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Contenu rédigé par Jean for Joel
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Commentaires écrits par
Jean for Joel "J.V Omri" (Suisse)
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La chamade
La chamade
DVD ~ Catherine Deneuve
Prix : EUR 11,00

Aucun internaute (sur 1) n'a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 l'insouciante Lucile ou l'éloge de l'oisiveté, 10 août 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : La chamade (DVD)
Lucile vit maritalement avec un Charles richissime qui l'adore, qui lui permet de vivre une vie délicieuse d'oisiveté ; son unique travail s'est de s'occuper d'elle, de s'habiller divinement, de se coiffer, de se parer des bijoux sublimes offerts gracieusement par Charles son compagnon de vie qu'elle aime tendrement, de sortir dans leur coterie de riches oisifs vains mais si amusants et légers... Lucile ignore l'ennui, elle est heureuse et satisfaite... elle croise le laborieux et "pauvre" Antoine, un beau jeune homme amant d'une de ses amies-relations, ils tombent passionnément amoureux l'un de l'autre, un besoin total de l'autre... la belle Lucile va-t-elle renoncer à son luxueux train de vie pour une vie de pain et d'eau fraîche avec un homme qu'elle aime et qu'elle désire... moralité la passion dure se qu'elle doit durer... une Catherine Deneuve qui Est cette Lucile, insouciante, légère, adorant son oisiveté, belle à en mourir, drôle, qui ne vit que pour être adorée, divinement habillée par Yves Sain-Laurent... un Piccoli simple d'une richesse évidente et en orant de sa belle Lucile, lui servant même sur un plateau le bel Antoine, car son bonheur est de la voir heureuse... un réalisation parfaite, un Alain Cavalier au sommet de sa forme, respectueux de ses interprètes et de son sujet (que les féministes doivent détester car être heureuse et satisfaite qu'en étant une femme entretenue...), un film qui relate une France loin de toutes crises, une France de hauts-bourgeois n'ayant pas honte d'être riches... Un plaisir.


MON FILS A MOI
MON FILS A MOI
DVD ~ Nathalie Baye
Proposé par valounoa
Prix : EUR 17,50

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 une mère indigne, 9 août 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : MON FILS A MOI (DVD)
un petit film remarquable, très sobre et d'une justesse percutante, un véritable coup de poing qui nous montre comment une mère cyclothymique fait vivre un enfer à son jeune fils en passant d'un amour hystérique à une méchanceté sans nom, jalouse de toute affection qu'il pourrait porter à autre que Elle la Déesse, passant d'une tendresse excessive à une rudesse totalement inappropriée, inconsciemment sadique, incapable de voir ce qu'elle fait subir à son fils adoré... Tous les interprètes sont d'une vérité rare Et avant tout Nathalie Baye qui est La mère, bouleversante, effrayante, douloureuse ; Olivier Gourmet en père absent et silencieux, faisant celui qui ne voit rien, se cachant dans ses travaux universitaires ; le fils Julien, beau, sensible, tentant de cacher aux autres l'indignité de cette mère détestable, entre amour et haine, subissant la loi irréfragable et inique de sa génitrice ; plus une grande soeur tentant de soulager un peu la souffrance de son petit frère mais qui partira assez rapidement au grand bonheur de la mère et au grand malheur de Julien. Je le conseille fortement.


Chronique d'une passion
Chronique d'une passion
par Marcel Jouhandeau
Edition : Poche
Prix : EUR 8,00

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 "En toi pour moi l'occasion de m'émouvoir à en mourir." p19, 8 août 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Chronique d'une passion (Poche)
"Je dirai qu'il y a "un mystère" entre J. St. et moi. Je ne peux pas dire que "j'aime" cet homme ni qu'il m'aime. C'est autre chose, mais quelle gageure ! Nous sommes "liés"." p13 Ils ont vingt ans de différence, ils ont attendu dix ans, leur amour et surtout leur désir est mal "j'entends par "mal" ce que la morale courante réprouve et que la passion exige." selon les conventions de leur époque Mais quel bonheur de se repaître de l'ignominie secrète qui les relie Et Marcel Jouhandeau se livre -délivre?- avec une impudeur ineffable et sacrée dans cette chronique sans oeillières grâce à sa prose poétique et magique, dansante et émerveillant, chantante et inventive... au début je soulignais presque à chaque page des passages bouleversants de justesse en quelques mots savamment équilibrés, des formules concises qui touchent au coeur "L'excommunication de la part d'un ami est un désert où l'on forge son armure."
"Le docteur D. prétend que la religion serait magnifique, s'il n'y avait pas ceux qui la pratiquent et ceux qui en vivent. On pourrait dire la même chose de l'amour."
"Il faut vivre avec son péché. Aucun remords. Avide, à vide.(...)"
"Longtemps l'Absent n'a pas de Nom, ni de Visage, ni de Corps. On n'aime personne qu'on sache, mais ce n'est qu'un leurre : on aime quelqu'un dont on ne sait pas tout à fait le Nom, dont on n'entrevoit que rarement le Visage ou le Corps, dans un rêve, au cours du sommeil où éveillé à travers quelque mirage, ou à l'approche de certaines ressemblances aussi éphémères qu'insaisissables. Tout d'un coup on est alerté : on croit mourir de peur ou de douceur : c'est lui, l'Absent, on peut le nommer, enfin le voir, le saisir dans ses bras. L'Absent est présent, on le croit. Or, il n'a jamais été plus loin qu'au moment où nous sommes sûrs de le toucher."
puis j'ai cessé pour me laisser porter intérieurement par cette bouleversante et si touchante autobiographie d'une époque pas si lointaine où l'on ne pouvait que se cacher pour vivre intensément ce type de passion totale Et lorsque l'on est un grand auteur à la prose poétique cela donne cette chronique que je conseille à tous.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Aug 19, 2012 9:40 PM MEST


Gold Rush, roman traduit du japonais par Karine Chesneau
Gold Rush, roman traduit du japonais par Karine Chesneau
par Miri Yu
Edition : Broché

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 "les être que je décris sont des êtres au fond de l'abîme." Yu Miri, 4 août 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Gold Rush, roman traduit du japonais par Karine Chesneau (Broché)
c'est quelques mois dans la vie de Kazuki dans le quartier chaud de Yokohama "Que ce soient les vieux, les prostituées, les vendeurs de narcotiques, aucun habitant de Koganechô ne donnait à quiconque toutes les clés qui fermaient le coffre-fort de leur mémoire comme si le passé était leur seul et unique bien." p23 -appelé presque tout le long du roman "l'adolescent"- qui vient d'avoir 14ans, parfait gosse de riche pourri de fric, dégoûté par son père -un homme d'affaire vulgaire flirtant avec la pègre dirigeant plusieurs salles de pachinko (sorte de flippers verticaux qui fait fureur au Japon)-, qui ne va plus à l'école, qui se regarde vivre, arrogant, absolu, qui veut le pouvoir Et le pouvoir dans ses yeux c'est la détention de l'argent, il tuera ce père détesté ainsi avec une évidente délectation, une sorte de passivité désincarnée -presque au début du livre- et il tentera de faire comme si il n'avait aucune culpabilité, il tentera de remplacer son père disparu Et à la tête de ses affaires Et dans le lit de sa maîtresse Et dans la protection de son frère aîné atteint d'une maladie rare qui le maintient en état d'innocence Et d'une soeur paumée Mais est-il encore un enfant ou un adulte, en tous les cas il est vu comme un gosse par les autres ; une mère qui ne l'aime pas partie tôt tombée dans la superstition pour tenter de guérir son fils aîné malade, quelques vagues amis voyous, une sorte de yakusa comme unique allié, des grands-parents de substitution, une solitude morbide...

roman lu à sa sortie en 2001 relu avec un indéfectible plaisir, il m'avait laissé un souvenir marquant toujours très vivant d'où cette cette seconde lecture qui ne m'a aucunement déçu.

"Pourquoi les gens sont-ils nerveux dans la vallée de la vie et de la mort, la peur est dans la vie et la mort mêmes. Entre les deux, il n'y a que du vide. Quant à l'adolescent, c'étaient les tremblements dans les profondeurs souterraines de son coeur qui lui faisaient peur." p73

"Lui, il ne comprenait pas pourquoi on devait manger. L'acte de manger n'avait jamais été pour lui un plaisir : engrener les dents du haut et du bas en actionnant les mâchoires, écraser, avaler avec la salive, mordre encore, c'était incroyable d'être obligé d'effectuer deux, ou même trois fois par jour des mouvements répétitifs aussi ennuyeux. Pourquoi faut-il manger ?" p112

"Le sexe peut procurer un plaisir accompagné d'étonnement et d'angoisse comme lors d'un voyage en terre inconnue, mais il arrive aussi qu'on éprouve du plaisir précisément parce que tout se déroule tel qu'on l'avait imaginé. Si on recherche des excitations différentes chaque fois, il faut coucher avec un grand nombre de femmes, mais dans ce cas, on ne peut pas connaître la volupté de s'abandonner dans le corps d'une seule femme. Désirer une multitude de femmes est faire preuve de manque d'imagination, si on se lasse d'une femme, c'est qu'elle s'est tarie." p274

""Hacker's soul ?" Les adolescents sont des pirates qui pénètrent l'âme et la détruisent totalement, il faut faire en sorte que le jeu se termine." p280
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Aug 19, 2012 4:26 PM MEST


L'île d'Arturo. Mémoires d'un adolescent
L'île d'Arturo. Mémoires d'un adolescent
par Elsa Morante
Edition : Poche
Prix : EUR 8,90

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 seize années d'autarcie sur l'île de Procida, 24 juillet 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'île d'Arturo. Mémoires d'un adolescent (Poche)
c'est un Arturo adulte qui nous raconte ses seize premières années sur une petit île au large de Naples en presque totale solitude, sa mère est morte en lui donnant naissance -il conserve une photo et il l'idéalise : il rêve une mère sacrée-, son père -un batard blond d'une allemande et d'un italien- misanthrope et misogyne -comme le vieux qui lui a laissé en héritage le palazzo de Procida et l'argent qui va avec- qui ne reste jamais très longtemps sur l'île, qui le laisse pousser tout seul avec la nature et qu'il idéalise follement "Mon père ne se soucia jamais de m'envoyer à l'école : j'étais donc éternellement en vacances, et mes journées de vagabondage, surtout pendant les longues absences de mon père, ignoraient toute règle et tout horaire. Seuls la faim et le sommeil marquaient pour moi l'heure de rentrer à la maison." p31, il est Son héros, le voyageur rêvé, le fantasme absolu de la liberté, il ramènera une jeune femme adolescente un jour et il en sera jaloux mais non seulement il passera de l'intérêt à la haine, à l'amour, à la passion... puis quelques jours avant ses 16ans il aura la véritable désillusion/déception de son père sacré Wilhelm Gerace... il lit tout ce qui lui tombe sous la main et il vit en sauvageon et en prince dans cette île où l'ombre d'un bagne trône... "(...)j'avais l'impression d'avoir dormi pendant seize ans, telle la jeune fille du conte : dans une cour pleine d'herbes sauvages et de toiles d'araignée, au milieu des chouettes et des hiboux, une épingle enchantée fichée dans mon front!" p580

J'avais lu ce roman il y a vingt ans à l'orée de l'adolescence, il m'en restait un souvenir confus de poésie, d'île sauvage, d'une déception... mais plus rien de précis heureusement ; mon plaisir est resté intact malgré l'âge adulte, la féerie, la magie de cette enfance en liberté et en communion symbiotique avec la nature, la fierté d'Arturo, le dégoût des femmes puis l'intérêt évident... bref c'est un grand roman.


Le baiser de Caïn
Le baiser de Caïn
par John CONNOLLY
Edition : Poche
Prix : EUR 7,70

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 un livre en poupée russe, 22 juillet 2012
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le baiser de Caïn (Poche)
il y a bien un héros -le privé Charlie Parker- et une histoire principale qui semble simple -Parker est appelé par un ami pour venir l'aider afin de réunir des preuves pour innocenter un jeune "nègre" que tout t'accuse dans le meurtre d'une riche blanche dans l'État du Sud profondément raciste de Caroline- Mais il s'avère rapidement que cette histoire est le résultat d'un long passé et dissimule un autre crime qui en provoquera bien d'autres... il n'y a pas de fantastique dans ce faux polar, qu'une apparence, il y a beaucoup de haine, bien réelle elle... car en plus de l'histoire de l'adolescent noir il y a l'enquête précédente de Parker qui joue un rôle important ici -où il avait perdu sa dernière femme et sa fille- celle d'un révérend sadique et gourou d'une secte unique survivant en attente de son procès mais qui peut encore nuire... J'ai passé un bon moment dans cette plongée dans le racisme quotidien et inhérent à une certaine population blanche Et de suivre avec Parker les méandres afin de découvrir la vérité...


Maigret et le voleur paresseux
Maigret et le voleur paresseux
par Simenon Georges
Edition : Poche

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 "Mais c'était un mort presque anonyme, sans rien pour retenir l'attention des gens qui lisent leur journal dans le métro.", 16 juillet 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Maigret et le voleur paresseux (Poche)
Dans un Paris hivernale et glaciale, un homme est retrouvé de nuit dans le bois de Boulogne mort et défiguré, Maigret venu officieusement sur le lieu du crime reconnaît aussitôt à un tatouage un voleur très discret et extrêmement secret qu'il avait interrogé à maintes reprises sans jamais pouvoir l'arrêter, il connaît ses méthodes, son individualisme, il éprouve une sorte de respect pour ce truand tranquille et bien sous tout rapport Mais voilà cette histoire n'intéresse personne et il n'est pas chargé de l'enquête "Il en avait rarement autant dit à sa femme sur une affaire en cours, sans doute parce que, pour lui, ce n'était pas une affaire comme les autres et il n'en était même pas chargé." car il doit s'occuper d'une affaire de vols qui fait les gros titres de la presse et qui occupe tout le quai des Orfèvres Mais il ne pourra pas s'empêcher de rechercher l'assassin de ce "brave homme" en s'appuyant sur le triste inspecteur Fumel relégué aux dossiers morts nés... Et il résoudra l'énigme dans l'indifférence générale. Un commissaire toujours altruiste et ouvert d'esprit, tenace et bonasse, toujours à l'affût et d'une empathie peu commune pour son métier.


Marcel Jouhandeau : Mémorial IV - Apprentis et garçons
Marcel Jouhandeau : Mémorial IV - Apprentis et garçons
par Marcel Jouhandeau
Edition : Broché
Prix : EUR 17,90

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 une série de portraits extrêmement vivants, 10 juillet 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Marcel Jouhandeau : Mémorial IV - Apprentis et garçons (Broché)
Marcel Jouhandeau -surnommé Titi dans sa prime enfance- consacre cet ouvrage aux garçons ayant travaillé avec son père boucher de Chaminadour alors qu'il avait de onze à quatorze-ans -environ-, il les observe méticuleusement, il nous conte des anecdotes de vie de ces jeunes hommes du peuple avec cocasserie, finesse, respect et beaucoup de fraîcheur ; grâce à sa prose variée, enthousiaste, aux mots choisis tout en restant simple, il nous enchante par ses descriptions de vie, sa prose chante, sautille, surprend, charme... petit extrait :

"On avait un faible pour lui. Certains êtres, quelques soient leur classe ou leur rang, apportent avec eux ce charme irrésistible, une grâce qui les accompagne partout et accorde ou divise autour d'eux. Il n'y a là rien de mystique, mais peut-être un rien de magique. Une bête parfois y suffit, parfois un enfant, dans la mesure où ils sont imbus d'une spontanéité, d'une sauvagerie un peu barbare, d'une électricité qui est le naturel du premier plan. Charles, c'était cela exactement, un "éon" fantasque, primitif, démon ou ange, qui n'appartenait à aucune espèce connue : l'air égaré sur la Terre, comme devrait l'être tout homme, avant que ses semblables l'aient gâté, apprivoisé, asservi."


Lettres d'Egypte : Du Caire à Assouan, 19..
Lettres d'Egypte : Du Caire à Assouan, 19..
par Hervé Guibert
Edition : Broché
Prix : EUR 12,40

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Intimisme : -voyage décalé et intérieur-., 9 juillet 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Lettres d'Egypte : Du Caire à Assouan, 19.. (Broché)
ce petit opuscule est composé de lettres non envoyées de Hervé Guibert à différents de ces amis restés à Paris -que l'on reconnait si on connaît son oeuvre romancée-, composées de ses impressions de voyage en biais, de ses angoisses, rêves, cauchemars, de ses déceptions aussi et de son manque de ceux qui ne sont pas avec lui, il accompagne Hans Georg Berger qui scande en trois parties les missives de très belles photographies en noir et blanc d'une Égypte décalée, intimiste, inattendue, humaine avec souvent la présence d'un Hervé désincarné ; sur l'idée du voyage de Gustave Flaubert et Maxime Du Camp perpétré en 1849, deux amis, un écrivain, un photographe, une vague promesse de publication, une totale liberté... J'ai apprécié son besoin permanent de livrer son intimité pudiquement et d'en faire oeuvre imaginaire Et les clichés corroborent très bien les lettres.

Petit extrait d'une des lettres à Thierry du 23 mars de Louxor :

"Nous avons quitté le Caire dans une tempête de poussière, infecte et usante, au mieux safranée, qui avait raison de nos yeux, de notre souffle, de notre moral : nous sentions le sable mauvais emplir nos cerveaux pour en noircir le sang et l'humeur. Le trafic du Caire a la même inéluctabilité qu'un sablier, on se demande comment l'esprit peut survivre à ses atteintes.(...). Nous avons dû subir une série d'adversités pour obtenir cette presque insouciance : la monstruosité du Caire, le racket permanent, la tempête de sable, la dureté de la circulation, les puanteurs, l'impudence des jeunes filles qui se comportent avec les Européens comme les pires de dragueurs français, enfin l'épreuve des pyramides, une des expériences les plus indignes de ma vie.(...)"


Hasards de l'Arabie heureuse
Hasards de l'Arabie heureuse
par Frederic Prokosch
Edition : Poche
Prix : EUR 9,50

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 "Telle est la volonté d'Allah.(...)Allah nous portera secours. Allah nous tirera de cette mauvaise situation." p276, 3 juillet 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Hasards de l'Arabie heureuse (Poche)
au moment de l'apogée de l'Angleterre, un avion s'écrase sur une île de l'océan Indien, deux anglaises -une jeune, une vielle- et deux américains -un archéologue et un jeune homme blond- sont parvenus à s'en tirer et ils reposeront leurs destins entre les mains de pêcheurs arabes qui mouillaient non loin... un des quatre s'en sortira indemne et parviendra à s'embarquer sur un bateau pour Aden après moults dangers et péripéties d'un voyage forcé qui durera des jours dans des conditions frugales, ils s'arrêteront dans une ville sainte où les infidèles ne sont pas les bienvenus et source de calamités -chaque fois qu'un étranger a franchi les murailles de cette cité sacrée (deux ou trois en quinze ans) le ciel s'est vengé de cette profanation, puis devront traverser le désert pour arriver à Makalla où ils seront saufs, de retour dans une idée de la civilisation qu'ils connaissent et plus très loin d'Aden ; il y a la confrontation du fatalisme arabe (toujours si présent pour ceux qui connaissent le Maghreb ou l'Arabie) où tout est volonté d'Allah et donc il nous faut accepter sans chercher à saisir les dessins de la volonté divine et le côté terre-à-terre, loin de toutes superstitions des Occidentaux ; c'est dans une Arabie magique et misérable entre ordures et parfums odoriférants que nos quatre protagonistes vont se perdre, évoluer ou stagner, grandir ou mourir ; une écriture très imagée, très entraînant, très suave et très envoûtante qui m'a véritablement charmé.

Deux petits passages : "-Nous, les Bédouins du désert, nous possédons le monde. Le désert est à moi! Ces montagnes sont à moi! Même les étoiles sont à moi! Nous appartenons les uns aux autres, nous dépendons les uns des autres... À l'inverse des hommes de la ville, nous n'avons pas de secrets, pas de hontes, pas de tracas. Pourquoi les gens de la ville cachent-ils leur vie Sahib? (...)" p226/227
et

"Au cours de la soirée, David vit distinctement un mirage : un grand poignard se découpait à l'horizon, comme une montagne vue de loin. En s'approchant de l'endroit où le soleil allait plonger, une buée vaporeuse palpita, puis découvrit une apparition de rivières et de palmiers merveilleuse vision d'oasis bleu foncé. Mais tous les contours changèrent : le chameau qui marchait en tête devint une tour, puis un grand parasol ; il s'allongea en forme d'obélisque et, pendant un moment, disparut." p265


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