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Contenu rédigé par Mélopée
Classement des meilleurs critiques: 220
Votes utiles : 296
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Commentaires écrits par Mélopée (Amiens)
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Rideau !
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par Ludovic Zekian Edition : Broché |
| Prix : EUR 10,45 |
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
La fin d'un monde, 5 mai 2013
A La Tour du Pin, la mère de Ludovic Zékian a tenu une maison de la presse où elle a investi temps et argent et y a mêlé son fils. L'histoire commence sur le début du commerce qui est, somme toutes, florissant avec de multiples projets et de belles vitrines appâtant la clientèle. Mais les années passent et la crise se fait sentir partout. Les livres ne sont pas le défouloir tant espéré et les clients désertent peu à peu. On assiste donc, après l'ouverture pleine de promesses, l'ascension, les clients fidèles, puis la désertion progressive et le temps qui passe plus lentement avant une fin inexorable. Portrait triste mais juste d'un lieu qui esquisse lui-même deux vies (celle d'une mère et de son fils, qui lui aussi tire le rideau). La mère paraît bien être seule contre tous, alors que son fils obtient son concours sur Paris alors qu'elle, en province, est obligée de vivre dans l'insécurité, ne sachant jamais si le mois sera bon, si les ventes décolleront. On compatit à cette vie de dingue où les dimanches n'en sont pas vraiment, où les horaires se font à rallonge. Mais la vie n'est pas que morose et la maison de la presse passe aussi par des périodes d'effervescence et de joie : "Le brouhaha des gens qui se rencontraient par hasard entre deux rayons ou à proximité de la caisse, les cris d'enfants, les remarques impatientes de certains, les apartés entre vieilles connaissances perdues de vue qui privatisaient un coin du magasin à l'écart de la foule pour prendre des nouvelles et rattraper en quelques minutes le temps perdu, les landaus encombrants, les chiens qui aboient après s'être reniflés, toute cette vie je l'ai connue, je l'ai vécue. Mes dimanches." (p. 97) L'auteur a une jolie plume qui retranscrit parfaitement l'ambiance d'un lieu que, moi, j'affectionne comme une seconde maison (ex-aequo avec la bibliothèque). Et c'est rageant de voir ces passionnés qui ont cru en leur projet lentement se faire une raison. Si la crise ébranle les foyers, pourquoi épargnerait-elle les petits commerces? Que de regrets de laisser filer ces lieux de culture à taille humaine !
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Histoire d'amour de l'ombre, 5 mai 2013
Nous sommes en Saxe, en ex-Allemagne de l'Est au lendemain de la réunification. Maria Bergmann a seize ans et a quitté sa mère pour s'installer avec son petit-ami dans sa famille. Elle est logée à l'étage avec Johannes Brendel, un jeune garçon de son âge. Toute la famille vit dans une promiscuité forcée avec Frieda, la grand-mère, le vieil Alfred, Siegfried le père, Marianne la mère et les frères Johannes et Lukas. Même si elle n'est pas une réelle charge, Maria est intégrée au ménage et tente de se rendre utile. Mais la motivation fluctue et elle quitte finalement le lycée et passe ses journées à trainer autour de la ferme. C'est comme ça qu'elle est amenée à rencontrer Henner, un fermier un peu bourru et habitué des bars. De vingt ans son aîné, il est brutal mais non moins cultivé. Avec lui Maria entame une relation torride et tombe éperdument amoureuse. Voisins et aux tempéraments diamétralement opposés, ces deux-là cultivent le mystère et entretiennent un jardin secret insoupçonnable même à leurs proches. J'ai aimé cette histoire d'amour improbable qui trouve son parallèle avec l'intrigue des "Frères Karamazov" de Dostoïevski. Sachant que les Karamazov est un de mes bouquins préférés, j'ai aimé ce livre à tiroirs où dans l'histoire seconde se joue aussi le nœud de l'intrigue. Dommage néanmoins que le personnage de Maria, bien que conscient du mal de la situation, n'évolue pas dans un cheminement intérieur. Même si elle se laisse guider par l'amour, elle est beaucoup trop objet des désirs de son environnement immédiat. J'aurais voulu un personnage avec plus de poigne et de violence, capable d'indépendance et d'initiatives. Je m’énerve toujours un peu lorsque je me retrouve avec un narrateur trop passif que j'aurais envie de secouer pour lui dire d'assumer, quel que soit son choix de vie. Mais pour la période évoquée, pour le lieu de l'action et pour cette belle histoire d'amour, le livre vaut le coup d'être ouvert !
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4.0 étoiles sur 5
Un petit roman humoristique comme on les aime !, 5 mai 2013
Ce livre-ci (premier d'une trilogie) je l'ai lu en deux trajets de train et je peux dire qu'il est rapidement addictif même s'il est plutôt destiné aux enfants de 10-12 ans. Je l'avais acheté pour mon copain (qui a bien plus de 12 ans, je tiens à le préciser) qui est fan de Star Wars et je dois avouer qu'on a finalement succombé tous les deux au charme de ce Yoda de papier. Dennis est un jeune collégien de sixième, bizarre et à la marge. Affublé d'une marionnette à l'effigie de Maître Yoda, il déambule parmi ses camarades et se propose d'apporter des réponses à leurs questions existentielles (ô combien vitales) grâce à sa marionnette. Le livre se découpe donc en plusieurs chapitres où chaque enfant prend la parole pour raconter son expérience inhabituelle et saisissante avec la marionnette extralucide. A chaque prise de parole Maître Yoda tient un rôle important puisqu'il donne de la crédibilité et assurance à Dennis, par ailleurs complètement à côté de la plaque. On l'imagine bien, encore gamin dans sa tête, prendre tout ça très au sérieux. Et il faut bien avouer que d'autres se prennent au jeu et l'encouragent. La couverture est déjà un bon reflet de l'ensemble car le livre est tout en bulles, dessins avec des polices qui changent selon l'intervention des uns et des autres. Ça m'a beaucoup fait penser au Journal d'un dégonflé de Jeff Kinney et ça m'a donné envie de le reprendre (je crois que je m'étais arrêtée au deuxième de la série). Car dans Origami Yoda il y a le boulet, Dennis, qui avec son stratagème de Yoda en origami se fait de plus en plus apprécier et solliciter. Le livre est particulièrement fun car anecdotes et personnages s'enchainent et Yoda n'est jamais loin. Cela permet d'aborder les relations d'amitié au collège mais aussi les premiers flirts, les profs, la cantine et les petites bêtises de la vie. Je dois bien avouer qu'on est loin de Star Wars pour le côté sérieux mais l'égérie Yoda trouve toute sa place dans cette comédie où il se fait voyant, guide et ami des uns et des autres. C'est Tommy, le personnage principal qui regroupe les histoires et se permet des commentaires à chaque intervention. Parfois, seul point négatif, il est difficile de l'identifier dans les nombreux jeunes récits car Dennis se serait peut-être suffi à lui-même. A noter qu'à la fin, on a une explication pour se créer son propre Origami Yoda et ça c'est cool ! Lire ce livre, tu dois ! Trop drôle, il est. Bien rigoler, tu vas. Ne plus t'arrêter, tu vas ! J'ai le deuxième tome, Kraft Vador, dans ma PAL et vais l'entamer de ce pas. Voilà en tout cas une trilogie qui, à coup sûr, plairait aux ados adeptes du "dégonflé" de Kinney.
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13 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Un guide de vie en plus d'une biographie ! Passionnant !, 5 mai 2013
Quelle heureuse, que-dis-je, merveilleuse surprise que ce livre-là ! Le pitch pouvait sembler ardu et érudit puisque le livre se présente comme un guide de Montaigne. N'étant pas lectrice familière de ses --Essais--, je ne savais pas si le connaître par sa vie allait me le rendre agréable ou au contraire me barber sérieusement. Et je dois admettre que c'est la première proposition qui s'est dégagée très vite et cela pour plusieurs raisons. Sarah Bakewell a de l'expérience dans les vieux livres et nous rend son guide vivant et truffé de bonnes références émaillées de notes et anecdotes. Elle ne tombe pas dans le travers d'une biographie assommante collée à son sujet. Ici elle adopte une construction originale : 20 parties distinctes qui se proposent d'éclairer la grande question qui fait le lien : "Comment vivre ?". Et ainsi s'enchainent des pistes toutes plus intéressantes les unes que les autres : "Ne pas s'inquiéter de la mort", "Voir le monde", "Lâcher prise", "Être ordinaire et imparfait" qui reviennent sur les pans de la vie de notre auteur, Montaigne, un homme plein d'esprit et avant-gardiste. Sarah Bakewell nous le rend familier et à portée car elle le situe dans un contexte politique tumultueux, nous fait partager ses expériences et remises en question. Mais ce n'est pas professoral, c'est même loin de tout académisme et c'est peut-être ce qui a fait son succès en Angleterre et aux États-Unis. Montaigne a vécu et revit sous la plume d'une anglaise bien renseignée et qui aurait eu bien tort de nous priver de ses recherches. On se glisse dans ses amitiés comme celle, indéfectible, avec son compagnon Étienne de La Boetie. Bonheur est de surprendre deux hommes dans une parfaite entente intellectuelle et amicale ! Mais Montaigne a aussi vécu des cheminements notables : une éducation humaniste très libérale mais fondée sur de solides bases latines, des deuils récurrents, la mort vue de près, les voyages et un engagement politique et local très importants. Savez-vous que je me suis régalée presque à m'en surprendre de lire sur Montaigne comme s'il était un de ces contemporains dont on pourrait se gausser de se le vouloir pour soi, car proche historiquement. J'ai aimé sa vie faite de contradictions mais en même temps pleine d'une certaine tranquillité de vivre. Le récit n'est pas linéaire comme dans une biographie classique (pas de naissance au début et de mort à la fin). Même si tout y est, ce sont les réponses qui donnent voix et orientation aux chapitres. Et c'est un grand, grand plaisir de piocher dans un tel guide de vie qui s'applique à ce grand penseur qu'est Montaigne mais qui fait résonance à tout lecteur inquiet et un peu perdu dans son époque. On aurait tort de se priver d'un ouvrage si bien construit ! Je comptais le lire au compte-goutte et l'ai finalement relâché qu'une fois la dernière page tournée. Addictif même si cela peut paraître étonnant pour ce type d'ouvrages !
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4.0 étoiles sur 5
Le célibat comme étape de vie indispensable, 5 mai 2013
Tout juste quittée par son copain, l'auteur de 34 ans est un peu désespérée et ne sait plus que faire. Elle s'en ouvre à Dieu (et ce n'est pas qu'une façon de parler puisqu'elle le supplie de la remettre sur les rails) et décide de partir en quête spirituelle. Elle fait appel à une amie, Sœur Mary Trinity, qui l'invite au couvent pour se recueillir et faire un peu la paix avec elle-même. Elle se rend donc au Pays de Galles pour quelques jours de prières, loin de ses habitudes. C'est là-bas qu'elle trouve tout le temps de se refaire en compagnie de nonnes. Un court séjour qui lui permettra de partir bien plus loin à la recherche d'un ermite et de parler de Dieu ici et là. Ce roman graphique a été une découverte grâce à une copine blogueuse. Quelle aubaine que ma bibliothèque le possède ! Même si j'ai eu un peu de mal à accrocher à ces dessins aux traits simples et aux couleurs un peu ternes, l'histoire m'a quant à elle beaucoup amusée. Car il est vrai que la supplication paraît bien être dans l'air du temps : les célibataires sont comme atteints d'une tare et, pour faire bien, il faudrait tous les "caser". Le personnage, elle, est en demande et son chemin de vie post-rupture parait bien tortueux. Se tourner vers Dieu et préférer la compagnie de nonnes aux fêtes et sites de rencontre, voilà qui change (et c'est du positif !). Du Pays de Galles à l'Australie, le personnage se tourne vers les autres en s'introspectant. Une jolie leçon de vie pleine d'humour qui donne envie de philosopher et divaguer.
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3.0 étoiles sur 5
Récit d'une dernière "rentrée", 5 mai 2013
Dans ce journal presque au jour le jour, Jeanne fait sa dernière "rentrée" et pour cause puisqu'elle se retrouve en maison de retraite. A L'Oiseau blanc, les jours se rallongent avec des pensionnaires en fin de vie et foncièrement isolés. Une sorte de langueur s'échappe de ces mots consignés par Jeanne car les mois et années n'ont plus d'importance, ce sont les jours qui maintenant font leur loi. Les visites sont rares et seul le personnel rend un peu d'humanité à ces personnes en mal d'affection. "J'ai fait un cauchemar, cette nuit, je récitais un abécédaire nettement plus noir que celui évoqué précédemment, des menaces qui pèsent sur nos corps de vieillards : C comme Cataracte, Cholestérol, Cancer, Confusion ; D comme Dépression, Dénutrition, Déshydratation ; E comme Escarres, Embolie, Emphysème. Fibrome. Gastrite, Glaucome, Goutte. Hernie, Hypertension..." (p.62) Sybil de Ligny a beaucoup d'empathie pour ces personnes âgées qu'elle décrit avec affection. Qu'ils soient centenaires ou juste isolés, ces "vieux" sont dans une sorte de fraternelle solidarité. Le style est bon pour un premier roman même si j'ai trouvé que l'auteur forçait un peu trop le trait des effets de style. Elle joue avec la langue française et on sent qu'elle prend un réel plaisir à son récit mais j'ai eu parfois un goût de "too much". Ce n'est pas rédhibitoire mais ça m'a un peu lassée sur les dernières pages... Voilà en tout cas un sujet d'actualité qui mérite d'être abordé. La forme journalière se prête à merveille aux observations au jour le jour. Un bon moment à picorer.
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4.0 étoiles sur 5
Une vision de la vieillesse décapante, 5 mai 2013
Je suis en train de passer ma période "vieux" car je prépare pour le boulot une bibliographie sur les vieux. Et on peut dire qu'ils sont traités de toute sorte de manières : compassion, drôlerie, pitié... les vieux suscitent des émotions passionnées. Ici, cette question, qui donne son son titre au livre, n'est pas anodine puisqu'elle est le leitmotiv du roman dans son entier. Comment une fratrie de cinq enfants, devenus grands, en viennent-ils à envisager de placer leur mère ? Car Rosette - c'est son nom - a tout d'une vieille femme charmante et ne demandant rien à personne. A 79 ans, son jardinet l'occupe pleinement et son voisin, Despature, est de très bonne compagnie. Mais un verre occasionnel entre amis et c'est le malaise, la dégringolade et l'isolement. Waw, quelle spirale infernale ! Il y a un certain effroi dans cet impossible retour en arrière, dans cette vie monotone aux "Marronniers" - la maison de retraite -, dans l'infantilisation des pensionnaires. Je dois bien reconnaître que je m'attendais à un traitement plus léger des choses alors que le ton est grave, que les enfants paraissent tous plus antipathiques les uns que les autres et que le personnel pourrait être placé dans le même panier. Plus les pages défilaient plus mon cœur se serrait jusqu'au dénouement qui m'a pour le moins interloquée. J'ai dû le relire pour être bien sûre d'avoir compris. Mais oui, oui ça va jusque-là ! Le style de Bernard Leconte est très prenant. Il y a une vraie maitrise dans la trame, dans le phrasé et on sent une sorte d'amusement dans le langage. Je ne le connaissais pas avant ce court roman mais relirais bien volontiers cet auteur. Il a le mérite d'aborder un sujet des plus préoccupants et de fort belle manière - bien que dérangeante - !
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3.0 étoiles sur 5
Vie et musique, de concert !, 5 mai 2013
J'avais déjà lu Michel Rostain avec son émouvant précédent roman, Le fils, récit autobiographique sur la perte prématurée de son fils. Ici l'accent, bien que mis sur la fiction, s'entremêle avec des éléments bien réels vécus par son auteur. Le personnage de Lion (son fils) est évoqué de manière fugace et la rencontre avec l'artiste a bel et bien eu lieu dans la vie courante. Car l'histoire c'est avant tout celle d'une relation déséquilibrée (mais ô combien enrichissante) entre deux êtres fort différents : il y a le metteur (en scène) mais aussi l'artiste, qu'il choisit de mettre en scène, en vue d'un grand concert d'accordéon. Cette grande idole fantaisiste fait étrangement penser à une accordéoniste célèbre : Yvette Horner. Bien qu'inculte des standards de la "vieille" chanson française, une petite dame aux cheveux rouges toujours accroché à la musique, c'était son portrait tout craché. Dans ce portrait émouvant des préparations du grand retour de l'artiste, tout s'élabore dans une certaine effervescence : tests de son, répétitions, moments d'intimité hors-champ qui laissent entrevoir une personnalité débordante et atypique, proche de son public mais aussi farfelue et obstinée. Le metteur (qui est toujours appelé tel quel) en vient à douter, à regretter la gestion du temps, la set-list retenue ou les caprices de diva. Mais c'est une formidable aventure humaine qu'il nous invite à partager. Une amitié se noue dans l'ombre, à l'écart des projecteurs. J'avoue que j'ai passé une première partie du roman à me demander à qui me faisait penser cette curieuse accordéoniste. Yvette Horner, mais bien sûr ! Qu'elle soit inventée, fantasmée ou exagérée m'a quelque part moins intéressée que le simple fait de l'imaginer elle dans ce défi de grand retour à la scène. C'est bien elle, "la vieille" qui retient toute l'attention et le metteur lui ne fait pas figure de particulière "étoile". Certes il est là, certes il accompagne, mais le talent ce n'est pas tout à fait lui. En tout cas Rostain nous intéresse à nous parler dans un compte-à-rebours de la vie entre scène, musique et frivolités. Une petite play-list en fin de livre aurait été la bienvenue pour rester dans l'ambiance festive de l'accordéon star. Un bon moment de lecture.
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4.0 étoiles sur 5
Un petit bijou, 5 mai 2013
Je ne saurai trop dire pourquoi cet album m'a attiré si ce n'est que la couverture avec ce jeune garçon au milieu de nulle part m'a intriguée. Je ne savais d'ailleurs pas qu'Emmanuel Guibert avait fait déjà une série sur ce personnage d'Alan ("La guerre d'Alan") mais je crois que ça lui réussit plutôt bien. Ici, on suit Alan dans son enfance en Caroline du Sud dans les années 30. Entouré d'une famille très nombreuse mais largement décimée par la maladie, la folie, Alan partage des événements des plus anodins au plus dramatiques. Du voyage en train la nuit pour rejoindre une fête de famille, de la chasse au serpent, du chariot à roulettes aménagé, tout est prétexte à l'amusement, au détournement. Les dessins en noir et blanc font aussi place à des photographies de famille ce qui apporte encore davantage d'intimité au projet final. Même si les dessins m'ont, au départ, un peu désarçonnée (beaucoup d'ombres, des traits secs) ainsi que la construction faite d'anecdotes partant un peu dans tous les sens, j'ai beaucoup aimé me retrouver en terrain inconnu, trimballée au gré de la mémoire d'un petit garçon. Il y a une sorte de nostalgie à revenir en enfance là où tout devrait être insouciance et divertissement mais où parfois la réalité se fait plus dure. Très beau projet qui mérite grandement de figurer dans toutes les bonnes bibliothèques !
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Quand Cora n'en fait qu'à sa tête..., 5 mai 2013
Que se passe-t-il lorsqu'une vieille dame est placée contre son gré en maison de retraite? Cora est la dame en question et, âgée de 82 ans, elle a encore toute sa tête. Dans une succession de courts chapitres, elle raconte non seulement sa triste mésaventure du placement mais aussi sa vie d'avant lorsqu'elle était jeune fille puis mère de famille. Toute une succession d'aventures lui arrivent et on se rend compte de quelle singulière personne elle est. J'ai particulièrement aimé ce récit qui m'a fait tour à tour rire, sourire car une personne de cet acabit, on n'en côtoie pas souvent. Parfois le ton est plus grave car avec une telle vie, les événements ne sont pas toujours gais. "Ma tante Alpha, celle qui lisait l'avenir dans les cristaux, m'a raconté comment ma sœur Emerald était morte. Dieu laisse le choix à tous les bébés : vivre leur vie ici-bas ou devenir un ange et monter au ciel. Certains préfèrent être un ange avant de naître, quand ils ne sont encore qu'un têtard dans le ventre de leur mère. Ce sont les fausses couches. D'autres viennent au monde, mais, après avoir jeté un coup d’œil, ils se disent qu'ils n'ont pas envie d'en faire partie. Ce sont les bébés qui meurent. Ils n'ont qu'un an pour se décider. Passé leur premier anniversaire, c'est fini, plus question de choisir, ils sont coincés dans notre monde et dans leur famille." (pp. 303-304) Cette Cora est un personnage auquel on s'attache et qui n'a rien perdu de sa tête et de sa verve. Les premières pages sont cinglantes et le lecteur se demande bien comment elle a pu se laisser faire enfermer. "Heureusement" on se doute qu'elle va mener la vie dure à ses colocataires d'infortune. Leur description est d'ailleurs jubilatoire car on se les imagine très bien se fossiliser lors d'activités organisées ou pendant les repas de groupe. La vieillesse trouve avec Leslie Larson une nouvelle description pleine de sympathie et de drôlerie. Loin de se morfondre, ses "vieux" sont sympathiques et roublards, expérimentés et sensibles. Pas de pastiche d'une génération en dégénérescence mais plutôt une ode à la vie au jour le jour.
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