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Contenu rédigé par Jean for Joel
Classement des meilleurs critiques: 56
Votes utiles : 2596

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Commentaires écrits par
Jean for Joel "J.V Omri" (Suisse)
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Le Désert de l'amour
Le Désert de l'amour
par François Mauriac
Edition : Poche
Prix : EUR 4,85

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 une première passion qui marque, 11 février 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Désert de l'amour (Poche)
Je vais citer la première phrase de cet admirable roman "Pendant des années, Raymond Courrèges avait nourri l'espoir de retrouver sur sa route cette Maria Cross dont il souhaitait ardemment de tirer vengeance." Et dix-sept ans après il la voit entrer dans une boîte de nuit parisienne et tous les remembrances liées à cette femme alors qu'il avait dix-sept et elle vingt-sept lui revient "Comme tous ceux qui confondent jeunesse et bonheur, il avait un conscience sourde, mais toujours en éveil, du temps écoulé : son oeil ne cessait de mesurer le gouffre du temps mort ; chaque être qui avait tenu un rôle dans sa destinée, il avait tôt fait de l'insérer à sa place et, voyant le visage, se souvenait du millésime." Et il va nous conter sa vie à la fin de l'adolescence dans sa famille bourgeoise à Bordeaux entre son père médecin émérite, sa mère riche et tatillonne, sa soeur indifférente vivant en autarcie dans la grande maison familiale avec son mari et ses trois fillettes Et il y a cette Maria Cross qui a une réputation de femme légère, qui est un scandale permanent aux yeux de la mère de Raymond et de toutes les femmes honnêtes de cette ville patricienne de Bordeaux... le père la soigne ainsi que son fils qui décédera à 6 ans alors qu'elle vit dans une propriété décatie et esseulée entretenue par un entrepreneur marié florissant et vulgaire, le père nourrira une passion muette et douloureuse pour cette femme, Raymond dès leur première rencontre tombera amoureux ou de désir de cette femme à la réputation sulfureuse... Je vous laisserai découvrir se qui se passera véritablement entre ce trio d'amour/désamour ; c'est avant tout un style pondéré, précis, magnifiquement imagé avec des métaphores parlantes (Raymond avait cru que naissait l'une de ces conversations sans fin dont les multiples phrases insignifiantes venaient mourir auprès du docteur. C'était le plus souvent des discussions ménagères, chacune défendait ses domestiques : Iliade misérable où les querelles de l'office déchaînaient les unes contre les autres, dans l'Olympe de la salle à manger, les déesses protectrices." une intrigue qui avance entre hier -surtout- la description de la lourdeur bourgeoise fortement empesée et irrespirable de la bourgeoisie bordelaise et aujourd'hui -un Raymond de trente-quatre ans homme à femmes, égoïste, cynique et antipathique dans les années d'après-guerre-. Mauriac est un maître romancier Et le plaisir est toujours au rendez-vous quatre-vingt-dix ans après sa première publication en 1925 !!!


Un crime
Un crime
par Michel Besnier
Edition : Poche
Prix : EUR 8,27

4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 une étrange histoire..., 9 février 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Un crime (Poche)
le nouveau curé de Mégère -un petit village "au milieu d'une des contrées les plus sombres et les plus dures qu'on connaisse" dans les Alpes, isolé et pratiquement inatteignable- entend la nuit de son arrivée tardive des cris de détresse ainsi qu'un coup de feu dans le lointain, il réveille sa bonne -déjà totalement subjuguée par la jeunesse et la gentillesse infinie de son nouveau maître- qui alertera tout le village afin de rechercher dans la direction indiquée par le curé... ils trouveront aux abords du château un homme en agonie et au château même la vieille propriétaire de plus de quatre-vingt ans assassinée dans sa chambre... les gendarmes, le juge, un enfant de choeur blond, le curé bien entendu, la nièce héritière, le docteur... Mais ce faux polar -même si il y a bien une énigme criminelle à résoudre- et avant tout un roman d'atmosphères et de rapports humains Et d'un secret de famille bien dissimulé... il y a un des protagonistes qui y perdra énormément... une prose simple et imagée qui nous propulse dans ce hameau et dans les coeurs endurcis de ses habitants exceptons le nouveau curé, le juge de la ville et surtout l'enfant de choeur de quinze ans d'une sensibilité toute féminine à qui on fait sentir son étrangeté qui se liera de suite avec le nouveau curé qui se retrouve en lui. Un Bernanos atypique.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Sep 24, 2012 11:13 AM MEST


Casanova, un adolescent à Venise
Casanova, un adolescent à Venise
DVD ~ Leonard Whiting
Proposé par HTEC
Prix : EUR 13,85

10 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 un film très rafraîchissant, 9 février 2012
Achat authentifié par Amazon(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Casanova, un adolescent à Venise (DVD)
ce sont les premières années du fameux libertin qui nous sont exposées dans ce film entre Venise et Padoue ; un enfant fin, curieux, malingre abandonné par une mère de petite vertu à sa grand-mère vénitienne, jusqu'au retour de cette dernière avec son mari maladif et trois frères et soeurs qui ne sont évidemment pas du père... le père meurt après une opération chirurgicale des plus moliéresques (presque insoutenable à regarder!) en faisant promettre à un noble de prendre en charge l'éducation de ses enfants si jamais il trépasse à son opération, Giacomo est placé à Padoue dans une pension malfamée, sauvé par son professeur qui le prend en charge dans sa famille en plus de s'occuper de son éducation, le petit est éveillé, il apprend vite, il va entrer en prêtrise qui est la seule condition où l'on peut réussir tout en étant brillant mais de milieu modeste, retour dans la sérénissime comme acolyte d'un prêtre, il charmera par sa beauté doublée d'une culture évidente... il est dès enfant attiré par la gente féminine mais avec naïveté et maladresse, les femmes l'aideront bien à devenir celui que tout un chacun connaît... Comencini nous donne à voir un début du XVIIIe siècle très joyeux et bigarré où seule la naissance nous situe dans la société, il s'inspire de Tiepolo et Guardi pour nous restituer la Venise de l'époque insouciante, malfamée, populaire, superstitieuse, d'une religiosité bien à elle et aristocratique... Le ton reste léger et enthousiaste, une fraîcheur évidente s'en dégage, on passe un bon moment en vivant le présent intensément entre festivals et exorcismes, entre luxe effréné, moeurs dissolues et simplicité quotidienne du peuple. Un plaisir à déguster.


La Robe prétexte
La Robe prétexte
par François Mauriac
Edition : Poche
Prix : EUR 8,69

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 les dix-huit premières années de Jacques, 7 février 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Robe prétexte (Poche)
orphelin de mère et de père -du moins le croit-il jusqu'au moment où il apprendra sa réelle mort à Tahiti alors qu'il est encore enfant- élevé par sa grand-mère bourgeoise et bigote qui vit dans la compagnie d'une soeur religieuse et d'une parente pauvre pic-assiette qui sait rester à sa place, il a pour camarade sa cousine Camille -avec qui il partagera ses premiers émois amoureux- fille d'un homme débauché qui s'adonne aux jeux d'argent et collectionneur de femmes faciles... On est à Bordeaux... On baigne dans une intense religiosité avec une idée très précise du bien et du mal Et quel proie plus facile que celle d'un enfant en gestation... C'est un roman très délicat, extrêmement fin, qui nous permet de nous attacher à ce petit Jacques si sensible, à ses naïvetés, à ses découvertes, à cette sorte d'innocence préservée presque maladivement par son milieu confiné dans la religion et le bon argent. Une prose claire et imagée, fluide, précise et juste. J'ai beaucoup aimé.

"(...)j'avais vite fait de gagner ma chambre, de tourner la clef, de m'abandonner à l'indicible volupté de la lecture. J'entreprenais une lecture comme on commence un grand voyage. Le monde s'anéantissait. (...)"

"Je fus au collège, un de ces enfants scrupuleux et dévots que l'ignorance du mal délivre du mal. Adolescent, je ne pensais pas qu'il eût d'ambition plus haute que celle d'éviter toutes souillures, et de passer sur le monde comme un grand archange."

"Une implacable protection planait sur ma destinée. Je n'avais pas comme les autres hommes la liberté de pécher. Contre le péché, Dieu m'avait d'abord armé de timidité, de dégoût, de scrupules religieux et familiaux. À l'instant de la chute, tous les dogmes, tous les commandements de Dieu étaient soudain promulgués au fond de mon être par une voix intérieure. Un conseil de famille, comprenant les morts et les vivants de ma race, automatiquement se réunissait pour me juger. Enfin, si je passais outre, un de mes parents, le plus aimé, se décidait à mourir et creusait sa tombe entre la volupté et mon désir."


L enfant charge de chaines.
L enfant charge de chaines.
par MAURIAC FRANCOIS.
Edition : Broché

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Jean-Paul, 7 février 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : L enfant charge de chaines. (Broché)
il ne se passe pas grand chose dans ce bref roman, on suit Jean-Paul, alors qu'il a 22 ou 23 ans, dans ses méandres intérieurs, il traîne une morbidesse adolescente, il se nourrit de littérature, il a la nostalgie de son unique amour (amitié passionnée) d'enfance Vincent, il a une relation avec sa cousine Marthe -elle est amoureuse, lui un désir vague-, il souffre de déréliction, il se sent inutile et égoïste, il retrouve Vincent ("Jean-Paul parlait, parlait, cédant au plaisir de livrer son âme à l'ami retrouvé. Il disait sa tristesse incurable, sa débile volonté, combien la vie lui apparaissait médiocre...") qui fait partie d'un groupe religieux très sectaire "Amour et Foi" conduit par une sorte de gourou qui subjugue les jeunes hommes de condition modeste, Jean-Paul rejoint pour un temps ce mouvement ("Ne vaut-il pas mieux devenir l'esclave d'un Dieu, d'un maître, d'une doctrine que demeurer l'enfant libre, mais solitaire et las, et qui, à certaines heures, voudrait bien mourir ?...") avant d'être exclu et vilipendé comme étant un "bourgeois"... il cherchera à combler son vide dans une vie de presque débauche avant de revenir vers sa cousine Marthe ; il y a l'écriture de Mauriac pondérée, équilibrée et qui n'est que subtilité Mais cette sorte de mal-être d'un adolescent sensible et intelligent ne m'a guère ému, ainsi que l'omniprésence d'un Dieu qu'on appelle au secours. Publié en 1913.


Une saga moscovite (Tome 1)
Une saga moscovite (Tome 1)
par Vassili Axionov
Edition : Poche
Prix : EUR 11,69

6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Sous le règne de Staline 1924-1953, 6 février 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Une saga moscovite (Tome 1) (Poche)
Cette saga (plus de 1600 pages sur 2 volumes) nous donne un aperçu de ce qu'à pu être l'existence dans le monde coercitif, inique et dictatorial du système soviétique qui a trouvé son acmé sous le petit père du peuple le géorgien Staline ; mais c'est avant tout un roman qui met en-scène trois générations de Gradov qui font partie des privilégiés (ils vivent dans une datcha "Le Bois d'Argent" avec jardin comme sous l'ancien régime tsariste) mais qui auront leurs lots de souffrance comme tout un chacun et qui ne passeront pas indemnes au travers des purges staliniennes... le grand-père -Boris III- est un imminent professeur de médecine et chirurgien, ses deux fils dont l'un -Kiril- un stalinien convaincu mais ce qui ne l'empêchera nullement de croupir dans un camps, l'autre -Nikita- un militaire brillant et efficace sera lui aussi arrêté, torturé et emprisonné avant d'être libéré grâce à l'agression des nazis et de devenir maréchal de l'empire, victorieux, adulé et "presque" intouchable, sa fille -Nina- est une poétesse trotskiste qui échappera bien involontairement à toutes arrestations Et son épouse une géorgienne douce et attachante, pianiste devant l'éternel... puis il y aura aussi la génération suivante au travers du fils du maréchal -Boris IV- et de la fille de la poétesse... évidemment comment résumé une saga qui marie si intelligemment et si vraisemblablement les personnages bien réels (les Staline, Béria et ainsi de suite) aux personnages imaginaires avec les quels on vibre, on souffre, on pleure, on saigne... c'est une merveilleuse appréhension de la Grande histoire au travers la petit histoire si divinement romanesque de ces Gradov, je ne l'ai guère lâché jusqu'au point final.


We Need to Talk About Kevin
We Need to Talk About Kevin
DVD ~ Tilda Swinton
Prix : EUR 13,09

7 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 l'horreur d'enfanter un monstre, 3 février 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : We Need to Talk About Kevin (DVD)
J'avais beaucoup aimé le roman qui est resté très présent en moi, donc je savais tout avant et surtout je remplissais les vides elliptiques inhérents à toute adaptation cinématographique ; c'est avant tout le portrait d'une femme qui n'a pas vraiment désiré son bébé, qui a sacrifié une carrière florissante pour élever son petit garçon Kevin, ce Kevin s'avère dès bébé une peste innommable, un emmerdeur volontaire doublé d'un sadique qui fait tout pour contrarier sa mère dont il sent certainement -très intelligent et merveilleusement intuitif- qu'elle ne l'aime que par obligation ; il deviendra avant ses 16 ans un tueur de masse jouissif et froid qui sait exactement ce qu'il fait, méticuleux et implacable ; en fait il est hypocrite et faux avec son entourage -particulièrement le père d'une naïveté qui le dégoute- excepté sa mère à qui il montre son vrai visage Et l'annonce du divorce provoquera le drame final car se retrouver seul avec son père lui serait insupportable. Le film tient avant tout par Tilda Swinton extraordinaire en mère, le père est effacé, Kevin entant qu'enfant n'a qu'une attitude celle du sale gosse fermé et méchant, l'adolescent pas vraiment plus... film qui avance avec la mère après le drame qui vit son présent entant que celle qui a donné la vie à un monstre intercalé par de nombreux retours en arrière qui déroule toute l'histoire. Réalisation impeccable, sobre, on suggère plutôt qu'on montre, on est avant tout dans un drame psychologique. Une bonne adaptation.


Un poisson sur la balançoire, tome 2 : Une promesse de douleur et de sang
Un poisson sur la balançoire, tome 2 : Une promesse de douleur et de sang
par Djaziri Eyet-Chekib
Edition : Broché

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 alors que Sofiène a 17 ans..., 25 janvier 2012
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Sofiène alors qu'il commence une nouvelle année scolaire à Cherbourg -sa mère est française, son père tunisien- se remet péniblement d'une passion intense, érotique et totale qui a duré deux ans avec Khélil mort dans un accident de la route, il est homosexuel à la mode de l'Afrique du Nord, c'est à dire qu'il est passif, fou des hommes, rêvant d'être fécondé, ses amants sont quant à eux hétérosexuels -pour la plupart- mais comme souvent en Afrique du Nord peuvent avoir une passion charnelle pour un garçon meilleur qu'un femelle mais assimilable à elle, après deux amours passagers en France, il vient passer ses vacances d'été à Tunis chez son père, il revoit dès l'aéroport son amant si puissant et si viril Mohamed-Ali entre les bras duquel il avait tenté de noyer son chagrin à la mort de Khélil "Le dernier a avoir possédé mon corps fut Mohamed-Ali en novembre, soit trois mois plutôt. Il est vrai que la violence de nos étreintes, ses morsures et ses vigoureux assauts avaient nécessité plusieurs semaines de convalescence."... quelques jours plus tard ce Mohamed-Ali lui dira "-Tu ne dois avoir d'autre priorité que celle de me satisfaire ! siffle-t-il entre ses dents. J'ai l'instinct très animal, tu l'as toi-même souligné. Tu es ma proie, et je peux fouiller dans tes chairs comme il me plaît." ... c'est en petit livre d'un moment de la vie de Sofiène sur le mode de confessions intimes écrit avec une grande sensibilité qui parle beaucoup de sexe Mais surtout de Passion ainsi que des débordements sensuels jamais assouvis en pleine adolescence, Sofiène nous livre avec une pudeur toute moyen-orientale -ou une impudeur dévoilée honnêtement sans aucune culpabilité- ses sentiments les plus intimes...

Ses retrouvailles au lit avec Mohamed-Ali

"Sa bouche se pose sur la mienne. Aucune faim impérieuse ne dévoile ses crocs. Il semble assoiffé de douceur, avide de lécher mes saveurs. Le choc que j'appréhendais n'a pas lieu. Nos corps se fondent l'un dans l'autre avec une harmonie parfaite, s'épousent sans se heurter, se donnent et se prennent avec naturel, sans forcement ni blessure. Il trouve seul le passage que je l'invite à emprunter sans opposer de résistance, s'enfonce dans le chemin où le guide mes soupirs. Ses coups de reins, lents et profonds, sont accueillis par des gémissements qu'il reçoit sur ses doigts, posés sur mes lèvres avec la légèreté d'un bâillon de soie. (...)"


J'm'appelle Mehdi
J'm'appelle Mehdi
par Danilo Casti
Edition : Broché
Prix : EUR 12,52

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 "Si t'a rien, même si t'es un type bien, honnête et correct et tout, tu peux crevé.", 21 janvier 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : J'm'appelle Mehdi (Broché)
c'est un livre témoignage qui est fait de la parole d'un garçonnet marocain de douze/treize ans qui a déballé honnêtement et sincèrement sa vie de survie à Danilo Casti -un travailleur social, un universitaire, un psychologue-clinicien- Et qui nous impressionne pas sa lucidité et une certaine acceptation de la fatalité qui l'a fait naître parmi les plus déshérités ; bâtard d'un père inconnu, une mère qui disparaît, réapparaît puis disparaît définitivement, il connaîtra la faim, le destin des gosses de rue, la prison, le froid, il se prostituera -les marocains s'avèrent bien pires que les généreux pédophiles occidentaux-, il sera battu, il attrapera des MST, il connaîtra un début d'amour pour une fille, il sera embrigader, droguer, emprisonner afin de satisfaire des vieux messieurs, puis laissé pour mort... jusqu'à ce qu'il retrouve le chemin de la maison de Danilo.

"Ce qui m'dégoute le plus c'est tous ces gens qui soit-disant parlent pour notre bien et qui par derrière font des choses dégueulasses."

"Au début, j'avais dans la tête tout c'que mes parents m'avaient dit, sur l'honnêteté, l'amitié, la justice, la religion, et tout. Hé, ben, tout ça, c'est bidon. Tu crois que c'est honnête qu'en on s'est fait jeté dehors de notre maison ? Quand les gendarmes n'ont rien fait pour l'empêcher, c'est juste ? (...) Pour manger, j'ai dû voler, mentir. Pour dormir, j'ai dû frapper des plus p'tits que moi pour prendre leur place. Pour me défendre j'ai dû utiliser un couteau et aussi faire des choses qui m'plaisent pas avec des grands qu'y'm'protègent. Tu crois que c'est normal pour un enfant ?"


Belle Famille
Belle Famille
par Arthur Dreyfus
Edition : Broché
Prix : EUR 17,01

9 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 "L'écrivain ne fait rien d'autre que cela : rêver la vérité.", 21 janvier 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Belle Famille (Broché)
Arthur Dreyfus transpose ou transfigure ou réinvente l'affaire Maddie Mc Cann dans un roman jouissif, sardonique, tragi-comique qui flirte avec la bouffonnerie ; la famille Macand est française, ils ont trois fils dont le petit Madec sept ans, la mère Laurence est autoritaire et dominatrice tout en étant écologiste et bobo, le père plus effacé est en général soumis aux dictats de son épouse, il est là sans être là, Laurence a un frère Tony, une sorte d'aventurier opportuniste qu'elle n'aime guère jusqu'au moment de l'affaire Madec où il prendra en charge la campagne publicitaire autour de la disparition de son neveu adoré ; car Arthur Dreyfus donne une version de l'histoire que beaucoup de monde a pensé tout haut puis tout bas "L'écrivain n'est jamais fidèle à la vérité. Il lui préfère sa petite soeur : la vraisemblance." : la mère dissimule la mort accidentel de son fils en faisant disparaître le corps puis en pleurant l'enlèvement évident de celui-ci par un réseau pédophile... buzz dans les médias, Noah, Daho, le pape, le ministre de l'intérieur qui émeuvent les foules, les centaines de milliers d'euro qui s'engrangent... un pédophile anglais qui était en vacances dans le même lotissement toscan forcément coupable... l'inspecteur italien qui a l'intuition de l'histoire avec la mère en coupable mais qui sera cloué au piloris pour oser imaginer l'inimaginable : une mère matricide !!! C'est acide, drôle, corrosif, cela met en accusation tout autant la mère perdue que les médias et notre mode de fonctionnement face à ce type de faits divers qui font le buzz... jusqu'à ce qu'un autre prenne la une Et là se sera un véritable tsunami qui engloutira l'affaire Macand. C'est un roman plaisant à lire.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 21, 2012 9:45 AM CET


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