undrgrnd Cliquez ici Baby ValentinB nav-sa-clothing-shoes nav-sa-clothing-shoes Cloud Drive Photos cliquez_ici nav_HPTV Acheter Fire Achetez Kindle Paperwhite cliquez_ici Cliquez ici Jeux Vidéo Montres soldes Bijoux Soldes
Profil de Jacques BENOIT > Commentaires

Fiche d'identité

Contenu rédigé par Jacques BENOIT
Classement des meilleurs critiques: 15.975
Votes utiles : 353

Chez vous : découvrez nos services personnalisés en pages d'aide !

Commentaires écrits par
Jacques BENOIT (Paris FRANCE)

Afficher :  
Page : 1 | 2 | 3
pixel
Currency of man - Édition Deluxe
Currency of man - Édition Deluxe
Proposé par MEDIAXSUK
Prix : EUR 14,13

5.0 étoiles sur 5 Le chef-d'œuvre de Gardot, 31 juillet 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Currency of man - Édition Deluxe (CD)
Rien d'autre à dire mais comme Amazon exige au moins 16 mots alors on répète : le chef-d'œuvre de Gardot.

Et on étoffe le bégaiement : un chef-d'œuvre d'album (compositions, groove, rythmiques, cordes, ambiances, voix, production -sur ce dernier point, merci Larry Klein).

Et "Once I was Loved" est probablement le plus beau morceau écrit et enregistré par Gardot.


The Other Side Of Desire
The Other Side Of Desire
Prix : EUR 18,99

10 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le séduisant nouveau côté de Rickie Lee Jones, 31 juillet 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Other Side Of Desire (CD)
Six ans après l'excellent "Balm in Gilead", RLJ nous revient en forme, et même en très grande forme selon certains des morceaux qui composent cet autre côté du désir, et qui font de cette nouvelle sortie un disque aussi réussi et attachant que "Balm in Gilead".

On sait les difficultés qu'a rencontrées Jones pour produire cette nouvelle collection de morceaux, devant organiser quasiment une quête "à vot' bon cœur" envers ses fans (heureusement encore fort nombreux) via son site et la configuration Pledge Music, afin de collecter les fonds nécessaires -elle remercie du reste tous ceux qui ont contribué ainsi à la naissance de ce disque sur sa pochette... Au passage, honte à cette triste époque où des artistes de cette envergure, qui après avoir sorti tant de chefs-œuvre ayant marqué le terrain du Song Writing et de la musique d'auteur -et enrichi leurs labels pendant des années-, sont obligés de s'adresser au public pour se financer, puisque désormais sans contrats et sans maisons de disque!... Nous payons là les mœurs complaisantes de cette société décérébrée, futile, hédoniste et laxiste du (soit-disant) tout gratuit, encouragées par les plateformes-requins de streaming, qui exploitent les auteurs en leur reversant des royalties proches du zéro absolu pendant qu'elles s'en mettent plein les poches, avec "on top of the cake" l'irresponsabilité égoïste de tous ceux qui passent leur vie à se servir en piratant sans vergogne les œuvres des artistes, indifférents aux conséquences de leurs actes. Et le résultat est là. Une industrie du disque exsangue qui n'a plus d'autres choix que de miser exclusivement sur les gros vendeurs, faute de "gras" pour investir sur les débutants ou soutenir ceux dont la longévité a érodé les ventes au fil des décennies. C'est le système que nous avons créé et laissé s'installer. Goodbye Rickie Lee Jones et consorts, place au plastique et au "disposable", à la vulgarité et la vacuité des Lady Gaga et autres clones de l'outrance experts en marketing qui, à défaut de talent et de sincérité, montrent leurs fesses et portent des robes en steak pour se faire remarquer, et parviendraient presque à faire passer Madonna comparativement pour une immense auteure et une sublime chanteuse... Brave New World.

RLJ, sans label donc (excepté celui qu'elle a été obligée de s'auto-créer -et qui porte le nom de ce présent disque), a quitté la côte ouest et émigré à New Orleans. Résultat: "The Other Side of Desire".
Un disque abouti et le plus homogène depuis sa grande époque.
Plus cohérent et ramassé que "The Evening of my Best Day" (auquel le phrasé général, le son de la voix et certaines compositions lentes peuvent parfois faire penser), il contient de surcroît quelques morceaux qui ne dépareilleraient pas face à ceux des quatre/cinq premiers albums. Exubérance, flamboyance et sophistication des orchestrations en moins, bien entendu, puisque d'une part les heures de studio et les musiciens coûtent cher et que RLJ, on l'aura compris, n'a plus vraiment les moyens, et d'autre part, oui, la vie a passé, et l'artiste Rickie Lee Jones d'aujourd'hui a évolué par rapport à la Rebelle Loner Jones en mitaines soyeuses des années 80 (souvenons-nous de son détour rugueux punk-grunge de "Sermon on Exposition Boulevard" en 2007, marqueur des pages définitivement tournées de la grande époque), et par conséquent il est plus que probable que ce son plus dépouillé et brut de décoffrage corresponde à ce qu'elle entend faire passer d'elle-même aujourd'hui.

Question meilleures pistes, on pense bien sûr à "Jimmy Choos" qui ouvre le disque, mais surtout à l'étonnant et superbe "Infinity", puis à "Blinded by the Hunt", et enfin dans une moindre mesure "Haunted" et enfin à "Feet on the Ground" (ce dernier rappelant dans ses premiers accords le "Skeleton" de "Pirates", pour bifurquer ensuite vers autre chose de plus "chorale" -une construction-marque de fabrique de RLJ, avec ses compositions-spirales et multi dimensionnelles)

La seule (petite) faiblesse qu'on peut reprocher à ce successeur de "Balm in Gilead" est d'approfondir un peu trop le son "Cajun-Bluesy-Blue Grass" inauguré avec "Balm" et Ben Harper (personnellement je ne suis pas fan des mollesses un peu paresseuses et un peu trop "live" des orchestrations et du chant sur ces morceaux, j'ai toujours préféré la RLJ sophistiquée à son pendant "roots", mais c'est juste une question de goût, et les morceaux concernés sont quand même du travail respectable).

Et, bien sûr, la voix de RLJ n'est d'évidence plus aussi pure, souple, soyeuse, écorchée, feulante et vibrante que celle qui sublimait les compositions de "Rickie Lee Jones", "Pirates", "The Magazine", "Girl at her Volcano" et "Flying Cow-Boys" (les grands indispensables de RLJ).
Mais, bonne nouvelle, dans certaines compositions de ce "Desire", on retrouve par moments, certes brefs, cette voix dans les aigus, aux accents mouillés et onctueux qui ont tant contribué à la notoriété vocale de Jones (et cela faisait un paquet de disques que cela n'était plus arrivé).

Et rien que pour ces ponctuations fugitives, et pour l'excellence des quelques compositions citées plus haut, "The Other Side of Desire" est indéniablement du grand RLJ,
-et un must.


Mutineers
Mutineers
Proposé par dodax-online-fr
Prix : EUR 12,02

5.0 étoiles sur 5 Après "White Ladder", l'autre chef-d'œuvre de David Gray, 17 juin 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mutineers (CD)
Incroyable qu'il n'y ait aucun commentaire client existant sur le dernier disque en date de David Gray!!!

Car "Mutineers" est simplement le meilleur disque de Gray depuis "White Ladder" (c'est dire le niveau), et un des meilleurs disques tout court sortis ces dernières années.

Pour ceux parmi mes compatriotes qui connaissent peu l'œuvre de David Gray, l'Anglais de Manchester est un artiste rare, pas frimeur, pas showbiz, pas à la ramasse, juste un type ordinaire (au premier abord) mais avec un talent extraordinaire et une sensibilité unique. Voix, compositions (Monsieur est auteur-compositeur hé oui ça existe encore), interprétation, tout est exceptionnel chez ce type.

Après trois disques pré-2000 passés à la trappe ("A Century Ends", "Flesh" et "Sell, Sell, Sell", tous trois pourtant déjà très brillants -mention à "Century" avec le morceau "Gathering Dust", à tomber), et devant le manque total de succès que ces trois premières parutions avaient rencontré, Gray avait failli raccrocher les gants. Et c'est pratiquement sans label, et auto'produit "à la maison" genre baroud d'honneur qu'il fit paraître "White Ladder" en 2000.

On connaît la suite : un triomphe planétaire.

Vous ne connaissez pas? Vite, un clic sur Amazon, si vous devez acheter autre chose que "Mutineers", au moins ruez-vous sur "White Ladder"!

Tous les Gray sont uniques et superbes de toutes façons, le moins "bon" étant "A New Day At Midnight", mais juste après "White Ladder", c'était pure gageure et mission impossible d'accoucher de quelque chose de la même eau.

Depuis, Gray a sorti régulièrement quelques perles (en France, encore et toujours, dans l'indifférence à peu près générale, comme d'hab dans ce pays) -et aujourd'hui, "Mutineers".

Mis à part que le disque est excellent (le mot est faible), et que son homogénéité le situe un tout petit cran au dessus des quelques deux/trois disques précédents (chacun d'entre eux, néanmoins, recelait évidemment son propre lot de morceaux sublimes, cela va sans dire), "Mutineers" se singularise par trois ou quatre pistes qui le hissent VRAIMENT au niveau de "White Ladder".

J'arrêterai là le laïus en conseillant, pour appuyer mon propos, simplement d'écouter "Snow in Vegas", "Birds Of The High Arctic" et "Gulls".

Si après "High Arctic" vous ne ressortez pas de l'expérience (à écouter/voir sur YouTube, le morceau live chez Letterman) les tripes retournées, c'est que David Gray n'est pas pour vous.
Tant mieux, y en aura plus pour les autres.


Vengeance en Prada
Vengeance en Prada
par Lauren Weisberger
Edition : Broché
Prix : EUR 19,90

18 internautes sur 18 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Escroquerie en imitation Prada. À fuir!, 2 septembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Vengeance en Prada (Broché)
J'avais eu vent du pire au moment de la sortie du bouquin, au niveau des critiques.

La réalité se situe au delà du pire.

Non seulement ce livre est fastidieux à lire, étiré et vide au possible, mais l'avoir présenté comme suite de l'original "Le Diable..." relève purement et simplement de l'escroquerie intellectuelle et marchande.

Vous aviez adoré "Le Diable" pour tout ce qui en faisait le sel, les rapports Andy/Miranda, la peinture au vitriol du milieu de la mode à travers "Runway" et l'humour au scalpel sur son arrogance, sa futilité et sa cruauté, l'authenticité des sentiments animant l'héroïne vis à vis de son entourage amoureux et professionnel? Les péripéties? Les coups de théâtre? La trépidation de New York?
Passez votre chemin, rien de tout ceci ne figure dans ce pavé indigeste, qui aurait dû s'intituler, si auteur et maison d'édition avaient eu un sou d'intégrité, " Andy Au Pays Des Couches".

Car il ne s'agit que de ça. La maternité et les états d'âme d'Andrea, précédée d'amours qui n'intéressent personne, et ses émois dans les Mums' Parties où ces dames échangent leurs gloussements sur le dernier caca ou le dernier vomi du bout de chou nouveau-né.

Miranda? Évoquée dans les premières pages (il s'agissait tout de même pour Lauren Weisberger d'apâter le chaland qui feuillette le livre avant de l'acheter -suprême malhonnêteté), notre diablesse ne se pointe physiquement qu'au delà de la deux-centième page (!), épisodiquement, et pas une seconde on ne croit à ce qui se passe alors et aux nouveaux rapports régissant le trio Andy/Miranda/Emily... Ah oui, parce que Emily et Andy sont devenues un binôme de meilleures copines dans ce nouvel opus... L'invraisemblance alourdie d'une bonne couche de platitude tout au long de cet insupportable pensum!... Et encore, on vous fera grâce du "plot", du "pitch", des retournements de situation (à pleurer), bref tout ceci est d'un ennui mortel et ne présente strictement aucun intérêt. Ce grand rien s'achève sur une fin qui n'en est pas une, et malheureusement pour Weisberger, on s'en fout, on est juste soulagé de refermer définitivement le livre, en pestant contre soi-même pour s'être fait piéger par ce monumental foutage de gueule marketing.

La vengeance du lecteur, peu importe cette fois son déguisement en Gucci, Prada ou Guerisol, sera de refuser de mordre à l'hameçon lors des prochaines suites, qui, si l'on doit s'en référer à cette catastrophe littéraire (terme flatteur pour l'objet), nous en apprendront vraisemblablement plus sur "La Vengeance De La machine À Laver", ou "Andy A Perdu Sa Gaine Amincissante" que sur Miranda Priestly.

Remboursez!!

PS: le livre paru en 2009 n'a pas accouché du moindre pendant cinématographique, malgré le succès planétaire de la version filmée d'origine Streep/Hathaway, qui au pays du dollar-roi, était pourtant génétiquement programmé en tant que succès planétaire pour donner des N°2, N°3 et plus si affinités...

Rien que ça aurait dû nous mettre la puce à l'oreille

Bah, peut-être un jour un soap, pour des chaines thématiques spécial accouchement ou layette?

Sans moi, en tout cas.


Grand Canyon
Grand Canyon
Proposé par thebookcommunity_fr
Prix : EUR 11,27

5.0 étoiles sur 5 Grand Canyon et Grande B.O, 5 octobre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Grand Canyon (CD)
Une bande-son extraordinaire pour un film qui l'était moins -bien que non dénué de charme, et de sens avec ce constat sans concessions de la société californienne du début des années 90.

James Newton Howard gagnait ses galons de compositeur à succès à Hollywood pour les B.Os du cinéma américain d'alors, loin très loin de ses premiers enregistrements comme session side piano man (notamment au cœur de la formation créée par Elton John avec l'album "Rock of the Westies" fin 70, où Newton Howard fit ses classes dans le domaine de la pop "glamour" et médiatisée, apprennant à frayer avec ceux que l'on appelait alors les "requins de studio").

Ruez-vous sur ce disque, les atmosphères créées par Newton-Howard sont à couper le souffle et très implicantes, au niveau des émotions.
L'intro en crescendo du "Main Title" est sublime (avec ensuite ses multiples déclinaisons, dont le génial "Otis Runs", et nombre de pistes sur cet album valent le détour).
Dont "Searching for A Heart" du regretté Warren Zevon.

Beaucoup plus que de la musique au kilomètre pour film ricain de base. Une réussite.


Laid
Laid
Prix : EUR 9,10

5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Their Name Is James and j'aime James, 23 janvier 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Laid (CD)
Excellentissime disque.

James -comme l'indique le commentateur précédent M. Fosseprez (avec qui on ne peut être que d'accord en tous points)-, a accouché d'une cohorte d'albums brillants, tous plus ou moins inconnus au bataillon en France (???).

"Laid" constitue un des disque-phare du groupe (avec "Seven"), et même si personnellement j'ai une (toute) petite préférence subjective pour "Millionaires" ou "Pleased to Meet You", celui-ci captive vraiment par ses nombreuses références musicales et les palettes d'atmosphères qu'il explore.

On pense évidemment à U2 période Eno, catégorie "The Unforgettable Fire" (normal, Eno est ici aux manettes), mais aussi à Patti Smith dans le sublime morceau "Sometimes", avec ces phrasés déclamatoires et la sécheresse nerveuse des arrangements et du jeu de guitare ; et même, par moments (et notamment avec "Knuckle Too Far"), aux Silencers, autre groupe -certes de moindre envergure- tout aussi british et assez vite tombé dans l'oubli.

Cela ne veut pas dire que James emprunte ou copie, loin de là : écoutez et vous constaterez que talent dans la composition et originalité sont là, tout au long de la dizaine d'albums qu'a produit James.
Et Tim Booth, la voix mâle du groupe, est assez charismatique pour se passer de toute comparaison...
Même si par moments son interprétation ambigüe (avec cette voix souple où parfois puissance et fragilité se combinent pour déboucher sur des accents presque aigus), évoque fugitivement le Michael Stipe de REM, autre figure à part du pop-rock alternatif philosophico-mystique avec qui Booth fit plus que sympathiser à une époque, puisqu'ils partagèrent une love affair aussi torride qu'éphémère.

En conclusion, tous les James sont bons à prendre, mais si vous désirez un aperçu autre qu'un album dans sa durée pour "voir de quoi ça a l'air", ruez-vous sur deux pistes: "Getting Away With It" (dans l'album " Pleased to Meet You"), et "We're Going To Miss You" de l'album "Millionaires").

Après écoute de ces deux joyaux, si vous n'êtes pas devenus des mordus de James, n'insistez pas, votre cas est probablement désespéré.


Can'T Go Back - Special Edition
Can'T Go Back - Special Edition
Prix : EUR 16,05

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Classe- Pudeur-Émotion-Anti.frime-Musique(superbe), en un mot : Tikaram, 4 septembre 2012
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Can'T Go Back - Special Edition (CD)
Un nouvel album de Tanita Tikaram est a priori toujours une excellente nouvelle.

Et la découverte d'une nouvelle livraison apporte rarement la déception.

Il en fut ainsi pour pratiquement tous les prédécesseurs de ce "Can't Go Back", avec en point culminant l'indépassable (jusqu'à présent) "The Cappuccino Songs", et avec une (toute petite) baisse de régime avec le "Sentimental" de 2005.

L'excellence de cette auteur-compositeur très injustement méconnue, à la voix si profonde, unique et (sur)prenante, et aux compositions si personnelles et si attachantes, se démontre aujourd'hui une fois de plus avec cette nouvelle sortie.

Plus "brut" de son et de production que "Sentimental" (notamment avec l'intro "All Things To You", déconcertante à première écoute en morceau d'ouverture), mais tout aussi décontracté et en même temps sophistiqué dans ses compositions que les autres disques de la Dame, "Can't Go back" séduira forcément tous ceux qui aiment Tikaram d'une part, et espérons-le ceux qui la connaissent peu. À recommander donc.

Une mention spéciale pour l'instant (les écoutes sont encore fraiches) à trois ou quatre pistes, qui sont "Make the day", "Science", "Can't Go back", et "Keep it Real", qui est instantanément "du" Tikaram "at her best", donc un joyau -ce n'est pourtant pas le single du disque ("Dust On My Shoes" lui a été préféré -?-).

Bien entendu, la galette mérite cinq étoiles en elle-même, tant le talent, la sincérité, l'émotion et la qualité de la musique sont là (comme d'hab avec T.Tikaram!), mais comme on n'a pu mettre que cinq étoiles à "The Cappuccino Songs", et que "Can't Go Back" bien qu'excellent ne peut pas rivaliser, cette dernière sortie ne pourra en avoir que quatre... Mais bon, le disque mérite les cinq, on l'aura compris...

Le CD dans cette version est agrémenté de versions acoustiques (ou avec orchestration a minima) de morceaux anciens appartenant au répertoire de notre british/malaysienne/fidjienne/indienne, pas forcément indispensables si l'on n'est pas un "mordu", mais en étant un, I Can't -and won't- Go Back to a lesser CD version...


Prometheus [Combo Blu-ray + DVD + Copie digitale]
Prometheus [Combo Blu-ray + DVD + Copie digitale]
DVD ~ Noomi Rapace
Proposé par DVDMAX
Prix : EUR 15,99

42 internautes sur 77 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Qu'est-ce qui vous a pris, Mister Scott?, 5 juin 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Prometheus [Combo Blu-ray + DVD + Copie digitale] (Blu-ray)
"Alien", sorti en 1979, est un mythe.

"Prometheus" tente de renouveler aujourd'hui le coup de maître de Ridley Scott d'il y a trente-trois ans. C'est amplement râté.

Trop d'attentes vis à vis d'une barre placée trop haut dans l'esprit du fan, quoi qu'aurait pu faire Scott? Toujours est-il qu'on sort de la projection d'un des films les plus attendus de l'histoire du cinéma (par les fans de la saga "Alien", en tout cas) incrédule et imbibé de sentiments contradictoires, reflétant finalement ce qu'est cette prequel de "Alien" (car c'en est bien une): un vaste -et parfois magnifique- bordel.

Bien sûr, on est à mille lieues de la catastrophique clôture (définitive?) du cycle "Alien", à savoir le 4ème opus "Alien Resurrection" commis par Jean-Pierre Jeunet, un épisode embarrassant pour la série tant cette "Resurrection" s'était révélée grotesque dans ses choix scénaristiques, avec cette Reine ovipare finissant enceinte comme une loutre et accouchant d'un alien géant jaune pisseux à yeux de caniche et langue de tamanoir qui léchait Ripley comme si elle était un cornexqui à la fraise -une séquence qui remporte haut la main l'oscar du ridicule, toutes catégories confondues. Sans oublier la distribution, outrancière et tape-à-l'œil (Pinon et Perlman, vraiment too much). Une suite et fin qui a vite fait pshitt, surtout dès qu'on la compare aux volets 2 et 3 de Cameron et Fincher, "Aliens" et "Alien 3", des sequels ayant chacune à sa manière su renouveler le genre brillament, avec une efficacité concise et redoutable, tout en ayant eu l'humilité et l'intelligence de respecter ses codes et ses passages obligés.

Sur ce point, "Prometheus" respecte effectivement le cahier des charges établi par l'auteur de "Alien. Le Huitième Passager", mais d'une façon scolaire : Scott semble avoir rempli des cases, listé les objectifs style "À faire aujourd'hui" en prenant soin de tout cocher ; par exemple:
- vaisseau spatial versus planète vénéneuse -à la fois personnages à part entière et centres de la dramaturgie,
- robot humanoïde plus ou moins amical ou traître,
- bestioles terrifiantes et répugnantes, éléments culturels "alien" déconcertants, barbares et sauvages,
- casques explosés par la bébête de service avec dommages attendus s'ensuivant,
- héroïne à poigne mais dénudée quand il le faut, symbolique sexuelle à tous les étages, etc...
Mais ces pivots scénaristiques, jalons qui servaient d'ossature aux œuvres de Cameron et Fincher en légitimant leur filiation, tombent à plat dans "Prometheus" en le rendant simplement prévisible, et par moment presque rasoir.
Et ces "repères" ont bien du mal à masquer l'incohérence (abyssale) du scénario, ses complaisances et ses invraisemblances.

Scott, ratissant trop large, semble s'être perdu dans un labyrinthe d'intentions, tant au niveau de l'écriture basique de son film que des choix narratifs et visuels. Choix dont il serait seul responsable, d'après Damon Lindelof, co-scénariste avec Jon Spaihts du film, lassé de s'entendre reprocher le salmigondis qu'on voit à l'écran.

Mais au delà de l'incohérence et de l'opacité de l'histoire proprement dite, "Prometheus" souffre d'un handicap majeur qui est la sensation de déjà vu.
Et sur ce point, si nombre d'éléments clefs du film peuvent être considérés avec indulgence comme des hommages, des citations ou des clins d'œil, certains laissent tout de même un sérieux sentiment de malaise car ils confinent carrément au plagiat.

Côté positif, dans la catégorie des hommages et de leurs signifiants, "Prometheus" s'apparente à "2001. L'Odyssée de l'Espace", avec son plan d'ouverture volontairement identique à une lune et un soleil prés à celui du film de Kubrick ; mais aussi par son thème majeur : le mythe de la création de l'humanité par une entité supérieure. Mais là où Kubrick laissait planer un mystère métaphysique sur l'identité de cette dernière, rendant ainsi son œuvre aussi profonde qu'intemporelle, le film de Scott échoue largement à se tenir au niveau de sa promesse de fond, plombé par la banalité et la faiblesse de son propos narratif.
De la même façon, la symétrie entre le Eldon Tyrell de "Blade Runner" et le Peter Weyland de "Prometheus" ne peut être un hasard -deux victimes de leur propres créations, ou pour le moins de la science et des appétits mégalomaniaques qu'elle a fait naître en eux ; résurgence d'un des thèmes de prédilection chez Scott (les actes et leurs conséquences, personnages rattrapés par un destin dont ils ont été les architectes dès l'origine), rappelant qu'il est un peu plus qu'un simple cinéaste "visuel" obsédé par l'esthétique au détriment du fond.

Mais là où les choses se corsent, c'est lorsque Scott donne le sentiment d'avoir carrément fait son marché ailleurs. Difficilement pardonnable pour un cinéaste qui a créé entre 79 et 82, de toutes pièces et sans précédents, deux univers de science-fiction (et non d'anticipation, comme l'avait fait Kubrick avec "2001") totalement géniaux, totalement novateurs et originaux, totalement crédibles tant au niveau de la forme que du fond, deux absolus chef-d'œuvres qui n'ont jamais été égalés depuis: "Alien" et "Blade Runner".
Hélas, c'est un fait, "Prometheus" pille allègrement d'autres films.

En premier lieu et d'une façon criante, les trames conceptuelles et visuelles du "Mission to Mars" de Brian de Palma (autre plantage calamiteux, sorti en 2000).
On citera dans l'ordre :
- l'origine "extra-terrestre" de l'Humanité,
- l'époux de l'héroïne qui, se sachant perdu, se sacrifie pour que la mission puisse continuer
- le temple-laboratoire, montagne gigantesque, inqiétante, isolée et dominant la plaine, révélant un visage à la Brancusi dans "Mission", devenu montagne-buste et visage à moitié affaissé dans "Prometheus" qui va accoucher du vaisseau organique entrevu dans "Alien"
- les tempêtes de sable et de pierres, certes d'origine différente dans "Mission" et "Prometheus", mais qui frappent à l'identique les héros et les deux structures
- enfin le ballet des planètes et étoiles en modèle géant holographique virtuel, simulation féérique accompagnant l'explication des origines de l'Humanité dans les deux films.

C'est beaucoup.
Mais ça ne s'arrête pas là.

"The Thing" de John Carpenter (1982) est aussi mis à contribution : le célèbre FaceHugger semble ici avoir été faire un tour sur le plateau de Carpenter pour faire un raccord maquillage et devenir cette chose caoutchouteuse, monumentale et tentaculaire, qui hésite entre les bestioles à pattes et tentacules de Carpenter et la pieuvre géante de "Vingt-Mille Lieues sous les Mers".
À "Independance Day", Scott emprunte l'idée des scaphandres morphologiques, et là où Emmerich affublait ses envahisseurs de scaphandres organiques, sortes d'exoskins géantes à tentacules dorsales fouettant l'air, Scott nous la joue scaphandres en forme de squelette.
Et le réalisateur commet ainsi l'un des choix scénaristiques les plus désatreux de son film (et, partant, pour toute la mythologie Alien).
Car il verrouille les futures suites de "Prometheus" (déjà à l'étude!) de la même façon que Cameron avait verrouillé les pas de ses successeurs Fincher et Jeunet avec l'idée de la Reine pondeuse.

Pour mémoire, "Aliens" avait opté pour une explication de l'origine des bébêtes assez sage et plate : sur le mode de la ruche ou de la fourmillière, les œufs étaient pondus par une Reine géante.
Cameron s'était ainsi volontairement démarqué de la genèse des bestioles proposée par Scott dans le "Huitième Passager", une scène tournée mais coupée au montage et figurant sur le director's cut du film.
Scène qui révélait que c'était la matière organique du corps même des humains kidnappés par le monstre qui servaient de matériau pour les œufs : moment terrifiant, nauséeux, où Dallas/Tom Skerritt suppliait Ripley de l'achever pour abréger ses souffrances, tandis que sa chair vivante, dissoute et reprogrammée en matériel génétique "alien" par la bave moléculaire du monstre, aboutissait à la formation d'un œuf. Nous étions ainsi tous des Aliens, donnant naissance à des Aliens... Concept vertigineux.
Cameron avait bifurqué, en abandonnant cette idée révolutionnaire pour imposer la solution d'une Reine pondeuse.
Déception de fond par rapport au scénario du "Huitième Passager" de O'Bannon et Sushett, mais effet magistral dans sa forme, tout de même -"Aliens" ayant donné lieu à ce face à face d'anthologie entre la Reine et Ripley, scène de combat inoubliable faisant partie du best of de la série.

En nous révèlant qui était le Pilote de l'Espace, Scott d'une certaine façon s'affranchit lui aussi des fondamentaux de son "Alien" d'origine.
En effet, le gigantesque cadavre biomécanique ossifié, mystérieux Pilote de l'Espace au crâne éléphantesque se terminant par une trompe elle-même reliée à sa cage thoracique (cette dernière supposément explosée par un FaceHugger), pointant son téléscope-phallus vers l'espace, n'était en fait qu'un "exosquelette", un "scaphandre organique", utilisé par les fameux Ingénieurs...

Problème: ces Ingénieurs font figure de portions congrues par rapport à la taille du scaphandre de "Alien".
Solution: Ridley Scott nous offre une version retrécie au lavage de son nouveau Space Jockey : celui de "Prometheus" ne mesure plus qu'à peine la moitié au garrot de l'original cloué sur son siège si on le compare à la taille des humains qui se baladaient autour dans "Alien. Le Huitième Passager"... Et voilà, le tour est joué! Sinon, imaginez l'embarras, un Ingénieur se coulant dans le "vrai" exosquelette de "Alien" aurait équivalu à un nain enfilant les fringues d'un géant... Gênant.

Perdant ainsi en majesté et en mystère, ce Pilote fait donc banalement partie de la race des Ingénieurs entrevue au début de "Prometheus".
Ah! Tout ça pour ça... Car si l'idée même de la Reine dans "Aliens" avait déçu, mais avait séduit par la démesure, la perfection et l'originalité de la forme que lui avait donné Cameron, que dire ici de ces réchappés de Comics, culturistes albinos à la peau grisouille, aux prunelles en boutons de culotte et aux paupières fardées de rose, tel des Ziggy Stardust bobybuildés?

On pense à de l'image de synthèse, ce n'en est pas paraît-il (en tout cas, pas dans les premiers plans du film, ou l'Ingénieur "donnant naissance à la vie sur Terre" est réél, joué par un "vrai" acteur et nous assure-t-on, c'est une performance au niveau des prothèses et du maquillage), mais le hic est que la performance ne se voit pas.
Scott ne fait que décevoir avec cette proposition de géants passés par la gonflette, façon Marvel Men blanchâtres aux tablettes de chocolat dignes d'un culturiste sur Venice.
Bien sûr, comme le réalisateur anglais n'est pas manchot, ces personnages ont tout de même même un minimum de gueule.
Un minimum.
Et c'est bien là le problème.
Au niveau de la créativité pure, la comparaison avec les créatures de la saga "Alien" dans leurs concepts et formes (œufs, FaceHugger, ChestBurster, Pilote de l'Espace, Alien adulte, etc) est fatale pour "Prometheus". Oubliées les fantasmagories géniales de Giger, il nous faudra nous contenter de ces mini-géants que l'on a le sentiment d'avoir déjà mille fois vu ailleurs, êtres antropomorphes à peu près aussi originaux que des musclors sortis de leurs boîtes-cadeau bonux.

Et l'impression de déjà vu se répète ailleurs, inlassablement.
Par exemple avec Vickers, personnage interprété par Charlize Theron, sorte de cougar-femme d'affaire tout droit sortie d'un "Wall Street" ou d'un "Margin Call" du pauvre (et parfumée par Dior en l'occurrence, Theron conservant de la pub sa démarche déhanchée, sexy et chaloupée).
Une caricature de mannequin qui fait la gueule sans qu'on sache pourquoi, personnage sans épaisseur, qui semble n'être là que pour remplir de la pellicule et montrer les formes avantageuses de Theron ; copie conforme dans son look et ses expressions de la "T-X", terminator femelle dans "Terminator - Le Soulèvement des Machines" de Jonathan Mostow, une blonde robotique inflexible interprétée par Kristanna Loken dans cet excellent film sorti en 2003.
Là encore, "Prometheus" provoque le malaise avec cette démarque de bombe blonde fade et rabâchée, à laquelle on ne parvient jamais à s'identifier, apparemment fille de Weyland mais en conflit avec le Père (auto-citation de Scott au répliquant Roy Batty confronté à son "père" Tyrell dans "Blade Runner"), mais sans qu'aucune clef ne soit jamais donnée sur la réalité et les raisons de leur relation d'amour-haine, bâclée en un plan ou Weyland retire sa main de celle de sa fille.
Plan qui est supposé nous faire comprendre que... Mais comprendre quoi exactement? Hé bien, surtout que Scott s'est assis sur le trio infernal formé par Weyland, Vickers et David l'androïde, encore une super belle idée massacrée par le film tel qu'il est. Oubliez le Père déshéritant la fille au profit de son "fils" virtuel, la souffrance de l'enfant de chair trahie par son géniteur au profit d'un être siliconé qui lui ne ressent rien, rival et ennemi (l'anti A.I, en quelque sorte). On devra se contenter d'un cameo sur la pauvre enfant antipathique-mais-qui-souffre et du méchant papa qui l'aime pas. Point.

C'est bien là l'un des problèmes majeurs de "Prometheus", qui souffre dans son ensemble du vide sidéral de ses personnages, incapables de susciter la moindre empathie. L'ensemble de l'équipage du "Prometheus" ne mérite pas qu'on s'y attarde plus d'une seconde, tant ses protagonistes sont inexistants, sans personnalité et sans intérêt, taillés à coups de clichés. On se contrefout de ce qui leur arrive -quand on arrive à comprendre ce qui leur arrive, ce qui est rarissime.

On passera avec plus de regrets sur le personnage de Weyland vielli et grabataire, interprété par Guy Pearce mais qu'on ne voit jamais en tant que tel (?), et sorti du chapeau du magicien Scott au moment où ça l'arrange, avec le pire maquillage "vieillissant" de l'histoire du cinéma (Ed Wood aurait fait mieux). Incompréhensible de la part d'un perfectionniste comme Scott.
Mais le comble, c'est que même Fassbender et Rapace ne parviennent pas à emporter le morceau.
On reste de marbre devant Rapace, qui tente de faire oublier Sigourney Weaver, sans jamais y parvenir ; Lisbeth Salander est loin, et Ripley aussi. Non que Rapace joue mal ; c'est la définition de son personnage qui est en cause.
On n'a toujours pas compris si cette Elizabeth Shaw était archéologue, ethnologue, anthropologue, astronome, docteur es quelque chose, bref elle découvre des fresques, étudie les antiques civilisations et connaît par cœur la préhistoire humaine, mais également le cosmos (le tout expédié en quatre plans alors qu'il y avait là sujet à un film à part entière!).
Les connaissances universitaires de cette anthropo-archéo-quelque chose lui servent en plus pour manœuvrer un auto-doc/bloc opératoire sophistiqué comme s'il s'agissait d'une vulgaire mobylette, ou faire décoller un vaisseau extra-terrestre... À peu près aussi crédible que si cette bonne vieille Ripley nous avait été présentée à l'origine comme académicienne ou violoniste, mais tout de même apte, par la grâce et unique volonté du metteur en scène, à piloter le "Nostromo" au pied levé, sans avoir jamais appris. On croit rêver.

Concernant Fassbender, on est juste désolé de voir David, le successeur (pardon, l'ancêtre) de Ash, Bishop et Call (A, B, C et D pour David...) évoluer dans un scénario sans queue ni tête, qui en fait, tour à tour et sans l'ombre d'une explication, un démon ou un ange gardien -c'est selon.
Comprenne qui pourra.
Au début, on pense vaguement, en le voyant errer et se distraire comme il peut dans un "Prometheus" totalement désert (pour cause d'hibernation-hyper sommeil de ses occupants humains), à un croisement symbolique entre le David Bowman et le HAL 9000 de "2001" -encore!-, mais la comparaison s'arrête là.
La froideur de Bowman et l'intelligence artificielle de HAL, elles, avaient un sens.
En sortant de "Prometheus", on se demande bien qui est David l'androïde, et à quoi riment ses agissements :
- Pourquoi empoisonne-t-il le mari de Rapace en le gavant subrepticement de naphtosperme alien (pardon pour le néologisme), et pourquoi fait-il son possible pour que l'épouse clamse en accouchant d'un monstre... mais trente minutes plus tard la sauve en la prévenant de l'arrivée imminente d'un méchant Ingénieur?
- Comment parvient-il à déchiffer instantannément les inscriptions cunéiformes du vaisseau des Ingénieurs et à parler leur langue? Parce qu'il a étudié les langues terrestres primitives? Un peu court comme explication. Et qu'est-ce qu'il peut bien leur dire (les sous-titres ont été semble-t-il volontairement oubliés)? Késako la relation d'allégeance-opposition de David avec (doit-on imaginer) sa "sœur" Vickers-Theron? Et sa relation occulte avec Weyland... Qui manipule qui? Qui est au courant de quoi? Qui a prémédité quoi et pour quoi faire? Mystère et boule de gomme. Scott paraît avoir confondu complexité et obscurité. On veut bien qu'il se soit laissé des portes de sorties pour ménager le "rêve", on est bien d'accord que tout expliquer aurait été fastidieux, et on ne demandait surtout pas ça. On veut bien qu'il se soit réservé de la matière pour ses futures suites, mais l'obscurité d'un récit -et la patience et l'attention du spectateur- ont tout de même leurs limites!

On aurait d'ailleurs bien aimé en avoir un peu plus, de l'obscurité, au sein de cet étincelant vaisseau "Prometheus", trop lisse, trop clean, trop sorti d'un "Transformer" à la Michael Bay (faute suprême!).
Là aussi, même revendiqué comme paquebot de luxe en opposition au vieux rafiot qu'était le "Nostromo" ou le vaisseau de guerre qu'était le "Sulaco", on se demande bien comment le "Prometheus" peut précéder ces derniers de quelques décennies, alors qu'il a l'air d'avoir cinquante ans d'avance sur eux...
La technologie rutilante du "Prometheus" a finalement aussi peu à voir avec la série "Alien", que les trois épisodes Star Wars des années 2000 avaient à voir avec ceux des années 80.
C'est dire le gap.
Et c'est aussi mesurer le piège de ces "suites" qui se veulent prequels, dans lequel tombe des réalisateurs comme Lucas ou Scott en cédant à la tentation de la création par ordinateur et ses séductions graphiques, qui du coup anéantissent le lien entre leurs créations passées et celles présentes, en décrédibilisant ces dernières.

La crédibilité. La vraisemblance.
C'est bien ce qui manque le plus à "Prometheus".
Les libertés que prend ce film avec les fondamentaux de la saga d'origine, ou simplement avec la logique pure, le desservent de bout en bout.
Même les moments forts ne fonctionnent pas sur ce plan précis.
La scène de l'auto-doc/bloc-opératoire automatisé en est un parfait exemple.

En premier lieu, cet instrument médical robotisé, créé pour la commodité première de Vickers/Theron (une femme a priori...) est incapable de réaliser quelque opération que ce soit spécifique... à la nature féminine, comme une césarienne, allez, au hasard!
Très logique.
Quand à la façon dont le gadget va être utilisé, ça donne quelque chose de monstrueux, de stressant, tout y est... Mais ça finit par être juste gore, et ça ne marche pas!
Là où l'on était resté scotché à vie par la "naissance" du ChestBurster dans "Alien. Le Huitième Passager", on ne croit pas une seconde à ce qui arrive à cette pauvre Noomi Rapace.

Trop d'invraisemblances, aucune rigueur vis à vis de la logique connue de la gestation biomécanique "alien" font que cette scène de fœtus à tronche de calmar miniature ne fonctionne pas. En tout cas pour tous ceux qui ont gardé en mémoire les épisodes "Alien", et donc ce qui était arrivé au pauvre Kane dans le premier "Alien", et ce qu'on pouvait voir des FaceHuggers dans "Aliens" : désolé, mais la stase Alien n'avait rien à voir avec des embryons poussant dans un utérus, mais procèdait de la trompe du FaceHugger, immonde appendice qui violait sa victime pour se détacher du corps du FaceHuger-mère dans la gorge et l'estomac de l'hôte d'accueil, pour murir et muter petit à petit en "bébé" alien dans les entrailles de la victime qui lui servait ainsi d'incubateur. Sa mission accompli et le bébé alien en bonne voie, le FaceHugger-vaisseau-amiral se détachait et partait crever dans son coin.

Ici, on a droit, après la "Resurrection" de Jeunet, à une nouvelle geste de l'accouchement dégueu. Il est né le divin xénomorphe. Aussi débile et facile que chez Jeunet, quoi qu'évidemment beaucoup moins ridicule parce que Scott, lui, sait y faire ; donc c'est correctement fait et correctement horrible mais... c'est tout! On y croit pas, et on rigole.
Et n'insistons pas sur la suite, où, bien que gazé dans l'auto-doc par Rapace, et donc théoriquement passé ad patres, le mignonnet calmar nous fera un alien-le-retour en format géant à la fin du film, dans une scène où le grand guignol le dispute au n'importe quoi.
Décidemment, après la ridicule Reine enceinte de la sequel 4, et cette prequel "Prometheus", il serait bon que les scénaristes nous évitent les grossesses alien...

Il serait fastidieux de lister plus avant les invraisemblances, raccourcis débouchant sur des impasses scénaristiques qu'on pourrait imputer à des erreurs de montage (c'est dire!)... Ils sont légion. Entre autres :
- les membres de l'équipage, débarrassés de leurs casques sitôt parvenus dans le vaisseau-temple (très crédible), et découvrant des proto-FaceHuggers en forme de cobra pour leur faire guili-guili (encore plus crédible).
- l'équipage se crashant en riant et fleur au fusil, volontairement sur le vaisseau des Ingénieurs sans qu'on comprenne ce qui diantre a pu les convaincre de la nécessité impérieuse de leur sacrifice (?).
- la fin du film avec notre Elizabeth Shaw/Noomi Rapace qui bien que subclaquante finit par s'envoler à bord d'un improbable autre vaisseau des Ingénieurs sorti d'on ne sait où : comment, étant donné son état et l'hostilité de la planète, y a t-elle eu accés auusi vite et facilement? Comment elle-même, ou les restes de l'androïde Fassbender emportés dans un sac de gym sont-ils à même de piloter ce vaisseau? Nous n'en saurons rien... Suite au prochain numéro? Ben voyons.
Et enfin cet Ingénieur survivant qui aurait pu être le Pilote de l'Espace du "Alien. Le Huitième Passager", mais finalement ne l'est pas, pas plus que la planète de "Prometheus" n'était finalement la maléfique LV-426...
Râté! Vous aviez des questions vis à vis des mythologies du "Alien" premiere mouture? Vous repasserez pour les réponses.

Au final et en der des der, vous aurez droit tout de même à un Ingénieur facehuggérisé, accouchant donc de l'Alien de service.
L'honneur est sauf et le lien noué avec la série, sauf que... Sauf que le crâne de la bestiole a une forme de cône de sécurité en plastique abandonné sur l'autoroute. Pourquoi? Parce que.
Bon, rassurez-vous, pas à bandes oranges et blanches, tout de même. Dommage, ça aurait pu au moins être drôle -à défaut d'autre chose.

En définitive, faute de réponses, on essaiera de répondre à la seule question qui compte : y a-t-il quelque chose à sauver de cette mega-déception?
Paradoxalement, oui -et c'est là où Scott nous rappelle son immense talent, fait qui rend d'autant plus amer et saumâtre la déception qu'inflige son "Prometheus".
Le film après visionnage, demeure entêtant, s'incruste, et ne vous quitte pas si facilement que ça. Peut-être est-ce dû à la force, et à la fascination suscitée par les trois premiers épisodes de la série d'origine? Peut-être la splendeur de certaines images (mais certainement pas la 3D, gadget inutile qui comme souvent n'apporte strictement rien au film)? La richesse et l'amplitude des thèmes abordés aussi, très certainement. Les Ingénieurs, un beau concept. Les paysages et les effets spéciaux. Le vaisseau des Ingénieurs, superbe création de Giger, et superbement repris ici dans une chute qui fait penser à la catastrophe du Zeppelin version extra-terrestre. Voilà pour les trois étoiles.

Pour le reste... À l'inverse de "Alien" (qui ne s'appelait pas "Nostromo"...), Scott a décidé de donner à son nouveau film le nom du vaisseau, espérant ainsi tirer bénéfice des sens mythologiques du patronyme.
Démarche à tiroirs qui débouche sur une intrigue compliquée -et non pas complexe : Scott nous livre un joujou à la fois alambiqué et sommaire, une pelote sans fil à tirer qui est un prequel mais pour laquelle il ambitionne quand même un statut de grandiose nouveau départ ; une clef qui n'ouvre aucune portes du passé de la glorieuse série -sauf très mal-, et pas davantage celles de cette nouvelle saga qu'il veut nous conter.
Compliqué.

On ne veut pas forcément voir des choses simples au cinéma. Et simple ne veut pas dire simpliste. Ni obscur forcément intéressant. Dans "Prometheus", Ridley Scott nous montre un méchant Ingénieur faisant plein de mal aux pauvres humains alors que sa race a créé la nôtre. On ne comprend pas. On se dit "ouh là là, j'ai dû somnoler et rater dix minutes". On a rien râté. C'est fait exprès.
Alors, si c'est pour nous expliquer avec "Prometheus" II, III et IV que les Ingénieurs ne nous ont pas créés pour la beauté du geste, et qu'ils se soucient de nous comme d'une guigne car pour eux nous ne sommes que de la chair à incubateurs pour leurs armes de guerre (les aliens), et que c'est juste pour ça qu'ils sont venus nous créer il y a X millions d'années et qu'ils sont colère qu'on ait découvert le pot aux roses, et que la pauvre Noomi Rapace va tenter de nous sauver le monde en faisant un petit tour sur la planète d'origine des méchants avec sa tête de Fassbender sous le bras pour la guider et puis qu'elle va se planter aussi grave que ce "Prometheus" juste après s'être fait la malle de la planète, puisqu'en fait, ben oui, le squelette du 1er "Alien", qui c'est donc qu'il y avait à l'intérieur? Ben Noomi voyons, la boucle est bouclée, Noomi s'est fait avoir dans le scaphandre du Space Jockey par un FaceHugger, elle a trépassé et envoyé un avertissement, et v'là le "Nostromo" qui se pointe... Heu... Heu, ben non, franchement, Ridley, c'est pas la peine.

Et surtout, Mister Scott, ne touchez pas à une suite de "Blade Runner", comme vous l'avez aussi annoncé. On préfèrerait rester sur notre faim, car il y a des déceptions qui vraiment coupent l'appétit.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (31) | Permalien | Remarque la plus récente : Sep 12, 2012 9:08 AM MEST


50 Words For Snow
50 Words For Snow
Prix : EUR 13,49

62 internautes sur 80 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Mad Woman across the Snow, 21 novembre 2011
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : 50 Words For Snow (CD)
C'en devient presque embarrassant, de crier au génie dès qu'il s'agit de Kate Bush.
Ceci posé en préambule pour prévenir que oui, il va falloir s'habituer à l'embarras, car une fois de plus ces Cinquante Mots pour dire la neige sont magnifiques, et géniaux.

Bush y est créative et déroutante, énigmatique et lente, et ce disque tout en restant éminemment, (et heureusement), "du" pur Kate Bush, s'apparente peu à ses prédécesseurs au niveau de ses intentions, se déployant lentement dans des séductions alambiquées et des compositions étirées.
Un peu comme la lumière d'hiver, celle qui n'en finit pas de mourir à l'horizon, au de-là des silhouettes d'arbres noirs : lueurs crépusculaires, obscurité de la nuit polaire, tout ceci explique peut-être les choix de Bush sur les tonalités du livret qui accompagne son disque, tonalités délibérément nocturnes ; la neige faiblement éclairée y est grise, presque noire, les ambiances tamisées, les sujets (bonhomme de neige, moine tibétain pour évoquer le Yeti dans "Wild Man") émergent de l'obscurité par la grâce d'un faible halo de lumière. Nous sommes loin de l'imagerie traditionnelle liée à la neige, et de tous les clichés d'étincelante blancheur qui d'habitude l'illustrent.
"Fifty Words for Snow" est ainsi une œuvre merveilleusement cohérente jusque dans son expression graphique. Éloge de ce qui se révèle peu à peu, fascination pour le crépuscule hivernal qui ensevelit doucement le monde sous son manteau sombre et ouaté, et pour la nuit qui s'installe.
Cette nuit chatoyait et enivrait l'auditeur dans "Aerial" lorsqu'elle faisait briller les étoiles sur l'océan ; ici elle prend son temps et s'étire sous les flocons, teintant la musique de mystère. Tous n'aimeront pas, et diront, oui, justement, c'est bien là le problème : "étirement"... Ils auraient tort ; "Fifty Words for Snow" est tout sauf du remplissage.

Bush va en énerver plus d'un, déjà, avec son "SnowFlake" en intro : L'on s'attend a être pris par l'ensorcelante voix de notre magicienne en chaussons rouges, mais c'est celle en lieu et place du rejeton Bertie qui ouvre le disque. Logique : Albert Mac Intosh gazouillait déjà dans "Aerial" en introduction de "A Sky of Honey"("Mummy... Daddy.. The day is full of birds" annonçait-il alors dans une candeur émerveillée), et faisait office de voix d'ordinateur vocoderisée dans le précédent opus de la maman, "Director's Cut" ; donc l'emploi de la voix du fiston n'était ni un caprice, ni une passade. Cela étant, non prévenu et s'attendant à entendre la voix de Kate Bush, on est désarçonné et on se dit tiens, un coup de froid sur la gorge d'icelle?
Mais le chant d'amour et de réconfort de la mère à son petit flocon emporté par le vent ("Le Monde est un tel vacarme... Continue à tomber... Je te trouverai bien"), en ponctuation discrète, et s'imposant au long du morceau, vient vite rassurer. La voix est là, plus mûre et plus grave mais toujours aussi envoutante.

Que ceux qui espèrent encore et toujours le retour de la Kate Bush baroque, époumonée, suraigüe, gesticulante (certains des maniérismes et certaines des expérimentations musicales parfois hasardeuses que contient "The Dreaming" témoignent de ces caractéristiques), que ceux-là sautent vite à bord du prochain chasse-neige et passent leur chemin, car il n'y a rien d'extravagant par souci d'affichage ou par calcul dans cette symphonie blanche explorant les cinquante mots -inventés ou pas- pour nommer la neige.
D'autant que Kate Bush ne chercha jamais à paraître bizarre pour le seul plaisir de l'être (à l'inverse des postures d'un avatar islandais dont on taira ici le nom par charité), mais il le lui fut un temps reproché, tout de même ; c'était excessif et injuste, mais finalement pas plus que l'intransigeance de ceux qui n'appréciaient chez elle que cette hystérie de façade, et ne l'aimaient en tous cas pas assez pour mesurer, derrière les éclats forcément séduisants du verre fracassé et des hurlements expérimentaux, la sérénité et la profondeur d'un talent unique d'auteur, que le temps a magnifié.
C'est de ce talent-là que Kate Bush nous fait profiter aujourd'hui.

Il n'y a rien d'instantanément séduisant dans ce disque, rien sur lequel les radios puissent se ruer (si ce n'est, peut-être, la quatrième piste, "Wild man", choisie comme porte-parole du disque en tant que "single" potentiel, et à qui certaines bonnes âmes ont déjà fait reproche de sonner comme "Experiment IV", de la même Kate... Comprendre: oui, oui, Kate Bush n'a plus rien à dire, la preuve, elle se répète. Hum hum. Pas vraiment. Ou alors, vive les bégaiements lorsqu'ils sont aussi réussis...)
Et si l'on devait, d'ailleurs, se livrer au jeu de piste de la ressemblance polémiste entre tel morceau par rapport à tel autre, ce n'est pas de "Wild Man" qu'il faudrait s'occuper.
Et c'est ailleurs que dans l'œuvre de Kate Bush qu'il conviendrait d'aller piocher, car on sera éventuellement frappé par la convergence fortuite existant entre les notes d'introduction de "Misty" et celles de "You Cause So Much Sorrow" de Sinéad O'Connor en 1989, même si les deux compositions très vite bifurquent dans des directions opposées.
Ceci n'empêchant pas "Misty" de remporter haut la main le titre de plus beau morceau de l'album, en raison de sa densité et de sa complexité musicale, mais aussi pour les multiples sens qui sous-tendent son thème narratif, tour à tour tendre, poétique, allusif, mélancolique -et provoquant : la relation amoureuse d'une femme avec un bonhomme de neige fait murmurer à Bush, dans un souffle où la gourmandise érotique le dispute à la nostalgie, qu'elle "le sent fondre dans sa main", à l'issue de leurs ébats charnels...

"Fifty Words for Snow", album d'une heure d'écoute, n'est pourtant composé que de six longues mélopées (j'exclue du compte l'incantatoire "Wild Man" déjà cité, qui constitue la septième merveille du disque, mais dont la structure le met un peu à part du reste).
Éloge de la langueur, éloge du temps qui neige et vous absorbe, manifeste de la merveilleuse cohérence d'une artiste complète et d'une interprète exceptionnelle, à travers sept morceaux autour desquels la voix de Bush, aujourd'hui intacte dans ses nuances et magnifique dans son registre plus grave et plus ample, s'enroule en spirale.

Cependant, que l'on ne s'y trompe pas.
"Fifty Words for Snow" n'est pas un disque languide ou atone, il ne provoque aucun engourdissement, les rythmiques de la piste qui donne son titre à l'album sont là pour le confirmer.
C'est une œuvre qui toujours surprend, chaque écoute amène son lot de découvertes, et le déroutant duo avec Elton John (pardon, Sir Elton) n'échappe pas à cette règle.
Cette composition, de par sa structure musicale un peu répétitive, son format un peu trop long et une interprétation parfois un peu trop "déclamatoire" d'Elton John, ne constitue certainement pas le climax du disque. Mais c'est un titre particulièrement émouvant, de par son thème d'une part, mais aussi parce qu'il nous démontre que Kate Bush se souvient de qui elle est.

En effet, c'est par déférence, par référence, par amour, par capacité d'émerveillement encore intacte (et parce qu'appartenant à une génération douée de mémoire et dénuée de cette boulimie de consommation futile et contemporaine qui fait qu'aujourd'hui, on brûle ce que l'on adorait cinq minutes auparavant), que Kate Bush dans ce morceau a décidé de rendre hommage à celui dont elle disait (dans une de ses rarissimes interviews au magazine pop-rock britannique "Q") que la moindre de ses compositions la rendait à l'époque "folle d'extase et aussi de jalousie".
Kate Bush, dans ses confidences relatives à l'auteur de "Your Song" et "Ticking" (entre autres!...), citait notamment l'un des incontestables et plus immenses chefs-d'œuvre du musicien-compositeur anglais, l'insurpassable "Madman Across the Water".

Il devenait donc aussi logique qu'émouvant que la Dame Folle au Travers des Plaines Enneigées invite, dans ce "duet" intitulé "Snowed in at Wheeler Street" (et qui n'est pas un coup marketing, car le morceau n'a rien, mais vraiment rien d'un "tube"), l'une des étoiles qui ont ont brillé au firmament de l'époque qui l'a vu naître, elle et ses prodigieux Hauts de Hurlevent.

Et même si Cathy ne gesticule plus dans des videos-happennings-phénomènes, la sorcière de la Neuvième Vague et le Sieur John anobli par la Reine (lui dans le rôle d'un Heathcliff à qui le temps aurait donné la voix profonde qui sied à la désespérance), savent émouvoir lorsqu'ils s'avouent l'un à l'autre "ne plus jamais vouloir se perdre".

Car c'est là le thème de ce morceau : Histoire d'un amour réincarné au fil des millénaires où les amants s'étreignent avant que la mort ne les sépare, un amour qui chute avec Rome et qui s'effondre sous les décombres du World Trade Center, en bref l'Éternel Retour.
Thème Bushien par excellence.
Un thème qui hante, bien sûr, les "Prédateurs" de Tony Scott, mais surtout l'admirable "The Ghost and Mrs Muir", chef-d'œuvre de Mankiewicz où le rôle tenu par Gene Tierney semble avoir été écrit prémonitoirement pour Kate Bush, recluse et rebelle, amoureuse d'un marin défunt qu'elle perd et perd et perd encore pour ne le retrouver enfin qu'au delà de la mort qui ici réunit et non plus sépare.
Ou encore le "Waterloo Bridge" de Mervyn le Roy, où Vivien Leigh et Robert Taylor ne s'aiment que pour mieux se perdre, un autre chef-d'œuvre du cinéma d'avant-guerre où Londres disparaît sous la brume, la pluie et la neige, dans une trame et des ambiances ô combien synergiques avec ce duo d'amour impossible entre Bush et John, deux artistes, auteurs et compositeurs se revendiquant fils et fille d'Albion, et tous deux si passionnément britanniques dans leur romantisme exacerbé.
Une notion essentielle si l'on veut comprendre le pourquoi de ce morceau singulier, et savourer pour ce qu'elle est cette contribution d'Elton John à l'univers de Kate Bush: un acte d'amour.

La dernière piste, "Among Angels", est certainement celle qui ravira tous ceux tombés éperdument amoureux de "Aerial" et notamment de son joyau, "A Coral Room".
Ne serait-ce que pour ce morceau, ces cinquante variations autour d'un flocon de banquise, condensées en sept chutes d'une neige qui tombe là où on ne l'attend pas, valent le détour.

Alors, pour conclure, à qui s'adresse "Fifty Words for Snow"?
Aux inconditionnels et à ceux qui aiment et suivent Kate Bush depuis ses débuts?
Oui, bien sûr, ceux-là vont adorer -surtout ceux qui considèrent que "Aerial" est l'un des plus grands disques de Kate Bush.

A ceux qui n'ont pas aimé "Aerial", et encore moins "Director's Cut"?
Il y a peu de chances.

Ceux-là risquent de détester, et du reste on leur conseillera d'économiser leur salive et de s'épargner la peine de clamer à quel point "FWFSnow" les a déçus, à quel point Bush est devenue l'ombre d'elle-même, à quel point imagination et virtuosité, en ce qui la concerne, se sont taries.
Kate Bush nous offre ici un disque qui s'apprivoise, et donc ré-écouter plusieurs fois le prodigieux assemblage de sons et d'émotions qu'est "FWFSnow" finira, peut-être, par les convaincre du contraire.

À savoir, que "Fifty Words for Snow" est simplement l'extraordinaire nouveau disque de nouvelles compositions, tant attendues et espérées, de l'immense Kate Bush.

De compositions.
Pas de chansons.

Personnellement, je sais que ce disque, après maintes écoutes, est magnifique et magique, aussi hypnotique que certains de ses prédécesseurs parmi les plus prestigieux et aboutis.
Bref, "du grand Kate Bush"...
Et finalement, peut-être ce commentaire-là se suffit-il à lui-même!
Peut-être. Mais qui aurait pu résister au plaisir de dire à quel point l'œuvre de Kate Bush fascine, et de souhaiter aux autres d'être à leur tour emportés par cette avalanche de talent et d'inspiration, qui leur procurera toute la gamme d'émotions d'une ascension vertigineuse -et les laissera, émerveillés, sur le toit du monde.

Où ils apercevront, à travers le blizzard, Kate Bush à la recherche de son abominable Wild Man des neiges.

Car c'est là que vivent les légendes.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (8) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 26, 2012 12:05 AM CET


Cherchell
Cherchell
Proposé par correspondance
Prix : EUR 25,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 "Je vois souvent ce qui n'est pas, ce qui s'esquisse..." : Le talent discret de Julien Baer, 2 octobre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Cherchell (CD)
Julien Baer est un artiste - un vrai-, un musicien et compositeur -créatif-, un mélodiste -talentueux-, un poète -moderne-, et un chanteur -original, avec sa voix murmurée et ses phrasés indécis.

Homme de sens et musicien sensible, artiste volontairement rare et par conséquent ayant dû se contenter jusqu'à présent d'un succès demeuré confidentiel, semblant préférer par choix la dignité d'un statut de pénombre à la lumière artificielle des prostitutions et autres hypes qui durent trois minutes, Julien Baer s'est toujours refusé à sacrifier à la médiocrité ambiante (de toutes façons, étant donné ce qu'il raconte, ce qu'il chante et ce que ses fondamentaux paraissent être, il en serait probablement incapable)

A ce jour Baer nous a donné quatre disques de compositions originales ("Julien Baer", "Cherchell", "Notre-Dame des Limites", "Le La"), tous différents qui plus est -le monsieur ne se répète pas.

"Cherchell" est son disque (IMHO) de loin le plus abouti et séduisant musicalement (à écouter en priorité pour s'en convaincre : "A Plein Temps", "Ecrit à la Main", "Grandes Villes Mille Lumières" ou encore "Cherchell", parmi les quelques autres perles que contient cet album). Baer a un peu désavoué "Cherchell" au moment de la sortie de "Notre-Dame des Limites" qui le suivit : "trop de violons, trop sentimental et trop premier degré", confia-t-il à l'époque. Qui aime bien châtie (trop) bien?

J'ai personnellement découvert dans "Cherchell" une écriture musicale sophistiquée traduite par des moyens simples -pas de surproduction ici, et pas trop de violons, non, non, juste de l'excellente musique, fait assez rare dans le paysage musical français pour être souligné, car on a pas affaire ici seulement à de "la chanson à texte" comme souvent notre production hexagonale s'en contente, mais bien à un réel talent de musicien et de compositeur.
Et puis une émotion à fleur de peau et une langue superbe quand même -ce qui ne gâche rien.

Les thèmes abordés révèlent un peu de ce que Baer semble être, et donc à son image brillent par leur pudeur et leur engagement discret, leur simplicité, leur humanisme, leur intelligence et leur sensibilité -sans oublier une maîtrise poétique de la langue qui fuit l'esbroufe et trouve les mots justes pour parler à l'âme ("Liberté Chérie", "Ne Te Retourne Pas", "Juger un Homme").

Si vous désirez découvrir un ovni dans le paysage musical français, procurez-vous "Cherchell", c'est une merveille (et bien sûr tous les autres disques de Julien Baer, qui valent tous le détour).


Page : 1 | 2 | 3