Profil de Victaureau > Commentaires

Fiche d'identité

Contenu rédigé par Victaureau
Classement des meilleurs critiques: 202
Votes utiles : 1189

Chez vous : découvrez nos services personnalisés en pages d'aide !

Commentaires écrits par
Victaureau (Haute Auvergne)
(TOP 500 COMMENTATEURS)   

Afficher :  
Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11-20
pixel
Avaler tout cru
Avaler tout cru
par Cynthia Laaland
Edition : Broché
Prix : EUR 14,20

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Des mots pour des maux., 27 décembre 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Avaler tout cru (Broché)
Je reconnais que j'ai mis longtemps à rentrer dans cette histoire, c'est à partir de la page deux cent (environ) que cela a fini par s'emboîter parfaitement. Au début avec ces chapitres courts et ce transport incessant entre 2003 et 1913, voir plus loin dans la Grande Guerre, j'y voyais une confession certes, mais pas tout à fait l'intérêt de ce dialogue de sourds entre TIST et JOPPE .

Et pourtant TIST ce centenaire qui tire évidemment sur sa fin en 2003 aurait encore tant de choses à raconter à ceux qui s'occupent de lui comme d'un grand-père ou d'un arrière-grand-père. Mais il a surtout tant de mises en garde à adresser à cet arrière petit-fils qui le choie, Joppe, aussi têtu que lui, qui s'apprête à aller manifester contre la Guerre en Irak. C'est vrai que Tist en connaît un rayon sur la Guerre que ce soit celle de 14 ou celle de 39, toutes les deux l'ont meurtri dans son âme sinon dans de sa chair. Certes Tist n'est qu'un lointain parent allié pour JOPPE et son père LEX, à moins que...

Là il faut lire toute l'histoire pour bien la comprendre et si je n'accorde pas les cinq étoiles à ce roman c'est parce que le style de cet auteure néerlandaise, à moins que ce soit un problème de traduction, m'a semblé parfois âpre, sans le liant nécessaire pour éviter ....d'avaler tout cru.


Les Enfoirés en choeurs de 1985 à aujourd'hui - Coffret série limitée (Double CD + DVD + T-shirt)
Les Enfoirés en choeurs de 1985 à aujourd'hui - Coffret série limitée (Double CD + DVD + T-shirt)
Prix : EUR 29,99

3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Sacrée soirée !, 20 décembre 2014
Et peu importe de savoir comment exactement est réparti l'argent du produit de la vente de ce coffret 2 CD, 1DVD et un tee shirt à l'effigie des restos du Coeur. Personnellement je n'ai pas considéré cet achat comme un don pour les restos mais bien comme un cadeau que je me faisais à moi-même.

TF1 nous avait donné une avant-goût de ce que pouvait contenir ce coffret lors de son émission de ce 12 décembre, mais vu le nombre de morceaux je craignais vraiment qu'il ne s'agisse que d'extraits. Mais non, on a la totalité et moi qui ne regarde que rarement des DVD, je suis resté scotché à mon téléviseur durant trois heures. A voir et entendre de superbes chansons magnifiées dans leur reprise en choeur par d'excellents artistes dont on s'aperçoit au fur et à mesure que l'on remonte dans le temps qu'ils étaient plus jeunes, moins nombreux, mais toujours aussi volontaires.

Maintenant, pour le reste, cela ne m'empêchera pas de glisser lors des prochaines collectes locales des restos quelques aliments de première nécessité "pour filer un rancard à ceux qui n'ont plus rien" ou alors pas grand chose. La solidarité, quand on peut l'exprimer, ne consiste pas seulement à rester sur son quant-à-soi, une fois l'acquisition de ce coffret réalisée, elle peut prendre tant de tournures...
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 27, 2014 7:50 PM CET


Dans la ville des veuves intrépides
Dans la ville des veuves intrépides
par James Canon
Edition : Broché
Prix : EUR 7,60

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Une forme de matriarcat., 17 décembre 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Dans la ville des veuves intrépides (Broché)
J'ai bien aimé ce roman de James CANON. On dit que l'auteur s'est inspiré de GARCIA MARQUEZ "Cent ans de solitude" que j'avoue ne pas avoir lu. Personnellement je le rapprocherai de "Elles" de David HAZIOT, mais en accordant à ce dernier un plus, pas seulement le fait de l'avoir lu en premier. Je pense que le roman de David HAZIOT est encore plus carré sur la question d'un possible matriarcat.

Le sujet c'est le devenir de femmes en Colombie, après que leurs hommes aient été soit tués soit réquisitionnés par les guérilleros qui sévissent dans ces pays d'Amérique du Sud. Après cette razzia il ne reste à Mariquita que trois individus de sexe masculin en état de procréer dont le prêtre et deux homosexuels. Le père Rafaël voyant l'occasion trop bonne va d'ailleurs s'asseoir sur son voeu de chasteté en proposant ses services...Mais tout ne tourne pas autour de cette question, c'est la désorganisation qui suit l'absence des hommes, la nomination d'une femme Maire qui ne songe à établir dans un premier temps que des listes de choses à faire et enfin positive grâce au partage des initiatives avec une institutrice âgée. Une première organisation résolument féministe est mise en place avec l'institution d'un nouveau calendrier, puisque le mécanisme de l'horloge communale a été bloqué par le Prêtre chassé avec pertes et fracas de la paroisse suite à son implication dans la mort de quatre jeunes adolescents. Ce calendrier est assis sur la cadence du cycle féminin de menstruation....Tout un programme.

Ce qui étonne c'est que l'auteur situe son histoire non dans un temps lointain mais bien en fin de XXé siècle. De nombreux personnages (féminins ça va sans dire) jalonnent cette petite merveille et si au début on craint un peu pour s'y retrouver, au fil du roman on parvient à se souvenir de tous. Certains détails peuvent apparaître désuets, faits pour allonger la sauce, mais en fait ils rappellent les nécessités du quotidien, cependant je reste étonné par la fin ....
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 27, 2014 10:51 PM CET


Les Vacances de l'oberleutnant von La Rochelle
Les Vacances de l'oberleutnant von La Rochelle
par Gilles Perrault
Edition : Broché
Prix : EUR 17,30

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Des vacances profitables., 5 décembre 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Vacances de l'oberleutnant von La Rochelle (Broché)
Pas seulement au petit nazillon Von la Rochelle que les Martiniquais auraient pu accueillir de diverses manières à sa sortie du sous-marin allemand qui croise au large des Iles Caraïbes en ce printemps 1942 et ce malgré qu'il soit très mal en point, mais aussi au lecteur de ce très beau roman auquel Gilles PERRAULT essaie de communiquer sa foi dans l'homme. On retrouve sous une autre forme ce même idéal dans "Le garçon aux yeux gris".

Le début de l'histoire brièvement: Klaus Von la Rochelle officier à bord d'un U-Boot allemand est débarqué sur une plage de la Martinique alors qu'il est atteint d'une péritonite. Secouru par des Martiniquais aux couleurs de l'Ile, il est soigné et bien soigné à l'Hôpital du coin par le Dr Propiac, un béké. Le jeune allemand, descendant lointain de Huguenots Français, âgé de 21 ans a été nourri au biberon d'Hitler et quelle n'est pas son indisposition lorsqu'il se réveille au milieu de jeunes ou moins jeunes martiniquaises ! Il essaiera bien de vendre son point de vue de races supérieure auprès du Dr Propiac et autres békés (blancs) mais sa propagande ne trouvera un échos que chez Guerrec un administrateur de l'Ile nommé par Pétain qui vole au secours de la victoire allemande, tout ce que Von la Rochelle déteste en définitive chez les Français.

Je me suis demandé si le véritable "héros" de cette histoire n'est pas le Dr Propiac, lui qui s'est résolu a héberger chez lui le jeune sous-marinier en lui envoyant en guise de réconfort pour sa convalesence physique et pour attenter à ses convictions nazillonnes, de jeunes martiniquaises sensuelles à souhait. On ne s'ennuie pas dans ce roman, certaines descriptions de sexe sont d'une crudité qui ne plaira pas aux yeux chastes mais s'intègrent bien à l'histoire, le style est simple mais le langage employé éloquent. Je ne peux pas résister à citer ce paragraphe de la page 144, dialogue entre Von La Rochelle et Propiac, qui en dit long sur la bêtise des hommes au sujet de la Guerre et particulièrement de celle de 1914.
"Vous devez garder un bon souvenir de cette Guerre.
-Pourquoi ?
-Vous l'avez gagnée"
La Rochelle se sentit très jeune sous le regard de Propiac
"J'y ai gagné la certitude que l'espèce humaine est la plus stupide des êtres vivants sur notre foutue planète. Un écrivain qui n'arrive pas à la cheville d'Aragon a trouvé une formule épatante pour résumer cette guerre. Il écrit qu'elle consistait à faire lutter des hommes de 75 kilos contre des obus du même poids. J'ai passé quatre ans de ma vie à essayer de rafistoler des pauvres petits cons qui admettaient finalement que le combat était inégal. Je vous assure qu'une gueule cassée ou deux jambes coupées au ras des couilles relativisent grandement l'importance de la couleur du drapeau qui flotte sur la cathédrale de Strasbourg"
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 7, 2014 6:12 PM CET


La malédiction du Norfolk
La malédiction du Norfolk
par Karen Maitland
Edition : Broché
Prix : EUR 23,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Superstitions moyen-âgeuses., 2 décembre 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : La malédiction du Norfolk (Broché)
Très vite l'auteur nous installe dans l'action. L'histoire se situe au tout début du XIIIé siècle dans une Angleterre mise en état d'une forme de blocus continental par le Pape Innocent III. Plus de prêtres pour célébrer baptêmes, mariages et surtout présider aux sépultures. Même les preux nobles d'Angleterre qui ont participé à la croisade voient arriver la mort sans avoir pu confesser leurs péchés et obtenir les sacrements ordinairement accordés aux mourants.

Pour vous mettre un peu dans la confidence: Raffaele l'intendant du domaine, était très lié avec Gérard le seigneur de Gastmere du lieu qui vient de décéder, c'est un homme, du moins ce qu'il en reste puisqu'il a été castré, hélas en pure perte, dans son jeune âge afin de servir les choeurs de son diocèse.Il a remarqué Eléna, une jeune fille serve du domaine pour laquelle il éprouve une secrète passion et qu'il pense vierge. Il l'invite avec la mère du seigneur à un étrange repas pris sur le cercueil du défunt, ce qui revient à manger les péchés du mort qui sont terribles et ne lui permettraient pas d'accéder au paradis mais d'aller tout droit en enfer pour y brûler à jamais. Mais voilà Eléna n'était pas vierge et très vite elle se prend à rêver qu'elle assassine son enfant, malgré l'amour qu'elle porte à Athan son compagnon... Je ne vais pas aller au-delà dans la mise en bouche.

C'est un bon pavé (653 pages) bien dans la veine des romans historiques, dont la traduction reflète assez bien cette époque de superstitions tout court ou religieuses, son intérêt va croissant jusqu'à la cinq centième page environ et là hélas, baisse de régime et coup de théâtre qui casse le fantastique de l'histoire. L'auteur a sans doute voulu redonner de la crédibilité à cette intrigue, mais je trouve le tour pris pas réussi et la fin m'a semblé aussi singulièrement expédiée. C'est dommage parce qu'au terme d'une si prometteuse mise en scène et d'une si longue histoire le lecteur aurait bien aimé quelque chose de plus concret notamment au sujet du terrible seigneur d'Osborn.


Le corps humain
Le corps humain
par Paolo Giordano
Edition : Broché
Prix : EUR 22,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 La Guerre contemporaine., 23 novembre 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le corps humain (Broché)
Avec ce roman, Paolo GIORDANO nous fait vivre ce que peut être la vie des militaires occidentaux (Italiens en l'occurrence) dans une base opérationnelle avancée (FOB) au coeur d'un AFGHANISTAN miné par des Talibans insaisissables, imprévisibles, ayant l'avantage d'un terrain qu'ils connaissent parfaitement et usant de moyens de guerre modernes.

Cela pour situer le cadre, mais l'auteur se livre davantage à la description de ses personnages, à leur mal être, qu'à celle des actions défensives ou offensives au demeurant peu nombreuses, sinon une d'elles particulièrement néfaste sur le moral de ces hommes. Il insiste sur la vie de chaque soldat voir soldate, il y en une d'engagée parmi cet ensemble de garçons, l'autre a un rôle beaucoup plus ambigu. Il s'attarde sur ce qu'ils ont laissé dans leur pays d'origine et l'espoir mais non la certitude de regagner un jour leurs tranquilles pénates. Il appuie sur le quotidien qui est totalement différent de la vie à l'occidentale: les difficultés pour se laver avec l'eau rationnée, manger avec une nourriture souvent infecte, l'épisode de viande avariée est cruel pour cette escouade, enfin dormir dans des conditions peu propices au sommeil.

Puis l'auteur plonge dans leur passé, dans leurs rêves (faits de conquêtes féminines souvent, parce que ce sont des jeunes, mais aussi et parce que ce sont de grands adolescents à peine sevrés du cocon familial, les regrets d'être autant éloignés de leurs racines). Son style est agréable, la technicité de l'armée a été laissée de côté pour faire place à des dialogues parfois crus à peine marqués par les relations hiérarchiques. Au début on est un peu dérouté par cet ensemble de personnages qui composent l'histoire, mais passée la mise en place tout se tient pour le plus grand confort du lecteur.

Il faut aussi remercier la traductrice, parce que j'ai lu d'autres romans provenant d'auteurs Italiens pour lesquels j'avais trouvè une âpreté qui sonnait mal avec une langue latine
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 27, 2014 11:00 PM CET


L'ange de chair
L'ange de chair
par Agustin Gomez-Arcos
Edition : Broché

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 J'aime oui, mais voilà sans plus..., 14 novembre 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'ange de chair (Broché)
Habitué à quelques bons romans de cet auteur "L'enfant miraculée" "L'agneau carnivore" je ne peux pas dire que celui-ci m'ait vraiment emballé. Et cependant, il reste l'ultime roman connu de cet auteur,et on peut légitimement se demander si Agustin GOMEZ-ARCOS n'a pas voulu se dévoiler lui-même dans cette oeuvre.

Le titre, certes, ne laisserait pas beaucoup de doute là-dessus. Mais c'est le cadre choisi par l'auteur qui trouble son lecteur. Gomez-Arcos a l'habitude de plonger dans les arrières cours de l'être humain et dans ce qui se rattache à la glèbe, mais là non, son "héros" quinquagénaire est installé à Athènes chez une dame sexagénaire "Myosotis" ultra richissime à laquelle il peut servir à l'occasion de compagnon. Il faut dire qu'ultra fatigué des virées mondaines de la dame, il a choisi de se poser un peu "reposer" et elle l'a chargé, durant son absence, comme il est son "poète favori" de traduire à sa seule intention l'Illiade d'Homère.

Ainsi entretenu dans une maison où il dispose de gouvernante et de cuisinière, il a le temps de noircir des pages avec ses mots à lui, et de relater les incessants voyages d'Ulysse, en attendant le retour de son aimée bienfaitrice prévu pour le début septembre. Mais voilà qu'un jeune jardinier au corps d'Apollon ajoute un peu de piquant à l'histoire en venant chaque matin, à l'heure ou Christian (Le poète) s'apprête à prendre un repos bien mérité, arroser les fleurs du jardin édénique de "Myosotis".

En Grèce, c'est bien connu on a la nostalgie de la grandeur Héllène au temps des Dieux de l'Acropole et le roman est un peu un mélange de modernité et de référence à ces Dieux Antiques sur un style littéraire aux mots recherchés que je ne connaissais pas à cet auteur. Je préfère GOMEZ-ARCOS en ZOLA des champs, mais c'est un choix tout à fait personnel.


Les bons dieux
Les bons dieux
par Jean Anglade
Edition : Broché

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 A la fois roman et document., 23 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les bons dieux (Broché)
J'avais lu ce livre il y a une vingtaine d'années et je l'avais trouvé épatant. Pour le commenter sur AMAZON, avec cette couverture criante de vérité,(Hélas cette couverture n'apparaît pas) j'ai décidé de le relire et mon plaisir a été identique.

C'est un roman mais c'est un document, c'est du terroir mais c'est de l'histoire, Jean ANGLADE a réussi avec ses "Bons Dieux" la synthèse de quatre genres de littérature sans ennuyer malgré le défilement des générations sur le village où il est né voilà bientôt cent ans le 18 mars 2015.

L'histoire commence tout près de l'an mille. Au village des Bonnets, tout près de Thiers et d'Escoutoux naît la première fraternité agricole pour échapper à la mainmorte (retour au seigneur des terres pour un homme qui n'a pas d'héritiers). Cette communauté composée de plusieurs couples et d'enfants d'une même famille prend le nom des "Bons Dieux" sous l'influence d'un des fils devenu prêtre. On assiste à l'élection du premier maître de la communauté, le patriarche de la famille qui a eu cette fabuleuse idée. Puis au fil des pages, s'il n'est pas question des rois trop lointains qui gouvernèrent le pays, des évènements viennent quand même ponctuer la vie de ce GAEC façon ancienne: tels le pape Urbain II venu prêcher la croisade à Clermont (Il n'était pas question de Ferrand à l'époque), les épidémies de lèpre et de peste, les compagnies d'écorcheurs, l'expansion des huguenots, la famine de 1709, l'arrivée de la pomme de terre, la révolution etc...

Au fil de l'histoire Jean ANGLADE parvient à nous faire aimer ses personnages éphémères, Joanis, le fondateur, Mariette sa lointaine descendante, Léon et Léontine nés le même jour de deux couples différents donc promis l'un à l'autre mais allaités par la chèvre Mélisse, Philibert le valet,Huguenot ou athée qui déclare au moment d'être renvoyé par le mouistro (le maître) que sa fille Annette est "prégne" (Enceinte) de lui, comme s'il se fût agi d'une vache prête au veau et tant d'autres truculences du langage auvergnat...Vous voilà plongé dans une longue mais précise description de la vie d'autrefois puis au détour d'une page ou d'un paragraphe...pan...comme un coup de fusil, le détail qui cloue sur place et sur lequel vous allez méditer un moment, tant l'analyse vous paraît audacieuse voire irrévérencieuse mais marquée au coin du bon sens.

C'est 306 pages, mais avec une qualité d'écriture comme celle-ci, on ne s'ennuie pas et j'aurais bien accepté cent pages de plus mais l'auteur a bien jugé, son condensé n'en n'est que meilleur.


Le petit roi
Le petit roi
par Mathieu Belezi
Edition : Broché

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Un garnement avec des excuses., 17 octobre 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le petit roi (Broché)
Evidemment c'est vite lu, d'autant qu'annoncé pour 144 pages ce petit roman en fait en fait 115 et encore, je ne compte pas les pages blanches aux changements de chapitre ! Ceci mis à part c'est très bien écrit, j'ai déjà lu "Les vieux fous" de cet auteur, je n'étais donc pas totalement en terre inconnue.

Pour faire simple Mathieu est relégué à douze ans chez son grand-père maternel, ses parents n'en finissant plus de se chamailler pour un rien, de se battre au point qu'ils en viennent à jouer à l'arme blanche. Le gamin a assisté à ces scènes violentes et essayé de séparer mais en vain. Tout le récit qu'il fait des années qu'il passe chez son grand-père est émaillé de ces violences qui ressurgissent et Mathieu reproduit sur son entourage la violence qui l'a toujours côtoyée. Il s'en prend aux animaux de la ferme et aux poules en particulier mais ensuite c'est un gamin du collège qui devient son souffre douleurs.

Mathieu n'a pas pu profiter de son enfance. Son "papé" essaye bien de lui donner une part de rêve, mais voilà il y aurait tant à faire et le temps lui est compté. Comme toujours avec Mathieu BELEZI c'est cru, le style de l'auteur, bref, simple, fait qu'on est entièrement plongé dans cette histoire et on peut se demander si ce n'est pas largement autobiographique, en tous cas j'ai bien reconnu le contexte d'un enfant à la campagne dans le milieu des années 1950.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 25, 2014 10:46 PM CET


Le Soleils de l'Adour
Le Soleils de l'Adour
par Frédéric Pons
Edition : Broché
Prix : EUR 18,90

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Un "terroir" moderne., 15 octobre 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Soleils de l'Adour (Broché)
En général les romans de terroir relatent un temps déjà ancien, là exception, Frédéric PONS a choisi le présent presque immédiat pour faire vivre une jeunesse en manque de repères, coupée de ses racines familiales par la faute partagée des parents imbus d'une modernité qui dévoile vite ses failles et des jeunes en mal de vivre à leur guise, en froid avec ceux qui les ont élevés. Bref il s'agit avant tout d'un roman sur des ruptures familiales complètes aux forts accents de ruralité enrobé d'une langue gasconne qui fort heureusement était traduite en bas de page parce que je n'y ai pas trouvé grand chose de commun avec notre patois auvergnat, mais rien d'étonnant quand on sait les différences d'intonation de celui-ci entre le nord et le sud du Cantal lui-même.

Pour en revenir à nos moutons, nous voici en plein milieu d'une rave-partie, organisée dans le champ d'un agriculteur à Estirac dans les Hautes Pyrénées. L'auteur n'a pas jugé bon de masquer les noms de villages. Celle-ci se termine très mal pour une jeune fille mais seuls deux jeunes hommes, dont l'un est fortement alcoolisé et l'autre un être froid, désocialisé et sans morale, le savent. Plus loin Agathe la fille de commerçants en légumes avertit son grand-père et à demi-mots son fiancé qu'elle part, agacée d'avoir à faire sa vie dans un métier qu'elle n'aime pas...Il m'a été difficile de suivre au début l'introduction des personnages et du cadre d'évolution de ceux-ci, tant la coupure était nette entre chaque présentation, j'avais l'impression d'aller d'un roman à un autre et de fait il faut avoir lu un bon nombre de pages pour que tout s'imbrique parfaitement. La quatrième de couverture en dévoile peut-être un peu trop, alors je ne spoile pas en indiquant que d'autre part une secte est à l'oeuvre et qu'elle envoie sur l'allée de la grotte à Lourdes des recruteurs qui ont tôt fait de remarquer les jeunes en errance...

De ce roman j'ai tout aimé: le cadre, que je me trouve connaître un peu et notamment la ville de Lourdes; les personnages qui dévoilent leur mal être et la difficulté que nous éprouvons à communiquer aujourd'hui; les dangers de la vie moderne, alcool, drogue, sectes qui guettent les jeunes et en particulier là où on ne le penserait pas, les références au terroir local et notamment à la pelote basque dont j'ai appris quelques mots, mais j'ai préféré me concentrer sur l'histoire du roman qui était vraiment intéressante.


Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11-20