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Contenu rédigé par Max Weber
Classement des meilleurs critiques: 1.613
Votes utiles : 1175
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Commentaires écrits par Max Weber "Max Weber" (France)
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5.0 étoiles sur 5
Une introduction d'une pédagogie remarquable, 11 mai 2013
L'ouvrage est remarquablement conçu, dans la grande tradition des manuels anglo-saxons, toutes disciplines confondues : des chapitres courts, des encarts véritablement accessoires, des exemples pratiques, un prose intelligible, un propos ni trop général ni trop simpliste, des tableaux et des diagrammes synthétisant les situations, et sur la forme : quelques photos, la couleur et une police de bonne taille pour rendre la lecture plus agréable. Celui qui veut s'initier au système juridique anglais y trouvera définitivement son compte. S'il faut regretter quelque chose, c'est que l'existence d'un tel ouvrage démontre la profonde indigence de la réflexion pédagogique dans l'enseignement universitaire du droit en France. A lire le récit du ridicule oral que Flaubert fait subir à son héros dans "L'éducation sentimentale", c'est à croire que rien n'a changé depuis plus d'un siècle dans la manière dont les universitaires se comportent : valorisation par la doctrine, donc enseignement à mille lieux des réalités, donc ouvrages insipides destinés à valoriser sa position académique plutôt qu'à faire passer un message aux étudiants. Pitoyable.
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20 internautes sur 22 ont trouvé ce commentaire utile
2.0 étoiles sur 5
Daniel Cohen parti d'ici, mais pas encore arrivé ailleurs, 7 octobre 2012
Le dernier ouvrage en date de Daniel Cohen pourrait fort bien être le dernier ouvrage du Daniel Cohen que nous connaissions. En effet, écrit "à l'américaine" sur le modèle de ces livres à succès que le yankee mal éduqué à la recherche de théories du Tout peut trouver à foison dans les halls de gare, "Homo economicus..." aligne des chapitres assez courts pour être lus entre deux trains et emprunte à toutes les disciplines théories, expériences et points de vue pour construire une démonstration. Bref, on pense à des succès tels que "Rich dad, poor dad" ou "The tipping point" en le lisant. La démonstration sonne comme une sorte de mea culpa, puisque l'idée est de démontrer que tout ne peut pas être rapporté à l'économie : "L'économie est sommée de prendre en charge la direction du monde à un moment où les besoins sociaux migrent vers des secteurs qui peinent à s'inscrire dans la logique marchande". Mea culpa tempéré toutefois, car il convient de ne pas trop cracher dans la soupe. Ainsi, "économie" ou "discipline économique" ? L'une et l'autre sont confondues dans le propos, sans doute pour ne pas donner le sentiment que son objet à totalement échappé à l'auteur, lequel voudrait nous faire accroire que l'économie peut toujours être appréhendée depuis un laboratoire de l'Ecole d'économie de la Paris School of Economics. Or c'est bien parce que cette entreprise a échoué que Daniel Cohen est contraint de passer à autre chose. Autre chose, mais quoi ? Difficile à dire, car si Daniel Cohen est clairement parti d'ici, il n'est pas encore arrivé ailleurs. Le lecteur pourra ainsi constater que l'auteur a entrepris de s'abreuver à de des sources très diverses pour essayer de traiter des sujets qui le sont tout autant, construisant un ensemble dont l'architecture n'apparaît pas très stable, une sorte d'anthropologie peut-être, mais ce n'est pas très sûr. Clairement, ce livre est un livre de transition. S'il ne faut donc pas être dupe de l'exercice, il faut toutefois savoir gré à Daniel Cohen d'entreprendre une sorte d'aggiornamento auquel nombre de ses confrères refusent toujours avec une belle obstination de se livrer. Ceux-là préfèrent pérorer dans le vide au "Cercle des économistes" ou à "L'économie en question", alternant les explications rétrospectives et les spéculations hasardeuses. Ils cherchent à sauver une figure de l'économiste que la démonstration de l'incompétence devrait plutôt inciter à renouveler. Livre de réveil plutôt que d'éveil, donc.
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5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile
1.0 étoiles sur 5
"Histoire (sociale) de l'impôt", au plus, 23 février 2011
Sorti peu de temps avant le dernier ouvrage de Thomas Piketty ( Pour une révolution fiscale : Un impôt sur le revenu pour le XXIe siècle), ce petit Repères semblait tendre les bras à qui voulait s'informer un peu sur l'histoire de l'impôt en France pour mieux comprendre la nécessité de le réformer. L'introduction était prometteuse : "Cet ouvrage a pour ambition de revisiter l'histoire fiscale de la France aux XIX° et XX° siècle en abordant l'impôt comme un révélateur des relations entre l'Etat et les citoyens [...] il s'agit de montrer comment l'impôt s'est très progressivement immiscé dans la vie quotidienne des individus et a modifié leurs pratiques, à la fois celles des administrés et celles des agents de l'Etat." Malheureusement, la promesse tarde beaucoup trop à être tenue. La bonne première moitié de l'ouvrage relate essentiellement la succession des différentes réformes de l'impôt sans jamais donner l'impression que leurs moteurs soient suffisamment explorés, et encore moins l'influence qu'elles ont pu avoir sur les rapports sociaux. Démarrant à partir de la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'autre moitié semble rentrer plus avant dans le sujet, mais c'est en restant finalement très conventionnel : de la jacquerie poujadiste à celui des efforts de l'administration pour instaurer un autre rapport avec l'assujetti enfin émancipé, on n'est guère surpris par ce qu'on découvre. Reste que l'ouvrage offre des repères chronologiques certains pour qui s'intéresse à une histoire institutionnelle. C'est donc mieux que rien, mais il faudra une seconde édition pour qu'il mérite un tant soit peu son titre.
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3.0 étoiles sur 5
Utile, à condition de le prendre comme une introduction, 15 janvier 2011
Consacrer chaque année un ouvrage à l'inventaire des principaux thèmes qui agitent les entreprises : l'idée est tout bonnement excellente. Bien entendu, chacun imagine que la sélection est aussi partiale que partielle, mais qu'importe du moment que le parti pris est assumé, ce qui est effectivement le cas dans l'introduction. On cherchera donc, en attaquant l'ouvrage, à se mettre un peu sérieusement à l'heure du temps. Il faut toutefois souligner cette difficulté que les contributeurs sont issus d'une même école, Dauphine Recherches en Management (DRM pour les intimes), présenté comme "l'un des plus importants laboratoires de recherche français dans le domaine du management". Il ne faut pas craindre une lecture pratiquée au prisme d'une seule discipline. En effet, il est précisé que DRM s'intéresse aux domaines "de la finance, de la comptabilité, du contrôle, de l'audit, de l'organisation, de la stratégie, de la gestion des ressources humaines, du marketing et de l'innovation", pas moins. Par ailleurs, qui a séjourné quelque peu dans une université, ne serait-ce qu'en tant qu'étudiant, ne peut ignorer combien une église peut y comporter de chapelles. L'éclectisme des centres d'intérêt et les stratégies académiques semblent donc garantir que le sujet "entreprises" sera observé sous bien des angles. Non, ce qu'il faut craindre, c'est que le traitement de certains thèmes ne soit finalement que de surface, faisant l'économie de considérations assez fondamentales et pouvant de ce fait induire des erreurs d'interprétation non négligeables. La contribution de Danielle Picard sur la prévention des risques psychosociaux l'illustre bien, lorsqu'elle aborde le travail entrepris pour produire des indicateurs de suivi des risques psychosociaux. Dans cette partie, et dans la foulée de la mention aux travaux visant à exploiter les résultats d'enquête sur les conditions de travail, on lira : "De plus, une analyse rigoureuse des suicides au travail, établie à partir de la démarche d'autopsie psychologique, devrait collecter un ensemble de données susceptibles d'aider à prévenir les passages à l'acte suicidaire liés à l'activité professionnelle". On se demande ce que le groupe d'expertise réuni sur injonction du ministre du Travail pour produire des indicateurs (lequel groupe n'a finalement toujours pas poussé plus loin les feux au-delà d'une liste qu'il présentait initialement comme provisoire, fait singulier que Danielle Picard ne relève et n'interroge donc pas) penserait d'une telle réflexion. En effet, à moins de méconnaître singulièrement le landerneau des conditions de travail et de ne pas lire les gros titres des journaux, il est impossible d'ignorer combien le sujet de "l'autopsie psychologique" y a fait débat à la suite du scandale provoqué par l'exploitation en justice par l'employeur, contre la veuve d'un salarié tragiquement décédé demandant réparation, des résultats d'une telle "autopsie" produite par un très médiatique cabinet d'expertise. Plus généralement, c'est le débat considérable sur la psychologisation de l'approche des risques psychosociaux que l'auteur évacue bien rapidement. Pour en rester au collège d'expertise, ne lisait-on pas dans la présentation qu'en fait Michel Gollac devant le Conseil d'Orientation sur le Conditions de Travail (COCT) que "le collège devra également statuer sur la description de la santé et aussi traiter ce que certains courants de la psychologie nomment traits de personnalité. Faut-il les inclure [comme indicateurs de suivi des risques psychosociaux] et si oui sous quelle forme ? Ceci fait débat, mais on ne peut rejeter sans examen leur prise en compte" ? Si la lecture de l'ouvrage ne peut qu'instruire, il convient donc de savoir ne pas s'en contenter. Quitte à aller au-delà de la bibliographie sur laquelle chaque contributeur a pu s'appuyer, c'est probable.
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5.0 étoiles sur 5
Excellent décryptage d'une époque trop fantasmée, 29 décembre 2010
Retraçant sur deux pavés monumentaux le parcours de groupuscules gauchistes du milieu des années 50 à celui des années 70, le travail de Patrick Rotman et de Philippe Hamon semble s'imposer comme une référence incontournable pour toucher du doigt la réalité d'une époque qui apparaît extraordinairement lointaine. La lecture est édifiante pour qui s'est jusqu'alors contenté de quelques images d'émeute rue Gay Lussac ou du visage rieur de Daniel Cohn-Bendit comme points de repère, se laissant raconter que toute l'agitation de cette période avait dû se résumer à quelques esclandres entre étudiants agités, mais pas enragés, aiguillonnés par le leader du mouvement du 22 mars, et forces de l'ordre fermes, mais pas violentes, dirigées avec bienveillance par le préfet Grimaud. Entre autre découvertes, il faut s'attendre à l'orthodoxie vertigineuse du Parti communiste (et son extraordinaire hostilité aux immigrés), le sectarisme abyssal de quelques-uns des meilleurs éléments de Normale Sup, la violence déchaînée de forces de police, l'étouffante crispation du gouvernement en matière d'information et de moeurs. Ainsi, toutes les postures des acteurs personnels et institutionnels qui se croisent dans ce récit semblent relever de la démence, chacun cherchant à imposer sa raison à l'autre sans lésiner sur la violence et avec une parfaite cécité. Mais entre toutes, la trajectoire de la Gauche Prolétarienne semble incarner l'absurdité radicale du moment. Que des représentants de l'élite scolaire aient pu prendre pour mot d'ordre d'avoir la tête comme une casserole vide, se conduire en sectateurs zélés d'un dictateur asiatique prônant la table rase, se placer sous la coupe réglée de deux chefs délirants, verser dans une claire ébauche de terrorisme, le tout pour libérer le peuple, tout cela ne laisse pas de surprendre. Comment comprendre ? Plantée dans le livre, une phrase de Jean Daniel interpelle : "Composée exclusivement de gauchistes, une société est conduite à l'hystérie. Privée de gauchistes, une société est conduite à l'asphyxie". Une démocratie serait donc condamnée à engendrer des groupuscules totalitaires qui la combattent pour trouver le courage de réaliser et de corriger ses travers ? Le fourmillement de détails permettant de saisir les actes dans leur contexte et de retracer l'évolution des motivations permettra au lecteur de savoir s'il convient d'en tirer une aussi grande leçon ou s'il convient plutôt de ne voir dans les mouvements gauchistes évoqués que des phénomènes situés.
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14 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Très enrichissant opuscule, 21 novembre 2010
Petit recueil de contributions, l'ouvrage se dévore d'autant plus rapidement que les contributions sont brèves et limpides. Si le lecteur ne doit pas espérer être en mesure de regarder le monde comme un Japonais au terme de cette lecture, du moins peut-il s'attendre à savoir pourquoi et à se trouver en mesure de s'y essayer un peu. En effet, l'expérience consommée des deux cultures autorise l'auteur à mettre en avant quelques différences visiblement essentielles dans les manières de voir en s'appuyant sur des exemples très concrets où elles s'expriment. Le lecteur imaginatif peut ainsi aller plus loin en concevant quelques exercices dépaysants, comme par exemple se désigner toute une journée non pas par "je", mais par le rôle qu'il occupe pour celui auquel il s'adresse. Ou encore, ne pas mettre en avant sa volonté propre mais des circonstances irrésistibles pour faire valoir la sincérité de ses actes. Déroutant. Une petite lecture sur l'histoire du Japon semble recommandée pour saisir plus facilement les références que l'auteur peut y faire. Par exemple, le passage de l'ouvrage Le Chrysanthème et le sabre consacré aux transformations de l'ère Meiji, lequel présente par ailleurs l'intérêt d'apporter un regard de l'extérieur sur la culture japonaise, porté depuis une position totalement différente.
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2 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile
1.0 étoiles sur 5
Une approche maladroite trop centrée sur une psychosociologie impraticable, 18 novembre 2010
Depuis l'esclandre d'Henry Mintzberg ( Des managers, des vrais ! Pas des MBA : Un regard critique sur le management et son enseignement), dénoncer l'inadéquation des formations au management est devenu un lieu commun. En particulier, procès est fait à l'approche techniciste qui semble ignorer l'homme dans l'organisation. Il faudrait donc réhabiliter ce dernier. Clairement, l'ouvrage semble servir un tel programme en invitant le lecteur à enrichir sa manière de lire les comportements, histoire qu'il ne s'en tienne pas à des jugements à l'emporte-pièce ; par exemple, condamner sans ambages une résistance au changement au titre qu'elle est irrationnelle, alors que les individus ont toujours des "raisons, bonne raisons" d'agir, comme le dirait Raymond Boudon. On ne peut qu'applaudir cette initiative. Le problème est que les auteurs ont entrepris de dérouler des grilles de lecture en faisant l'économie de toute considération sur les frontières disciplinaires. Le schéma global est le suivant : partant d'un thème, il s'agit d'exposer comment il est possible de l'aborder en considérant successivement l'individu éclairé par la psychanalyse, le groupe éclairé par la psychosociologie et l'organisation éclairée par la sociologie des organisations. Or cette distribution des disciplines en fonction de l'échelle à laquelle la situation est considérée est véritablement problématique, car elle fait l'impasse sur les spécificités de chaque approche et leurs incompatibilités. Ce n'est pas simplement choquant du point de vue scientifique (il faut relire par exemple la préface de Moscovici à "La psychologie sociale, une discipline en mouvement" pour sa condamnation d'une telle vue en escalier), c'est aussi très déroutant pour l'étudiant qui se trouve confronté à une série de grilles de lecture sans savoir laquelle choisir. Car l'objectif que les auteurs manquent, c'est bien de former le futur manager dont le problème n'est pas d'enrichir sa culture en sciences humaines, mais de disposer d'outils opérants pour gérer les hommes. Dans ces conditions, il fallait évidemment mieux développer une méthode s'appuyant sur une grille parmi d'autres et lui apprendre la bien maîtriser, en choisissant soigneusement cette méthode pour qu'elle condamne l'impétrant à faire preuve d'empathie. Car c'est qu'on cherche : des managers qui écoutent ceux qu'ils encadrent, l'écoute signifiant non seulement prêter attention à ce qui est dit, mais aussi répondre aux attentes en apportant des solutions. Comment expliquer ce raté ? Sans doute parce que la plupart des auteurs se revendiquent de la psychosociologie et qu'il leur semblait important de ne pas exclure cette dernière. Mais au final, il faut bien le constater : la seule grille qu'ils proposent et qui présente un caractère un tant soit peu opératoire est l'analyse stratégique, laquelle relève de la sociologie des organisations. Les expériences en laboratoire conduites il y a des dizaines d'années aux Etats-Unis sont d'un bien médiocre secours au manager dans la pratique ; elles ne sont encore valorisées aujourd'hui qu'en tant qu'elles entretiennent cette fable selon laquelle il existerait des moyens magiques pour conduire autrui à adopter un certain comportement comme une mécanique. Somme toute, il faudrait que les auteurs fassent leur deuil de la psychosociologie s'ils souhaitent permettre au lecteur d'échapper à une vision déshumanisée des salariés dont il s'agit plus que jamais de se départir pour juguler l'inflation du mal-être au travail. Parole d'étudiant en MBA.
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7 internautes sur 21 ont trouvé ce commentaire utile
3.0 étoiles sur 5
Houellebecq comme de coutume, pour calimeros uniquement, 14 septembre 2010
Houellebecq est le grand prédicateur de la futilité de la vie. On connaît les deux techniques qu'il mobilise dans cet objectif, et qui définissent finalement son style. D'abord, ruiner régulièrement l'incessant travail que le lecteur entreprend malgré lui pour s'immerger dans l'action ; c'est essentiellement en braquant soudain l'attention sur un détail et accordant à sa description pour lui-même autant d'importance qu'à l'action qu'il y parvient. Mais l'entreprise ne vise pas seulement l'action dans le contexte du roman ; prêchant urbi et orbi, Houellebecq tient aussi à démontrer combien celle qui se déroule dans le monde du lecteur est tout aussi vaine. La mise en italique est un puissant moyen pour y parvenir, l'auteur faisant mine de s'emparer d'une conception extérieure en se pinçant le nez puisque c'est pour la déposer dans un décor dont l'insignifiance contraste avec l'importance dont son lecteur peut l'avoir investie. Houellebecq communique ainsi non sans saveur sa difficulté à être de ce monde. Tout cela parle à l'incompris, au grincheux, au dépressif, à la victime et à celui qui s'apprête à tirer la leçon de cet édifiant parcours des différents stades du deuil de l'idée que le monde est fait pour le servir. Bref, il écrit pour Calimero, ce qui tombe franchement pas mal en période de crise. Le roman ne manquera donc pas d'en réjouir plus d'un. Dans un entretien mielleux comme il sait les conduire lorsqu'il s'adresse à quelqu'un qu'il se figure penser comme lui - il y a d'ailleurs un passage remarquable où il s'empresse à ne pas le suivre dans une critique de Picasso, de crainte qu'il y ait débat (en italique) -, Alain Finkielkraut demande à notre auteur si son oeuvre ne relève pas d'une "ethnologie romanesque de l'humanité occidentale". On a peine à y croire, à moins de considérer que l'ethnologie consisterait à lire le monde à l'aune de ses goûts et de ses dégoûts. Ce n'est pas qu'il s'agisse ici de faire le procès d'un quelconque mouvement d'idées prétendues néo-réactionnaires, mais de juger que la succession de romans d'un déprimé mettant en scène des personnages dépressifs a quelque chose non pas de déprimant, mais de profondément abusif, et par là de lassant. Après un précédent roman très raté, on aurait aimé que Houellebecq rebondisse un peu, qu'il mobilise le talent indéniable qu'il a d'écrire pour s'essayer à faire de la fiction autre chose qu'un instrument au service de la mise en scène de brèves de comptoir sur "la société". C'est donc raté, mais il n'en demeure pas moins qu'en restant pareil à lui-même, l'auteur nous livre un roman qui réjouira petits et grands qui trouvent que décidément, la vie est trop injuste.
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6 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Référence incontournable à la difficulté parfaitement dosée, 2 août 2010
Qui s'intéresse à l'Analyse des données trouvera de nombreuses références sur le Web, mais il est à parier qu'elles lui laisserons un goût amer, soit qu'elles n'aborderont le sujet que du point de vue de l'utilisateur dépourvu de connaissances mathématiques élémentaires - on ne parle ici que d'évaluer la dispersion et de repérer un point dans un espace à trois dimensions -, soit qu'au contraire, elles rentreront dans le sujet du point de vue du mathématicien, perdant le lecteur dans des détails abscons du calcul matriciel. Cet ouvrage a été co-écrit par une contributrice de l'école de l'Analyse des données et le contenu s'en ressent. Affichant une grande maîtrise de leur sujet, les auteurs positionnent leur propos à mi-chemin des deux positions extrêmes qui viennent d'être évoquées, si bien que lecteur nourrit dès les premières pages l'impression de saisir le raisonnement mathématique au fondement de l'outil tout en pressentant l'usage qu'il pourrait en faire. En fait, toute l'astuce était de présenter la chose par la géométrie, plus intuitive que le calcul matriciel, mais il fallait prendre le temps de réaliser des figures intelligibles, ce qui en rebute toujours plus d'un. Un grand bravo aux auteurs.
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Derrida
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| DVD ~ Jacques Derrida |
| Prix : EUR 14,94 |
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5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile
1.0 étoiles sur 5
Un panégyrique navrant, 31 juillet 2010
Vers la fin où l'on se rendra en quatrième vitesse pour éviter l'assoupissement, l'émotion de la jeune étudiante américaine approchant le "maître" devrait apparaître au spectateur presque touchante, et l'intérêt de Derrida pour la donzelle contraster de manière très amusante avec l'impatience du vieux beau lorsqu'un étudiant boutonneux vient porter à sa connaissance l'intérêt qu'il trouve à je ne sais quelle théologie de la déconstruction. Bref, hormis cette blague qu'est le succès outre-atlantique de Derrida dont ce panégyrique cinématographique aux proportions staliniennes permet de prendre la mesure, il n'y a que la musique de Sakamoto de remarquable.
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