Profil de Jean for Joel > Commentaires

Fiche d'identité

Contenu rédigé par Jean for Joel
Classement des meilleurs critiques: 71
Votes utiles : 2705

Chez vous : découvrez nos services personnalisés en pages d'aide !

Commentaires écrits par
Jean for Joel "J.V Omri" (Suisse)
(TOP 100 COMMENTATEURS)   

Afficher :  
Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11-20
pixel
Dans l'empire des ténèbres : Un écrivain dans les geôles chinoises
Dans l'empire des ténèbres : Un écrivain dans les geôles chinoises
par Herta Müller
Edition : Broché

4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 "(...)car la Chine reste une prison pour la conscience : la prospérité sans la liberté." p646, 30 juin 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Dans l'empire des ténèbres : Un écrivain dans les geôles chinoises (Broché)
j'ai mis cinq étoiles à ce livre simplement : car comment juger un témoignage honnête et sincère en plus traduit ??? Et que je savais plus ou moins à quoi m'attendre ; bref j'ai apprécié cette plongée dans un système inique -et d'un cynisme absolu- qu'on dirait tirer de notre moyen-âge et pourtant qui vient de notre histoire récente et qui doit toujours être pareil au jour d'aujourd'hui... ce livre nous montre la répression sans faille après le massacre de 89 contre toute personne ayant participé de loin ou de près à cet élan de liberté démocratique Et notre auteur a eu le culot mortifère d'écrire puis de publier puis de mettre-en-scène un long poème sur la répression sanglante de la place Tian'anmen alors que dès que le pouvoir avait nettoyé cette révolte contre-révolutionnaire, il ne s'était rien passé, pas un mort, juste des actes terroristes sagement réprimés... 4 ans d'un parcours picaresque à l'intérieur des différentes prisons noyautées par la promiscuité, le sadisme ordinaire, l'injustice flagrante, la lutte entre détenus, les coups, la torture autant mentale que physique... parfois c'est insoutenable mais toujours édifiant... pour tous ceux qui douteraient encore que la Chine n'est pas une dictature froide et répressive.

"Les artistes qui contrecarrent les amnésies de l'humanité ne sont pas rares. Grâce à eux, nous avons accès aux épisodes honteux de l'histoire, comme avec les pièces de théâtre du président tchèque Havel, ou L'archipel du goulag de Soljenitsyne. Ils resteront les témoins des malheurs d'une époque. On en trouve la preuve dans de nombreux écrits : c'est le seul moyen dont les artistes disposent pour participer à l'histoire, et ce moyen est noble - bien que, pour un oeuf, cogner une pierre ne soit pas judicieux." p79

"les tortures les plus rudes peuvent offrir à un poète une cure d'hallucinations. Ce n'est qu'en ressentant les souffrances de la chair que notre esprit peut rester alerte et libre de la confusion et des corsetages de nos vies." p322
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 17, 2013 7:20 PM CET


L'étudiant étranger
L'étudiant étranger
par Philippe Labro
Edition : Poche
Prix : EUR 8,40

3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 "On fait les choses avec les autres, ou on ne les fait pas. Sans les autres, on n'existe pas.(...)" p268, 18 juin 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'étudiant étranger (Poche)
l'enthousiasme qu'il parvient à nous transmettre par son écriture simplement imaginée d'un jeune adulte de 18ans, m'a permis de le suivre avec passion dans son année américaine ; il bénéficie d'une bourse qui lui a permit d'intégrer le campus d'une prestigieuse université de Virginie, on est en 1956, les garçons entre eux, les "nègres" cantonnés dans des travaux dégradants, vivant entre eux, avec qui aucune relation autre que dominants à sous-hommes n'est tolérée... lui, le Frenchie aura une relation secrète et cachée avec une "colored" autant amoureuse que sexuelle Mais surtout charnelle car tout le reste leur est interdit, s'était sa première fois... c'est l'année des premières fois, de toutes les découvertes dans ce royaume du politiquement correct avant l'heure, lui veut tout faire comme ses riches condisciples, il mimétise à merveille, et il réussit brillamment, il reste "l'étranger" mais il est accepté... on suit son quotidien de saison en saison dans cette Amérique du Sud profondément ségrégationniste où la télévision est encore insolite, où le jeune Elvis Presley vient d'apparaître, de Date en Date jusqu'à l'acmé du bal du printemps, Noël au Texas dans la famille richissime d'un de ses camarades... bref il nous donne un regard lucide et juste de cette Amérique autant fascinante que effarante à travers ses yeux qu'ils avaient à cette époque Et il analyse certaines situations avec ses yeux d'homme mûre au moment de l'écriture.

"Je jouais, à présent de ma particularité. On apprend à plaire. On aime paraître. On profite de cette situation qui donne aux étrangers la posture des acteurs dont l'importance du rôle apparaît aux trois quarts de la pièce. Leur nouveauté, leur manque de racine à l'intérieur de la comédie qui a précédé, les distingue du groupe. J'étais là depuis l'automne, mais soudain au printemps, voilà que l'on me découvrait et que j'y prenais grand plaisir."

" - Par contre, continua-t-il, si il n'y a pas de loi qui interdise de traînailler chez les nègres un dimanche après-midi de printemps, il y a des coutumes ici, tu vois, mon garçon. Et la coutume veut qu'on ne mette pas les pieds chez ces enculés de nègres, sous aucun prétexte, vois-tu, mon garçon. Ce n'est pas la loi, mais c'est la coutume."


L'Hiver du commissaire Ricciardi
L'Hiver du commissaire Ricciardi
par Maurizio Giovanni (de)
Edition : Relié
Prix : EUR 9,15

5 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 "...Ricciardi pensait à la faim et à l'amour. Cette fois, les deux vieux ennemis s'étaient associés pour perpétrer leur crime.", 15 juin 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Hiver du commissaire Ricciardi (Relié)
Nous sommes à Naples -la ville de l'opéra où la réalité se confond souvent avec la fiction-, nous sommes en 1931 -Mussolini et son parti triomphe sur tous les points-, alors qu'un soir de mars lors de la première de deux opéras (Cavalliera Rusticana et Paillasse) dans ce temple de la poésie lyrique qu'est le San Carlo le génial et imbuvable ténor Arnaldo Vezzi ("Un personnage sinistre, terrible, un véritable concentré de tout ce qu'on peut trouver de pire dans le genre humain. Doué d'un incomparable talent et de la fascination qui en découle.(...)") est retrouvé la gorge tranchée baignant dans son sang face à un miroir brisé dans sa loge... entre en scène le commissaire Ricciardi -un baron qui cache Et sa fortune Et son titre- obtus et efficace, travailleur acharné qui ne se repose qu'une fois le coupable sous les verrous, on doit se rappeler qu'il n'a que 30 ans tellement ses attitudes sont celles d'un viel homme Mais il est pourvu d'un sixième sens qui l'épuise (je vous laisserai découvrir le quel) qui va démêler l'écheveau bien emberlificoté de cet enquête en zigzagant avec intuition et talent entre son supérieur caudataire et veule (Vezzi était le ténor préféré du Duce et une connaissance de ce dernier), son fidèle brigadier, un prêtre passionné d'opéra qui le guidera dans ce monde si particulier -lui n'y connait rien!-.... la victime est un personnage infecte qui a bien cherché ce qui lui est arrivé et où tout le monde aurait pu être coupable mais bon le ou les coupables seront découverts par notre commissaire froid mais tellement humain, car quoiqu'il en soit une victime reste une victime!

"Il savait qu'il allait franchir, dans le parcours entre la piazza Dante et la piazza del Plebiscito, une invisible frontière entre deux réalités distinctes : en aval, la ville riche de la noblesse et de la bourgeoisie, de la culture et du droit. En amont, les quartiers populaires dans les quels un autre système de lois et de normes étaient en vigueur, également ou encore plus rigide. La ville rassasiée et la ville affamée, la ville des fêtes et celle du désespoir.(...)"


Villa Mauresque: Somerset Maugham et les siens
Villa Mauresque: Somerset Maugham et les siens
par Floc'h
Edition : Broché
Prix : EUR 20,00

11 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Ceci n'est pas une bande-dessinée..., 13 juin 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Villa Mauresque: Somerset Maugham et les siens (Broché)
mais un récit autobiographique illustré avec par moments des voix autres -son frère, son neveu, sa cuisinière et ainsi de suite-... Je ne m'attendais pas à ça en me procurant cet ouvrage, je pensais plutôt à une bande-dessinée classique Et je n'ai pourtant pas été déçu car c'est une évocation délicieuse de ce grand écrivain -un peu oublié actuellement je crois- et de sa relation privilégiée de quarante ans avec sa villa du Sud de la France servi par un texte simple et très parlant qui nous restitue en grandes lignes la vie de Maugham souligné par des dessins en noir et blanc qui nous replonge dans l'atmosphère de cette époque défunte -il est décédé en 1966-... enfance dorée à Paris avant que ses parents meurent alors qu'il avait huit ans, exil douloureux en Angleterre, entrée en écriture, théâtre, roman, nouvelles, essais... succès publique grandissant, homosexualité naturelle mais mariage -difficile, une fille, divorce- avec une décoratrice et vie avec son amant-secrétaire connu sur le charnier de la première guerre mondiale... je ne vais pas résumer sa vie à vous de la découvrir, bref il a reçu des stars et des grands de ce monde dans cette grande villa fouettée par le mistral... J'y ai appris beaucoup sur l'homme, surtout sa relation privilégiée avec la France et j'ai passé quelques heures suaves en compagnie de cette Villa Mauresque-.


Le dîner
Le dîner
par Herman KOCH
Edition : Broché
Prix : EUR 8,10

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Pour l'amour d'un fils..., 12 juin 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le dîner (Broché)
d'abord, j'ai trouvé les cinquante premières pages peu enthousiasmantes car je trouvais l'action un peu trop lentes à se mettre en place, ainsi on sait dès l'avant repas que le fils du narrateur -Michel- a commis ou a été victime d'un acte grave puis après on attend, on attend... Et quand on sait enfin ce qui s'est passé alors tout le récit prend son ampleur et cela devient passionnant car c'est politiquement incorrect et très mordant et très vrai ; le narrateur et son épouse vont dans un restaurant chic pour manger avec son frère -personnage connu, futur premier ministre, égotique et vain, veule et insupportable- et sa femme Et nous allons suivre tout "le dîner" jusqu'au pourboire finale et pendant chaque plat l'action va évoluer Et le "problème" des fils va se résoudre, ainsi on apprendra sur le narrateur, sa femme, son frère et sa famille des données biographiques qui nous éclairera sur les tensions, les antagonismes... bref je me suis laissé bluffé petit extrait sur le fils adopté du Burkina Faso par le frère du narrateur, c'est le narrateur qui parle " - Tu es tout simplement raciste, m'avait lancé Claire (la femme du frère) quand je lui avais confié mon aversion pour Beau. - Pas du tout ! Lui avais-je répondu. Je serais raciste si je trouvais cet hypocrite gentils simplement du fait de la couleur de sa peau et de ses origines. Ce serait de la discrimination positive. Je serais raciste si je concluais que l'hypocrisie de notre neveu par adoption vient de l'Afrique en général et du Burkina Faso en particulier. - C'était une blague !" avait dit Claire."


La Méthode du crocodile
La Méthode du crocodile
par Maurizio DE GIOVANNI
Edition : Broché
Prix : EUR 19,90

4 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 "- Quelqu'un a-t-il pensé que les victimes pourraient être les parents, et non les enfants ?" p155, 10 juin 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Méthode du crocodile (Broché)
c'est dans une Naples pluvieuse que l'inspecteur Lojacono -originaire de Sicile- a été mis au rencart à un poste subalterne après avoir été accusé injustement de collusion avec la maffia Et comme la rumeur est mortifère il en a perdu sa carrière, sa femme et sa fille, et même si il est innocent il est grillé et interdit de toutes enquêtes sérieuses ; donc il se trouve par hasard à son bureau, seul, la nuit où il doit s'occuper du meurtre d'un adolescent trucidé d'une balle dans le cou... un meurtre qui sera suivi par un autre et ainsi de suite... Mais Lojacono sera tenu à l'écart jusqu'à que la substitut lui remette -de force- le pied à l'étrier car lui seul a écarté la solution bien facile de la camorra pour une supposition bien plus humaine... c'est un excellent polar très atmosphérique (que j'appellerai à l'ancienne) où l'on suit le meurtrier dès le début sans savoir qui il est, sans connaître ses raisons, ainsi que l'avancement de l'enquête avec un suspens presque douloureux, surtout qu'il y a l'horreur de s'attaquer à des enfants!!! Je le conseille fortement.

"Lojacono se leva et se mit à faire les cents pas dans la pièce. - La chance n'a rien à voir là-dedans. Il prépare ses coups, tout simplement. Il prépare tout, pas à pas. C'est une question de méthode : celle du crocodile. Il se met à l'affût, il observe, il attend. Et quand la proie est à portée de main, il frappe. Il ne peut pas se permettre la moindre erreur, donc il ne bouge que quand il est sûr."


Adrian Humain 2.0
Adrian Humain 2.0
par David Angevin
Edition : Broché
Prix : EUR 20,00

9 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 "Adrian était au sommet de la chaîne alimentaire. Il lui arrivait de bander simplement en se regardant dans le miroir." p28, 7 juin 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Adrian Humain 2.0 (Broché)
c'est un roman de science-fiction très proche -disons que l'action doit se passer aux environ de 2050 au vue des fils et filles de célébrités actuelles qui passent dans l'intrigue- qui se déroule principalement en Californie dans la famille Crawford dont le père, maire de Los Angeles, veut briguer l'investiture démocrate pour la maison blanche, la mère une française, ancienne mannequin belle et souriante, la fille dépensière et stupide et le fils un "augmenté" fabriqué de toutes pièces au QI de 180, blond aux yeux clairs, grand à la musculature parfaite, doté d'un pénis XXL, potentiellement immortel, méprisant les humains mortels qu'il compare à des singes Et dépourvu de toute morale et d'empathie envers les déshérités du monde... l'Europe est devenue un continent du quart-monde toujours en crise depuis cinquante ans ayant totalement raté les révolutions biotechnologiques et vivotant grâce au FMI et aux aides des deux super-puissances du G2 -Chine et État-Unis-... bref cet Adrian est amorale et massacre par plaisir tous les gourous écologistes et "bioluddite"... c'est une vision apocalyptique de notre futur proche où l'homo sapiens va disparaître en faveur de l'homme fabriqué et mixé avec la machine -Hitler aurait adoré cette société de l'eugénisme-... Quant à moi je me suis bien amusé de cette vision au cynisme absolu aux maîtres du monde au double langage bien répugnant, aux politiciens bien gratinés dans leur hypocrisie totale ; j'ai pris ce roman comme une fantaisie délirante et bouffie d'humour noir.

"Depuis tout jeune Adrian n'aimait pas le contact, l'apparence et l'odeur de la viande humaine imparfaite. Déjà, à l'école élémentaire il se moquait des gros, des débiles et des handicapés moteur."

"Parfois sa condition lui pesait. L'appartenance à l'hyperclasse 2.0 favorisait le nihilisme, la misanthropie et le mépris de toute forme biologique."

"La Maison-Blanche était encore loin, effroyablement loin. Il lui faudrait de l'énergie, d'innombrables voyages, des milliers de discours et des millions de mains serrées pour espérer franchir la ligne d'arrivée. La politique était un job épuisant, ingrat, douloureux mais bandant. Les meilleurs politiciens étaient des sadomasos dominants de première bourre. Ils aimaient faire mal et avoir mal. Peter Crawford avait toutes les qualités requises pour manier le fouet dans le grand donjon blanc de Washington. Il était prêt pour l'aventure."


Le Fils
Le Fils
par Georges Simenon
Edition : Poche
Prix : EUR 5,60

4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 lettre-confession à son fils, 2 juin 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Fils (Poche)
c'est un Simenon d'une forme sobre très concentré : un père dans la quarantaine se met à écrire à son fils de seize ans son histoire pour lui dire un drame qui a eu lieu dans sa jeunesse en 1928 à la Rochelle "si je t'ai décrit en détail cette époque de mon existence, c'est pour que tu connaisses mon état d'esprit au moment où elle allait changer. J'étais dans la vie sans y être, comme en sursis. Je me sentais sans attaches, sans raison de faire ceci ou cela.", ce drame sous-tend tout le récit et c'est seulement dans les toutes dernières pages que nous apprendrons quel est ce drame qui a changé à tout jamais le narrateur et qui le pousse à vouloir se confesser à son fils Et c'est ainsi qu'il raconte sa famille de la haute-bourgeoisie, sa femme avec qui il n'y a jamais eu d'amour mais une bonne entente -en tous les cas les premières semaines...-, son travail d'actuaire(= professionnel chargé de déterminer le montant des primes d'assurances en estimant l'impact financier d'un risque à l'aide de calculs de probabilités), la guerre... il exprime une rare compréhension de ce qu'est l'adolescence et la vie en général mais s'il parvient à l'écrire, il n'arrive pas à le dire directement à son fils. Il y a toujours le non-style brut de Simenon avec parfois quelques formules percutantes "Toi et moi restions assis devant les hors-d'oeuvres et attendions en silence, sans y toucher, l'oeil fixé sur une tache triangulaire de soleil qui faisait comme pétiller la nappe." "(...)un été chaud et savoureux." aucunes fioritures inutiles, presque trop sec parfois, mais toujours parlant. J'ai à chaque fois du plaisir à (ré)entrer dans son monde si particulier.


Travaux forcés
Travaux forcés
par Mark Safranko
Edition : Broché
Prix : EUR 20,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 "Depuis mon tout premier emploi, j'avais l'impression que lorsque je ne cherchais pas un job débile, j'en faisais un." p188, 1 juin 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Travaux forcés (Broché)
cet opus de la vie de Max Zajack -le double littéraire de l'auteur- se situe entre Dieu bénisse l'Amérique (récit de l'enfance et de la prime adolescence) et Putain d'Olivia (sa passion charnelle et masochiste pour Olivia) Et tout au long des 215 pages de ce livre il nous décrit avec son humour noir, mordant et sardonique l'enchaînement de ses "Travaux forcés" car il doit survivre et il prend ce qui se propose, même si il y trouve un dégoût évident -il passera du travail à la chaîne dans une usine de bière à un travail de jardinier à la surveillance d'un fou furieux à celui d'employer de banque!!!, de journaliste sportif à démarcheur téléphonique et ainsi de suite- son principal plaisir et de se faire licencier -même si la sensation de liberté retrouvée dure très peu de temps- car lui il rêve de devenir un Grand Écrivain, le reste ne l'intéresse pas, il aimerait vivre sans travailler mais il est pauvre alors voilà, il n'a pas le choix, de plus il est toujours en rut mais peu de femelles à mettre dans son lit... donc c'est le récit de ses déboires souvent drôles, parfois hilarants ou sordidement vécus, toujours avec cette distance attachante et lucide sans fioritures inutiles.

Pour moi Mark Safranko et sa saga de Max Zajack au parcours tellement picaresque est une sorte de Lesage du XXe/XXIe siècle et de son plus fameux roman à ressort Gil Blas de Santillane car l'on passe de saynète en saynète avec une grande part de burlesque et d'auto-dérision.

"Je n'en pouvais plus de rester sur mon cul à perdre mon temps. J'étais fébrile. Je me sentais inutile et coupable. Il n'y avait pas de raison, mais c'était plus fort que moi. C'est la société, le monde qui nous culpabilise. On est censé faire quelque chose de "constructif", sinon on est un paria, un rien du tout. Ca ne me gênait pas outre mesure d'être un paria, en revanche, un rien du tout..." p193


Vie rêvée:(pages d'un journal, 1965, 1971-1977)
Vie rêvée:(pages d'un journal, 1965, 1971-1977)
Prix : EUR 15,99

14 internautes sur 17 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 "Ma paresse, ma passivité m'insupportent,(...)" 3 avril 1965, 29 mai 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Vie rêvée:(pages d'un journal, 1965, 1971-1977) (Format Kindle)
c'est surtout une vie de rien d'un jeune homme beau, privilégié et adoré (quelques pages lors de ses 21ans et après un silence, reprise jusqu'au point final de ses 27 à ses 33) qui vit à Paris dans la coterie de Yves(Sain-Laurent) et Pierre(Bergé), il y croisera sa future femme Loulou(de la Falaise) égérie et créatrice de bijoux pour YSL, Karl(Lagerfeld), Andy(Warhol), Helmut(Berger), Paloma(Picasso) pour les plus connus, ils hantent La CLoserie, Chez Régine, Chez Castel, Maxim's, La Grande Eugène, Le Palace.... ils déplacent leurs jeux à Venise, à Marrakech, à Rome -où son père le peintre Balthus dirige la villa Médicis- ... bon il a une jolie plume et il sait décrire en quelques mots une atmosphère "dimanche 7 septembre 1973 - Dans le train vers Lausanne. La gare égyptienne de Milan Stresa, le soleil dans les arbres du lac, mollet d'une fille, odeur d'été que j'imagine, et puis les montagnes comme beaucoup de visages penchés sur moi qui s'écartent, se ferment, s'ouvrent de nouveau, un village avec les toits gris pavés, d'aspect friable, mica sous le soleil..." il est lucide sur sa vie de rien, il travaille (un) peu = il écrit, il y a la liberté de cette décennie où le sexe est omniprésent et très libre, des histoires de coeur, des marasmes existentiels... un instantané d'un jeune homme sensible et enthousiaste qui vit une vie ordinaire pour lui mais extra-ordinaire pour le commun des mortels. J'ai lu ce journal par petites doses car ce n'est pas un roman ; j'ai apprécié de me plonger en voyeur dans cette époque révolue -Et de ce groupuscule de talentueux privilégiés- au travers du regard du beau Thadée. "Lundi 17 décembre 1973 (...)(Rejeté de nouveau dans les allées de brouillard sous les arbres mouillés, étroit chemin qui se perd, or là tout près des fenêtres brillent, derrière ces fenêtres des salons illuminés, d'argent, de cristal, de rires, là tout prêt, celle que j'aime... Je suis perdu ?)"


Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11-20