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Claudec

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Moins nombreux, plus heureux : L'urgence écologique de repenser la démographie
Moins nombreux, plus heureux : L'urgence écologique de repenser la démographie
par Collectif
Edition : Broché
Prix : EUR 16,00

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3.0 étoiles sur 5 Pour une écologie claivoyante et responsable, 9 mars 2014
Plutôt que de prétendre, dans sa présentation, que ce livre vient combler un manque, alors que contradictoirement certains de ses précurseurs y sont cités, n'eut-il pas été plus juste et modeste de le dédier à ceux – trop rares il est vrai – qui de tous temps et particulièrement depuis la fin du dernier siècle, n'ont cessé de dénoncer une situation qui ne fait qu'empirer. En dépit de l'indifférence dans laquelle vit le vulgum pecus et de l'impassibilité avec laquelle les pouvoirs continuent de diriger nos consciences et nos actes, nous ne devons en effet pas davantage ignorer les messages des Alfred Sauvy, Albert Jacquard et autres sonneurs de tocsin, que les avertissements de Kofi Annan, Secrétaire général des Nations Unies (1997 - 2006) : « Si nous continuons dans cette voie, si nous ne faisons rien pour enrayer l'accroissement de la population, nous allons en payer le prix, nous allons nous retrouver dans un monde surpeuplé. La démographie a un impact sur le développement économique, sur l'environnement et sur les ressources de la Terre qui sont limitées.» ; ou du Rapport 2009 du Fonds des Nations Unies pour la Population ; « L’effort à long terme nécessaire pour maintenir un bien-être collectif qui soit en équilibre avec l’atmosphère et le climat exigera en fin de compte des modes viables de consommation et de production, qui ne peuvent être atteints et maintenus que si la population mondiale ne dépasse pas un chiffre écologiquement viable.»

Comme l'écrivait Jean Fourastié (Cf. Ce que je crois" - Grasset 1981), autre prémoniteur : « la condition humaine est bien la dernière des préoccupations de l'homme. » Mais n'est-ce pas l'expression de la sagesse populaire, considérant que comme toute chose peuplant l'univers, notre Terre aura une fin et peut-être avant elle, les espèces qui la peuplent. La mort de notre civilisation s'inscrit normalement dans ce destin, avec d'autant plus de certitude et de rapidité que nous avons abusé de l'hospitalité de notre planète en la surpeuplant et que pour peu qu'ils ouvrent les yeux, les plus bornés d'entre les hommes entrevoient le terme de son pillage. Pourquoi dès lors se préoccuper d'un avenir aussi inéluctable ? Peut-être est-ce d'ailleurs la raison pour laquelle les auteurs de ce livre ne jugent pas utile d'en faire mention.

Jean Fourastié pensait aussi (même source que ci-dessus) que ce qui manque le plus à l'homme est la synthèse. Or ce livre le confirme, dans la diversité des points de vue qu'il offre, agrémentés pour quelques uns d'exercices de style et d'évocation des clivages droite-gauche, homme-femme, riches-pauvres ; d'accusation des multinationales, (comme si elles n'étaient pas des constructions humaines), etc. ainsi que de quelques actes de repentance dus au politiquement correct. Si l'écologie n'est pas plus de droite que de gauche, nous pouvons hésiter dans l'attribution de l'abus démographique à l'homme ou à la femme (la procréation se pratiquant à deux, n'en déplaise à certains) ; nous pouvons en accuser le collectivisme plutôt que le libéralisme et inversement, etc. mais une chose est certaine : par simple effet de proportion, les pauvres seront les plus concernés par une réduction de la population, et ce sera une grande victoire dans la lutte contre la pauvreté. Cependant le bât blesse, car la régulation qui s'imposera d'elle-même si nous ne sommes pas capables d'y procéder à temps, avec un minimum de sagesse, fera fi de toutes considérations d'ordre social et même humanitaire, ce qui nous promet le pire.

Ce livre est donc un cri d'alarme de plus, auquel la préface d'un "Chevalier vert" n'ajoute pas grand chose, sinon que l'instinct du politicien le conduisant à secourir la victoire, il peut s'en déduire un supplément d'espoir. Quelles que soient leurs postures et leurs protestations, ce sont les pouvoirs religieux et politiques qui ont entraîné la société au point d'irresponsabilité et d'inconscience où elle en est en matière de prolifération et ce ne peut être que d'eux que viendrait un sursis à son sort au demeurant inéluctable. Aucune manifestation allant en ce sens ne doit donc être négligée.


Les nouvelles classes moyennes
Les nouvelles classes moyennes
par Éric Maurin
Edition : Broché
Prix : EUR 11,80

2.0 étoiles sur 5 Notoirement biaisé, voire superficiel., 25 février 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Les nouvelles classes moyennes (Broché)
« les classes moyennes sont en réalité le lieu où s'expriment les aspirations les plus intenses à l'ascension sociale et les craintes les plus aiguës face au déclin » - Monsieur de La Palisse n'aurait pas dit mieux. Un ouvrage qui nous renvoie quelque peu à un autre, paru il y a quelques décennies, ayant pour titre "Les 7 péchés capitaux des universitaires".
120 pages – avec références scientifiques à l'appui –, négligeant que nous sommes avant tout tels que le sort nous fait naître : les héritiers de nos géniteurs, pour le meilleur et pour le pire.
Que nous appartenions à la classe moyenne ou à l'une des autres classes, il en est ainsi pour chacun d'entre nous, et les circonstances, notre ambition, notre talent (inné ou acquis) ... et la chance, font la suite.
Et remplacer la pyramide sociale par une superposition de cercles, n'y change rien.
Un aspect de la question n'est en tout cas pas abordé, dont l'incidence est pourtant déterminante pour juger de l'évolution de la société et de n'importe quelle classe parmi celles qui la composent : la démographie (pas seulement nationale). Pourquoi ? Refus habituel de la plupart des experts en sciences sociales d'aborder cette question ? attitude dictée par la chimérique lutte des classes ? cécité ? Il en résulte en tout cas, que faute d'user de cette clé, ce livre aura laissé au moins l'un de ses lecteurs sur sa faim.
La classe moyenne, qui regroupe les classes moyennes dont il est question ici, se situe par définition entre les pauvres et les riches. Elle ne peut que croître en nombre avec la population ; et en richesse avec l'activité de cette population. Et ceci au sein d'une pyramide sociale s'atrophiant, à mi chemin d'un écart allant toujours croissant entre les plus riches et les plus pauvres.


Homo disparitus
Homo disparitus
par Weisman Alan
Edition : Poche
Prix : EUR 7,80

3.0 étoiles sur 5 Avenir du renouvelable, 23 février 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Homo disparitus (Poche)
Voici une manière originale d'aborder le problème de la surpopulation, même si dans bien des domaines le mal paraisse irréparable (éternels polymères par exemple) ou promette à la plupart des espèces vivantes qui prétendront y survivre le plus longtemps possible, une adaptation radicale souvent proche de la mutation.

Bien que non exhaustif, comme l'auteur le souligne, l'inventaire auquel il se livre et les sources qui le cautionnent démontrent l'inutilité des combats d'arrière-garde auxquels se livrent les uns et les autres, le plus souvent au nom de préoccupations ou de vues personnelles plus proches du hobby ou de la marotte que d'un véritable souci de l'avenir de l'humanité.

Si cette dernière entend perdurer, elle ne le devra qu'à une seule mesure, à instaurer d'urgence en faisant fi de toute autre considération : « ... qui limitera à UN le nombre d'enfants qu'une femme sera capable de porter.»

Et il en va non seulement de l'espèce humaine mais de toutes les autres, outre la fait que ce soit pour l'homme l'ultime chance de prouver la supériorité de son intelligence. De quoi démentir en tout cas les prophètes les plus pessimistes quant à la capacité de la nature à se ressourcer, et rassurer ceux qui les écoutent.

Quoi qu'il en soit, l'essentiel de l'enseignement à tirer de ce livre n'est-il pas qu'en dépit de ses prouesses techniques et technologiques, l'homme sera vite oubliée lorsqu'il sera parvenu au maximum de ce que tolérera la planète ? Celle-ci peut faire sans lui et aura tout son temps pour réparer le pillage dont il se sera rendu coupable.


Voyage autour de ma chambre
Voyage autour de ma chambre
par Xavier De Maistre
Edition : Poche
Prix : EUR 6,40

4.0 étoiles sur 5 A lire ou relire, 14 février 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Voyage autour de ma chambre (Poche)
Par des temps qui courent (nous somme en janvier 2011), ou un journaliste à la notoriété inoxydable vient de salir sa profession comme les lettres en général, la meilleure manière pour le lecteur d'échapper au plagiat est encore de relire ses classiques, qui en sont d'autres, mais tellement anciens que s'en souvenir reviendrait à faire preuve de pédantisme.
Ainsi De Maistre, dans son voyage autour de sa chambre, rappelle-t-il La Rochefoucauld lorsqu'il nous parle de ses miroirs et de l'amour propre, ou plus précisément de l'amour de soi-même, qui est bien le plus courant en même temps le plus grand travers de l'homme (sans oublier la femme). Pages savoureuses en tout cas. Tout comme celles dédiées à Rosine, la chienne de l'auteur, ou la part faite à "l'autre", ce double qui réside en chacun d'entre nous et à qui il arrive de tellement nous agacer.
Bien des écrivains se sont inspirés du genre introspectif depuis – sans dorénavant nous étonner – pour nous livrer les réflexions que leur inspirent leur quotidien et ce qui les entoure, du plus singulier au plus banal. Si ce n'est pas son seul mérite, Voyage au tour de ma chambre a dû, quant à lui, frapper par son originalité et un tour auquel bientôt deux siècles n'ont n'ont rien fait perdre d'une fraîcheur qui rabiboche avec la littérature, lorsqu'il lui arrive de nous fâcher.


Compte à rebours : Jusqu'où pourrons-nous être trop nombreux sur Terre ?
Compte à rebours : Jusqu'où pourrons-nous être trop nombreux sur Terre ?
par Alan Weisman
Edition : Broché
Prix : EUR 23,90

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 A lire absolument, 3 février 2014
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Il est d'autant plus malaisé de tirer de ce tour du monde des misères de l'humanité et de celles qu'elle inflige à son environnement autre chose que nostalgie et résignation, que les meilleures intentions pour y remédier sont souvent antagonistes. À défaut d'admettre « Qu'il n'y a pas un seul problème sur la Terre qui ne serait moins grave si nous étions moins nombreux. », « Chacun en effet a le souvenir d'un monde qui était meilleur. Moins peuplé. Plus agréable. Où l'on se sentait plus libre. »

Face au foisonnement de nos maux, reste à espérer que ce livre, par les « questions simples et de bon sens » qu'il pose en préambule :
- « Combien d'êtres humains notre planète peut-elle contenir ... ? »
- « Existe-t-il un moyen pacifique et moralement acceptable de convaincre les humains de toutes les cultures, religions, nationalités, tribus du monde, qu'il est de leur intérêt de faire moins d'enfants ? »
- « ... quelles espèces et quels processus écologiques sont essentiels à notre survie ? »
- « ... comment concevoir ... une économie capable de prospérer sans dépendre d'une croissance infinie ? »,
soit suffisamment lu pour accélérer la prise de conscience de ce qu'est la réalité de notre prolifération ainsi que la nature et l'urgence des mesures à mettre en œuvre pour l'enrayer et stabiliser la population mondiale à un niveau acceptable.

C'est aussi un hommage mérité à de nombreuses ONG, ainsi qu'aux communautés universitaires et scientifiques, qui ne doit pas faire oublier que ces dernières ne sont pas toutes d'accord, tant sur les bilans que sur les mesures à prendre telles qu'elles en découlent. Il n'en demeure pas moins que leurs travaux contrastent avec l'inertie des religions ainsi qu'avec l'absence de réactivité, – voire l'opposition – des politiques, faisant de ceux-ci comme de celles-là les vrais responsables de la situation dans laquelle s'est enfoncée l'humanité au cours des derniers siècles, par leur incapacité à accompagner le progrès.

Quoi qu'il en soit, si contrairement à ce que peuvent faire croire leur crédulité et leurs superstitions, leur condition n'est pas la première préoccupation des hommes, il est grand temps qu'ils réalisent que « La foi stupide ne peut que déplaire à Dieu. » (Jules Renard)

Tout les moyens respectueux de la morale étant bons pour provoquer la dénatalité, ne faut-il pas craindre toutefois que l'abondance et la diversité des faits n'ajoutent à leur relation dans un style journalistique atteignant les limites de la vulgarisation, puissent porter atteinte à l'efficacité de "COMPTE À REBOURS" ?


Alternatives économiques, Hors-série poche N° : Les inégalités en France
Alternatives économiques, Hors-série poche N° : Les inégalités en France
par Camille Dorival
Edition : Broché

2.0 étoiles sur 5 Inégalités ou injustices politiciennes ?, 18 novembre 2013
Le ton est tout de suite donnée par un éditorial qui évoque la « démagogie anti-assistée »(il faut oser l'écrire) pour dauber sur les pouvoirs qui en auraient fait preuve et déclarer qu'il compte sur celui en place depuis peu pour refondre une fiscalité sur laquelle il suffirait apparemment d'agir pour venir à bout des inégalités, revenant ainsi à la démagogie de l'assistanat, comme si l'expérience n'enseignait pas que ce remède a toujours été pire que le mal qu'il prétend combattre.

Heureusement, le Conservatoire des inégalités nous rassure dans son auto présentation en affirmant qu'il est une association indépendante de toute institution, parti politique, syndicat ou entreprise. Précision utile à ceux qui ignoreraient qu'un éditorial ne donne par obligatoirement le ton des articles qui suivent, émanant d'experts d'une objectivité toute scientifique, opérant avec la sérénité intellectuelle requise.

Et l'article sur la justice n'arrange rien, pour deux raisons essentielles :
1° parce que son auteur semble s'être trompé d'ouvrage pour publier un article qui, sans que les inégalités sociales y soient étrangères, intéresse moins celles-ci que le dysfonctionnement d'un institution majeure et la compromission de certains politiciens dans les rapports qu'il peut leur arriver d'avoir avec elle.
2° en raison de la désignation d'un élu parmi d'autres, alors que les illustrations de la situation décrite ne manquent pas davantage dans un parti que dans un autre, comme de nombreux faits récents (soigneusement mis sous le boisseau) le rappelleraient s'il était besoin d'aller jusque là.

Surtout, pas la moindre référence à la croissance démographique, que ce soit dans les analyses ou dans les "pistes pour agir" contre les inégalités. Probablement parce qu'il s'agit limitativement des françaises, bien entendu sans rapport avec celles d'ailleurs, qui pourtant les alimentent en nous exportant leurs victimes, qui viennent inlassablement s'ajouter aux nôtres et aggraver leur sort. Et que les esprits vigilants ne voient pas dans ce propos la moindre trace de xénophobie ni même de nationalisme ; simplement, des chômeurs venant d'où que ce soit, ne peuvent que s'ajouter aux nôtres.

Tableaux, graphiques non dénués d'intérêt, bien qu'ils ne fassent que confirmer ce que tout un chacun a déjà appris par la presse. même s'il ne peut pas être mauvais de rappeler certaines vérités

Paradoxalement, il manque le Français dans cet ouvrage, aussi collectiviste que collectif, et dont le titre est pourtant, rappelons-le "Les inégalités en France". Il manque à cette fresque romantiquement attachée à la lutte des classes, peinte à grand renfort de chiffres, tableaux et raisonnements plus doctes les uns que les autres, un acteur : l'homme. Traiter de sa misère comme cela est fait, ne revient-il pas davantage à l'observer comme les astronomes le font avec les astres, voire à l'instrumentaliser, qu'à œuvrer à sa réduction ?

La fracture sociale de Chirac est opposable à la fracture identitaire de Hollande, l'une et l'autre en révélant une troisième, sous-produit des inégalités sociales d'ici et d'ailleurs : la fracture nationale. Faut-il le regretter ? L'union du peuple français a paraît-il fait des miracles dans le passé, en serait-il de même en ce qui concerne la lutte contre la pauvreté et les inégalités ? Il semble qu'il soit en tout cas un peu tard pour se poser la question, au train où vont dorénavant les choses.


Le Roman de la Syrie
Le Roman de la Syrie
par Didier Destremau
Edition : Broché
Prix : EUR 20,20

Aucun internaute (sur 2) n'a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Est-ce la même Syrie ?, 15 juillet 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Roman de la Syrie (Broché)
Merci aux auteurs de nous faire partager leurs impressions et leur paisible vision d'un pays, au moment où il traverse de si cruelles épreuves. Utile à quiconque veut tenter d'en comprendre l'incompréhensible.


La loi
La loi
par Frédéric Bastiat
Edition : Broché
Prix : EUR 9,60

6 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Réédition d'actualité, 14 juillet 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : La loi (Broché)
Il y a d'abord lieu de saluer l'initiative citoyenne de celui qui s'est donne la peine de rééditer ce texte.
Exemple a suivre.
Quant la parole de Frédéric Bastiat, ses détracteurs en tous genres, auront beau jeu de la réduire
en arguant d'une époque et de circonstances révolues. N'empêche qu'elle est parfaitement d'actualité,
a commencer par ce qui concerne l'abus de pouvoir de nos dirigeants dans l'application d'une compassion
pervertie dont le bénéfice leur revient pour l'essentiel.
Puissent les lecteurs de tous les partis, ayant encore leur sens critique, être nombreux a acheter,
lire et faire circuler ce livre, aussi modeste par la taille qu'il est important par son contenu.


D'un Céline l'autre
D'un Céline l'autre
par David ALLIOT
Edition : Broché
Prix : EUR 30,50

10 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Ouvrage remarquable à tous égards, 29 mai 2011
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Ce commentaire fait référence à cette édition : D'un Céline l'autre (Broché)
D'un Céline l'autre
David Alliot
2011

Valant la biographie la plus fouillée, cette somme impressionnante de témoignages, tant par le nombre que par la qualité, ne pourra qu'être appréciée, non seulement des célinistes mais des amateurs de littérature curieux de son évolution au cours du siècle écoulé, de même que de ceux qu'intéresse l'histoire de la France sous l'occupation.

Si l'ouvrage de David Alliot est particulièrement précieux pour parfaire l'idée d'un Céline encore difficile à situer, dès lors qu'il s'agit d'aller au-delà de son style, il laisse pourtant en suspens nombre d'interrogations : Son originalité était-elle naturelle ou forcée ? Que doit-elle à une mode intellectuelle influencée par le Front populaire, possible promoteur d'un argot dont Céline use d'ailleurs moins que d'un vocabulaire qu'il crée , même s'il s'en inspire. Dire qu'il préfère manifestement inventer sa propre langue, à base de gouaille parigote, ce qui lui donne des allures d'argot, serait plus juste.D'ailleurs, comme sa pratique de l'argot, la comparaison avec Rabelais est sujette à réserves et il suffit de penser à sa frugalité pour la relativiser ; langage populaire, affecté ou non, voire vulgarité, n'est pas truculence. Céline a-t-il été prisonnier de son rôle ou s'est-il exprimé avec toute la liberté qui lui est assez généreusement prêtée ? Peut-être aussi était-il de bon ton, dans un milieu artistique et intellectuel revendiquant à tort ou à raison des origines, voire une "culture" faubourienne, de faire peuple, en avant-garde de bien des bobos d'aujourd'hui, dont certains ont cherché, avec un succès inégal, à lui emprunter son style. S'expliqueraient ainsi, au moins pour partie, mœurs libres, tenue débraillée et langage plus ou moins argotique. Ce pouvait être aussi, afficher ce parisianisme dont ont toujours été préoccupés les artistes les moins maniérés.

Léautaud a-t-il tort quand il qualifie le style de Céline de fabriqué ? Il a en tout cas le droit de dire que les inventions littéraires ne l'intéressent pas, comme sujet ni comme forme, quitte à se tromper lourdement quant au manque d'avenir qu'il promet à ses écrits. Ils ont depuis, indéniablement marqué plusieurs générations de lecteurs, comme d'écrivains, par cette forme qui, renchérissant sur le fond, exacerbe les sentiments exprimés. Quoi qu'il en soit, D'un Céline l'autre permet de compléter et de préciser ne serait-ce que des impressions, parmi lesquelles le sentiment qu'un auteur, servi par des circonstances qui s'y sont particulièrement prêtées, s'est composé sa vie durant un personnage que son succès littéraire incontestable l'a grandement encouragé à endosser puis à cultiver avec force et assiduité.

Quant à l'antisémitisme de Céline, il paraît, avec le recul du temps, être surtout le résultat d'une provocation servie par l'abus de langage chez lui fréquent mais qui, dans le contexte de l'époque, l'a piégé et placé dans une situation qu'ont aggravé et en quelque sorte consolidé ses pamphlets, dans lesquels la gesticulation verbale tient souvent lieu d'arguments. En fait, l'antisémitisme de Céline ne relevait-il pas moins du racisme que d'un ressentiment à caractère socio-culturel et économique, comme il semble que ce soit encore le cas aujourd'hui chez de nombreux antisémites ?

La fulgurance est en tout cas présente chez Céline et paraît même constituer une des traits majeur de sa pensée. Cette fulgurance qui est autre chose que la prémonition, même si parfois elle la précède. Mais Céline fut peut-être, avant tout et simplement, un anticonformisme, inquiet, anxieux, taraudé par les épreuves qu'il a connu à la guerre, outre la misère côtoyée au quotidien dans son exercice de la médecine de dispensaire. Maladivement excessif et agité. Il est à la fois visionnaire, lucide et affabulateur comme se doit de l'être un romancier. Il est aussi un imposteur, davantage entraîné par son personnage de fiction que par sa propre nature, sous l'effet du pouvoir que lui confère un succès littéraire et une notoriété qui autorisent les pires extravagances de la plupart de ceux qui en sont atteints et s'en font un outil de communication promotionnelle. Servi par un environnement et un entourage dont les membres partagent un certain snobisme d'époque : la Butte, la bohème, un fantaisie débridée tout à la fois inspirée et influencée par 14-18, la défaite de 39-40 et l'ordre imposée par les vainqueurs ; le populisme, les convenances en particulier littéraires et plus largement artistiques, etc. Céline est aussi un besogneux méticuleux ; un révolté par compassion et un provocateur, sans aller jusqu'à l'anarchie, trop soucieux de son propre quotidien pour aller jusque là. Le choix du Danemark pour y cacher son magot, bien avant, semble-t-il qu'il ne soit menacé par la résistance et bien avant aussi le naufrage du Reich, n'est-il pas, autant qu'une démonstration de l'aptitude de Céline à pressentir les évènements, la preuve de la reconnaissance par lui-même de la crainte des conséquences de prises de positions dont il mesurait parfaitement la portée ? Il serait alors, outre le naïf inventeur d'un nouveau langage, bel et bien le propagateur d'une idéologie dont il reconnaît implicitement le caractère condamnable.

Il semble que les contempteurs de Céline comme de bien d'autres écrivains et artistes, succombent au charme de ce qui est avant tout de l'agitation, alors que la sérénité est la première exigence de la lucidité prêtée à nombre d'entre eux, dont Céline précisément. Qu'une curiosité d'ordre sociologique, voire anthropologique puisse porter à considérer de tels individus comme dignes de l'intérêt qui leur est porté est une chose, l'originalité de leurs styles respectifs en est une autre, mais en faire des héros des lettres ou d'autres domaines fut-ce au nom du progrès, en est une autre encore.

Notons enfin que si Céline était à la recherche d'une plus grande simplicité du langage, comme en atteste son avis au sujet de l'emploi du (;) qu'il partage d'ailleurs avec Léautaud, il est permis de s'interroger quant à la mesure dans laquelle il y parvient. En effet, ceux qui ont fait son succès, à force d'éloge ou de dénigrement, ont appartenu à un cénacle ; ont représenté une élite ne devant en aucun cas être confondue avec le peuple au nom duquel Céline se serait exprimé en prétendant transcrire son parler. Pour ceux au nombre desquels je me trouve,qui l'ont abordé et le lisent encore sans culture littéraire particulière, Céline n'a jamais été d'un abord facile.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 2, 2011 6:02 PM MEST


Français, n'ayez pas peur du libéralisme
Français, n'ayez pas peur du libéralisme
par Pascal Salin
Edition : Broché
Prix : EUR 27,90

13 internautes sur 24 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le libéralisme est-il une nouvelle utopie ?, 20 octobre 2007
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Français, n'ayez pas peur du libéralisme (Broché)
Un livre d''une exceptionnelle clarté, écrit par un économiste dont la pensée décapante ignore les idées reçues.
Message d''espérance quelque peu utopique, non pas en raison de l''irréalisme des principes et méthodes enseignées, mais compte tenu du point où est parvenue la France, et bien d''autres pays, dans leur marche vers un collectivisme qui s'ignore le plus souvent.
Il y est pourtant démontré, une fois de plus et avec brio, que l''économie est porteuse du social, dans le sens où la création de richesses est indispensable au financement du progrès en tout, et non le contraire.

Est-ce une nouvelle utopie, que celle qui consiste à penser qu''il pourrait être mis fin à la complicité de politiques et de fonctionnaires de toutes tendances dans la spoliation des actifs, et dont le pouvoir dans l'État repose sur la démagogie pratiquées à l''égard de citoyens trompés, dont l'ignorance n''a d'égal que celle de maîtres, qui ne devraient être leurs serviteurs ? Peut-être pas, car au mieux, une réaction de simple bons sens, dictée par la nécessité, se traduira par une révolution ' (pacifique ?) ' au terme de laquelle les valeurs seront remises en ordre et au pire, lassés d''être spoliés, les actifs fuiront dans de telles proportions que l''économie des pays concernés y perdra le minimum de dynamique nécessaire à leur existence. La fin de l''URSS est riche d''enseignements à ce propos.

Extraits & citations :
- Que sont la fiscalité et la règlementation, sinon des atteintes au droit des personnes ?
- Toute richesse est nécessairement créée par des efforts humains de travail, d''épargne, d''imagination.
- Les socialistes aiment tellement les pauvres qu''ils n'arrêtent pas d''en créer.
- ' certes on ne leur avait pas appris à l''ENA, que les emplois étaient créés par les entreprises et non par les préfets.
- ' les incantations permettent de se passer de la compréhension de la réalité.
. ' la formation en théorie économique donnée par l''ENA ne contient pas suffisamment d''approfondissement économique pour la plupart de ses étudiants.
- ' des gouvernements d''hommes et femmes sans convictions et dont le credo consiste essentiellement à céder aux injonctions d''une bureaucratie syndicale dont la représentation s''arrête presque aux frontières de la fonction publique.
- Les véritables fractures sociales sont, aujourd'hui comme hier, celles qui existent entre d'une part, tous ces hommes et ces femmes, riches ou pauvres, qui travaillent, qui imaginent, qui entreprennent et, d'autre part, ceux qui vivent de transferts et de privilèges ; ce sont celles qui existent entre ces hommes et ces femmes qui gagnent honnêtement leur vie et tous ceux qui s'enrichissent par la corruption ; ce sont celles qui existent entre tous ceux qui respectent la parole donnée dans un contrat privé et ceux qui croient pouvoir oublier leurs promesses parce qu''ils disposent du pouvoir d''État. Le vrai fossé, c'est celui qui existe entre une nomenklatura publique, irresponsable et inamovible, et tout ce peuple d''hommes et de femmes actifs qui ont l''angoisse du lendemain : salariés qui risquent de se retrouver au chômage, artisans, petits entrepreneurs suspendus à leurs bilans et menacés par le fisc, travailleurs indépendants dont le sort quotidien dépend de leurs efforts et de leur imagination.
- Chaque emploi est créé par des efforts humains.
- Parmi les préceptes fondateurs de la société française d''aujourd'hui : Punissons ceux qui travaillent beaucoup, récompensons ceux qui travaillent peu !
- Ce n''est pas la réduction du temps de travail, mais son augmentation ' ainsi que l'allongement de la vie professionnelle qui permettrait aujourd'hui de résoudre le problème du chômage, de financer la croissance des dépenses de protection sociale et de mieux satisfaire les besoins concrets des individus.
- ' la loi de la majorité est préférable à la loi de la minorité.
- Il suffit que les médias, grands spécialistes du « larmoyisme social », propulsent un évènement particulier à l''attention des masses pour que se mette en marche la grande machine de la démocratie émotionnelle et compassionnelle.
- Il est tout à fait étonnant que l''on parle continuellement d''une crise du capitalisme' à partir de quelques exemples comme celui d''Enron ', alors qu'on ne parle pas de « crise de l''étatisme », bien que celle-ci soit permanente, profonde, généralisée et de grande ampleur.
- C'est par des procédures d''essais et d''erreurs successifs qu''on cherche indéfiniment à améliorer le fonctionnement des organisations privées. Tels est le rôle éminent du marché libre et du capitalisme.
- ' nous ne prétendons pas qu''il faut être égoïste, mais seulement qu''on a le droit de l''être et, respectueux des droits d''autrui, que nous ne devons reprocher à quiconque son égoïsme. Je dois me défendre contre celui qui porte atteinte à mes droits légitimes, mais je n''ai pas à lui reprocher son égoïsme éventuel.
- ' en France, où la culture de la responsabilité a complètement disparue ' on croit qu''il suffit de créer une « autorité de régulation » ou une quelconque haute autorité, meublée par les hôtes habituels de la nomenklatura politique et syndicale, pour résoudre tous les problèmes.
- ' [alors] que nous sommes tous capables, à titre individuel, de distinguer une action libre d''une action forcée ' cette distinction fondamentale est totalement évacuée de la réflexion économique dominante à notre époque.
- La situation fiscale actuelle pousse par ailleurs à l''émigration les plus productifs et les plus innovateurs et elle freine l'immigration des des plus productifs, ce qui réduit d''autant les possibilités de croissance et la création d''emplois rentables.
- Ce sont les individus qui créent les richesses, l''État ne fait que les déplacer, au gré des majorités électorales, favorisant les uns aux dépens des autres et détruisant au passage les mécanismes subtils qui permettent aux hommes d''accorder leurs désirs et de faire croître leurs richesses : c''est ainsi que la « politique sociale » détruit les emplois.
- La réduction du temps de travail, telle qu''elle a été pratiquée avec la loi des 35 heures ' n'est rien d'autre qu'un partage du chômage.
- Il ne peut pas y avoir d'abus dans une société libre, à partir du moment où les droits sont définis et défendus.
- Il faut aider les français à quitter la vision dominante d'inspiration marxiste selon laquelle les citoyens seraient membres de classes antagonistes qui lutteraient pour le partage de la richesse, alors qu'en réalité c'est l''État qui avive ces antagonismes en permettant aux citoyens de s''enrichir, non pas par leurs propres efforts de création, mais par leurs efforts pour faire jouer le pouvoir de contrainte de l''État à leur profit.
- A propos de l'Europe : Construire une supernation aussi oppressive et spoliatrice pour les citoyens que le sont la plupart des nations actuelles, tel est le rêve de bien des politiciens, qui arrivent même à le faire partager à leurs futures victimes.

Rien d'étonnant à ce que Pascal Salin, tant décrié par une gauche que scandalise des vérités dénonçant ses erreurs, ait du de mal à trouver de réels appuis à droite.
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