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Contenu rédigé par Jean for Joel
Classement des meilleurs critiques: 55
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Commentaires écrits par
Jean for Joel "J.V Omri" (Suisse)
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Maigret et le client du samedi
Maigret et le client du samedi
par Georges Simenon
Edition : Poche
Prix : EUR 5,32

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 "- Je veux tuer ma femme...", 1 juillet 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Maigret et le client du samedi (Poche)
C'est un samedi soir dans une fin d'hiver pluvieuse qu'un homme inconnu attend le commissaire Maigret chez lui dans son appartement parisien "En apparence, c'était un homme banal, un de ces millions de laborieux, d'effacés, qu'on frôle chaque jour dans le métro, dans l'autobus, sur les trottoirs, allant avec pudeur et dignité vers Dieu sait qu'elle tâche et quel destin. Paradoxalement, son bec-de-lièvre le rendait plus impersonnel, comme si cette infirmité donnait à ceux qui en sont affectés la même physionomie." et il reconnaît en lui "le client du samedi" qui était venu de nombreuses fois aux Quai des Orfèvres en demandant à lui parler mais qui avait disparu avant une confrontation... mais ce samedi-là au boulevard Richard-Lenoir cette homme alcoolisé confesse l'enfer d'être toujours amoureux de sa femme alors qu'elle le méprise et à installer son jeune amant chez eux devant les yeux de sa fille, qu'ils l'ont même chassé de la chambre et du lit conjugal Et avoue son désir depuis longtemps de tuer à sa femme et son amant... tout cela est dit dès le premier chapitre Et on va assister à un Maigret très psychologique, presque un huis-clos très tendu, et même si le dénouement m'a semblé évident après une cinquantaine de pages, ce qui est passionnant c'est de suivre les méandres qui m'ont permit d'arriver à ce que je savais, de douter même parfois de la conclusion, qui n'est pas celle qui nous est annoncée dans le premier chapitre... un commissaire grippé, tourmenté par cette confession, toujours humain, impassible, débonnaire, subtil, terrien, extrêmement intuitif. Une lecture rapide, un plaisir évident. Publié en 1962.


Correspondance des routes croisées 1945-1964
Correspondance des routes croisées 1945-1964
par Nicolas Bouvier
Edition : Broché
Prix : EUR 37,62

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Hymne à l'amitié, 27 juin 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Correspondance des routes croisées 1945-1964 (Broché)
Proust écrivait "L'amitié n'existe pas" mais il n'avait pas connu ces deux comparses de vie et de voyage qui depuis 1945 (Bouvier à 15ans Vernet 16ans) jusqu'à la publication de l'extraordinaire L'usage du monde en 1964 (Vernet à illustrer la prose de Bouvier) s'écrivent dès qu'ils sont séparés terrestrement, que cela soit de Genève à Genève de Paris à Genève de Kaboul à Colombo, de Colombo à Genève (et se sera la réalité douloureuse de Bouvier qui donnera Le poisson-scorpion 25 ans plus tard) et ainsi de suite... Plus de 1600 pages qui verra les maladies, les brillantes réussites universitaires, les premières exposition, les mariages, la vie dans une Asie encore loin de la mondialisation ; c'est un hommage extraordinaire à l'Amitié avant internet et les courriels Et lorsque l'un est un des meilleurs prosateurs du XXe siècle et l'autre un peintre reconnu cela donne des lettres vivantes, imagées, sans tabous mais avec moral (n'oublions pas qu'ils sont nés dans la calviniste Genève!) Et qui nous font voyager, énormément voyager.... Les missives sont parfois illustrées par eux-même et Bouvier n'était pas maladroit ! Je le conseille fortement.

petite citation d'une lettre de Nicolas Bouvier à Thierry Vernet en février 1955 alors qu'il doit le rejoindre depuis des mois à Ceylan -depuis Kaboul, descente de l'Inde- : "Je suis navré que tout ait duré si longtemps ici, mais comme tu le sais, comme on l'a vu, le voyage impose sa propre durée."

Thierry Vernet, de retour à Genève, fait une remarque -que j'aurais pu écrire après mes deux ans de voyage asiatique- dans une missive de 1955 à Nicolas Bouvier resté à Ceylan "(...)Nous vivions dans un monde d'objets inutiles. On s'est beaucoup épurés pendant ce temps. Tout le monde semble épaissi et engoncé. Éviter ça. Je crois que nous sommes devenus très purs. Dans ce pays qui regorge de biens, tout le monde se plaint et comme il ne leur manque matériellement que certains détails ils se plaignent de détails.(...)"
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 30, 2012 12:34 PM MEST


Monsieur le commandant
Monsieur le commandant
par Romain SLOCOMBE
Edition : Broché
Prix : EUR 17,58

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 lettre d'un collaborateur sincère et convaincu, 24 juin 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Monsieur le commandant (Broché)
Je vous laisserai lire ce roman historique mais roman tout de même pour comprendre le pourquoi de cette longue missive adressée au "Herr Sturmbannfürher H. Schöllenhammer" par un membre de l'Académie Paul-Jean Husson, écrivain reconnu, journaliste militant doublé d'un dénonciateur virulent ("(...)L'étoile à six branches les identifiera, à première vue, et ne pourront être trompés que ceux qui le voudront bien, les enjuivés, et les incurables imbéciles qui s'apitoieront sur le sort de ces "pauvres juifs" éternels persécutés. Qu'ils se le tiennent pour dit, les Juifs sont seulement TOLERES -et à titre provisoire, encore. Voilà ce dont chaque Français d'esprit sain doit être bien persuadé.(...)" p160, prônant les valeurs ancestrales du peuple français, souffrant de voir sa patrie dévoyée en grande partie à cause de la peste juive Et guère malheureux de voir son pays aimé occupé par la grandeur morale du peuple Allemand qui allait, par le truchement du maréchal, rendre la France à sa grandeur passée en la lavant de tous ses métissages mortifères... ce qui m'a paru intéressant dans ce livre c'est de faire parler un homme au langage châtié et pondéré (l'auteur se mimétise brillamment à ce Paul-Jean Husson), bourgeois et cultivé, normalement libidineux, antisémite notoire et compulsif, d'une sincérité désarmante doublée d'une effarante naïveté, ce livre nous permet de nous faire traverser ces sales années traitées sous un angle rarement vu ; j'ai retiré une étoile car l'intrigue purement romancée m'a paru un peu trop attendue (l'antisémite tombant fou amoureux de la belle Juive au traits aryens -car la laideur saute souvent une génération dixit- et le problème morale que cela lui pose) et son entêtement devant le sadisme des voyous français sous uniformes allemands qui ne lui font jamais remettre en question la probité exemplaire des instance nazies !!! Mais à vous de juger.

Ayez l'estomac bien accroché mais cela vaut le détour.


J'APPRENDS L'ALLEMAND
J'APPRENDS L'ALLEMAND
par Denis Lachaud
Edition : Poche
Prix : EUR 7,32

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 à la recherche de ses origines..., 23 juin 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : J'APPRENDS L'ALLEMAND (Poche)
Ernst né en 1964 de parents allemands dans une France encore très rancunière contre les Allemands qui l'a forcée à se compromettre salement, va rechercher petit-à-petit d'où il vient vraiment, puisque ses parents ne lui ont jamais rien dit, ne lui ont même pas appris l'allemand qu'il apprendra à l'école et qui grâce à des échanges scolaires, dès ses 13 ans, rencontrera un garçonnet allemand -Rolf- qui deviendra son grand ami -évidence du sexe au début (lui se découvrira homo mais pas Rolf)- et qui le restera à travers les années ainsi qu'avec sa famille, échanges qui se reproduira chaque année... puis il retrouvera le père de son père qui était censé être mort... un roman sur la mémoire, sur le besoin ou non (car son frère Max renie ce passé inconnu) de savoir ce que furent nos ancêtres, ce qu'ils ont fait, sur la culpabilité par procuration... Ernst est curieux, mal-aimé, peu de son âge "Je repense à ce jour où, dans mon petit lit d'enfant, j'ai senti avec désespoir qu'il allait falloir laisser écouler patiemment les années pour devenir un homme parmi les hommes." p124

Petit extrait alors qu'il est en vacances en Grèce avec la famille allemande de son correspondant :

"L'air est sec, le soleil cogne, la plage est déserte, la plage est déserte. Mes boutons sèchent à vue d'oeil. Encore quelques jours de ce traitement et je retrouverai une peau de bébé.
Par vent d'est, on peut deviner les cris et les rires des adolescents entassés sur la minuscule crique de Nagos de l'autre côté de la colline. Mes semblables me dépriment, je ne sais pas être comme eux, jouer au volley-ball au-dessus des gens qui bronzent, piétiner tout le monde, ramasser le ballon en souriant une excuse distraite près d'une dame sur laquelle il vient de rebondir, nager un crawl ou un pap somptueux pour épater la galerie, arborer fièrement des Ray-Ban dernier cri, le tout sans me sentir ridicule.
Rolf est comme moi.
Tous les deux, on se fout de la paix, on vieillit sur la même route, les années ne nous façonnent pas dans des terres différentes.
Et son corps ne me manque pas, ce n'est pas ce que je veux de lui, il le sent et il est rassuré." p135/136


Tableaux noirs
Tableaux noirs
par Alain Jaubert
Edition : Broché
Prix : EUR 20,24

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 les onze premières années d'Antoine, 22 juin 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Tableaux noirs (Broché)
On ne peut que penser que le petit Antoine est un double littéraire de Alain Joubert ; il nous conte, avec une grande sensibilité, à la troisième personne une vie commencée en 1940 sous les bombardements de Paris et qui se termine dans l'enfer d'un internat de province tenu par des curés arriérés, entouré de la cruauté ordinaire de gosses alors qu'il a onze ans ; c'est un gamin mignon, très curieux, à l'affût de tout, qui nous fait partager ses découvertes, ses premières fois, sa découverte par paliers des femmes, de l'école, de Paris, des musées, ses jeux, ses vacances, sa famille, la séparation de ses parents, le mystère des pissotières parisiennes, la religiosité courante, l'absence évidente de Dieu, la lecture qui lui ouvre des mondes infinis et lui permet de métamorphoser la réalité douloureuse "(...)Par quel sortilège une histoire peut-elle vous faire oublier tout le reste, vous faire vous sentir heureux au milieu d'un autre décors, d'un autre temps, d'une autre façon de se mouvoir et de s'attaquer aux mystères du monde ? C'est une délicieuse magie qui abolit tout, tristesse, abandon, désespoir.(...)" p451, la joie de sa baguette magique qui durcit et lui apporte un plaisir surprenant Et renouvelable... il n'y a aucun effet de manche dans ce roman juste et touchant, simple et véridique des premières années d'un garçonnet parisien qui se sent immortel "(...) Et comment pourrait-on le tuer, lui ? Il est invulnérable, immortel, puisque sa mère l'aime. (...)" p104/105 et qui est fasciné par le monde qui l'entoure Et qui en souffre aussi parfois... Je me suis laissé envoûter.


Otages de la peur
Otages de la peur
par Robert Crais
Edition : Poche

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 un braquage improvisé qui tourne bien mal..., 20 juin 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Otages de la peur (Poche)
Deux frères, un aîné beau, grande gueulle, frustré et dominant son cadet laid, passif, soumis et apeuré Et un troisième larron, impassible, taciturne, armoire à glace, totalement disjoncté ce que l'on découvrira très rapidement braquent sur un coup de tête une station service qui s'offre comme une boîte de bonbons mais "méfiez-vous des apparences lol"... ils s'enfuient et trouvent refuge dans une somptueuse villa faisant partie d'un lotissement de luxe où séjourne un comptable et ses deux enfants -la fille 16 ans, le fils 10 ans- qu'ils prennent en otage... Et la plus grande partie de ce polar se déroulera là jusqu'au dénouement de ce rapt parfaitement improvisé... au centre de cette histoire se trouve Jeff Talley, chef de la police locale, ancien du SWAT, traumatisé par une prise d'otages passée, séparé de sa femme et sa fille depuis sa déprime carabinée qui dure et dure, qui sera le principal négociateur Surtout à partir du moment où la maffia devient partie intégrante de cette minable prise d'otages (à vous de découvrir le pourquoi et le comment)... Je l'avais lu il y a 6 ans, je m'en souvenais vaguement, me souvenant uniquement de l'attitude héroïque du garçonnet, mais pas assez pour me gâcher l'intrigue, je n'ai mis que 4 étoiles car j'ai trouvé les personnages un brin manichéens, un peu trop caricaturaux Mais l'intrigue tient la route, le suspens est là... donc je le conseille.


L'odeur du café
L'odeur du café
par Dany Laferrière
Edition : Poche
Prix : EUR 7,79

9 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 reconstitution par petites touches d'une enfance, 5 avril 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'odeur du café (Poche)
et plus particulièrement de quelques mois d'été à Petit-Goâve dans la banlieue de Port-au-Prince alors que l'auteur fut immobilisé par des fièvres chez sa grand-mère -Da- un personnage plein de sagesse et d'humanité qui consomme plus de café que de nourriture et qui surveille tout ce qui se passe du haut de la galerie de sa maison et qu'on vient consulter sans en avoir l'air pour bénéficier de ses conseils pertinents mai laissons parler l'auteur "Mais j'ai écrit ce livre surtout pour cette seul scène qui m'a poursuivi si longtemps : un petit garçon assis aux pieds de sa grand-mère sur la galerie ensoleillée d'une petite ville de province. Bonne nuit. Da !" p226/227 ; c'est par des chapitres courts sur un thème particulier -comme La pluie, Le corps, Le destin, les filles, Dieu, La mort, le Sexe et ainsi de suite- que Dany Laferrière nous restitue les réalités et le féérique avec ses jeux, ses amis, ses familiers, l'apparition toute naturelle du surnaturel pour un habitant de Haïti...- avec son style aux phrases simples, succinctes, qui vont droit à l'essentiel sans fioritures superfétatoires, il nous donne un tableau impressionniste/pointilliste de son enfance -et comme dans tous ses romans autobiographiques il tombe juste-. En tout cas moi j'adore, je le conseille. Dany Laferrière est un grand écrivain.


Un Enfant dans la Foule
Un Enfant dans la Foule
DVD ~ Jean François Cimino
Proposé par dvdpromo
Prix : EUR 129,90

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 un film très sobre, 4 avril 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Un Enfant dans la Foule (DVD)
c'est un film qui se consacre au petit Paul dès 1937 -il a 7ans- à la libération, Paul est sensible, esseulé, mal-aimé, gentils, il se laisse vivre étrangement passivement, il cherche une sorte de reconnaissance et de la tendresse -ses parents divorcent rapidement, son père disparaît, sa mère ne le voit que comme une source de problèmes et elle préfère mille fois sa soeur "brillante"- ... ami des occupants, ami des résistants, ami des libérateurs, il devient presque par accident un "gigolo" de messiers d'âge mûre, occasionnellement de femme, ainsi, sans drames et sans grand plaisir Mais avec la joie d'être considéré comme une jolie poupée si douce et si ductile... un film camaïeu de gris-bleu, tout en ellipses -on suit l'avancée de la guerre qu'à travers le parcours et les yeux de Paul- tout en pudeur -sur les relations sexuelles de Paul, on ne nous montre rien, mais tout est évident par des gestes, des paroles- qui avance lentement au rythme de la vie de Paul qui sourit à tout, qui souffre presque en silence sans jamais vraiment montrer sa révolte ; pour moi la scène la plus violente du film est celle d'une de ses femmes qui ont couché avec des allemands, trainée nue dans les rues, crâne rasé, croix gammée dessinée sur le front dans l'euphorie de la libération au milieu des ricanements Et Paul qui se sent solidaire de cette femme honnie et moquée, lorsqu'elle se retrouvera enfin seule en larmes, il l'approchera, il la touchera.... J'ai bien aimé.


Le Diable au corps
Le Diable au corps
par Raymond Radiguet
Edition : Poche
Prix : EUR 1,90

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 "Je devais à la guerre mon bonheur naissant ; j'en attendais l'apothéose.", 26 mars 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Diable au corps (Poche)
François le narrateur, un gosse émotif, sensible, intelligent, fanfaron, timide, iconoclaste comme tous les jeunes adolescents qui se respectent et bénéficiant de parents généreux et assez "libertaires", nous conte sa passion charnelle -alors qu'il a 15 ans- pour Marthe 18 ans une jeune femme qui vient de se marier avec un homme qui a dû partir pour la grande guerre, le récit commence en 1914 (François à 12 ans alors ; la rencontre avec Marthe aura lieu en 1917) et se terminera avec l'armistice période synonyme de grandes vacances pour tous les enfants... J'ai dû relire ce bref roman cinq ou six fois depuis mon adolescence et je ne fus jamais déçu, même si on est loin actuellement du scandale déclenché dans les années vingt par par son thème amoral et jouissif (= la jeune mariée prenant du bon temps avec un adolescent alors que son époux défend la patrie les armes aux points) car il y a le sens de la formule, une prose simple et directe, un portrait d'adolescent juste, touchant et révoltant parfois -par son égoïsme forcené et son peu d'égards pour les autres-, un portrait tout aussi touchant de la femme énamourée, telle une esclave, prête à tout pour son amant, car c'est elle qui a beaucoup à perdre dans ce contexte, par la description de l'absolu de la passion, des conventions morales de l'époque, sans oublier une pointe d'humour moqueuse sur les "bourgeois respectables"... Radiguet à vingt ans, il va mourir, il est grinçant et enthousiaste, une météore qui a traversé brièvement mais sublimement le monde littéraire. Ce roman est toujours actuel. A lire et à relire.

"Si la jeunesse est niaise, c'est faute d'avoir été paresseuse. Ce qui infirme nos systèmes d'éducation, c'est qu'ils s'adressent aux médiocres, à cause du nombre. Pour un esprit en marche, la paresse n'existe pas. Je n'ai jamais plus appris dans ces longues années qui, pour un témoin. eussent semblé être vides, et où j'observais mon coeur novice comme un parvenu observe ses gestes à table."

"Je n'avais pas le pied marin pour la souffrance." une formule qui touche parmi tant d'autres.


Maigret et les Braves gens
Maigret et les Braves gens
par G. Simenon
Edition : Poche

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 "- Un brave homme qui s'est fait tuer Dieu sait pourquoi..." dit Maigret à son épouse, 15 mars 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Maigret et les Braves gens (Poche)
Paris dans un mois de septembre qui exhale encore un été tardif, tout le monde vient de rentrer de vacances, Maigret un matin est averti d'un meurtre qui semble plus compliqué qu'il n'y paraît -c'est pour cela que l'on fait appelle à son intuition légendaire- un brave bourgeois retiré des affaires formant un couple parfait avec son épouse plus jeune, attentionné avec sa fille, ses petits-enfants et son gendre médecin est retrouvé trucidé dans son fauteuil dans son salon pendant que sa femme et fille sont au théâtre, son beau-fils à l'hôpital, la porte d'entrée n'a pas été fracturée, rien n'a été volé Et la concierge jure que personne n'est entré dans l'immeuble cossu de Montparnasse... mystère "- Ce sont les braves gens qui nous donnent le plus de mal, grommela-t-il en finissant son petit déjeuner et en se dirigeant vers la salle de bain." " - Pour moi, c'est un crime inexplicable... Maigret faillit grommeler: "Pour moi aussi." Seulement, il savait, lui, qu'il n'existe pas de crimes inexplicables. On ne tue pas sans une raison majeure. Il n'aurait pas fallu le pousser beaucoup pour qu'il ajoute : "On ne tue pas n'importe qui." Car son expérience lui avait appris qu'il existe une sorte de vocation de victime."
Une affaire digne du commissaire qui doit creuser les âmes afin de découvrir tous les petits secrets de ces gens sans histoires, leurs secrets de famille qui pourrissent sans que quiconque ne soit informé... une enquête sans chichis qui m'a tenu en haleine jusqu'au dénouement très humain -comme souvent avec le commissaire Maigret-.


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