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Contenu rédigé par Carmen
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Commentaires écrits par
Carmen (Paris, France)
(TOP 100 COMMENTATEURS)   

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Rossini: L'inganno felice
Rossini: L'inganno felice
Prix : EUR 12,82

5.0 étoiles sur 5 Gioachino Rossini : un musicien de la joie., 17 septembre 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Rossini: L'inganno felice (CD)
Une œuvre de prime jeunesse.
Une œuvre inconnue.
Une œuvre oubliée.
Une œuvre découverte.
"L'inganno felice", autrement dit : "L'heureux stratagème", est un opéra bref et ravissant, une œuvre absolument joyeuse de Gioachino Rossini.
Merci, au passage, à Thomas qui me l'a fait découvrir ici : "L'heureux partage"...
Au Maestro Marc Minkowski à la tête du Concert des Tuileries : bravissimo !
À la troupe vocale enthousiaste et menée par une baguette allègre et raffinée : bravissima !
Annick Massis, Raul Gimenez, Rod Gilfry, Pietro Spagnoli et Lorenzo Regazzo.
Peu importe que nous les connaissions un peu, beaucoup ou pas du tout, ils sont tous remarquables.
Cet enregistrement rare est un témoignage tout aussi rare, en regard de ses oeuvres les plus célèbres, du génie d'un compositeur ayant les traits d'un magicien qui nous réjouit et nous offre des moments exquis à déguster dans la joie.
Il se nomme Gioachino Rossini.


Iolanta - Perséphone
Iolanta - Perséphone
DVD ~ Piotr Ilyitch Tchaïkovski & Igor Stravinski
Prix : EUR 28,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Le dernier chef d'œuvre de Tchaïkovsky, dont on peut pleurer qu'il n'ait pas été l'avant-dernier : un "testament inachevé"., 16 septembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Iolanta - Perséphone (DVD)
C'est un article des plus élogieux paru en 2013 dans une livraison de la revue "Classica" qui avait attiré mon attention sur le DVD de cette représentation madrilène de Iolanta, œuvre d'un compositeur que j’aime et admire sans me lasser, mais dont j'ignorais alors l’existence.
Ma découverte est récente et je n'ai que deux mots pour résumer ce que j'ai ressenti dès la première rencontre : éblouissement et bouleversement.
Éblouissement parce que la musique est d'une beauté sublime.
Bouleversement parce que la beauté sublime de cette musique est richissime de messages et de sens, dits et non dits, sur l'histoire personnelle et l'évolution intérieure d'un homme déchiré et divisé, au bord du gouffre, le cœur et l'âme béants, aux prises avec le destin individuel de qui souffre d'être "né trop tard dans un monde trop vieux" (parmi d'autres).
Dès les premières notes, ce sont cet éblouissement et ce bouleversement qui m’ont serré la gorge.
Quand on découvre une œuvre lyrique, il est bon de se documenter un peu avant d'y entrer, afin d'en connaître l'argument, l'histoire et le caractère et, dans le cas particulier, je le recommande à qui voudra faire la découverte car les seuls sous-titres proposés sont en langue espagnole.
J’ai consulté mes "bonnes sources", consultation qui m'a éclairée (merci, Monsieur Piotr Kaminski, vous êtes toujours lumineux).
Pour compléter cette consultation, j'ai lu attentivement la notice fournie avec le DVD, sous la signature du metteur en scène américain, Peter Sellars, fort bien faite (ce qui est confirmé par ses commentaires oraux proposés dans le supplément du DVD).
Notice qui nous apprend (ou nous rappelle si on le sait déjà, ce qui n'était pas mon cas) que Iolanta est la dernière œuvre de Tchaïkovsky, créée le même jour (i.e. dans la même représentation) que son immortel Casse-Noisette, mystérieuse alliance.
Notice qui, surtout, nous délivre quelques précieuses clés d'accès à l'œuvre (que l'on peut bien sûr trouver ailleurs).
Elle nous dit que Tchaïkovsky était "obsédé par Mozart" et plus précisément le "Mozart de 1791", l'année de ses "adieux au monde".
Elle nous dit aussi que Iolanta comporte des références musicales à Tristan et Iseult, "l'essence même du désir et de l'envie de mourir", bien que Tchaïkovsky ne fût pas "un grand admirateur de Wagner".
Mais, est-il précisé, (...) "l'introduction est composée uniquement pour les instruments à vent et si l'on se projette plus avant dans le temps, il faut attendre le Sacre du printemps d'Igor Stravinsky pour trouver une œuvre comportant une introduction de deux minutes dédiée uniquement aux instruments à vent".
"Le passage qui suit est d'autant plus frappant : un quartet à cordes accompagnant les voix de quatre femmes".
Plus loin : "un jeune chef d'orchestre de Hambourg pense qu'il s'agit d'un chef d'œuvre et est tout particulièrement transporté par le passage de l'intimité et de l'obscurité à une lumière céleste éclatante et à la transcendance spirituelle. Ce jeune chef d'orchestre s'appelle Gustav Mahler mais Tchaïkovsky, trop démoralisé pour se rendre à Hambourg, annule son voyage et ne se rend pas à la première européenne de son œuvre, pourtant dirigée avec enthousiasme par Mahler".
J'ai lu bien d'autres choses encore, dont je ne saurais vous rendre compte exhaustivement, ce n'est pas le propos ici, chacun étant libre et maître de sa curiosité.
Seulement dire que cette œuvre est une absolue et incroyable splendeur, d'arioso en arioso, tous plus beaux les uns que les autres, la partition orchestrale étant constamment somptueuse.
L'on dit du livret qu'il est un "conte de fées" (un peu ballot donc...) : Iolanta, fille du roi René de Provence, est aveugle de naissance ; par la volonté de son père qui l'aime absolument et qui, inspiré par un amour... aveugle, frappe d'interdit (et donc de déni) son état, elle ignore ainsi sa cécité : elle ne sait pas qu'elle ne voit pas... c'est l'amour passionné et entier d'un homme (Vaudemont) qui la confrontera au réel, au travers d'une épreuve initiatique, et qui lui insufflera la volonté de guérir, par amour pour lui, parce qu'il faut "vouloir la guérison pour guérir".
Autant dire que les contenus sémantiques du livret (écrit par Modest Tchaïkovsky, frère du compositeur, d'après l'œuvre du danois Henrik Hertz) transcrits dans une musique géniale sont psychanalytiques.
D'une manière somme toute anecdotique et drolatique eu égard à l'écoulement du temps qui rase et arase à peu près tout, l'on apprend que, sous l'empire castrateur du régime soviétique, toutes les références spirituelles et religieuses qui, d'un bout à l'autre, émaillent le livret (où la volonté et la puissance divines sont omniprésentes, jusque dans l'extraordinaire chœur orthodoxe "a cappella" célébrant le retour à la vue - à la vie - de Iolanta), ont été censurées ! il y eut donc une version politiquement mais ridiculement correcte de Iolanta : "autre temps, autres mœurs"...
Dans cette représentation qui n'est pas exposée à la concurrence et pour cause (il n'y a pas de concurrence...), tout est parfait : la mise en scène intelligente et subtile de Peter Sellars, sobre, stylisée, minérale (tout y est à bon escient "symbole") ; la direction musicale admirable du jeune chef Teodor Currentzis ; l'interprétation vocale d'une troupe exemplaire, pour l'essentiel slave, avec à sa tête la magnifique Iolanta de Madame Ekaterina Scherbachenko.
Voici un long commentaire qui m'interdit de parler de la "Perséphone" d'Igor Stravinsky ici couplée avec Iolanta (le thème symbolique de la cécité donne tout son sens à un tel assemblage), méritant pourtant qu'on en parle, mais d'autres amis commentateurs l'ont très bien fait, je vous laisse les lire.
Pour ma part, je m'en tiens à l'éblouissement et au bouleversement que je dois à la découverte de la Iiolanta de Tchaïkovsky, son dernier chef d'œuvre dont je pleure qu'il n'ait pas été l'avant-dernier : j'y ai aperçu un "testament inachevé".
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Sep 18, 2014 9:14 PM MEST


Daphnis et Chloe / La Valse / Boléro
Daphnis et Chloe / La Valse / Boléro
Prix : EUR 6,06

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Lorin Maazel : un chef ravélien d'exception., 10 septembre 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Daphnis et Chloe / La Valse / Boléro (CD)
Quoi que l'on puisse dire dans un propos sérieusement critique - excès de facilité pouvant confiner à la désinvolture, tendance aux "arrangements avec le ciel" de l'orthodoxie musicale parce que celle-ci est supplantée par l'instinct vorace d'un musicien surdoué et hors normes depuis son plus jeune âge -, l'on ne pourra jamais dénier à Lorin Maazel qu'il fut un chef ravélien d'exception, comme il fut un chef puccinien d'exception.
Si justifié soit-il, en rigueur, le propos sérieusement critique doit parfois, sinon souvent, être négligé, quand l'étincelle du génie le voue à l'obscurité : c'est ce que m'inspirent les exécutions fantastiques des œuvres de Maurice Ravel sous la baguette de Lorin Maazel.
Un souvenir vivant et inoubliable : j'ai eu la chance et le bonheur d'assister à un concert parisien (au "TCE") lors duquel Lorin Maazel dirigeait l'orchestre de Vienne (rien que cela...) dans un "programme Ravel".
Dans ce programme, le Boléro.
Un moment musical incandescent et somptueux, entièrement porté par ce chef (je le reverrai toujours) qui faisait des bonds sur son estrade tant il était en osmose physique et émotionnelle avec une musique froide et implacable, mais envoûtante et irrésistible.
La salle était subjuguée pour ne pas dire électrisée, moi aussi, tout comme l'amie qui m'avait invitée à ce concert, une exquise "vieille dame" qui aurait pu être ma mère mais douée du plus beau signe de jeunesse : l'enthousiasme ; je me rappelle comme si c'était hier qu'elle me prenait la main avec un sourire enfantin pour me le communiquer, nous étions ensemble dans l'euphorie, bien au-delà de l'admiration.
Lorin Maazel et Maurice Ravel : l'histoire d'une osmose.
Ce disque en témoigne.
Daphnis et Chloé, Rhapsodie espagnole, La valse et le Boléro.
Des joyaux ravéliens exposés par un orfèvre ravélien.
À noter : Lorin Maazel imprime au Boléro le tempo le plus rapide parmi toutes les versions existantes (innombrables et que je possède pour la plupart car je suis "dingue" de cette œuvre), à l'opposé de la version lente de Manuel Rosenthal, une version qui est certainement conforme aux indications et aux vœux du compositeur (dont il fut le contemporain et l'admirable serviteur), mais il reste que cette version "dissidente" donnée par Lorin Maazel est fascinante.
En son entier, ce disque réunissant quelques unes des plus grandes œuvres procréées par un génie de la musique française est porté par la passion d'un musicien dont il semble qu'il soit né pour les exalter.
Oui, Lorin Maazel (6 mars 1930-13 juillet 2014) fut un chef ravélien d'exception.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (7) | Permalien | Remarque la plus récente : Sep 13, 2014 7:56 PM MEST


Sings Canadian Art Songs
Sings Canadian Art Songs
Prix : EUR 23,81

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Unique Jon Vickers : "forever"., 9 septembre 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Sings Canadian Art Songs (CD)
Ce disque que j'ai déniché par hasard au gré de mes recherches fureteuses et dont le seul intitulé, outre la belle image qui l'adorne, m'a attirée, en toute ignorance mais parce que j'aime absolument Jon Vickers, est assurément un disque atypique pour ne pas dire marginal.
Rare en tout cas.
Et comme l'image qui l'adorne, son histoire est belle.
La notice nous la raconte, c'est l'histoire d'un récital de chants canadiens (anglophones) que l'on est venu cueillir chez Jon Vickers, je dis bien "chez Jon Vickers" car l'enregistrement fut réalisé dans sa résidence secondaire située dans le sud de l'Ontario ; c'était à la fin des années 1980, alors qu'il était tout près de se retirer du monde lyrique où il brilla du plus haut feu dans une constellation autrement scintillante (il est né au mois d'octobre 1926).
Jon Vickers est décidément un artiste aux multiples mystères, en voici une autre et singulière démonstration.
Ici, sa voix à la fois magique et dérangeante - c'est aussi pour cela qu'on l'aime si on l'aime - honore des compositeurs canadiens du vingtième siècle dont, soit dit modestement, j'espère bien ne pas être la seule à découvrir l'existence avec ce disque... (c'est pour ne pas laisser accroire que je les connais que je m'abstiens de les citer !).
Aux mystères de la voix de Jon Vickers abordant son retrait d'artiste lyrique d'exception mais qui, cependant, conserve des ressources laissant le silence derrière lui, s'ajoutent les mystères d'une musique qui ne nous est pas familière, chantée et simplement accompagnée par un piano, une musique qui ne bat pas son plein comme l'on dit d'une fête qu'elle bat son plein.
Une musique déroutante et pas vraiment séduisante au premier abord, une musique pourtant séduisante : il faut l'écouter souvent pour que soit abolie la distance à laquelle elle nous tient quand on sonne à sa porte comme pour nous défier d'en franchir le seuil.
Après une perplexité suscitée par la première approche, on peut alors entrer dans son monde, guidé et porté par la voix et l'art du chant de Jon Vickers.
Ce disque est un témoignage sans équivalent me semble-t-il de l'art de Jon Vickers, un témoignage qu'il dédie à son arbre généalogique au terme d"un parcours majuscule : le témoignage d'un artiste unique, "forever".
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Sep 10, 2014 9:27 PM MEST


Rita Gorr in Französischen Opern
Rita Gorr in Französischen Opern
Prix : EUR 13,90

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Rita Gorr, la sublime., 4 septembre 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Rita Gorr in Französischen Opern (CD)
Ce beau visage aux traits fermes et doux est celui de Rita Gorr.
De son vrai nom Marguerite Geirnaert, Rita Gorr est née le 18 février 1926 en Belgique et s'est éteinte le 22 janvier 2012 en Espagne.
Mezzo-soprano d'exception, Rita Gorr a attaché son nom au rôle d'Amnéris et à celui de Dalila et elle y reste inoubliable, immortalisée au disque dans ces deux rôles, avec Jon Vickers en Radamès et en Samson : des enregistrements anthologiques.
Ici, Rita Gorr expose sa voix somptueuse, son timbre étrange en ce qu'il est à la fois très beau et atypique, sa diction et son art du chant dans des airs extraits d'œuvres françaises.
Gluck (Alceste, Iphigénie en Tauride, Orphée et Eurydice), Cherubini (Médée), Berlioz (La damnation de Faust), Massenet (Werther), Saint-Saëns (Samson et Dalila).
Rita Gorr y est admirable, de la première à la dernière plage de ce disque qui en comporte seize et réunit des enregistrements réalisés entre 1959 et 1962 sous la direction de deux grands chefs qui ont ô combien honoré la musique française : André Cluytens et Georges Prêtre.
Pour unique exemple de ce qu'elle nous offre dans ce disque - mais tout est de la même grandeur -, je citerai l'air des lettres de Werther : la beauté de sa voix et de son chant y est indicible, elle m'a d'autant plus subjuguée que j'ai cru entendre pour la première fois cet air pourtant maintes fois écouté.
Sublime Rita Gorr.


Falstaff - The Royal Opera
Falstaff - The Royal Opera
DVD ~ Giuseppe Verdi
Prix : EUR 7,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Troupe vocale magnifique sous une baguette trop sage ?, 28 août 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Falstaff - The Royal Opera (DVD)
À qui voudrait découvrir l'ultime chef d'œuvre de Giuseppe Verdi qui, avec Falstaff, a achevé en apothéose une histoire créative cinquantenaire, ce n'est pas cette représentation saisie à Covent Garden au mois de juillet 1982 que je recommanderais, ce qui n'est pas contradictoire avec les éloges que je lui adresse, je m'en explique.
Admiratrice du grand Carlo Maria Giulini, j'ai été ici décontenancée par sa direction qui m'est apparue quelque peu guindée et par moments étonnamment lente.
Sans doute irréprochable (je n'en suis pas juge) mais ne restituant pas là où on l'attend, quand on est pétri de cette œuvre jubilatoire, la fièvre et les éclats qui parcourent une partition orchestrale de bout en bout étincelante et d'un raffinement extrême mais pas seulement, une partition qui a aussi "le diable au corps".
Imprégnée par les fantastiques directions de Herbert Von Karajan, de Leonard Bernstein et de James Levine, le premier moins extraverti que ses deux collègues américains mais tous trois en égale osmose, constamment perceptible, avec cette partition orchestrale qui est assurément un festin de chef, j'espérais autre chose de Carlo Maria Giulini dont la distinction aristocratique m'a donné ici la sensation paradoxale (il est italien) d'un excès de discipline et de retenue mettant le grain de folie au piquet, ce que je ne perçois pas chez Arturo Toscanini (gravure discographique de 1951) dont la rigueur légendaire est pourtant exempte du moindre laxisme.
Comme il s'agit pour moi d'une première vision de cette représentation, je pourrai peut-être reconsidérer une impression forcément influencée, entre autres, par celle, presque jumelle (juin 1982), donnée à Salzbourg et dirigée par un Karajan de braise et de flamme à la tête du grandiose orchestre de Vienne.
Et puis cet embarras que j'exprime pouvant bien n'être que le mien, mieux vaut parler de l'excellence qu'il nous est donné de goûter.
Dans une mise en scène et des costumes parfaitement fidèles aux sources shakespeariennes du livret d'Arrigo Boïto auquel Giuseppe Verdi a également donné son coup de patte (amis et complices, ils ont travaillé à l'unisson), les habitants burlesques de Windsor s'en donnent à cœur joie sous les traits d'artistes lyriques qui méritent tous une ovation.
Renato Bruson : plus vrai que nature dans le rôle du "vieux John" pansu, aviné, crasseux, grotesque mais malicieux, émouvant aussi dans l'évocation de son passé juvénile de "page de Norfolk".
Katia Ricciarelli campe à merveille une Mistress Alice Ford charmante et rouée.
Barbara Hendricks en Nanetta, j'y reviendrai.
Lucia Valentini Terrani : une Mistress Quickly somptueuse vocalement et inénarrable théâtralement, sa "reverenza" est un morceau d'anthologie.
Dalmacio Gonzalez : un exquis Fenton, même s'il n'atteint pas dans ce rôle exquis le merveilleux Francisco Araiza de la représentation salzbourgeoise précitée.
Brenda Boozer en Mistress Meg Page : je n'ai rien à en dire de particulier, elle est très bien dans la cohésion de l'ensemble.
Leo Nucci en Ford-Fontana enfin : ce "baryton Verdi" est alors au meilleur de ce qu'il fut, il est simplement parfait.
La Nanetta de Barbara Hendricks, j'y reviens.
L'ovation très chaleureuse que lui dédie le public est celle que je lui dédie.
Barbara Hendricks est ravissante à tous égards.
Sa voix si pure, son timbre de toute beauté et sa grâce subjuguante nous donnent une Nanetta absolument idéale.
Ce rôle adorable qui a inspiré à Giuseppe Verdi, comme pour son amoureux Fenton, des bijoux mélodiques tendrement ciselés, est fait pour elle, à l'inverse de rôles trop lourds qui lui échappaient.
Ici, Barbara Hendricks est une enchanteresse, sa Nanetta est la plus délicieuse que je connaisse.
Au total, une représentation de Falstaff qui vaut tous les prix mais peut-être pas pour une première approche de cette rivière de diamants lyrique dont la richesse foisonnante et la fluidité insaisissable restent une énigme cent vingt ans plus tard, et cela parce que, paradoxalement, un chef italien l'éclaire d'un feu pâle.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (12) | Permalien | Remarque la plus récente : Sep 3, 2014 12:43 PM MEST


Verdi : Otello
Verdi : Otello
Prix : EUR 32,90

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Ovation à Riccardo Muti et à l'orchestre de Chicago., 27 août 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Verdi : Otello (CD)
Quand j'ai découvert Aleksandrs Antonenko dans la représentation de sa prise du rôle d'Otello (2008) à Salzbourg, sous la direction admirable de Riccardo Muti avec un orchestre de Vienne au-delà de tous les mots, j'ai éprouvé quelques réserves sur son incarnation, que j'ai exprimées ici, tout en saluant ce qui relève de l'évidence, des dons vocaux exceptionnels lui permettant d'affronter avec une vaillance inaltérable toutes les difficultés de ce rôle héroïque.
Je m'étais alors dit que nous tenions avec lui un Otello des plus prometteurs, sans qu'il fût cependant possible de le déclarer "l'Otello du vingt et unième siècle" car, selon moi, il lui appartenait encore d'accomplir un travail d'appropriation de l'intériorité de ce rôle, intériorité qui en est une dimension essentielle, cruciale.
J'avais pensé que ce n'était pour lui qu'une question de maturation pouvant être lente : Otello n'est pas un rôle qui se conquiert d'un seul saut, c'est une montagne abrupte et à la cime haute.
Cinq ans plus tard, dans cet enregistrement placé sous la direction toujours et peut-être plus encore admirable de Riccardo Muti à la tête cette fois d'un fabuleux orchestre de Chicago, je regrette de ne pas pouvoir m'associer aux éloges qui sont adressés à Aleksandrs Antonenko.
Mon sentiment empreint de frustration, en regard d'un tel potentiel, c'est qu'il n'est toujours pas Otello, et moins encore que lors de sa prise du rôle m'a-t-il semblé, comme si Aleksandrs Antonenko s'était enfermé dans la mâle assurance que lui donne une voix qui peut tout se permettre, et s'en contentait.
Mais ceci ne saurait suffire.
Et puis suis-je la seule à le dire ? son timbre s'est enlaidi.
Ce n'est certes pas en soi rédhibitoire dans un tel rôle pour lequel la seule beauté du timbre ne serait qu'un fard se liquéfiant sous les feux de la rampe, mais la faille qui m'est apparue est autrement béante.
Car Aleksandrs Antonenko est en dehors de la complexité de son personnage, qui n'est en rien monolithique.
Aleksandrs Antonenko chante parfaitement, il assume avec une aisance pouvant être confondante le fameux "Esultate", mais il ne m'a pas émue, j'ai vu dans son Otello un roc granitique auquel manquent déchirures et friabilité.
Dans une fusion d'une incroyable perfection, la musique et le texte de cette œuvre géniale nous font entrer dans un univers psychologique et dramatique idéal mais énigmatique, dans lequel l'éloquence de ce qui est apparent doit laisser entendre l'expression de ce qui est latent.
Elle est muette ici.
Jon Vickers n'était pas nanti d'un beau timbre, son "Esultate" ne fut pas toujours à la hauteur des attentes les plus pointilleuses, mais Jon Vickers fut l'Otello du vingtième siècle, j'ose l'affirmer car on ne peut pas se focaliser sur les failles du chanteur au risque de méconnaître son génie de tragédien lyrique, en cela frère jumeau de Maria Callas.
J'aimerais pouvoir clamer une admiration redoublée pour Aleksandrs Antonenko en me référant à ce qui m'avait séduite lors de sa prise du rôle mais je ne le peux pas, je respecte entièrement les avis contraires au mien, mon propos n'est pas un argument d'autorité car j'en suis totalement dépourvue.
Il reste que c'est sans hésitation que je tiens cet enregistrement pour indispensable, parce que la direction de Riccardo Muti et l'exécution de l'orchestre de Chicago nous donnent absolument tout de la splendeur de la partition.


José Carreras Sings
José Carreras Sings
Prix : EUR 9,49

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5.0 étoiles sur 5 Un disque délectable que l'on écoute avec bonheur mais le coeur serré., 26 août 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : José Carreras Sings (CD)
Parfois, l'on ose à peine penser ce que l'on pense...
Et, en tout cas, l'on n'ose pas le dire hors un cercle privé.
Mais les commentaires et remarques publiés par des connaisseurs avertis à propos de ce disque me libèrent de l'autocensure dans un cercle public.
Car depuis longtemps, je pense que José Carreras était, parmi "les trois", le plus doué vocalement et musicalement, le plus sensible, le plus élégant et le plus noble dans une catégorie de chanteurs dangereusement exposée au risque des contraires de ces qualités suprêmes.
Je ne sais plus qui a dit drôlement "bête comme un ténor" mais on comprend bien le sens de cette boutade, évoquant à la fois la psychologie fruste des personnages dévolus au ténor dans la typologie des caractères lyriques et le narcissisme naïf d'artistes souvent poussés à accomplir des exploits vocaux faisant d'eux des acrobates du chant.
José Carreras fut un "ténor intelligent".
Dépourvu, parmi "les trois", de la puissance stratosphérique de l'un et du charisme herculéen de l'autre, mais fort de ce qui le plaçait hors concours.
Né en 1946, José Carreras est ici capté quand il a trente ans (plages 1 à 11) et trente-trois ans (plages 12 à 17).
Il y est de bout en bout magnifique.
La voix, le timbre, l'art du chant, la maîtrise, la distinction et la grâce.
Le programme est classique mais pas conventionnel.
Verdi pour commencer, dans cinq airs superbes et superbement chantés issus de : Les Lombards, La Force du destin, Luisa Miller, Un bal masqué et Jérusalem (version française de Les Lombards).
Mercadante, Donizetti, Bellini, Ponchielli pour suivre.
Le tout sous l'excellente direction de Roberto Benzi.
Et puis, pour finir, un bouquet vériste, avec Leoncavallo, Mascagni et Cilea, sous la direction de Jesus Lopez-Cobos.
José Carreras allie constamment la séduction d'une voix captivante et l'emprise d'un chant raffiné.
On connaît la suite, il sera frappé par la maladie et, encore qu'heureusement sauvé, il ne se retrouvera jamais tel qu'il fut et aurait pu rester.
Mais ici, il est.
Admirable et émouvant.
Aussi est-ce avec bonheur mais le cœur serré que l'on se délecte de ce disque.


Greatest Hits
Greatest Hits
Prix : EUR 11,43

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5.0 étoiles sur 5 La musique de Camille Saint-Saëns dans tous ses états et accessible au plus grand nombre., 14 août 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Greatest Hits (CD)
Lundi 14 juillet 2014, la station "radio classique" a rendu hommage au grand chef américain Lorin Maazel disparu la veille, âgé de quatre-vingt quatre ans, et c'est ainsi que j'ai entendu pour la première fois sa direction de la fameuse et non moins géniale Danse macabre de Camille Saint-Saëns.
Une direction enthousiasmante pour sa vivacité, sa clarté, son alacrité et sa verve témoignant d'une compréhension des plus intelligentes de ce poème symphonique dont la séduction et l'inventivité musicales sont rehaussées par l'humour qui le parcourt en filigrane, une pièce trop originale pour être ainsi perçue lors de sa création puisqu'elle fut fustigée par la critique d'alors, un "bel esprit" en ayant dit qu'elle avait "tout en elle sauf la musique"...
Désireuse de retrouver ces six minutes et trente sept secondes de jubilation, je suis allée à la recherche de la Danse macabre dirigée par Lorin Maazel dans notre catalogue et j'ai trouvé ce disque.
Sous le titre un peu déplacé voire risible "greatest hits" de Camille Saint-Saëns..., voici un florilège de quelques unes de ses pièces les plus célèbres, un disque qui pourrait figurer dans un recueil plus large constitué à l'intention des profanes et pourquoi pas des ignares en musique classique, pourvu qu'ils ne désirent pas le rester, car il y aurait une place de choix, mais aussi un disque qui peut faire plaisir à tous les mélomanes ne craignant pas de déclarer leur admiration ou disposés à reconsidérer leurs préventions à l'égard de ce compositeur français.
Outre cette Dans macabre vraiment jubilatoire, nous avons au programme : la Bacchanale de Samson et Dalila, des extraits du Carnaval des animaux, la Marche militaire française extraite de la Suite algérienne, et des pièces de musique plus "sérieuse" (les guillemets s'imposent) telles que : Introduction et rondo capriccioso, "Mon cœur s'ouvre à ta voix" (Samson et Dalila), une pièce pour cor et orchestre, une Romance pour flûte et harpe, le troisième mouvement du célèbre concerto n°2 pour piano et orchestre et le deuxième mouvement de la pareillement célèbre symphonie n°3 "avec orgue".
Tout cela avec une brillante affiche : Eugène Ormandy, Sir Charles Mackerras, André Previn et Leonard Bernstein, sans oublier Lorin Maazel, aux pupitres ; Philippe Entremont, Gaby Casadesus, Régis Pasquier, Yan-Pascal Tortelier, Pinchas Zukerman, Jean-Pierre Rampal, aux instruments, entre autres.
Entre autres, oui ! car c'est Lorin Maazel lui-même qui tient le violon grinçant et le violon sensuel de la Danse macabre faisant virevolter les squelettes et les vivants jusqu'au chant du coq.
Une autre raison d'aimer ce chef et musicien surdoué : il ne cessa jamais d'être le violoniste prodige qu'il fut à son plus jeune âge.
Pour sa Danse macabre et pour tout le reste du programme, ce disque vaut beaucoup mieux que son titre commercial, il nous propose un bel aperçu de la musique de Camille Saint-Saëns dans tous ses états et accessible au plus grand nombre.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (8) | Permalien | Remarque la plus récente : Aug 31, 2014 11:36 PM MEST


Melodies Francaise Vol 3
Melodies Francaise Vol 3
Proposé par FastMedia "Navires De USA"
Prix : EUR 998,55

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 La caresse du chant., 12 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Melodies Francaise Vol 3 (CD)
Jules Massenet fut un mélodiste génial, personne ne le conteste, que l'on aime ou non ce compositeur.
Dans toute ses œuvres lyriques, des plus célèbres aux plus obscures, l'on trouve, ici et là, des joyaux mélodiques, des miniatures aussi exquises que mystérieuses surgissant comme des camées du plus délicat dessin d'un coffret empli de parures fastueuses.
Ici, l'on n'est pas dans un répertoire lyrique mais dans celui de la "mélodie française".
Un répertoire intimiste : un "toi et moi", comme dirait Paul Géraldy.
La poésie des textes et la musique, si belle, sont d'un raffinement et d'un charme sans nom.
Bruno Laplante, baryton québécois, est fort d'une diction parfaite, d'une distinction vocale, d'une beauté et d'une chaleur de timbre qui nous caressent à l'envi.
Il est impeccablement accompagné au piano par sa compatriote Janine Lachance.
Ce disque est une perle fine et rare.
À écouter chaque fois que l'on éprouve le besoin de s'éloigner de ce qui est pesant dans le réel, dans un confort douillet.
À écouter chaque fois que l'on a envie de s'évader du réel et de rêver, transporté dans un plus joli monde.
Ces mélodies ravissantes donnent un aperçu de ce qu'est la caresse du chant.
PS : je parle de ce disque offert par un Ami parce que personne n'en a parlé ici, ce n'est évidemment pas au prix ridicule proposé en ce lieu qu'il faut se le procurer mais on peut sans doute, je l'espère, le trouver ailleurs, encore faut-il savoir qu'il existe.


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