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Contenu rédigé par Ellipsis
Classement des meilleurs critiques: 42.946
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Ellipsis (France)

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Seul sur Mars [Blu-ray + Digital HD]
Seul sur Mars [Blu-ray + Digital HD]
DVD ~ Matt Damon
Prix : EUR 22,99

7 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Un tour sur Mars et ca repart, 22 novembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Seul sur Mars [Blu-ray + Digital HD] (Blu-ray)
Pour la troisième année de suite, nous avons le droit à notre gros film de SF automnal. Le technologie permet aujourd’hui de retranscrire les contraintes et la beauté de l’espace intersidéral pour le plus grand plaisir des rêveurs que nous sommes. Ce retour en force de la science fiction, et plus précisément du space opéra, est extrêmement marqué par le courant de la hard-science qui met en avant le réalisme et donc l’hostilité de notre environnement spatial. De genre relativement confidentiel de la littérature, la « science dure » s’est faite une place dans nos cinémas, Interstellar étant sans nul doute le premier véritable héritier de 2001, l’Odyssée de l’Espace.

Cette éclosion de la hard-science a fait naitre en moi un fantasme cinématographique profond : celui de ressentir l’hostilité, la profondeur et le mystère de l’espace avec ses contraintes réelles. Gravity et Interstellar m’ont malgré tout un peu déçu sur ce point car la narration hollywoodienne à toujours modifié les lois de la physique à sa sauce. On en revient à l’éternelle question de savoir si un film peut se permettre d’être totalement réaliste pour être réalisable et bien entendu pour fonctionner à l’écran. Une chose est sûre, nous ne le saurons pas avec Seul sur Mars, fruit du désormais traditionnel blockbuster de l’infatigable Ridley Scott. Le film est inspiré d’un livre que je n’ai jamais lu, c’est pourquoi je me contenterai de parler uniquement du film.

Le pas en avant vers un cinéma de hard-science est bafoué par le réalisateur britannique qui décide de sacrifier l’idée d’un huis-clos martien pour une histoire totalement bateau d’un sauvetage à haut risque. Le problème est qu’on ne doute pas une seconde de la fin du film alors même que notre héros se trouve à une distance inouïe de la planète bleue. Ce qui casse la dynamique est l’élaboration du plan de sauvetage sur Terre et des conséquences médiatico-politiques à peine survolées. L’ensemble de ces scènes sont terriblement convenu et inintéressant, que ce soit d’un point de vue narratif ou de mise en scène. Ainsi, une succession de séquences plus ou moins crédibles conduisent les scientifiques de la NASA à prendre des décisions rarement cohérentes. D’ailleurs, le boss de l’agence spatiale (dont le logo apparait environ un milliard de fois) n’est autre que Jeff Daniels, l’incorrigible acolyte de Jim Carrey dans Dumb & Dumber. Son personnage est tellement insignifiant et caricatural qu’on aurait préféré qu’il soit coincé sur Mars à tout jamais. Un rôle qui aurait pu convenir à Sean Bean mais celui-ci sert plutôt de faire valoir au fort capital sympathie.

Prendre les spectateurs pour des cons devient même totalement assumé lorsque les analogies pour nous expliquer les mécanismes spatiaux se limitent à utiliser une agrafeuse, quelques bruits de bouche ou une pauvre salière qui n’a rien demandé. A contrario, quand Matt Damon fait pousser des patates avec du caca sous vide, il invente un système d’irrigation dont le commun des mortels sera bien incapable de comprendre les spécificités tant l’explication est complexifiée. Toute vraisemblance est ainsi jetée à la poubelle pour créer un mélodrame saturé d’un héroïsme américain sans fioritures.

Fort heureusement, les séquences sur Mars sont plus agréables. Visuellement ça claque et les décors sont magnifiés par une belle 3D. Le orange donne beaucoup de force aux images comme le matériel scientifique qui a vraiment de la gueule : que ce soit les vaisseaux spatiaux, le module martien, les tenues de survie ou le véhicule tout terrain. Ces bonnes intentions au service de l’immersion ne s’appliquent cependant pas au cosmonaute Mark Watney puisque sa survie ne dégage aucune dimension psychologique. Là où le sujet aurait pris tout son sens, notre héros prend la situation avec légèreté et rigolade. En effet, tout est tourné à la dérision et on peine à ressentir la solitude absolue d’un homme qui passe ses journées à parler tout seul. Pas d’attache familiale, pas de pensées négatives, juste un type hermétique à toute émotion, hormis l’humour. Évidemment, je conçois la difficulté de mettre en forme un huis-clos. Mais si l’on voulait faire ressentir la solitude extrême et l’absence de contact avec la Terre, il aurait mieux valu que tout le film se passe uniquement sur Mars, quitte à être contemplatif. A la place, la trame scénaristique ne peut s’empêcher de combler les silences. En dépit d’interlocuteur réel, Mark Watney raconte sa vie à haute voix à son journal de bord où lit les conversassions à travers son écran d’ordinateur. Autant de situations pas naturelles au cinéma. Enfin, les ellipses temporelles enlèvent toute dynamique à l’action qui est censée se dérouler sur quatre années. Pour faire passer la pilule, les unités de temps ne sont pas données en jours terrestres mais en « sols » martiens.

Dernière étrangeté de Seul sur Mars, sa bande son disco. Originale à coup sûr, elle accentue également le second degré exagéré du film jusqu’à partir dans tous les sens à l’image du générique de fin tout droit sorti d’une sitcom et qui enchaine sur I’ll Survive. Un bel exemple de mauvais gout alors même que des compositions plus traditionnelles et le Starman de David Bowie s’invitent à la fête.

La technologie actuelle permet de réaliser de très jolis films sur l’espace, Seul sur Mars en est encore la preuve. Néanmoins, ce que l’on attend comme de la hard science n’est en fait qu’un film de SF léger et remplaçant la dure survie d’un homme dans un monde hostile par le spectaculaire et l’invraisemblable. Alors oui, c’est divertissant mais il y avait tellement mieux à faire avec une idée pareille… A des années lumières du viscéral et claustrophobique Moon, indéniablement moins puissant et intriguant qu’Interstellar, le dernier blockbuster de Ridley Scott l’a joue « petits bras » sans prendre le moindre risque. Il serait sans doute plus opportun de lire le bouquin ou d’attendre Prometheus 2 (:toux:).
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 12, 2016 8:55 PM CET


Spectre [Blu-ray + Digital HD]
Spectre [Blu-ray + Digital HD]
DVD ~ Daniel Craig
Prix : EUR 22,99

22 internautes sur 39 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Bond is back in action, 21 novembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Spectre [Blu-ray + Digital HD] (Blu-ray)
L’arrivée de Daniel Craig dans le rôle de James Bond en 2006 a permis à la plus longue saga de l’histoire du cinéma de se remettre en question et de montrer le mythe de Ian Fleming sous un nouvel angle. Depuis Casino Royale, l’agent secret est devenu plus humain et ancré dans une réalité abrupte où il faut affronter une menace invisible. Centrée sur 007, la narration des derniers films a donné de l’épaisseur à un personnage jugé trop lisse voire caricatural durant l’ère Brosnan (hormis Goldeneye !). Son amour déchiré pour Vesper Lynd a fait ressortir une complexité inédite pour définitivement casser son image de dinosaure de la Guerre Froide.

Neuf ans plus tard, on peut donc constater que le reboot a fonctionné grâce notamment aux talents de deux réalisateurs : Martin Campbell et Sam Mendes. Répondre à la question de la place de James Bond dans le monde actuel a été résolue à merveille, rendant encore pour un temps la saga intemporelle. Daniel Craig, incarnation ultime de double-zéro-sept, se lance ainsi dans SPECTRE après le succès intégral de Skyfall. Encore un coup de maître ?

Le milliard empoché avec le précédent film, qui plus est adoubé par la majorité des critiques, a conduit les producteurs à continuer avec une équipe qui gagne. Sam Mendes a finalement rempilé pour un épisode, lui qui vient pourtant d’un cinéma loin des fastes des avants premières mondiales et des promos marathons. Le réalisateur avait de bonnes raisons après la superbe fin de Skyfall comme il l’expliquait pour Première : « Le temps aidant, j’ai commencé à ressasser beaucoup de choses. A imaginer ce que je pourrais faire avec les trois personnages que j’avais castés et redéfinis.« En l’occurrence Ralph Fiennes pour M, Naomie Harris pour Moneypenny et Ben Whishaw alias Q.

Très inspiré par l’esthétique particulière de Vivre et Laisser Mourir, Sam Mendes a conçu un pré-générique qui se place dans l’ambiance du premier Bond de Roger Moore. Au cœur de la Fête des Morts de Mexico, la caméra suit 007 avec sa compagne du jour dans un splendide plan séquence, accompagné par une BO au poil. Le fantasme d’avoir un pré-générique en un seul morceau en restera un, car une fois l’action sur le point de commencer, le montage « traditionnel » reprend ces droits. Pour autant, cette introduction est absolument géniale, magnifiée notamment par les rues noires de monde avec ces défilés de squelettes et de têtes de morts. Impressionnante aussi la baston dans le cockpit d’un hélicoptère qui voltige dans tous les sens au dessus de la foule. Les pré-génériques ont très souvent de la gueule mais celui là, encore plus.

Il donne finalement le ton qui sera celui du film pendant pratiquement les 2h30. L’infatigable Bond parcours le globe dans tous les véhicules possibles (la part belle est faite aux engins volants) et tente les manœuvres les plus improbables aussi bien pour sauver sa peau, la fille, et bien sûr le monde. En effet, SPECTRE revient au schéma traditionnel de la saga mais conçu autour d’un budget pharaonique (300M$) pour rappeler au plus grand nombre que le divertissement et le spectaculaire restent et resteront dans l’ADN de ces films. Sur ce point, il est évident que l’on en prend plein la gueule. Les scènes d’actions sont ouf et suffisamment variées pour ne pas tomber dans l’overdose même s’il devient difficile d’être original après 23 épisodes de dézinguages. Par exemple, la baston dans un train entre 007 et l’ex champion du monde de catch Dave Bautista dégage une véritable brutalité. Bien différente des bagarres sur rails de Bons Baisers de Russie, qui n’en demeure pas moins un super film. Cette apothéose inattendue de sensationnelle dans l’ère Craig garde tout de même un lien étroit avec les derniers films. Les précédents méchants sont cités, rappelant que les tentacules du SPECTRE s’agitaient devant nos yeux dès Casino Royale. L’impossibilité d’utiliser ce nom pour des raisons de droits a conduit la création de la filiale Quantum (dans Quantum of Solace) qui tournait déjà autour du pot. Cette continuité est agréable et confère plus que jamais un univers propre au 007 de Daniel Craig.

La saga Bond est aussi un miroir sur l’industrie du cinéma à une période donnée. Parfois pour le meilleur (la violence des années 1980 de l’ère Timothy Dalton) mais aussi pour le pire (le nanar Moonraker qui surfait sur le succès de Star Wars). Le milieu des années 2000 a transformé nos héros en personnages sombres et torturés, ce qu’est James Bond aujourd’hui. Ce cru 2015 se rapproche vraiment de l’image des super héros qui misent sur de gros budgets, du grand spectacle mais tentent aussi de fouiller la raison d’être de ces surhommes. Dans SPECTRE, Bond semble en effet être l’un deux : increvable, défendant le monde libre face au Big Brother numérique globalisé mais luttant également contre lui même. Comme une sorte de « batmanisation/marvelisation » du mythe pour muter selon les codes de notre époque. Le choix même du méchant, ce demi-frère caricatural et fantomatique, met à l’épreuve 007 dans le dernier acte du film parmi les décombres de sa vie passée. Une scène par ailleurs très réussie qui clôt une fois pour toute les blessures intimes du personnage.

Les inspirations puisent même des éléments aux nouveaux Mission:Impossible. Bond n’est plus seul sur le terrain, c’est presque une A-Team formée par M, Q et Moneypenny. Finalement, le surhomme ne l’est pas tant que ça et découvrir des personnages cantonnés à leur bureau habituellement donne un certain rafraichissement à l’image institutionnelle qu’ils peuvent représenter. En dépit d’une volonté réaliste.

Cette surenchère fini néanmoins par payer son tribut. Une telle machine économique ne peut que difficilement s’en sortir sans accroc. Ce qui souffre le plus de ce retour au Bond classique est le scénario d’une qualité particulièrement inégale. Autant la trame se déroule avec aisance que certains scènes clés sont au mieux décevantes, au pire ratées. Le symbole est encore une fois le méchant interprété par Christoph Waltz. Vouloir lui donner des liens familiaux avec 007 dénature vraiment ses motivations et ressemble à une solution de facilité alors que la complexité de l’organisation secrète fascinait par ses mystères. On en vient évidemment à la scène de torture, véritable objet WTF qui rend presque mal à l’aise. Trop sixties pour faire peur, trop gros pour être vraisemblable. D’autres personnages aussi manquent parfois de profondeur comme C, épine dans le pied du MI6 et surtout le retour de Mister White dont les fans attendaient tellement plus. Ce représentant du SPECTRE, habituellement sans pitié et peu loquace, se trouve confronté à un dialogue insipide dans son chalet autrichien. Si on part du principe que beaucoup de temps s’est écoulé depuis sa dernière rencontre avec Bond, ca peut passer. Mais un tel changement de personnalité, la disparition de cette crainte à le voir, rend son apparition largement décevante.

Difficile de savoir à quel point le script leaké il y a un an lors du piratage de Sony a eu un impact sur le travail des scénaristes. A le vue de ceux-ci, il ne semble pas que la ligne directrice du film eut été tellement entachée. L’autre point faible de SPECTRE est également la photographie de Hoyte van Hoytema, qui a pourtant travaillé sur Interstellar ou Her. Je reconnais que c’est plutôt subjectif mais le travail somptueux de l’immense Roger Deakins sur Skyfall avait un impact non négligeable dans le succès du film. Cette fois, on a quelque peu l’impression qu’il est souvent imité mais jamais égalé : couleurs fadasses, jaune/oranger omniprésent et noirs qui manquent clairement de profondeur. Pour se remettre de ces déceptions, la bande son de Thomas Newman s’avère très réussie. Elle est épique, bondienne et propose des sonorités très variées qui lui donne de la personnalité. La poursuite entre l’Aston Martin et la Jaguar est un bon exemple du changement de rythme régulier de la musique lorsque des cœurs électrisants se mettent à résonner lors du passage des deux bolides au Vatican.

Terminons tout de même par les Bond-girls. Monica Belucci a toujours son charme légendaire et colle bien à son personnage de femme endeuillée et fataliste. Léa Seydoux ne se débrouille pas mal non plus mais son rôle somme toute lambda n’entrera pas dans les annales comme la Vesper Lynd d’Eva Green. Là encore, on touche sans doute un soucis d’écriture mais la personnalité de la Bond-girl est certainement le rôle le plus casse gueule à définir à chaque nouvel épisode.

SPECTRE renoue avec la construction classique du film de James Bond, une première dans l’ère Craig, sous forme d’un immense blockbuster représentatif des grosses productions actuelles : on met des centaines de millions pour récolter des milliards. A ce prix là, le spectaculaire prend le dessus à travers une pelleté de scènes d’actions époustouflantes arrivant à chaque fois à point nommé. Cependant, elles ne permettent pas de faire oublier un scénario étrangement inégal dont les nombreux clins d’œils plus ou moins subtiles à la mythologie 007 ne suffisent pas à en faire un incontournable. N’en demeure pas moins que Daniel Craig s’impose une fois encore comme le meilleur James Bond, adoubé par le placement produit omniprésent à travers un défilé de costards Tom Ford et autres tenues d’hiver aux accents hypsters. Rien que pour vos yeux.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (7) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 26, 2016 10:37 AM CET


La Rage au ventre [Édition boîtier SteelBook]
La Rage au ventre [Édition boîtier SteelBook]
DVD ~ Jake Gyllenhaal
Prix : EUR 20,00

8 internautes sur 20 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Jake Gyllenhaal contre le reste du monde, 29 septembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Rage au ventre [Édition boîtier SteelBook] (Blu-ray)
Billy Hope est un boxeur de 40 ans au sommet de la gloire. Champion du monde, riche, mari et père heureux, sa vie s’écroule lorsque sa femme décède à cause d’un rival trop prétentieux. Dès lors, il perd tout mais le placement de sa fille dans un foyer le force à se reprendre grâce à la boxe et un certain Titus Willis aka Forest Whitaker.

Désormais habitué aux rôles de composition, Jake Gyllenhaal s’affirme toujours plus dans la catégorie des grands acteurs capables d’émoustiller aussi bien les cinéphiles rigides que les fantasmes des jeunes filles. Ce grand écart est le fruit d’une filmographie judicieuse avec des projets originaux pouvant parler au plus grand nombre, même s’il suit la tangente du cinéma indépendant. Son seul véritable blockbuster, Prince of Persia : les sables du temps, montre peut être que le pop-corn et l’IMAX 3D ne sont pas dans son ADN.

Fort de cette solide notoriété, l’acteur au nom difficilement prononçable se met cette fois au service d’Antoine Fucqua, le réalisateur nous ayant offert des bijoux comme Shooter (:toux:) et Les Larmes du soleil (:quinte de toux:). Il ne fallait pas se faire d’illusion, La Rage au ventre ne fait pas dans la dentelle. Quoique ! En effet, sous ses apparences de bastonnade à grand spectacle, le film se concentre majoritairement sur l’histoire d’un boxeur un peu boloss à la recherche d’une nouvelle vie. Et oui, nous assistons bien à un mélodrame qui tente de nous faire pleurer une bonne dizaine de fois, où tous les événements les plus horribles possibles arrivent à notre personnage principal.

Pour être bien sûr de comprendre la détresse psychologique et la métaphore alambiquée avec la boxe (je me bats dans le ring comme dans la vie, on prend tous des coups [ndlr : wesh]), le film n’hésite pas à sortir les violons pour un rien. Par exemple, il pousse à l’extrême la dimension dramatique de la mort de sa femme qui en devient presque risible. N’oublions pas que notre héros s’appelle également Hope au cas où cette leçon d’espoir nous aurait échappé. Sans cesse raconté au premier degré, il n’y a aucune finesse dans La rage au ventre qui n’est pas allé cherché bien loin ses émotions. Quand on voit la manière caricaturale de dépeindre les traits de caractère des personnages, à nous balancer du gros rap, des guns et nous faire profiter de la classe innée d’un 50cent à chapeau. Le sous titre de l’affiche aurait presque pu être : « qui aura la plus grosse ? ».

Néanmoins, La Rage au ventre assure là où il faut : les combats de boxe. Réalistes car enrobés d’une mise en scène audiovisuelle, ils proposent une chorégraphie rutilante qui fait la part belle à un public effervescent dans le majestueux Madison Square Garden. Cela démontre la force du sport pour déployer de l’intensité dramatique, le meilleur scénario est souvent celui du terrain ou du ring. Pour autant, le résistance hallucinante des protagonistes aux coups en pleine poire gâche un peu le plaisir.

Il serait dommage dans cet article de ne pas citer la performance de Jake Gyllenhaal, qui, malgré son personnage moyennement futé, impressionne une fois encore. Consensuel par son talent, il tient pratiquement le film à lui seul par son jeu viscérale qui donne envie de croire à l’histoire. Sa transformation physique est elle aussi saisissante. Amaigri dans Night Call, il prend cette fois de la masse pour ressembler à un boxeur dont il a également appris les techniques.

Plus un mélodrame qu’un film sur le sport, La Rage au ventre sa place malgré tout dans la lignée des bons films de boxe, tradition du cinéma américain. Emmené par un excellent Jake Gyllenhaal, le résultat aurait été tout autre avec un acteur lambda, à cause d’un scenario qui joue tout sur des émotions tirées par les cheveux. De plus, en frôlant dangereusement avec la bolossitude, le film évite le pire mais rappelle surtout qu’un bon coup de poing dans la tronche est un remède salvateur contre la dépression.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 5, 2015 8:08 AM CET


Tour de France 2015
Tour de France 2015
Proposé par Gamesland-04
Prix : EUR 28,39

3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Pour la beauté du geste, 29 septembre 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Tour de France 2015 (Jeu vidéo)
Cela fait déjà plus de dix ans que le studio Cyanide est arrivé sur PC avec son Cycling Manager. Moqué par certains, le jeu de gestion est devenu au fil des années un indispensable pour tous les fans de vélo. Il faut dire que l’absence totale de concurrence a laissé le champ libre à l’éditeur français Focus qui a désormais trouvé son public. Bien installé sur ordinateurs, une version alternative se présente sur consoles, estampillée Tour de France pour enfiler les virages de l’Alpe d’Huez manette en main. Cette monture 2015 a de quoi ravir les amateurs mais aussi, et surtout, ceux qui ne veulent pas se prendre la tête avec la stratégie rebutante sur PC.
L’as de la pédale

Le Tour de France 2015 vous place au cœur du peloton puisque vous choisissez un coureur avant le début de chaque étape. Vous contrôlez celui ci individuellement avec pour repère deux jauges à ne jamais perdre des yeux. Il reste toujours possible de donner des consignes à vos collègues et même changer durant la course pour la jouer plus ou moins stratège. Simple en apparence, Le Tour de France 2015 est finalement plutôt fin dans le contrôle de l’effort, structure même du jeu. La première jauge (bleue) définie la fatigue de votre cycliste, il peut récupérer une partie de sa forme en pédalant moins vite ou en adoptant une position aérodynamique dans les descentes. La seconde jauge (rouge) est celle des attaques et des sprints ; en tapotant X (sur PS4) vous giclez comme il faut mais gare à votre jauge bleue qui en prend forcément un coup. Évidemment, une fois une attaque terminée, il faut attendre que vos jambes reprennent du poil de la bête. L’autre variable est le choix du braquet : petit ou grand. Cela influe sur votre fatigue et donne pas mal d’intensité à la course, c’est pourquoi une maitrise parfaite de ses gâchettes est la clé des étapes de montagne. Les collations que vous avez choisi avant le départ n’ont que peu d’effet sur votre forme, il faut les ingurgiter au bon moment pour placer une bonne mine à ce trublion de Christophe Riblon qui vous suce la roue.

Tout ces éléments sont influencés par l’environnement de course. Se protéger du vent est primordial pour éviter les bordures et donc les fringales trop rapides mais se cacher dans le peloton n’est pas la solution. En effet, c’est terminé le temps où vos adversaires vous laissaient gentiment avancer. Cette année, il forme est un vrai bloc qu’il n’est pas simple de remonter sans se fatiguer. Un aspect bien foutu qui donne beaucoup de sens aux étapes de plaines qui rend les sprints massifs bien plus haletants qu’auparavant. La routine est également brisée par des objectifs donnés en début de course afin de correctement gérer votre Tour.

La feature du jeu est bien sur la possibilité de participer au Tour de France 2015. La licence officielle vous plonge dans le parcours estival qui part d’Utrecht jusqu’à Paris. Le moteur graphique s’améliore doucement avec des couleurs chatoyantes et de sensations de vitesse réussies. On reconnait quelques lieux emblématiques et les environnements changent en fonction de la région traversée. Le sprint en pleine mer à Zélande, le Pont de Millau, les lacets de l’Alpe d’Huez et le circuit finale entre Les Champs et Les Tuileries font partie des éléments identifiables. Il restent cependant assez rares et on espère que des détails géographiques s’éditionneront les prochaines fois. Néanmoins, dans le fond, ce n’est pas non plus folichon visuellement. Les textures, comme les éléments de décors sont assez simples tandis que du clipping s’invite à la fête. Les plus pointilleux noteront la baisse de framerate lorsque la course s’accélère et que l’on se trouve au milieu d’un peloton de 198 coureurs.

La charte graphique du Tour est respectée, les sponsors sont bien présents mais l’atmosphère estival manque à la fête. Certes, le jeu progresse chaque année avec désormais plus de monde autour des routes, des gens qui crient (toujours les mêmes trucs) et des connards qui se mettent au milieu du tracé en haute montagne. En cas de victoire ou de la prise de possession d’un maillot, un courte cinématique est censé vous faire savourer l’exploit. Cependant, la voix du speaker qui surjoue et la tronche générique pour tous les coureurs rend la chose impersonnelle. C’est à vous de ressentir la joie d’un titre, le jeu vous ramera bien vite au menu principal une fois le Tour bouclé. Deux autres courses sont présentes dans le mode Pro Tour mais visuellement c’est la même chose, il y a marqué Tour de France de partout !

Il s’agit donc de se pencher sur le mode Pro Team, sorte de FIFA Ultimate Team pour cyclistes. Ici, vous créez votre propre équipe, l’occasion pour moi de faire revenir feue la Phonak. Le team se compose de coureurs imaginaires mais avec une petite somme d’argent vous pouvez recruter quelques types parmi les équipes présentes dans le jeu. Avec vos bras cassés, vous démarrez sur le Criterium International, sorte de troisième division où il vous faudra bien figurer pour se qualifier au Dauphiné Libéré. Ici, la concurrence augmente et il semble impossible de faire un bon coup lors de sa première participation. Les étapes des deux critériums sont tirés d’anciens opus de Tour de France, il est donc possible de se faire une arrivée au Mont Ventoux forcément sympa. Une fois l’oseille accumulée et l’amélioration des résultats acquise, vous pouvez ramener dans votre équipe de meilleurs coureurs sachant qu’il va falloir carburer pour débloquer la crème de la crème. Le but ultime est de prendre quelques légendes comme Marco Pantani, Eddy Merckx ou notre cher Blaireau. L’avantage (ou le désavantage pour d’autres) et que les années passent mais les coureurs gardent les mêmes stats et le même âge. Pas de regens à la Football Manager, on reste dans un peloton réaliste. Cette gestion de l’effectif est très simple mais suffisamment addictive pour avoir l’envie de former l’équipe parfaite et remporter le Saint Graal de manière indiscutable.

Tour de France 2015 est une bonne manière de savourer la Grande Boucle sur sa console de jeu. Moins exigent que Cycling Manager, il s'adresse à un public large en se basant sur une gestion de l’effort simple à comprendre tout en se concentrant sur la course reine. Le contenu est forcément limité par rapport au jeu PC qui propose de faire toute la saison cycliste, mais pour beaucoup, ce Tour de France risquera de finir sur Priceminister une fois l'été terminé. En attendant forcément le prochain.


Pixels [DVD + Copie digitale + 1 planche de décalcomanies]
Pixels [DVD + Copie digitale + 1 planche de décalcomanies]
DVD ~ Adam Sandler

3 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Pixel fart, 29 septembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Pixels [DVD + Copie digitale + 1 planche de décalcomanies] (DVD)
Gamins, Sam Brenner et ses potes avaient un sacré skill sur les bornes d’arcade du début des années 1980. Trente ans plus tard, ce négligeable talent va enfin servir l’humanité puisque une invasion extraterrestre prenant la forme de personnages de jeux vidéo 8bits se profile. Galaga, Pac-Man ou encore Donkey Kong sont les menaces, il va falloir scorer.

Pas si novateur qu’il en a l’air, Pixels puise son inspiration dans… Pixels, un court métrage de Patrick Jean récompensé en 2010 expliquant de nombreux choix visuels de Chris Colombus. Il rappelle également un épisode de Futurama où, là aussi, des personnages de jeux vidéo retro attaquent la Terre. Non pas qu’il soit mauvais de regarder ailleurs, cela montre surtout que le concept semble plus adapté à des formats courts. En effet, à tricoter une histoire et des dialogues sur une idée sympa mais dont les limites sont perceptibles, on se retrouve avec un film indigeste pour le commun des mortels.

En somme, mettre en scène des personnages 8bits c’est rigolo. En revanche, une fois la surprise passée, il est bien difficile de donner de la personnalité à des tas de pixels qui, à l’époque, ne parlaient pas et avaient trois animations sommaires. Devoir supporter le tapiroïde Q*bert est une torture que même la Gestapo n’aurait pas osé nous infliger lors d’une invasion un peu moins fun.

Visuellement impeccable, bourré de couleurs chatoyantes et d’effets de style dans le genre pixel art, Pixels aurait plutôt sa place sur YouTube pour impressionner nos mirettes. Sony Pictures en a décidé autrement en concoctant une comédie bien ricaine autour d’acteurs comme Adam Sandler dont le sens de l’humour n’a jamais dépassé les frontières de la culture US. D’ailleurs son succès reste un mystère tant sa filmographie pue du zboub. A ses côtés, le nouveau nain hype d’Hollywood, Peter Dinklage, est peut être le seul personnage principal qui vaille le détour (quoique). Il y aussi Sean Bean prenant place dans la caricature la moins subtile des britanniques qu’il était possible de faire. Limite insultant.

En dépit d’une excellente 3D et d’effets visuels réjouissants, Pixels n’en demeure pas moins une comédie obstinément lourde à l’humour américain gras et insipide. Rarement drôle, il ne suffit pas de mettre en scène des personnages nawak dans des dialogues crétins pour donner un sens à une parodie. Au contraire, l’art du décalage requiert une savante construction pour échapper au ridicule, tristement assumé ici. Le fan service omniprésent plaira sans doute à une poignée de nostalgiques mais le fait de ressortir de Pixels avec la tête grosse comme une pastèque montre à quel point le tout-divertissement à ses limites.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 9, 2015 9:39 AM CET


Ex Machina
Ex Machina
DVD ~ Domhnall Gleeson
Proposé par plusdecinema
Prix : EUR 8,44

24 internautes sur 27 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Deus Ex Machina, 27 juillet 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ex Machina (DVD)
Caleb est un jeune programmeur pour l’immense société Bluebook, premier moteur de recherche au monde sur le web. En tant que lauréat d’un concours, il gagne le droit de rencontrer son cher patron, reclus dans une baraque coincée en pleine forêt. Nathan va lui proposer de tester une intelligence artificielle qu’il a développé, un projet top secret synonyme d’avancée majeure dans l’histoire humaine.

Longtemps scénariste pour Dany Boyle et certains de ses films plus ou moins SF (21 jours plus tard, Sunshine), Alex Garland se lance dans le grand bain à la réalisation d’Ex Machina. L’intelligence artificielle est un sujet archivisité au cinéma mais Garland apporte une vision plus posée où la réflexion et le thriller remplacent les explosions et l’action survoltée. Face au grand mystère que représentent les réseaux sociaux et l’utilisation du big data sur le web, le réalisateur joue sur les fantasmes plus ou moins avérés de la toute puissance du GAFAM (les monstres Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft).

A l’heure où des milliards de données transitent sur les plateformes du web, le caméléon Oscar Isaac représente un de ces patrons ayant réussi, à l’image des Steve Jobs et Mark Zuckerberg. Cool en apparence, le bonhomme semble dépassé par un égo démesuré, à l’échelle de ses créations robotiques toutes aussi fascinantes que l’empire binaire qu’il a construit. On touche alors une hypothèse intéressante quant au futur de l’usage des données enregistrées sur la toile pour le pire mais aussi le meilleur.

Sur la forme, Ex Machina est une franche réussite. Le thriller psychologique s’engouffre dans cette fameuse expérience de Turing où le jeune Caleb tente de définir l’état de conscience du robot Ava. Au fin fond de la forêt humide, dans un bunker moderne à l’architecture épurée, personne ne vous entendra crier. Le fait que la firme Bluebook ne soit représentée que par un seul homme accroît la sensation d’intimité et surtout notre empathie pour Caleb dont les choix et les pensées sont toujours proches de ceux du spectateur. L’aspect très cinématographique est aussi appuyé par ces femmes robots au charme dérangeant puisque l’absence de frontière entre réel et virtuel est la pierre angulaire du film.

Il est par contre regrettable de ne pas être allé encore plus loin dans le message, que le brouillage des pistes ne nous transportent pas encore plus haut. Les sessions avec Ava, des discussions toujours rondement menées, gagnent en intensité et en étrangeté mais une fois qu’on se met à parler d’amour et de sentiment, la narration stagne et ne se concentre que là dessus. Certes cela fait son effet, une gène s’empare aussi bien de nous que de Caleb, mais la grande question métaphysique qui se faisait doucement attendre n’arrivera jamais. En lieu et place, on se perd dans une mélancolie parfois lancinante qui, heureusement, est légitime pour le bon déroulement de l’histoire.

Il n’est pas évident d’aborder un sujet devenu récurrent dans le cinéma de SF des années 2010. Emparée habituellement par des blockbusters plus ou moins grossiers, l’intelligence artificielle de Ex Machine possède une maturité prolongeant le débat au delà du générique final. La direction artistique moderne et épurée donne à chaque décor une atmosphère particulière en accentuant aussi bien la claustrophobie ambiante que le calme réjouissant de la forêt. Jeu de yoyo pour nos pensées et nos représentations, Garand réussit à nous bousculer sans pour autant nous transcender à cause de ficelles parfois trop visibles. Il serait cependant dommage de passer à côté de par l’esthétique 5 étoiles, de la photo et la nouvelle performance originale d’Oscar Isaac en hipster impossible à cerner. La grande question est maintenant de savoir laquelle des créatures est la plus habile : la femme ou le robot ?


Ant-Man
Ant-Man
DVD ~ Paul Rudd
Prix : EUR 17,99

2 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 La fourmi atomique, 27 juillet 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ant-Man (DVD)
Tout juste sorti de prison, Scott Lang se remet aux cambriolages pour gagner l’estime de son ex-femme et de sa fille. Cette périlleuse destinée l’emmène chez le Docteur Pym, l’ami des fourmis, où il dérobe un drôle de costume qui le conduira à assumer de lourdes responsabilités.

Poule aux œufs d’or insatiable des gros studios américains, les films de super-héros s’enchaînent (et se ressemblent) depuis quelques années sous la forme de blockbusters qui tâchent. Conçus autour de budgets hors du commun et des effets spéciaux omniprésents, la recette fonctionne à merveille créant des bénéfices astronomiques au box office mondial. Et tant pis si c’est la même chose à chaque fois d’un point de vue narratif ou d’une banalité visuelle chronique. La tendance permet à chaque super-héros, aussi inconnus soient ils dans les comics, d’avoir leurs propres longs métrages financés à coups de gros millions. C’est avec une certaine stupéfaction que les reboots se multiplient (le troisième pour Spiderman en 15 ans) et les spin off tentent de former maladroitement des mythologies cinématographiques : le syndrome Avengers en somme.

Alors qu’en est il de Ant-Man ? L’homme fourmi peut faire soupirer, à se demander jusqu’où les blockbusters US iront pour nous sortir le quota annuel de super pouvoirs. Au moins, cette fois, il existe un minimum d’originalité dans le personnage principal qui peut, en une seule pression sur un bouton de son costume, devenir minuscule. Ces changements d’échelle sont bien foutus, assez fascinants, et rendent les scènes d’actions intéressantes. Grâce aux incessantes transformations, la chorégraphie des combats devient tout de suite plus pêchue et surprenante. Il est même dommage que cette force ne soit pas plus souvent exploitée, car en voyant le monde par cet autre point de vue, la mayonnaise aurait aisément pu prendre.

Et oui, il n’est point facile de faire une bonne mayonnaise. Parce que pour le reste, Ant-Man est un film qui patauge entre deux styles pas plus maîtrisés l’un que l’autre : la comédie et le blockbuster d’action. Très bizarrement, les deux se côtoient sans transition en alternant les scènes/répliques censées être drôles et la narration traditionnelle de la découverte des super pouvoirs au sauvetage du monde. Par conséquent, c’est reparti pour une dose de déjà vu. Le gentil looser divorcé voulant que sa fille soit fière de lui est un archétype indigérable. Ensuite, le professeur sage parmi les sages écrit pour un dessin animé TFOU ou une publicité Jean Louis David peine à élever l’intensité dramatique. Un peu de respect pour Michael Douglas, m**** ! Bon, c’est quand même sympa de le voir à l’écran, en particulier cette première scène flashback au bon souvenir de sa filmographie 80’s.

On ne dira rien sur le seul rôle féminin principal dont la souffrance profonde vient de la mort suspecte de sa mère il y a bien longtemps dans une galaxie très lointaine. Non, autant parler du méchant vilain PDG qui aime la marge brute d’exploitation, quitte à vendre des technologies militaires révolutionnaires à des malfrats patibulaires. Corey Stoll n’est plus la victime de Franck Underwood dans la première saison de House of Cards mais bien le mauvais capitaliste sans peur et sans reproche. Son charisme sauve ainsi un personnage insipide. De même pour Bobby Cannavale et Michael Peña que l’on apprécie toujours de voir à l’écran mais ici, ils brassent vraiment de l’air.

Que dire sur Ant-Man sinon que c’est un film de super-héros supplémentaire ? Bien que l’action soit soignée grâce aux agréables changements d’échelle, ce seul élément original ne suffit pas à faire un bon film. Avec son scénario bateau et son humour limité, Ant-Man ne sort pas du moule même si cette incapacité à trouver son ton lui confère un aspect bizarre qui le différencie, sans le vouloir, des autres productions Marvel ou DC Comics. Tout ça pour nous emmener vers une hypothétique suite et introduire un nouvel Avengers. Heureusement que Paul Rudd à l’air sympa, sinon on l’aurait mal pris…


Le Hobbit : La bataille des cinq armées [Combo Blu-ray 2D + DVD + Copie digitale]
Le Hobbit : La bataille des cinq armées [Combo Blu-ray 2D + DVD + Copie digitale]
DVD ~ Ian McKellen
Prix : EUR 14,99

2 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 La désolation du recyclage, 14 juin 2015
Une bande de nains à la tête dure accompagnée d’un hobbit ont rejoint la Montagne Solitaire pour y récupérer une pierre précieuse et déloger le dragon qui y demeure. Pour se venger de s’être fait réveiller dans son doux sommeil, Smaug décide d’enflammer la proche Lac-ville au prix de sa vie. Mais la fête n’est pas pour tout de suite car les richesses de la montagne attirent les velléités de plusieurs peuples, dont les méprisables orques, prêts à combattre sauvagement pour s’en emparer. Le Mal montre son œil !

Il est l’heure du bilan après la sortie de dernier épisode de la trilogie du Hobbit entamée il y a déjà deux ans avec Un Voyage Inattendu. Un film qui aura fait revivre la fibre Seigneur des Anneaux sous forme de nouveau road trip dans le Mordor avant de s’enliser dans un second opus trop long et plutôt ennuyeux. C’est donc sur un gout amer que l’on entame La Bataille des cinq armées d’autant que Peter Jackson avait osé découpé la fin de son précédent film au sécateur pour un cliffhanger scandaleux à la manière d’un vulgaire dessin animé sur TFOU ou pire, d’un épisode des Feux de l’Amour.

Il y a peu de chance que cette prélogie entre dans la postérité pour plusieurs raisons. Premièrement, depuis le début, elle n’a pas fait l’unanimité. Le fait d’adapter un bouquin en trois films de 2h45 (en versions courtes) est une pilule qui n’est pas passée chez tout le monde mais cela n’a finalement pas d’importance s’il y a de la suite dans les idées. Mais le truc c’est qu’il n’y en a pas ! Dans la lignée de la Désolation de Smaug, La Bataille des cing armées n’a aucune originalité et s’avère d’une platitude scénaristique conséquente. En fait, on assiste à un film de bataille, rien de plus. Oui, techniquement c’est par contre toujours aussi parfait. Les décors sont magnifiques, les couleurs pétantes et la mise en scène sert une 3D de toute beauté assurée par une fluidité de l’image à toute épreuve.

Secondement, à côté de cela, on tente de nous resservir les personnages de la trilogie originelle mais comme ils parlent beaucoup pour ne rien dire autant aller se bastonner. Même s’il n’y a rien à reprocher sur ladite bataille d’un point de vue technique, elle s’éternise à l’écran et enchaine les morceaux de bravoure parfois WTF comme lorsque les godasses de Legolas lui permettent de se déplacer sur les morceaux d’un pont en chute libre. Après cette épaisse tranche difficilement digérable de combats, on nous assène le coup final, le stéréotype de l’agonie des héros (américains) qui se sont battus avec courage. Il ne manque plus que le char d’assaut de Fury. Heureusement que les acteurs charismatiques du casting sauvent l’honneur d’une saga à l’héritage malmené.

La Bataille des cinq armées clôt la trilogie du Hobbit d’une manière bien décevante sous forme d’un film de bataille à l’intérêt scénaristique inexistant. On apprend certes deux, trois trucs mais pour le reste il n’y a rien de surprenant ni de spécialement motivant. Pas de thème musical marquant comme dans Un Voyage Inattendu, plus le plaisir de la découverte d’un monde fantastique, plus de créature charismatique comme Smaug mais juste des effets spéciaux magistraux. En soit, voilà un Kinder Surprise mais sans rien dedans. Une trilogie de pur fan service qui prend en plus le risque d’accuser un sacré coup de vieux dans dix ans car même si c’est terriblement beau, la technique des incrustations à tout bout de champ a déjà fait des dégâts autre-part (une certaine prélogie signée Georges Lucas ?).


Interstellar [Blu-ray + Copie digitale]
Interstellar [Blu-ray + Copie digitale]
DVD ~ Matthew McConaughey
Prix : EUR 14,99

2 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 2014 : L'Odyssée de l'Espace, 14 juin 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Interstellar [Blu-ray + Copie digitale] (Blu-ray)
Que faut il attendre d’un space opera ? Tel un fantasme cinématographique, je rêve d’un film se déroulant dans l’espace qui combine le grandiose et le réalisme. L’annonce d’Interstellar a fait renaitre en moi ce souhait bien trop souvent, pour ne pas dire toujours, déçu. Jamais je n’ai trouvé au cinéma ce tant recherché pragmatisme scientifique même si Gravity a fait évoluer les grandes lignes d’un genre grippé, bloqué au stade du divertissement que représentent notamment les Star Wars. Cette problématique de recréer un espace terriblement effrayant, d’une rudesse impitoyable mais si fascinant semble être incompatible avec les contraintes d’une narration intéressante. Gros plan sur le projet le plus ambitieux de Christopher Nolan.

La Terre devient inhospitalière et si l’humanité veut survivre, il va falloir déménager. Opportunité incroyable, les astrophysiciens des ruines de la NASA repèrent un trou de ver, raccourcis dans l’espace-temps, capable de nous emmener vers un autre système planétaire. Un groupe d’explorateurs part alors pour une ultime tentative de perpétuer l’espèce humaine au prix du sacrifice de leur vie. Il va falloir faire vite car le temps presse avant que la Terre ne se meurt dans la poussière et l’infertilité.

Une fois encore, Interstellar jette le réalisme scientifique à la poubelle. « Même si ce n’est qu’un film » diront certain, il faut arrêter de faire gober au public des grosseurs qu’on ne feraient jamais dans un autre genre sous prétexte que c’est trop compliqué à mettre en scène. A cause de cela, les spectateurs avertis auront du mal à se mettre dedans. Le postulat, majeur en SF, qui permet de faire accepter un univers ou une idée est trop bancal. Il n’y a pas besoin d’être scientifique ou super calé en astronomie pour assimiler les incohérences. Tout d’abord, notre groupe d’astronautes est composé d’amateurs qui ne maitrisent même pas les rudiments scientifiques et s’avèrent très friables psychologiquement. Il suffit qu’il y ait une fille dans la bande pour qu’elle tombe amoureuse ! Sans parler du type qui explique à son collègue comment fonctionne un trou de ver, feuille de papier et stylo à l’appui. Ne manque plus que le maillot de bain et les tongs, on aura de parfaits touristes vers une nouvelle dimension. A niveau de préparation zero, la visite des mondes pouvant potentiellement abriter la vie est aussi d’un dilettantisme rare. Le schéma est simple: on se pose au hasard, on est content… mais non en fait. L’incohérence la plus abusée se situe dans le système que nos héros visitent. La présence d’une singularité, soit un trou noir, ne les décourage pas de visiter les planètes à proximité. Sachant que la seule vue de cet objet vous conduit à une mort inévitable, la pilule est quand même vachement dure à passer. Son utilité va jusqu’au lance pierre galactique comme une banale planète pour projeter un vaisseau vers l’infini et au-delà.

C’est une fois passé le stade des incohérences, que l’histoire prend un sens, que l’on peut enfin savourer cette odyssée spatiale. Odyssée qui s’inspire largement de 2001 au point que l’on ignore si c’est un hommage ou de la prétention. Nolan n’y va pas de main morte avec des références à peine voilées assez déstabilisantes. Parmi elles les robots ressemblent aux mégalithes de Kubrick (+ références à HAL avec le programme humoristique de la machine), le « mystère » se situe près de Saturne, la forme des vaisseaux et leurs mouvements semblent des copier-coller, l’aspect un peu vintage des costumes et des intérieurs, etc… C’est loin d’être une mauvaise inspiration mais il aurait fallu chercher plus loin les idées car Interstellar souffrira du coup à jamais de la comparaison.

Il faut s’élever au dessus de ces détails pour prendre l’ampleur d’Interstellar. Il faut bien le dire, le dernier film de Nolan est d’une esthétique impeccable. Les images dans l’espace sont particulièrement belles et dégagent une grande part de respect et d’inconnu avec ces superbes plans d’objets célestes en tous genres. Hans Zimmer a créé une BO unique qui prend aux tripes quand se font entendre des orgues obsédantes. Ce compositeur génial innove encore en proposant des sonorités nouvelles comme les désormais célèbres « sons de rasoirs » de The Dark Knight. Tout cela s’articule autour de plusieurs récits dont une partie se déroule sur Terre. La problématique abordée est celle de la place de l’Homme dans l’Univers mais c’est surtout une excellente démonstration des théories d’Einstein autour du principe que l’espace et le temps ne sont pas immuables. Centré sur la fameuse théorie de la relativité, le scenario prend une sévère tendance métaphysique et nous élève vers une manière de ressentir le film bien spécifique. La tension monte crescendo, nos astronautes ont un poids inimaginable sur les épaules surtout que chaque minute compte plus que jamais.

Les 2h49 sont largement nécessaires pour développer toutes ces idées, on attend avec intérêt la progression de l’histoire. Quoique grandiloquent dans la manière de présenter certaines choses, Nolan arrive à extraire le jus émotionnel pourtant peu enclin à sortir pendant une bonne partie du film.

Sans se soucier de la présence d’extra-terrestres amicaux ou d’un Dieu tout puissant, Interstellar est profondément humaniste. Perdu dans cette immensité qui le dépasse, l’Homme est cependant capable de se transcender par la seule force de son instinct. Les voyages dans le trou de ver puis le trou noir sont très bien représentés et font office d’expériences cinématographiques puissantes. Il est tellement dommage que ces moment soient relativement courts et ne se prolongent pas sur la durée. On ne peut pas se satisfaire de prétentions mollassonnes autour de l’amour alors qu’on a frôlé le trip métaphysique. Interstellar reste un grand film, avoir l’ambition de réaliser quelque chose de profond sous la forme d’un monumental blockbuster est un fait rare que seul Nolan peut se permettre. Cela nous donne l’opportunité de voir de belles images, de pénétrer dans une ambiance caractéristique à travers une histoire multiple servie par une flopée d’acteurs reconnus. Cependant, comme le diable est dans le détail, la fragilité des détails scientifiques empêchera tout consensus avec Nolan. Copie moderne de 2001 ? Sensationnalisme spatial ? Chef d’œuvre métaphysique ? La réponse est partout et nulle part. Tout cela n’est pas immuable non plus…. J’attends encore la révélation.


Jupiter : le destin de l'Univers [Blu-ray + Copie digitale]
Jupiter : le destin de l'Univers [Blu-ray + Copie digitale]
DVD ~ Mila Kunis
Prix : EUR 12,46

11 internautes sur 24 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Nanar intergalactique, 14 juin 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Jupiter : le destin de l'Univers [Blu-ray + Copie digitale] (Blu-ray)
Disparus dans les abîmes de l’anonymat après la trilogie Matrix dont la majorité du public aura retenu juste le premier épisode (réhabilitons Revolution !). Les frangins Wachowski semblaient ainsi condamnés à baigner dans le Styx hollywoodien après Ridge Racer, objet cinématographique encore non identifié. Et paf que je te sors Cloud Atlas en 2013, œuvre envoutante et poétique servie par une esthétique très particulière. Prêts pour de nouvelles aventures, Larry devenu Lana et son bro' enchainent rapidement sur une autre odyssée promise, le space opéra à la sauce Wachowski.

Jupiter Jones a une vie pénible comme femme de ménage malgré le soutien de sa famille qui se serre les coudes pour vivre convenablement. Après une improbable histoire de dons d'ovule, mademoiselle Jones rencontre Cain, un humanoïde génétiquement modifié qui a pour mission de lui sauver la vie. Il lui révèle en effet qu'elle est la cible d'un vaste complot à l'échelle de l'univers puisque son ADN fait d'elle une puissante reine. La menace est multiple que ce soit de vils beaux gosses ou de gens hideux se cachant dans La Grande Tâche Rouge de la planète Jupiter... Comme par hasard tient !

Allons directement à l’essentiel, il ne suffit pas d'attendre longtemps pour laisser poindre l'idée que Cloud Atlas ne fut qu'un éclair de génie sorti de nul-part. L'introduction de Jupiter est expédiée comme un Chronopost puisque le premier événement perturbateur arrive complétement à l'arrache. Le papa de notre héroïne décède d'une seconde à l'autre, le rire remplace la tragédie.

C'est bien l'un des seuls points notables de Jupiter. Pour une fois nous avons affaire à une héroïne, ce qui est suffisamment rare pour être signalé. Par contre, ce qui n'était pas forcément prévu, c'est que le film n'est en fait qu'un compte de fée Disney où la princesse de l'Univers cherche son prince charmant en la personne de Channing Tatum, un homme-chien au pelage peroxydé. So 1999 ! Oui, ils ont osé nous lâcher un film RTL9 qui brille par la médiocrité de ses personnages. Dans le bestiaire qui semble sorti de l'imagination d'un enfant de 8 ans ou d'un amateur de Marie Jeanne, on a l'homme à tête d'éléphant, l'homme à tête de rat, le crocodile/dragon qui porte des vestes en cuir ou encore le méchant à la voix insupportable. Cette parodie de blockbuster est indigne d'un duo de cinéastes qui a tout de même montré par le passé une créativité marquante.

Notre pauvre Mila Kunis n'est pas prête de sortir de son carcan d'actrice américaine bon marché. Ce n'est pas la morale "rédaction de philo au bac blanc" qui glorifiera son nom. Jupiter essaye de mettre en exergue le mal d'une société ultra libérale où le sommet de la pyramide de Maslow est atteinte par les aristos de l'Univers. Le profit financier conquis depuis belle lurette, le but est donc de connaitre l'éternité en extrayant le jus contenu dans les habitants de planètes colonisés. Et puis nous dire que le statut social ne veut rien dire ("ma fille, tu nettoies les WC mais tu peux devenir Présidente de la Terre") est une jolie blague car on nous explique derrière que tout est dans les gênes. Au bon souvenir de la Destinée Manifeste.

Alors oui, l'esthétique n'est pas horrible. Les incrustations, les lumières, les décors interplanétaires ont même du cachet. Mais il n'y a tellement rien d’intéressant qui compose cet ensemble... Comment faire entrer un souffle épique lorsque tout a déjà été vu et revu dans Star Wars, Star Trek, H2G2 ou Tron ? Ce ne sont pas non plus les scènes d'action indigestes qui sauvent la mise. La caméra bouge dans tous les sens, on ne voit rien mais de toute manière ce sont les gentils qui gagnent à chaque fois [No spoil].

Jupiter: le destin de l'Univers est un nanar de choix qui terminera sa route à 3€ en DVD d'occasion et sur AB1 avant un épisode nocturne d'Hélène et les Garçons. La fratrie Wachowski n'aura pas confirmée les éloges précédentes en nous servant un produit convenu, de la soupe d'une autre époque au mauvais gout omniprésent. C'est pété de clichés (dédicace à la communauté russe), le moindre soupçon d'intelligence a disparu et Sean Bean ne meurt pas à la fin. Il doit y avoir un sacré problème dans la Matrice.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 29, 2015 9:18 AM MEST


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