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ecce.om
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Coming Forth By Day
Coming Forth By Day
Prix : EUR 22,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Cassandra a tout prévu, 17 avril 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Coming Forth By Day (Album vinyle)
Les avis semblent partagés sur le dernier album en date de Cassandra Wilson.
Levons de suite le reproche éventuel d'un quelconque opportunisme. Cassandra n'a pas attendu le centième anniversaire de Billie Holiday pour manifester son intérêt envers cette dernière et on se reportera à la magnifique relecture de "Strange Fruit", grinçant comme les cordes de pendus, dans son "New Moon Daughter" de 1995.

Quant à savoir si l'hommage est réussi, chacun sera juge.
Pour moi, la réussite est évidente.

Cassandra Wilson n'a pas cherché à faire un album trop révérencieux, confit en dévotion, écrasé sous le poids de Lady Day. Hommage, mais audace.
Le choix de la de section rythmique de Nick Cave (Martyn Casey -b- et Thomas Wydler -g-) et de son producteur attitré (Nick Launay) n'était pas évident, mais il apporte une urgence électrique qui devient vite indispensable. Sur cette trame, les guitares T-Bone Burnette et Kevin Breit font merveille, créant une atmosphère quasi psychédélique.
Comme si cela ne suffisait pas à décontenancer les tenants d'un classicisme jazz plus affirmé, les cordes du toujours fantasque Van Dyke Park (décidément, il aime les Wilson) viennent appuyer le contralto de Cassandra (cf. le tapis Philly sound qu'il glisse sous ses pas sur "You go to my head".

Ceux qui accepteront l'option retenue par Cassandra Wilson prendront un plaisir rare, Dès "Don't Explain", sa voix grave et sensuelle vous attrapera pour ne plus vous lâcher.
J'ai fait le test avec ma femme : au bout des 30 premières secondes, elle a délaissé ses fourneaux et mis les enfants à l'orphelinat, tombée en arrêt devant la beauté de ce disque.
Depuis, on mange froid, mais on ne regrette rien.
Indispensable.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (6) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 18, 2015 1:57 PM MEST


Le Destin de Mr Crump
Le Destin de Mr Crump
par Ludwig Lewisohn
Edition : Poche
Prix : EUR 11,80

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Des accouplés, 16 avril 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Destin de Mr Crump (Poche)
Encore un trésor exhumé par l'excellente collection Libretto que ce roman de Ludwig Lewisohn.

Et pourtant, quel récit atroce.
Herbert Crump, jeune homme de 25 ans, peu au fait de la vie, musicien à l'âme romantique, rencontre Anne (le chapitre s'intitule "catastrophe" !), une femme mariée et de 20 ans son aînée. Il se persuade de l'aimer et se jette dans le mariage, tout en ayant conscience de commettre une erreur.
De fait, leur vie commune sera un enfer domestique.

Cette autopsie d'un couple est fascinante et effrayante. Lewisohn décrit dans le détail cette relation dégradante où Herbert, personnage faible et vélléitaire, se trouve sous la coupe d'une Anne perverse et retorse, maître-chanteuse aux sentiments, mais aussi pathétique et perdue.

L'écriture est rigoureuse et n'omet aucun détail, sans que l'ensemble paraisse le moins du monde aride. On tourne les pages, accablé et révolté, tandis que les descriptions cruelles qui naissent sous le microscope de Lewisohn, nous forcent à contempler la déchéance : "Les pattes d'oie creusaient leurs sillons aux coins des yeux. La peau s'affaissait ; le cou se ridait comme celui des vieilles femmes. De larges pores s'étalaient sur la paroi bulbeuse du nez ; on devinait que le menton têtu devait être rugueux au toucher".
Mais le plus terrible dans ce roman est qu'il traite des scènes de la vie ordinaire et que cette banalité que chacun a sans doute rencontrée un jour, nous le rend encore plus dérangeant.

Ce roman écrit en 1926, longtemps interdit puis diffusé en version expurgée est une expérience de lecture et ses 400 pages, toutes indispensables.

A noter : une préface un peu trop explicite de Thomas Mann qu'il vaudra mieux lire après coup.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 18, 2015 2:05 PM MEST


Baron rouge, Tome 3 : Donjons et Dragons
Baron rouge, Tome 3 : Donjons et Dragons
par Pierre Veys
Edition : Album
Prix : EUR 15,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Le Baron Rouge sort ses armes : Mauser, Fokker…, 12 avril 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Baron rouge, Tome 3 : Donjons et Dragons (Album)
Un détail pratique d’abord.
Si vous vous intéressez à ce 3ème tome, c'est que vous avez (probablement) les 2 premiers. Dans ce cas, pour quelques Euros supplémentaires, pourquoi ne pas vous (faire) offrir en plus, le coffret qui permet de loger la trilogie : il est superbe Baron rouge, Tome 3 : Donjons et dragons : Avec coffret.
Parlons maintenant de l'album lui même.

Dans "Donjons et Dragons", on voit le Baron Rouge poursuivre sa chasse, massacrant ennemis et..."amis". Il passe de son Albatross CIII à un DI, un DII (le 1er album qu’il fera peindre en rouge), puis enfin, à l'avion de ses exploits, le Triplan Fokker Dr1.

Maintenant qu'elle s'achève, on se rend compte que le scénario de Pierre Veys est vraiment faible (ou incomplet car la fin est tellement abrupte que j'ai quand même du mal à croire qu'une suite n'est pas prévue). Il y a même une case où le dialogue est incompréhensible.

Selon la formule consacrée, on peut violer l'histoire, mais à condition de lui faire de beaux enfants. Or, là (comme dirait Maupassant), la vie de Manfred Von Richtohfen est à ce point librement interprétée, qu'on cherche l'intérêt de s'en être inspirée.

Et pourtant, cet album comme les précédents, est hautement recommandable car au pinceau, il y a Puerta.
Et là, il faut insérer un rappel indispensable. Non, Carlos Puerta n'abuse pas de calques tirés de photos. Ce formidable dessinateur se rapproche de peintres comme Norman Rockwell et chaque case est à savourer comme un tableau, éclatant de virtuosité.

Le dessin est tellement époustouflant qu’on regrette de n’avoir que ces petites vignettes pour admirer. Pour peu qu’on y soit sensible, on passe outre les défauts du scénario et on se régale.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (8) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 16, 2015 6:33 AM MEST


Baron rouge, Tome 3 : Donjons et dragons : Avec coffret
Baron rouge, Tome 3 : Donjons et dragons : Avec coffret
par Pierre Veys
Edition : Relié
Prix : EUR 19,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Le Baron Rouge sort ses armes : Mauser, Fokker…, 12 avril 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Baron rouge, Tome 3 : Donjons et dragons : Avec coffret (Relié)
Un détail pratique d’abord.
Si vous vous intéressez à ce 3ème tome, c'est que vous avez (probablement) les 2 premiers. Dans ce cas, pour quelques Euros supplémentaires, offrez vous en plus, le coffret qui permet de loger la trilogie : il est superbe.
Seul souci éventuel, il augmente la place nécessaire en hauteur (de quelques millimètres certes, mais cela a été suffisant par exemple, pour m'obliger à changer de place dans la bibliothèque).

Parlons maintenant de l'album lui même.

Dans "Donjons et Dragons", on voit le Baron Rouge poursuivre sa chasse, massacrant ennemis et..."amis". Il passe de son Albatross CIII à un DI, un DII (le 1er album qu’il fera peindre en rouge), puis enfin, à l'avion de ses exploits, le Triplan Fokker Dr1.

Maintenant qu'elle s'achève, on se rend compte que le scénario de Pierre Veys est vraiment faible (ou incomplet car la fin est tellement abrupte que j'ai quand même du mal à croire qu'une suite n'est pas prévue). Il y a même une case où le dialogue est incompréhensible.

Selon la formule consacrée, on peut violer l'histoire, mais à condition de lui faire de beaux enfants. Or, là (comme dirait Maupassant), la vie de Manfred Von Richtohfen est à ce point librement interprétée, qu'on cherche l'intérêt de s'en être inspirée.

Et pourtant, cet album comme les précédents, est hautement recommandable car au pinceau, il y a Puerta.
Et là, il faut insérer un rappel indispensable. Non, Carlos Puerta n'abuse pas de calques tirés de photos. Ce formidable dessinateur se rapproche de peintres comme Norman Rockwell et chaque case est à savourer comme un tableau, éclatant de virtuosité.

Le dessin est tellement époustouflant qu’on regrette de n’avoir que ces petites vignettes pour admirer. Pour peu qu’on y soit sensible, on passe outre les défauts du scénario et on se régale.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (11) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 15, 2015 8:43 PM MEST


Le sculpteur
Le sculpteur
par Scott McCloud
Edition : Broché
Prix : EUR 25,00

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Avec ce "Sculpteur", McCloud cherche un statut, 10 avril 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le sculpteur (Broché)
Frustration et interrogation : quelle est la valeur réelle de ce pavé de près de 500 pages ?
Chef d’œuvre du roman graphique ou pétard mouillé ?

Ni l'un, ni l'autre, mais avant de donner mon avis, un petit résumé de l'histoire.
David Smith (le caractère très répandu du nom a son importance) est un jeune artiste New-Yorkais, qui place son Art au dessus de tout. Après des débuts remarqués, il est oublié. Un Smith parmi des milliers.
Pour obtenir la reconnaissance qu'il estime mériter, il va passer un pacte faustien : durant 200 jours, il pourra sculpter, à mains nues, tout ce qu'il souhaite. Au terme, la Mort viendra le prendre.
Mais David va découvrir que l'Art se nourrit aussi de la vie.

Comme le souligne justement un commentaire, des éléments de ce livre peuvent surprendre. Au premier abord, la qualité des dessins n'est pas constante et le récit s'approche parfois d'un Anna Gavalda à l'américaine avec des sentiments ou des situations qu'on peut trouver convenues ou au contraire, trop factices.

Mais venant de McCloud qui reste une référence dans la Bande dessinée, en raison de ses ouvrages didactiques sur le sujet ("L'Art invisible", "Faire de la bande dessinée"...), l'analyse est-elle aussi simple ?

Prenons le dessin par exemple.
McCloud utilise une palette limitée à un noir et blanc et une trame de bleu. Il est vrai que certains dessins font moins "finis", presque minimalistes. Mais n'est-ce pas volontaire ? Fallait-il plus d'audace ou un dessin plus classique encore ? C'est un débat. Certaines cases en effet amènent à s'interroger (exprès ou pas ?) et du coup, peuvent entrainer une rupture. C'est le seul (petit) reproche que je ferais. Mais attention, tout ça reste très relatif. Le dessin est globalement excellent.

De plus, il faut examiner cette réserve au regard de l'ensemble : si on l'accepte, ce roman est d'une lisibilité fascinante tant la forme et le fond s'imbriquent. La psychologie des personnages ne pâtit pas (au contraire ?), des traits qui semblent parfois moins précis. Les sentiments exprimés eux, sont toujours évidents, toujours justes.
Et puis, il faut bien reconnaître que ces "défauts" ne se retrouvent pas dans l'autre personnage principal du livre : la ville. Elle est toujours formidablement dessinée, avec des cases époustouflantes où New York est magnifiée.
Et enfin, il faut parler des découpages et des cadrages. Entre Comics et Manga, ce roman offre des plans de toute beauté sur lesquels il faut s'attarder pour mieux les savourer. Comme ces pages entières sans le moindre texte et pourtant, des plus "parlantes".

L'histoire, maintenant.
A priori, l'histoire est assez basique, on peut même lui trouver un aspect un peu "à l'eau de rose". Pourtant, l'intérêt ne faiblit jamais, chaque personnage est attachant, complexe et on appréhende ce qui pourrait lui arriver. Il y a une émotion évidente, de purs concentrés de vie, loin de la simple banalité.
Il faut dire aussi que le pacte avec le Diable, point central du roman, est plus complexe qu'il ne semble. Certes, David peut tout créer de ses mains, mais pour autant, ce don ne suffit pas à lui procurer une reconnaissance et un succès immédiats. Ses premières œuvres ne convainquent pas.
La faute bien sûr en partie, au monde de l'Art tel qu'il est décrit et qui ne privilégie pas toujours le talent.
McCloud montre bien l'arrivisme et l'affairisme à l’œuvre dans ce milieu. Mais il nous montre aussi un David qui n'est pas épargné -et à juste titre- par les critiques et qui est mis en concurrence avec d'autres artistes plus intéressants que lui.
David impressionne, mais il ne plait pas car ses œuvres manquent de vie, paradoxalement, parce qu'il ne redoute pas la mort.

Or, voilà que McCloud, au delà du fil narratif initial "donner sa vie pour l'Art", introduit un autre élément avec l'apparition de Meg, qui va devenir la muse de David et lui montrer que l' "Art, c'est la vie".
C'est à ce moment là que David se rend compte que ses mains exceptionnelles ne suffisent pas et qu'il lui faut avant tout ouvrir son esprit et redouter la perte, pour créer vraiment.
La relation amoureuse qui est décrite est forte et vivante. Indissociable de la ville qui l'abrite, elle va littéralement s'y fondre.

Donc une histoire finalement assez riche, ternie légèrement par une fin un peu ambiguë, en deçà de ce que j'attendais (en fait, j'avoue avoir du la relire plusieurs fois avant de la comprendre. Hé oh, il était tard et j'étais fatigué !)

En résumé, j'ai trouvé qu'en raison de la cohérence et de la fusion parfaite des différents niveaux que McCloud décrivait dans l’"Art invisible", "Le Sculpteur" est un roman qui se lit avec délectation. Pour ma part, je l'ai dévoré...en plusieurs fois, pour faire durer au maximum le plaisir.

Est-ce pour autant une œuvre exceptionnelle ?

Je ne crois pas. Outre les quelques accrocs déjà cités, on sent qu'il y a une volonté chez McCloud, de réaliser l'album parfait, celui qui embrassera tout et le mettra, lui le théoricien reconnu, au même niveau que le Spiegelman de "Maus" ou le Craig Thompson de "Blankets".
De ce point de vue, c'est sans doute raté, faute d'audace. Car au fond, même si c'est efficace, McCloud utilise l'ensemble des ficelles qu'il a passé des années à nous dévoiler.
Il expose, mais invente t-il ?

Ceci dit, au final, "Le Sculpteur" se situe par son ambition et sa réalisation, à cent coudées au dessus du niveau moyen et je ne peux que conseiller ce roman graphique à ceux qui sont près à tenter l'expérience.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (5) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 11, 2015 7:43 AM MEST


En quatrième vitesse [Blu-ray]
En quatrième vitesse [Blu-ray]
DVD ~ Ralph Meeker
Prix : EUR 12,94

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Sans temps mort ni trompette, 6 avril 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : En quatrième vitesse [Blu-ray] (Blu-ray)
Concerne l'édition Blu-Ray.

Incroyable coup de poing que ce film de Robert Aldrich, sorti en 1955.
Adapté d'un livre de Mickey Spillane, il raconte une enquête du Privé Mike Hammer, le bien nommé.

Nous sommes immédiatement plongés de nuit, sur une route déserte, face à une jeune femme affolée qui court, vêtue de son seul imperméable, au devant des voitures qu'elle essaie désespérément d'arrêter.
En vain, jusqu'à ce qu'elle oblige la voiture d'Hammer à stopper brusquement, en se jetant devant ses roues.
Forcé, le détective embarque la femme mystérieuse.
Hammer a juste le temps de comprendre que l'inconnue dénommée Christina vient de s'évader d'un asile, que des hommes inconnus les arrêtent et les enlèvent.
Hammer est battu, Christina est torturée à mort. Tous deux sont remis dans la voiture d'Hammer qui est précipitée dans un ravin.
Miraculeusement sorti d'affaire, Hammer enquête pour savoir quelle information importante pouvait détenir la jeune femme, qui justifie cet acharnement.
Ouf.

Dès le générique, défilant à l'envers sur fond de halètement paniqué d'une Christina à bout de souffle, on sent qu'on aura droit à un film très noir.
De fait, rien ne manque : un privé cynique et désabusé, des femmes peu fiables, une intrigue embrouillée, des cadrages spectaculaires dans un Los Angeles où chaque immeuble recèle un danger. Ça cogne et ça reste étonnamment violent pour l'époque, sans compter un dénouement proprement apocalyptique.

Bien qu'inspiré du roman de ce tâcheron de Spillane, ce film s'approche du chef d'oeuvre grâce à l'expressivité de la caméra d'Aldrich et de son incroyable rudesse : tortures (suggérées surtout), meurtres...
Les interprètes s'en sortent plutôt bien, même si je trouve que le jeu de Ralf Meeker manque un peu de finesse. A sa décharge, le personnage d'Hammer n'est pas franchement sympathique, détective minable, n'hésitant pas à exploiter sa secrétaire. Il ferait passer Sam Spade pour une gonzesse (no offense).
Les autres personnages sont bien définis et constituent une belle galerie de portraits. J'ai quand même trouvé Gaby Rodgers (qui joue la co-locatrice de Christina) un peu en dessous, tandis que Nick Dennis (dans le rôle de Nick, le garagiste), en fait des tonnes et ressemble au Luiggi du dessin animé "Cars" !

La remasterisation est correcte. Le N & B est plutôt bien défini, mais le grain reste quand même sensible avec ces nombreuses scènes de nuit et passée la 1ère heure, quelques pétouilles apparaissent et le contraste peine un peu. Le son de la VOST (pas testé la VF seul autre choix) en 1.0 DTS HDMA est par contre, très clair.
En bonus : une analyse du film (23') et un entretien avec un scénariste, à propos des adaptations de Mike Hammer (28'). Plutôt intéressant. On a droit aussi à la "Fin" autorisée de l'époque, beaucoup moins explosive que celle qui ressort aujourd'hui.

Le boitier est minimal sans que ce soit trop frustrant.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 8, 2015 6:36 AM MEST


Emmett Till : Derniers jours d'une courte vie
Emmett Till : Derniers jours d'une courte vie
par Arnaud Floc'h
Edition : Album
Prix : EUR 19,50

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Que reste Till et les quelques photos, de sa jeunesse, 6 avril 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Emmett Till : Derniers jours d'une courte vie (Album)
On l'a roué de coups, on lui a arraché les yeux avant de le noyer en lui attachant un poids au cou avec du fil barbelé.
C'était en 1955, c'est à dire hier.
Emmet Till avait 14 ans. Il venait de Chicago, rendre visite à son oncle à Money, dans le Mississippi.
Ah oui, il était noir.

Que s'est-il passé dans l'épicerie de Mme Bryant où il s'est rendu (seul ? En groupe ?) pour acheter des bonbons ? Emmet a t-il sifflé Carolyn Bryant ? A t-il tenté" de lui prendre la main ?

On ne le saura jamais.

Ce qui est sûr, c'est que le mari de Carolyn, Roy Bryant et son demi-frère, Milam, ont enlevé, torturé et assassiné le gamin.
Ce qui est sûr, c'est que les 2 hommes, inculpés d'enlèvement ont été acquittés par le jury.
Ce qui est sûr, c'est qu'ils ont ensuite avoué tranquillement le meurtre, ne pouvant être jugés deux fois, pour la même affaire.
Ce qui est sûr, c'est que ces deux fumiers sont morts dans leur lit.
Ah oui, ils étaient blancs.

En 2014, à Ferguson dans l'Etat du Missouri, un policier a tué un jeune homme, noir, de 18 ans non armé et non dangereux selon l'ensemble des témoins. Acquitté.

Arnaud Floc'h fait oeuvre utile en rappelant ces faits dans cet ouvrage parrainé par Amnesty International, mais acheter cette BD n'est pas seulement une bonne action. Le dessin, simple et expressif de Floc'h trouve la bonne distance pour raconter cette histoire horrible et termine sur une note d'espoir appréciable.

A la fin du livre, quelques pages reviennent sur ces événements, avec une chronologie marquant quelques dates repères.

Floc'h donne aussi quelques chiffres, à mon sens moins pertinents faute d'analyse plus poussée : "Au Texas, ..41,6 % des personnes exécutées sont noires", "Les Noirs représentent environ 12,7 % de la population américaine : ils sont 42 % dans le couloir de la mort", "En 2011, il y avait plus de Noirs en prison qu'il n'y avait d'esclaves en 1850"...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (29) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 9, 2015 9:05 AM MEST


Fatale - tome 1 -  Fatale
Fatale - tome 1 - Fatale
par Doug Headline
Edition : Album
Prix : EUR 22,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Aimée tue les uns, les autres., 6 avril 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Fatale - tome 1 - Fatale (Album)
Jean-Patrick Manchette est -à titre posthume, certes- plutôt chanceux. Quand il n'est pas adapté par Tardi, il l'est par Cabanes.
Tardi, tout le monde connait, il est l'un des ténors de la BD et une référence en matière d'adaptation.
Max Cabanes, lui, reste encore assez peu connu, en dépit de sa série "Dans les villages" qui vaut le détour, ne serait-ce que pour l'Anti-Jôle et la Crognotte rieuse qui parleront aux anciens lecteurs de Fluide Glacial.
Par la suite, je ne trouve plus guère de traces de ses travaux dans ma bédéthèque, en dehors des 2 volumes de "Colin-Maillard".

Avec "Fatale", Cabanes signe son retour par une remarquable adaptation, co-écrite avec Doug Headline, le propre fils de Manchette. (Headline-Manchette, astuce !)

L'histoire est assez linéaire (on y reviendra).
Aimée est une jeune femme mystérieuse, se faisant appeler tantôt Mme Souabe, tantôt Mme Joubert.
Après avoir commis un meurtre, elle arrive à Bléville, une petite ville du bord de mer, mélange entre autres, de Dieppe et du Havre.
Là elle fréquente la bonne société, découvrant ses secrets les plus intimes qu'elle décide d'exploiter.

Certains commentaires ici, déplorent l'absence d'intrigue policière. Ils n'ont pas entièrement tort et d'ailleurs, le roman "Fatale" de Manchette, n'est pas paru à l'origine (en 1977), dans la Série Noire.
Pour autant, "Fatale" n'est pas à négliger. Il s'agit d'une sorte de western chabrolien qui se déroulerait à la fin des années 60. On y retrouve à la fois le thème de l'inconnue dans la ville, qui va se retrouver seule contre tous, jusqu'au duel final et la description de cette vie provinciale faite de non-dits et de secrets enfouis. Aimée va chercher à exploiter ces failles, mais son projet va se trouver contrarié par un élément imprévu : le sentiment.
Si elle aussi, elle s'abandonne...

L'ensemble prend vie, sous le crayon de Cabanes qui alterne les climats en fonction des récitatifs tirés du roman qu'on retrouve dans certaines cases. Très minutieux ou à gros traits, explosant dans la rougeur ou se glaçant dans le bleu de la nuit et les ombres du port, le dessin est magnifique pour ce qui est peut être, la meilleure adaptation d'un Manchette*.

La dimension sociale de l'auteur apparaît tout au long de l'ouvrage, par son thème bien sûr qui gratte sous le vernis de la bienséance, mais également par des formules aussi définitives que celle qui accompagne la lecture des journaux locaux : "...les 2 feuilles locales. L'une défendait une idéologie capitaliste de gauche et l'autre une idéologie capitaliste de gauche".

On peut considérer que ce discours a vieilli, mais il n'en est pas pour autant devenu ridicule.
Cabanes et Manchette Père & Fils, signent là une BD qui compte. Si vous recherchez une intrigue alambiquée, passez votre chemin. Pour tous les autres : bienvenue !

Belle couverture épaisse, 130 pages de beau papier, l'ouvrage justifie chaque Euro de son prix.

*Une case me titille quand même. Page 107, la défenestration ne me paraît pas techniquement possible telle que montrée.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (8) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 7, 2015 6:10 PM MEST


Une autre histoire de l'Amérique
Une autre histoire de l'Amérique
par Ron Hansen
Edition : Cartonné
Prix : EUR 23,95

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Le Texas d'avant l'an Bush, 4 avril 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Une autre histoire de l'Amérique (Cartonné)
Attention au titre trompeur.
Ce livre n'est pas à proprement parler une histoire de l'Amérique, mais vous apprend tout sur...le Texas.
Il s'agit en long, large et travers, des épisodes qui ont secoué cet état, avant sa constitution et son rattachement aux USA, alors qu'il est encore mexicain.

Le livre comprend 2 parties : "Los Tejanos" et "Une cause perdue" et débute en 1835, au moment de la révolution texane et du célèbre épisode de Fort Alamo.
Passablement embrouillée, l'histoire de cette province en ballottage permanent, tiraillée entre 2 pays est revisitée en détail par Jack Jackson.
Trop à mon goût, d'ailleurs. A un moment, faute d'être particulièrement intéressé par le Texas, je me suis ennuyé, perdu entre tous ces personnages : Seguin, Austin, Bowie, Travis, Ross, Canales, Lamar, Houston...et ces faits.
C'est surtout vrai pour la 1ère histoire, car "Une cause perdue" (sur la vie de John Wesley Hardin), se suit quand même, un peu plus facilement.

Parlons du dessin.
Si on en croit les critiques de la 4ème de couverture, Jack Jackson serait, pour Technikart, le chaînon manquant entre Robert Crumb et Kurtzman, tandis que pour Beaux Arts Magazine, il faut le comparer à Joe Sacco.
Ce n'est pas que je veuille paraître conciliant, mais il me semble que tout le monde a raison.
Le dessin est captivant et parfois ultra détaillé. Les trames des 1ères pages sont incroyables (après ça se relâche un peu). La précision historique elle, est impressionnante.

Il n'en demeure pas moins qu'à mon sens, ce livre-reportage est réservé aux passionnés du Texas (s'il y en a) et aux historiens. Pour le lecteur lambda, près de 300 pages sur le sujet, c'est un peu étouffant.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 6, 2015 7:32 AM MEST


New Moon Daughter
New Moon Daughter
Prix : EUR 21,66

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Elle est si Reine, 4 avril 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : New Moon Daughter (CD)
Une orchestration minimale : trompette, basse, une guitare résophonique et la voix de Cassandra Wilson, grave et déchirante.
Ça grince, ça se balance chaotiquement, c'est noir et sauvage . Ces fruits étranges qui pendaient fréquemment aux arbres des Etats du Sud, Cassandra les évoque magnifiquement, dans la lignée de Billie Holiday et Nina Simone.

Après ce "Strange Fruit", la suite est moins dramatiquement tendue, mais tout aussi belle. Cette voix tire le meilleur des nombreuses reprises qui composent l'album, avec une mention particulière pour "Death Letter", "Last train To Clarksville", "32-20" ou "Harvest Moon".

Mais les compositions de Wilson ("Solomon Song", Find Him", "Until", "A Little Warm Death") maintiennent elles aussi ce disque à un haut niveau. On est proche des meilleures réussites de Sting (non, ne fuyez pas) auquel la voix de Wilson fait parfois penser.
Les musiciens sont formidables également, qui entourent chaque chanson d'un écrin le plus souvent acoustique, pour un mélange de Folk, Jazz et de Blues, parfait pour montrer l'imbrication de ces musiques, au delà des étiquettes.

L'enregistrement est d'une clarté sans faille, le son est rond et chaleureux.

Blue Note n'est pas mort.

Seuls bémols : la pochette n'est quand même pas terrible et seuls les titres écrits par Wilson bénéficient de l'intégralité des paroles dans le livret.

Ultime précision : ne vous effrayez pas du prix. Le marketzone livre rapidement.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (5) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 4, 2015 8:38 PM MEST


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