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5.0 étoiles sur 5
un album influent que morrissey et massive attack ont adoré, 23 novembre 2006
cet album vient d'être récemment cité dans le livre de référence "les 1001 albums qu'il faut avoir écoutés dans sa vie", ouvrage qui reprend les classements des journalistes internationaux les plus influents de la critique musicale.
comme pour le "low" de bowie (et ce n'est pas qu'une coincidence), cet album s'ouvre par un instrumental : voilà qui n'est déja pas commun pour un premier disque. le bien nommé "pure" est spacieux, avec ses guitares éthérées soutenues par des timbales cotonneuses, le tout étant relié par des cascades de vocals du plus bel effet. avec cette mise en bouche pleine de promesses, on a l'impression de se réveiller doucement mais ceci ne dure qu'un temps.
place ensuite à "jigsaw feeling" avec ses vagues de guitares extatiques terriblement enivrantes. on est comme happé, pris au beau milieu d'un tourbillon comme dans certains morceaux de CAN, sans que l'on ait envie d'en sortir tant le plaisir est grand. c'est un titre d'une incroyable efficacité, joué à cent à l'heure et l'on se demande bien ce qui va se passer après... suit "overground" avec son motif hypnotique, soutenu par un rythme de batterie qui martèle la cadence. "carcass", morceau plus nerveux que le précédent, repousse à nouveau les limites. il contient un refrain avec une phrase énigmatique : "be limblessly in love" chante-t-elle. on ignore ce qu'elle sous-entend mais on veut bien la croire.
après cet interlude, "mirage" remet le pied à l'étrier. ce titre qui a tout d'un single accrocheur, est assurément le morceau le plus pop du disque, avec sa guitare acoustique terriblement séduisante qui insuffle une belle énergie à l'ensemble.
"metal postcard", rend hommage de façon poétique à john heartfield, dessinateur qui lutta contre la propagande nazie durant la seconde guerre mondiale. ce titre au riff de guitare très original, sera par ailleurs samplé par MASSIVE ATTACK pour le cd de la B.O du film 'the jackal'.
"nicotine stain" est comme "carcass", jouée sur le fil du rasoir avec un refrain qui fait mouche. "suburban relapse", après une montée en puissance contenue, s'achève dans un vacarme maitrisé sur quelques notes de xylophone jouées en pointillé, avant de laisser la place au dernier morceau : "switch". ce titre composé en trois mouvements, chacun étant relié par un refrain lumineux mis en relief par une subtile mélodie de saxophone, indique déja ce qui va suivre : le refus de se cantonner dans le schéma classique d'une chanson pop, l'envie de surprendre et d'emmener l'auditeur hors des sentiers battus, sans le dérouter pour autant... "changez", dit-elle, "ils meurent d'envie de changer" : le groupe veut lui aussi évoluer et il annonce la couleur.
ce disque d'une importance capitale, sorti en octobre 1978, sonne la fin d'une époque et d'une certaine manière le glas au punk car ses textes, déconnectés de la réalité sociale et sa musique, bien que pop et nerveuse, annoncent déja une nouvelle ère. le groupe a mis près de deux ans à façonner ses chansons et steve lillywhite a su les enregistrer avec un son racé en avance sur son temps.
cette édition deluxe propose un rendu sonore absolument parfait bien supérieur à celui de l'édition simple.
le deuxième cd offre en bonus deux singles sur-vitaminés : "the staircase (mystery)" et surtout le classique "hong kong garden", récemment sélectionné pour la B.O du film marie antoinette.
on trouve aussi un titre inédit datant de la première période du groupe : le très efficace 'make up to break up'.
mention spéciale à la version alternative de 'overground', jouée avec un arrangement différent.
à noter que boz boorer, le compositeur de morrissey, a écrit sur son site officiel que "the scream" est l'un de ses disques préférés.
MORRISSEY a par ailleurs utilisé 'mirage' en 1992 en bande-son pour faire patienter son public avant de monter sur scène, pendant la tournée 'your arsenal'.
l'ex chanteur des smiths, a aussi enregistré un duo avec siouxsie en 1994 : le single 'interlude'.