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Contenu rédigé par M. Cyrille
Classement des meilleurs critiques: 845
Votes utiles : 606
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Commentaires écrits par M. Cyrille
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Aujourd'hui, c'est vide-grenier, 4 avril 2012
J'ai un gros ego. Ou alors c'est juste que je me protège de plus en plus, je me fixe des oeillères, je ne m'intéresse plus aux gens que je ne connais pas et que je ne rencontrerai jamais, qui peuvent secouer tous les médias pour des raisons diverses mais ayant un point commun : l'actualité. Les informations sont trop tristes pour être prises au sérieux. De la même façon, je ne suis plus automatiquement à la trace tous les artistes qui traversent mes oreilles ou mes yeux. Fut un temps où je chassais les carrières, écoutais tous les albums solos de n'importe quel membre d'un groupe qui m'était important, connaissais toutes les notes de pochette, citais tous les titres de mémoire. Désormais je préfère adorer un disque tout seul dans mon coin et ne pas savoir si les gars et les filles qui y officient sont de petits nouveaux ou s'ils ont déjà vingt-trois albums à leur actif. Je trouve ça sain, de couper l'image du son. Ca évite les mauvais procès. Là je vais jouer la défense de Fake Noise From A Box Of Toys, un album de The Autumns, des types et sans doute des filles que je ne connais pas du tout. Ni d'où ils viennent, ni quels sont leurs autres disques, ni s'ils ont splitté ou pas, si ils naviguent dans une certaine communauté, si ils sont appréciés ou non. Je ne suis tombé que sur une chronique de blog, que j'ai oubliée, sauf la note : dans les soixante pour cent. Comme je déteste mettre des notes, je peux comprendre celle-ci, mais de mon point de vue, cette pop un peu bruyante qui peut sembler complètement banale, totalement dans l'air du temps, qui pourrait donner du "oui ok mais bon, j'ai du lait sur le feu" a pourtant plus de qualités qu'elle n'en a l'air. A commencer par son batteur, inventif à souhait, jamais hors sujet, plutôt comme une seconde voix. Du coup la musique de The Autumns me semble bien plus ciselée. Et c'est comme ça pour tout : les choeurs, les mises en place... les petites originalités s'accumulent. Cela en devient unique. A partir de ce moment, ils ont gagné ma confiance, je leur fais de la pub, je réécoute régulièrement ce disque, je ne les oublierai pas. Mais la partie est finie, car l'angoisse pointe. L'angoisse de la déception. Trop peur d'être déçu ou moins enthousiasmé par leurs autres disques. Trop peur de perdre mes illusions. Trop peur d'être trahi une fois de plus. Armure enfilée, casque enfoncé, je peux continuer à aimer The Autumns et leur Fake Noise... Rien ne dit que je ne vais pas craquer un jour. Mais pour l'instant, on ne bouge pas. Parce que des fois, il vaut mieux ne pas savoir.
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Dies Irae
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| Prix : EUR 11,99 |
| Disponibilité : Habituellement expédié sous 2 à 4 semaines |
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Bertrand m'a dit, 22 mars 2012
Faire du rock, c'est facile. Je sais de quoi je parle, j'ai moi-même (maître du monde) joué dans plusieurs formations. Enfin, jouer, c'est un grand mot pour mon niveau, puisque je suis de l'école Sid Vicious : aucune formation musicale. Appris sur le tas, grâce aux copains qui montrent quelques plans, expliquent les bases, donne des conseils et des exercices pour travailler. Quel que soit l'instrument (de rock basique, je précise, guitare basse ou batterie voire claviers) que vous choisirez, après un peu d'entraînement et quelques semaines à se faire mal aux doigts aux bras et aux jambes, vous pourrez commencer à jouer (en petit). Oubliez de suite les solos de Jimmy Page ou de John Bonham, concentrez-vous sur l'essentiel : faire sonner le bouzin. Parce qu'après tout, parmi mes groupes favoris, certains ne savent pas jouer : The Velvet Underground, Joy Division, Pavement, Sonic Youth... Le punk ne vient-il pas de là, en réaction à tous ces types qui font du rock progressif (souvent ampoulé, rempli d'arabesques complexes à reproduire), à ceux qui se lancent dans des solos interminables de blues-rock, à ceux qui groovaient pendant des heures sans se lasser ? Le punk dit non au formatage, non aux études (ou alors "non aux studieux"), c'est pas parce qu'on n'a aucune compétence qu'on a rien à dire. Le jazz aussi vient de là, la rue. Et des disques de ces deux genres ont changé la face du monde. Il faut de la motivation, des gens qui acceptent de vous accompagner, et un peu d'investissement, ne serait-ce que pour le matériel et le local. Le local, c'est le Graal. Puis il faut trouver sa voie. Le volume, la langue, l'attitude, la mouvance, voire les fringues. Se définir et s'identifier par rapport aux autres losers qui essaient de faire du rock (mais d'une autre catégorie) dans le local adjacent. C'est là que ça devient intéressant. Parce que pour arriver à sortir du local, jouer sa première scène (de préférence devant un bar un 21 juin), il faut réussir à s'harmoniser, à trouver son son, ce qui fait que le groupe est unique. Même quand il ne s'agit que de reprises copiées-collées, il faut faire passer une personnalité. Le passage obligé, c'est lorsqu'il y a cohésion. Quand ça s'emboîte, chaque protagoniste à sa place, faisant partie d'un tout. Une entité capricieuse dont chacun est responsable, précisément au même instant t. Quand ça sonne et que le rendu est plaisant... je ne peux que comparer ça à un orgasme multiple. Ce sont les meilleurs moments, autant pour les joueurs que pour les spectateurs. Même si ça arrive pendant le refrain de (I Can't Get No) Satisfaction. A l'inverse, enregistrer un disque en studio est un véritable crève-coeur. Séparés, attendant des heures pour régler les micros et les amplis, jouant seul, reprenant vingt fois le même passage, se mettre tout nu devant une console aussi froide et déterminée que le HAL de 2001 l'Odyssée de l'espace, le groupe doit se faire humble. Accepté d'être aspiré de sa substance pour en faire un produit, un bout de plastique reproductible à l'infini (mais pas autant parce que bon, ça coûte, un pressage), des fichiers qui tiennent sur une clé USB. C'est un peu traumatisant. D'ailleurs je ne connais pas de musicien qui écoute son disque pour le plaisir. L'accouchement est trop douloureux, ce n'est pas moi, ce n'est pas nous, ce n'est pas notre groupe, c'est le résultat créé par le mix et le master. Personnellement, je préfère réécouter les répètes. Voilà de quoi il est question dans Dies Irae, le double live de Noir Désir capturé lors de la tournée marathon de Tostaky, de ces moments avant le studio. Et je sais de quoi je parle, j'y étais. Après ça, après ce sommet (la descente de Noir Désir commencera juste après), mes potes et moi n'avions qu'une envie : monter un groupe. Vous voulez de la personnalité, une identité, une cohésion, de la puissance, de la voix tonnante ou frémissante, de la rage, de la reprise copiée-collée meilleure que l'originale, allez-y, servez-vous. Et bonne chance pour le 21 juin, parce que dompter le rock, c'est bien plus difficile que d'en faire.
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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Voyage au bout de la not(t)e, 17 mars 2012
Ca a débuté comme ça. Moi, j'avais jamais rien dit. Rien. C'était normal, en même temps, je ne connaissais rien, excepté ce qui passait à la radio, ce qui avait du succès dans les cafés, les bus scolaires, les boums. Rick Astley, U2, Madonna, Kylie, I Love To Love, Bananarama... Mais j'aimais bien Phil Collins. Et surtout, j'avais vraiment accroché à Mama, ce titre oppressant de Genesis, avec le rire démoniaque au milieu. Un single bien étrange. Oh bien sûr, il n'eut pas sur moi le même impact que le clip de Ashes To Ashes de Bowie, mais il me plaisait. J'aimais la batterie sur ce morceau. Un ami m'a expliqué que le chanteur était aussi le batteur, et qu'avant, c'était Peter Gabriel le chanteur de Genesis, tu sais l'album So avec le batteur de Police sur un titre, et donc oui, passe-moi Foxtrot, je suis curieux de les connaître avant Solsbury Hill et In the air tonight. Ce fut l'engrenage, plus rien ne fut comme avant. J'étais devenu accro. A Genesis, à son Supper's Ready, à ses voix cristallines, à ses moments de rage, à sa batterie imaginative, à ses envolées instrumentales, à ses histoires étranges. Chaque chanson est un conte ou un poème, une fable, et toutes sont pleines de forêts, de fontaines, de demis-dieux, d'escargots, de thé, de boîtes à musique, de géants... Ca changeait des voyous auto-proclamés qui arboraient leurs badges de AC/DC ou de Scorpions, tirant la tronche de circonstance. Des titres qui n'hésitaient pas à durer plus de quatre minutes, qui ne faisaient pas de couplets-refrains, qui se moquaient d'être dans un moule, tu parles que ça m'a changé. Le rock progressif de Genesis collait bien avec les jeux de rôles et les romans que je lisais à ce moment-là, ils étaient la bande-son de nos parties, illustrant autant l'héroïc-fantasy que le fantastique ou l'horreur. Mais bizarrement, les autres groupes classés dans cette catégorie ne sont jamais rentrés dans mon panthéon personnel (à part Can, peut-être, ce n'est pas encore certain). Car j'entrais dans une nouvelle lubie. A cause du dernier album fait à cinq têtes, The Lamb Lies Down On Broadway, Genesis m'a ouvert la voie vers le rock tout court, celui des Doors, des Smiths et de Faith No More, ce fut l'engrenage de l'engrenage, une avalanche inexorable : me voilà aussi maudit que tous les autres qui, un jour, se sont rendus compte qu'ils avaient besoin d'écouter des disques quotidiennement sous peine de tomber malade. Première écoute de The Lamb : hou il est bien celui-là, il va tourner longtemps, ah ah c'est super ! Sauf que vingt ans après cette première écoute qui me laissa dubitatif mais enchanté, il tourne toujours, je n'en ai pas fait le tour, il ne ressemble toujours à aucun des autres disques du groupe : sombre et urbain, aux titres courts et expérimentaux, racontant une seule histoire au fil des vingt-trois morceaux, histoire que je n'ai jamais vraiment comprise, et débarrassant Gabriel de costumes de renard ou de fleur pour avoir enfin l'air normal, celui d'un voyou avec un badge de AC/DC. Certains passages sont résolument teigneux, guitares saturées devant et batterie soutenue, tout comme d'autres qui viendront sur les albums suivants (comme Eleventh Earl Of Mar ou Dance On A Volcano). Peut-être bien qu'elle est là, la genèse du métal progressif. D'ailleurs, joué intégralement en concert comme sur le Archive 67-75, il sonne encore mieux. Mon prof d'histoire de l'époque nous expliqua que la Terminale portait extrêmement mal son nom. Elle ne termine rien, mais lance la vraie étude, l'entrée dans la vie en tant que personne réfléchie. Il en est de même avec The Lamb. Il apprend que tous les genres de musique valent le coup, quels que soient la durée, le rythme, la langue, les instruments utilisés. Tant qu'ils racontent des histoires avec conviction et qu'on se donne la peine de les écouter. P.S. Merci à Louis-Ferdinand Céline pour le début de cette chronique.
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Disintegration
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| Prix : EUR 9,01 |
| Disponibilité : Habituellement expédié sous 2 à 4 semaines |
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
La subtilité des palmiers sous la neige, 16 février 2012
- Bonjour. - Tiens, salut Cafard. Ca va ? - Bof. - Evidemment. Tu sais, comme d'habitude, je ne t'attendais pas. A se demander si tu es venu avant ou après l'écoute de Disintegration... - Tout est lié, comme Ouroboros, le serpent qui se mord la queue. - Ah commence pas, hein, ça y est, à peine arrivé tu fais chier ! - Ca a pas l'air d'aller fort dis donc. - Et ça continue... Si t'es là, c'est pas pour rien, gros malin. - Dans ce cas, pourquoi persistes-tu à écouter ce disque ? - Je sais pas... Il m'apaise. - Malgré Fascination Street ? - Ouais. Même son rythme volontaire colle au reste. D'ailleurs je ne connais pas les titres, tout s'enchaîne, tout se tient, c'est un bloc, un rocher, une montagne... - Un désert. - Sûrement pas ! Trouve-moi un solo de guitare qui soit aussi pertinent et bien placé que celui de Pictures Of You et on en reparle, ok ? Trouve-moi des synthés de cette époque qui sonnent comme cette pluie rédemptrice qu'est Plainsong, trouve-moi une basse aussi omniprésente et efficace malgré sa simplicité, trouve-moi des textes aussi évocateurs malgré leur langage commun sans tourner au poème de collégien, bref trouve-moi un autre disque qui en plus mêle de l'accordéon et de la batterie tout en restant romantique, évident, universel, unique, inoubliable. - Joy Division ? Jeff Buckley ? - C'est pas pareil. Tu marques deux points, mais tu perds de vue que Disintegration construit un monument, celui censé terminer la carrière de The Cure. D'ailleurs le dernier titre n'en a pas. Et puis rien n'y est morbide ou triste, aucun apitoiement, au contraire, toujours sur la corde raide, en équilibre au-dessus des sentiments. Pleinenement vivant alors que les cauchemars s'accumulent, optimiste sous un discours pessimiste... Lullaby me ferait presque rire. Un disque sur le rêve, hors des contingences, y compris les plus intimes. Ah ! Là, tu trouveras pas. - (silence) C'est pas faux... - Tu vois ? T'as rien à faire ici, allez, circule ! - J'aimerai le réécouter. - Non, non, certains disques s'écoutent seul, celui-ci en fait partie, il est à moi, juste à moi, file je te dis. Et ne reviens pas. - Ca, c'est moi qui décide. - Pas sûr. - A la prochaine. Fais gaffe à toi. - T'inquiète. J'ai des amis.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Réaction d'une ville souterraine attaquée, 6 décembre 2011
Il faut que je range mes disques. C'est la bonne période : il fait froid, il pleut, il neige, il gèle, personne n'a envie de sortir, il fait nuit tout le temps, y a plein de lumières agressives. Ca me permettra de regarder l'important en face, de nous retrouver, eux en tas (je n'ai plus de cartons) et moi essayant de les caser. Et puis c'est l'heure des bilans, or celui-là, je ne l'ai pas fait depuis longtemps, même si je le connais et l'appréhende : que du classique. C'est aussi l'heure du changement, autant chambouler l'ordre alphabétique et séparer les torchons des serpillères, ô fière audace, je vais te faire descendre de ton piédestal. Je vais faire un classement subjectif. Par exemple, lorsque un artiste ou un groupe chéri aligne toutes ses galettes à la maison, je me rends compte que tout n'est pas bon. Sur la fin, souvent - mais pas systématiquement, je déteste les généralités - ça boudine, ça répète, ça baudruche. Et puis tous ces disques très bien qui ne comptent pas dans ma vie, à moi, la mienne, ma vie, mon histoire, alors que ce disque là, unanimement honni, ou ignoré, ou moins bien noté par les spécialistes, l'accessoire, le trivial, lui, il a compté, il compte encore, je dois le bannir aussi ? Le noyer à côté des albums fréquentables - ceux qui parfois ne comptent pas -, le rabaisser ? Il a le droit de parader fièrement, il n'a pas à rougir. Ca, ça va être du classement révolutionnaire. J'imagine mal séparer mes Sonic Youth. D'abord parce que je suis loin de tous les avoir, et ensuite car je ne les connais que peu. Pourtant je les ai écoutés, et plus d'une fois. Et plus de dix fois. Seulement, lorsque des types pas sexy (quoique Kim Gordon... bref, passons) à tous points de vue, aucune attitude, aucun look, aucun gimmick, arrivent avec une nouvelle grammaire musicale, et bien il faut se déshabiller, se mettre à nu, redevenir vierge. Présenter son humilité sans être humilié, puisque sonique convient, puisque la recherche s'apparente aux serpents du jazz mais dans l'esprit uniquement, et non dans la technique de jeu. Dans l'abandon. J'aime beaucoup ce Murray Street. Il est court, il n'a que sept titres, il représente bien le groupe : audible et mélodique mais aussi terrifiant et inquiétant. Je l'ai beaucoup écouté, et je ne le connais toujours pas. Je sais juste que lorsqu'il va tourner, il va me plaire, mes oreilles vont fondre, mon esprit vagabonder, les nuisibles vont disparaître. Je ne connais aucune parole mais je suis sûr que quelque part, on peut entendre distinctement Thurston Moore dire combien il se fout de ce que pensent les rock-critics, que ce soient les fans ou les moqueurs ; on peut les voir accueillir l'ami Jim O'Rourke à bras ouverts, on peut sentir les tasses attendant sagement sur les amplis, on peut deviner le nombre de disques qu'ils doivent ranger après l'enregistrement : au moins cent fois plus que chez moi. Ca ne pose pas de problème. Ces cinquantenaires seront éternellement jeunes.
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Hawaï
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| Prix : EUR 12,95 |
| Disponibilité : En stock, mais la livraison peut nécessiter jusqu'à 2 jours supplémentaires |
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4.0 étoiles sur 5
Métro, c'est pas trop, 6 décembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Hawaï (CD)
2000. Tandis que le rock s'enlise dans des machines souvent trop grandes pour lui ou décide de jumper sans cesse (quitte à perdre tout sens musical et toute réflexion) et que le rap devient commercial, se muant en r'n'b (NDLR : j'écris avec des gants), la chanson française revient en force grâce notamment à la loi des ratios radios. Je ne lancerai pas de débat à ce sujet même s'il est légitime. Par contre c'est également à cette période que sort le premier album de Java, un quatuor parisien de, mh, disons, rap-musette. Ce que les noms composés peuvent être pratiques parfois. Car oui, le chant est la plupart du temps rappé, et la musique se place dans la grande tradition de la chanson française réaliste de l'après-guerre, basée sur un accordéon omniprésent. Hawaï se pose en réaction. D'abord comme une réelle ode à une identité carte postale de la France, entre l'appartement de la Mère à Titi de Renaud, les paroles crues de Piaf, l'univers de Gainsbourg (Le Ramsès, véritable hommage à Melody Nelson tant dans le fond que la forme), les films de Bertrand Blier et le cinéma des années 70, et les Français des bistrots et de l'apéro. Ensuite comme un retour aux origines du rap et du rock : la contestation. Exemple : "De toute façon aujourd'hui, tout l'monde en a rien a foutre des couplets ! Ils veulent juste un refrain à reprendre comme des abrutis." Et oui : dommage que le salace l'emporte parfois, une écriture plus fine aurait assurément fait de cet album une pépite. Cela ne nuit pas pour autant à l'originalité de ce disque, ni à sa bonne humeur, ni à sa colère de gréviste du capitalisme, ni au flow paresseux du chanteur. Hawaï, une destination de rêve qui restera une piqûre de rappel bienvenue à l'encontre de la soupe populaire.
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Pink Flag
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| Disponibilité : Actuellement indisponible |
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Suivez les pointillés, 6 décembre 2011
Punk. Ce mot merveilleux, dont la paternité reviendrait à Lester Bangs, ne semble être né que pour être déformé, tordu. Il est un réceptacle perpétuellement ouvert. Sa brièveté, après une décennie de délires flûtistes hippies, de rock progressif ampoulé, de jazz libre, de blues usés et de funks (tiens ?) interminables, coupe toute velléité pour foncer sur l''essentiel (dunk ! nan je déconne). Pink. Le rose, couleur de toutes les transgressions, montée fièrement en drapeau sur la pochette (aussi froide que la musique qu'elle recouvre), annonce un punk arty. Ici, les onetwofreefour popularisés par Joey Ramone sont scandés en français, les refrains disparaissent, les titres peuvent descendre sous la minute, c'est comme ça, on a une idée, on va pas la faire durer sur quarante-huit mesures, punkt. Arty (ou intello, ou avant-gardiste, c'est selon) n'est, ici, pas un vain mot. En bons Anglais élevés aux Beatles, Wire tire des mélodies imparables (Fragile ou Ex Lion Tamer), mais pas que. Ils inventent la noisy (Pink Flag), invitent Television et le Velvet Underground (Strange), précèdent la cold-wave (Lowdown), multiplient les riffs parfaits (Three Girl Rhumba). Mais comme tous les grands disques, il ne se délivre pas à la première écoute. Même si ils ne s'étendent que sur trente-cinq minutes, les vingt-et-un moments (peut-on parler de « chanson » ou de « morceau » lorsqu'une intro puis qu'un couplet forment un titre ?) qui fondent ce premier album demandent à être compris avant d'être chéris. Ni vraiment punk, ni vraiment pop, l'expérimentation de Pink Flag ouvre des brèches. Ce disque est donc essentiel. Point.
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5.0 étoiles sur 5
Miles runs the voodoo down, 6 décembre 2011
Les vacances. Vous avez posé les bagages, rempli le frigo, organisé les chambres, préparé la bouffe, c''est l'heure de l''apéro près de la piscine. Pour pouvoir tranquillement discourir et raconter des conneries, On the Corner s''installe en bande-son festive. Lorsque soudainement, les percussions métalliques et la guitare funky de John McLaughlin donnent envie de se trémousser, entre verres et éclats de rire. Quelqu''un dit GPS. C'est quoi déjà ? La nuit tombe, personne ne s''en aperçoit, une énergie inconnue s''empare de toute la bande, à la fois moite et précise, tranchante et pourtant humide, chaude, moelleuse. Une pause clope s'impose. Ca tombe bien, ces tablas qui déboulent en introduction de Black Satin. Mais bon, l''heure est à la fête, c''est reparti pour une mélopée endiablée, sortie d''un rite vaudou, la magie empeste, en moins de temps que l''idée ait germée, vous vous retrouvez à patauger en slip. Aucune importance, tout le monde en est là. D''où provient cette insouciance terrible, qu''arrive-t-il à mes muscles ? Comment James Brown a-t-il perdu la voix, transformée en plainte cuivrée, étendue à l''infini, rebondissant sur un rythme faussement régulier ? Le disque est fini depuis longtemps. Pourtant il résonne encore. Il encercle la table, il tape au creux du ventre, il a pris le pouvoir, il fait copuler le blanc, l''indien, l''africain, la rue, le club, la fumée, la viande, le cri, le métal. Sans aucun heurt. Au retour, On the Corner re-tourne sur une platine quelconque. Révélation : Miles fait revenir l''été. Il l''a capturé.
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1 internaute sur 3 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Baronne dimanche, 5 décembre 2011
Je ne sais pas si ce sentiment arrive également à mes semblables. Après tout, il est extrêmement rare de dévoiler notre part profonde, et ce malgré tous nos efforts de communication, ne serait-ce que parce qu'expliquer une sensation ne donne jamais un tour d'horizon satisfaisant de l'état global dans lequel on se trouve au moment t : il manque toujours un élément, à commencer par tout ce qui a pu se passer avant d'en arriver là, le vécu. Forcément personnel. Il m'arrive donc - heureusement fort rarement - d'être atteint par un vide total, imbattable, inattaquable. Rien, même pas ce qui compte le plus au monde, peut extirper mon moral de cette vanité sans fond. Tout est vain. Pourquoi vivre ? Pourquoi continuer ? Pourquoi s'acharner, se débattre et débattre sans cesse ? La dernière fois que ce cauchemar a débarqué, j'étais dans une file d'attente de la Poste. Me sentant progressivement devenir aussi immobile que la vitrine de timbres de collection qui trônait au milieu de la salle, privant les pourvoyeurs / receveurs de colis d'un confort pourtant mérité, mon cerveau forcément malade me fit le tour de cochon d'une association d'idées propre au maniaque de disques, et je tombai sur un vieux hit qui n'avait rien à faire là, encore moins que la vitrine de timbres de collection : Heart Of Glass. Illico presto (enfin, après avoir réussi à quitter la Poste), je fouine à la recherche de mon unique Blondie, un live. Période punk, entre deux concerts, un de 1978, un autre de 1980. L'ironie de la situation m'amuse. Qu'y a-t-il de plus creux qu'une blonde peroxydée, qui, de plus, navigue dans l'inutilité de la disco, minaude et annihile le moindre de ses musiciens ? Et pourtant non. Si ironie il y a, c'est bien le groupe qui l'affiche en carte de visite, retenant l'attitude des quatre trublions de The Who : à fond les manettes, jouir au maximum, et se foutant de tout. Y compris de l'appartenance à un quelconque mouvement. Entre pop rétro et influences électroniques récentes (le clavier de Kraftwerk a tout chamboulé), Blondie s'éclate, Blondie larsen, Debbie Harry s'époumone, les spots font suer. Contagieusement, les morceaux s'allongent, s'enchaînent, virent au punk, la salle semble se transformer en soirée arrosée : l'arrogance est totalement absente. Le nihilisme, finalement, n'a qu'une issue : la fête (à moins que ce ne soit le contraire). Je le sais, une blonde pas creuse malgré son corps de lapine l'a scandé il y a trente ans, en morceau final, une reprise de Iggy et Bowie, un titre qui disait "all aboard for funtime".
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The Idiot
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| Prix : EUR 6,99 |
| Disponibilité : En stock |
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Vite, à la batcave !, 5 décembre 2011
Aaaah Iggy. Mon Iggy, ton Iggy, son Iggy votre Iggy notre Iggy. Celui qui a dix ans d'avance avec les Stooges, qui rend le bruit artistique et musical, qui veut chanter comme le saxo de Coltrane, qui ose affirmer son désarroi à à peine vingt-et-un ans alors que les hippies déferlent. Iggy, l'Iguane, James, peu importe ton nom, tu es nécessaire. Malgré les disques mineurs, malgré la carrière en dents de scie, malgré ton insouciance qui te dessert mais qui te permet de rester humble, tu es un des rares qui compte dans la petite histoire du rock. Et si il faut retenir un seul de tes disques en solo, c'est bien le premier. The Idiot. L'idiot. En référence à Dostoïevski, parce qu'en 1977, c'est Bowie, le David, qui s'occupe de toi. Il t'ouvre un monde nouveau, celui des ballets, des peintres, de tout un pan de culture que tu ne connaissais pas. Il sait très bien ce qu'il fait (Bowie sait toujours ce qu'il fait), pendant sa pénitence à Berlin avec Brian Eno, à essayer d'oublier les années cocaïne. Vous voilà loin de la fête. Le monde ne tourne pas rond, le rock encore moins, la révolte gronde. Trop fatigués pour suivre le mouvement, vous préférez prévoir la suite : le désappointement. Désabusés à vos âges, pas si vieux pourtant, mais ayant brûlé toutes les chandelles. Autant l'enregistrer. Bowie fait des merveilles, tu écris les paroles les plus sincères que tu écriras jamais, vidant ton sac sur l'ultime Dum Dum Boys, vous créez un son paranoïaque, enfermé et rampant, tandis que ta voix semble voilée. C'est la voix d'un homme en cage, prisonnier de ses démons, qui court tout au long de ce disque charnel, ne se libérant que rarement (China Girl, tu l'aimais, cette fille, où n'était-ce que l'héroïne ?), préférant se moquer de ses anciennes poses plutôt que de les célébrer (Nightclubbing, j'en ris encore). Il faut en finir. Tirer un trait ? Conclure ? Ouvrir ? Huit minutes de musique industrielle avant l'heure mettra tout le monde d'accord. Ceux qui vous prenaient pour des dangers, des malades psychopathes, y trouveront de quoi alimenter leur fiel. Les autres, les bourgeons, y perdront leur naïveté. Mass Production. Bienvenue dans un monde de loisirs pour tous. C'est qui, l'idiot ?
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