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Contenu rédigé par Duke
Classement des meilleurs critiques: 4.064
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Duke

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Ars Sacra - La référence sur l'art Chrétien
Ars Sacra - La référence sur l'art Chrétien
par Rolf Toman
Edition : Relié

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Un sommet indépassable, 1 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ars Sacra - La référence sur l'art Chrétien (Relié)
Des centaines de photos, 800 pages, 8 kg, autant dire que les éditions h. f. ullmann, spécialistes, entre autre, de l'histoire des arts, ce sont données les moyens techniques pour parvenir à cerner l'immense sujet de l'art sacré chrétien de la haute antiquité à nos jours. Une nouvelle fois R. Toman, directeur de cette collection, parvient admirablement à relever le défi. L'érudition alliée à l'esthétisme de cet ouvrage ne semble pouvoir être égalés par quiconque. Un must absolu pour tous les amoureux de l'art, de l'histoire, artistes, historiens, amateurs éclairés, passionnés en tous genres... Seul petit reproche, tout comme nous l'avions constaté sur le travail dédié aux monastères et ordres monastiques, l'agencement du sommaire de certaines parties pose parfois quelques problèmes de repérages, de même certains noms eussent pu être "francisés".


Genesis - Sum of the parts
Genesis - Sum of the parts
DVD ~ Genesis
Proposé par Funkingdom
Prix : EUR 13,94

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Mouaif..., 22 décembre 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Genesis - Sum of the parts (DVD)
SEBTP n'est quasiment pas évoqué, WAW passe à la trappe de même que les carrières d'Ant et Steve, ainsi que toute la période CAS... Pour autant il y a des choses intéressantes dans ce doc : Jonathan King, Richard Mc Phail, et les propos qui ne semblent jamais autant avoir été aussi honnêtes, même si le tout sent le sapin.


Kaliveoscope (Coffret 2DVD+3CD+BluRay - Tirage Limité)
Kaliveoscope (Coffret 2DVD+3CD+BluRay - Tirage Limité)
Prix : EUR 39,83

5.0 étoiles sur 5 Happy Xmas prog !, 22 décembre 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Kaliveoscope (Coffret 2DVD+3CD+BluRay - Tirage Limité) (CD)
Allez comprendre quelque chose à la logique commerciale des éditions spéciales des maisons de disques, « coffret limité », édition « collector », « deluxe »… Le dynamique label germano-américain Inside Out avait pour habitude de nous gratifier de volumineux coffrets, tout spécialement en ce qui concerne les performances live des monstres sacrés du « prog’ rock », tel que Neal Morse, ou Transatlantic.

Pour leur nouvelle tournée promouvant l’album Kaleidoscope, encensé par la critique, mais pas par moi, Transatlantic et Inside Out s’allient de nouveau afin de proposer aux fans acharnés des produits remplis à ras bord pour les fêtes de fin d’année 2014.
Vous avez donc le choix entre un coffret 3 CD/1 DVD, un coffret 3 CD/2 DVD/BR, doté d’un DVD bonus et du Blue-Ray, lui-même disponible individuellement. Vous suivez ?

I&O avait coutume de proposer un coffret 3 CD/2 DVD. Pourquoi priver cette année les acheteurs du DVD Bonus, uniquement disponible dans le coffret limité, tellement gavé qu’il en a les dents du fond qui baignent, et comprenant un documentaire de la tournée, toujours trop long, mais fortement intéressant, notamment en ce qui concerne la Progressive Nation at Sea, de même que des interviews, et surtout trois titres bonus, dont deux avec la présence du légendaire Thijs Van Leer d’Hocus Pocus qui valent leur pesant de rock progressif ! Ces performances enregistrées à Tilburg, aux Pays-Bas, étant également disponibles sur le 3e CD de cet énorme coffret, et non sur le 3e CD du coffret « normal »… Allez comprendre. Les acquéreurs du BR n’auront pas de question à se poser puisque tous ces titres y figurent dessus.

Pour ce qui est des aspects techniques, son, image… Rien à signaler, c’est très bien filmé, c’est net, c’est pro, les pistes audio sont excellentes, proposant même une très belle version DTS.

La totalité de l’album Kaleidoscope est interprétée ce qui est une bonne chose, sans oublier les précédents grâce à des medleys. Mais plus que les qualités de compostions de ces titres, il semble, selon moi, que c’est davantage l’énergie et l’incroyable talent des membres du groupe qui parviennent à rendre le tout intéressant. Mention spéciale cependant au titre Kaleidoscope, le seul du lot qui me paraît avoir été réellement inspiré.

D’un point de vue de l’ambiance, le combo parvient, quatre ans après la grand-messe que fut le coffret live double DVD Whirwind, qui était, a priori, considéré comme un chant du signe, à refaire vivre la magie de ce super groupe. Alors oui, c’est pompeux, c’est long, mais qu’est-ce que c’est bon ! Et ce même si l’atmosphère n’est peut-être pas aussi fascinante que celle capturée lors de la précédente tournée.

Concernant la finition, l’on peut noter le soin apporté à ce packaging construit dans un très beau carton satiné, même si en soit, les nombreuses photos des livrets ont toujours tendance à sentir le remplissage facile, et les teintes verdâtres, certes propres à cet opus, ne sont, pour ma part, pas du meilleur effet.

Quoiqu’il en soit, si vous êtes fan de prog, si vous êtes fan de Transatlantic, Dream Theater, Neal Morse et autres groupes prog 70’s, ce produit est fait pour vous et mérite amplement de figurer au pied du sapin. Privilégier le coffret limité 3 CD/2 DVD/BR doté de croustillants bonus, pour un prix dérisoire, suppléments malheureusement et stupidement absents de la version 3 CD/ 1 DVD dont on se demande l’intérêt ?


Heaven & Earth
Heaven & Earth
Prix : EUR 16,99

3 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Pas aussi catastrophique que cela., 27 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Heaven & Earth (CD)
Il est vrai que les premières écoutes du dernier album de Yes peuvent déconcertées. Pourquoi ? Parce que c'est lent, très lent, parfois trop lent, pour ne pas dire mou, paresseux, voire même soporifique en ce qui concerne certains passages, dont on se demande même comment ils peuvent être exécutés aussi lentement ! Cependant, le son Yes est bel et bien là, et ce en dépit du fait que la quasi totalité de l'album n'ait été écrite par les membres fondateurs mais par le nouveau chanteur Jon Davison.

Bien sûr nous pouvons êtres déçus car nous sommes très loin des morceaux de rock progressif des 70's, exit Close To The Edge, Relayer ou encore Going For The One. Heaven & Earth se rapproche davantage, de part l'esprit et les compositions d'un Tormato. Plus pop. Beaucoup plus pop. Ce dernier opus constitue plus un recueil de jolis morceaux pop-rock, de ballades bucoliques qu'une nouvelle pierre angulaire du rock prog' ou même plus humblement de la discographie de Yes. Certes, ça n'est pas original du tout, cela sonne comme ayant déjà été entendu, pourtant les titres ne sont jamais désagréables ou ennuyeux, bien au contraire, hormis peut-être Step Beyond et It Was All We Knew aux refrains un peu kitch (merci Steve Howe ?).

Au final que véritablement reprocher à Heaven & Earth, qu'il ne sonne pas comme nous l'aurions espérer ? Evidemment, nous aurions souhaité plus de titres rock, plus de touches progressives, plus de rythme, à la manière du final du titre concluant l'album Subway Walls. Mais au fond, pouvions espérer cela de la part du groupe en 2014 ? Les vieux briscards de Yes avaient-ils envie et surtout la possibilité de composer des morceaux plus ambitieux ? Toujours est-il que cela ne fait pas de d'H&E un mauvais album si on le prend tel qu'il est.


The Single Factor
The Single Factor
Prix : EUR 19,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 Seul à la barre..., 1 juillet 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : The Single Factor (CD)
Si Nude, semblait redresser la barre en 1981, après le moyen I Can See Your House From Here sortit en 1979, de part le fait, sans doute, qu’il s’agissait d’un album concept, The Single Factor parut en 1982, et dut à la seule écriture de Latimer – autant dire un album solo – demeure quelque peu en dessous du lot, et ce malgré la participation de brillants musiciens, tel Anthony Phillips (ex Genesis) ou encore Simon Phillips (Toto).

No Easy Answer ouvre le bal en terrain connu, on y reconnaît les arpèges et une sonorité de solo de guitare caractéristique. You Are The One tente d’être un « bon gros single façon 80’s ». Pari réussit. S’en suit le superbe Heroes aux couplets atmosphériques et aux refrains déchirants. Le titre Selva œuvre dans le registre floydien. Quant à la suite de l’album, si elle n’est pas catastrophique, elle est d’une grande banalité, tout y sympathique, mais rien ne se passe au-delà. Lullabye est une petite berceuse dont l’intérêt véritable peut être discuté. Sasquatch est un titre typique de Camel, mais ne renferme rien d’exceptionnel. Il en est de même pour la fin de l’album très impersonnelle et sans surprise.

Si l’album actualise le son du groupe (quel groupe ?... Puisqu’il n’y a plus que A. Latimer), la production très typée a plutôt mal vieilli, l’inspiration n’est pas vraiment au rendez-vous, et l’effet The Single Factor retombe bien vite. Toutefois, il pose les bases du prochain album, Stationary Traveller, plus réussit.


I Can See Your House From Here
I Can See Your House From Here
Prix : EUR 22,73

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Un album à ne pas jeter !, 1 juillet 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : I Can See Your House From Here (CD)
L’année 1979, ne va pas sans encombre pour Camel, puisqu’elle voit le départ du saxophoniste Mel Collins, du claviériste historique Peter Bardens et du bassiste Richard Sinclair. Rien que ça ! Deux nouveaux claviéristes viennent cependant remplacer P. Bardens, à savoir Jan Schelhaas et Kit Watkins, concernant la basse, c’est Colin Bass, ça ne s’invente pas, qui officiera à la place de R. Sinclair.

Contrairement à l’arrivée de M. Collins et R. Sinclair en 1977, le profond bouleversement de la line-up en 79, n’est sans doute pas sans raison de la prestation plutôt moyenne, offerte part le groupe sur leur nouvel album longuement baptisé I Can See Your House From Here. Malgré tout, faut-il pour autant jeter cet opus aux orties, comme bon nombre de chroniqueurs semblent le faire pour cet album, à l’instar du précédent Breathless ? Assurément non.

Certes l’album s’ouvre sur deux titres - Wait et Your Love Is Stranger Than Mine - qui tentent, dans une veine pop-prog’/fusion, et à leur façon, de cibler les radios, mais quel mal à cela ? Ils n’en restent pas moins sympathiques. Sans suit des titres forts honorables, à défaut d’être exceptionnels, le joli instrumental aérien, Eye Of The Storm, la sympathique ballade, il est vrai sans surprise, et plutôt linéaire, nommée Who We Are. Le somptueux romantisme camélien atteint des sommets sur le superbe interlude nocturne Survival, qui ouvre fantastiquement la voie au sublime et poétique Hymn To Her. Neon Magic demeure certes anecdotique. Quant à l’électronique Remote Romance, qui semble s’être échappé d’un album des Buggles, il est ici plus que dispensable. Concernant Ice, cette fantastique conclusion de plus de dix minutes, où A. Latimer livre un solo à pleurer, est d’une beauté mélancolique à couper le souffle.

I Can See Your House From Here est-il donc l’album maudit de Camel ? Non certainement pas. Le plus grand album de Camel ? Non plus. C’est un album sans doute un peu moyen, mais qui reste fort intéressant et avec de vrais morceaux de bravoure dont il serait dommage de se priver.


Breathless
Breathless
Prix : EUR 13,52

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 A bout de souffle ?, 1 juillet 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Breathless (CD)
Si le précédent album Rain Dances reste très marqué par le son et les arrangements 70’s, le nouveau Breathless sortit l’année suivante, en 1978, tente nettement de s’en détacher. Toutefois, même si certains le considèrent comme faisant parti de la période plus « mollassonne » du groupe, cet album n’est pas dénué de qualité, et mérite d’être dépouillé de la trop mauvaise réputation, qui hélas le précède encore très souvent.

Comment ne pas être séduit à l’écoute du titre éponyme qui ouvre l’album ? Comment ne pas se réjouir à l’écoute du long titre typiquement camélien Echoes ? D’aucuns diront que nous pourrions également être quelque peu désarçonné, pour ne pas dire déçu, à l’écoute du refrain « funky » de Wing And A Prayer, mais ce serait ignorer le superbe pont instrumental et les arrangements enchanteurs de la deuxième partie. Nous pourrions aussi critiquer le burlesque, mais non moins intéressant Down On The Farm, avec son ouverture et ses refrains à la guitare façon Toto, de ses couplets drôles et champêtres garnis de bruitages. Il nous faut aussi considérer le délicieusement romantique Starlight Ride avec son lumineux final.

Certes il faudra aussi compter sur le très (trop ?) disco Summer Lighting ou encore sur le passable You Make Me Smile. The Sleeper paraît s’être échapper, un peu de la même manière qu’Echoes, du précédent Rain Dances, avouez qu’il y a pire référence. Et que dire du tendrement nostalgique Rainbow’s End concluant l’album.

Comme vous vous en apercevez il s’agit de savoir avec quelles oreilles vous écouterez ce disque et à quel degré vous le jugerez. Car si ce nouvel album de Camel se veut éminemment plus pop, il ne conserve pas moins les qualités d’écriture du groupe, à savoir les très belles mélodies et les excellents arrangements. L’album apporte aussi un vent de fraicheur sur un style qui n’aurait pu perdurer encore longtemps dans le paysage punk de la Grande-Bretagne d’alors. Breathless offre finalement, outre une production particulièrement correcte et efficace pour l’époque, une collection de chansons fort agréable, vraisemblablement moins homogène que les précédents disques, mais peut-être plus accrocheur par les temps qui courent. Un album qui reste donc incontestablement à découvrir ou à redécouvrir.


Rain Dances
Rain Dances
Prix : EUR 8,00

5.0 étoiles sur 5 Le dernier "grand" album de Camel ?, 1 juillet 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Rain Dances (CD)
Avec l'arrivée de deux nouveaux membres dans le groupe, à savoir Mel Collins en tant que clarinettiste et saxophoniste, puis de Richard Sinclair à la basse, on eût pu croire à une trop profonde remise en question de l'identité musicale de Camel.

Pourtant, force est de constater, à l'écoute de ce nouveau Rain Dances, parut en l’an de grâce 1977, que la troupe d’Andrew Latimer et de Peter Bardens, poursuit fort talentueusement son chemin. Enrichie notamment par les nouveaux sons de M. Collins, le groupe étoffe ses arrangements, la musique semble plus légère, plus aventureuse, plus libre, moins formelle, comme sur les deux précédents opus, non moins grandioses. Les compositions de Rain Dances n’en demeurent pas moins caractéristiques de l’écriture du groupe, flirtant entre instrumentaux jazzy (First Light, Unevensong, Skylines), et chansons mi pop - mi prog’ (Highways To The Sun), Camel continue également de faire valoir sa marque de fabrique : mélodies, douceur, bucolisme, romantisme, nostalgie, évasion (Tell Me, Elke)...

Moins classique que le brillant Snow Goose, un peu plus pop que le très jazz Moonmadness, l’album Rain Dances conserve cependant la très agréable "Canterbury touch" qui lui sied si bien, et ce sans doute grâce au pedigree des deux nouveaux instrumentistes présents sur cet opus. Rain Dances conjugue donc tout le talent du groupe, certes sans grande surprise, mais avec cohérence et une dose de fraîcheur fort appréciée. Précisons que la version remasterisée propose, quasiment en entier, la version live de l’album, en tant que « bonus tracks », tirée d’un concert filmé pour la BBC.


Le Sang de l'Atlas
Le Sang de l'Atlas
par Henri Vincenot
Edition : Broché
Prix : EUR 19,25

4.0 étoiles sur 5 Vincenot le Marocain, 19 avril 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Sang de l'Atlas (Broché)
Le Sang de l’Atlas est, selon une déclaration de l’auteur lui-même, son roman préféré. Une interrogation simple et légitime surgit alors : « pourquoi ? » Sous-entendu, pourquoi n’est-ce pas le Pape des escargots ? La Billebaude ?* Les best-sellers d’Henri Vincenot. Une réponse toute aussi claire et simple est formulable. HV a effectué son service militaire au Maroc durant deux ans et fut profondément marqué par ce séjour : l’exotisme, le dépaysement, une autre histoire, une autre culture, un autre continent… Une seconde réponse peut aussi être la suivante, HV raconte, en partie, dans ce roman ce qu’a été pour lui son expérience marocaine. Le drame que l’auteur raconte dans ces pages raisonne pour beaucoup en lui.

Une nouvelle fois, bien qu’Henri Vincenot nous livre ici une grille de lecture multiple, comme il en a doté ses principaux romans*, il nous laisse toujours libre d’apprécier son récit de différentes façons. Certains pourront lire Le Sang de l’Atlas comme l’équivalent marocain de La Billebaude, véritable guide touristique spécialisé, personnel, pittoresque, dans lequel pleuvent à chaque page, vocabulaire et sites locaux, si bien que nous eussions vivement souhaité un glossaire comme dans le pendant bourguignon ! Le Sang de l’Atlas peut également être apprécié pour sa forte dimension dramatique.

L’on peut toutefois s’étonner de certaines caractéristiques, qui à la fois différencient et rattachent dans le même temps, ce roman de la tradition « vincenote ». La différence notable porte, à mon sens, particulièrement sur la verve beaucoup moins acide, au verbe beaucoup moins percutant que l’on eût pourtant été en droit d’attendre dans la bouche d’un ancien légionnaire tel que Marklin ! La truculence des dialogues ne semblent pas atteindre les sommets d’A Rebrousse poil ou des Yeux en face des trous. Ce qui rapproche au contraire, et malheureusement d’un point vu plus négatif, ce roman des autres écrits de HV, tels La Pie saoule ou Les Chevaliers du chaudron, c’est le travers qu’avait HV d’expédier de façon radical des évènements importants de l’histoire dans ces premiers écrits. Ici, la mort et l’enterrement de l’épouse et de la fille du héros sont balayés d’un revers de main en seulement deux ou trois pages ! Alors qu’il s’agissait de personnages décisifs du roman. De même, l’insertion plus ou moins justifiée de Paloma, ou des théories ethnologiques parait ici un peu ratée, soit cela semble incongru, ou ne pas totalement être inséré dans le sens de cette histoire, très, trop personnelle.

Malgré ces quelques objections qui pénalisent un peu l’unicité, l’homogénéité du roman, Le Sang de l’Atlas peut, et doit surtout être abordé dans la grande tradition orientaliste. Ce désert qui révèle l’homme, l’exotisme qui bouscule les références, l’étranger qui fait apparaître la nature profonde des êtres et des choses. Car Le Sang de l’Atlas c’est ça. Le Sang de l’Atlas ça n’est que cela. C’est la prise de conscience très personnelle du sens de son histoire, en l’occurrence celle de Marklin. C’est tout autant la volonté farouche, étrange, mystique, de ce même Marklin à être lavé de sa faute, de ce curieux parcours de réconciliation intérieur, d’acceptation, de miséricorde, de repentir. Associé à ce parcours initiatique la rudesse et la sensibilité des paysages marocains, ainsi que les fantastiques ambiances dépeints par Vincenot, vous obtenez là, à coup sûr, l’un des livres les plus intimes et les plus intéressants de l’auteur, certes non dénué de petits écueils, mais qui nous fait nous poser, à nous lecteur, des questions, comme en résonance au destin dramatique du légionnaire 4038. Une œuvre passée un peu inaperçue mais qui mérite que nous la découvrions ou redécouvrions.


Henri Vincenot : La vie toute crue
Henri Vincenot : La vie toute crue
par Claudine Vincenot
Edition : Broché
Prix : EUR 24,40

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 La vie toute crue(lle) ?, 19 avril 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Henri Vincenot : La vie toute crue (Broché)
Quel exercice difficile que celui de la biographie. En effet, comment résumer le plus justement possible la vie d’un homme en un livre ? Comment ne rien oublier, ne rien omettre, ne rien déformer, ne rien surinterpréter, ne rien caricaturer ?... D’autant plus quand il s’agit de son père ! Car ce à quoi s’attèle Claudine Vincenot n’est pas une mince affaire, produire la biographie de son propre géniteur ! Henri Vincenot (1912-1985), Artiste bourguignon, artiste avec un A, car Henri Vincenot fut compositeur, dessinateur, écrivain, metteur en scène, peintre, pianiste, poète, sculpteur. Comment séparer l’affecte de la volonté de produire un réel travail historique, tout en ne versant pas dans le simple enchaînement de faits cliniquement rapportés ? Comment déjouer les pièges de la mémoire, des émotions, des souvenirs ?...

Le résultat qu’est en mesure de présenter Claudine Vincenot est au-delà de toutes espérances. L’auteur parvient, grâce à un véritable tour de force méthodologique, maîtrisant à merveille tant le fond que la forme, à nous parler de son père sans jamais que son statut familial, et les conséquences que cela implique, ne viennent gêner le récit. Bien au contraire, si la voix de Claudine est présente tout au long de l’histoire d’Henri, puisque c’est elle qui nous la raconte, elle sait rester discrète, subtile, et c’est à la fois en tant qu’indispensable et brillante conteuse, informatrice et critique, que la fille parle de son père, mais aussi qu’un auteur à part entière, revêt pour l’occasion les casquettes d’enquêtrice, d’historienne, de psychologue, pour évoquer un autre auteur. Dans le même temps, l’on ne saurait dénouer le rôle de la journaliste et de la fille dans cet ouvrage. Claudine est ici coiffée de nombreuses parures et endosse admirablement chacun de ses rôles. Elle est légitime à tous niveaux pour nous raconter l’histoire d’Henri. Elle l’a connu mieux que quiconque, et sous des angles biens différents que des amis, des connaissances, des copains, des collègues, des journalistes… Elle l’a connu sur une longue période, elle dispose également d’un nombre incalculables de sources pour appréhender l’auteur, le peintre, le sculpteur, le metteur en scène, le pianiste qu’il fut, à savoir ses œuvres officielles (sculptures, tableaux, dessins, livres) et officieuses (journaux intimes). L’autre des particularités de cette biographie, c’est que les écrits d’Henri viennent abondamment illustrer, étayer, le discours de sa fille et de sa propre vie, lui qui notait tout, ses impressions, ses sentiments, ses sensations, si bien que le sujet lui-même vient s’intercaler dans sa propre histoire.

L’histoire d’Henri Vincenot, artiste bourguignon, est palpitante, riche, complexe, dure, brutale, émouvante… Une vie me direz-vous, j’acquiescerai évidemment, mais en précisant qu’il ne s’agit pas là de la vie de tout le monde, loin s’en faut ! Il me serait d’ailleurs impossible de vous la résumer en entier et parfaitement, tant la vie d’Henri Vincenot comprend de multiples facettes. Personnage à part, les mots justes manquent cruellement pour définir ce que fut cet homme, car lorsque l’on se plonge dans cette monumentale biographie de près de 700 pages, nous sommes très loin, mais alors très très loin du Vincenot d’Apostrophes, et c’est bel et bien la partie méconnue, ou moins connue de son existence qui est passionnante ; moins connue, peut-être, mais non moins grandiose, originale, mystique, cruelle, qui va forger ce que deviendra Henri Vincenot.

Nous sommes donc face au petit Henri, enfant plutôt sage, sérieux, mais aussi étourdit, clown à ses heures, descendants de cheminots et d’artisans bourguignons. Nous nous retrouvons ensuite face à l’adolescent terriblement torturé, anxieux, désireux d’absolu, de pureté physique et morale, incompris par ses parents - qui calquent sur lui leur désir d’ascension sociale* - et jeune garçon déçu par la religion telle qu’elle est pratiquée à cette époque.

Nous découvrons ensuite Henri étudiant à l’ESC de Dijon, puis aux HEC de Paris*, où il semble être dans un peu à part, lui l’artiste, dans un monde dont il ne comprend que trop bien les rouages. Le jeune homme paraît être en dehors du système, rêvant aux friches de sa Bourgogne, la Peurrie. C’est toujours grâce à ses escapades à travers la France, le temps d’un week-end, le temps des vacances, que Vincenot parvient à canaliser ses angoisses, ses pensées, ses projets, ses vœux, ses désirs les plus secrets auxquels il reste fermement attaché en dépit des profondes cicatrices qu’ils lui infligent parfois, solitude, désespoir, échec. L’écriture joue déjà un rôle majeur dans son existence, lui qui noircit déjà depuis des années des carnets intimes, et qui écrit, écrit, écrit sans cesse, des histoires, des poèmes. Vient ensuite le temps de l’armée, le temps du Maroc, véritable amour de jeunesse séduit par l’exotisme de ces nouvelles terres, à apprivoiser, à découvrir, et en dépit du traumatisme qu’il y vivra, passant à deux doigts de la mort. Au retour en France il faut, malgré la crise qui frappe l’Hexagone à cette époque, aller chercher du travail, c’est un devoir. Devoir qui n’enchante guère Henri, qui se retrouve dans des postes qu’il n’aime pas, et l’on devine un homme triste, désabusé, errant à travers les mailles du désenchantement de l’administration, qui ne se prive pas de le mater. Cependant, c’est à cette période de sa vie, au milieu des maussades années 30, qu’il se lie d’amour pour Andrée, ancienne camarade de l’ESC, cette fille qui partage toutes ses vues d’artiste, de poète, de penseur, et qui deviendra sa femme, malgré l’avis défavorable de ses parents. La vie demeure toujours difficile car Henri n’aime pas son travail, ses supérieurs le lui font sentir, ainsi que ses parents, « cesse de faire le guignol ! », cesse tes « écrivasseries », et la Seconde Guerre mondiale éclatant, de sombres années restent à venir pour Henri et sa famille. Henri qui une nouvelle fois grâce à l’écriture, la peinture, la sculpture, parvient à s’évader et à maîtriser sa dévorante fièvre créatrice et les malheurs quotidiens. C’est véritablement après la guerre, en montant à Paris pour y faire soigner son fils aîné Jean-Pierre atteint de surdité, que la famille Vincenot et Henri, vont connaître des années heureuses. Henri va être engagé à la Vie du Rail en tant que journaliste et ainsi échappé à l’aliénation de l’administration ferroviaire, mais aussi et surtout il va y connaître ses premiers succès artistiques qui vont le transformer profondément. Pour la première fois et depuis fort longtemps Henri semble réellement heureux. La suite vous la connaissez, découverte de sa pièce de théâtre Ceux du vendredi, contact avec les éditions Denoël, best-sellers dans les années 70, Apostrophes et Cie.

Vous l’aurez compris, Vincenot c’est bien plus, tellement plus que l’image du Gaulois chez Pivot. Vincenot c’est l’espoir que rien n’est impossible en dépit des coups du sort, aussi terribles soient-ils. Vincenot c’est l’homme des paradoxes, fasciné par sa terre, mais aussi par la technique moderne, attaché à sa Bourgogne et fasciné par le Maroc, l’homme de la liberté, mais aussi celui de certaines traditions, l’homme libre, anarchiste, et fermement attaché à son indéfectible foi en Dieu. Vincenot c’est l’homme global, ayant digéré ses propres valeurs aux points de comprendre celles qui ne sont pas sienne. Vincenot c’est à la fois l’artiste, le paysan, le philosophe, le chasseur, le braconnier, le poète, le rêveur…

Vincenot se doit impérativement d’être découvert ou redécouvert, sous ce seul et unique angle, le plus juste qu’il soit, afin que nous en comprenions les rouages, ainsi que les zones d’ombre, et que nous puissions réellement être nourrit par les profonds messages intemporels d’humanité de cet homme exceptionnel, auquel sa fille, et l’auteur de cette biographie, Claudine Vincenot, parvient à nous en livrer, avec une stupéfiante justesse, tant sur le fond que sur la forme, la substantifique moelle.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Jul 25, 2015 11:07 AM MEST


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