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Suprêmes classiques (Paris, France)
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Schubert : Lieder (Livre-disque 4 SACD)
Schubert : Lieder (Livre-disque 4 SACD)
Prix : EUR 27,39

20 internautes sur 21 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Superbe réédition, triste nouvelle : merci Monsieur Fischer-Dieskau, 20 mai 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Schubert : Lieder (Livre-disque 4 SACD) (CD)
J'étais en train de me délecter de ces 4 SACD saturés de beauté, et je commençais à rédiger ce commentaire, lorsque me parvint la nouvelle de la mort du grand baryton Dietrich Fischer-Dieskau qui s'illustre ici dans le répertoire qu'il a le plus enregistré, le plus labouré, auquel il n'eut de cesse de revenir, décennie après décennie, jusqu'à sa retraite en 1992. Certes donc, depuis vingt ans, on n'entendait plus la voix que sur disque, mais l'homme lui-même était si rayonnant, généreux, ayant d'ailleurs continué de se produire et de se faire aimer comme chef, que sa disparition laisse un vide et fait de toute façon de la peine à tous les mélomanes.

Le legs schubertien de DFD est naturellement essentiel tant il a marqué la discographie et tant le compositeur viennois a marqué le chanteur. Or, si les enregistrements Deutsche Grammophon (désormais édités en coffret unique) sont peut-être plus marquants encore parce qu'ils ont permis de suivre le baryton dans la plus grande partie des œuvres de Schubert, avec plusieurs lectures pour chaque cycle important, une volonté de réinvention et d'approfondissement permanents, ceux réalisés pour EMI offrent le regard du jeune Fischer-Dieskau sur des lieder qui allaient le suivre toute sa carrière. Le Schwanengesang enregistré avec Gerald Moore est ainsi empreint d'une émotion simple, directe (écoutez par exemple Im Abendrot, ou Abschied, ou plus loin Standchen), avec une faculté à dramatiser sans forcer, d'une facilité confondante, comme le montre un Erlkönig déjà stylistiquement parfait, de même que Die Sterne, ou An die Musik. Le grand complice de DFD, Gerald Moore, lui offre un écrin infaillible. Seul le SACD 3 (le seul en stéréo) change de pianiste puisque Karl Engel est au clavier (mais il joua aussi très souvent avec Fischer-Dieskau) pour un résultat également excellent : on n'a jamais fait réellement mieux dans Die Erwartung, ni dans Sehnsucht.

Cette réédition dans la nouvelle collection "Signature" est un vrai petit luxe offert par EMI à un prix d'ailleurs tout à fait abordable. Un vrai petit livre-disque avec un livret richement illustré de photos et de reproductions des vinyles originaux, avec le texte au dos de ces livrets et un nouvel article sur l'interprète et les œuvres. Surtout, il s'agit là de 2 SACD hybrides (donc utilisables sur lecteur SACD mais aussi sur tout lecteur CD), et d'une nouvelle remasterisation inédite. Destinée au départ au marché japonais cette collection accomplit des prodiges que les collectionneurs habitués au marché nippon connaissent bien. Certes, les enregistrements originaux étaient assez bons (que ce soit en mono pour les SACD 1, 2 et 4 ou en stéréo pour le SACD 3), mais un profond travail a été accompli afin de les rendre dans une qualité sonore la plus confortable possible selon les standards modernes.

Un vrai plaisir et une façon d'entendre dans les meilleures conditions, et dans certains de ses plus beaux enregistrements, ce grand chanteur qui vient de nous quitter.


Mendelssohn : Symphonies, n° 3 et 4 / Schumann : Symphonie n°4
Mendelssohn : Symphonies, n° 3 et 4 / Schumann : Symphonie n°4
Prix : EUR 18,23

20 internautes sur 20 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Il était temps ! Des enregistrements essentiels et rares dans une superbe réédition !, 14 mai 2012
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mendelssohn : Symphonies, n° 3 et 4 / Schumann : Symphonie n°4 (CD)
Depuis des années, ces enregistrements de Klemperer étaient littéralement introuvables. Pas de problème pour se procurer ses Mahler bien sûr, ses Beethoven aussi, ses Brahms, ses Bruckner (quoiqu'une réédition manque un peu), ses Strauss, ses Mozart, les extraits wagnériens, ou même (pour Mendelssohn) le Songe d'une nuit d'été. Mais ces sessions de janvier-février et mai 1960 consacrées aux symphonies n° 3 et 4 de Mendelssohn, avec l'Ouverture « Les Hébrides », et à la 4e de Schumann, manquaient à l'appel depuis longtemps. Qui plus est les rééditions précédentes étaient des reports hâtifs de qualité médiocre, sans travail de remasterisation. Voir en fin de commentaire pour les aspects éditoriaux.

La réputation de Klemperer est faite depuis longtemps, celle d'un chef maniaco-dépressif à peu près tyrannique, imposant des tempi d'une lenteur parfois record, avec une raideur et une sécheresse sonore (accentuée par les superbes prises de son très crues mais très détaillées de la firme britannique) tranchant avec le modèle que construisait à la même époque un Karajan à Berlin, et différenciant cette lenteur-ci de celle plus moelleuse, soyeuse, d'un Celibidache (particulièrement dans ses années munichoises). Mais la manière de Klemperer, qui implique aussi un refus de l'effet, ne prive pas (du moins pas toujours) la musique de la tension qu'elle doit dégager.

Qu'on oublie cette réputation dans tous ses aspects critiques et qu'on n'en retienne que les aspects positifs (le détail, la respiration, la tension) si l'on veut se faire une idée des présents enregistrements. Dans les Mendelssohn, on retrouve une direction assez lente, mais pas forcément d'une façon excessive si l'on prend des points de comparaison. Les Hébrides de Klemperer sont ainsi plus courtes que celles de Karajan ou encore d'Abbado, et d'une longueur comparable à celles de Haitink. Modération sans excès donc, que l'on retrouve dans les symphonies 3 et 4 du même Mendelssohn. En revanche, du point de vue sonore, quelle extraordinaire lecture ! Quelle épanouissement sonore ! Et ce n'est pas ici un édifice marmoréen trop rigide et brut, mais un scintillement de couleurs de la part d'un orchestre alors à son apogée ! Alors, certes, le début de l'Italienne manque peut-être d'un certain sautillement, mais la lecture si claire et pure de l'Andante est absolument confondante. Klemperer fait partie des rares chefs réellement convaincants chez Mendelssohn (parmi lesquels je compte par exemple Dohnanyi et Munch) et on aurait tort de l'oublier.

Mais la symphonie n°4 de Schumann est sans doute le vrai sommet ici. Sans excès, sans fureur, mais sans oublier la continuité dramatique de cette symphonie en quatre faux mouvements enchaînés d'un trait, Klemperer propose l'une des lectures les plus remarquables qui soient, certes pas dans la tonalité profondément personnelle des Furtwängler, Abendroth ou Keilberth, mais c'est justement la recherche d'équilibre qui ici permet d'aboutir à un résultat si convaincant et parmi les plus réussis. Une seule date est indiquée (5 mai 1960) et si l'on n'en a pas l'assurance on n'aurait aucune peine à croire que cela ait été enregistré en une seule prise tant la continuité est respectée avec naturel ! Peut-être la plus belle version de cette symphonie avec celle de Sawallisch, d'ailleurs ici encore les tempi ne sont pas si lents (plus modérés que Sawallisch dans le premier mouvement, mais légèrement plus vifs ensuite, ce qui renforce d'ailleurs l'impression d'équilibre dans cette version-ci). Et la prise de son est extraordinaire et magnifiquement remasterisée (et, du coup, meilleure que la prise très réverbérée de Sawallisch avec la Staatskapelle de Dresde).

Cette réédition est un vrai petit luxe offert par EMI à un prix d'ailleurs tout à fait abordable. Un vrai petit livre-disque avec un livret richement illustré de photos et de reproductions des vinyles originaux, avec le texte au dos de ces livrets et un nouvel article sur l'interprète et les œuvres. Surtout, il s'agit là de 2 SACD hybrides (donc utilisables sur lecteur SACD mais aussi sur tout lecteur CD), et d'une nouvelle remasterisation inédite. Destinée au départ au marché japonais cette collection accomplit des prodiges que les collectionneurs habitués au marché nippon connaissent bien. Certes, les enregistrements originaux étaient assez bons, mais un profond travail a été accompli afin de les rendre dans une qualité sonore la plus confortable possible selon les standards modernes.

Retrouver ces enregistrements est une joie, mais une telle qualité de réédition c'est un vrai cadeau de la part d'EMI !

Un défaut toutefois, un manque vraiment vexant. Lors de ces enregistrements, Klemperer a enregistré la partition de Mendelssohn, mais aussi la version comprenant une conclusion différente, « corrigée » par le chef, et que Klemperer dirigeait au concert. Les deux conclusions se trouvaient sur le vinyle original et EMI aurait dû l'offrir sur ces CD/SACD. Surtout qu'il y avait largement la place puisqu'aucun des deux n'atteint l'heure... Une pingrerie assez inexplicable mais qui ne doit pas ternir le plaisir que l'on a à retrouver ces prises.


Liszt : Rhapsodies Hongroises, Etudes d'exécution transcendante
Liszt : Rhapsodies Hongroises, Etudes d'exécution transcendante
Prix : EUR 23,49

8 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Les meilleurs Liszt de Cziffra dans une très belle réédition, 3 mai 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Liszt : Rhapsodies Hongroises, Etudes d'exécution transcendante (CD)
Que les choses soient claires : la présente réédition ne comprend pas l'intégralité des enregistrements de Liszt par Cziffra chez EMI, le coffret économique édité il y a deux ans comprenant en effet deux CD supplémentaires comprenant principalement des pièces courtes et la Sonate en si mineur. Ici sont donc uniquement repris les enregistrements lisztiens les plus célébrés du virtuose hongrois : les Rhapsodies hongroises (une quasi-intégrale) sur deux galettes, et les Études d'exécution transcendante sur une.

Or, on connaît la valeur de ces enregistrements de la part d'un pianiste par ailleurs souvent critiqué pour son discours musical manquant de profondeur, cherchant trop aisément une sorte de vigueur fébrile au détriment (c'est indéniable dans la sonate en si par exemple) d'une certaine maîtrise de la forme dans son ensemble, de la respiration, des contrastes. Rien de cela ici : les partitions les plus diaboliquement difficiles de Liszt sont un jeu d'enfant pour Cziffra, et c'est bien ce plaisir simple et direct du jeu qui séduit. Les quinze Rhapsodies hongroises (plus la 16e et la 19e publiées ultérieurement) s'offrent dans toute leur vigueur juvénile, une version bien meilleure que la seconde (d'ailleurs incomplète) du même Cziffra.
Les études d'exécution transcendante, elles, sont un pari complexe pour tout pianiste, ce qui explique peut-être que les meilleurs enregistrements viennent souvent de pianistes un peu en marge et qui ne réussissent pas forcément ailleurs (on pense à Ovchinnikov ou à Duchâble). En tout cas la version de Cziffra fait référence pour le détail et la clarté, avec toujours ce dévorant feu intérieur qui le poussent toujours plus loin dans la folie.
Trois disques essentiels, donc, à compléter pour le reste des œuvres par les lectures essentielles de Claudio Arrau, Lazar Berman, France Clidat, Jorge Bolet, Vladimir Horowitz, Wilhelm Kempff, et (pour la sonate en si mineur) Kristyan Zimerman et Ernst Levy, ainsi que plus récemment Lise de la Salle.

Cette nouvelle réédition est un vrai petit luxe offert par EMI à un prix d'ailleurs tout à fait abordable. Pensez-donc : un vrai petit livre-disque avec un livret richement illustré de photos et de reproductions des vinyles originaux, avec le texte au dos de ces livrets et un nouvel article sur l'interprète et les œuvres. Surtout, il s'agit là de 3 SACD hybrides, donc utilisables sur tout lecteur CD, et d'une nouvelle remasterisation inédite. Destinée au départ au marché japonais cette collection accomplit des prodiges que les collectionneurs habitués au marché nippon connaissent bien. Certes, les enregistrements originaux étaient assez bons, et notammentt en stéréo, mais un profond travail a été accompli afin de les rendre dans une qualité sonore la plus confortable possible selon les standards modernes, travail qui fait penser au récent accomplissement du coffret 36 CD consacré aux enregistrements de Samson François.
Il s'agit donc ici en tous points d'une nouvelle référence éditoriale pour ces enregistrements historiques.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : May 25, 2012 3:36 PM MEST


Debussy : Complete Piano Works (Intégrale de l'oeuvre pour piano seul)
Debussy : Complete Piano Works (Intégrale de l'oeuvre pour piano seul)
Prix : EUR 27,39

34 internautes sur 38 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Des enregistrements mythiques, une réédition à la hauteur !, 3 mai 2012
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Debussy : Complete Piano Works (Intégrale de l'oeuvre pour piano seul) (CD)
Dans Debussy, on le sait, il y a Walter Gieseking, puis il y a les autres. Il est d'ailleurs étonnant que d'un pianiste allemand soient venus les enregistrements les plus admirables du plus grand compositeur français, mais il fallait peut-être un compatriote de Debussy et Schumann pour donner à cette musique la profondeur méditative qu'on lui refusait jusque là si souvent. De fait, Gieseking fit plus que donner une version qui passe pour référence jusqu'à aujourd'hui dans cette quasi-intégrale enregistrée de 1951 à 1954 par les micros de Walter Legge (il n'y manque que Morceau de concours, Page d'album, Élégie ainsi que les Images oubliées découvertes en 1978). Il fut en effet l'artisan véritable d'une entrée au répertoire le plus fondamental du piano de ces pages admirables.

Dans les Préludes, Gieseking est ainsi insurpassé, d'un style plein de hauteur mais jamais raide, parvenant à caractériser chaque pièce sans jamais tomber dans la caricature impressionniste que Debussy rejetait si clairement. Ainsi Voiles, La Cathédrale engloutie, Ondine, dépassent l'évocation ou le jeu pour être au contraire pensées, chacune, avec un certain poids, une certaine intention rhétorique.
Rendre à Debussy le puissant discours qui structure ses pièces courtes ou longues, voilà bien ce à quoi parvient Gieseking, et c'est ce qui transparaît aussi des pièces courtes, des Images, de L'isle joyeuse, de la Suite bergamasque. Sans compter les Études, finalement trop rarement réussies au disque.
Après Gieseking, donc, tous les autres. Mais son influence sur les générations de pianistes ayant suivi fut un autre de ses accomplissements. Sur ses élèves bien sûr, Albert Ferber seul peut-être à avoir ainsi maîtrisé l'ensemble du corpus debussyste, ou encore Werner Haas, hélas disparu trop tôt. Mais il faut aussi admettre que l'influence de Gieseking toucha aussi Monique Haas et ses superbes Préludes, ou encore Claudio Arrau lui-même, pour qui Debuussy était le complément naturel du répertoire allemand. Seuls peut-être Michelangeli d'une part, et Samson François de l'autre, qui ne terminèrent d'ailleurs pas leurs cycles (le premier par choix, le second par la force des choses...), s'aventurèrent dans d'autres directions esthétiques.

Cette nouvelle réédition est un vrai petit luxe offert par EMI à un prix d'ailleurs tout à fait abordable. Pensez-donc : un vrai petit livre-disque avec un livret richement illustré de photos et de reproductions des vinyles originaux, avec le texte au dos de ces livrets et un nouvel article sur l'interprète et les œuvres. Surtout, il s'agit là de 4 SACD hybrides, donc utilisables sur tout lecteur CD, et d'une nouvelle remasterisation inédite. Destinée au départ au marché japonais cette collection accomplit des prodiges que les collectionneurs habitués au marché nippon connaissent bien. C'est à dire que le bruit (ces enregistrements font leur âge) est réduit au minimum sans toucher aux fréquences importantes, et l'on n'a donc pas du tout l'impression de nettoyage trop prononcé que l'on pouvait détecter dans d'autres rééditions EMI faites de façon plus industrielles (la série Great Recordings of the Century particulièrement). Il s'agit donc ici en tous points d'une nouvelle référence éditoriale pour ces enregistrements historiques.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : May 24, 2013 1:08 PM MEST


Handel : Il pastor fido
Handel : Il pastor fido
Prix : EUR 18,99

12 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Une découverte attendue, mais un résultat bien pâle..., 26 avril 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Handel : Il pastor fido (CD)
Décidément, Haendel n'a pas que de la chance au disque, du moins ces derniers temps. Quelques mois après un Germanico attribué de façon très douteuse, quasi-imposture puisque l'hypothèse de la paternité haendélienne est très contestable (et ce même si l'interprétation est assez enthousiasmante), voici une vraie nouveauté mais, cette fois, c'est l'interprétation que l'on peut déplorer.

Il pastor fido n'est pas l'œuvre la plus connue du compositeur natif de Halle. Composée en 1712 elle se base sur un livret de Giacomo Rossi, inspiré du fameux poème de Guarini qui inspirera aussi Le Berger fidèle de Rameau, œuvre peut-être plus marquante. Mais cet opéra en trois actes de 1712 est une œuvre charmante, malgré son insuccès à l'époque (il était difficile de ne pas décevoir après le choc Rinaldo !), et alors que la version fortement remaniée en 1734 eut un bien plus grand succès (un enregistrement existe par McGegan chez Hungaroton, pas aussi décevante qu'on pourrait le craindre notamment grâce à Paul Esswood, mais on attend un peu plus de mordant tout de même).
La version 1712, donc, est de son côté ici jouée pour la première fois. Mais Harmonia Mundi a confié cette tâche difficile qu'est la résurrection d'un opéra sous forte influence italienne, par ailleurs riche en parties orchestrales, et d'une continuité dramatique parfois peu évidente, à un jeune ensemble britannique, La Nuova Musica, dont le tempérament est bien pâle pour habiter ces pages que l'on attend avec beaucoup plus de couleurs, de relief, que le résultat ici proposé. Mention passable, donc, pour les musicien de David Bates, jeune contreténor passé peut-être un peu hâtivement à la direction musicale. Les solistes ne sont pas sans responsabilité dans ce tableau bien gris, et si Lucy Crowe, décidément toujours convaincante, tire tout de même son épingle du jeu, le reste du plateau sonne comme l'ensemble orchestral d'une façon bien lisse et pâle, sans véritable direction ni intention dramatique, tout le contraire de ce qu'on attend d'un opéra...

Pour ne pas être trop sévère, il faut reconnaître la difficulté que représente un tel enregistrement, si ambitieux, pour de si jeunes musiciens. Mais la tâche d'Harmonia Mundi comme de tout label aurait été de les protéger, de leur confier des pièces plus brèves peut-être et de les laisser mûrir, avant de les amener à ce type de partition. Et malgré la qualité du produit, de la prise de son, du livret, l'échec musical est aussi partagé par un éditeur qui a manqué de discernement.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 9, 2012 3:46 AM MEST


Toscanini Collection
Toscanini Collection
Prix : EUR 109,90

74 internautes sur 78 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un rêve aussi vieux que le CD devient enfin réalité !, 24 avril 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Toscanini Collection (CD)
J'attendais avec une impatience extrême ce coffret et j'ai été ravi de le recevoir avec un peu d'avance sur la sortie affichée. Imaginez, même le plus féru des collectionneurs ne pouvait avoir tous ces enregistrements sous la main, comme cela, et la majorité d'entre eux étaient de toute façon devenus indisponibles depuis bien des années. Pour cela, qu'on soit ou non féru de Toscanini, cette édition mérite 5 étoiles, parce que les éditeurs délaissent bien trop le patrimoine discographique classique alors que produire une réédition ne coûte plus grand-chose... Remercions donc Sony d'avoir englouti le catalogue RCA qui n'a jamais été aussi bien mis en valeur. Qui plus est, la présentation du coffret est vraiment d'une qualité assez plaisante et qui change de certains autres gros coffrets (Karajan chez EMI par exemple). Le livret est ici un vrai petit livre sur Toscanini (même s'il ne peut reprendre tous les textes et photos des livrets originaux évidemment), et on trouve même un intéressant DVD en plus des 84 CD. Cette collection Toscanini est donc clairement une affaire, mais pas une édition au rabais.

Pour poursuivre avec les données éditoriales, en ce qui concerne les transferts (remastering) Sony a repris les derniers disponibles chez RCA. C'est à dire que pour l'intégrale Beethoven des années 1950 et les autres enregistrements de cette époque-ci, les magnifiques transferts de 1997-1998 sont ici repris ; de même pour les mythiques enregistrements de Philadelphie que le travail des ingénieurs RCA avait permis de véritablement révéler, débarrassés de leur livrée de poussière. Pour le reste, les volumes sont exactement repris de l'édition Toscanini du début des années 1990, des CDs alors vendus à prix d'or et qui avaient eu le mérite de se baser sur les sources originales des enregistrement, ce qui est en général la meilleure chose à faire pour une qualité maximale.
Évidemment tout n'est pas parfait, ainsi des erreurs de la première édition Toscanini sont un peu bêtement reproduites : par exemple l'absence malencontreuse des 4 premières mesures de l'ouverture de l'Italienne à Alger de Rossini (CD 47), ou encore le report catastrophique d'Otello de Verdi (pour lequel on préférera d'autres éditions, Naxos ou surtout Guild). Mais ces défauts demeurent des accidents rares, simplement frustrants car ils auraient pu être évités...

Le contenu enfin, détaillé ci-dessous (Amazon est décidément de moins en moins précis dans les descriptifs, j'ai fait mon possible mais je n'ai pas pu indiquer toutes les plages et dates non plus). On trouve ici tout le legs Toscanini pour RCA, en studio et au concert, soit 90% de ce que le grand chef italien a enregistré. D'autre part, Sony a également eu l'excellente idée d'ajouter des enregistrements initialement siglés HMV/EMI avec l'orchestre de la BBC, des concerts qui permettent d'entendre parmi les plus beaux de ses enregistrements beethovéniens (particulièrement la 4e, l'une de celles que Toscanini préférait et jouait le mieux).
Pour le reste les sommets sont évidemment nombreux. Ses Beethoven aussi historiques que polémiques sont ici donnés non seulement avec l'intégrale des années 1950 souvent jugée froide, mais avec des prises antérieures, en concert, qui révèlent une intimité avec les partitions évidente et une capacité à inventer à chaque fois une nouvelle interprétation. Parmi les incontournables, la musique orchestrale française (qui mieux que Toscanini a tant de fois offert La Mer ?), italienne (à commencer par Respighi), les symphonies de Brahms (étonnantes, saisissantes), les extraits wagnériens et les poèmes symphoniques de Richard Strauss, explosif avec un NBC Orchestra à son sommet. Les enregistrements concertants, qu'on souhaiterait plus nombreux, sont tous incontournables, avec Rubinstein et Serkin dans Beethoven, Heifetz (au violon), Horowitz dans la gravure mythique du 1er concerto de Tchaïkovski.
Enfin, naturellement, on piochera avec le plus grand bonheur parmi les enregistrements d'opéra, Toscanini demeurant par le feu qu'il savait embraser autant que par les stars qu'il réunissait autour de lui une référence, source à laquelle toujours revenir s'abreuver lorsqu'il s'agit d'entendre Verdi ou Puccini.
Si l'on devait avoir quelques regrets ce serait de ne pas en avoir encore plus : les autres enregistrements avec la BBC (notamment la mythique Mer de 1935), avec la Scala (le concert de réouverture par exemple), avec la NBC (de nombreux concerts encore qu'il faudra aller chercher chez Naxos et ailleurs). Mais c'est bien connu, les mélomanes acharnés n'en ont jamais assez...

CD 1-5 : Beethoven (Symphonies 1-9, Ouvertures) enr. 1949-1951
CD 6-9 : Brahms (Symphonies 1-4, Ouvertures, Double concerto : Mischakoff & Miller) enr. 1948-1952
CD 10-11 : Mozart (Symphonies 35, 39-41, Ouverture des Noces, Concerto pour basson) enr. 1946-1948 (+ 1938-39 : symph. 40)
CD 12-13 : Haydn (Symphonies 88, 94, 98, 99, 101, Sinfonia Concertante Hob.I-105) enr. 1938-1953
CD 14-15 : Schubert (Symphonie Inachevée, Symphonie n° 5, Symphonie n° 9 « La Grande » (2 versions)) enr. 1947-1953
CD 16 : Schumann (Symphonie n° 3, Ouverture Manfred) ; Weber (Ouvertures) enr. 1946-1952
CD 17 : Mendelssohn (Symphonies 4&5, Songe d'une nuit d'été, Scherzo transcr. op. 20) enr. 1945-1954
CD 18-19 : Tchaïkovski (Symphonie n°6, Suite de Casse Noisette, Symphonie Manfred, Ouverture Roméo & Juliette) enr. 1947-1951
CD 20 : Franck (Symphonie) ; Saint-Saëns (Symphonie n° 3 avec orgue) enr. 1940-1952
CD 21 : Sibelius (Symphonie n° 2, Poèmes symphoniques) enr. 1940-1952
CD 22 : Chostakovitch (Symphonie n° 7 « Leningrad ») enr. 1942
CD 23 : Beethoven (Symphonies n° 3 & 8) enr. 1939
CD 24 : Dvorak (Symphonie n° 9), Kodaly (suite Hary Janos), Smetana (La Moldau) enr. 1947-1953
CD 25 : Beethoven (Symphonie n° 5, Septuor op. 20, Egmont) enr. 1939 (S5) & 1951-1953
CD 26 : Brahms (Symphonie n°1, Sérénade n° 1) enr. 1941-1942)
CD 27 : Cherubini, Cimarosa (ouvertures)
CD 28 : Prokofiev (Symphonie n° 1), Chostakovitch (Symphonie n° 10), Glinka, Liadov, Stravinski (extr. Pétrouchka) enr. 1940-1952
CD 29 : Beethoven (Symphonie n° 3), Mozart (Symphonie n° 40) enr. 1953 & 1950
CD 30-31 : R. Strauss (Don Quichotte ; Mort & Transfiguration ; Don Juan ; Till Eulenspiegel ; Danse des 7 voiles), Wagner (extr. Crépuscule ; Siegfried-Idyll) enr. 1952-1953 (+ 1939-46 : 7 voiles + Wagner)
CD 32 : Respighi (Pins de Rome, Fontaines de Rome, Fêtes romaines) enr. 1949-1953
CD 33-35 : Berlioz (Harold en Italie : Carlton Cooley ; Roméo & Juliette op. 17) ; Bizet (Suites Arlésienne & Carmen) enr. 1947-1953
CD 36 : Moussorgski (Tableaux d'une exposition, arr. Ravel) ; Elgar (Enigma Variations) enr. 1953 & 1951
CD 37 : Mendelssohn (Extraits de Songe d'une nuit d'été ; Transcr. quintette op. 20) enr. 1947
CD 38 : Debussy (La Mer, Prélude à l'après-midi d'un Faune, Iberia, Nocturnes) enr. 1948-1953
CD 39 : Gershwin (Un Américain à Paris) ; Sousa ; Grofé (Grand Canyon Suite) ; Barber (Adagio) ; Smith enr. 1942-1945
CD 40 : Ravel (Suite de Daphnis & Chloé) ; Franck (Psyché) ; Dukas (L'Apprenti sorcier) ; Saint-Saëns (Danse macabre) ; Berlioz (Carnaval romain ; Scherzo de Mab ; Marche hongroise) ; Thomas (Ouverture de Mignon) enr. 1945-1953
CD 41 : Waldteufel ; L. Mozart (Symphonie des jouets) ; J. Strauss II ; Suppé ; etc. (Danses, Valses, Ouvertures) enr. 1939-1952
CD 42 : Beethoven (Concerto pour violon : Heifetz ; Concerto pour piano n° 3 : Rubinstein) enr. 1940 & 1944
CD 43 : Beethoven (Concerto pour piano n° 4 : Serkin ; Concerto pour piano n° 1 : Dorfmann) enr. 1944 & 1945
CD 44 : Brahms (Concerto pour piano n° 2 : Horowitz) ; Tchaïkovski (Concerto pour piano n° 1 : Horowitz) enr. 1940 & 1941
CD 45 : Tchaïkovski (Concerto pour piano n° 1 : Horowitz) enr. 1943 + Moussorgski : Tableaux d'une exposition (version piano, Horowitz 1951)
CD 46 : Beethoven (Ouvertures Leonore II & III, Coriolan, Egmont, etc.) enr. 1938-1947
CD 47 : Gluck (Extraits d'Iphigénie en Aulide ; Orfeo e Euridice) ; Beethoven (Extraits de Fidelio) enr. 1945-1952
CD 48 : Rossini (Ouvertures) enr. 1945-1953
CD 49-50 & 53-54 : Wagner (Préludes, Ouvertures, Extraits orchestraux) enr. 1941-1952
CD 51-52 : Mozart, Rossini, Donizetti, Puccini, Verdi, Humperdinck, Smetana... (Ouvertures) - enr. 1941-1952
CD 55-56 : Beethoven (Fidelio) enr. 1944
CD 57-58 : Puccini (La Bohème) enr. 1946
CD 59-61 : Verdi (Aida) enr. 1949
CD 62-63 : Verdi (Falstaff) enr. 1950
CD 64-65 : Verdi (Otello) enr. 1947
CD 66-67 : Verdi (Un ballo in maschera) enr. 1954
CD 68-69 : Verdi (La traviata) enr. 1946
CD 70-71 : Beethoven (Missa Solemnis) enr. 1953 ; Cherubini (Symphonie en ré mineur) enr. 1950
CD 72-74 : Verdi (Extraits des opéras ; Requiem ; Te Deum) enr. 1943-1954
CD 75 : Beethoven (Symphonie n° 7) ; Haydn (Symphonie n° 101) ; Mendelssohn (Scherzo du Songe d'une nuit d'été) enr. 1926-1936
CD 76 : Mozart (Symphonie 35) ; Brahms (Variations Haydn) ; Wagner (Siegfried-Idyll) ; Dukas (L'Apprenti sorcier) enr. 1929-1936
CD 77 : Gluck ; Rossini ; Verdi ; Wagner (Préludes, Ouvertures, Extraits) enr. 1929-1936
CD 78 : Debussy (La Mer ; Iberia) ; Respighi (Feste Romane) enr. 1941-1942
CD 79 : Tchaïkovski (Symphonie n° 6) ; R. Strauss (Mort et Transfiguration) enr. 1942
CD 80 : Schubert (Symphonie n° 9 La Grande) enr. 1941
CD 81 : Mendelssohn (Songe d'une nuit d'été) ; Berlioz (Scherzo de Mab) enr. 1942
CD 82 : Extraits d'œuvres de Beethoven, Berlioz, Bizet, Donizetti, Respighi, Massenet... enr. 1920-1921
CD 83 : Beethoven (Symphonie n° 4, Ouverture Leonore I), Mozart (Ouverture de la Flûte enchantée), Rossini, Berlioz, Weber - enr. 1938-1939
CD 84 : Beethoven (Symphonies n° 1 & 6), Brahms (Ouverture tragique) enr. 1937-1939

NBC Symphony Orchestra : CD 1-74
New York Philharmonic : CD 75-77
Philadelphia Orchestra : CD 78-81
Orchestre de la Scala de Milan : CD 82
BBC Symphony Orchestra : CD 83-84

Quoi qu'il en soit, une parution attendue, historique, majeure. Quand on pense aux générations de mélomanes qui ont découvert ces heures disque après disque et à prix d'or, on se rend compte de la chance qui est la nôtre à l'heure actuelle avec de tels coffrets aux trésors !

AVERTISSEMENT. J'ai maintenant eu le temps de faire le tour de ce coffret et il y a un défaut, une erreur plutôt. Alors que la symphonie n° 3 de Beethoven devait être présente dans son enregistrement studio de 1949 sur le CD 1 et dans son enregistrement public de 1953 sur le CD 29 (comme le précisent les jaquettes), la version 1953 est en réalité en double. Sony s'est apparemment mélangé les pinceaux en mettant sur les CD 1-5 l'intégrale dans sa remasterisation de 1999, dans laquelle l'enregistrement 1953 avait justement été substitué à celui de 1949 : par conséquent il aurait fallu mettre la version 1949 sur le CD 29 et non celle de 1953, et c'est là qu'a été commise l'erreur fatidique. Pas tragique mais vraiment regrettable, surtout que ce studio de 1949 est devenu assez difficile à trouver...
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Erich Leinsdorf dirige les Symphonies de Beethoven
Erich Leinsdorf dirige les Symphonies de Beethoven
Prix : EUR 12,99

13 internautes sur 18 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Un cycle Beethoven de qualité, mais pas indispensable, 19 avril 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Erich Leinsdorf dirige les Symphonies de Beethoven (CD)
Le cas d'Erich Leinsdorf, parmi les chefs qui furent au sommet de leurs moyens et de leur réputation à l'âge d'or de l'industrie discographique (passage au microsillon, à la stéréo, mondialisation des labels), est assez particulier. Juif autrichien, émigré aux États-Unis au même moment que ses mentors Bruno Walter et Arturo Toscanini, il devint dans les années 1960, en tant que successeur du cher Charles Munch à la tête du Boston Symphony, l'un des chefs les plus enregistrés de la scène musicale américaine, l'un des plus vendeurs, notamment grâce à ses enregistrements lyriques (à commencer par Die Tote Stadt de Korngold, et par ses Puccini, Tosca en tête, ainsi que Turandot, Madame Butterfly et La Bohème), et à ses collaborations avec de grands solistes (Richter dans Brahms, Rubinstein dans Beethoven), à quoi il faut ajouter un beau cycle Prokofiev resté inachevé.
Mais il fut aussi l'un des plus controversés, par sa personnalité acerbe et ses rapports tendus avec les musiciens, comme avec la direction de l'orchestre... Sa carrière prit un mauvais tournant quelques années plus tard lorsqu'il quitta Boston, et l'étoile de Leinsdorf pâlit bien vite, ses prestations ultérieures ne laissant guère de souvenirs.

Connaissant cette histoire particulière, et le caractère souvent spectaculaire (notamment grâce à la qualité des enregistrements « Living Stereo ») des interprétations de Leinsdorf, ce n'est pas sans intérêt que l'on voit reparaître cette intégrale qui n'était jamais ressortie de façon complète en CD. Que vaut donc ce cycle, dans le répertoire le plus concurrentiel de tout le disque classique ?

Du point de vue technique, en tout cas, le pari est réussi et la source et la remasterisation toutes deux de grande qualité donnent des enregistrements parmi les plus beaux qui existent, une qualité véritablement époustouflante, d'une clarté absolue, détaillée, mais sans aucun fouillis, au contraire le naturel de la prise de son permet de s'imaginer sans peine face à l'orchestre. Bref, le meilleur de ce que RCA a produit à l'époque et, si l'on a une bonne chaîne, rien que cela offrira beaucoup de plaisir (comme bien peu d'intégrales Beethoven le permettent en réalité aux purs audiophiles).

Pour ce qui est de l'interprétation musicale en revanche, on est ici loin des meilleures références. Leinsdorf est adepte d'une lenteur toute viennoise, qui évoque les lectures de Krips, voire de Walter. Mais malgré les moyens musicaux extraordinaires du Boston de la décennie soixante, le manque d'imagination patent du chef qui recherche avant tout l'effet orchestral et perd bien souvent le fil du discours, du « récit » beethovénien, crée un effet assez désagréable, décalage entre la qualité sonore et l'intérêt pur contenu.
Encore une fois, je le précise, cette prise de position est avancée en tenant compte de la concurrence énorme qui règne pour la discographie beethovénienne et qui, d'une certaine façon, fait perdre pas mal d'intérêt à la notion même d'intégrale. Et, de fait, c'est plutôt de façon isolée qu'il faudrait prendre ces enregistrements, qui pour certains ne déparent pas tant. Ainsi les symphonies paires (4, 6, 8) sont elles bien moins anonymes que dans d'autres réalisations, et le détail orchestral et l'impact général y offrent de vrais petits tableaux vifs et brillants.
Enfin, la 9e, même si elle ne rivalise pas avec les références absolues d'hier (Furtwängler, Fricsay, Karajan) ou d'aujourd'hui (Harnoncourt, Gardiner, Abbado 1996), est elle aussi d'une qualité très élevée et, grâce à la prise de son, vraiment appréciable. Le quatuor de chanteurs est en particulier excellent, surtout les hommes, Placido Domingo à son sommet et Sherill Milnes d'une fiabilité à toute épreuve. À noter que cette 9e avait été rééditée avec un très bon Survivant de Varsovie de Schoenberg, une sorte de confirmation que la dernière des symphonies est la meilleure de l'intégrale.

Je ne veux pas être trop dur : à 10€ et quelques, ce coffret est une excellente affaire, en ce sens les trois étoiles ne traduisent pas une volonté de casser cet article, mais le placent bel et bien "dans la moyenne" avec du bon (4-6-8e symphonies), de l'excellent (9e), du moyen (1-2e) et du moins bon (3-5-7e). Dans l'absolu cette intégrale n'est donc pas indispensable. Mais je comprendrais très bien qu'on s'y attache...
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Bruno Walter conducts Mahler
Bruno Walter conducts Mahler
Prix : EUR 21,00

32 internautes sur 34 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un élève de Mahler livre des enregistrements pionniers et essentiels, 19 avril 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bruno Walter conducts Mahler (CD)
Dans Mahler, il y a la première génération, celle des élèves de Mahler, de ceux qui l'ont connu, qui ont travaillé avec lui, qui l'ont défendu alors que son œuvre était encore incomprise, rejetée, mise à mal. Et il y a les autres. Et, quel que soit l'attachement que l'on aie pour les grands défenseurs de Mahler que furent ou sont encore Bernstein, Tennstedt, Abbado, Sinopoli, Gielen, Jansons, Rattle, Kondrachine (liste à compléter à volonté, sans oublier les versions isolées de Karajan, Barbirolli, Horenstein !), il faut bien avouer que les témoignages de cette première génération sont de ceux dont on ne peut simplement se passer, du moins lorsqu'on les connaît.

Comme ceux de Klemperer donc, ou ceux de Scherchen, les enregistrements mahlériens de Bruno Walter sont des indispensables. On connaît évidemment très bien le Chant de la Terre viennois avec Ferrier et Patzak (Decca), et la Neuvième enregistrée en concert avant guerre, également avec les Wiener. On révère ces enregistrements... Au risque d'oublier ceux, pourtant fondamentaux, effectués aux États-Unis pendant la dernière partie de carrière de Walter, et pour le label Columbia (désormais Sony). Ce coffret, qui plus est à un prix vraiment très sympathique, vient offrir de nouveau ces références et a d'ailleurs la sagesse d'inclure en particulier les deux versions de la symphonie n° 1 « Titan », la première en mono et la seconde en stéréo. Voici donc un petit mot sur chacun de ces enregistrements.

- Symphonie n° 1 - New York Philharmonic, 1954 (mono) (CD 7)
Version superbement jouée, et très bien enregistrée dans un mono tardif clair et détaillé. On y découvre toute la puissance du Mahler de Walter : une maîtrise formelle extraordinaire, mais aussi une conception moins sérieuse, moins hiératique que chez Klemperer. Walter ne refuse pas l'effet orchestral et c'est ici ce qui saute aux oreilles : un Mahler spectaculaire, dont l'influence a été reconnue par certains chefs postérieurs (Abbado, pour un exemple très actuel).

- Symphonie n° 1 - Columbia Symphony Orchestra, 1961 (stéréo) (CD 1)
Une version parfois un peu sous-estimée par comparaison avec celle de 1954. À tort à mon sens, surtout quand on peut profiter des deux. Car il faut tout de même admettre que cette stéréo très pure, très crue de Columbia offre une dimension supplémentaire à ce Mahler spectaculaire. On gagne en confort et en saisissement, même si cette version est orchestralement un peu moins bonne, et un petit peu plus froide tout de même.

- Symphonie n° 2 - NYP, Emilia Cundari & Maureen Forrester, 1958 (stéréo) (CD 1-2)
La symphonie Résurrection est une de celles que personne n'a aussi bien joué que les chefs qui ont connu Mahler lui-même et bénéficié de ses indications. Aussi les deux plus belles versions sont elles un live de Klemperer en 1965 et celle-ci, encore une grande réussite dans la catégorie spectaculaire. Un spectacle sans artifice toutefois, et qui ne manque ni la furia du premier mouvement, ni le recueillement de la fin (contrairement à un Stokowski par exemple). Maureen Forrester est, comme on peut l'imaginer, sublime dans Urlicht.

- Symphonie n° 4 - NYP & Desi Halban, 1945 (mono) (CD 3)
Avec Willem Mengelberg, l'un des témoignages historiques les plus prenants dans cette symphonie chambriste, si touchante lorsqu'elle est réussie. Le soprano de Desi Halban n'a pas d'égal, à placer sur les mêmes hauteurs que Jo Vincent (Mengelberg) et Reri Grist (Bernstein I).

- Symphonie n° 9 - Columbia SO, 1961 (stéréo) (CD 3-4)
Peut-être le sommet de ces enregistrements, en tout cas une version qui complète celui de 1938 sans aucunement le remplacer ni pâlir à ses côtés. Un Mahler très direct, brut, cru (ce qui est renforcé par l'orchestre très extraverti et la prise de son). Et de tant de paramètres qui auraient pu donner de la dureté, naît au contraire la plus grande pureté, la profonde et tendre tristesse de cette partition-adieu, rendue et défendue comme jamais. Un grand enregistrement.

- Symphonie n° 5 - NYP, 1947 (mono) (CD 5)
Comme la 4e, une bande assez ancienne et à la qualité sonore forcément aléatoire. Une belle vision toutefois, un témoignage à connaître, bien que cette 5e ait beaucoup de défenseurs ardents, efficaces et peut-être plus concernés (Barbirolli, Rattle).

- Das Lied von der Erde - NYP, Mildred Miller & Ernst Haefliger, 1960 (CD 6)
Forcément, lorsqu'on connaît la version du même Walter à Vienne avec Ferrier et Patzak, ou encore les versions de Reiner, de Jochum, de Klemperer, on peut avoir envie de négliger celle-ci. Ce serait bien à tort : Walter maîtrise toujours aussi bien la subtilité du discours orchestral dans cette symphonie qui ne dit pas son nom. Ernst Haefliger rivalise sans peine avec les ténors des autres versions, et Mildred Miller, impeccable, offre un Abschied qui ne manque pas d'émotion !

- Lieder eines Fahrenden Gesellen - Columbia SO & Mildred Miller, 1960 (CD 2)
On retrouve Mildred Miller ici, et comme la concurrence est un peu moins forte que dans le Chant de la Terre, ces enregistrements sont plus indispensables encore, surtout que peu de voix de femmes se sont réellement et aussi vaillamment illustrées dans ces lieder.

Un coffret à ne pas manquer donc, que l'on veuille découvrir Mahler ou que l'on souhaite en approfondir la connaissance, ici grâce à l'un de ses plus ardents défenseurs.
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Murray Perahia plays Mozart : The Piano Concertos
Murray Perahia plays Mozart : The Piano Concertos
Prix : EUR 22,90

28 internautes sur 33 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 La référence la plus indiscutable dans les concertos pour piano de Mozart, 19 avril 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Murray Perahia plays Mozart : The Piano Concertos (CD)
Pour comprendre l'importance de ce coffret dans la discographie, il faut bien saisir que lorsqu'on la connaît, on a tendance à oublier qu'il existe d'autres intégrales des concertos pour piano de Mozart... Déjà plusieurs fois éditée en coffret (mais pour plus cher, ce que la présence d'un livret d'ailleurs fort succinct ne peut justifier), cette intégrale fut enregistrée entre 1975 et 1990 par le prodige américain, Murray Perahia, certainement le pianiste au style le plus constant, le plus sûr, et à la constance admirée depuis plusieurs décennies, une « patte », mélange d'articulation parfaite, d'intonation subtile, de lyrisme et de délicatesse, qui font mouche aussi bien dans Mozart que dans Chopin ou Bach, entre autres grands succès.

Mais la réussite de cette intégrale dépasse tout ce que Perahia a pu entreprendre par ailleurs (et cela est peut-être dû au fait qu'elle date de la période où il fut le plus productif et en pleine possession de ses moyens, avant les problèmes de santé aux articulations de la main, qui l'ont rendu plus rare depuis les années 1990). Non seulement parce que le grand style dont il fait preuve convient tout à fait au génie mozartien, à ce mélange toujours indéfinissable d'enthousiasme juvénile côtoyant des abymes de tristesse, mais parce qu'il gagne toujours les rangs de l'English Chamber Orchestra qui sonne de façon plus cohérente encore, plus dense, plus chambriste en somme, que dans d'autres enregistrements, Perahia jouant AVEC eux plutôt qu'à leur tête (comme le fit, brillamment d'ailleurs, mais différemment, Daniel Barenboim). Le dialogue entre le pianiste et ses coéquipiers donc, est toujours excellent, de mutin dans les œuvres de jeunesse il se fait plus frémissant la maturité approchant, et aborde avec une pudeur toute classiciste les pages plus tourmentées, plus passionnées, plus touchante, pour un résultat fort convaincant.
Difficile par conséquent de définir un « sommet » dans ce coffret puisque rien n'est moins bon que le reste. Toutefois deux des concertos contenus sont particulièrement attachants : le concerto pour deux pianos (K.365) et celui pour trois pianos mais arrangé ici pour deux (K.242). En effet, Perahia et Radu Lupu qui le rejoint à cette occasion offrent une leçon de dialogue musical, un duo (un trio avec l'orchestre) exemplaire, plein de joie, de plaisir de jouer ensemble, pour un résultat véritablement jubilatoire !

Pour revenir aux autres coffrets d'intégrales disponibles, pas forcément mauvaises d'ailleurs, l'œuvre pionnière de Géza Anda avec le Mozarteum demeure inimitable, et le jeune Barenboim avec l'English Chamber Orchestra a lui aussi établi une sorte de standard, un peu plus charpenté (ou lourd, c'est selon). On peut en revanche sans souci oublier l'indigeste Brendel et l'insipide Uchida, et on préférera si l'on veut varier les plaisirs le juvénile Bilson avec Gardiner et la très énergique et verte Viviana Sofronitsky. Sans oublier naturellement les versions isolées de Casadesus avec Szell (incontournable absolu), de Lili Kraus, de Clara Haskil, de Christian Zacharias (surtout le nouveau cycle chez MDG) et bien d'autres évidemment.

Voici donc non seulement la référence la plus incontournable (et certainement l'une des mieux enregistrées, soit dit en passant !), la plus constante à travers l'ensemble des concertos, celle qui fait preuve du goût le plus « médian » sans emportements romantiques ni tranchant baroqueux... Mais aussi désormais la moins chère, et cela fait beaucoup de bonnes raisons pour ne pas hésiter !
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Leopold Stokowski  : The Stereo Collection (1954-1975)
Leopold Stokowski : The Stereo Collection (1954-1975)
Prix : EUR 17,99

34 internautes sur 37 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une affaire en or, et une dizaine d'heures indispensables !, 18 avril 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Leopold Stokowski : The Stereo Collection (1954-1975) (CD)
La collection Sony Masters s'enrichit ici d'un joli pavé, réédition en format plus pratique d'un coffret publié sous le même titre (« The Stereo Collection ») par le label RCA, désormais repris par Sony. L'intégrale des enregistrements stéréo de Stokowski pour RCA y est comprise, et récapituler son contenu ne peut pas faire de mal en attendant peut-être que la fiche s'enrichisse :

CD 1
Beethoven : Symphonie n° 3 ; Ouverture Coriolan
Brahms : Ouverture pour une fête académique

CD 2
Chostakovitch : Symphonie n° 6 ; L'âge d'or
Khatchatourian : Symphonie n° 3

CD 3
Menotti : Sebastian (suite de ballet)
Prokofiev : Roméo & Juliette (sélection)

CD 4
Wagner : extraits de La Walkyrie, Tristan et Isolde, L'or du Rhin, Tannhaüser, Rienzi

CD 5
Wagner : extraits des Maîtres chanteurs de Nuremberg, Tristan et Isolde, Le crépuscule des Dieux

CD 6
Beethoven ; Haendel ; Humperdinck ; Bach ; Rachmaninoff ; Wagner ; Tchaïkovski ; Gluck ; Airs traditionnels

CD 7
Canteloube : Chants d'Auvergne (sélection) Anna Moffo, soprano
Villa-Lobos : Bachianas Brasilerias n° 5
Rachmaninov : Vocalise

CD 8
Dvorak : Symphonie n° 9 « du Nouveau Monde »
Smetana : La Moldau ; Ouverture de la Fiancée vendue

CD 9
Tchaïkovski : Symphonie n° 6 « Pathétique »
Enesco : Rhapsodie Roumaine n° 1
Liszt : Rhapsodie hongroise n° 2

CD 10
Rimsky-Korskakov : Schéhérazade ; La grande Pâque russe

CD 11
Bach : Chaconne ; Ein feste Burg ist unser Gott ; Air ; etc.
Haendel : Musique pour les feux d'artifice royaux

CD 12
Brahms : Symphonie n° 4

CD 12-13
Mahler : Symphonie n° 2 « Résurrection »

CD 14
Bach : Toccata et fugue en ré mineur
Extraits de répétitions de Bach (Toccata & Fugue) ; Wagner (Ouverture de Rienzi) ; Beethoven (Symphonie n° 6) ; Mahler (Symphonie n° 2)

Forcément, dans un tel ensemble, par un chef aussi original qu'inégal, il y a du bon et du moins bon. Mais, à ce prix, cette réédition depuis longtemps introuvable est quoi qu'il en soit une affaire quant à laquelle il convient de ne pas hésiter, et l'une des rééditions les plus excitantes de l'année.
Rentrons un peu dans le détail.
- Pour ce qui est de l'excellent, voire de l'incontournable, il représente à mon sens à peu près 50% du coffet. Il faut peut-être commencer par le répertoire du XXe siècle, Chostakovitch, Katchatourian (CD 2) mais aussi un Prokofiev enragé (CD 3), un Canteloube défendu avec l'ardeur passionnée d'une Anna Moffo (CD 7). Il faut y ajouter les partitions à grand spectacle dans lesquelles Stokowski excelle : Schéhérazade (CD 10), les extraits wagnériens (CD 5 et 6) ou encore les rhapsodies d'Enesco et Liszt (CD 9) et la Moldau de Smetana (CD 8). J'y ajoute une symphonie n° 4 de Brahms qui a de quoi transfigurer la vision de cette œuvre, à l'opposé de la perfection formelle proposée par un Kleiber ou un Giulini, nous avons en effet ici une vision sauvage, violente, extrême, un orchestre poussé dans ses retranchements, un coup de folie qu'on croirait réservé au concert : rien que ces instants-là méritent l'achat de tout le coffret !
- Pour ce qui est du bon voire parfois très bon, le répertoire symphonique un peu plus classique est excellement servi, bien que la personnalité de Stokowski s'y montre parfois excessivement, et que la concurrence très rude de la discographie laisse peu de place à ces enregistrements pour être considérées comme des références. Ainsi la 3e de Beethoven (CD 1) est-elle dépassée par bien des concurrents, la 9e de Dvorak (CD 8) l'est au moins par Reiner, la 6e de Tchaïkovski par Mravinski et Monteux (CD 9). Mais entendons-nous bien, cela demeure fort valable.
Toujours très bon, les arrangements orchestraux voire parfois choraux effectués le plus souvent par Stokowski lui-même, réunis sur les CD 6, 11 et 14. Ces sommets d'un kitsch stéréophonique très marqué par une époque et une personnalité axées vers le show et la popularisation d'un répertoire exigeant sont servis par une réalisation admirable qui en fait de petits objets à connaître, d'un charme certain, suranné et inimitable (quoique d'un goût parfois douteux, un peu trop dégoulinant peut-être, mais on n'est pas obligé de tout écouter d'un coup).
- Enfin, pour le superflu, il ne reste pas grand-chose. Je citerai tout de même la symphonie « Résurrection » de Mahler enregistrée avec le London Symphony Orchestra, Margaret Price et Brigitte Fassbaender. Car la contribution de ces deux excellentes chanteuses ne sauve pas vraiment une performance axée sur l'effet, l'artifice, et qui manque sont but essentiel, l'arc tendu de la dramaturgie mahlérienne, la maîtrise de la forme, et au final l'expressivité toute spirituelle qu'un Walter ou un Klemperer trouvent dans cette même partition. Si l'on souhaite entendre Stokowski dans cette symphonie le live BBC Legends semble préférable (malgré le concours de toux dans le public). Mais cela n'est que mon avis, et je sais que certains sont littéralement captivés par cette version studio, et y voient une référence absolue, j'invite donc chacun à se faire son avis...
Enfin, les extraits de répétition ne sont pas très intéressants, il s'agit de raccords orchestraux sans vrai travail de fond et l'on n'entend guère Stokowski y intervenir, sauf pour quelques éléments de mise en place qui ne portent pas en soi la marque d'un chef : le CD 14 est donc en grande part asez superflu.

Donc, sur 14 CD, 7 indispensables (environ 10 heures de trésors !), 5 bons à très bons, et 2 à mon sens un peu plus oubliables. Un excellent ratio pour un tel coffret, et qui plus est à un prix cadeau quand on sait que tout ça était devenu introuvable !
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