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Une France sous influence: Quand le Qatar fait de notre pays son terrain de jeu
Une France sous influence: Quand le Qatar fait de notre pays son terrain de jeu
par Pierre Péan
Edition : Broché
Prix : EUR 23,00

21 internautes sur 26 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Sous influence de quelle obédience ?, 22 octobre 2014
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Une France sous influence
(Quand le Qatar fait de notre pays son terrain de jeu)

C’est un essai politique volumineux au sous-titre un peu long, que viennent de faire paraître chez Fayard, Vanessa Ratignier avec Pierre Péan. Ça commence avec Sarkozy en 2008 et ça devrait finir avec Hollande en 2014, mais ça finit avec Sarkozy qui occupe quasiment tout le bouquin.
Certes, on apprend beaucoup de choses sur les relations entre la France et le Qatar, mais l’anti sarkozysme dominant gâche un peu le plaisir. Car Sarkozy est responsable de tout : une chambre de bonne se vend à Marseille et le Qatar s’en porte acquéreur ? Sarko est là-dessous !
Certes Sarkozy fut président de la République à l’époque où le Qatar développa sa politique de conquête agressive et l’ex-président ne se priva pas de vendre des pans entiers de la République à la famille régnante qatarie ! Mais s’il facilita par exemple la convention fiscale très avantageuse pour le Qatar en 2008 à Doha, cette dernière fut mise en place en 1990 et elle est signée... Michel Charasse. Les auteurs ont cru bon de passer les méfaits, les noms et les largesses de la gauche sous silence.

Tout un chapitre est consacré à la guerre contre la Lybie et Bernard Henry Lévy est cité une seule fois (p.254) comme philosophe « germanopratin. » Mais c’est là attaquer trop violemment une personnalité de gauche. Afin de se faire pardonner cette outrecuidance le blog du philosophe clairvoyant est cité de façon très positive à la page 309. La responsabilité énorme du va-t-en-guerre BHL est bien connue dans l’affaire libyenne : les bombardiers français commencèrent leur action le lendemain de sa visite à l’Elysée. Il soutint le Conseil National de Transition et alla à plusieurs reprises poser devant les photographes à Bengazi où le pétrole est d’excellente qualité.
Il est vrai que l’ouvrage est publié chez Fayard et que l’éditeur est un ami de BHL, il vaut mieux être prudent avec les amis du patron....

Les auteurs n’ont remarqué qu’une seule personnalité politique au gouvernement qui s’est courageusement exprimée contre le sanguinaire Kadhafi : il s’agit de Rama Yade. Il est vrai qu’elle est une référence importante de la politique française.

Bien sur un chapitre entier est consacré au football puisque le Qatar organisera la coupe du monde en 2022. Là encore Sarko est responsable de tout, les «icônes» du football français entièrement corrompues par l’argent qatari (Platini, Zidane) sont peu et très rapidement citées, la première icône a été influencée par Sarkozy et le second relève du Sacré. On ne touche pas au sacré.

Les conditions de travail des ouvriers immigrés qui opèrent sur les chantiers de cette probable coupe du monde font l’objet d’un chapitre entier. Mais c’est enfoncer une porte ouverte que de dénoncer l’esclavagisme du Qatar, la confiscation des passeports et les conditions de détention des travailleurs.

On est assez soufflé de lire sous la plume des auteurs que : « Élu à la magistrature suprême en mai 2012, François Hollande a voulu mettre un terme à cette folie, rééquilibrer la relation bilatérale, restaurer de la distance et du bon sens » (p.471) alors qu’il est écrit page 332 : « le Qatar peut s’enorgueillir d’être le pays qui a été le plus de fois reçu à l’Elysée depuis le début du Quinquennat... »
Il est vrai que l’héritage est lourd : « Jusqu’où s’étendent les prébendes accordées par son prédécesseur à la famille Al-Thani ? » (p.332) Le coup de l’héritage sarkozyste est un classique de la gauche en matière d’économie, en voilà un nouvel usage en politique étrangère.

Mais les comportements de lâcheté des autorités françaises et des politiques concernant l’humiliation particulière qui est faite aux français résidant au Qatar après 2012 n’est pas une affaire d’héritage. Cette lâcheté a été illustrée de façon exemplaire par l’affaire du Lycée Voltaire et de son proviseur que l’on a exfiltré in extrémis des geôles qataries. C’est la faute à Voltaire ? Non, à Sarko, car l’idée du Lycée Voltaire remonte à 2007 !
Jamais des français et la France n’avaient été humiliés de cette façon, la réaction d’indignité de celui qui rééquilibre la relation bilatérale (sic !) est toujours attendue.

Curieusement il y a des symboles très importants que les auteurs ne voient pas dans l’invasion qatarie de la France, notamment en ce qui concerne la culture :

« Elle portera le nom de Théâtre Cheikh Khalifa Bin Zayed al-Nahyan. L'usage consistant à donner le nom d'un mécène à une salle de musée ou à une pièce de château n'est pas très courant en France [...] En général, on se contente donc d'une plaque rappelant qui a soutenu les travaux. Cette fois, le ministère de la Culture a obtempéré. [...] Aurélie Filippetti - qui lors de la campagne présidentielle avait publiquement regretté que le nom de Wendel soit inscrit sur les murs de Pompidou Metz - viendra d'ailleurs inaugurer le théâtre, le 30 avril, avec Cheikh Sultan Bin Tahnoon al-Nahyan, membre de la famille royale et président de TDIC -Tourisme et Culture- (Le Figaro le 25/04/2014)
Aurélie Filippetti était ministre de Hollande pas de Sarkozy. Si Sarkozy a vendu la France au Qatar, Hollande la tient sur les fonds baptismaux et lui donne un nouveau nom. Rien de moins.

Cette France sous influence souffre de grave carences visuelles. Tout un chapitre est consacré à l’argent que le Qatar a investi dans les banlieues, mais il est très peu question de l’islamisation de ces dernières. On parle peu de mosquées, il ne faut fâcher personne !
Le 22/09/2013 Marine Le Pen a traité la France de Putain d’émirs bedonnants, cette phrase n’apparaît pas dans l’ouvrage, les références vont pourtant jusqu’en juillet 2014. Toujours la même carence visuelle sans doute.

À la page 111, on se régale d’un néologisme en forme d’oxymore :

« Grâce à ses prêches, médiatisés par Al Jazera, le télévangéliste a propulsé l’émirat dans tous les foyers musulmans arabophones. »

Moi qui croyais bêtement que les télévangélistes prêchaient l’évangile, me voilà remis à ma place : ils prêchent aussi le Coran ! Les mêmes auteurs, demain nous parleront-ils d’une soft-charia ?

En dehors des sources privées et des entretiens particuliers, il n’y a pas une seule reproduction de document en copie en fin d’ouvrage, ce qui pour du journalisme d’investigation demeure curieux. La documentation vient en grande majorité de journaux très orientés à gauche : Médiapart, rue 89, Le Monde et le Canard enchainé, L’auteur principal, Vanessa Ratignier, est journaliste « indépendante » et publie dans Libération. Le Figaro est cité une fois ou deux, sans doute dans un souci d’objectivité. En résumé ça donne ce que ça donne quand les bonnes consciences de gauche écrivent pour « dénoncer » : de la moraline coupée d’idéologie qui ne défonce pas. Tant et si bien qu’on finit par se demander si le livre n’est pas une commande de la cellule antisarko de l’Elysée !
500 pages, pas toutes inutiles, mais il vaut mieux vérifier les info sur le net et bien faire attention à la chronologie de façon à ne pas confondre Pierre et Paul.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 8, 2014 11:14 PM CET


Cinquante nuances de Grey
Cinquante nuances de Grey
par E L James
Edition : Poche
Prix : EUR 6,90

Aucun internaute (sur 1) n'a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 nuancé..., 7 octobre 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Cinquante nuances de Grey (Poche)
C’est une critique très nuancée que mérite Cinquante nuances de Grey, de El James, éd. JC Lattès. (en poche) L’écriture ou la traduction sont quelconques, nous ne sommes pas dans la littérature de haut vol. Le livre a très bien marché, il est le début d’une trilogie dont les média ont beaucoup parlé. L’histoire racontée, elle, est tout à fait improbable tout en étant très banale.
Une jeune étudiante américaine, vierge comme il se doit, rencontre un « dominant » il est jeune, beau comme un Adonis et baise comme un Dieu ! Qui plus est, il est riche comme Crésus ou Bill Gates, il possède un jet privé et pilote lui-même son hélico. De quoi alimenter les fantasmes des jeunes étudiantes américaines et les ménagères de plus de cinquante ans.
La relation sadomaso promise au début de l’ouvrage se fait attendre et faute de coups de fouet le lecteur a droit à des coups de queue ! Les scènes de coït remplissent le bouquin, du dépucelage de l’héroïne aux recettes éculées d’érotisme vieillot, les parties de jambes en l’air sont de l’ordre du linéaire quantitatif et le lecteur gourmand aura droit, en tout et pour tout, à une pseudo fessée et aux six coups de canne anglaise au bout des 660 pages de l’ouvrage, coups de canne qui mettront fin à cette relation jamais commencée en réalité.
Mais l’intérêt de l’ouvrage ne se situe ni dans les descriptions « érotiques » ni dans l’improbabilité du scénario. C’est la structure qui mérite que l’on prête attention au livre et le rend intéressant. La puissance financière et les talents du dominant (pianiste, amateur d’art, connaissance du monde et des usages) sont bien le portrait phantasmatique omnipotent et omniscient que se construit le masochiste de son dominant. Le dominant (Grey) propose un contrat à celle qu’il pense pouvoir soumettre, ce contrat est sans cesse remis en cause, discuté par mail ou lors de rencontres. Et, c’est là que se trouve tout l’intérêt de l’ouvrage, on constate tout au long de la lecture que le sadisme inconscient de la soumise détruit la relation, en vérité très soft, qui devait s’instaurer entre eux. C’est à un véritable harcèlement que se livre Anastasia qui veut anesthésier Grey en le faisant devenir « normal ». Il lui fait naturellement la seule réponse possible : « Je suis comme ça depuis toujours, parce que c’est moi ! » Certes ça manque de finesse théorique, mais c’est la seule réponse vraie que peut faire un sadomasochiste à une normopathe. À lire un jour nuancé de nuages gris.


Utoya
Utoya
par Laurent Obertone
Edition : Broché
Prix : EUR 20,00

5 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Amateur..., 4 mars 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Utoya (Broché)
L’auteur rentre dans la peau d’Anders Breivik et parle à la première personne. UtØya est le nom de l’île norvégienne ou le drame s’est déroulé.
L’ouvrage remplit plus de 400 pages en 12 chapitres et se divise en trois parties.

Dans la première l’auteur raconte le massacre sur l’île qui a duré à peine un peu plus d’une heure. C’est du polar avec action. Un tueur tue et il ne doit pas être très difficile de rentrer dans la peau de Breivik. Tous les auteurs de polars ne sont pas des assassins, beaucoup arrivent à vous donner l’impression de rentrer dans leur peau.

La deuxième partie est plus problématique Obertone/Breivik essaie d’expliquer les théories extrémistes du meurtrier au lecteur. Ce n’est pas non plus trop difficile. Breivik déteste le Parti Travailliste Norvégien qu’il qualifie de marxiste tout le long de l’ouvrage et il lui attribue tous les malheurs actuels de la Norvège : immigration, dévirilisation des vikings etc.
Cette partie deux finit par lasser, elle dure trop, tourne en rond, la même antienne revient à des tempi différents dans des tessitures diverses .

La troisième partie raconte la préparation des attentats, celui d’Oslo et d’ UtØya. Là ce n’est pas décevant. Brievik ne voulait pas être reconnu fou, il voulait utiliser son procès comme un lieu de paroles afin de diffuser son message. Il est vrai que jusqu’à cette partie on pouvait se poser la question de son génie. En fait le meurtrier n’est qu’un adolescent attardé, addict de jeux de guerre vidéo sur son ordinateur, incapable de réussir quoi que ce soit, imprévoyant au possible. Tout a été fait par Internet, de son bourrage de crâne Templier commandeur au mode de fabrication et d’achat des explosifs. Lors de cette étape de fabrication dans une ferme isolée il laissa griller son ordinateur... par un orage ! Le deuxième orage ne lui grilla que le modem ! Et il en fut ainsi de toute sa préparation. À l’embarcadère d’ UtØya il aurait dû être arrêté, sa tenue était une tenue de terroriste de carnaval. Il a pu abuser les flics parce que les méchants n’existent pas, les norvégiens le croyaient avant UtØya. Ont-ils changé d’avis ?


Fractures françaises
Fractures françaises
par Christophe Guilluy
Edition : Broché

5 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Un instantané géographique, 4 mars 2014
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Un instantané géographique de la France effectué par un géographe que Fractures françaises de Christophe Guilluy éd. François Bourin éditeur. De bonnes formules telles que « Prescripteurs d’opinion » p.31 accompagnées d’une dénonciation de la technique journalistique bienpensante, le glissement du « social vers le sociétal » p.34 histoire d’évacuer la « revendication ouvrière ».
Des chiffres aussi, c’était inévitable dans un pareil ouvrage.

Ouvrage riche en chiffres et conclusions réfléchies, mais de grosses lacunes cependant ; l’auteur emploie des « termes de métier » sans les expliquer. Ainsi il faut deviner au fil des pages ce qu’est le "périurbain" par rapport à la banlieue. Un glossaire ou des exemples parlants auraient été utiles.


Je parle aux murs : Entretiens de la chapelle de Sainte-Anne
Je parle aux murs : Entretiens de la chapelle de Sainte-Anne
par Jacques Lacan
Edition : Broché
Prix : EUR 12,20

3.0 étoiles sur 5 Les murs ont-ils des oeilléres ?, 4 mars 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Je parle aux murs : Entretiens de la chapelle de Sainte-Anne (Broché)
Un petit ouvrage éd. Du Seuil que publie Jacques Alain Miller, il s’agit de trois conférences que Lacan donna à la chapelle de l’hôpital Sainte-Anne en parallèle à son Séminaire de 1971/72. Ça s’intitule « Je parle aux murs ». Comme c’est écrit sous forme de livre et que les murs savent écrire mais ne savent pas lire, on le lira sans se cogner la tête contre les murs : c’est du Lacan.


L'héritage de Vichy: Ces 100 mesures toujours en vigueur
L'héritage de Vichy: Ces 100 mesures toujours en vigueur
par Cécile Desprairies
Edition : Relié
Prix : EUR 27,50

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4.0 étoiles sur 5 L'auteur a évité le souffre !, 4 mars 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : L'héritage de Vichy: Ces 100 mesures toujours en vigueur (Relié)
Un bel inventaire de Cécile Desprairies que cet Héritage de Vichy, éd. Armand Colin qui porte en sous-titre « Ces cent mesures toujours en vigueur ». En fait il doit y en avoir plus de cent dans des domaines que l’on ne soupçonne pas. De nombreux ouvrages traitent de la période de l’occupation, aucun, jusqu’à ce jour, ne s’était aventuré à faire un bilan des mesures prises sous Vichy. On ne retient de Vichy, de manière générale que la fête des mères ou la création de l’Ordre des médecins.
Du social au travail en passant par la santé on ne se doute pas du nombre de réformes établies dans toutes les sphères de la société par le Maréchal Pétain et son gouvernement. Ces mesures furent, la plupart du temps, simplement avalisées par une signature à la Libération et continuent à nous régir. Beaucoup d’entre elles furent prises pour pallier à la disette ; les conditions de l’armistice étaient très dures et les produits arrivant des colonies ne passaient plus les mers. C’est ainsi que la culture du riz explosa en Camargue, elle passa de 210 hectares en 1941 pour 650 tonnes à 800 hectares en 1944 pour 2200 tonnes. Des trains entiers chargés de matières premières et d’objets manufacturés partaient chaque jour en Allemagne, il fallait trouver des solutions. Dans l’alimentation, Vichy développa l’usage de l’huile de pépins de raisins pour palier au manque d’arachides, légiféra sur le fromage fondu –produits prisés par l’occupant- et décréta que le fameux Maroilles serait une « appellation contrôlée » ! Les restaurants eurent obligation de faire un menu à prix fixe ; les tickets-repas, ancêtres des tickets-restaurants virent le jour. Dans le domaine social les progrès sont notables et parfois époustouflants : en 1910 une loi instaure la retraite pour les ouvriers et les paysans de 65 ans, mais elle est peu ou pas appliquée. En 1940 Vichy légifère et crée la retraite des vieux à l’âge de soixante ans ! Mitterrand réactiva cette réforme en 1981. Si nombre de mesures hygiéniques virent le jour sous l’influence allemande par crainte des épidémies -La visite médicale obligatoire à l’école ou la médecine du travail- d’autres émanent directement du programme de la Révolution Nationale.

Le reproche que l’on pourrait adresser à l’ouvrage est de traiter les mesures les unes après les autres dans leurs champs respectifs, sans différencier celles prises avant novembre 1942 et celles prises après, lorsqu’il n’y eut plus de ligne de démarcation. Mais comme les dates des décrets sont données on sait tout de suite à quelle période de l’occupation elles se situent. L’auteur a préféré traiter les mesures par thèmes : Vie quotidienne, Alimentation, Culture, Éducation, Métiers, Sport et Santé. Vichy eut envers la femme une politique oscillante. Dans la mémoire collective il réserva à ces dernières une place cantonnée, ce n’est pas tout à fait exact. On est parfois très surpris, même par les mesures prises par Laval, c’est ainsi que :

« Le 02 février 1943 paraît au Journal Officiel une loi sur le règlement par chèque : les femmes peuvent désormais ouvrir un compte en banque sans l’autorisation de leur mari. » (P. 142)

Le terrain était dangereux, miné ; parler de mesures sociales sous Vichy vous catapulte d’emblée dans le camp des nostalgiques des heures le plus sombres de notre histoire. L’auteur s’en sort bien et réalise un véritable bilan comptable sans parti pris. Comme on n’est jamais assez prudent, Cécile Desprairies a fait préfacer son ouvrage par Emmanuel Leroy Ladurie, historien correct. L’ouvrage est indispensable tant à l’historien amateur qu’au professionnel auxquels il réservera quelques surprises.


Psychanalyser
Psychanalyser
par Serge Leclaire
Edition : Poche
Prix : EUR 5,00

3.0 étoiles sur 5 Pas vraiment (le)claire.., 4 mars 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Psychanalyser (Poche)
Voilà un ouvrage, Psychanalyser de Serge Leclaire, éd. Du seuil, qui commence très bien : un psychanalyste qui écrit que la plupart du temps, ce que dit l’analyste à l’analysant est toujours incompris par ce dernier, il est ressenti comme un énoncé venant de la planète Mars. Et ça continue allégrement sur le même registre :

« Ainsi dans cet état d’attention flottante qui lui est recommandé, le psychanalyste doit pouvoir accueillir sans privilège établi ce que le patient, invité à laisser venir sans discrimination, dit au cours de la séance. Telle est la situation dans son paradoxe, qui évoque volontiers quelque folle entreprise où le navigateur aveugle et sans compas inviterait son passager à prendre le vent comme il souffle. » (Page 23)

Le début est effectivement prometteur, mais bien vite on se retrouve dans les discours habituel des lacanneries ordinaires - l’instance de la lettre, le Phallus- etc... se suivent et se succèdent à longueur de pages dans une démonstration théorico-explicative à partir d’une vignette clinique. Dommage.
Le dernier chapitre, tout comme le premier, revient sur la pratique psychanalytique vue par un œil de non-initié :
« -Hé bien non, je suis là, enfin, je veux dire dans mon fauteuil, ni pour recueillir des confidences, ni pour aider, encore moins pour comprendre... » (Page 173)
« Au terme de l’analyse, le patient ne saura pas plus qui il est, mais seulement à quoi il est assujetti... » (P.174)
« ...le transfert est constitué comme une non-réponse à la demande constituée par le dire du patient. » (P.176)
Petit ouvrage de psychanalyse à lire même tardivement : on ne perd rien à ne pas l’avoir lu, on gagne à le lire.


Le masochisme : Du sadomasochisme au sacré
Le masochisme : Du sadomasochisme au sacré
par Damien Lagauzère
Edition : Broché
Prix : EUR 22,50

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Eau chaude, eau froide, eau mitigée..., 4 mars 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Le masochisme : Du sadomasochisme au sacré (Broché)
C’est à une analyse sociologique du masochisme que s’essaie Damien Lagauzère dans Le Masochisme, éd. L’Harmattan. L’exercice n’est pas tout à fait réussi.
D. Lagauzère commence par changer les définitions habituelles : « Certaines pratiques relèvent donc tantôt du hard, tantôt du sadomasochisme... » (Page 13). Ce qui est appelé hard, d’une façon généralement admise dans le milieu, est un sadomasochisme dans lequel les pratiques sont plus dures en regard du soft.
L’approche psychologique est réduite à la portion congrue, mais ce n’est pas le but de l’ouvrage. La culpabilité du masochiste y est abordée de manière sociologique. Selon l’auteur, le masochiste se sentirait surtout coupable de ses pratiques « hors normes ». Même s’il reste possible que certains pratiquants se sentent coupables de leurs pratiques, la culpabilité, comme le pensent beaucoup d'auteurs peut-être une composante de certaines formes de masochismes et la pratique masochiste une évacuation de cette culpabilité.
Curieuse façon aussi de vouloir distinguer un masochisme normal d’un masochisme pathologique : « La réponse à cette question est simple. Hormis les cas relevant de la pathologie... » (Page 70) « Mais peut-être après tout ce rapport à l’amour qui marque là encore la différence entre un sadomasochisme soft et la pathologie ? » (P.110)
Cette distinction n’est pas sans raison, l’auteur nous présente, tout au long de son ouvrage, un masochisme fréquentable, un masochisme idéal et un autre, à rejeter impérativement. Ce « bon masochisme » fréquentable se différencie du mauvais par le respect des consignes de sécurité et vise à « ...préserver l’intégrité physique et morale de chacun... » (Page 176)
« Le SM suppose des pratiques à risque. Aussi les modalités de sa mise en scène répondent à cette nécessité de préserver l’intégrité non seulement physique mais également, et peut-être même avant tout, morale des uns et des autres. » (Page 180)
Lorsqu’un masochiste réclame « champagne et caviar » rien n’assure l’intégrité physique par la non transmission de microbes à moins de désinfecter l'urine et la m**** auparavant ! Pas plus que des pratiques qui rentrent dans le cadre SM comme le marquage au fer rouge ou le piercing en passant par la scarification n’assurent l’intégrité physique des pratiquants. Quand à l’intégrité morale, l’exhibition peut parfois s’avérer très préjudiciable et sans possibilité de réparation. Le danger est inhérent à certaines pratiques et tous les masochistes n’utilisent pas de mot de sauvegarde. L’auteur les classe-t-il alors dans la dimension pathologique ?
Pour étayer sa thèse d’un masochisme idéal D. Lagauzère, rend compte du témoignage de deux masochistes du milieu gay, ce qui limite tout de même une vue d’ensemble du phénomène masochiste. L’auteur fait également référence aux intellectuels incontournables : Deleuze, Bourdieu, Foucault et n’hésite pas à leur faire subir quelques distorsions :
« L’exercice du pouvoir n’est donc que temporaire, on n’en est que le dépositaire, voire l’instrument. Ceci explique en partie pourquoi son exercice n’est possible qu’avec le consentement de ceux sur qui il s’exerce. » (Page 64)
Cette analyse « foucaldienne » du pouvoir, non seulement oublie le pouvoir absolu, et un certain Damien, lors de son supplice en sut quelque chose, mais à la page 72 le pouvoir, toujours dans une optique foucaldienne, est défini tout à fait autrement :
« La structure du pouvoir tel qu’il se manifeste, qu’il s’exerce dans la vie courante est rigide, et, de ce fait, la mobilité, les possibilités de changer de position sont réduites et soumises à des considérations extérieures à la volonté de l’individu. » (Page 72)
En ce qui concerne le masochisme féminin, l’auteur se calque sur les anciens, comme si aborder le sujet du masochisme féminin avait une odeur de souffre :
« Certes, les femmes peuvent également avoir des fantasmes masochistes, mais ils ne sont pas masochistes parce qu’ils sont féminins » (Page 95) Nacht ne dit pas autre chose : « Il suffit de remarquer que si le masochisme de la femme est naturel, ce n’est plus du masochisme. »
Pour l’origine même du masochisme, Lagauzère fait également référence aux classiques du genre : « D’un point de vue psychologique ou psychanalytique, le désir d’être puni ou humilié révèle le besoin d’adopter une attitude féminine passive envers le père. Être battu signifiant ainsi être aimé, l’amour prend la forme d’une punition. » Freud ne dit pas autre chose dans « Un enfant est battu ».
Sur le terrain même de l’auteur, la sociologie, on peut ne pas être d’accord avec lui quand on lit sous sa plume des phrases telles que : « C’est pourquoi la société a placé de solides barrières réprimant la violence au point parfois d’en oublier l’existence » (Page 209)
Il serait peut-être plus juste d’écrire que la société a canalisé la violence dans des corps constitués tel que l’armée ou la police, les bizutages et autres « institutions » où la violence se donne libre cours, plutôt que d’écrire : au point parfois d’en oublier l’existence.

Enfin la référence à Deleuze étant incontournable, D. Lagauzère nous invite à faire un petit tour dans le contrat masochiste, en se démarquant de Gilles Deleuze, mais sans le renier :
« Le principe du contrat qu’il soit tacite, oral ou écrit, existe finalement dans tous les cas de relations, sexuelles ou non, sadomasochistes ou non. »
Autant écrire que le fait de dire bonjour à son voisin découle du contrat masochiste !
Il y a tout de même quelques bonnes choses dans cet ouvrage, des vérités récentes sous un vernis ancien de références « sûres ». On a parfois l’impression de feuilleter un vieil album de famille dont les clichés militants pour un masochisme parfait ont été retouchés par un Photoshop de l’investigation intellectuelle. La bibliographie est riche et conséquente. Incontournable pour les passionnés du sujet.


Dictionnaire de la perversion : Transformation de quelques concepts psychanalytiques
Dictionnaire de la perversion : Transformation de quelques concepts psychanalytiques
par Didier Moulinier
Edition : Broché

3.0 étoiles sur 5 Le dicco.., 4 mars 2014
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Voici un Dictionnaire de la perversion au sous-titre un peu long, écrit par Didier Moulinier, éd. L’Harmattan. Sur la quatrième de couverture il est indiqué :

« On fraye donc quelques pistes pour une théorie « non-psychanalytique » de la psychanalyse, distillée dans ce dictionnaire conceptuel au plus près des textes de Freud et de Lacan (et de leurs commentateurs) sans toutefois leur faire allégeance »

L’auteur, tout au long de son ouvrage, utilise le vocabulaire lacanien, mais les mots ne sont pas innocents, surtout en psychanalyse. Ils définissent des concepts. D. Moulinier rentre de plain pied dans le discours lacanien et petit à petit il en devient prisonnier. On ne sait jamais vraiment quand, dans son écriture, il conteste la version psychanalytique des perversions ou s'il vient l'appuyer en la développant !
Le lecteur se trouve ainsi dans l’impossibilité d’entendre un discours autre que le discours freudien sur le sujet. Cette impossibilité de développer clairement une autre vue est due aux concepts novateurs apportés par Jacques Lacan à la psychanalyse. Concepts auxquels, l’auteur, errant sur la bande de Möbius du discours lacanien fait retour une fois sur deux.
L'ouvrage est plaisant à lire, mais demande une bonne connaissance du vocabulaire de la psychanalyse. Les articles ne sont pas trop longs, aucun mot n’est inutile et l’écriture est honnête sans être formaliste. La parfaite connaissance qu’a l’auteur du registre lacanien lui a fait beaucoup de tore dans l’écriture de cet ouvrage, à l’abord certes difficile, mais à la lecture somme toute plaisante et enrichissante! A lire absolument pour qui s'intéresse un tant soit peu au sujet.


Les Formes du masochisme
Les Formes du masochisme
par Richard Von Krafft-Ebing
Edition : Poche
Prix : EUR 8,15

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 en forme de quoi ?, 4 mars 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Formes du masochisme (Poche)
Ce n’est pas une nouveauté ni un véritable ouvrage que nous offrent les éditions Payot avec Les formes du masochisme de Richard Von Krafft-Ebing. Il s’agit d’une réédition de quelques cas de masochisme qui figurent dans la fameuse psychopathia sexualis du même Richard Von Krafft-Ebing.
Les expressions latines ont disparu et sont écrites en italique, plus besoin de se référer aux pages roses du Larousse.


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