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Contenu rédigé par John Hardy
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Commentaires écrits par
John Hardy

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Metamorphosis - Edition remasterisée
Metamorphosis - Edition remasterisée
Prix : EUR 10,23

15 internautes sur 16 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Pop pop pop, 5 juin 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Metamorphosis - Edition remasterisée (CD)
Longtemps resté inédit, Metamorphosis est une compilation publiée par Mc Laren - pardon, Andrew Oldham, en 1975, et qui rassemble du "matériel" (comme disent les rock-critics) de la période Decca. Il s'agit essentiellement de faces B, singles n'apparaissant sur aucun album et autres curiosités. Le genre de trucs totalement anecdotiques pour faire cracher les fans.

Sauf qu'ici, nous avons accès à la face caché des Stones, celle qu'ils ont soigneusement enterrée pour mettre en avant leur image de mauvais garçons et jouer sur l'opposition avec les Beatles (sur les conseils d'Oldham lui-même). Une face qu'ils avaient quand même essayé de dévoiler sur l'album Between The Buttons avec des perles comme "Backstreet Girl" : leur côté pop. Leur amour de la mélodie, des grandes orchestrations, des arrangements sophistiqués. Ce qui a fait la fortune de nombreux groupes anglais (Beatles donc, mais aussi les Kinks, les Pretty Things...), et qu'eux ont laissé de côté.

Or, ce qu'on découvre ici (et sur Between the Buttons donc), c'est qu'ils y excellaient. "I'd Much Rather Be With The Boys" est tout simplement un de leurs meilleurs morceaux, et Johnny Thunders ne s'y trompera pas, qui le reprendra seul (sur "Hurt") et avec... Wayne Kramer (du MC5), dans le groupe Gangwar. "Out of Time" est une autre merveille, version orchestrée du morceau qui figure sur Aftermath : on voit que le groupe s'est volontairement bridé pour l'album, pour rester "rock" ; ici on est du côté des girls group, et les meilleurs s'il-vous-plait, Ronnettes, Chiffons et Shangri-la's. Jagger est sublime tout du long, séducteur au possible sur "Sleepy City", avec des intonations qu'il ne trouvera plus jamais à partir de "Sticky".

Bien sûr, le disque est inégal et il y a des choses sans intérêt, comme la version orchestrée de "Heart of Stone". Mais le reste (une bonne moitié des titres) justifie très largement l'achat de ce disque unique, sans équivalent chez les Stones.


how to make a monster
how to make a monster
Proposé par EliteDigital FR
Prix : EUR 22,59

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Fonds de tiroirs..., 27 mai 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : how to make a monster (CD)
Le titre était plutôt alléchant. Comment créer un monstre, surtout un comme les Cramps, on aimerait savoir.

Malheureusement pas de réponse à cette question essentielle ; en revanche des inédits par franchements indispensables. Sur un premier disque, des démos qui s'étalent des débuts du groupes jusqu'à une période assez récente. Intéressant pour constater l'évolution des magnétophones multipistes. En revanche, les démos, souvent assez proches des versions finales, n'ont pas grand intérêt. Soulignons toutefois un effort intéressant, "Rumble Blues", pour faire de l'instrumental de Link Wray une véritable chanson. Voilà qui en dit long sur la méthode de composition des Cramps, mais avait-on besoin des ces 4 prises de hurlements ?

Le deuxième disque propose deux lives de la première période, avant même l'enregistrement de "Songs...". Document donc, comme disent les historiens. Intérêt musical relativement limité par contre.

Finalement, le plus intéressant dans cet objet, ce sont les notes de pochette. Lux Et Ivy reviennent sur la genèse du groupe, la rencontre de Bryan Gregory... et au passage s'indignent contre les compilations Born Bad / Songs the Cramps Taught Us, qui donnent une vision réductrice de leur travail, soi-disant. Hum.

Mais alors, qu'est-ce qui peut bien justifier les 3 étoiles que j'attribue à ce machin ? OK, je crache le morceau : au détour de ces mêmes notes, on nous apprend que pour faire vivre le groupe, Ivy "travaillait" comme dominatrice dans une maison SM... photo du catalogue à l'appui !!!!


The Stooges
The Stooges
Prix : EUR 7,00

3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Les Stooges à la recherche d'eux-mêmes..., 27 mai 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Stooges (CD)
Un album essentiel, certes, d'autant que les Stooges n'en ont que trois à leur actif (je ne tiens pas compte de l'auto-parodique "The Weirdness"). Un album qui compte surtout des titres aussi fantastiques que "I Wanna Be Your Dog" ou "No Fun". Mais aussi un album inégal, très loin de la perfection.

C'est que les Stooges, à l'époque, se font surtout remarquer par leurs performances bruitistes, le jeu de scène torride d'Iggy, et le chaos qu'ils provoquent sur scène. Et tout cela est un peu difficile à transcrire sur un album. Il y a des contraintes à respecter. Du coup, les Stooges font ce qu'ils peuvent. Il suffit de voir la pochette pour comprendre à quel point ils sont encore profondément marqués par certaines influences (en l'occurence les Doors), peinant à trouver leur propre image.

Du coup l'album se partage entre des titres grandioses, directement entrés dans la légende, et des choses moins bonnes, voire franchement affreuses. "We Will Fall" est une horreur d'autant plus pénible à l'écoute qu'on comprend ce que le groupe a essayé de faire (puisqu'ils y arriveront par la suite avec "Dirt"), vainement. "Ann" est un ratage du même genre. "Not Right" est franchement faiblard.

Mais bien sûr, tout le reste est génial. Et puis cet album a un avantage sur ses grandioses successeurs : le son, un son garage, brut, pas encore de la lave en fusion mais des guitares rêches, abrasives.

Néanmoins, c'est avec Fun House, leur deuxième album, que le groupe va réussir à produire en studio ce qui faisait sa force sur scène, et graver par la même occasion une des pages les plus importantes du rock'n roll. C'est aussi avec ce disque qu'Iggy donnera sa pleine mesure vocale, loin de la gentillesse presque prude avec laquelle il s'égosille sur "1969".


Hotel California
Hotel California
Prix : EUR 6,99

12 internautes sur 23 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Ersatz, 25 mai 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Hotel California (CD)
Parfois, le hasard nous remet en présence de ce que nous avions adoré un moment (l'enfance...), puis jeté aux orties, et alors on s'interroge : pourquoi ?

Hotel California, le tube fabuleux, mais pas seulement : il fallait aussi adorer tout le disque, présenté comme un chef d'oeuvre country-rock, avec des musiciens géniaux, une pochette sublime et tout le tralala. Et c'est vrai que (puisqu'on est jeune) on peut écouter le morceau en boucle, rêver aux premiers "slows" qu'on va danser, à d'hypothétiques patins qu'on va rouler sur ce solo ; ou encore (pour les plus romantiques) frissonner au clair de lune avec la guitare de Don Felder, dans une extase demi-mystique.

Et le reste ? Et bien le reste, on a beau se forcer, c'est mou, très mou ("New Kid In Town", "Wasted Time"), même quand ça voudrait se faire plus rock ("Life In The Fast Lane"), ça reste désespérément mou. Comme si, après avoir chanté l'Hotel California, les Eagles en avaient composé la bande-son, easy-listening accordé aux "mirrors on the ceiling and pink champagne on ice". Alors on se dit que c'est pas grave, de toutes façons, ce qui compte vraiment c'est "Hotel California", la chanson ; et la différence abyssale d'efficacité entre le premier titre et le reste du disque est excusée.

Et puis vient le moment où cette différence s'estompe, le morceau titre devenu terriblement indigeste, et tout cela rejoint cet "enfer" de notre discothèque où descendent les erreurs de jeunesse.

Alors, pourquoi ? Parce que les Eagles, croyant faire du country-rock, avaient vendu l'âme de la country et du rock'n roll, non pas à Anton LaVey (un des mythes qui entourent le disque) mais tout simplement à la variété. C'est-à-dire que sous prétexte de mélanger deux genres voisins, ils ont oublié l'un et l'autre. Ainsi, le rythme qui est la base du rock('n roll) est sacrifié, ce qui donne cette impression de mollesse affreuse, d'engourdissement. D'un autre côté, on ne retrouve pas non plus la richesse des harmonies qui font la beauté de la country : juste quelques mélodies accrocheuses, mais dont on se lasse rapidement.

Et on retiendra donc cette leçon grâce aux Eagles, qu'un métissage réussi rapproche des différences au lieu d'uniformiser. Des exemples ? Le plus grand disque de country-rock : Sweetheart Of The Rodeo, par les Byrds. Mais aussi le mythique Gram Parson The Complete Reprise Sessions (Coffret 3 CD), et même les Rolling Stones en plein trip américain (Exile on Main Street (Edition Deluxe Digipack 2CD inclus 10 titres inédits). Voire, plus subtil et mélodique, Big Star :#1 Record/Radio City. Que des chefs-d'oeuvres.

Et je laisse une étoile à Hotel California, qui n'a pas besoin de moi pour continuer à séduire des générations de jeunes romantiques. Pourvu que ça leur donne envie de découvrir d'autres choses...
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Young Loud And Snotty
Young Loud And Snotty
Prix : EUR 11,00

9 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le punk new-yorkais, côté trash, 21 mai 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Young Loud And Snotty (CD)
Le punk américain, on ne le répétera jamais assez, n'a rien à voir avec la musique brouillonne, mal jouée et ultra violente qu'on imagine généralement, et qui s'est imposée dans l'imaginaire collectif grâce aux Sex Pistols. Mais il y a quand même les Dead Boys.

Pas vraiment New-Yorkais (ils viennent de Denver comme les Cramps), les Dead Boys incarnent sans doute la face la plus brutale du mouvement. Le groupe se forme sur les cendres des Rocket From The Tombs, groupe garage déjà particulièrement allumé, où officient Johnny Blitz et Cheetah Chrome. Maelstrom sonique, larsen et inspiration stoogienne caractérisent la musique, on pourrait dire le bruit, produit par la formation qui éclate rapidement. La partie la plus expérimentale donne naissance au groupe Pere Ubu. L'autre donne naissance aux Dead Boys. C'est la partie brutale, qui emporte avec elle le morceau "Sonic Reducer".

Le groupe nait vraiment avec la rencontre de Stiv Bator. On ne va pas refaire l'histoire du chanteur psychopathe, pressé de mourir ("we're all gonna die yound", prophétise-t-il sur ce Night of the Living Dead Boys indispensable), qui a eu droit à sa fellation sur scène, le type dangereux et pourtant fan du Choir et qui livrera un album de pur power pop, à la fin de sa courte vie. Pourtant, c'est un peu de tout cela qu'on entend sur cet album, imparfait peut-être, mais sans concession. Une ode très crue à Lydia Lunch (figure de la no-wave), quelques brûlots explicites et surtout le très rock'n roll "Caught with the meat in your mouth", ainsi qu'une reprise donnée live de "Hey Little Girl" ne parviennent pas vraiment à effacer la première impression, particulièrement violente, provoquée par le morceau "Sonic Reducer".

Mais si cet album, qui flirte avec le metal, n'est pas de ceux qu'on réécoutera le plus souvent, il reste un témoignage irremplaçable du sens qu'on peut donner à l'expression "brûler la chandelle par les deux bouts", ou encore, "live fast, die young".
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Dogs. 3 Original Album Classics
Dogs. 3 Original Album Classics
Prix : EUR 18,58

16 internautes sur 17 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le rock'n roll en France, 15 mai 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Dogs. 3 Original Album Classics (CD)
Si les Dogs avaient été un groupe anglo-saxon, ils seraient depuis belle lurette réédités chez Rhino, Ace ou Sundazed, avec packaging classieux et remaster haut de gamme (ce qui est quand même le cas des deux premiers albums) ; si les Dogs avaient été un groupe anglo-saxon, on peut supposer que des chansons comme "Too Much Class", "The Most Forgotten French Boy", "Secrets", "Everything But Love" (pour n'en citer qu'une poignée) auraient figuré sans problème sur le "Children of Nuggets" où, loin de faire pâle figure aux côtés des Flamin' Groovies, Nerves et Barracudas, elles auraient encore élevé le niveau.

Manque de bol, les Dogs qui avaient tout bon (le son, les guitares Rickenbacker, le look et les influences soignées, du rythm'n blues des Isley Brothers à la power pop des Nerves) n'étaient que français. Un groupe français qui refusait de faire dans la variété (crime impardonnable), et, plus grave, qui s'obstinait à chanter en anglais. Un groupe qui prenait le rock'n roll au sérieux, tout simplement, refusant de verser dans l'hommage à demi parodique qui caractérise la plupart des groupes français, même les meilleurs. Alors oui, l'accent peut gêner. Il est pourtant moins ridicule que la plupart des paroles de Bijou ou de Metal Urbain.

Ce qui reste vrai, c'est que ces trois albums-là sont les meilleurs du groupe, que "Too Much Class For The Neighbourhood" est un hymne qui vaut "Blank Generation", que Shout est un faux live qui dépote bien, et que ce coffret un peu cheap (pochettes en carton basique, qui ont toutefois le bon goût de reproduire les vinyles) propose le meilleur du rock'n roll en France, pour un prix dérisoire. Alors faites comme on vous dit, dépêchez-vous.
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DOGS
DOGS
Prix : EUR 8,00

6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Les Dogs !! Quoi d'autre ?, 6 mai 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : DOGS (CD)
Le rock'n roll en France, pour beaucoup, ça n'a jamais existé. Généralement, les groupes les plus prometteurs tombent en moins de deux dans le panneau de la variété, véritable fléau national. Les autres, par réaction, semblent toujours à la limite de la caricature, voire de la parodie. Les plus doués passent de l'un à l'autre, et deviennent synonymes de beauf et de ringard - tel Johnny dont il est difficile de se souvenir qu'il a enregistré quelques merveilles dans les années 60.

Tout cela pour rappeler que "Different", les Dogs l'étaient vraiment. Dominique, il suffit de jeter un oeil à la pochette, était l'incarnation même de l'élégance. Apparu en pleine vague punk, le groupe se fait remarquer par quelques singles dévastateurs, bien dans l'air du temps ("19"), mais se distingue déjà par la finesse des compositions. L'album, peu après, confirme l'impression : c'est de rock'n roll qu'il s'agit, tout simplement. Reprises de rythm'n blues racées ("Nobody but me"), fluidité de la Rickenbacker, mid tempos énervés, le disque s'impose d'emblée comme classique, une exception durable dans le paysage français.

Cette réédition est d'autant plus indispensable qu'elle rassemble en bonus les singles parus chez Mélodie Massacre. Peut-être meilleurs encore que l'album lui-même, ils montrent le groupe survolté, travaillant un son abrasif sur des chansons déjà exceptionnelles. 19 - qui donna sont nom à un grand fanzine rock'n roll - ne peut se comparer qu'à de grandes chansons du genre "Slow Death" des Groovies. Pour vous dire le niveau.
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Back To Mono (1958-1969)
Back To Mono (1958-1969)

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 L'histoire de la Pop, 2 avril 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Back To Mono (1958-1969) (CD)
Phil Spector a joué un rôle dans l'histoire de la pop music tel qu'aujourd'hui, il serait impossible de trouver des musiciens qui n'aient pas, indirectement, subit son influence. Le projet de Spector était simple : offrir aux kids des années 60 des minis-symphonies qu'ils pourraient écouter en boucle sur leurs platines bas de gamme, avec un son fabulueux. D'où le mono obligatoire, et surtout le fameux Wall of Sound. Des orchestres immenses, des enregistrement laborieux et surtout des artistes incomparables pour une avalanches de chef d'oeuvres en 45 tours. Puisque le format privilégié de la pop, c'est, bien sûr, le 45 tours.

Alors tout est là, des débuts, "To Know Him is to Love Him", à la glorieuse fin, avec Ike & Tina Turner (Ike qui ne s'en remettra pas). Une foule de tubes immortels, pour une fois les termes ne sont pas trop forts : Da Doo Ron Ron, Be My Baby, Unchained Melody, River Deep Mountain High, He's a Rebel... on pourrait tous les citer.

Les productions de Spector ont eu une influence sur tout le monde à l'époque (on peut pour s'en convaincre écouter les magnifiques compiles "Phil Spectre : A Wall of Soundalike"), des Beatles aux Beach Boys en passant par les innombrables girls group américains. Mais elles en ont eu encore plus une décennie plus tard, avec l'avènement du punk, et notamment les héritiers directs de Spector : les Ramones. A travers eux, c'est tout le "punk mélodique" américain, mais aussi tous les groupes power-pop qui s'inscrivent dans la lignée de cette oeuvre à part.

Monumental.


First Album
First Album

Aucun internaute (sur 1) n'a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Déconstruire le rock'n roll, 1 avril 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : First Album (CD)
Lorsque Martin Rev et Alan Vega se rencontrent dans une impasse malodorante de New York, ce sont deux clochards qui survivent tant bien que mal au milieu des années 70. Grâce à un vieil orgue éléctronique farfisa complétement déglingué qu'ils ont certainement déniché dans une poubelle, les deux pesonnages peuvent se lancer dans le rock'n roll, Alan Vega s'occupant du micro. A des années-lumières du glamour de l'époque, les deux cyber-punks entreprennent de déconstruire totalement le rock originel, celui des pionniers (cf. "Johnny"), en le réduisant à une mélodie synthétique lugubre ; dans le même mouvement, ils inventent la suite, de la new-wave ("Cheree", dont Bono avoua s'être inspiré pour écrire "With or without you") jusqu'à la dance ("Keep your dreams"). L'orgue produit un son inimitable, rythmiques minimales et bruits futuristes, tandis que Vega se pose en crooner moderne, crachant, sifflant et hurlant avant de sussurer d'une voix langoureuse "i love you baby". Sur "Frankie Teardrop", cauchemar de la misère, on l'entend pousser des hurlements inhumains tandis que l'orgue s'emballe, emmenant frénétiquement l'auditeur vers l'horreur absolue.

Le duo, on s'en doute, passa des années à galérer dans les bouges minables de la grosse pomme avant d'enregistrer cet album sublime. Sur cette superbe réédition, un deuxième cd permet de mieux comprendre le désarroi des spéctateurs de l'époque grâce à des morceaux live captés au CBGB et à Bruxelle. C'est là, sur 23 minutes regroupées sur une plage, qu'il faut entendre les deux prophètes, conspués par la foule, tentant de jouer leur album dans son intégralité sous les insultes (en français !) et les huées, avant de jeter l'éponge (et le micro) au milieu de "Frankie Teardrop". Un document, presque aussi passionnant que le "Metallic KO" des Stooges.


Suicide
Suicide
Prix : EUR 9,99

5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Déconstruire le rock'n roll, 1 avril 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Suicide (CD)
Lorsque Martin Rev et Alan Vega se rencontrent dans une impasse malodorante de New York, ce sont deux clochards qui survivent tant bien que mal au milieu des années 70. Grâce à un vieil orgue éléctronique farfisa complétement déglingué qu'ils ont certainement déniché dans une poubelle, les deux pesonnages peuvent se lancer dans le rock'n roll, Alan Vega s'occupant du micro. A des années-lumières du glamour de l'époque, les deux cyber-punks entreprennent de déconstruire totalement le rock originel, celui des pionniers (cf. "Johnny"), en le réduisant à une mélodie synthétique lugubre ; dans le même mouvement, ils inventent la suite, de la new-wave ("Cheree", dont Bono avoua s'être inspiré pour écrire "With or without you") jusqu'à la dance ("Keep your dreams"). L'orgue produit un son inimitable, rythmiques minimales et bruits futuristes, tandis que Vega se pose en crooner moderne, crachant, sifflant et hurlant avant de sussurer d'une voix langoureuse "i love you baby". Sur "Frankie Teardrop", cauchemar de la misère, on l'entend pousser des hurlements inhumains tandis que l'orgue s'emballe, emmenant frénétiquement l'auditeur vers l'horreur absolue.

Le duo, on s'en doute, passa des années à galérer dans les bouges minables de la grosse pomme avant d'enregistrer cet album sublime. Sur cette superbe réédition, un deuxième cd permet de mieux comprendre le désarroi des spéctateurs de l'époque grâce à des morceaux live captés au CBGB et à Bruxelle. C'est là, sur 23 minutes regroupées sur une plage, qu'il faut entendre les deux prophètes, conspués par la foule, tentant de jouer leur album dans son intégralité sous les insultes (en français !) et les huées, avant de jeter l'éponge (et le micro) au milieu de "Frankie Teardrop". Un document, presque aussi passionnant que le "Metallic KO" des Stooges.
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