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french reader (Paris; France)

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Les visages et les corps
Les visages et les corps
par Clément Hervieu-Léger
Edition : Broché

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Du corps au langage : de Charcot à Sigmund Freud, 15 novembre 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Les visages et les corps (Broché)
Cette problématique de la naissance de la psychanalyse n’est pas explicitée dans l’ouvrage, pourtant, elle me paraît être le sous texte majeur qui décrit la traversée de l’œuvre de Patrice Chéreau dont ce grand et bel ouvrage livre un riche aperçu et ouvre des possibilités d’approfondissement et de méditations innombrables. Je ne reviendrai ni sur les circonstances de sa production ni sur ce qu’il contient. Que l’on se reporte, pour cela, à la description donnée par Amazon. Mais je livrerai, dans ce qui suit quelques-unes des réflexions que ce travail a suscité en moi.
1. Et tout d’abord pourquoi ce titre « de Charcot à Sigmund Freud» ? Les premiers éléments graphiques qui inaugurent, en quelque sorte, l’ouvrage sont des dessins- quasi expressionnistes- de patients de l’Hôpital de la Salpêtrière à Paris réalisés par le père de Patrice Chéreau dans les années 1970. On sait qu’à la fin du 19ème siècle, cet Hôpital fut le Théâtre où le grand maître Charcot donnait ses Représentations de l’effet de l’hypnose sur la modification du corps des hystériques. Freud y fit un stage et, petit à petit se détacha de la technique de l’hypnose pour s’appuyer sur les effets de la parole dans la « cure de langage ». Or, dans une partie du livre où il décrit le déplacement du centre de son travail théâtral, Patrice Chéreau nous explique qu’au départ, pour lui, primait l’image. Produire par le décor – qu’il réalisait à ses débuts, lui-même-et l’équivalent de quasi « storyboard » des scènes dont la vue provoquait chez le spectateur un effet visuel fascinant. Et je fus du nombre des fascinés. Ce n’est qu’après sa première rencontre avec les textes de Koltès, que les mots prononcés par l’acteur et un travail d’intimité avec les acteurs est devenu son énergie première, surpris sans cesse par la façon dont les acteurs, les actrices s’emparaient et « interprétaient » les mots du texte. Le bonheur et la force du théâtre, il les a trouvés alors à travailler au plus près de l’intimité physique et psychique des interprètes traduite par l’énoncé, l’intonation, le phrasé de la voix l’expression faciale, le geste corporelle qui rendent vivant ce qui, au départ est du texte écrit.
2. Contrairement à la critique et l’accueil du public qui encensa unanimement la « Phèdre » de Racine mise en scène par Chéreau aux Ateliers Berthier, je n’avais pas aimé le spectacle théâtral : le décor me paraissant une redite un peu bâclée de Peduzzi, et surtout, depuis les gradins, l’amplitude des gestes et les intonations « hystériques » des interprètes m’avaient indisposé. Par contre et étonnamment, j’ai beaucoup aimé la captation DVD faite de ce spectacle : les interprètes filmés de près, les gestes apparaissent beaucoup moins « dans le vide » qui les entoure. La proximité des visages, leur expression, rend les intonations plus plausibles. Un proche à qui je confiai cela me dit « mais c’est filmé à la façon dont Chéreau fait travailler ses interprètes, accroupi, à quatre pattes, contre eux, derrière eux dans une proximité quasi épidermique. La clef de tout ceci est dans le livre. Chéreau explique pourquoi il est passé du théâtre au cinéma : « être limité à un cadre de scène constant », à une distance quasi constante entre les acteurs et les spectateurs le frustrait. Le cinéma, permettant de passer du très près au très loin, de changer les échelles, les points de vue, sans parler du montage, le choix de sa succession, des rythmes.
3. Il y aurait énormément à dire, mais je conclue ce commentaire par l’aspect « Opéra » du travail de Chéreau. Quand on lit ce qu’il raconte de son travail avec les interprètes de texte dit, on reste frustré de tout ce qu’il ne dit pas de son travail avec les interprètes de texte chanté, ses silences de sa relation avec le chef d’orchestre, de son rapport au phrasé, l’accentuation du texte chanté. Texte parlé, texte chanté….Enigme.
4. Le livre et les fonds d’archives auxquels il fait référence, laisse entrevoir l’immensité du travail potentiel sur l’oeuvre de cet artiste de l’éphémère, de la vie. Ses sources d’inspiration dont on trouve trace dans l’ouvrage, sont pour chaque lecteur, ou spectateur des tableaux dessins et photos, source de son inspiration propre, et à défaut, s’il n’est pas professionnel du théâtre, de sa propre rêverie.


Jean-Baptiste Moreau - La Musique d'Athalie · Athalie de Jean Racine / Lambert Wilson, La Simphonie du Marais, Reyne
Jean-Baptiste Moreau - La Musique d'Athalie · Athalie de Jean Racine / Lambert Wilson, La Simphonie du Marais, Reyne

5.0 étoiles sur 5 Musique de la musique ; musique de la langue de Racine, 12 septembre 2013
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Ce CD précieux rassemble des extraits du texte d'Athalie dits par Lambert Wilson et des extraits de la musique de scène de cette pièce de théatre écrite pour les demoiselles de Saint Cyr de Madame de Maintenon. Musique composée par Jean Baptiste Moreau. Je ne suis, a priori, par un afficionado du ton sec hautain, snob de Lambert Wilson.Le ton est-il l'homme ? Là n'est point, ici, l'essentiel. Ce, en quoi, ce Cd m'a passionné c'est qu'il une monstration, évidente et à approfondir que le langage parlé est musique. Bien sûr, tout particulièrement quand il s'agit de l'énoncé de l'alexandrin de Racine.Ce CD est un élément de réponse à une question qui m'intéressait lorsque je l'ai acheté et qui m'intéresse toujours : comment les mots du langage parlé ou d'un texte écrit, énoncé sont portés par un rythme, une intonation, des modulations de la voix passant par des graves et des aigus ; bref, une mélodie; En quoi tout langage dit ou énoncé, porte en lui, au moins, un degré zéro de "spachgesang". Ce Cd, par la juxtaposition des parties exclusivement parlées et des parties de chant chorale montre comment dans un cas, celui de la diction du texte, les mots et donc leur sens est au premier plan d'une musique sous jacente ; comme dans l'autre, celui du chant chorale, la mélodie passe au premier plan, à tel point que le sens des mots devient moins audible, ou plus préciséemment que l'écoute même de l'auditeur est moins attirée par leur sens, toute ennivrée qu'elle est par la mélodie qui passe au premier plan au point de gommer la possibilité même d'une sens des mots chantés. Pour cette expérience-là, le CD est un exemple de première importance..


Ecrire de langue morte
Ecrire de langue morte
par Claude Louis-Combet
Edition : Broché

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Dix ans après, 12 septembre 2013
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J'ai acheté ce livre en 2004. Et n'écris ce commenatire qu'en 2013. Et je m'aperçois que durant près de dix années ce livre m'a accompagné, à mon chevet, dans le métro, dans des salles d'attente d'aéroport. Sa langue n'est point morte. mais, pour qu'il y ait possibilité de langue, il faut sans doute qu'il y ait deuil des objets, ou, du moins de certains objets originels dondamentaux, dont la voix de la mère portant les traces de celle du père.
Ici une langue lancinante, lente, revenant sur ses mots, sur elle même. Une réflexion poétique sur la relation de l'auteur à sa propre langue. Sujet, qui ne peut laisser insensible quiconque a plaisir à la langue, son énonciation, son écoute, son écriture. Ces textes durant dix ans me furent berceuses, me furent mantra. Se protéger en le texte écrit lorsque la profusion des images est trop brutale - et il me fallut bien le réconfort de ce livre pour traverser quotidiennement les couloirs de métro chargés de plus en plus d'affiches agressantes- ou la réalité cruelle et violente. .


Le manteau de Fortuny
Le manteau de Fortuny
par Gérard Macé
Edition : Broché
Prix : EUR 12,20

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Le motif dans l’étoffe du vêtement., 11 septembre 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Le manteau de Fortuny (Broché)
Certains universitaires pourraient ou ont pu entreprendre des thèses construites et exhaustives sur « Le vêtement dans la Recherche du Temps Perdu » ou encore «l’Orient dans l’œuvre proustienne ». Ce n’est pas le parti de ce relativement bref essai. Poétique, partiel, voguant au gré de la rêverie de son auteur, qui n’aime les constructions que lorsqu’elles ont assez souples, et qui parait ici, jouer à pasticher parfois l’écriture même de l’auteur qu’il commente. Un ensemble de broderies de pensées à partir d’un vêtement Proustien. Un manteau porté par la Duchesse de Guermantes et aussi Albertine, dont le créateur fut le couturier (mais qui créa, comme Gérard Macé, dans de multiples autres domaines, dont celui de la lumière) : Fortuny. Personnage réel, qui comme Sarah Bernhardt, apparait, sans déguisement, dans La Recherche. Sa caractéristique en couture : des vêtements féminins, souples et raffinés inspirés ou recréés à partir de vêtements apparaissant dans des tableaux de la Renaissance vénitienne, notamment les peintures de Carpaccio. Une particularité, faite pour séduire l’auteur de la Recherche, les vêtements dont ils s’inspirent pour la mode féminine à cheval entre le 19ème et le 20ème siècle, sont, parfois, sur les peintures-Renaissance sources, des vêtements de jeunes gens.
L’essai comporte deux parties : « Le manteau de Fortuny » et « le Vêtement retourné ». On retrouve ici à la fois le goût de Gérard Macé pour les jeux de mots (confère le titre de son ouvrage « Les pensées simples ») et pour des pièces juxtaposées sans une trop grande cohérence. Un fil conducteur, néanmoins, à partir d’une thématique connue : le vêtement tissé comme métaphore du texte écrit. Les robes de Fortuny ont en commun avec la préoccupation de l’auteur de la Recherche, d’abord de faire ressurgir, renaître, un passé vivant actualisé dans le présent. Ensuite de tisser ensemble des matériaux hétérogènes et, bien entendu, rares et précieux. A Orson Wells, venu solliciter ses conseils voire ses modèles, pour son propre film « Othello » (début des années 1950) Fortnuny « répond avec une féroce allégresse que cette fourrure blanche et grise, ce sont des taupes australiennes qui ont la particularité d’être nécrophages : elles se nourrissent exclusivement des cadavres de leurs semblables ». Voici qui fait surgir une vision crue du délicat auteur peint par Jacques-Emile Blanche, dont les lettres débordent d’exquises amabilités. Surgit l’image d’un sorcier de quelque tribu sauvage couvert des oripeaux insérés des scalps, des os, de quelques têtes réduites, de voisins. Les fétiches qu’il détient procure la force qui émane de son être, de son texte. Forces de son entourage qu’il a, en quelque sorte, cannibalisé.
Prenant le mince prétexte d’un fil non pas cousant blanc, mais d’or, dans le Manteau créé par Fortuny s’adjoint une seconde partie où sont abordés trois thèmes de la Recherche : celui de l’inversion sexuelle (l’envers du manteau), comme on disait à l’époque, et celui de l’Orient décomposé en judéité et monde arabe. La judéité intégrée, c’est l’ami Bloch (qui, jeune, ressemble à un portait de Sultan par Bellini) et son entourage familial. C’est surtout l’épisode biblique d’Esther, dont la médiation par Jean Racine dans une de ses dernières pièces pour les protégées de madame de Maintenon, garantit son implantation dans la grande tradition classique française. Le fait que les rôles d’homme dans ces pièces de Racine, étaient joués, à l’origine, par des jeunes filles nous ramène à la question du travestissement des sexes. C’est aussi un roi de France, qui sur une tapisserie de l’église de Combray a les traites d’Assuerus. Il garantit, de la sorte, l’intégration de cet Orient dans la plus ancienne tradition française. Comment l’auteur de la Recherche, arrivait-il, à son époque, celle de l’affaire Dreyfus ,à assumer d’être de « sangs mêlés ». Il est étonnant de songer que le grand père du narrateur fredonne des airs aux paroles à intention antijuive, alors que le grand père de l’auteur se nommait Nathé Weil. Le monde arabe, c’est essentiellement « Les Mille et Une nuits » : les petits personnages peints sur les assiettes à dessert de la table familiale et surtout la voix de Shéhérazade transposée d’abord en la voix de la mère du narrateur lui lisant François Le Champi dans une des scènes originelles de l’œuvre jusqu’à devenir la voix de l’auteur-même, lui dictant dans les insomnies de sa chambre calfeutrée, et durant bien plus de mille et une nuit, ce qui va devenir son œuvre. Une autre image s’impose : le texte prend alors la forme l’image d’un linge linceul tissé d’un labeur épuisant exsudant jusqu’à ses dernières gouttes les forces vives de l’auteur.
Aborder ce commentaire-rêverie dense et incrusté de citations allusives au texte de Marcel Proust nécessite, pour être abordé, une connaissance au moins moyenne de l’œuvre de cet auteur. Elle a éveillé en moi des spéculations poétiques. J’en ai rapporté, ici, certaines. A un autre lecteur, dans un autre rapport à l’œuvre Proustienne, elle dévoilera, pour reprendre le terme d’un titre d’une nouvelle d’Henry James, sans doute, d’autres motifs, cachés, tels le vautour mis en évidence par Sigmund Freud dans les plis d’un vêtement de la Vierge peinte par Léonard.


Dan et aaron
Dan et aaron
DVD ~ Baruch Brener
Prix : EUR 11,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Comment démarquer, la Synagogue, l’Eglise, la Mosquée de l’Etat ?, 9 septembre 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Dan et aaron (DVD)
Film admirable et attachant. Où un drame familial (avec secret à l’appui) s’insère dans le temps qui passe et qui modifié profondément la société israélienne. Deux évolutions. Depuis la création de l’Etat d’Israël, une loi permet aux étudiants d’écoles religieuses de repousser la date de leur enrôlement dans l’armée. Ce qui étaient des exceptions marginales à l’époque, prend aujourd’hui une dimension bien plus importante et soulève un véritable débat politique dans le pays. Deux piliers essentiels s’opposent : l’étude de la Thora, l’investissement en l’institution vitale qu’est l’armée. A évolué aussi l’idéologie communautaire et socialiste (pour ne pas dire communiste) à l’origine des Kibboutz. Les intérêts financiers, comme partout ,se mettent à primer. Deux frères, l’un, berger, ancré dans l’espoir révolu des kibboutz laïcs, l’autre fervent orthodoxe débarque à Jérusalem avocat d’un directeur d’école rabbinique dans le procès que l’Etat Israélien lui intente. Les deux frères n’ont pas communiqués durant trente ans. Et les retrouvailles, ne sont guère aisées. J’aime l’insertion de cette histoire familiale dont on ne va découvrir le secret légitime que tardivement dans le débat et procès politique qui anime toute la société. Le frère laïc à émigré en Israël il y a trente ans y a fondé une famille, l’avocat rabbin découvre Jérusalem, ayant fait toute sa formation et sa vie à Brooklyn en une école talmudique et la Columbia University. Face à lui s’oppose l’avocat général, une femme…Et quelle femme ! Dans ce sujet brûlant, aucun manichéisme, et je dirais, presque aucun didactisme. La vie, les sentiments des êtres individuels, leurs convictions, pris, dans le mouvement des évolutions sociales et historiques. Les personnages sont des êtres humains, complexes, contradictoires, vivants. Le débat presque toujours de haut niveau. Et bien que centré, ici, sur la prééminence entre la loi religieuse et la loi civile dans ce pays spécifique qu’est Israël, on ne peut s’empêcher de songer aux débats sur la « Chariah » dont les media se font l’écho, notamment à la suite des « printemps arabes ». On ne peut s’empêcher de songer, aussi, au questionnement sur une « re-fondation » de la laïcité française. Avec, en prime, la question du rôle des media dans la société : leur façon, souvent schématique, d’aborder les questions de société, attisent les tensions, plutôt que n’aident à trouver des solutions. Ce qui pose la question du rôle du cinéma par rapport aux images rapides violentes, aux propos simplificateurs d’autres media. Mais, en de ça, de ces questions essentielles. C’est l’émotion de partager, le temps du film, la vie de ces êtres attachants. Dommage que « la ficelle de conclusion » ne soit pas à la hauteur du haut niveau moral et humaniste qui porte les personnages en présence. Mais les êtres malhonnêtes font partie de la vie et du monde. Question qui n’a pas fini d’interroger laïcs, religieux et philosophes.


Un Goût De Renaissance
Un Goût De Renaissance
Prix : EUR 21,06

3.0 étoiles sur 5 Moyen âge revival au début du vingtième siècle, 4 septembre 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Un Goût De Renaissance (CD)
C'est une très belle idée que d'avoir rassemblé en un même CD un ensemble de mélodies de la fin du 19ème siècle et début du vingtième dont les textes datent du moyen âge française. L'interprétation est belle. Le livret donne les textes en français, anglais et japonais. Mais j'aurais bien aimé une analyse musicologique du pourquoi et comment cette thématique moyen âgeuse réapparait à cette époque plus récente de l'art français. Ruskin serait-il en cause ? La France, dès cette époque à la recherche de ses sources ? On sait l'importance( hélas) du volk en allemagne. ici une poésie lettrée et de langue française chez des musiciens français ou assez francophile pour y avoir passé une partie de sa vie (Enesco). On connait l'influence des musiciens français du 18ème siècle (Rameau Couperin) sur Ravel ou Debussy. est ce une même démarche ?


Men in Watercolour No. 13 (English Edition)
Men in Watercolour No. 13 (English Edition)
Prix : EUR 0,89

2.0 étoiles sur 5 toujours le même dessin, 4 septembre 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Men in Watercolour No. 13 (English Edition) (Format Kindle)
First water colour must be light ; and here it is as heavy as oil painting. Second : may be a question of colours used, each sketch seems the same as the other (and it's album 13); even if the pose change, i see the same sketch...may be i am blind my be its a question of technics of sketches made one after the other without real need or envy or inspiration...


Arahan
Arahan
DVD ~ Ryoo Seung-bum
Prix : EUR 11,70

4.0 étoiles sur 5 vraiment étonnant, 4 septembre 2013
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j'avais acheté ce DVD pour l'offrir mais eu l'occasion de le voir ; c'estvraiment très étonnant ; et de très bonne qualité; à tout point de vue


Spectres mes compagnons. Lettre à Louis Jouvet
Spectres mes compagnons. Lettre à Louis Jouvet
par Charlotte Delbo
Edition : Broché
Prix : EUR 7,00

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5.0 étoiles sur 5 Souvenirs de théâtre, outil de survie psychique, 29 août 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Spectres mes compagnons. Lettre à Louis Jouvet (Broché)
Lettre d’une soixantaine de pages à Louis Jouvet par celle qui, jusqu’en 1941, fut sa secrétaire. Inachevée du fait de la mort de celui-ci en 1951. Et finalement publiée en 1975. Alors qu’elle se trouve en tournée en Amérique du Sud avec son patron, Charlotte Delbo apprend qu’un ami à elle, a été fusillé. Fille d’ouvriers, inscrite elle-même au parti communiste, elle rentre en France et dans un groupe de Résistance. Elle est arrêtée, son jeune époux fusillé, et après des longs détours elle est déportée à Auschwitz. Elle en revient, plus morte que vivante. Voilà, très brièvement, pour l’auteur.
Charlotte Delbo indique, vers la fin de sa lettre, qu’à son retour de déportation, des amis bienveillants lui portent des cadeaux, des livres…On songe à la chanson de Barbara, « le mal de vivre » : « ils ont beau vouloir nous comprendre, ceux qui nous viennent les mains nus…mais nous ne pouvons pas les entendre, on n’en peut pas, on n’en peut plus ».
Mais, quand, finalement, elle arrive à ouvrir des pages de livres, après l’expérience de plusieurs années qu’elle vient de vivre, les mots lui paraissent vides, futiles, sans réalité.
C’est un peu le sentiment que l’on peut avoir à écrire un commentaire sur cette lettre, fina lement brève ( une soixantaine de petites pages), mais donc chaque mot, chaque phrase porte une densité de douleur (confère le livre de Duras portant ce titre) intense, un poids de vérité sur des faits essentiels : la vie la mort, la survie face à la force apparemment invincible de l’anéantissement de l’être, de l’être en tant qu’humain, en tant qu’humain ressentant, en tant qu’humain pensant.
Depuis la solitude de son enfermement jusqu’à sa lente résurrection, en passant par l’horreur des camps de la mort, des spectres accompagnent soutiennent, Charlotte Delbo : des personnages de théâtre qu’elle a travaillé avec Jouvet : Ondine, Alceste, Don Juan…Ils émergent dans sa cellule, dans l’espace (mais peut on parler d’espace) des camps, lors de sa convalescence. Plus vivants, plus réels, que le monde mort qui l’entoure. Spectres portant la vie et avec lequels elle dialogue, ce qui lui permet de conserver à la fois le sens du langage et un minimum de capacité de penser. Son expérience fait d’elle-même un spectre. Mais quel spectre ! De ceux de l’Histoire de la culture humaine.
Je ne résiste pas à citer quelques lignes où au plus fort de l’horreur des camps Charlotte Delbo témoigne qu’elle reste une femme de théâtre : « Climat de l’inhumain, lumière dissolvante. La part de cette lumière étant grande dans l’anéantissement des personnages. Eclairage curieusement projeté en une nappe diffuse au ras du sol, sous un écran de ciel bas et gris foncé d’où tombait- mais par quelle brèche ?- une lumière décomposante. Rien n’y résistait et tout perdait, dans cet éclairage son épaisseur, sa réalité […] C’était juste le contraire de l’éclairage de théâtre qui donne aux personnages leur volume et leur poids. Ici meurent et se dissolvent les personnages, parce que la lumière de l’atroce les boit. »
On peut songer, à « Coma » de Pierre Guyotat. Ce n’est, ici, ni un récit, ni un essai, juste un début de lettre qui aborde- jamais frontalement- des questions essentielles ; j’en retiendrai plus particulièrement deux : comment des objets culturels tissent la matière de notre intimité psychique ? Qu’est ce que l’anéantissement, la survie, la ré- emergence de la vie psychique ?


Fragonard
Fragonard
par Edmond de Goncourt
Edition : Broché
Prix : EUR 11,00

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5.0 étoiles sur 5 écriture aussi légère que cette peinture, 28 août 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Fragonard (Broché)
Le texte rapporte la légèreté, la vitesse, la non recherche de perfection, avec lesquelles Fragonard. Bref tout ce qui pouvait figer et supprimer l'éternel mouvement de la vie. Le style des frères Gongourt épouse ce principe. C'est alerte, coloré, riche en senteurs. Un bouquet de ces fleurs de Grasse, terre natale du peintre.


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