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Cinho512
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La voie virile
La voie virile
par Jack Donovan
Edition : Broché
Prix : EUR 19,00

25 internautes sur 30 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 "L'homme est quelque chose qui doit être surmonté" Nietzsches, 22 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : La voie virile (Broché)
Ici, Ray Donovan, sans pudeur ni pris en compte du dogme "politiquement correct", rappelle les fondements de la civilisation européenne et borne ce qu'il considère comme être un homme, l'homme éternel, se réaliser.
En définissant la nécessite d'un retour aux principes qui ont toujours eu de la valeur, il constate, dénonce et détruit les idéologies mortifères et nihilistes qui sapent les hommes dans les sociétés occidentales.
Ici, l'analyse est profonde et s'appuie sur l'empirisme, la psychologie et l'histoire. Il base à l'instar de Nietzsche ces jugements de valeurs seulement sur la la valeur de l'homme qui se meuve dans le paradigme choisit, et le paradigme occidental moderne pourrait se résumer par la formule de "l'avoir contre l'être".
Je conseille ce livre fortement pour ce qui sont encore englués dans les supposés modernes qui défondent nos sociétés et pour ceux qui veulent approfondir la question.
L'auteur n'est pas pour 'les droits de l’homme, mais pour les droits de l'âme.


Les décombres.
Les décombres.
par Lucien Rebatet
Edition : Broché

5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 La déroute Française vue par un "énergumène", 28 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les décombres. (Broché)
Ici, Rebatet fait la chronique de la proche avant-guerre, soit à partir de juillet 1940, nous dépeins sa mobilisation et son expérience dans la guerre, son expérience dans les bureaux militaires et la vie dans la France libre Vichyssoise jusqu'en mai 1942.
Ce livre possède également des réflexions sur l'Action Française, le Fascisme, notamment Allemand, sur la IIIe République et s'achève par une étude des juifs, des chrétiens et de la France.
Le style est travaillé et rend la lecture très agréable, car Rebatet, si il peut être combattu pour les idées qu'il défend, doit être reconnu comme un écrivain de talent, entériné par le roman "les deux étendards".
Cette chronique est avant tout celle d'une dénonciation, objet qui est sans doute la cause du grand succès de ce livre pendant l'occupation.

Il dénonce avant tout l'Action Française, qui n'est plus dans les années 30 un mouvement révolutionnaire aux aguets et à la volonté forte, mais un mouvement déchu, à l'image du fonctionnement de celui-ci et de ses cadres, Charles Maurras et sa garde rapprochée.
Ici, il ne fustige pas les militants qu'il constate "près à mourir pour leurs idées", ceux qui ont participé à la journée de Février 34.
Il analyse et affirme que cette période de troubles voyait le moment attendu où les idées et la force de ce mouvement était le plus entendu et le plus apte à l'instar de Italie, à prendre le pouvoir, la IIIè. République étant dans une agonie certaine et voyait les démissions se succéder.
L'organisation et le fonctionnement du journal de l'AF est le symbole de cette déchéance dans une quotidienneté mortifère, rebaptisée « Inaction française", et dont la description est à découvrir.
Rebatet ne cache dans ce livre sa préférence au fascisme Hitlérien. Il fustige également la poussée pour la guerre de tous les pro-anglais et juifs et salue le pacifisme de la vielle droite et de visionnaires comme Céline.
Ce pamphlet est également une grosse charge contre certains cadres Républicains bien identifiés.

La guerre est déclarée et Rebatet nous plonge dans cette gabegie après avoir de manière élargie rendu compte des mois qui précédèrent et notamment parfaitement décrit sa mobilisation anarchique.
Des bureaux militaires où il constate la paralysie bureaucratique et le manque d'initiative dans la haute hiérarchie, jusqu'à sa participation à la guerre, ou plutôt sa non-participation, tant l'organisation aura été catastrophique, Rebatet constate une déliquescence systémique.
Il explique cette situation en dénonçant un esprit républicain, médiocre et mesquin, alors que l'armée Française était la plus puissante du monde à la fin de la 1ère guerre. Rebatet reprendrait volontiers cette phrase de Balzac : "Le despotisme fait illégalement de grandes choses, la liberté ne se donne même pas la peine d'en faire légalement des très petites".
Ainsi, à travers la dénonciation du paradigme républicain, on trouve en creux une apologie de l'organisation et de la gouvernance fasciste, ou en tout cas autoritaire.
D'ailleurs, le livre débute par le voyage de Rebatet dans l'Allemagne Hitlérienne où il ne cache pas son enthousiasme pour les gens qu'ils rencontrent, ni pour les cérémonies nazis. Ses goûts sont assumés, elles sont de Mozart et Wagner, mais pas de Mendelssohn ou Bergson.

Après la guerre et la défaite Française, on retrouve Rebatet à Vichy dans la zone libre, accompagné de ses camarades comme Brasillach ou Cousteau, déjà évoqué par l'auteur dans les premiers chapitres.
Cette chronique est également le moyen d'une description de l'auteur des personnages de cette époque. Si il décrit avec tendresse ces camarades de lutte et du journal "Je suis partout", il vilipende les juifs ; Bergson, Heine, Benda, Soutine, Darius Milhaud « ces bêtes malfaisantes, impures, portant sur elles les germes de tous les fléaux » et les politiciens de la Troisième République qu'il désigne comme les responsables de la ruine de la France, d'autres comme Bernanos, dépeint comme un alcoolique ou les vieux de l'AF, rentiers de la contestation.
A Vichy il entre à Radio Vichy, mais dénonce ce qu'il y constate, une majorité de partisans de l'Angleterre et du général de Gaule, et un anti-germanisme sur la radio Vichy au moment où il y travaillait. Cette réalité le pousse à retrouver la zone occupée et à démissionner, retrouver Paris.
Ce qui d'ailleurs porte un intérêt historique conséquent si l'on ajoute à cela l'organisation par Pétain et le général Weygand d'une revanche en Afrique et d'autres faits. L'Histoire, ce n'est pas blanc et noir, surtout dans des périodes de grands troubles et si l'enfer est pavé de cotons, l’efficience est pavé de pierres.

Dans ce livre, Rebatet est volontiers violent et sans-concession, radical dans le sens qu'il veut prendre le problème par la racine, il se nommait d'ailleurs lui même comme un "énergumène", et le dernier chapitre illustre ce trait le mieux.
Ici, il développe sa critique "des juifs", puis celle des chrétien, cette dernière que l'on retrouve dans son grand roman et finalement une critique des républicains et de leur paradigme.
Ce livre possède un intérêt historique certain, sa lecture est très agréable et les réflexions intéressantes.
Il apporte un éclairage important sur la défaite Française, sur l'état politique à cette époque et rend compte de la vision de la droite que l'on nomme "extrême", même si Rebatet reste un personnage singulier et original.
Je ne vais pas donner un avis personnel sur Rebatet, mais je conseille ce livre pour la portée historique qu'il constitue, comme l'avait compris Pauvert dans les années 70 en le rééditant.


666
666
par Pierre Jovanovic
Edition : Broché
Prix : EUR 23,00

40 internautes sur 44 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le complément de 777 et toujours aussi troublant, 2 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : 666 (Broché)
Ici, mr. Jovanovic complète le travail commencé dans 777 et déjà présent dans ces autres livres, car on ne quitte jamais le patronage des anges gardiens.

Grâce à un travail de recherche qui me semble fourni, une connaissance du monde financier reconnue et une exégèse de l'apocalypse de Jean originale, l'auteur établit des parallèles et arrivent à des conclusions lourdes de sens.
Son argumentaire, bien qu'incroyable est vraiment convaincant, vu les troublantes analogies que l'auteur met à jour entre notre système actuel et le texte de Jean, d'aucuns ayant déjà fait des rapports troublants et talentueux entre l'eschatologie monothéiste et notre système comme le cheikh I. Hossein dans son "Jérusalem dans le coran". D'autres pointes une analogie entre une analyse rationnelle et positive et les textes sacrés.
La marque de la bête 666, personne ne pourra acheter ni vendre sans celles-ci.

Je ne vais pas décliner les arguments et les découvertes de Pierre Jovanovic, mais simplement vous conseillez fortement la lecture salutaire de ce livre, comme vous conseillez de lire 777 si vous ne l'avez pas encore fait.
Comme preuve de son côté, Pierre Jovanovic avait annoncé que le pape Benot XVI ne finirai pas son "mandat", car avec son algorithme de déchiffrage il en était arrivé à la prophétie pour ce pape : "je te vomirais de ma bouche".

On peut toujours débattre sur ces conclusions, mais on peut aussi lui faire grâce d'une exégèse passionnante et troublante d'analogie dont leur hasard serait difficile à croire.


Interdit de Rire
Interdit de Rire
par David De Stefano
Edition : Broché
Prix : EUR 14,00

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Ubu Roi, 20 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Interdit de Rire (Broché)
Nos années sont d'un comique absolu, mais il est interdit d'en rire ! Et les deux avocats de Dieudonné le prouve illustration à l'appui, la fameuse "affaire Dieudonné".
Je vous conseille fortement ce livre, pour ce dépuceler de la réalité.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 23, 2014 10:00 PM CET


Une histoire de la littérature française
Une histoire de la littérature française
par Kléber Haedens
Edition : Poche
Prix : EUR 13,40

4.0 étoiles sur 5 Passionant, érudit et sans concession, 18 octobre 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Une histoire de la littérature française (Poche)
Ici, Kleber Heandens, romancier un peu méconnu mais de grand talent, faisant preuve d'une érudition impressionnante, entreprend de nous faire partager son histoire de la littérature française, avec talent et honnêteté, et cette érudition est d'autant plus impressionnante si l'on sait que l'auteur n'avait que la trentaine au moment de son entreprise.
Du Moyen-Age et ses chroniqueurs, ses récits chevaleresques de noblesses, ses poètes et ses troubadours; de Villon, Joinville ou Chrétien de Troyes jusqu'au années 70, qui d'ailleurs clôt magnifiquement cette histoire, vu le peu d'intérêt de sa suite, l'auteur passe en revue les grands auteurs de chaque période et donne son sentiment sur chacun d'eux.
Évidemment ce procédé donne matière à débats, mais personnellement je partage souvent son avis, même si je le trouve dure certaine fois; quand je connais les auteurs ou les œuvres bien sur, car l'érudition de l'auteur, sa connaissance de chaque poète de l'époque moderne, des récits du Moyen-Age, des auteurs du XVIIIe, XIX ou XXe est très large.
Une extrême synthèse : Villon, plus grand poète français, la pléiade immense, le XVIII où la poésie disparait et où Laclos domine, le XIX moins grand qu'on ne le pense, mais où des grands irradient : Balzac ou Baudelaire par exemple et pas Hugo, et le XXe disparate entre Montherlant, Céline, Proust et l'abstraction du nouveau Roman.
Je vous conseille vraiment cette histoire de la littérature Française, qui vous permettra de découvrir des auteurs talentueux, d'être aiguillé par un grand connaisseur de la littérature et de vous forger votre propre gout à la lecture de nos grands auteurs du patrimoine français.


La contre-histoire de Michel Onfray
La contre-histoire de Michel Onfray
par Jonathan Sturel
Edition : Broché
Prix : EUR 18,00

3 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Michel Onfray mourra avec son époque, parce qu'il est médiocre, 9 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : La contre-histoire de Michel Onfray (Broché)
Les médiocres qui flattent une société qui s'abaisse à leur niveau, les chiens de gardes qui tentent de décrédibiliser les intellectuels légitimes ou les aristocrates de la pensée, fautes de réels arguments, attaquent ad hominem, par des omissions conscientes, des mensonges éhontés ou de la rhétorique simpliste qui ne pourra convaincre que les jocrisses et les penseurs déchus qui ne savent plus liés les idées et la réalité.

Ici, la méthode d'un sophiste n'est pas utile vu la rigueur et les théories du philosopheux Michel Onfray, contempteur de la modernité triomphante par ses exégèses sur l'histoire de la philosophie, sur l'Homme et sa condition, la question de la religion, la morale et ses "concepts", qui sont simpliste, schématique et de médiocres justifications du système matérialiste et positiviste moderne. Mr. Onfray, c'est la sagesse égoïstique !
Si Mr. Onfray a eu de bonnes analyses tout au long de son œuvre, pas révolutionnaires bien au contraire, toutes ces conclusions nous conduisent à un hédonisme niais, totalement simpliste et qui nie le péché originel !
ici, je ne parle aux uniques chrétiens, mais prend le péché originel pour le mythe qu'il représente, le mythe, universel et individuel, vraiment humain et éternellement compréhensible, celui d'un sadisme originel ou de la volonté de puissance suivant les visions du monde et les capacités de chacun.

Aucune profondeur intellectuelle transpire du travail du Nietzschéen des bacs à sable (Ce n'est pas une insulte gratuite, Onfray est vraiment très loin de ce qu'il y à de plus intéressant chez Nietzsche, de la subtilité et de la profondeur de sa philosophie, qui est tout sauf un "libéral libertaire"). L'auteur le démontre avec conscience, c'est à dire logique et éthique.
L'on peut achever ce commentaire par la phrase qu'il répète le plus souvent et qui montre l'indigence de la pensée du grand philosophe officiel du système : "faites ce qu'ils vous plait sans gêner autrui"

Merci Onfray, mais que pensez-vous de cette citation de Nietzsche qui dit : "On veut la liberté aussi longtemps qu'on n'a pas la puissance. Mais si on a la puissance, on veut la suprématie".
Cette citation étant juste dans un monde athée et non traditionnel, dans le sens ou dans un monde traditionnel, la puissance suprême est en dieu(x), sans parler des méthodes perdues, et la seule façon de lui prendre cette puissance est de dévier les élites, puis la société, celle d'Onfray, c'est à dire la divinisation de l'homme et du matérialisme, en lieu et place du spirituel. La boucle est bouclée. Évidemment, une société humaine et l'homme est complexe, ces doctrines sont donc que des systèmes à portée générale.
Il est drôle d'avoir lu un essai indigent sur le mal où Onfray charge le marquis de Sade. Mais Baudelaire répondrait , à l'instar de sa réponse à Georges Sand, qu'il vaut mieux le mal qui se sait, que celui qui s'ignore.

Michel Onfray n'est pas un maitre en philosophie, mais un chantre de la décadence du monde moderne. Alors que ce dévoile de plus en plus le véritable visage du système, Onfray, triomphant nous parle de "libéralisme libertaire", qu'il serait également intéressant du développer.
Pour cela, je vous propose de découvrir de véritables auteurs puissants, comme Guy Debord, Francis Cousin, Stuart Ewen, Michel Clouscard etc. des philosophes de l'être contre l'avoir, de la qualité sur la quantité, du spirituel sur la matière, et qui ne choqueront pas trop les cerveaux lobotomisés de la liberté, de l'égalité et de la fraternité ! Sinon découvrez les écrits de Baudelaire, de De Maistre, de Nietzches...
Baudelaire et Balzac face à Hugo et Zola. Onfray lui veut juste être célébré, mais "A vouloir vivre avec son temps, on meurt avec son époque." et des Onfray, il y en a eu de toutes les périodes.
Évidemment ce commentaire est synthétique et nécessiterait un développement encore supérieur.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 4, 2015 11:54 PM CET


Ecrits sur la littérature
Ecrits sur la littérature
par Charles Baudelaire
Edition : Poche

5.0 étoiles sur 5 Le poète est le meilleur des critiques, surtout s'il est un génie, 18 septembre 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Ecrits sur la littérature (Poche)
Dans ce livre, on retrouve tous les articles littéraires de Charles Baudelaire, des plus anecdotiques, même si l'on retrouve une réflexion plu que pertinente dans chaque article, jusqu'au plus intemporel, celle d'une pensée aristocratique.
De tous ces articles au premier abord disparates, il en ressort une vision cohérente et profonde du monde, de l'art, de l'Homme, à rebours des profonds changements dans la société française et européenne.


Fouquet ou le Soleil offusqué
Fouquet ou le Soleil offusqué
par Paul Morand
Edition : Poche
Prix : EUR 6,40

4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 "Les dieux n'aiment pas les gens heureux", 23 août 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Fouquet ou le Soleil offusqué (Poche)
Dans ce court essai-historique, Paul Morand, d'une plume majestueuse, pour renvoyer à la personne de son sujet, nous dresse le portrait de Nicolas Fouquet, surintendant des finances sous Louis XIII, de son apogée, de son système, de sa grandeur et de sa chute.

Si ce grand personnage de l'histoire de France est passionnant en lui-même, il symbolise par sa chute la fin d'un système, d'une époque, d'une civilisation, celle de la fin de la prédominance des rapports humains et le début de la bureaucratie, l’inconstance et la légèreté (comme devrait être l'Homme ?) pour la constance et la rigueur. L'histoire de Fouquet est aussi celle d'un outrage, où le futur roi soleil a expérimenté la majesté naturelle de son ministre, lui qui s'efforce d'être celui qu'il va être ou qu'il mimera avec rigueur et principe.

Si Morand ne fait qu’évoquer la majesté de Fouquet sans nous l'illustrer, ainsi son rapport avec les femmes restent abstraits, son art de la discussion également, les autres personnages de cette époque, de Mazarin, en passant par la reine, Louis XIV ou Colbert, son négatif, sont magnifiquement brossés, chacun prenant corps et sens dans le bouleversement de la prise de pouvoir de Louis XIV.
Dans un premier temps Morand nous narre le périple de la famille Fouquet afin d'expliciter le destin de son héros, dont notamment son frère, personnage singulier et aventurier.
Puis il explicite le système qui a permit à Fouquet de devenir le personnage le plus important du royaume de France, basé sur une appropriation de la richesse royale et une violence sociale.
Si Fouquet règle toujours les dettes, subventionne les artistes, sauve Mazarin de ses turpitudes, son système est d'une grande violence pour le peuple qui souffre grandement de ses montages financiers.
Son temps est grandement troublé par la fronde et la misère qu'elle engendre est accentuée par Fouquet.
Si Fouquet vit dans le faste des œuvres nombreuses des artistes qu'il subventionnent et qu'il découvre, les plus grands de son temps, il est également un grand érudit à la bibliothèque grandement fournie et à l'intelligence certaine.

Dans ce court livre d'histoire Morand nous brosse le portrait d'un Mazarin haut en couleur, traficoteur, avare, veule, mais maitrisant parfaitement l'art de faire des dettes, de se sortir des pires ennuis, grandement aidé par la maitrise de Fouquet. D'après Paul Morand, Mazarin serait juif.
Mais si Mazarin, malgré l'aide précieuse de Fouquet, ne porte pas ce dernier dans son cœur, un autre grand personnage de l'histoire de France porte grief à l'écureuil, la couleuvre Colbert, ces deux personnages étant de totaux contraires.

Si Fouquet brille par sa majesté, celle d'un ancien temps, ou les rapports humains sont aussi prononcés que la grandeur de la noblesse d'épée, Colbert, esprit bureaucratique et gestionnaire, est un bourgeois avant l'heure, mesquin et plutôt laid.
Et les grandes idées de Colbert, celle qui ont fait son prestige à travers le temps, ont été récupérés des projets de Fouquet ! Mais, il ne faut pas se tromper, Colbert reste un géant en comparaison de notre époque actuel, il sera servir l'état du mieux possible, mais sans la grandeur d'un Fouquet, un véritable noble (nobilis: celui qui se fait connaitre), léger et inconstant, profiteur mais consciencieux, d'une stature d'un ancien temps.
Si l'ombre plutôt malveillante de Mazarin et celle haineuse de Colbert sont des dangers certains pour Fouquet, lui d'ailleurs extrêmement bien informé, notamment par ses "amies", le personnage qui fera trépasser le surintendant des finances n'est autre que le roi Louis XIV.

Dans les derniers instants de son apogée, Fouquet sera étrangement extrêmement naïf et ne verra pas le complot s’amorcer, malgré les mises en gardes de ses proches, Paul Morand émettant l'hypothèse d'un secret que Fouquet connaitrait sur Louis XIV et qui, il pensait, le mettait à l'abri des chausse-trappes. Fouquet n'aura d'ailleurs de cesse de réclamer une audience avec le roi pour des raisons obscures.
Son sort en est scellé après la légendaire soirée de Vaux-Le-Vicomte. Fouquet, dans une erreur d'appréciation impardonnable, va organiser la plus faste et la plus grandiose des fêtes, dans un décor tout aussi exceptionnel, celui du plus beau château de France, le château personnel de l'écureuil.
Paul Morand, avec un style inimitable, fleuri et subtil, nous transporte dans cette soirée exceptionnelle et dans ce château somptueux, mais nous fait également vivre cette soirée où le jeune roi, bouillonnant tout au long de ces découvertes explose dans le fiacre du retour, humilié par la majesté qu'il devrait être, qu'il devrait posséder.

Louis XIV est déterminé à destituer Fouquet et Colbert à déjà tout prévu, tout organiser pour ourdir ce complot.
Ainsi, sous des prétextes fallacieux, la machine judiciaire se met en branle et Fouquet, étrangement se fait capturé sans utilisé tous les stratagèmes qui lui été possible d'utiliser afin d'éviter sa fin tragique.
Après la description du procès, entre la médiocrité de certains, le courage des autres, et surtout les prodiges de Fouquet, grand connaisseur du droit, qui de mémoire a produit un plaidoyer grandiose, son sort est scellé et s’achève en tragédie, à l'image de la captivité d'un Edmond Dantés, enfermé dans une cellule pendant des décennies, où un dernier rebondissement ajoute au destin tragique de Fouquet et que je vous laisse découvrir.

Je vous conseille fortement cet essai historique, magnifiquement porté par l'écriture grandiose de Morand, lui même en empathie pour son personnage qui symbolise la grandeur française, celle de la légèreté, du charme et de la grande intelligence française, l'art de la psychologie.
Paul Morand nous narre une période charnière dans l’histoire de France, une rupture, qui peut être plus étalé en réalité, mais réel, entre la vision du monde ancienne et les débuts de la modernité, accouchant notre système moderne.
Le Roi Soleil naquit avec la chute de Fouquet, Versailles au-dessus de Vaux-Le Vicomte, le roi mécène des "classiques", les décors somptueux d'influence antique en héritage du goût de Fouquet.
Le siècle de Louis XIV est le résultat de Fouquet dans sa grandeur, de Colbert dans sa gestion, de la providence dans ses conséquences.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 24, 2014 6:24 PM CET


Les jeunes filles, I : Les Jeunes filles
Les jeunes filles, I : Les Jeunes filles
par Henry de Montherlant
Edition : Poche
Prix : EUR 6,40

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 La psychologie de la "jeune fille", 3 juillet 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Les jeunes filles, I : Les Jeunes filles (Poche)
Ici, on suit les échanges épistolaires de Pierre Costals, un brillant écrivain aux idées bien arrêtés et très réfléchis, avec ces admiratrices et leurs états âmes et qui se recoupe dans leur caractère de "jeune fille". Ce roman est hybride entre ces lettres, qui restent le plus souvent sans réponse de la part de Pierre, de réflexions qui introduisent les situations prochaines et des situations romancés, pour une étude géniale sur "les jeunes filles", leur psychologie, leur volonté, leur nuance, comme une illustration des différences fondamentales entre les hommes et les femmes, dans un style distingué et très travaillé.

Le récit se base sur Pierre et trois filles, Andrée, une "jeune fille" au seuil de perdre son statut, puisqu'elle est dans sa 29ème année, érudit et vaniteuse, seul et laide, intelligente et sans psychologie. Pierre, compatissant à son sort, répond à ses premières lettres. Après un séjour à Paris où Andrée passe une soirée avec Pierre, elle se persuade de l'amour de Pierre à son égard et se nourrit de son refus relatif pour vivre de ses espérances jusqu'au délire. Cette relation est d'une cruauté pour Andrée, par les sentiments de Pierre et le ridicule de ses réflexions, elle ayant si bien étudiée, mais "les mots qui ne sont pas des pensées ne montent pas aux cieux".

L'autre échange se déroule entre Pierre et une certaine Thérèse, jeune fille pieuse, voir mystique, soumise à la tentation, notamment à travers Pierre. Ce cas intéresse grandement Pierre, lui qui, si il est non croyant, s’intéresse grandement à la spiritualité. Cette échange s'achève avec une crise mystico-hystérique de la fille, comme une réponse négative que ferait aisément un Baudelaire.

Ce premier volume peut être lu seul, mais ayant lu tous les volumes, je peux vous assurez que l'idéal serait de les lire d'une traite, tant elle possède une unité certaine.
Ce roman est jonché des réflexions de Costals, chacune passionnante sur la notion de réseau/relation ou sur le mariage entres autres.

Je conseille grandement ce roman, très agréable, intelligent et qui vous poussera sans aucun doute à vouloir vous procurez les autres tomes.
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A rebours
A rebours
par Marc Fumaroli
Edition : Poche
Prix : EUR 8,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 "l'âme malade d'infini dans une société qui ne croit plus qu'aux choses finies" Jules Barbey d'Aurevilly, 22 juin 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : A rebours (Poche)
Ici, on suit la misanthropie d'un certain des Esseintes, cloitré dans un appartement en dehors de Paris, entre ses excentricités, ses réflexions, ses rêveries ou ses expérimentations, pour une réflexion sur l'art ancien et moderne, les pierreries, la botanique, la spiritualité ou la condition humaine, dans une langue riche et belle, prémisse d'un nouveau souffle dans le roman français.

Après une enfance chez les Jésuites, des Esseintes, corps faible d'une famille noble au stade terminal de décomposition, découvre la vie mondaine parisienne, et s'y démarque par une excentricité affichée dans ses accoutrements ou ses fêtes qui prennent forme dans le château familial.
Fatigué de cet environnement qui ne le convient pas, de cette société et de ses codes en inadéquation avec son esprit et sa sensibilité, il décide de disparaitre, vendre son château, vivre de ses rentes dans un appartement, avec ses livres et une volonté de satisfaire ses excentricités esthétiques, de se nourrir exclusivement de son propre soleil allumé de ses nécessités, de se délecter de ses artifices.

Des Esseintes est dans l'apologie de l'artificiel, posture qui répond au pessimisme de rigueur face à la condition humaine, lié à la vision de Schopenhauer, mais également en filigrane, au naturalisme de son temps, froid et sans relief.
Nietzsche ferait un parallèle avec les grecs qu'ils qualifiait de : "superficiel par profondeur".
A cette époque Huysmans est membre du courant naturaliste et ce roman contient une réflexion sur l'art ancien, religieux, mystique, en négatif de son époque.
D'ailleurs ses apologies, Baudelaire, Aurevilly.. ne sont pas dans le réalisme, mais dans la profondeur de l'âme humaine, jusque dans sa transcendance.

Ce roman est celui d'une incapacité à se mouvoir dans son époque. De par ses lectures, ses intuitions forgées, ses connaissances et sa conscience, qui lui font ressentir la grandeur des temps antérieurs, de ses principes, de ses codes et de ses représentations, des Esseintes se rêve une vie à rebours.
Mais si son aventure intérieur, à l'intérieur de cet appartement si singulier est un soulagement à son âme mélancolique, sa dégradation physique et mentale est le prix a payer pour sa vie à l'envers, l'écueil d'une folie.
De ses défaillances à l’ouïe qui se perturbe , Des Esseintes paye le contrecoup de son style de vie visiblement intenable.
Son séjour est également propice à se rappeler ses souvenirs, celui des femmes ou de ses immoralités, pour des récits qui apportent de l'épaisseur à la psychologie de Des Esseintes.

A l'instar d'un Dostoievski et de sa cathédrale "Les frères Karamazov", Huysmans place le pilier de son roman dans ses réflexions sur l’Église.
On sent de la part de Des Esseintes une attirance/répulsion entre sa raison et ses inclinaisons, les preuves scientifiques et la médiocrité scientiste, l'emphase médiévale et le catholicisme libéral.
Le roman s'achève d'ailleurs sur un éloge de l’Église, en comparaison à la société moderne systémique, qui augure la transformation progressive de Huysmans.

L’ambiguïté de la décadence illustré par Huysmans sous le personnage de Des Esseintes se trouve dans ses origines et son existence. Si Des Esseintes, par son comportement, ses activités, ses gouts mortifères peut être considéré comme un décadent, il n'est pas dupe et condamne fortement la Décadence, celle de la société moderne. Ainsi sa décadence est d'une autre nature que celle qui est habituellement admise.

Et je pense que la clé de son ambiguïté se trouve dans le passage sur le sadisme. Des Esseintes et Huysmans en miroir, analyse clairement le sadisme comme intrinsèquement lié au christianisme, une rébellion, un sacrilège qui n'a de sens seulement comme défiance, comme défi. Ainsi, Des Esseintes dans son rapport attirance/répulsion avec l’Église et la religion oscille entre un respect pour celle-ci et un nihilisme ou un pessimisme qui l'attire par désespoir vers cette rébellion, que l'on retrouve dans le chapitre VI et qu'il le pousse à abandonner sa volonté.

De plus, son élitisme, sa conscience et son érudition lui rend enclin à se mouvoir dans la posture décadente, un dépassement à la fois du romantisme et du naturalisme, dicté par les temps de plus en plus désuni, de plus en plus pesant.
Moi, je vois ainsi l'opposition fratricide entre le pessimisme de son siècle et la panacée de l’Église qui se joue en Des Esseintes, entre ses tableaux mortifères et ses plantes vénéneuses d'un côté et sa bibliothèque théologique très fournie, qu'il connait par cœur, comme la fracture existentielle principale qui touche Des Esseintes.

L'autre aspect qui caractérise le roman est son symbolisme, à la suite et à l'avant d'autres œuvres qui s'inscrivent dans ceux qu'on appelle, logiquement, le roman symbolique.
Ainsi, malgré la réfutation de Huysmans d'une utilisation de symboles notamment dans le choix de l’émeraude, l'on peut se demander si il nous raconte pas des salades, s'il veut pas nous faire avaler des vertes et des pas mûres, ce pervers.

Si ce roman apporte une réflexion passionnante sur des sujets aussi vaste que l'art, la transcendance ou le dilemme entre le positivisme et le romantisme, il est également considéré pour le formidable style de Huysmans.
Lui qui montre son immense talent de critique dans ce roman, à travers les analyses du style de ses contemporains ou de ceux qui l'ont précédés, écrit d'une langue noble, maniant l'adjectif précis avec grand talent, mais rend également la compréhension complexe tant la langue est riche. Certains pourront parler d'afféteries, mais l'on ne pourra nier la beauté du style et de la langue, qui fait coulé le récit avec une grâce produit de sueur, donc à ne pas confondre avec un style "coulant".
Je ne me lancerai pas dans la caractérisation du style à la Huysmans, d’adjectifs d'initiés, me sentant que très peu capable de cet exploit.

Je conseille fortement ce roman, qui a ouvert de nouvelles perspectives au naturalisme désincarné de son temps, mais qui apporte également une brillante réflexion sur la société moderne, l'art ou le pessimisme, tout ceci dans une langue grandiose.
Ce roman doit vraiment être une porte à l’œuvre de Huysmans où les sujets chères à celui-ci sont plus développés dans les romans suivants. De plus, ce roman donne également envie de découvrir les œuvres appréciés et si bien explicités par Des Esseintes.
On comprend aisément que Des Esseintes porte les convictions et les avis de Huysmans, d'une société moderne mortifère, matérialiste, mercantile et américanisé, en 1884, que dirait il en 2014.


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