On retrouve avec une certaine joie Macherot et sa sibylline. Pour donner plus de stature éditoriale à son héroïne, Macherot a maintenant laissé le scénario à un auteur "reconnu" et malheureusement cela se ressent. C'est plus gentillet, c'est moins mordant, c'est plus convenu... Par ailleurs, j'ai acheté ce livre tout en ayant lu les commentaires à propos des soucis avec les couleurs dans ce présent volume. Mon imagination n'était pas suffisamment grande pour imaginer le désastre. Dans ce livre, il y a deux parties. La première est vêtue des belles couleurs originales avec un mot d'excuses à propos de leur pauvre restauration qui est vraiment ratée, ce qui est inadmissible avec la technologie d'aujourd'hui (ne bougez pas, je vous montre comment faire) ! La seconde (avec AUCUN mot d'excuses ! et qui en aurait mérité un !) utilise les moyens modernes actuels mais sans goût. Le regretté Moebius disait, à propos des coloristes, qu'il y avait deux écoles : celle qui en fait un art et celle qui en fait du bariolage. On a compris qu'ici le coloriste choisi fait partie de la dernière. Ses nouvelles couleurs font mal aux yeux. Un vrai massacre. Il faut vraiment faire un effort pour garder ce livre ouvert ! Au siècle passé, les éditions Casterman était gage de qualité. C'était sans doute avant que les flouzemakers y soient à tous les étages...