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Contenu rédigé par Dale Cooper
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Commentaires écrits par
Dale Cooper (The one-eyed Jack)
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Hurray For The Riff Raff
Hurray For The Riff Raff
Prix : EUR 11,83

5.0 étoiles sur 5 La nouvelle princesse du folk, 9 avril 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Hurray For The Riff Raff (CD)
Qu’aucun des trois albums de Hurray for the riff raff n’ait encore été chroniqué à ce jour, en dit long sur le degré de confidentialité du groupe.
Triste évidence... pendant qu’on nous bassine avec ‘Christine and the queens’ jusque dans les allées des supermarchés, combien de groupes sont condamnés d’avance par la léthargie rassurante du prêt-à-écouter ?

Mené par la chanteuse Alynda Lee Segarra (qui a quitté le Bronx à 17 ans et a taillé la route américaine plusieurs années avant de se baser à la Nouvelle-Orléans), cet ensemble à géométrie variable renouvelle superbement le terreau du folk américain, avec une touchante authenticité qui n’est pas synonyme pour autant de muséification de pacotille. Où banjo et 'fiddle' ne sont pas des gadgets ou des trompe-l’œil pour sur-vendre une carte postale artificielle...

Un piano déglingué, crachotant, lointain, c'est dans un premier temps tout ce qu'on trouve dans "Meet me in the morning", superbe introduction à dix chansons qui, en quarante-cinq minutes, peuvent illuminer sans peine une journée qui s'annonce difficile !
Contrepoint immédiat, l'envolée festive, lyrique et passionnée de "Is that you ?", qui ouvre la marche à une superbe série de formats courts, magnétisée au centre par les superbes "Take me" et "Little things".
Alynda Lee Segarra (qui laisse parfois transparaître dans le timbre de sa voix ou son usage dramaturgique, une parenté avec Fiona Apple, Alela Diane et Gillian Welch - rien que ça), envoûte lentement mais sûrement ! Vous voilà prévenus...

La fin de l'album réserve une poignée de chansons plus longues qui entérinent patiemment le charme distillé jusque là : la beauté latente de "Juneburg waltz" fait mouche, et la douce-amère "Sali's song" laisse la place à "Young blood blues", un final lancinant et magnifique de fine simplicité.


Sleepwalkers
Sleepwalkers
Prix : EUR 20,30

4.0 étoiles sur 5 Compiler l'incompilable, 9 avril 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sleepwalkers (CD)
On n’aurait pas oser attendre (ou redouter) de la part de David Sylvian une compilation usuelle, commerciale (ce qui n’aurait pas de sens dans son cas), standardisée... bref, tout l’inverse heureusement de ce qui est proposé avec Sleepwalkers.

Regroupant des éclats issus de très diverses collaborations, de 2001 à 2009, ce disque qu’on peut aborder comme un album à part entière dévoile la grande versatilité d’un chanteur transgenre haut de gamme !
Aux côtés de Steve Jansen, Christian Fennesz, Arve Henriksen, Ryuichi Sakamoto, Chris Vrenna ou encore Burnt Friedman, la voix distinguée et sans afféterie de Sylvian (chant ou 'simple' lecture, et parfois un habile entre-deux) se colle toujours sans peine.
Aux accouplements sonores de marimba et d'électronique ("Sleepwalkers") ou de très divers claviers imitant mille et un instruments ("The world is everything"), le chanteur répond avec la même confiante implication.

Une soul très acoustique ("Money for all"), voisine sans peine ni incongruité avec un folk mutant et progressivement orchestral ("Ballad of a dead man") ; une douce hypnose concoctée par Ryuichi Sakamoto ("World citizen - I won't be disappointed") est un parfait prélude au quatuor à cordes contemporain de Dai Fujikura ("Five lines")...

L'ensemble est plutôt tranquille et contemplatif, mais on est ponctuellement bousculé, de-ci de-là (le superbe "Pure genius", par exemple, dont on dégusterait volontiers une version live...).
Agencer avec succès des choses aussi différentes témoigne en tout cas d'un talent supplémentaire de David Sylvian. Sleepwalkers, dans son immense variété, remplit finalement assez bien le rôle habituel d'une compilation, sans pour autant en souffrir des défauts. Bien joué !

N.B. Pour les amateurs de son et lumière simultanés, on peut augmenter l’expérience du disque en dégustant le vaste portfolio de Kristamas Klousch (la vénéneuse créature de la pochette) sur son élégant site internet...


The Giant Pin
The Giant Pin
Prix : EUR 21,22

5.0 étoiles sur 5 ça cartonne..., 8 avril 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Giant Pin (CD)
Un blues bancal, abrupt, lacunaire - ou plutôt un ‘presque-blues’ comme il le présente luimême... Pouvait-on attendre (et espérer) autre ouverture à un album de Nels line en trio guitare/basse/batterie ?
Cette deuxième parution en 2004 sous l’emblème des ‘Nels Cline Singers’ (après Instrumentals), réserve évidemment un lot conséquent de détours, de surprises, de coups de sang (en témoigne, très vite, l’effrayante tornade de «Fly, fly»!), et de non-conventionnalité...

The Giant Pin, disque copieux (73 minutes), est à la mesure de la foisonnante créativité d’un musicien hyper-actif, superbement entouré ici : au trio de la charnière des années 80/90, où officiaient le batteur Michael Preussner et le bassiste Mark London Sims, ont succédé Devin Hoff (contrebasse) et Scott Amendola (batterie).
Avec en extra, une touche d’invités tout à fait bien sentie : le chanteur Greg Saunier, sur un morceau («He still carries the torch for her») qui rappelle les heures les plus sauvages de Jeff Buckley ; et sur deux autres titres, le tout-terrain Jon Brion (ancien pygmalion de Fiona Apple, entre autres), qui manie divers claviers à merveille, notamment dans le poignant «Something about David H.», souvenir vivace d’un disparu.

Comme dans Silencer (disque phare du trio précédent), l’art du dosage est flagrant et délicat, d’autant plus que la palette de jeux et d’atmosphères demeure aussi variée : petites douceurs et grandes brutalités, relative ‘traditionnalité’ et indiscutable avant-garde, jazz(s) et rock(s) en tous genres, décrochages sans scrupules...
Difficile évidemment d’apprécier de tels albums si l’on n’aime pas être secoué et brassé à qui mieux mieux.

N.B. on salue d’autant plus le travail du label californien Cryptogramophone, que l’objet, au-delà de son élégance visuelle, est savoureux jusque dans la texture du carton ! Du grand art éditorial.


Live in Berlin
Live in Berlin
Prix : EUR 17,73

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Gut !, 5 mars 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Live in Berlin (CD)
Derrière cet intitulé futuriste, on trouve le saxophoniste ténor Daniel Erdmann, mais aussi le guitariste Frank Möbus, le contrebassiste Johannes Fink et le batteur John Schröder, très serviables et efficaces dans leur présence.
Soit un quartet germanique et percutant qui, après deux albums studio, a délivré ce témoignage live mis en boite à Berlin en 2008, et paru deux ans plus tard sur le label quark-records d’Edward Perraud.
L’occasion de savourer l’énergie folle du groupe, pleinement lâchée dans le contexte de la scène, mais néanmoins marquée par un impressionnant self-control...
L’alliage acoustique/électrique convient à merveille au jazz furibard et interactif de «Tintamarre», une belle pièce où les subtilités se dévoilent petit à petit... On retrouve le même goût pour une certaine simplicité dans le morceau suivant, animé par des riffs entêtants davantage que par des accompagnements harmoniques sophistiqués. Cela dit, la vivacité des sautes d’humeur enrichit à elle seule la matière musicale, et a tôt fait de captiver l’attention !

Les huit compositions (signées Erdmann), réservent toutes leur lot de finesses apparentes ou enfouies, d’énergie en roue libre (la grande fiesta de «Gunn 2001») ou de tranquillité éphémère (la parenthèse minimaliste/impressionniste qui relâche la tension dans «Aroma») ; et très souvent, de détours plaisamment abrupts - il suffit de savourer l’envoûtement progressif de «Neu», par strates progressives, pour s’en convaincre !
La cohérence de l’ensemble est en tout cas flagrante, à tel point qu’on peut envisager l’ensemble du répertoire comme les huit facettes presque siamoises d’une même vision musicale.

Le leader dévoile une sonorité et une largesse de moyens qui ne sont pas sans rappeler les Américains Ellery Eskelin et Chris Speed. Et l’esthétique globale du projet s’approche de celle que mène le combo ‘alasnoaxis’ de Jim Black, dont Speed est un membre inamovible... Avis aux amateurs.
Seul petit bémol : une certaine omniprésence du saxophoniste, qui a tendance à légèrement voiler le reste du groupe.


Lousadzak
Lousadzak

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 émouvant, 26 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Lousadzak (CD)
Le premier album Lousadzak, enregistré en 1994 (et tout premier volume du label émouvance) était déjà porteur de belles promesses, avant les nombreuses suites qui ont vu le jour depuis (Grand Lousadzak, New Lousadzak).

L’avidité du groupe est manifeste dès le développement de la première pièce («Ondarraïtz»), une mise en bouche qui laisse vite entrevoir les capacités de ce septet effréné.
L’alliage de quatre instruments à vents et d’une rythmique ‘contemporaine’ (guitare électrique, contrebasse, batterie) en font un avatar dévoyé -dans le meilleur sens du terme- des big bands ancestraux.
Et la musique de Claude Tchamitchian (auteur des huit pièces offertes ici), en résonance à une part précieuse de racines arméniennes, offre un éventail de sensations qui déborde largement du cadre du jazz.
Les atouts dans sa manche sont sérieux : pour ne citer qu’eux, le saxophoniste Daunik Lazro, grand condensateur du free au sens large, jamais gratuitement démonstratif ; le guitariste Philippe Deschepper, qui n’a rien à envier dans sa fougue et sa créativité à un Marc Ducret légèrement plus médiatique (si l’on ose dire!) ; ou encore le batteur Ramon Lopez, toujours très juste et fin dans sa frappe, quelle que soit la nuance de jeu.

Les compositions, amples et généreuses comme un festin, alternent judicieusement le dédale (les tiroirs de «Katsounine», ou «Velaz» et ses nombreux cauchemars) et la concision éclairée : dans l’étagement tranquille et méditatif de «Cantique», dans les brumes sauvages de «Lousadzak», ou dans l’épanouissement festif qui sert de final («Les noces d’été»), on apprécie ce mélange de densité et d’éphémère.
Quel que soit le format, la cohérence expressive du collectif ne fait en tout cas jamais défaut, au fil de ce superbe album qui ménage bien des surprises - même quand on croit le connaître !
Le groupe vient de fêter ses vingt ans et n'a sans doute pas fini de faire parler de lui...


Provenance
Provenance
Prix : EUR 19,47

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Acoustique en stock, 26 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Provenance (CD)
Les deux frères Jormin avaient déjà enregistré ensemble par le passé dans de nombreux contextes, mais cette publication en duo intime est la première à ce jour.
Plus d'une heure durant, on est convié à une belle et tranquille déambulation sonore en douze tableaux, d'où se dégage une immense sérénité. L'album (enregistré fin 2012), a été mis en boite à la lisière d'une forêt, et cela s'entend...
Sans tomber aucunement dans les agaçants clichés de certains jazz nordiques spartiates et cotonneux, et sans non plus succomber à la tentation de muscler artificiellement le propos, les deux complices parviennent dans Provenance à trouver une troisième voie judicieuse et très raffinée, en forme d'échappée libre esthétique, avec une palette modulable (si Anders Jormin se cantonne à la contrebasse, son frère Christian jongle magnifiquement avec piano, batterie et percussions diverses - parfois au sein d'un même morceau).
Sans aucune austérité, le contexte de jeu, apparemment idéal, les a amené à vivre pleinement leurs tendres dialogues.

L'écoute entre les deux hommes est extrêmement affûtée ; on le ressent dès l'introduction, un traditionnel («And yet I wish you well»), ré-arrangé sous forme de mélopée à trous, une brève féerie sans forme mélodique précise.
Tout l'inverse du morceau suivant, «Cirrus», où la mélodie, très vive et mémorable, constitue une ossature dynamique de rêve. La force rythmique du duo, en piano/contrebasse exclusivement, compense sans peine l'absence de batterie. Christian Jormin y dévoile la subtile volubilité d'un John Taylor ou d'un Michel Graillier, auxquels on peut aussi penser pour l'écriture du thème.

Partagé entre les diverses compositions personnelles (quatre chacun) et des traditionnels remaniés, le répertoire offre sans cesse de splendides surprises au fil de l'album.
La grâce du jeu d'archet, cristallin à la fin de «Sol» et de «Song of the lake of Jorm», vaporeux dans «Herding song», équilibre épisodiquement les plages plus vigoureuses : «Bismillah» par exemple, où le contrebassiste déploie un bouillant chorus pizzicato autour d'une batterie éclatante.

Avis aux curieux qui souhaiteraient renouveler leur stock de jazz acoustique ! C'est la perle rare qui pourrait bien passer inaperçue...


Nourishments
Nourishments
Prix : EUR 22,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Orgie sonore, 12 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Nourishments (CD)
Un premier thème tout en heurts qui vous brasse instantanément, tel est le préambule aventureux de Nourishments. L'écriture de Mark Dresser, à l'instar de sa présence solide mais libératrice en tant que contrebassiste, laisse un espace de premier choix aux compagnons de son nouveau quintet : le tromboniste Michael Dessen, le saxophoniste alto Rudresh Mahanthappa (dont la sonorité et la volubilité rappellent Tim Berne), le pianiste Denman Maroney, et les batteurs Michael Sarin et Tom Rainey (présents en alternance selon les pièces).

Après la fête de l'étrange de « Not withstanding », le reste de ce copieux album déploie de multiples sortilèges qui sont autant de détonateurs aux prouesses collectives et individuelles. Par exemple, cette ballade vénéneuse et lancinante (« Canales roses »), qui génère une création audacieuse dans laquelle l'hyperpiano de Maroney se transforme en cymbalum déglingué, avant de céder la place à d'autres détours sonores non moins inconcevables...
Les pièces, longues et roboratives, permettent d'apprécier la singularité de chaque musicien et la large palette de jeu du collectif. A travers mille et un chemins de traverse, le quintet se fraye un chemin dans les passages écrits, finement ciselés, et se libère sans retenue à chaque opportunité !

Le solo intense et halluciné que délivre Dresser dans « Para waltz » (et qui rappelle les meilleurs moments de son disque solo, Unveil), l'effervescence méditerranéenne de « Nourishments », le thème sans fin du majestueux « Rasaman », ou l'issue crépusculaire de « Telemojo » maintiennent sans aucune peine l'attention qu'on veut bien porter à ce superbe projet. Il y a de nombreuses ré-écoutes en vue avant d'en épuiser les richesses...
Très belle découverte !
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 26, 2015 4:13 PM CET


Aghia Triadha
Aghia Triadha

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Le feu sous la glace (?), 5 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Aghia Triadha (CD)
Aghia Triadha a été enregistré pour l’élégant label émouvance en juin 1999. Autour du percussionniste et leader Jean-Pierre Jullian, on retrouve Stephan Oliva (piano), Claude tchamitchian (contrebasse) -soit deux complices fidèles d’un trio très recommandable- et une phalange de trois vents : Lionel Garcin (sax ténor), Guillaume Orti (sax alto) et Thierry Madiot (trombone basse).
Un sextet qui sonne presque comme un big-band ! C’est flagrant dans le début de la seconde pièce, «Ilôts» - vingt minutes d’entrelacements des six voies, même si des espaces plus intimistes apparaissent ici ou là...

Cela dit, les plages importent peu, et les cinquante-six minutes du disque se tiennent toutes ensembles dans leur furie et leur exubérance - de quoi être pleinement rassasié ! Ce qui fait d’autant plus penser à l’esprit de certains grands raouts de Charles Mingus (The black saint and the sinner lady, notamment)... Mais dans une variante qui apparaît parfois comme hyper-contemporaine (dans le sens cérébral plutôt qu’atonal), donc légèrement hermétique.
Pourtant, avec une attention forte et une bonne disposition d’esprit, on se laisse prendre au jeu de ce grand labyrinthe sonore ; et on finit par craquer (surtout dans «Ilôts» et «Psom Ca», un peu moins dans «Imnos») pour ces belles ruptures de ton, ces solo à vif, cette écriture qui réussit à être à la fois chirurgicale et chaleureuse...


Kew. Rhone.
Kew. Rhone.

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 poésie 'bis', 20 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Kew. Rhone. (CD)
En 1977, John Greaves, Peter Blegvad et Lisa Herman co-signaient un album confidentiel de ‘chanson alternative’ (difficile de trouver un qualificatif plus précis ou inspiré), entourés de ce qui était la fine fleur de l’avant-garde new-yorkaise de l’époque (Carla Bley et Michael Mantler, le batteur Andrew Cyrille, le violoniste Michael Levine, le saxophoniste Vito Rendace...) et d’invitées de choc (les chanteuses April Lang et Dana Johnson).

Menés tambour battant par le trio, l’ensemble de l’équipe ne ménage pas sa peine pour mettre en sons une certaine décadence poétique.
Dès la deuxième plage, une forme de semi-anarchie règne, entre la guitare que malmène sérieusement Peter Blegvad, et un texte surréaliste basé sur vingt-deux proverbes picorés ici ou là...
La chanson blafarde qui suit («Seven scenes...») confirme la parenté avec les œuvres de la Jazz Composers Orchestra Association, notamment le monumental et emblématique ‘Escalator Over The Hill’ dont Carla Bley et Michael Mantler avaient été les maîtres-artificiers. Même sentiment de bordel sans frontières ou limites apparentes...

L’album a en tout cas de quoi réjouir les amateurs et archéologues de pop très très ‘bis’, avec ses treize tranches de surprise : imprévisible fiesta (l’exotique «Pipeline»), masse de brouillard free («Three tenses onanism»), chanson d’amour unique au monde («Nine mineral emblems»), etc... jusqu’à ces textures superbes qui servent de chair à un squelette d’histoire («Gegenstand») - et qui auraient refermé l’album à merveille, sans les bonus-tracks dispensables qui y ont été ajoutés.


Désordre
Désordre
Prix : EUR 8,82

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Un sacré bordel..., 20 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Désordre (CD)
Dans l’ordre, il y a eu Les Temps Changent, un premier album paru sur le label émouvance en 2007, avec exactement les mêmes complices autour d’Hélène Labarrière : les solides et inventifs Christophe Marguet (batterie), Hasse Poulsen (guitare) et François Corneloup (saxophone baryton).
Mais on peut bien entendu commencer par Désordre qui, quatre ans plus tard, offre une nouvelle salve musicale intense et engagée, en sept tableaux : six compositions puissantes de la leader, au milieu desquelles se promène «La chanson de Craonne», une heureuse exhumation sonore qui cristallise l’intensité mélodique, l’originalité de conversation et la folle énergie dont le groupe est capable.

Thèmes de grande ampleur («Le pouvoir de Loch’a», drame brûlant où étincelle François Corneloup), grande richesse du nuancier et des échanges («In my room», titanesque), souplesse du jeu collectif (le bazar moelleux et légèrement angoissant de «Désordre»), créativité sonore qui semble sans limites («Voleur»)... On en sort brassé.
Le degré de maturité du quartet est affolant, et la qualité de ce qui a été enregistré en studio donne une petite idée de ce qui doit se passer sur scène !
Bref, c’est une merveilleuse sorte de foutoir, à aller voir en concert sans hésitation.


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