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Commentaires écrits par
Stad "(Beyrouth - Liban)" (Beyrouth, Liban)

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Treize Chansons De Barbara
Treize Chansons De Barbara
Prix : EUR 6,99

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 De reprendre Barbara, 13 août 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Treize Chansons De Barbara (CD)
Il y a deux raisons essentielles pour lesquels les réinterprétations peuvent refleurir, et redevenir une mode:

Un, la surproduction et avec elle, le signe d'un déclin de la créativité. En somme, un consensus selon lequel on admet que ce qui a été produit à un moment donné de l'Histoire est plus valeureux que ce qui se produit au présent, mieux élaboré, et moins facile. Ce phénomène, souvent flagrant dans l'Histoire de l'Architecture ancienne, n'en est pas moins typique de toutes les époques transitoires, toutes disciplines créatives confondues. Transposé à la chanson, les années 2000 sont de ce phénomène un florilège incontestable.

Sinon, l'autre raison serait le désir d'un artiste chanteur d'apporter son éclairage à l'oeuvre de l'un de ses ainés que d'aucunes générations n'ont pas eu la chance de découvrir, et de s'approprier cette oeuvre en y apposant sa propre griffe, auquel cas le succès devient tributaire de la crédibilité de l'artiste qui choisit de réinterpréter. L'osmose entre l'oeuvre et son nouvel interprète devient l'enjeu du succès; c'est une question d'Alchimie qui parfois opère, et souvent pas.

Des peu d'interprètes qui ont choisi de reprendre Barbara, il y a quelques inconnu(e)s - des artistes qui ont tout à gagner à s'y essayer et rien à perdre: Annick Cisaruk, Barbarie, le très théâtral duo Camille Simeray et Samuel Burguière, Mathieu Rosaz bien sûr; mais il y a aussi Marie-Paule Belle (si, si, celle-là même qui n'est pas Parisienne), et sinon, plus récemment, la grande révélation de ces dernières années: Daphné, la signataire de trois albums au succès qui se confirme d'avantage avec chaque sortie, et qui est donc la seule de cette courte liste à prendre un vrai risque en chevauchant ce pari.

Daphné est avec Matthieu Rosaz celle qui a interprété Barbara avec le plus de conviction, et de sincérité dans l'engagement. Mais si Rosaz trébuche sur ses limites vocales, notamment sur ses aigus étouffés quand ils ne sont pas forcés, Daphné, elle, ne trébuche sur rien. Secondée par un arrangement recomposé avec la subtile délicatesse de ce qui ressemblerait presque à une boite à musique, elle exploite sa fragilité vocale au profit d'un quelque chose d'évanescent qui laisse transparaître une sensibilité authentique pour l'oeuvre qu'elle reprend. Insouciante, elle chante avec une désinvolture telle, qu'elle donne l'impression de n'avoir aucune prise de conscience de la lourde responsabilité de son entreprise. Elle ne cherche pas à imiter Barbara, mais ne tombe pas non plus dans le piège de vouloir s'en écarter coûte que coûte. Elle l'ignore, c'est tout, abattant ainsi tous les repères que celui qui l'écoute pourrait saisir pour comparer. Sa confiance en elle-même est telle, qu'on dirait que ces chansons n'ont jamais été chantées avant elle, ou mieux, qu'elles n'ont jamais été composées que pour elle. Et avec ce mélange de confiance, de sensibilité, et de désinvolture, elle réalise un succès qui n'a d'égal en fait, que le risque que d'autres interprètes n'ont jamais pu, ni osé prendre.

On ne peut pas passer outre les agréables surprises que nous réserve cette réinterprétation: d'abord, celle d'entendre Dominique A remplacer Moustaki dans le duo "La Dame Brune". Ensuite, celle de la participation de Benjamin Biolay et de Jean-Louis Aubert dans les titres "Dis, quand reviendras-tu" et "Göttingen", retranscrits en duos. Le seul petit bémol - s'il doit y en avoir un - réside dans le choix des titres d'avantage orienté dans le sens des attentes les plus prévisibles, que dans celui de la personnalisation de la sélection. On aurait certes préféré écouter Daphné reprendre "Sans bagages" et "Gare de Lyon" par exemple, plutôt que "Si la Photo est Bonne" qui nécessite une coquinerie dont sa patine vocale est dépourvue, et "L'aigle Noir" trop éculé pour avoir été trop repris; mais bon... Il convient quand même de signaler que cette version de "L'Aigle Noir" comporte un couplet supplémentaire, resté jusqu'à présent inédit.

Au final, et quand bien même il s'agirait d'une reprise, ce CD est très sûrement digne d'être érigé au rang d'une oeuvre originale. Certes, d'autres réinterprétations de Barbara sont prévues, d'autres sont attendues, d'autres encore souhaitées comme celle de la candidate à The Voice Angelina Wismes notamment, mais à la question de savoir qui parviendra à rivaliser avec Daphné sur le terrain de l'osmose entre l'oeuvre de Barbara et sa réinterprétation, cela, seul l'avenir le dira.

En attendant, on a de quoi se réjouir, c'est sûr.


Anthologie Yves Duteil : Dans L'Air Des Mots (6 CD)
Anthologie Yves Duteil : Dans L'Air Des Mots (6 CD)
Prix : EUR 45,67

4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Manège éditorial, 6 janvier 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Anthologie Yves Duteil : Dans L'Air Des Mots (6 CD) (CD)
N'en déplaise à tous les commentateurs qui n'ont pas hésité à saluer la sortie de cette anthologie à coups de 5 étoiles, la mienne de note exprime ma totale frustration face à ces compilations qu'on attend parfois pendant des années, et qui, lorsqu'elles paraissentt enfin, s'avèrent comme toujours être incomplètes. C'est à croire que les éditeurs font exprès de ne jamais parfaire leur produit, cela, dans le but bien évident de nous faire consommer le plus de doublons possibles. Et on se demande après, pourquoi l'industrie du CD est en crise.

La réponse évidente est que plus personne n'est dupe du petit manège éditorial qui s'exprime dans le choix sciemment incomplet des titres - un manège auquel peut désormais palier le téléchargement à la carte. Et quand bien même je ferais partie des inconditionnels du support matériel et des belles éditions, je ne suis pas prêt à investir dans un coffret de 6 CD, sans la satisfaction d'avoir en retour TOUS les titres auxquels j'aspire, et auxquels l'ampleur d'un coffret de cette taille aurait dû me donner droit.

Plus concrètement, je trouve impensable que ce coffret - malgré ses 6 CD - ne contienne pas des titres comme: "La Tendre Image du Bonheur", "Le Bûcheron" et "Il Me Manquait Toujours", trois titres indispensables et qu'on retrouve d'ailleurs dans "Intimes Convictions" (une compilation d'Yves Duteil en 3 CD parue en 2011 chez le même éditeur, mais dans laquelle les titres "Hommage au Passant d'un Soir", "Le Temps s'écrit sur Ton Visage" et "J'ai le Coeur en Bois" eux, ne figurent pas.) De même, je trouve impensable que des titres comme "Les Mots", et "John" ne figurent ni dans l'une ni dans l'autre de ces deux compilations. Faut le faire!

Cela dit, à quand une anthologie définitive de cet artisan des mots, qui soit concise, efficace et sans faille, et qu'on puisse acquérir sans avoir à se dire: oui, mais... Et pendant qu'on y est: à quand la sortie en CD du sublime Olympia 1982 qui - depuis sa parution en triple vinyl - n'a jamais été réédité?
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : May 13, 2013 10:33 PM MEST


Dowland : Complete Lute Music
Dowland : Complete Lute Music
Prix : EUR 28,00

7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 British Honor, 15 octobre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Dowland : Complete Lute Music (CD)
"... Dernier des grands luthistes de la Renaissance, héritier d'une tradition essentiellement fondée sur l'improvisation et pour laquelle l'écriture est secondaire, tel nous apparaît John Dowland dont la position dans l'histoire de la musique est double. C'est lui qui porta à son expression la plus parfaite la chanson au luth... mais il est également l'aboutissement d'une école de luth virtuose, en partie improvisé, et si éblouissant qu'il valut à son joueur la réputation d'être investi d'un don quasi divin, exerçant sur l'âme de l'auditeur un pouvoir surnaturel..." Tels sont les termes par lesquelles Anthony Rooley, musicologue, luthiste, fondateur du Consort of Musicke, et spécialiste de la Renaissance, présente le compositeur Anglais et son oeuvre.

De ce brillant essai de Rooley sur la musique de Dowland, il importe de s'arrêter sur la part d'improvisation que laisse le compositeur à son interprète, car c'est elle - c'est ce que l'interprète en fait, et la manière dont il l'explore - qui, à défaut de tablatures fiables et de consignes d'interprétation précises, permet de mesurer la créativité de ce dernier, ainsi que l'étendue de son implication dans la monde du compositeur, avec ce que cela suppose de maîtrise de la culture de l'époque. Les prouesses virtuoses mais surtout, les "enluminures" autour desquelles le luthiste va développer les Fantaisies, les Pavanes, les Allemandes et les Gaillardes deviennent ainsi, les critères essentiels selon lesquels son enregistrement prend sa plus ou moins value discographique.

Sur ce terrain, Nigel North n'en est pas à son premier essai. Dans les années 70, il avait déjà signé aux côtés de Rooley et de quatre autres luthistes Anglais une première intégrale (vinyle) de l'oeuvre complet de luth de Dowland pour le label Oiseau-Lyre, mais ce projet était de Quinze à Vingt ans précurseur de l'engouement général pour la musique de la Renaissance, et cette première mondiale passée inaperçue fut cruellement eclipsée par l'intégrale du luthiste Américain Paul O'Dette, achevée en 1997 pour le label Harmonia Mundi, et qui parut au moment propice pour enthousiasmer les guides, la presse spécialisée et le monde de la musique en général. Tous, à l'exception des puristes Anglais qui refusèrent d'accépter l'idée d'être battus sur leur propre territoire, et accueillirent l'intégrale O'Dette avec une condescendance notoire, et un grincement de dents: Manque de subtilité! Manque de vérité! Effets de "séduisance" faciles! Mauvais goût! Dérives à profusion! bref, shocking!

On aurait pu croire à l'injustice, à l'exagération, tout au moins à la sévérité du jugement britannique à l'égard du luthiste Américain, si Jakob Lindberg (pour Brilliant) et Nigel North (pour Naxos), n'avaient pas repris chacun son vieux luth pour réenregistrer deux nouvelles intégrales achevées respectivement en 2008 et 2009, toutes deux dignes d'une leçon de rigueur, de maîtrise et d'inventivité. Là où Paul O'Dette avait réussi à éblouir, Nigel North lui, envoûte et suscite le respect. Il donne tout son sens à la réputation de l'interprète de Dowland d'être - pour reprendre les termes de Rooley - "investi d'un don quasi divin, exerçant sur l'âme de l'auditeur un pouvoir surnaturel." Cela s'entend, se ressent, l'espace d'écoute en est transformé... Et ce coffret précieux en attestera.


Charles Aznavour & the Clayton
Charles Aznavour & the Clayton
Prix : EUR 22,39

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
1.0 étoiles sur 5 Il Faut Savoir, 14 octobre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Charles Aznavour & the Clayton (CD)
Une réunion marketing de plus entre deux monuments certes, mais qui n’ont vraissemblablement rien à se dire. Choc culturel on ne peut plus flagrant. En écoutant ce disque on a l’impression que l’immense arrangeur qu’est Clayton Hamilton ne comprend pas un mot des chansons d’Aznavour, et que se dernier, sous le poid de l’âge, se démène du mieux qu’il peut pour produire quelque chose encore, absolument. Ne se trouverait-t-il pas un gourou doté d’un brin de sagesse pour rappeler à l'auteur d' "Il Faut Savoir" qu'il faut savoir quitter la table quand la créativité ne répond plus... et garder toute sa dignité.
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Llyria
Llyria
Prix : EUR 14,70

9 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Unplugged looping, 7 décembre 2010
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Llyria (CD)
A l'autre pôle d'un Nils Petter Molvaer qui, avec Khmer (ECM - 1997), demeure celui par qui l'échantillonnage aura poussé la porte du jazz, le pianiste helvétique Nik Bärtsch est l'artisan d'un parti pris égal en audace, qui consiste à reproduire les boucles rythmiques (looping) sans recours aux samplers, mais avec un simple quatuor d'instruments acoustiques, le Ronin.

Après le succès des albums "Stoa" (ECM - 2006), et Holon (ECM - 2008), le Nik Bärtsch's Ronin sort Llyria (ECM - 2010), un opus digne des attentes les plus ambitieuses, notamment au niveau de la complexité des rythmes Zen Funk marqués par l'influence du compositeur minimaliste Steve Reich.

Ici, comme dans tous les albums des formations conduites par Nik Bärtsch d'ailleurs, les plages dites modules ne portent pas de titres mais de simples numéros. Cela laisse penser que chaque plage n'est en fait qu'un segment d'une musique évolutive, qui existerait au moins en théorie, et n'aurait ni commencement, ni fin. Ce choix, loin de n'être que formel, consacre l'abstraction sonore au plus haut niveau, et avec elle, la liberté de l'auditeur d'associer à la musique des images propres à lui, dépourvues du facteur d'influence qu'un titre traditionnel aurait constitué.

Enfin, par rapport à Stoa qui reste quand même mon album préféré, Llyria brouille d'avantage ce qui reste des frontières entre la composition et l'improvisation. Il est certes plus musical et moins 'robotique' (Modul 48), dans l'ensemble plus jazzy (Modul 51), et se distingue par plus d'éspace accordé aux merveilleuses percussions d'Andy Pupato. En revanche, le génie lui, demeure intact, comme en atteste le très beau Modul 49-44 de clôture.
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Oil Slick
Oil Slick
Prix : EUR 14,00

3 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Nurderie, 1 décembre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Oil Slick (CD)
Une règle d'or que je ne pensais pas devoir un jour rappeler: Faire de la musique n'est pas forcément héréditaire; la condition première est qu'il faut d'abord, (et je pourrais dire, au moins) aimer la musique...

... Or quand on prend la liberté de se produire soi-même en se jouant de ce qu'on pense être l'ignorance du reste du monde, en somme, on ne fait qu'endosser la robe de l'artiste, le juste temps de fabriquer un support velléitaire, prétentieux, faussement intellectuel, presque malhonnête tant il est truffé de facilités prévisibles et de clichés "faits pour plaire", et par ailleurs, dépourvu de sincérité créative et autres ingrédients essentiels tels que la musique, en l'occurence. Au final, le prétexte de vouloir surprendre ou de s'exprimer dans un langage qui se veut cérébral et inaccessible au commun des mortels n'induit en erreur personne, sinon soi-même: l'auteur de cette marée oléagineuse, et d'autant indigeste.

Pas même dérangeant; juste écoeurant, ce CD nous fait regretter le temps où Bachar Khalifé se contentait de jouer des percussions avec Marcel Khalifé, le Trio Hadouk, et autres formations véritablement musicales.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Oct 2, 2011 6:08 PM MEST


Falak
Falak
Prix : EUR 25,99

4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le Liban en fusion, 13 septembre 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Falak (CD)
Après un premier album solo "Yalalalli" qui ne se trouve (hélas) pas en ligne, Rima Khcheich revient avec "Falak", accompagnée des jazzistes Néerlandais du Yuri Honing Ensemble, parmi lesquels l'immense contrebassiste Tony Overwater.

L'album "Falak" est l'incarnation parfaite de l'idée selon laquelle une fusion réussie n'altère pas forcément les traditions qui la composent, ni n'en dénature l''ésprit. Ici, et puisqu'il faut le dire avec des mots, ce sont la rigueur, le charisme, la virtuosité, et un savant mélange entre créativité et respect de l'authenticité qui caractérisent le savoir-faire de Rima Khcheich - une artiste qui possède le courage et le talent nécessaires pour devenir, à l'instar de Feyrouz, le nouveau chantre de l'identité musicale Libanaise, et plus généralement Arabe.

Dans le détail, deux compositions de Fouad Abdel Mageed sont à remarquer: Le sublime "Harrama el Naouma" (Il interdit mon sommeil), et "Foutina el Ladhi" (Tel fut pris) qui s'ouvre sur un extrait d'un enregistrement de la chanteuse à l'âge de douze ans. A noter aussi, la reprise du muwashah "Mounyati" (Mon souhait) dans laquelle la batterie de Joost Lijbaart déploie un rythme à 14 temps, avec une palette de couleurs étonnante. A noter enfin, la clôture de l'album avec la complainte "Walaw" du légendaire Wadih el Safi, enregistré sur le vif au théâtre Monot (Beyrouth), avec la contrebasse d'Overwater pour seul accompagnement. Ceux qui ont eu la chance d'assister à ce concert trouverons dans ce finale la réminiscence d'un moment inoubliable.

Pour la voix en or, la beauté et la fluidité du chant, s'il fallait ne posséder qu'un titre parmi ceux que produit la scène Libanaise actuelle, ce serait sans nul doute celui-là.


Les amants réguliers
Les amants réguliers
DVD ~ Louis.Hesme Clotilde.Rulliat Eric Garrel
Proposé par kikidevarennes
Prix : EUR 34,99

3 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Trop de bruit pour rien, 8 décembre 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les amants réguliers (DVD)
Un film long, plat et désolant, à mi-chemin entre différents partis pris à peine effleurés, jamais osés, et dont la seule réussite est de susciter l'ennui. Philippe Garrell aurait dû réviser ses références (Rohmer, Godard, Pialat, voire Woody Allen), avant de sortir cet opus qui emprunte à chacun, mais ne ressemble à rien:

Les personnages manquent d'épaisseur, de crédibilté; ils ne suscitent que l'indifférence. Les images et les cadrages explorent un esthétisme éculé jusqu'à l'obsolescence - un puzzle de clichés duquel ne se dégage aucun langage cinématographique justifiable, excusable, ou dont on puisse au moins dire qu'il est authentique, ou cohérent.

Si la provocation est une qualité de l''art - tout support ou mode d'expression confondu - y parvenir par le biais de la médiocrité n'est pas supposé mériter les éloges. Je ne m'explique donc pas le prix Louis-Deluc 2005 du Meilleur Film Français. Je ne m'explique pas d'avantage l'enthousiasme d'une critique parfois trop indulgente -' peut-être même trop souvent.

Heureusement, l'épreuve du temps a bien fait de remettre les pendules à l'heure.
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The Third Man
The Third Man
Prix : EUR 13,23

7 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Duo à trois, 27 janvier 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Third Man (CD)
Dans la lignée de ses affinités récurrentes pour le 7ième Art, ECM publie ce nouvel opus signé Enrico Rava et Stefano Bollani, et intitulé "The Third Man" - un clin d'oeil au chef d'oeuvre éponyme de Carol Reed (1949).

De même que le "Nostalghia" de François Couturier a pour vocation de retranscrire les atmosphères sereines et embuées du monde cinématographique de Tarkovsky, mais sans pour autant puiser la matière musicale dans les bandes son, ainsi le projet du duo Rava - Bollani gravite autour de l'exploration du mystérieux Third Man. C'est du moins le cas de la plage 2 qui prête son titre à l'ensemble - pochette de couverture comprise.

Enrico Rava, trompettiste vétéran, dont le lyrisme a largement contribué à étendre la carte du Jazz jusqu'en Europe, et son jeune compatriote Stefano Bollani, entré sans transition dans la cour des grands pianistes de jazz par le biais d'un premier album (Piano Solo) incendiaire, s'accordent ici pour improviser en duo, en alternant les rôles du soliste et de l'accompagnateur. Merveilles de l'Alchimie. Bravant les barrières des générations et se suffisant à eux-mêmes, les deux artistes ne semblent nullement se soucier de l'absence de la contrebasse, et moins encore de celle des percussions. Bien au contraire, la plénitude de leur duo est telle, que le moindre supplément n'aurait été qu'ingérence dans l'intimité essentielle de leur discours. De toute façon le pianiste se charge d'apporter le soutien nécessaire quand et si besoin est, comme dans la longue introduction de Sweet Light (plage 7).

C'est dans Cumpari (plage 6) que Bollani va déployer ses ailes, et donner son élan à une épreuve de force d'une virtuosité quasi lisztienne. Par ailleurs, Retrato Em Branco... d'Antonio Carlos Jobim (plage 4) dont une variation est reprise (plage 11), ainsi que deux standards du folklore italien vont pointer le bout du nez, mais pour disparaître aussitôt, et se perdre dans les méandres d'une improvisation subversive, à la fois mûre et géniale.

Pour finir, on s'evertuera à tenter de spéculer sur la révélation du Troisième Homme de ce duo mais en vain, puisqu'il n'est autre que chacun de soi, de nous, assis dans le "rôle" anonyme de celui écoute. Cela me semble évident.


Intégrale Des Symphonies
Intégrale Des Symphonies

16 internautes sur 23 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Ludwig van Mahler, 17 décembre 2007
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Intégrale Des Symphonies (CD)
Avec à son actif quatre intégrales des symphonies de Beethoven enregistrées en studio, Karajan est sans doute parvenu à ériger les repères discographiques de la période qui suit l'avènement de la stéréophonie, comme l'avait fait le géant Wilhelm Furtwängler avant lui, dans la première moitié du siècle dernier. Il faut tout de même préciser que ce constat de reconnaissance ne vaut que pour les intégrales uniquement, ce qui ne remet donc pas en cause la valeur des legs que nous laisse en héritage des chefs tels que Carlos Kleiber (symphonies n. 5 et 7), et Karl Böhm (symphonies n. 6 et 9), bien évidement.

Mais quand même la griffe personnelle d'un chef de l'ampleur de Bruno Walter s'inscrirait en marge des repères trop souvent éculés, il serait bien dommage - voire léger - d'ignorer la ré-edition de cet ensemble qui permet d'aborder les symphonies de Beethoven sous un éclairage différent, intimiste, à la fois éthéré et tendu, sublimé par une dimension visionnaire de laquelle la patine Mahlérienne n'est pas absente.

Un recueil indispensable, et même plus : Un trésor.
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