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Contenu rédigé par Jéricho Caïn
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Commentaires écrits par
Jéricho Caïn (Bordeaux, France)

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Prometheus [Combo Blu-ray + DVD + Copie digitale]
Prometheus [Combo Blu-ray + DVD + Copie digitale]
DVD ~ Noomi Rapace
Prix : EUR 24,58

6 internautes sur 23 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 SF old school, 23 juin 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Prometheus [Combo Blu-ray + DVD + Copie digitale] (Blu-ray)
Pour son 20ème long métrage, le réalisateur touche-à-tout Ridley Scott voit les choses en grand: revenir au sein de la saga qui l'a initié à la science fiction.
C'est un programme plus que casse gueule, sachant que ça fait une bonne trentaine d'années qu'il a abandonné ce genre, sans oublier qu'il s'attaque au prequel d'un de ses chefs-d'oeuvre.
Alors une question se pose naturellement: avait-il les yeux plus gros que le ventre ?

En tout premier lieu, une chose est certaine, le cinéaste et ses scénaristes ont voulu s'éloigner du minimalisme du tout premier Alien et de fomenter, en quelque sorte, une nouvelle franchise, une nouvelle saga, une nouvelle mythologie. Comme le titre l'indique, le film est une allégorie du mythe de Prométhée et de tout ce qui l'entoure. D'ailleurs le lien se fait dès l'excellent prologue, qui met le spectateur tout de suite dans le bain. De cette scène, on assiste à un sacrifice rituel d'un Ingénieur se donnant la mort, pour mieux donner la vie, grâce à son ADN. C'est de là que découlera le point central du film, enfin la thématique principale tout du moins: le rejet du créateur à l'égard de sa progéniture, et inversement. Dès que le parent ou l'enfant constitue une déception (voire un fardeau) pour l'autre, il y vient l'irrémédiable envie de détruire son prochain.
Le scénario est très ambitieux dans ses thématiques. Il est fort probable, voire certain, qu'il soit trop ambitieux pour un film d'à peine deux heures. On y décèle quelques coupes et quelques raccourcis maladroits (en espérant qu'une éventuelle version longue puisse corriger le tir). Mais peu importe le récit est fluide, on ne voit pas le temps passer, il y a toujours un évènement qui arrive sans prévenir. Et c'est là que je remarque qu'il a été pertinent d'avoir engagé Damon Lindelof. Il sait instaurer du rythme et il sait également comment faire pour intriguer le spectateur (en multipliant les pistes), rendre les choses mystérieuses, exprimant des interrogations diverses et variées. Bon après, pour ce qui d'apporter des réponses, c'est une autre affaire. Et c'est bien pour ça que je ne souhaite pas de suites explicatives.

Au vu des critiques unanimes à son égard, ça peut sembler surprenant, mais je trouve le scénario assez bon (s'il m'a emporté du début jusqu'à la fin, c'est qu'il est bon à mes yeux). Je suis ravi que ce ne soit pas une prequel classique, ne répondant que partiellement aux questions que tout le monde se posaient. L'équipage du Prometheus n'atterrit pas sur la même planète que celle découverte plus tard dans Alien. En conséquence, le Derelict ainsi que le space jockey fossilisé sur son siège, n'ont rien à voir avec le tout premier épisode de la franchise Alien. A vrai dire, je suis rassuré et satisfait par ce parti pris, cette volonté de creuser et d'explorer le mythe d'une espèce inconnue, et non de montrer par l'image un évènement précis dont tout le monde se fiche ou presque.
Et si Prometheus se déclinait en plusieurs volets avec pour menace commune les Ingénieurs ? Délaisser l'Alien ce serait assez couillu ! Enfin bref, je m'égare.
Pour en revenir au script, j'ai beau dire que je l'apprécie en tant que tel, néanmoins force et de constater qu'il y a certaines scènes qui passent pas très bien. Soit parce que c'était inutile de les inclure (le flashback de Shaw jeune, le xénomorphe à la toute fin), soit parce qu'elles sont grossièrement écrites (Millburn et Fifield qui se perdent dans les galeries, Fifield qui revient en mode infecté).
Mais tout ça c'est du détail pour moi, tant j'ai pris un panard total en regardant Prometheus. J'étais comme ces scientifiques j'avais hâte de découvrir ce qu'il se tramait sur cette planète. Puis il y a tellement de scènes géniales qu'elles permettent de relativiser, de prendre du recul sur ses petites erreurs.

Puis il y a des personnages très attachants comme Shaw (Noomi Rapace LA révélation du film), cette dernière en prend plein la tronche que ce soit physiquement ou psychologiquement. En dépit de tous ces obstacles, elle tient debout, elle encaisse bien la petite. Voilà un personnage féminin très fort sans que l'on tombe dans le cliché de la femme autoritaire ou de la femme guerrière. Une spécialité chez Ridley Scott.
Il y a aussi David, l'androïde joué par le charismatique Michael Fassbender. Qui est, probablement le personnage le plus complexe et ambivalent du film. Il est imprévisible, en fonction de ses actes on se demande s'il s'est affranchi de ses créateurs, ou non. J'ai l'impression parfois qu'il se sert de l'Homme pour mener à bien ses expériences ou pour étancher sa soif de connaissances. Et quelques fois je me dis, qu'il est juste soumis aux directives de son "père". J'arrive pas à le saisir, et c'est probablement pour ça qu'il est fascinant.
Dans une moindre mesure j'ai bien aimé Vickers pour sa froideur affirmée et sa relation détestable qu'elle entretient avec David. Mais aussi Janek le pilote, qui est plutôt cool pour son "je-m'en-foutisme" assumé et son sens des responsabilités. Holloway aussi est attachant, malgré son impétuosité et son côté infantile. Lorsqu'il meurt cramé au lance-flammes, ça m'a ému.
Ces trois là, restent quand même des protagonistes sous-exploités. Et je ne parle pas du reste de l'équipage, qui sont quelque peu inexistants. A la limite, je m'en contrefiche dans la mesure où j'ai adhéré à la caractérisation d'au moins un personnage. C'est déjà énorme pour un blockbuster.

En revanche, là où le long métrage excelle c'est sur la forme, et c'est là qu'on est ravi de revoir Ridley Scott à la manoeuvre d'une oeuvre de science fiction. De prime abord, je trouve la direction artistique quasiment irréprochable. Que ce soit les designs (intérieurs et extérieurs) des vaisseaux, des véhicules, des décors, des combinaisons que portent les personnages, etc... C'est tout juste si on peut reprocher un manque de folie ou d'originalité pour ce qui est du bestiaire. Mais dans l'ensemble, les bestioles sont assez réussies, même et surtout le space jockey. Qui a une apparence radicalement différente de ce que l'on pouvait imaginer jusque là. Dès lors que l'on accepte que c'est un extra-terrestre ressemblant à un humain ça passe. Je le trouve même ultra charismatique avec sa combinaison biomécanique, on dirait carrément une seconde peau.
Pour ce qui est des effets spéciaux c'est la folie également: le studio Weta Digital a fait un boulot impressionnant, les CGI se fondent remarquablement bien dans le décor (réel ou non). Ce qui rend encore mieux c'est l'amalgame de ces effets qui font la magie du cinéma. Que ce soit des effets numériques, des animatroniques, des maquillages, ou alors des décors en dur, il y a une certaine harmonie là dedans.
Pour ce qui est de la mise en scène, on retrouve bel et bien le Ridley Scott inspiré, que l'on avait perdu depuis Kingdom of Heaven. Non pas que ses longs métrages suivant furent mal réalisés, toutefois il se contentait juste de faire le boulot, sans plus.
Sur Prometheus il fait valoir son talent d'esthète, avec son lot de plans sublimes qui arrachent la rétine (le crash des deux vaisseaux, j'en ai eu des frissons de plaisir). Avec son sens du gigantisme, il arrive à rendre spectaculaire des scènes qui peuvent être banales chez n'importe qui.
Maintenant, j'ai une légère réserve sur le montage dans son ensemble, sur un point précis: il manque quelques pauses contemplatives, ce qui faisait le sel de ses deux autres films de science fiction.
Pour finir sur la note sensorielle, je vais en toucher quelques mots sur la composition musicale de Marc Streitenfeld. Alors que j'avais de gros doutes au départ, je fus agréablement surpris par son travail. Certes, on est loin de ce qu'a pu fournir le mythique Jerry Goldsmith, mais tout de même, il y a 3 ou 4 morceaux excellents. Puis pour le reste, il sait instaurer une ambiance.

En guise de conclusion, je vais me contenter de revenir à ma question initiale et d'y répondre brièvement: oui d'une part et non d'autre part.
Oui, car on n'atteint pas le chef d'oeuvre espéré, l'oeuvre parfaite qui fera date dans l'histoire du cinéma.
Non, car ça reste tout de même un sacré bon film de science fiction à l'ancienne, qui posent les bonnes questions quant à notre condition humaine, et qui surtout procure une réelle sensation d'évasion et d'émerveillement. Et ça, mine de rien, c'est plutôt rare dans le cinoche d'aujourd'hui.


Sucker Punch [Version Longue]
Sucker Punch [Version Longue]
DVD ~ Emily Browning
Proposé par DVDMAX
Prix : EUR 7,11

27 internautes sur 37 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Zack, le visionnaire !, 21 avril 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sucker Punch [Version Longue] (Blu-ray)
Je n'irai pas jusqu'à dire que j'ai adoré la nouvelle oeuvre de Zack Snyder, j'estime cependant que c'est un bon long métrage, divertissant de la première jusqu'à la dernière minute, et surtout: c'est un film pas aussi crétin qu'on le croit (une denrée rare à Hollywood).

De prime abord, là ou je pensais décrocher tout de suite, c'était évidemment toute la partie au sein de l'asile psychiatrique, or ce ne fut pas le cas. Au contraire, j'ai même été ému à plusieurs reprises. Cocasse, alors que je suis venu voir Sucker Punch uniquement pour les scènes de fantasmagorie aux allures d'univers vidéoludique (ou de genres cinématographique).

D'ailleurs parlons-en de ces quatre mondes qui empruntent les codes du chambara, du film de guerre steampunk, de l'héroic fantasy et de la science fiction. Bizarrement je n'ai pas vraiment accroché au premier monde cité, alors que j'en attendais beaucoup, il y a quelques plans sympathiques certes, mais les séquences d'actions m'ont quelques peu déçus. En revanche, la partie SF avec la dizaine de robots que les filles doivent dessouder au sein d'un train en marche, j'ai tout simplement adoré (alors que j'en attendais rien). C'est mis en boite avec un plan séquence qui fourmille d'idées, et même s'il y a deux ou trois fautes de goûts au sein de celui-ci, j'ai pris un panard terrible !
Pour les deux autres univers restant, même si la direction artistique n'est pas follement originale, je les ai appréciés dans l'ensemble (les deux orcs catapultés sur l'avion, énorme), mais ils ne sont pas aussi jouissifs à voir que le dernier mis en scène.
Le côté anachronique des univers et les scènes d'actions complètement démesurées m'ont conquis.

Dans Sucker Punch, la réalisation a son lot de défauts, on peut effectivement pester et reprocher au cinéaste, la transition monde "réel"/monde fantasmé qui est employée de manière simpliste: chanson connue réinterprétée, on tourne autour de la tête de Baby Doll et hop c'est parti on y est.
Mais sinon, sur un tel sujet (on assiste à une sorte de conte) le style outrancier et tape à l'oeil de Zack Snyder ne m'a aucunement dérangé. A l'inverse de Watchmen, qui était, malgré la présence de super héros, bien ancré dans un contexte réaliste, historique et politique. Pour le coup, la mise en scène adoptée n'était pas la bonne à mes yeux. Or dans ce long métrage, ce n'est pas le cas, j'ai même eu la fausse impression qu'il n'y avait pas beaucoup de ralentis, c'est dire à quel point j'ai parfaitement assimilé sa réalisation sur ce projet précis.
Néanmoins, il y a quelques défauts qui ont freiné mon enthousiasme, dans le traitement et les relations entre les personnages ce n'est pas toujours très fin (c'est le cas de le dire), il y a des dialogues qui sont un poil trop ampoulés par moments, et la fin me semble confuse et surtout elle tombe dans un discours bien démagogique.

Et pour finir dans les faiblesses: embauchez un vrai compositeur, il y en a marre d'entendre des artistes et chansons connues en guise de bande originale. Ce n'est pas désagréable à entendre, mais ça fait très superficiel et impersonnel.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Oct 5, 2011 11:09 AM MEST


Les yeux de Julia [Blu-ray]
Les yeux de Julia [Blu-ray]
DVD ~ Guillem Morales
Proposé par [mediapromo]
Prix : EUR 7,59

7 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Avec Guillermo Del Toro à la production, 21 avril 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les yeux de Julia [Blu-ray] (Blu-ray)
Le cinéma de genre espagnol me plait de plus en plus. Et même si je n'ai pas l'impression de tomber uniquement sur des pépites, il arrive souvent que ce soient des oeuvres honnêtes et bien fichues.
Les yeux de Julia fait parti de cette catégorie de film, celle qui ne révolutionne rien, mais qui est très plaisante à voir. Déjà, il faut préciser une chose: même si le déroulement de l'histoire est plus ou moins prévisible, on a enfin une histoire plutôt originale et on échappe aux fameux gamins qui sont victimes de crimes atroces. Thématique chère au cinéma ibérique de ces dernières années. Ce n'est pas que ça m'embêtais, néanmoins cela commençait à faire beaucoup.
Pour en revenir au film, l'histoire commence à devenir vraiment passionnante à partir du moment où l'héroïne devient aveugle. Tout ce qui se passe avant, permet de poser les bases et puis il y a une enquête somme toute assez basique. Mais quand Julia a une cécité, c'est du tout bon, même sur le plan de la mise en scène. J'ai beaucoup apprécié le fait qu'on ne voit plus le visage des individus qui l'entourent, soit on les voient de dos, soit ils sont dans la pénombre, ou alors leur visage n'est carrément pas dans le champ de la caméra. Le fait qu'il y ait des sortes d'ombres autour d'elle, renforce la détresse et l'isolement que ressent le personnage. C'est très bien vu de la part du cinéaste, puisque sur ce plan là il en fait pas des caisses. Et vers la fin aussi, une séquence toute aussi grandiose: quand la baraque n'a plus d'électricité, l'affrontement est visible à partir des flashs successifs de l'appareil photo. Simple, mais brillant.
Malheureusement, le long métrage de Guillem Morales est parasité par des passages un peu trop téléphonés, des jumps scare parfois inutiles, et un épilogue assez niais en fin de compte.
C'est fâcheux, on n'était pas loin d'une tuerie.


Une affaire d'Etat [Blu-ray]
Une affaire d'Etat [Blu-ray]
DVD ~ André Dussollier
Proposé par New Choice
Prix : EUR 11,90

4.0 étoiles sur 5 Thriller à recommander !, 8 décembre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Une affaire d'Etat [Blu-ray] (Blu-ray)
Une Affaire d'Etat est un thriller politique de très bonne facture.
J'ai trouvé le scénario plutôt bien écrit et accrocheur, ainsi que les personnages (manichéisme absent), surtout le duo de flics joué par Gérald Laroche et Rachida Brakni. Sans oublier Thierry Frémont qui est tout simplement énorme en homme de main, très professionnel, mais trop bourrin et impulsif, à un tel point qu'il finit par collectionner les casseroles.
D'ailleurs à propos du casting, dans sa globalité, il est notable qu'on peut faire un film de genre français de qualité sans avoir recours aux habituels stars "bankables" de l'hexagone. Ici au moins, hormis André Dussollier (très bon au demeurant, là n'est pas le problème), on n'a pas l'impression de voir toujours les mêmes trombines !
Pour ce qui est de la réalisation, c'est impeccable, Eric Valette a un véritable sens de la mise en scène et ça fait très plaisir. Même sur les rares scènes d'actions (que ce soit dans les gunfights, les course poursuites ou les combats à mains nues), il assure comme il faut !
Dommage que le film se soit planté en salle, il méritait un autre sort, et même si la bande annonce ne me disait rien, je regrette de l'avoir loupé à l'époque.


Le Dernier maître de l'air [Combo Blu-ray + DVD + Copie digitale]
Le Dernier maître de l'air [Combo Blu-ray + DVD + Copie digitale]
DVD ~ Noah Ringer
Proposé par Mymediashop
Prix : EUR 10,08

23 internautes sur 27 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Perfectible, mais rien de honteux, 4 décembre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Dernier maître de l'air [Combo Blu-ray + DVD + Copie digitale] (Blu-ray)
Depuis quelques oeuvres M. Night Shyamalan a perdu de sa superbe, artistiquement parlant. L'époque où les critiques professionnels et le public, étaient tous unanimes à son sujet, est désormais révolue. Le dernier maître de l'air n'échappe donc pas à la règle, et reçoit un traitement pire que ce que le cinéaste a connu par le passé. Autant pour ses films précédents ça peut être compréhensible, autant pour celui là, le lynchage me parait injustifié et complètement disproportionné.
Parce que c'est justement, dans cette grosse production: une adaptation d'un dessin animé américain culte, que le réalisateur reprend du poil de la bête. Alors effectivement, on ne retrouve pas l'excellence de ses débuts. Mais chose étonnante c'est dans une commande, qui à priori laisse peu de place à des partis pris personnels, que Shyamalan semble s'épanouir.

C'est simple, sur le plan de la mise en scène, le cinéaste se fait plaisir et recouvre en partie sa virtuosité d'antan. Il ne se repose pas sur ses lauriers, dans le sens où il évite les facilités: visuellement on n'est pas vraiment dans la norme Hollywoodienne actuelle.
Il y a pas mal de plans séquences, les plans ne sont pas découpés à la va-vite (la vieille ruse afin d'octroyer un semblant de rythme). Au contraire même, la caméra fait durer un maximum de temps un plan avant de passer à un autre. Que ce soit pour les scènes calmes qui font avancer le récit ou bien lors des instants de bravoures.
En ce qui concerne les scènes d'actions, c'est parfois un peu mou du genou et c'est souvent efficace. Pour le côté indolent, je pense surtout, à la scène de rébellion des villageois maitrisant l'élément de la terre. C'est pardonnable puisque c'est toujours assez complexe de fomenter un plan séquence avec tellement d'éléments et de situations à gérer. En l'occurrence, sur cet exemple précis c'est plus l'aspect technique que la scène en question, qui m'a plu.
En revanche, le final où Aang crée par lui même la vague géante, est réellement impressionnant. Ca représente, le meilleur moment du long métrage, selon moi. Il y a une vraie ampleur au sein de cette scène: les images, les effets spéciaux nickels d'ILM, avec en outre la musique de James Newton Howard, c'était magnifique. Autant dans le dessin animé j'avais trouvé ce passage bâclé et décevant, autant dans l'adaptation cinématographique c'est très réussi.
Bref, tout ça pour dire que visuellement ça tient la route, je dirais même que ça a de la gueule.

Ceci étant dit, passons au principal souci du film, c'est-à-dire, son scénario. Dans les grandes lignes, c'est respectueux voire fidèle à l'égard du dessin animé. Néanmoins, on a trop l'impression que pas mal de scènes ont été coupées (visiblement 30 minutes ont sautées du montage). En conséquence, l'histoire semble trop elliptique, toutes les séquences qui pourraient apporter plus de consistance, plus de cohérence aux personnages ont été expurgées. C'est fâcheux, car on suit les pérégrinations avec un soupçon d'ennui: sans véritable passion, ni attachement. On peut ajouter à cela, le manque flagrant d'humour et de légèreté (l'un des atouts du matériau d'origine), ça se prend trop au sérieux.

Pour conclure, je dirai que Le dernier maître de l'air est un blockbuster qui n'est pas exempts de défauts certes, mais ça reste tout à fait honorable. Je souhaite que la même équipe rempile pour faire cette fameuse trilogie. Et puis j'espère surtout qu'ils sortiront bientôt une "director's cut", afin de corriger le tir !


Coco Chanel et Igor Stravinsky [Blu-ray]
Coco Chanel et Igor Stravinsky [Blu-ray]
DVD ~ Jan Kounen

21 internautes sur 25 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Jan Kounen au sommet de son art., 8 novembre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Coco Chanel et Igor Stravinsky [Blu-ray] (Blu-ray)
En préambule, j'aimerai faire part de mon indignation, à propos du sort et de l'accueil qu'à hérité le nouveau film de Jan Kounen. Grosso modo, et sans évoquer le parti pris non conventionnel de l'oeuvre, il a le tord de passer peu de temps après le biopic d'Anne Fontaine sur Coco Chanel. En effet, il n'a pas bénéficié du même battage médiatique (soit ils n'en parlaient pas, soit ils disaient que c'était ennuyeux), puis les spectateurs n'avaient pas forcément envie de voir ou de revoir une oeuvre centrée sur cette icône de la mode française. Ce qui est somme toute assez normale, voire logique de ce côté là. En conséquence, énorme bide, Coco Chanel & Igor Stravinsky est sorti dans l'indifférence la plus totale.
C'est regrettable puisque ce long métrage est très intéressant à bien des égards. Mais aussi et surtout, on tient là, l'oeuvre la plus réussie et maitrisée du réalisateur.

Pour commencer, ça démarre tambour battant: au bout d'une poignée de minutes, le scandale arrive avec l'oeuvre d'Igor Stravinsky. Le Sacre du Printemps, qui avait créée la polémique (en raison de l'avant gardisme musical de Stravinsky apparié à la chorégraphie dynamique et moderne de Nijinski) lors de sa première représentation à Paris, le 29 mai 1913 au théâtre des Champs-Élysées.
J'ai trouvé cette longue séquence de 15 minutes fabuleuse, un véritable tour de force de la part de Kounen. C'est même le meilleur passage du film. Tous comptes faits, c'est casse gueule de placer ce passage comme entrée en matière, puisqu'après ça on pourrait trouver le reste de l'histoire (d'amour) soporifique au fil des minutes. Et pourtant ça m'a fait l'effet "inverse", si je puis dire, de suite j'ai été capté par ce que j'ai vu et je n'ai plus décroché jusqu'à la fin du métrage. Pour ma part, très bon point d'avoir débuter par ça, il ne s'est pas loupé.
Pour en revenir à ladite séquence, c'est filmé comme un morceau de bravoure, à l'instar d'une grosse scène d'action, pour schématiser. Enfin je l'ai perçu comme tel, tant le travail sur la coordination des troupes et la mise en image paraissent si complexes, puisqu'il fallait gérer beaucoup de choses sur un même plan. Au niveau de la scène où se déroule le spectacle de danse effectué par les Ballets russes, ensuite juste en dessous se tient l'orchestre et enfin un peu plus loin le parterre consacré au public virulent, où ça vire presque à l'émeute. Je n'ai pas inclus les balcons ou les loges car je ne me souviens plus si les différents mouvements de caméra permettent de les apercevoir.
Bref, tout ça pour dire que c'est excessivement bien réalisé et que ça met dans le bain !

Par la suite, le long métrage est beaucoup plus calme: tout d'abord il y a l'utilisation d'une énorme ellipse avec un saut dans le temps (7 années plus tard), date de la véritable rencontre entre les deux créateurs.
C'est à ce moment là que Coco Chanel propose au compositeur russe de l'héberger (lui et sa famille) dans sa villa à Garches. Chose qu'il accepte puisqu'il était justement à la recherche d'un endroit propice à sa création.
Et de fil en aiguille la passion s'installe au sein de cette demeure, il se construit une relation adultère, on ne sait pas vraiment si des sentiments sont en jeu là dedans (la fin du film abonde dans ce sens). Car le cinéaste montre qu'il n'y a presque pas de communication entre eux, pas d'attachement notoire, ils sont plutôt distants (à l'image de la couturière qui est glaciale et austère) et ce dans n'importe quelle situation. Puis on y voit surtout un rapport de force entre les deux personnalités. Et on nous donne une vague idée du processus créatif, chez les artistes. On a beau dire ce que l'ont veut, le facteur "émotion" pèse beaucoup au final. Bref, on est très loin de la bluette sans équivoque.
Autre chose, j'ai beaucoup aimé la prestation des acteurs, bien évidemment Mads Mikkelsen, ce type peut tout jouer avec classe c'est indéniable. Mais aussi Anna Mouglalis, d'ailleurs j'ai été surpris de lire des commentaires négatifs à l'égard de sa prestation. Je trouve, au contraire, qu'elle incarne à merveille le personnage, elle impose de suite le respect, elle a le charisme nécessaire, un physique et une voix à tomber.
Que dire de plus, il y a quelques menus défauts, des bribes de scènes qui passent un peu à côté du sujet, mais rien de bien méchant. Avec cette commande, Jan Kounen y trouve probablement son film le plus sobre, abouti et classe de sa filmographie.


Halloween II - de Rob Zombie
Halloween II - de Rob Zombie
DVD ~ Rob Zombie
Proposé par Bayapi
Prix : EUR 12,99

3 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Mauvaise réappropriation du personnage, 17 juin 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Halloween II - de Rob Zombie (DVD)
Après tant de déclaration d'amour lues ici et ailleurs, je vais probablement être l'un des seuls à avoir un sentiment radicalement diffèrent de tout ça. Tant pis, je me lance quand même !
De prime abord, je n'avais pas apprécié (pour de multiples raisons) le précédent opus qui tentait de relancer la franchise... Puisque je considère que s'épancher sur la jeunesse du boogeyman est une connerie monumentale. Surtout quand c'est caricatural et mal raconté. Cette manière de surligner son passé et de vouloir expliquer à tout prix comment il en est arrivé là. Eh bien, ça enlève tout le charisme et le mystère du personnage, réduit à un psychopathe lambda en somme...
Bref passons, puisque cette suite part sur de nouvelles bases et se focalise sur autre chose, si je puis dire. Chose plus ou moins étonnante, Halloween 2 me semblait encore plus mauvais que le remake !

Michael Myers n'est plus qu'un élément secondaire, soit, admettons la volonté de Rob Zombie. Si le cinéaste a quelque chose de mieux à proposer après tout, pourquoi pas. Par conséquent, personnage principal est Laurie, l'une des adolescentes qui a échappé à la tuerie finale du précédent opus. Cela aurait pu être intéressant si la caractérisation des personnages n'avait pas été aussi sommaire: du style, je balance des insanités, je crie et je pleure pendant tout le métrage,... C'est censé donner de la consistance et de susciter l'empathie à l'égard de cette fille ?
Si c'est le cas, c'est franchement foiré et quand au final on fini par apprendre l'identité cachée de Laurie, c'est encore plus navrant.
Pour en revenir au célèbre boogeyman, il est pas loin du ridicule: une sorte de clochard errant. Entre quelques balades champêtres, il dessoude les quelques péquenauds qui se mettent en travers de son chemin. Sans oublier la scène qui sert à rien, où il graille les entrailles d'un clébard.

Alors si toutes ces choses insignifiantes avaient été emballé avec soin, à la rigueur ça se suivrait un peu plus d'intérêt. Mais non, niveau mise en scène c'est plat voire très "cheap": je pense notamment au séquences fantasmagoriques, qui ont une imagerie assez ringardes et qui manquent cruellement d'imagination (genre je fringue une femme tout de blanc, je case un projecteur derrière elle et basta).
Et les meurtres soit disant brutaux de Myers ne font que peu d'effets, que ce soit les coups de couteaux répétés ou les coups de tatanes explosant la tronche d'un type, c'est un peu trop redondant et pas vraiment exaltant.
Reste que dans l'ensemble on ne s'ennuie pas trop.

Enfin, le réel point positif que j'en retire, c'est que j'ai très envie de revoir le film original de Carpenter, je l'avais bien apprécié sans toutefois le trouver transcendant. Avec les ratages de Rob Zombie, tout me laisse à croire que je vais le réévaluer encore plus à la hausse. C'est déjà ça de gagné !


Bronson [Blu-ray]
Bronson [Blu-ray]
DVD ~ Tom Hardy

11 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Un biopic singulier, 17 juin 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bronson [Blu-ray] (Blu-ray)
A l'occasion de ce biopic atypique, consacré au taulard le plus dangereux d'Angleterre, Nicolas Winding Refn change radicalement de mise en scène. En effet, après l'excellente trilogie Pusher, le cinéaste Danois délaisse son approche documentaire et austère au profit d'un style bien plus ostentatoire, bruyant (entre les vociférations de Charles Bronson et la musique electro/classique plein pot, on en prend plein les esgourdes) et tape à l'oeil. Chose qui convient parfaitement avec le protagoniste principal, mais aussi avec l'idée que c'est un type égocentrique et par ailleurs, constamment en décalage avec le monde dans lequel il vit.

Ce long métrage nous conte l'histoire d'un mec antipathique, un paumé doublé d'un crétin, qui est incapable de communiquer sans passer par la violence. Son seul et unique objectif dans son existence (au delà de la célébrité, parce que ce mec ne calcule pas, il a tendance à agir avec impulsivité) c'est de cogner les personnes qui se mettent en travers de son chemin. Il a un énorme problème avec l'autorité on va dire. De ce fait, c'est à cause de ses provocations à répétitions, qu'il passera la majeure partie de son temps dans un établissement pénitentiaire. Ne trouvant pas sa place dans le monde extérieur, il fait tout pour rester en cabane, puisque c'est uniquement dans ce lieu où il se sent exister.

Dans ce film, sa vie est présentée comme une sorte d'opéra ou même une pièce de théâtre absurde où lui seul est le héros.
Face à un public conquis, il fait le récit de ses "exploits" et se convainc même d'avoir fait des choses formidables durant tout ce temps. C'est fascinant de voir à quel point ce personnage est irrécupérable, aucune remise en question de son côté. On dirait un fauve en cage submergé par une complaisance douteuse pour la véhémence.
Est-il vraiment nécessaire, avec tout le bien qu'on a dit de lui, de chanter les louanges de Tom Hardy ? Je répondrais par l'affirmative: une prestation hallucinante, avec entre autres un gros travail dans la gestuelle et dans la voix. C'est probablement la révélation de l'année.

Pour finir, je ne dirai pas que c'est la tuerie annoncée en raison de la redondance des situations vers la fin, mais c'est un très bon film qui sort des sentiers battus.


Enemy Mine
Enemy Mine
DVD ~ Dennis Quaid
Proposé par [mediapromo]
Prix : EUR 16,99

4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 SF humaniste !, 17 juin 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Enemy Mine (DVD)
C'est un peu tardif, néanmoins je suis ravi d'avoir découvert ce film. C'est étrange, la science fiction est un genre que j'affectionne tout particulièrement. Et jusqu'à présent je n'avais absolument pas entendu parler (ou alors vaguement) de ce Enemy Mine, pourtant excellent. On dirait malheureusement qu'il a été oublié, enfin je ne connais pas le contexte à l'époque de sa sortie, mais je ne serai pas étonné d'apprendre que ce film n'ait pas rencontré son public.
C'est fort dommage car même si ce n'est pas un chef d'oeuvre, à placer aux côtés des ténors du genre, il a en sa possession tout les ingrédients et toutes les qualités d'une oeuvre culte. Et j'espère qu'il est considéré ainsi pour certains cinéphiles.

Trêves de considérations insignifiantes et extérieures, passons au vif du sujet: je suis donc tombé sous le charme de ce long métrage qui sent bon les années 80. Vous savez l'époque où l'on pouvait harmoniser sans problème la réflexion, la passion et l'émotion au sein d'un seul divertissement.
Alors l'histoire est simple: les Terriens et une race extra-terrestre appelée Drac, se livrent une guerre depuis que les humains ont décidés de coloniser les autres planètes du système solaire.

En pleine traque d'un vaisseau ennemi le pilote Willis Davidge, incarné par un Dennis Quaid bien jeunot, atterrit en catastrophe sur une planète désertique et essentiellement hostile (par son environnement et son climat).
Le Drac chassé s'étant écrasé au même endroit, les deux sont condamnés à se retrouver et à vivre ensemble malgré leurs évidentes différences et leur animosité sans borne.

Le postulat de départ est simple, mais le scénario est très bon, et prend une tournure inattendue en plein milieu de métrage.
En outre, la mise en scène de Wolfgang Petersen est excellente, visiblement le cinéaste est un amoureux des vastes paysages alors il exhibe de grandes étendues infinies. Il aurait tord de s'en priver d'ailleurs, les décors sont superbes vraiment.

Au delà des qualités techniques indéniables et de son intrigue efficace, Enemy mine brasse pas mal de thématiques profondes, comme la lourde tache d'être parent, l'acceptation de la différence de l'autre et surtout celle de son prétendu ennemi, les ravages de l'ignorance,...
Pour finir, je relèverai quelques détails fâcheux: la musique est un peu trop emphatique à mon goût et l'interprétation de Dennis Quaid est un peu bancale sur quelques scènes, les rendant un peu trop mielleuses et naïves.
Bref, ça reste quand même un long métrage à découvrir, de la bonne science fiction humaniste !


Dagon
Dagon
DVD ~ Ezra Godden
Proposé par CASHNET
Prix : EUR 24,90

4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Stuart Gordon a encore frappé !, 15 juin 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Dagon (DVD)
Dans sa conception, c'est l'exemple même de la série B, mais dans le sens le plus noble du terme évidemment: c'est-à-dire budget restreint mais beaucoup d'idées. Un peu à l'image de la carrière de Stuart Gordon, avec le peu de moyens dont il dispose, il essaye de se débrouiller et je trouve qu'il s'en sort plutôt bien.

Je résume l'intrigue brièvement: afin de profiter des vacances, un jeune couple part sur un voilier le long de la côte espagnole. De façon inopportune, une tempête d'une violence inouïe fait son apparition, les fait chavirer et les contraint de rejoindre le village de pêcheur grâce au canot de sauvetage. Une fois arrivé à destination, Paul et Barbara découvrent avec stupeur que la population locale n'a rien de normale. J'en dévoile pas plus, puisque c'est toujours mieux de ne pas savoir grand chose de l'histoire (surtout quand celle-ci se veut mystérieuse).

Pour ma part, je ne connaissais pas le recueil de nouvelles de Lovecraft, et je n'avais pas lu le synopsis, par conséquent j'ai pris un grand plaisir à suivre l'histoire.
Pour en revenir au fond du film, c'est à partir du moment où les personnages principaux posent les pieds sur cette contrée hostile, que le réalisateur nous montre sa grande force, à savoir: instaurer une atmosphère inquiétante et oppressante durant jusqu'à la fin du long métrage.

Effectivement, Dagon c'est avant tout une ambiance de malade. Le réalisateur n'est peut être pas un génie de la mise en scène. Dans le sens où, visuellement ce n'est pas chiadé ou magnifique (photographie terne). Mais quand il s'agit d'installer une ambiance lugubre, prenant le spectateur à la gorge, il sait y faire le père Gordon.
Il y a aussi quelques séquences chocs: par l'exemple la scène où un vieil homme se fait enlever le peau du visage à vif, c'est l'un des trucs les plus dégueulasses que j'ai pu voir dans une oeuvre. Puis le dénouement final est pas mal non plus dans le genre désabusé.

Si on ajoute à cela, une intrigue qui tient en haleine et des interprètes crédibles, on obtient un très bon film fantastique. L'un des meilleurs opus du cinéaste !


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