défenseur de la musique de Martinu, livre une interprétation sensible et élégante de chaque pièce, avec un rubato très expressif savamment dosé. Il y manque cependant l'inspiration qui permet aux plus grands de transcender les ouvres qu'ils interprètent. Une ombre au tableau : les reprises sont presque systématiquement ignorées. Cela est sans doute dû au minutage très généreux du programme, mais dans le cadre d'une intégrale en plusieurs volume cela ne se justifie pas.


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