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Contenu rédigé par Megaclassyguy
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Megaclassyguy

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Lucerne Festival Historic Performances, Vol. I (Mozart: Piano Concerto K. 466 - Beethoven: Piano Concerto No. 5 'Emperor')
Lucerne Festival Historic Performances, Vol. I (Mozart: Piano Concerto K. 466 - Beethoven: Piano Concerto No. 5 'Emperor')
Prix : EUR 6,99

7 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 "Inoubliable", 28 octobre 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Il y a des interprètes géniaux mais il y a des interprètes hors normes bien au-dessus encore comme, par exemple, Yehudi Menuhin, Wilhem Furtwängler et
sans aucun doute Clara Haskil. Ce qui les distingue des autres c'est probablement, en plus de leur génie, un amour inconditionnel pour la musique
qu'ils jouent. Le présent enregistrement est un parfait exemple de l'art extraordinaire de Clara Haskil.
Cette dernière était souvent très insatisfaite de ses prestations. Elle était beaucoup trop modeste pour dire et même réaliser que le problème venait
de ceux qui l'accompagnaient. Elle n'était heureuse qu'avec Arthur Grumiaux mais jamais dans les concertos. Le présent enregistrement fait pourtant exception.
Elle écrivit, en effet, que le concert avec Klemperer avait été "inoubliable".

Clara Haskil est considérée par la critique, encore aujourd'hui, comme la plus grande interprète des concertos pour piano de Mozart en particulier
du Concerto K 466 qu'elle a enregistré de nombreuses fois. Les enregistrements les plus connus sont probablement ceux avec Ferenc Friscay. J'ai le
K 466 avec Friscay qui avait été édité par DG et où le commentateur écrivait dans le livret qu'il s'agissait d'un des plus grands enregistrements du XXème siècle.
Je n'avais jamais été convaincu. Dans un livre sur les chefs d'orchestres, Friscay avait été classé dans les chefs d'orchestres "météores" et Klemperer dans
les "monstres sacrés". Les météores étaient les chefs d'orchestre du plus haut niveau mais qui n'étaient pas assez reconnus contrairement aux monstres sacrés.
La comparaison des deux enregistrements se révèle très largement à l'avantage de Klemperer et Clara Haskil ne s'était pas trompée en faisant, chose
extrêmement rare, un compliment sur le concert. Klemperer fut un chef d'orchestre trop froid, refoulant (il le reconnaissait lui-même se déclarant pas du
tout romantique) ses émotions. Cela donnait des enregistrements grandioses mais souvent sans vie. Pour Malher cela pouvait être très bien mais
pas pour nombres d'autres compositeurs. Mais ce jour là probablement inspiré par la petite Clara, Klemperer se transfigura.
L'entrée de l'orchestre semble presque sonner comme une ouverture avec Furtwängler et
Friscay semble très pâle par rapport à l'orchestre de Londres dirigé par Klemperer.

Clara Haskil est plus extraordinaire que jamais et il n'y a rien à dire sauf que tout son jeu n'est qu'un message d'amour qui nous touche au plus profond. Tout
n'est pas parfait dans le jeu de Klemperer qui n'écoute pas suffisamment (comme souvent) le soliste: il est un peu trop véhément quand il répond aux appels
d'une douceur ineffable de Clara Haskil à la fin du second mouvement ou quand il adopte un tempo un peu trop rapide à la fin du troisième. Mais à ces petits
bémols près il est admirable.

C'est bien cet enregistrement et pas ceux avec Friscay qu'il faut compter parmi les plus grands du XXème siècle.

Pour le concerto l'empereur, Casadeus a de nombreuses qualités malheureusement l'orchestre donne l'impression d'un mammouth obèse en train de danser
en tutu autour de lui. Pour ce concerto la conjonction Fischer/Furtwängler fait toujours référence absolue de toute façon.

Dans tous les cas, pour ce trésor extraordinaire qu'est le concerto de Mozart, il n'y a pas à hésiter.

"Inoubliable"


Concertos pour violon BWV 1041, 1042 & 1043 (pour 2 violons) / Partita n°2 pour violon BWV 1004
Concertos pour violon BWV 1041, 1042 & 1043 (pour 2 violons) / Partita n°2 pour violon BWV 1004

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un des plus grands enregistrements du XXème siècle, 16 septembre 2013
Il s'agit de l'un de mes enregistrements préférés depuis que je l'ai découvert et,à mon avis, de l'un
des plus grands enregistrements du XXème siècle à chérir comme toutes les sonates et partitas de Bach enregistrées
par Menuhin à cette époque. On sait qu'Einstein avait déclaré qu'il était désormais sûr que Dieu existe après avoir
écouté Menuhin jouer ces concertos à l'époque.

Yehudi Menuhin a enregistré les mêmes oeuvres après guerre. Evidemment le son est bien meilleur (bien que le
son du présent enregistrement soit très bon pour l'époque) mais les vieux enregistrements
du présent CD sont très supérieurs. C'est ce que j'ai lu
aussi dans des analyses des enregistrements du violoniste. En particulier, Menuhin a enregistré le double concerto
avec Ostrakh mais l'amour qui se dégage du double concerto avec Enesco ici est infiniment supérieur.

Ce premier regard de Menuhin sur Bach dégage une fraîcheur, un amour et surtout une dimension spirituelle
que je n'ai jamais entendu ailleurs. Enesco et Monteux sont transfigurés par leur jeu avec
ce très jeune violoniste. Bach apparaît comme le plus grand des musiciens. La Chaconne de la deuxième partita
est une vraie expérience spirituelle. J'en ai écouté de nombreuses dans des sons infiniment supérieurs mais
aucune ne m'a fait cet effet...


Brahms : Symphonie n° 1 - Variations sur un thème de Haydn
Brahms : Symphonie n° 1 - Variations sur un thème de Haydn
Prix : EUR 11,32

10 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 La 1ère de Brahms la plus extraordinaire de l'histoire du disque, 12 septembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Brahms : Symphonie n° 1 - Variations sur un thème de Haydn (CD)
Je suis d'accord avec l'autre commentaire pour dire qu'il s'agit de la meilleure 1ère de Brahms et d'un vrai miracle. Ce n'est pas seulement un point de vue subjectif c'est ce que j'ai aussi trouvé dans des articles du Monde de la Musique et dans Diapason, par exemple. En ce qui concerne le "plus grand de tous les enregistrements", on trouve souvent ce genre de commentaires pour de nombreux enregistrements de Furtwängler : par exemple l'Eroica de 1944, les Neuvièmes de 1942, 1951 et 1954, la Neuvième de Bruckner de 1944, la quatrième de Schumann de 1953, etc...

Furtwängler a laissé trois enregistrements majeurs de la 1ère de Brahms: en 1945 à Berlin il n'y a que le quatrième mouvement mais il est extraordinaire, en 1952 à Berlin et celui-ci. L'enregistrement de 1952 est assez proche mais celui de Hambourg de 1951 est le plus abouti.
Furtwängler a laissé d'autres enregistrements de Brahms du même niveau: la deuxième de 1945, la troisième de 1949 et la quatrième de 1943 qui est particulièrement extraordinaire, sans parler des concertos avec Edwin Fischer et Yehudi Menuhin.

Cet enregistrement révèle deux aspects très importants de l'art de Furtwängler soulignés par de nombreux commentateurs.

D'abord on est frappé par la perfection formelle inouïe de l'oeuvre révélée par Furtwängler. Cette compréhension de l'oeuvre, Furtwängler l'a en grande partie héritée de ses études avec Heinrich Schenker, le fondateur de l'analyse musicale moderne. Schenker et Furtwängler considéraient les grandes symphonies comme la synthèse parfaite du contrepoint (lecture horizontale) et de l'harmonie (lecture verticale), chaque symphonie étant conçue dans sa globalité à travers de ce que Schenker appelait la "Fernhören", c'est-à-dire l'"écoute lointaine" ou "écoute structurelle" qui obséda Furtwängler jusqu'à la fin de sa vie.

Ensuite, cet enregistrement, en particulier le début du premier mouvement et le quatrième mouvement révèlent clairement la "richesse sonore inouïe" que Furtwängler pouvait obtenir grâce à sa célèbre "battue fluide" qui faisait que les musiciens ne jouaient jamais exactement ensemble rendant possible au cerveau de distinguer tous les instruments même dans les tutti d'orchestre. A ce propos, le pianiste et chef d'orchestre Vladimir Ashkenazy a déclaré qu'il n'a jamais rien entendu de plus beau que les tutti d'orchestre de Furtwängler et Yehudi Menuhin déclara en de nombreuses occasions que cette battue fluide était plus difficile mais supérieure à la battue extrêmement précise de Toscanini. Les musiciens de l'orchestre de Berlin réalisèrent que cette beauté sonore provenait de la battue étrange de Furtwängler en 1955 lorsque Karajan remplaça Furtwängler. Karajan leur faisait répéter cette 1ère de Brahms et les laissait jouer seuls pour entendre ce qu'ils avaient appris avec Furtwängler. Ils commencèrent les gigantesques accords du début comme d'habitude: c'est-à-dire pas vraiment ensemble. Karajan les interrompit brutalement leur disant: "oui mais ensemble enfin!". Les musiciens s'appliquèrent à jouer bien ensemble et réalisèrent que le son ainsi obtenu était complètement écrasé beaucoup plus pauvre. Ils n'osèrent rien dire à Karajan évidemment.

Cet enregistrement est clairement "hors norme". C'est extrêmement rare mais on en trouve d'autres chez Furtwängler et chez d'autres interprètes comme Clara Haskil, Yehudi Menuhin, Kirsten Flagstad, Maria Callas et quelques autres.


Furtwängler Conducts Brahms
Furtwängler Conducts Brahms
Prix : EUR 34,34

6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le plus grand Brahmsien mais ils ont encore loupé le coffret idéal!, 20 mars 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Furtwängler Conducts Brahms (CD)
L'art de Furtwängler est considéré comme la synthèse et l'apogée de "l'école germanique" de direction orchestrale. Cette "école" débuta avec Richard Wagner. Richard Wagner faisait varier continuellement le tempo et accordait une importance beaucoup plus grande à l'expressivité et à la construction d'ensemble de l'œuvre qu'à la mesure. Pour Wagner, l'interprétation d'une œuvre était conçue comme une recréation et laissait de la place à l'improvisation. Le fait de faire varier le tempo n'est pas spécifique à Wagner. Ludwig van Beethoven, lui-même, a écrit dans ses lettres : « mes tempi ne sont valables que pour les premières mesures, car n'oublions pas que le sentiment et l'expression doivent avoir leurs propres tempiacd » ou encore : « pourquoi m'ennuient-ils en me demandant mes tempi ? S'ils sont bons musiciens, ils devraient savoir comment jouer ma musique. S'ils ne sont pas bons musiciens, aucune indication ne saurait être utile. » Plusieurs disciples de Beethoven, dont Anton Felix Schindler, ont témoigné que Beethoven faisait de légères variations constamment lorsqu'il dirigeait ses œuvres. La tradition de Wagner qui fut poursuivie par les deux premiers chefs d'orchestre permanents de l'Orchestre philharmonique de Berlin : Hans von Bülow, qui tendait à mettre en lumière la structure de l'œuvre, et Arthur Nikisch qui privilégiait l'expression et plaçait au premier plan la splendeur des sonorités. Cette tradition fut menée à son apogée par Furtwängler.

Les principales caractéristiques de son art sont une intensité émotionnelle exceptionnelle une richesse sonore inouïe liée en partie à sa battue "fluide" qui fait que les instruments ne jouent jamais exactement ensemble ce qui fait que le cerveau de l'auditeur peut distinguer tous les instruments de l'orchestre même dans les tutti. D'autre part, Furtwängler donne une unité formelle aux oeuvres proche de la perfection. Cela provient du fait qu'il composa et étudia la composition toute sa vie et surtout du fait qu'il collbora très longtemps avec le grand musicologue juif viennois Heinrich Schenker le fondateur de l'analyse musicale et le plus grand spécialiste de la musique tonale germanique. Plus important encore, Furtwängler donne une dimension spirituelle et mystique extraordinare aux oeuvres qu'il dirige.

Furtwängler a toujours eu une très grande affinité pour Brahms. Son grand-père maternel fut d'ailleurs l'ami du compositeur. la seconde femme du chef d'orchestre Hans von Bulöw déclara lorsque Furtwängler devint le chef d'orchestre principal de l'orchestre de berlin en 1922 qu'elle ressentait pour la première fois la même impression extraordinaire que lorsque son mari dirigeait. Elle avait l'impression d'entendre son mari or celui-ci fut très proche de Brahms. Von Bulöw fut celui qui dirigea les "premières" des symphonies de Brahms et ce dernier avait dit à Von Bulöw que ses interprétations de ses oeuvres étaient parfaites ce qui donne un poids tout particulier aux enregistrements de Furtwängler au vue de ce qu'a dit la femme de Von Bulöw. Il est en plus bien prouvé que von Bulöw faisait continuellement des variations de tempo comme Furtwängler et que c'est donc bien ce qu'attendait Brahms.

Des critiques ont pu dire que l'abîme qui sépare Furtwängler de tous les autres chefs d'orchestre est encore plus grand dans Brahms que dans Beethoven ce que confirme le présent coffret mais ils ont encore une fois raté le coffret idéal. Il manque deux enregistrements d'une importance capitale.

La première de Brahms de Hamburg de 1951 est considérée par la critique unanime comme le sommet absolu et l'un des plus grands enregistrements de musique symphonique. La richesse sonore de l'orchestre de Furtwängler est particulièrement mise en évidence dans les premier et dernier mouvements. Cet enregistrement avait reçu un Diapason d'or du siècle...
Les gens de Music & arts ont eu la très grande finesse de rajouter l'enregistrement mythique du dernier mouvement de Berlin 1945.

Pour la deuxième, ils ne se sont pas trompés : ils ont pris la version de Vienne de Janvier 1945. Là aussi un sommet.

Là où le bât blesse c'est pour la troisième. Ils ont pris la version de 1954 et pas celle, extraordinaire, de 1949. Cela est dû à la "mauvaise" influence de John Ardoin. Ce dernier est un critique américain qui a écrit un excellent livre sur Furtwängler mais il a fait quelques erreurs dans ses commentaires de la discographie. En particulier, il a dénigré la version de 1949. Pourtant, l'affaire était bien connue. Furtwängler a adopté des variations de tempo folles dans la version de 1949 et on entend, surtout dans le premier mouvement, que les musiciens ont un peu de mal à suivre leur chef d'orchestre. Mais tous les spécialistes ont toujours considéré que ces petites imperfections techniques n'avaient pas d'importance tant la version de 1949 donnait enfin la vraie dimension à cette symphonie extrordinaire. Les commentaires sur Diapason, le Monde de la musique et et la Société Furtwängler française sont catégoriques à ce sujet. L'enregistrement de 1949 fait de la troisième de Brahms l'une des plus grands symphonies jamais composées et on peut juste un peu regretter que Furtwängler n'ait pas continué à utiliser ces tempi et mieux entraîné ses musiciens. Mais qu'importe. Les imperfections techniques n'ont pas d'importance pour ceux qui cherchent l'extraordinaire. La version de 1954 est bien timorée par rapport à celle de 1949 et ne rend pas justice à Brahms.

(PS dans le numéro de Diapason 616 de septembre 2013, Patrick Szersnovicz a écrit un article (p. 75) sur la troisième de Brahms de 1949 dans la rubrique "l'île déserte, les 100 disques que tout mélomane doit connaître". Il confirme ce que j'ai écrit sur cet enregistrement rapportant même que Giulini avait la plus haute opinion de cette version.)

La version de la quatrième, celle de 1943, est en revanche la meilleure jamais enregistrée. Elle est même mieux, musicalement pas pour la prise de son, que la très célèbre version de carlos Kleiber.

Furtwängler a enregistré le Requiem allemand qui n'est pas dans le coffret mais le son est très mauvais de toute façon. Les variations sur un thème de Haydn de 1951 sont un peu moins bien que la version enregistrée pendant la guerre mais ce n'est pas très grave car la différence n'est pas très grande.

Pour le concerto pour piano n°2 de 1942, rien à dire évidemment. C'est l'un des plus grands concertos jamais enregistrés. Mais pourquoi n'ont ils pas ajouté son partenaire de toujours le concerto pour violon avec Menuhin, lui aussi un sommet????

Pour le triple concerto : il n'y en a pas dans le coffret. Mais ce n'est pas grave. celui enregistré par Furtwängler a des solistes pas terribles même si Furtwängler est extrordinaire. On sait que Menuhin avait invité Casals à venir le jouer avec Furtwängler à Berlin. Casals avait dit qu'il ne pouvait imaginer quelque chose de plus merveilleux que de jouer de la musique avec Furtwängler mais avait décliné l'invitation car il visait à l'époque le prix Nobel de la paix pour son attitude antifascite exemplaire et Furtwängler s'était compromis en restant en Allemagne. Non seulement Casals n'a pas eu son prix Nobel mais il a privé l'humanité d'une référence pour l'éternité (Furtwängler, l'orchestre de Berlin avec Menuhin et Casals!).

Donc il faudra s'y faire. C'est très loin d'être le premier coffret Furtwängler/Brahms mais à moins que la société Furtwängler s'en occupe, on n'aura jamais le coffret idéal et il faudra en avoir plusieurs comme moi.

Ceci dit pour ceux qui ne connaissent pas ces enregistrements: il n'y a pas à hésiter. Furtwängler est le plus grand Brahmsien. D'ailleurs Furtwängler fut considéré par de nombreux musiciens de premier plan comme le plus grand chef d'orchestre : Arnold Schönberg Paul Hindemith, Elisabeth Schwarzkopf, Dietrich Fischer-Dieskau, Yehudi Menuhin, Heinrich Schenker et même Maria Calla!
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (11) | Permalien | Remarque la plus récente : Oct 18, 2013 9:13 AM MEST


Bruckner : Symphonies n° 4, 5, 6, 7, 8 et 9
Bruckner : Symphonies n° 4, 5, 6, 7, 8 et 9
Prix : EUR 33,66

13 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le sommet de la musique brucknérienne mais il manque un enregistrement pour être parfait, 2 février 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bruckner : Symphonies n° 4, 5, 6, 7, 8 et 9 (CD)
L'art de Furtwängler est considéré comme la synthèse et l'apogée de "l'école germanique" de direction orchestrale. Cette "école" débuta avec Richard Wagner. Richard Wagner faisait varier continuellement le tempo et accordait une importance beaucoup plus grande à l'expressivité et à la construction d'ensemble de l'œuvre qu'à la mesure. Pour Wagner, l'interprétation d'une œuvre était conçue comme une recréation et laissait de la place à l'improvisation. Le fait de faire varier le tempo n'est pas spécifique à Wagner. Ludwig van Beethoven, lui-même, a écrit dans ses lettres : « mes tempi ne sont valables que pour les premières mesures, car n'oublions pas que le sentiment et l'expression doivent avoir leurs propres tempiacd » ou encore : « pourquoi m'ennuient-ils en me demandant mes tempi ? S'ils sont bons musiciens, ils devraient savoir comment jouer ma musique. S'ils ne sont pas bons musiciens, aucune indication ne saurait être utile. » Plusieurs disciples de Beethoven, dont Anton Felix Schindler, ont témoigné que Beethoven faisait de légères variations constamment lorsqu'il dirigeait ses œuvres. La tradition de Wagner qui fut poursuivie par les deux premiers chefs d'orchestre permanents de l'Orchestre philharmonique de Berlin : Hans von Bülow, qui tendait à mettre en lumière la structure de l'œuvre, et Arthur Nikisch qui privilégiait l'expression et plaçait au premier plan la splendeur des sonorités. Cette tradition fut menée à son apogée par Furtwängler.

Les principales caractéristiques de son art sont une intensité émotionnelle exceptionnelle une richesse sonore inouïe liée en partie à sa battue "fluide" qui fait que les instruments ne jouent jamais exactement ensemble ce qui fait que le cerveau de l'auditeur peut distinguer tous les instruments de l'orchestre même dans les tutti. D'autre part, Furtwängler donne une unité formelle aux oeuvres proche de la perfection. Cela provient du fait qu'il composa et étudia la composition toute sa vie et surtout du fait qu'il collbora très longtemps avec le grand musicologue juif viennois Heinrich Schenker le fondateur de l'analyse musicale et le plus grand spécialiste de la musique tonale germanique. Plus important encore, Furtwängler donne une dimension spirituelle et mystique extraordinare aux oeuvres qu'il dirige tout particulièrement pour Beethoven, Bruckner ou Bach.

Le présent coffret rassemble ses meilleurs interprétations de Bruckner mais il manque malheureusement un enregistrement d'une importance capitale.

Furtwängler fut l'interprète privilégié des adagio des symphonies de Bruckner, l'un des plus hauts sommets de la musique symphonique occidentalle.

La symphonie n°4 (1951, Stuttgart) est magnifique mais comme la n°7 n'a pas la dimension extraordinaire des interprétations de guerre du coffret.

La symphonie n°5 (1942, Berlin) est un sommet absolu. Même le magazine Classica qui élimine systématiquement tous les vieux enregistrements dans ses analyses écrivait en 2012 : "La grande version historique de cette cinquième symphonie de Bruckner, l'un des plus bouleversants témoignages de l'histoire du disque". L'adagio est tellement extraordinaire que l'on ne peut pas s'empêcher de penser que Bruckner fut un compositeur du même niveau que Bach, Mozart ou Beethoven bien qu'il soit bien moins connu.

La symphonie n°6 (1943, Berlin) est malheureusement incomplète. Mais le plus important a été sauvé: l'adagio est là et magnifique.

La symphonie n°7 (1951, Le Caire) est la plus belle de Furtwängler mais comme je l'ai dit pour la symphonie n°4 n'a pas le caractère "hors-norme" des interprétations de guerre.

Le grand absent de ce coffret est le mythique adagio de cette symphonie datant de 1942. Seul l'adagio avait été enregistré mais il s'agit, de l'avis de tous les critiques, de l'un des plus grands documents sonores existants et jamais égalé par personne de très loin.

La symphonie n°8 (1944, Vienne) est comme l'enregistrement de l'Eroica de Beethoven de cette même année à Vienne l'un des plus grands enregistrements de tous les temps et le sommet absolu de la discographie pour cette oeuvre. Furtwängler a utilisé une partition "modifiée" mais peut importe: l'adagio est, à mon avis, le sommet de l'interprétation brucknérienne. Sa valeur spirituelle et mystique dépasse les adagio des 5 (1943), 7 (1942) et 9 (1944). Contrairement à l'adagio de la 7ème de 1942, la dimension spirituelle ne se présente plus comme une présence transcendante d'une grandeur tragique écrasante mais sous la forme d'un anéantissement total laissant place à un espoir infini. J'ai bien essayé d'écouter plein d'autres versions de cette oeuvre dont celles de Jochum, mais ce n'est vraiment pas comparable surtout pour ceux qui cherchent le "hors-norme" et le spirituel.

La symphonie n°9 (1944, Berlin) est considéré par la critique unanime comme la référence absolue. Les articles du Monde de la Musique et de Diapason comme des critiques Anglo-saxons sont particulièrement significatives à ce sujet. L'adagio a une dimension cosmique très impressionnante : elle semble raisonner dans l'univers entier!

Furtwängler fut considéré par de nombreux musiciens de premier plan comme le plus grand chef d'orchestre : Arnold Schönberg Paul Hindemith, Elisabeth Schwarzkopf, Dietrich Fischer-Dieskau, Yehudi Menuhin, Heinrich Schenker et même Maria Calla qui déclara "pour moi il ETAIT Beethoven".

Ces enregistrements ainsi que tous les autres enregistrements de Furtwängler d'autres compositeurs constitue l'un des plus hauts sommets de la civilisation occidentale.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Sep 16, 2013 2:45 PM MEST


Furtwängler Conducts Beethoven
Furtwängler Conducts Beethoven
Prix : EUR 42,06

13 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le sommet absolu de la musique symphonique occidentale, 31 octobre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Furtwängler Conducts Beethoven (CD)
L'art de Furtwängler est considéré comme la synthèse et l'apogée de "l'école germanique" de direction orchestrale. Cette "école" débuta avec Richard Wagner. Richard Wagner faisait varier continuellement le tempo et accordait une importance beaucoup plus grande à l'expressivité et à la construction d'ensemble de l'œuvre qu'à la mesure. Pour Wagner, l'interprétation d'une œuvre était conçue comme une recréation et laissait de la place à l'improvisation. Le fait de faire varier le tempo n'est pas spécifique à Wagner. Ludwig van Beethoven, lui-même, a écrit dans ses lettres : « mes tempi ne sont valables que pour les premières mesures, car n'oublions pas que le sentiment et l'expression doivent avoir leurs propres tempiacd » ou encore : « pourquoi m'ennuient-ils en me demandant mes tempi ? S'ils sont bons musiciens, ils devraient savoir comment jouer ma musique. S'ils ne sont pas bons musiciens, aucune indication ne saurait être utile. » Plusieurs disciples de Beethoven, dont Anton Felix Schindler, ont témoigné que Beethoven faisait de légères variations constamment lorsqu'il dirigeait ses œuvres. La tradition de Wagner qui fut poursuivie par les deux premiers chefs d'orchestre permanents de l'Orchestre philharmonique de Berlin : Hans von Bülow, qui tendait à mettre en lumière la structure de l'œuvre, et Arthur Nikisch qui privilégiait l'expression et plaçait au premier plan la splendeur des sonorités. Cette tradition fut menée à son apogée par Furtwängler.

Les principales caractéristiques de son art sont une intensité émotionnelle exceptionnelle une richesse sonore inouïe liée en partie à sa battue "fluide" qui fait que les instruments ne jouent jamais exactement ensemble ce qui fait que le cerveau de l'auditeur peut distinguer tous les instruments de l'orchestre même dans les tutti. D'autre part, Furtwängler donne une unité formelle aux oeuvres proche de la perfection. Cela provient du fait qu'il composa et étudia la composition toute sa vie et surtout du fait qu'il collbora très longtemps avec le grand musicologue juif viennois Heinrich Schenker le fondateur de l'analyse musicale et le plus grand spécialiste de la musique tonale germanique. Plus important encore, Furtwängler donne une dimension spirituelle et mystique extraordinare aux oeuvres qu'il dirige tout particulièrement pour Beethoven, Bruckner ou Bach.

Le présent coffret rassemble ses meilleures interprétations de Beethoven sachant que Furtwängler réussit à égaler certaines de ces interprétations après la guerre.

La troisième de 1944 est encore aujourd'hui par tous les critiques comme la meilleure jamais enregistrée. La perfection de la construction a frappé de stupeur de nombreux spécialistes (dont Barenboim). La dimension spirituelle de la fin du deuxième mouvement et du dernier mouvement n'a jamais été égalée par personne. Il s'agit non seulement de la meilleure version mais aussi de la seule qui rende pleinement compte du génie de Beethoven. Cette interpétation était qualifiée de "la plus grande interprétation de tous les temps de la plus grande symphonie de tous les temps" dans l'ancien guide de Diapason de la musique classique.

La cinquième de 1943 est aussi la meilleure jamais enregistrée, meilleure que celles de Karajan, Toscanini et même Carlos Kleiber. Malheureusement, le son ne permet pas d'entendre très clairement le pianissimo au début de la transition du 3ème au 4ème mouvements, le sommet de l'oeuvre. Dans sa version de Berlin de 1954, Furtwängler atteint le même niveau pour cette transition et ce que l'on entend prouve qu'aucun chef d'orchestre ne peut être comparé à Furtwängler pour Beethoven même Carlos Kleiber.

La 7ème de 1943 est considérée aussi par les critiques comme la plus extraordinaire jamais enregistrée. La beauté des fortissimi dans le premier mouvement, la musicalité du second sont indescriptibles. Mais le sommet est le dernier mouvement où, une fois n'est pas coutume, Furtwängler est le seul chef d'orchestre à garder d'un bout à l'autre le tempo indiqué par Beethoven au début du mouvement. Même Toscanini n'y est jamais arrivé. L'effet est hallucinant et tous les professionnels ne savent pas comment les musiciens ont pu supporter un tel effort physique.

La 9ème est parfois décrite comme le plus grand enregistrement sonore de tous les temps. La puissance du premier mouvement, la musicalité sublime de l'adagio et surtout la dimension spirituelle du finale n'ont jamais été égalés par personne. On a pu écrire que dans cet enregistrement, Beethoven égalait le Michel-Ange de la Chapelle sixtine grâce à un interprète enfin digne de lui. Attention cependant, il faut savoir que Furtwängler fut obligé de diriger pour l'anniversaire d'Hitler. Cela explique que l'"Ode" est sinistre et ne présente aucune joie et que le premier mouvement ait un fort caractère apocalyptique: Furtwängler annonce aux Nazis la fin des temps et le jugement dernier! Furtwängler avait parfaitement conscience de la totale incompatibilité entre le message d'amour de tous les êtres humains de Beethoven, Schiller et Goethe et l'idéologie de haine des Nazis: il l'a même écrit dans son journal personnel. C'est pourquoi la version de Bayreuth de 1951 dont l'hymne à la joie n'a jamais été égalée et l'ultime version de Lucerne de 1954 considérée par les musicologues comme la perfection sont complémentaires de cet enregistrement.

L'ouverture de Coriolan n'a jamais été égalée ni par Furtwängler ni par Carlos Kleiber. L'ouverture de Léonore est du même niveau mais Furtwängler a enregistré d'autres ouvertures de Léonore aussi bien après la guerre. La plus extraordinaire est celle de Lénonore II de 1949 qui exprime une joir prodigieuse comme plusieurs enregistrements du chef allemand durant la période 1947-1951.

la sixième de 1944 est de très loin la meilleure jamais enregistrée à mon avis malgré un son qui laisse à désirer. Dans sa version de Vienne de 1943, Furtwängler semble un peu perdu tandis que dans la version de 1944, il a trouvé une dimension spirtuelle extrêmement profonde. D'autre part, l'"orage" est le meilleur jamais enregistré.

Seule la quatrième de 1943 est un peu moins bien : elle est un peu comme la sixième de la même année. Furtwängler se cherche. Ses meilleures versions sont celles de 1952 et 1953.

Furtwängler fut considéré par de nombreux musiciens de premier plan comme le plus grand chef d'orchestre : Arnold Schönberg Paul Hindemith, Elisabeth Schwarzkopf, Dietrich Fischer-Dieskau, Yehudi Menuhin, Heinrich Schenker et même Maria Calla qui déclara "pour moi il ETAIT Beethoven".

L'impact de Furtwängler sur tous les chefs d'après guerre fut immense: Karajan ne rêvait que d'être son successeur et fut complètement bouleversé en entendant sa transition du troisième au quatrième mouvement de la quatrième de Schumann, Carlos Kleiber déclarait toujours que de toute façon nul ne pouvait égaler Furtwängler et c'est l'une des raisons pur lesquelles il ne voulut jamais se lancer complètement dans une carrière de chef d'orchestre, Barenboim décida de devenir chef d'orchestre en entendant enfant la Passion selon Saint Matthieu par Furtwängler à Buenos Aires et Simon Rattle a toujours déclaré que Furtwängler était le chef d'orchestre qui avait eu le plus d'influence. Célibidache fut le plus "traumatisé" selon sa propre expression: il fut le seul, en effet, à assister à tous les concerts de Furtwängler à Berlin pendant la guerre et son insatisfaction permanente et son mauvais charactère proverbials proviennent du fait qu'il déclara qu'il ne pourra plus jamais les entendre.

Même Toscanini qui lors d'une soirée mémorable dans sa villa à Riverdale en présence de Menuhin juste après la guerre se mit à ranger tous ses collègues parmi les déchêts de l'histoire culturelle sauf son collègue allemand sur lequel il ne dit pas un mot. Menuhin regréta toute sa vie de ne pas lui avoir demandé ce qu'il pensait de Furtwängler. Lorsqu'un journaliste lui demanda après guerre quel était le plus grand chef d'orchestre du monde à part lui-même, le maestro ne voulut pas répondre puis suite à l'insistance du journaliste il hurla: "Furtwängler" et quitta la salle.

Ces enregistrements ainsi que tous les autres enregistrements de Furtwängler d'autres compositeurs constitue l'un des plus hauts sommets de la civilisation occidentale.
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