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Contenu rédigé par Jean for Joel
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Commentaires écrits par
Jean for Joel "J.V Omri" (Suisse)
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La mort du papillon: Zelda et Francis Scott Fitzgerald
La mort du papillon: Zelda et Francis Scott Fitzgerald
par Pietro Citati
Edition : Broché

9 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Destins croisés, 15 novembre 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : La mort du papillon: Zelda et Francis Scott Fitzgerald (Broché)
c'est l'histoire d'une passion qui sombrera dans l'alcoolisme pour lui, dans la schizophrénie pour elle, que nous décrit succinctement Pietro Citati ; 1920 le mariage et le succès -son premier livre fut un best-seller pour l'époque- une vie déjantée et prolixe à New York, l'argent et l'alcool coulant à flot, 1921 leur fille nait puis la décennie européenne particulièrement française commence car douceur de vie, alcool a profusion et modicité du coût de la vie pour des Américains, elle y aura deux passions -un aviateur et la danse- avant de sombrer dans sa nuit faite de nombreux séjours en clinique psychiatrique, lui ne cesse de boire pour écrire et surtout charmer... en 31 ils rentrent, elle soit-disant guérie mais sa paranoïa et sa maladie perdurera, lui ira à Hollywood entant que scénariste mais sans succès, son dernier roman publié Tendre est la nuit sera un échec commercial, les dettes s'accumuleront, à 44ans il décèdera d'un coup, quelques années plus tard Zelda perdra la vie dans l'incendie qui consumera son asile psychiatrique.

"Ainsi, querelle après querelle, verre après verre, gaspillage après gaspillage, Zelda et Fitzgerald perdirent la paix et la santé : ils abusèrent de leur amour, le blessèrent, le déchirèrent, le mirent en pièces avant même d'être submergés."

ps un petit livret intérieur de photographies qui couvre les différentes phases de leur vie.


Le Confessionnal
Le Confessionnal
par Georges Simenon
Edition : Poche
Prix : EUR 5,60

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 André entre père et mère..., 14 novembre 2012
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c'est un Simenon sans un drame violent mais avec un malaise en continu plus insidieux : André -fils unique-, seize ans et demi, en préparation de son bac, voit par hasard -alors qu'il entame une histoire d'amour- à Nice sa mère sortir d'une maison où l'on loue des chambres pour dissimuler des amours illicites Et tout au long de ce court roman son père puis sa mère vont tenter de le mettre de son côté, de lui expliquer son point de vue... André est perturbé, il les aime tous les deux, il est mal-à-l'aise dans leur grande villa de Cannes entre leurs six yeux Mais il faudra attendre les dernières pages pour comprendre vraiment la raison du pourrissement entre ses parents. Un roman subtil sur le couple dans un style clinique comme si on était face à un rapport d'autopsie avec quelques perles "Cela devenait grinçant, misérable. N'était-elle pas capable de voir, elle aussi, que les prunelles de son fils tournait à l'orage ?".

"Cela ne le regardait pas non plus, lui, André. Elle était sa mère. Il prétendait être libre et elle était libre aussi. Il n'avait pas à juger son père, ni à juger qui que se soit, sinon lui-même."


Thérèse Desqueyroux
Thérèse Desqueyroux
par Jean Touzot
Edition : Poche
Prix : EUR 5,10

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 "Ne penses-tu pas que la vie des gens de notre espèce ressemble déjà terriblement à la mort ?", 13 novembre 2012
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ayant vu l'admirable film de Georges Franju (1962) avec des interprètes rares -Emmanuelle Riva et Philippe Noiret- j'ai eu envie de relire ce texte et comme il ouvre le tome II de la Pléiade, je continue ainsi ma relecture de cet auteur majeur du XXe siècle ; c'est un roman court qui nous projette dans la bourgeoisie riche de province où tout le monde doit se conformer à un moule défini, la famille avant tout, la préservation du nom, le mépris de l'étranger et du juif en particulier, la perpétuation de la race, la fierté de posséder des milliers de pins... Thérèse sort de ce monde-là, elle est terrienne et elle vit de ses pins, elle est jolie sans être belle et très charmante, elle décide donc d'elle-même d'épouser le fils Desqueyroux qui en vaut en autre, même qui lui paraît un peu moins buté que les autres, afin de marier leurs patrimoines Mais très vite elle se sent oppressée par la lourdeur de son milieu qui la tétanise, elle est intelligente et libre d'esprit, elle ne peut se conformer au moule, son Bernard lui devient rapidement odieux, tellement attendu et grossier, sa petite fille la dégoute pour ce qu'elle représente, leur propriété d'Argelouse l'enferme comme une prison... elle voudra anéantir tout cela par l'empoisonnement de son mari, sans préméditation, ainsi, par un hasard Mais lorsqu'elle aura commencé rien ne pourra plus l'arrêter... il s'en sortira, le procès sera bâclé car elle doit être acquittée pour préserver la Famille et le Nom Mais elle se retrouvera encore plus mouton noir recluse par ce qu'elle avait voulu détruire car les convenances priment... la prose de Mauriac est équilibrée, pondérée, précise, imagée, toujours bouleversante, elle nous rend vivant ce monde-mort fait de convenances, d'hypocrisie et de traditions.

"Oui, la mort dans la vie : elle goûte la mort autant que la peut goûter une vivante."
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 22, 2013 12:25 AM CET


Alabama song
Alabama song
par Gilles Leroy
Edition : Poche
Prix : EUR 6,80

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 "J'étais la fille du juge(...)"p68, 11 novembre 2012
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sortant des oeuvres complètes de Francis Scott Fitzgerald dans la Pléiade Romans, nouvelles et récits I, II avec un incommensurable plaisir, j'avais envie de lire autour de lui donc forcément ce roman et même si je n'ai pas trop aimé la vision sombre et détestable de l'écrivain faite de réalités mais aussi de rumeurs j'ai apprécié l'élégance de la prose de Gilles Leroy ganguant au plus près Zelda une femme frustrée et dépressive, haineuse et déçue, croyant à ses propres chimères -ou était-ce la réalité ?- détruite par son mari presque impuissant, inverti (avec le jeune mythomane Hemingway plus détestable que détestable), volant ses écrits intimes pour les utiliser dans ses nouvelles et romans, l'empêchant d'écrire, la faisant interner abusivement, lui enlevant tous droits sur sa fille (en fait en lisant La mort du papillon: Zelda et Francis Scott Fitzgerald ce que nous décrit Gilles Leroy s'est bien la paranoïa d'une femme sombrant dans la schizophrénie) ... Mais quand on lit la vision de Zelda par Scott dans ses oeuvres on ne peut supposer qu'il fut cet homme-là -alcoolique c'est certain-, car que ce soit Daisy de Gatsby, Gloria de Beaux et Damnés, Nicole de Tendre et la nuit + les multiples garçonnes de ses nouvelles, il y a énormément de tendresse et d'amour, de respect et d'admiration pour ce papillon blessé, fille du Sud aisée, iconoclaste et scandaleuse, insouciante et symbole de la libération de la femme du début du XXe... bref je vais continuer à découvrir qui était ces deux êtres à travers biographies et autres.

"Les gens qui s'aiment sont toujours indécents. Et pour ceux qui ont perdus l'amour, le spectacle des amants est une torture qu'ils nient en crachant dessus ou en s'en moquant." p81


Rue des Voleurs
Rue des Voleurs
par Mathias Enard
Edition : Broché
Prix : EUR 21,50

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 "Bien sûr tout cela avait commencé par le péché originel, déshabillé Meriem(...)" p89, 10 novembre 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Rue des Voleurs (Broché)
c'est un roman très plaisant à lire, inscrit dans notre actualité presque immédiate : les révolutions arabes qui tournent toutes à des démocraties islamistes, la crise européenne particulièrement espagnole avec le mouvement des indignés, la gauche qui remporte les élections présidentielles françaises, l'attentat de Marrakech, les massacres syriens... c'est à travers le narrateur et héros de ce roman contemporain -Lakhdar- un Tangérois insouciant, fou de polar français, intelligent, dont la vie bascule après avoir enfin obtenu les dernières faveurs de sa cousine Meriem et d'avoir été renié par son père religieux qui le maudit, il errera à Casablanca entant que clochard, puis reviendra à Tanger pour retrouver son ami Bassam, pas fut fut mais tellement chaleureux, qui lui permettra de travailler pour une association musulmane intégriste entant que bibliothécaire, il rencontrera une espagnole avec qui il nouera des liens charnels et amoureux juste après l'attentat de Marrakech où il soupçonnera son ami et l'association d'être mêlé... d'autres aléas avant qu'il ne se retrouve à Barcelone non loin de son amie parmi les immigrés et déshérités de la grande ville jusqu'au dénouement (in)attendu du roman ; un héros attachant, une écriture enthousiasmante, parlante et imagée qui décrit notre société actuelle ; je lui ai retiré une étoile car j'ai trouvé ce Lakhdar un peu trop européen, un peu trop caricatural dans notre sens, une lucidité humaniste, en pleine déréliction, ainsi que le benêt Bassam dont on lavera l'esprit pour en faire en parfait combattant de l'extrême (je ne dis pas que ces gens ne sont pas vraisemblables mais ils me semblent sortis de nos attentes occidentales) mis à part cette restriction j'ai passé un bon moment avec cette prose simple remplie de couleurs, d'odeurs et de bruits.

"La vie consume tout - les livres nous accompagnent, comme mes polars à deux sous, ces prolétaires de la littérature, compagnons de route, dans la révolte ou la résignation, dans la foi ou l'abandon." p251


1978
1978
par Santiago H. Amigorena
Edition : Broché
Prix : EUR 16,25

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 apparition d'un être lumineux qui vient d'ailleurs..., 8 novembre 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : 1978 (Broché)
et c'est dans une classe de première d'un lycée parisien qu'arrive en retard cet émigré d'Argentine qui deviendra petit-à-petit l'ami du narrateur et de toute sa bande de potes, il est charmeur, beau, amoureux de toutes les filles, poète, prétentieux -mais il donne ses lettres de noblesse à la prétention!!- candide dans son arrogance involontaire... il agace les professeurs par son péremptoire tranchant et son art de la repartie, particulièrement celui de français qu'il étourdit par des auteurs qui en 1978 ne sont guère connus en France, comme Borges, Musil et ainsi de suite, il est timide, laconique, dans les nuages, il apparaît et disparaît ainsi, il pleure souvent sans raison apparente Et il devient l'évident meneur de la bande ; il y a la nostalgie d'une époque révolue "L'époque n'avait pas encore assez changé pour qu'on ne puisse plus rêver, mais elle avait déjà assez changé pour qu'il nous soit impossible d'aller au bout de nos rêves." p232 sans ordinateurs, où le cinéma, les filles et les pétards étaient leur seule raison d'être, d'un Paris où le Marais et la Bastille sont encore des endroits mal-famés peu recommandable, où il y avait peu de cloisonnements sociaux chez les adolescents, où la dictature des marques étaient inexistantes ; une prose simple et sensible ; j'ai aimé.

"En 1978, on était déjà en première, mais on était encore des enfants. Oui, on avait seize ou dix-sept ans, mais on était encore des gamins. Ou, plus précisément, on était ce drôle de mélange entre enfant et adulte qu'on devient à un certain moment de l'adolescence : on était des adultes pratiquement tout le temps et soudain, brusquement, par à-coups, pendant quelques minutes ou quelques heures, on se transformait ou redevenait vraiment des mômes." p23


L'insatiable homme-araignée
L'insatiable homme-araignée
par Pedro-Juan Gutierrez
Edition : Broché
Prix : EUR 20,00

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 "Je me dis parfois que la vie ici se résume à la musique, au rhum et au sexe. Le reste, c'est du décors." p210, 8 novembre 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : L'insatiable homme-araignée (Broché)
Pedro Juan Gutiérrez a 50ans Et dans ce livre autobiographique il nous déroule son quotidien dans des saynètes comme autant de chapitres avec un titre particulier où il nous raconte sa femme Julia et l'agonie d'une relation de cinq ans, sa vieille voisine oubliée de tous avec qui il partage une terrasse au huitième étages d'un immeuble de la Havane, de ses rencontres improbables, de la dictature de son pénis qui veut toujours de nouvelles femmes, qui durcit au moindre déhanchement d'un cul noir qui passe -car les blanches sont tellement insipides!- et il n'est pas très regardant, il boit beaucoup, il fume un peu, il peint parfois, il écrit mais n'est pas prophète en son pays, il nous parle énormément des rapports inégalitaires en les hommes et les femmes, l'un domine toujours l'autre -autant les femmes que les hommes-, de ses désirs sans oeillières parfois brutaux et tellement humains... il est lucide, il regarde son pays en déliquescence dans une touffeur humide où tout le monde tente de survivre en se méfiant de la politique et des séides du pouvoir en place, il parle cru mais toujours avec finesse Et lui au contraire de beaucoup ne se renie pas. J'adore.

"- On aime tous vivre comme dans un roman. Nous, les Cubains, on est romantique de naissance.
- Tu es cynique.
- Juste assez pour résister." p70

petit extrait d'un dialogue avec sa femme :

"- Ici, on ne publie pas tes livres, parce que tu nous sors par les trous du nez.
- Ah, Julia...
- Tu es choquant est lourd. Tu écris toujours sur la même merde de tous les jours, sur la misère et sur les emmerdes. Même moi, je peux pas lire tes livres. Écris quelque chose de plus gai, de plus convenable.
- De plus stupide ?
- Ne sois pas pédant. (...)" p171


Le ciel se trouve sur terre
Le ciel se trouve sur terre
par Åke EDWARDSON
Edition : Poche
Prix : EUR 9,10

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Göteborg en hiver..., 6 novembre 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Le ciel se trouve sur terre (Poche)
ce polar s'ouvre lentement (ce fut mon premier lu de Ake Edwardson), il gagne en intensité une fois les noms suédois intégrés, une fois entré dans cette écriture/monde sans fioritures très cénobitique presque dérangeante, deux enquêtes s'entrelacent, celle de plusieurs étudiants agressés et marqués à la tête et celle de gosselots ayant été embarqués par un inconnu dans sa voiture puis quelques minutes plus tard rendus à la rue apparemment sans dommages Et dès le début on suit aussi l'homme qui enlève les enfants, dans sa névrose, dans son voyeurisme... évidemment on a compris -sans le savoir- que les deux histoires sont liées Mais il nous faudra attendre les dernières pages pour tout comprendre et le sordide qui vous attend n'est pas vraiment décelable au départ ; Noël qui arrive entre froidure et quelques flocons épars nous offre un décors très gris ; un coupable peut être aussi une véritable victime en souffrance. Pas si mal.


Romans, nouvelles et récits I, II
Romans, nouvelles et récits I, II
par Francis Scott Fitzgerald
Edition : Cuir/luxe
Prix : EUR 140,00

13 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 un écrivain mythique emblématique d'une époque, 3 novembre 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Romans, nouvelles et récits I, II (Cuir/luxe)
Enfin une édition exhaustive, en français Et dans la prestigieuse collection de la Pléiade de cet écrivain mythique mort à 43ans ; je l'attendais et je ne fus pas déçu ; nous avons droit à de nouvelles traductions et à la restitution de ses recueils de nouvelles tels que l'avait voulu Fitzgerald -Garçonne et Philosophes, contes de l'âge du jazz, Tous les jeunes gens sont tristes, Quand sonne la Diane -qui commence par la vie de Basil de ses 14ans à ses 16ans en plusieurs nouvelles puis celle de Josephine de ses 16ans à ses 18-, Autres histoires de Basil et Josephine et les histoires de Pat Hobby (amusante série de saynète de Pat scénariste "has been" à Hollywood en 1939)- il y a beaucoup de légèreté et de fraîcheur dans ses nouvelles, de jeux, de drôleries, des retournements de situations étonnantes et de réalisme, il nous décrit principalement une certaine société américaine blanche et riche, l'opposition d'un Sud plus aristocratique et languissant à un Nord plus matérialiste et grossier, on suit l'évolution du siècle -ainsi que dans ses romans- qui avance avec sa vie -il est mort en 1940- (à l'exception de ses Fantaisies comme Le diamant gros comme le Ritz ou l'étrange histoire de Benjamin Button) un monde de débutantes et de gosses de riche, de femmes libérées du carcan victorien et de garçons égotistes et romantiques... Basil est un double littéraire de Fitzgerald, attachant, littéraire, arrogant, mal-aimé puis adoré, parlant trop et Josephine pourrait être sa Zelda une fille du Sud émancipée, amoureuse de l'amour et un brin écervelée ; nous avons aussi droit évidemment à tous ses romans publiés de "Loin du Paradis", "Beaux et Damnés", "Gatsby le Magnifique", "Tendre et la Nuit" plus son roman inachevé sur le monde du cinéma "Stahr (Le dernier Nabab), des héros fascinants et charmeurs de Amory Blaine à Anthony en passant par Gatsby et par Dick, des enfances paradisiaques... une fascination lucide pour ce monde insouciant des très riches, il nous les décrit comme des égoïstes amoraux, ne pensant car leur propre confort mais touchants car vulnérables -le couple de Anthony et Gloria de "Beaux et Damnés" qui se détruisent dans l'attente de plus en plus désespérées des millions du grand-père de Anthony -devenu un pilier de moral sur le tard- ou dans "Gatby" le riche héréditaire Tom prônant la race blanche puant de paternalisme et d'arrogance protège sa Daisy d'une insouciance crasse qui échappe à toutes responsabilités alors que le fascinant Gatsby nouveau riche, touchant, blessé mais ayant accumulé sa fortune par des pratiques frauduleuses ou encore dans "Tendre est la nuit" Dick sera détruit par l'immense fortune de sa femme Nicole qu'il aura épousé, certes par amour, mais aussi pour veiller sur sa fragilité mentale, devenant malgré lui le médecin/psychiatre -qu'il est- de son épouse si belle et si fragile doublé d'un gigolo malgré lui -même si il a toujours voulu être riche- et cela l'anéantira...- il y a des flots d'alcool et encore de l'alcool, une Europe terrain d'amusements pour ses riches avant et après la première guerre mondiale, il y a surtout une modernité qui le rend immortel avec des thèmes qui n'ont guère changés -l'amour, la passion, la jalousie, la vanité, le couple, la dépression, la difficulté de vieillir, le travail aussi -plus rare mais présent-, l'hypocrisie, l'égoïsme...- Et le second volume se termine sur des "Récits" qui rassemblent des articles et des essais -à tendance autobiographique- de 1924 à 1939 où nous lirons "La Fêlure" publié en 1936 où il nous décrit un homme fini qui sombre dans une dépression abyssale. Un plaisir de chaque page -plus de 3200pages-, un auteur qui nous parle toujours.

"Toutefois, quatre heures après avoir quitté ce pays pour de plus chaudes contrées avec Béatrice, son appendice éclata, sans doute car il avait pris trop de repas au lit, et après une série de télégrammes frénétiquement expédiés en Europe et en Amérique, à la plus grande surprise des autres passagers, le paquebot fit lentement demi-tour et reprit le chemin de New York pour déposer Amory sur la jetée. Vous conviendrez que si ce n'était pas vraiment la vie, c'était tout de même une splendide existence." de "Loin du paradis.

"Il y avait beaucoup d'insouciance dans tout de désordre. C'étaient tous deux - Tom et Daisy - des insouciants, ils cassaient les choses et les êtres, puis allaient se mettre à l'abri de leur argent, ou de leur prodigieuse insouciance, ou de ce qui les liait l'un à l'autre, et ils laissaient à d'autres de nettoyer les saletés qu'ils avaient faites..." de "Gatsby le Magnifique".
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 24, 2013 7:10 PM CET


Romans, nouvelles et récits (Tome 1)
Romans, nouvelles et récits (Tome 1)
par Francis Scott Fitzgerald
Edition : Cuir/luxe
Prix : EUR 70,00

6 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 un écrivain mythique emblématique d'une époque. Tome I, 26 octobre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Romans, nouvelles et récits (Tome 1) (Cuir/luxe)
J'attendais depuis longtemps que la collection de la Pléiade accepte en son sein cet écrivain mythique Et je me suis donc procuré l'élégant coffret de suite ; nous avançons dans son oeuvre chronologiquement Et grâce à de nouvelles traductions Et grâce surtout au rendu de ses ouvrages de nouvelles restitués en français tel que l'avait voulu Fitzgerald ; "Loin du paradis" son premier roman où nous suivons la vie du très bel Amory Blaine à la tignasse auburn et aux gigantesque yeux émeraudes, l'égotiste romantique, de son enfance paradisiaque de gosse de riche hyper protégé, à ses années dans une école privée chic puis à ses années à Princeton... ses amours et sa seule passion où le mariage lui sera interdit par un retour de fortune radical, son attitude devant -et pendant- la guerre et face aux nouvelles utopies qui se propagent au début du XXe siècle ; "Garçonnes et Philosophes" est un recueil de huit nouvelles, toutes plus surprenantes les unes que les autres, divertissantes, amusantes, nous restituant tout un monde de privilégié dans l'Amérique insouciante du début du XXe siècle Mais Fitzgerald malgré son amour irréfragable des riches se montre parfaitement réaliste vis-à-vis d'eux en les décrivant souvent comme des égoïstes crasses, sans moral, cruels pour ceux qui ne sont pas de leur monde ou pour ceux qui deviennent pauvres ; "Beaux et Damnés" son second roman -le plus long- que je ne connaissais absolument pas et qui fut une divine découverte nous conte les tribulations de Antony le petit-fils d'un multimillionnaire qui après avoir été un requin -qui lui a permis d'édifier sa fabuleuse richesse- et devenu un pilier moral -soutenant financièrement des oeuvres protestantes intégristes et les prémices de la prohibition-, Antony ne sera que velléités attendant -avec la certitude de devenir richissime- la mort de son ancêtre -ses parents sont morts prématurément en lui laissant une petite rente-, il se mariera avec la fascinante Gloria, belle, insouciante et indomptable (très inspirée de sa femme Zelda), ils dépenseront plus qu'ils ne le peuvent attendant toujours avec une impatience de plus en plus désespérée le décès du vieux mais va-t-il déshériter ce petit-fils s'adonnant à une oisiveté tellement révoltante et surtout à un alcoolisme mondain méprisable... c'est l'histoire d'une déchéance qui se déroule pratiquement intégralement à New York ; "Contes de l'âge du Jazz" qui contient onze nouvelles comprenant "mes dernières garçonnes", "Fantaisies" et "Chefs-d'oeuvre non répertoriés", d'après moi plus faible que le premier ouvrage de nouvelles, même si j'ai adoré ses fantaisies qui comprennent entre autre "Un diamant gros comme le Ritz", "Le chameau qui en avait plein le dos" ou encore "L'étrange histoire de Benjamin Button" ; et enfin "Gatsby le magnifique" son roman le plus fameux, le plus mythique avec un héros romantique et mystérieux, fabuleusement riche qui pense que le passé peut se recréer dans le présent... entre Long Island et New York, entre des palais de marbres et des parties où l'alcool coule à flot -malgré le fait que l'on soit en 1922 en pleine prohibition-, une tragédie qui ne peut se terminer que tragiquement... un roman court, implacable, si représentatif du nouvel Olympe créé par l'argent.

J'ai vraiment ressenti un plaisir de chaque instant en lisant la prose si vivante et si enthousiasmante de cet auteur mort à 43ans Et qui reste pour moi un emblème des années vingt avec toutes leurs outrances et leurs injustices foncières, il nous décrit les très riches avec amour mais sans complaisance, il y a presque toujours une fêlure -surtout dans ses romans-.


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