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Contenu rédigé par sebdoolittle
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sebdoolittle "sebdoolittle"

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London Calling
London Calling
Prix : EUR 11,13

12 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Classique increvable de rock'n'roll taillé dans l'énergie et la sincérité, 4 décembre 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : London Calling (CD)
Depuis près de trente ans que ce bijou est sorti, tout a été maintes et maintes fois asséné sur « London Calling », la presse et consorts l'ayant taxé de tous les noms d'oiseaux possibles (« meilleur album rock de tous les temps », « meilleur double album interplanétaire », « meilleure pochette d'album de rock »...). Il est vrai qu'en 1979, débarrassé des séquelles de son passé de groupe punk (à l'énergie aussi bouillonnante que parfois brouillonne, là où les Sex Pistols excellaient davantage), le Clash livra à la face du monde une brillante quintessence de ce que le rock a apporté à la musique depuis des lustres. Tous les genres sont passés à la moulinette, du punk-rock à la pop, en passant par le rockabilly, le funk (annonciateur du rap) et la soul, le jazz, et même le reggae, délivrant à l'occasion dix-neuf titres à l'émotion pure et brute, dont quelques pépites mémorables (« London Calling », « Clampdown », « The Guns Of Brixton », pour ne citer qu'eux), et un constat majeur : aucun titre n'est à jeter ! Exercice difficile s'il en est déjà pour un disque simple... Alors pour un double, cela relève de l'exploit !
Evidemment, pour certains puristes (notamment de l'époque), « London Calling » est le Judas du punk, la haute trahison ultime impossible à digérer... C'est à mon avis ne pas comprendre l'extraordinaire révolution musicale que représente « London Calling » grâce à sa redéfinition (et sans calcul !) d'un certain rock'n' roll qui devra désormais intégrer toutes les facettes de la musique moderne, du moment que ce soit taillé dans la sincérité, l'énergie et l'émotion.
D'ailleurs, rarement album (et double, de surcroît !) n'aura eu une telle unité dans la diversité (contrairement au foutoir un peu bancal, bien qu'affranchi de tout complexe, de Sandinista!).
Il ressort au final de ce disque grandiose une classe intacte, mais aussi une grande générosité aussi bien musicale (« London Calling » ouvrira la porte à bien des formations, et la grande ère de la World Music) qu'humaine (ce sentiment indéfectible que le Clash représentait le porte-drapeau des révoltes, le porte-parole des exclus, et le porte-voix de valeurs humaines universelles : le partage, l'intégration et la solidarité).


To Bring You My Love
To Bring You My Love
Prix : EUR 7,00

11 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Disque organique d'une femme fatale à la voix tout aussi suave que rugissante., 3 décembre 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : To Bring You My Love (CD)
On avait déjà franchement adoré les coups de boutoir existentiels, au son revêche et moite, présents dans ses premiers disques (« Dry », « Rid Of Me »).
Mais il me semble que « To Bring You My Love » a apporté une saveur considérable à l'oeuvre de PJ Harvey pour nous y en faire succomber davantage.
Outre un accompagnement musical plus riche, plus ample et plus varié (avec de nombreux bruits étranges, dispersés au fil des morceaux), c'est surtout le travail de la voix de Polly qui déconcerte ici. Voix qu'elle exerce avec panache et témérité (rappelant toujours et encore Patti Smith), qu'elle maîtrise avec une désarmante facilité, et proposant une variété de styles considérable : on passe ainsi du quasi chuchotement (« Working for the Man ») au hurlement presqu'animal (les cris orgasmiques de « Long Snake Moan »). Mais la voix est aussi rauque et grave, presqu'étouffée (« I Think I'm a Mother »), implorante (« C'mon Billy ») ou mystérieuse (« Down by the Water »). Tout cela mis au service d'une palette d'émotions tout aussi nombreuses et souvent radicales, de la douceur sensuelle au dégoût irritant, hargne et blessure toutes exposées.
« To Bring You My Love » voit PJ Harvey transformée en tragédienne de sa propre pièce de théâtre aux allures de messe noire envoûtante, dont les actes narrent avec une précision de scalpel l'expression de l'amour affamé et inconditionnel, en faisant sortir aussi bien la bête sauvage qui est en elle que l'enfant désespéré. Il y a du charme dans ce disque, de la classe, de la sensibilité, de la rage et de la bestialité. C'est terriblement organique, suave, sensuel - mais jamais glamour.
Et puis, il y a des perles : le blues déchirant de « To Bring You My Love » annonce très tôt les deux morceaux intouchables du disque : « Send His Love To Me » et son ambiance baroque, et surtout « The Dancer », ballade langoureuse ensorcelante, contrastant musicalement avec la voix de lionne rugissante de cette femme fatale.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 17, 2013 12:01 PM CET


Substance 1977-1980
Substance 1977-1980
Proposé par DVD Overstocks UK
Prix : EUR 11,24

11 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un complément plus qu'indispensable à la discographie du mythe Joy Division, 3 décembre 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : Substance 1977-1980 (CD)
Pourquoi choisir de chroniquer « Substance » plutôt que les intouchables « Unknown Pleasures » et surtout « Closer », blocs homogènes atmosphériques d'angoisse et d'intensité qui demeurent encore aujourd'hui totalement intemporels ?
D'une part parce que d'autres internautes en ont parfaitement parlé et qu'il n'y a rien d'autre à ajouter, surtout pour le très important « Closer ».
Et d'autre part parce qu'il me semble que "Substance", malgré son format (il s'agit d'une compilation de titres ou versions absents de ces deux albums majeurs) ayant pour conséquence un certain manque de cohésion, prouve combien le groupe a opéré une progression musicale soutenue et conséquente en peu de temps (environ trois ans) avec toujours la même qualité (existe-t-il un seul titre raté dans la discographie de Joy Division ?).
Avec « Substance », on découvre avec émerveillement les débuts punk du groupe (avec quelques titres parfois timides et maladroits, mais toujours largement supérieurs aux créations d'un groupe de punk quelconque : je pense à « Leaders Of Men » ou « No Love Lost »), leur admiration pour des groupes comme Kraftwerk ou Throbbing Gristle avec une version formidablement hypnotique, dansante et martiale de « She's Lost Control », des morceaux de new-wave désarticulés et emplis de rage à peine contenue (les nerveux et percutants « Digital » et « Transmission »), et surtout la volonté d'évoluer vers des climats personnels tendus, claustrophiques et affligés, dont l'intensité éclatait notamment dans le fabuleux « Closer » (le sublime « Atmosphere » en est la preuve ici).
Et surtout, « Substance » contient deux des chansons les plus abouties de Joy Division : comment ne pas succomber à la pépite « Love Will Tear Us Apart » (dont la sincérité du propos déchire le coeur) et à l'épique « Dead Souls », qui à mes yeux véhicule à lui seul ces sentiments de vive inquiétude et de malaise caractérisant tout le répertoire de Joy Division, et tout ce qu'il y avait de fascinant dans ce groupe : un certain mélange d'angoisse et d'exultation, d'urgence et de détachement, d'espoir et de tristesse absolue.
Bref, se contenter de « Closer » (aussi puissant soit-il) ne permet pas d'avoir une vision complète du groupe, incontestablement aussi bon sur singles qu'en déployant leur art dramatique sur la durée entière d'un album.
Enfin, il me semble qu'avec « Substance », plus encore qu'avec « Closer », on saisit toute l'étendue de l'importance du groupe qu'était Joy Division: une alliance de quatre anglais modestes plutôt incompétents, du moins à ses débuts (les imperfections et approximations, tant au niveau de la voix que des intruments , éclatent au grand jour au terme de plusieurs écoutes) dont la symbiose a donné un résultat unique, bouleversant d'honnêteté et d'intensité, et extrêmement marquant dans l'histoire de la musique. Donc, essentiel.


Homogenic
Homogenic

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Fusion bouillonnante entre electronica septentrionale et musique classique !, 3 décembre 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : Homogenic (CD)
Il est fort probable que les avis soient extrêmement partagés sur le cas Björk, qu'on ne peut que l'adorer ou la détester. Mais il est incontestable qu'elle est certainement l'une des plus fortes personnalités existantes dans la musique depuis plusieurs années. Alors, elle dérange fortement, ou elle fascine.
Dans mon cas, il est clair qu'elle me fascine, et à plusieurs niveaux. Tout d'abord sa capacité à restranscrire parfaitement le lien qui l'unit à l'Islande, tant le folklore, les légendes mystérieuses et surtout la nature surpuissante sont des thèmes récurrents à la fois dans son attitude et dans sa musique. La domination de la nature sur l'homme lui inspire peur, énergie, respect... ainsi que la texture de la plupart de ses compositions escarpées (« I'm a whisper in water, I'm a tree that grows hearts », chante-t-elle dans « Bachelorette »).
Puis, c'est l'étrange dualisme entre cet héritage et la modernité de ses inflexions électroniques, caractéristique de l'univers tourmenté de Björk, qui me captive. La fusion de cette électronica froide et tribale (notamment sur Five Years ou Pluto) et la chaleur des superbes arrangements de cordes classiques donne un résultat tout en contrastes extrêment original et ingénieux, et emblématique des paysages islandais : abrupt, difficile à maîtriser, glacial et bouillant, bref, à couper le souffle.
Enfin, c'est la voix, élément musical percutant chez Björk, qui reste déconcertante de personnalité : on y entrevoit une certaine forme de folie (sa façon de chanter sa perception haute en couleurs des rapports humains, aux accents paranoïaques), qualité qui me fascine toujours autant chez une femme dans le domaine de l'art.
Et pourquoi « Homogenic » plus que « Debut » ou « Post » ? Sans aucun doute parce qu'à mes yeux, Homogenic contient ses meilleures compositions, particulièrement inspirées, et possède un je ne-sais-de-quoi d'homogène, justement : le mix entre l'électronica et l'orchestre à cordes y est ici sublimé.


Ocean Rain
Ocean Rain
Proposé par EliteDigital FR
Prix : EUR 18,89

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 LE disque de pop classieuse de l'Angleterre des années 80, 3 décembre 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ocean Rain (CD)
Depuis ses débuts, Echo & The Bunnymen était connu pour sa fusion épatante entre le post-punk sombre post-joydivionesque, une vision personnelle de la pop avec ses brillants passages de guitare cristalline (rappelant Television) et ses chansons portées par une voix sensuelle (Leonard Cohen), et un certain psychédélisme assez inspiré des Doors et du Velvet.
Pourtant Ocean Rain, quatrième album des hommes-lapins, apparaît comme dégagé de toutes influences et s'impose comme un disque majeur de new wave, celui où l'élégance et la classe caractérisant une certaine scène anglaise issue de la première moitié des années 80 éclatent ici dans un sommet de pop music rarement atteint.
Groupe culte d'une période musicale aussi riche que révolue, se démarquant aisément des pompiers grandiloquents de l'époque (U2 et Simple Minds en tête), Echo & The Bunnymen signe avec Ocean Rain un véritable chef d'oeuvre intemporel contenant de somptueux arrangements de cordes, des guitares finement ciselées, des intros à la guitare sèche remarquables, des mélodies pop hyper fluides et lumineuses, le tout porté par une des plus belles voix du rock (mon Dieu, ce timbre de voix !). On y trouve de vraies pépites (Seven Seas, My Kingdom, Crystal Days...) ainsi que la chanson culte et définitive du groupe « The Killing Moon », sublime de romantisme halluciné et de spleen, et signature du groupe à son apogée (la suite sera nettement moins brillante).
Grâce à Ocean Rain, on finira même par rapidement excuser l'arrogance de Ian Mc Cullogh... pour finir par relire toutes ses interviews mégalomanes de l'époque.. avec un franc sourire.


Odelay
Odelay
Prix : EUR 10,99

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Extraordinaire fusion de genres : un régal rafraîchissant de chansons bricolées., 3 décembre 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : Odelay (CD)
Odelay marque incontestablement la période la plus féconde en matière de création du prodige blondinet californien. Beck y explore une multitude de directions avec une agaçante facilité : ici, quasiment tous les styles admis de la musique depuis sa création y sont mélangés, absorbés et digérés, avec un dynamisme saisissant. Grâce à Odelay, Beck révolutionne carrément le rock : celui-ci devra désormais prendre en compte blues, rap, folk, pop, jazz, techno, musique industrielle, funk, metal, new-wave, country, bossa, krautrock, et même R&B (probablement en raison de la participation des Dust Brothers à la production - on se rappellera d'ailleurs de leur travail pour les Beastie Boys, qui dix ans plus tôt avaient effectué un exercice similaire très réussi, Licensed to Ill, curieux mélange de rap, hip-hop et rock).
Le plus déconcertant dans Odelay, c'est avant tout cette insolente facilité qu'a Beck de fusionner différents genres (et jamais les mêmes!) à l'intérieur de chaque piste : blues et hip-hop pour « Hotwax », rock furieux et easy-listening pour « Devil's Haircut » (tiré d'un morceau de Them de 1966), jazz et techno pour « The New Pollution »... Le tout entre agréables sons vintage et modernisme déroutant.
Cette importante prise de risques artistique est avec Odelay totalement concluante : le mélange des genres fait mouche presqu'à chaque fois (il y a bien sûr quelques plantages par ci-par là, largement excusés grâce aux nombreuses perles du disque...) et il se dégage d'Odelay une sautillante insouciance qui donne du baume au coeur.
Finalement, Odelay est tellement déconcertant, absorbe et digère tellement de choses, qu'en écoutant la suite de l'oeuvre de Beck, on a cette terrible sensation que tout est déjà en friche ici. Beck est-il allé trop vite et trop loin avec l'OVNI qu'est Odelay ?


Wowee Zowee
Wowee Zowee
Prix : EUR 20,25

7 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Capharnaüm rock jouissif signé par les inventeurs de la nonchalance ultra-cool !, 3 décembre 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : Wowee Zowee (CD)
Il y a de tout pour être heureux dans ce disque. Vraiment. Rarement un tel bric-à-brac dans le domaine du rock n'aura donné un résultat aussi satisfaisant que Wowee Zowee.
A l'intérieur de cette galette fourmillant d'idées foutraques, c'est bien simple: ça part dans tous les sens, à tous les moments, et la plupart du temps, c'est totalement imprévisible ! Si bien qu'on finit par attendre avec ferveur à quel moment le morceau va basculer.
Musicalement, les titres sont ultra-variés : on commencera par une superbe ballade acoustique (We Dance) assez inhabituelle dans leur répertoire, avant d'écouter un hit bordélique en puissance (Rattled by The Rush) et attaquer une multitude de morceaux vacillant entre furie et oisiveté, cynisme et indulgence totale, franche rigolade et sourire narquois, douceur pop ou fracas punk, dépassant de loin les formats conventionnels du rock. En somme, une vraie quincaillerie : on y trouve de tout, et on trouve tout plutôt cool.
Groupe de rock indé au statut de cultissime parmi le culte, et au registre indéfinissable, Pavement a aussi inventé avec brio cette célèbre coolitude rock : cette attitude de cancre génial, toujours assis au dernier rang de la classe, aux idées instinctives et sans prétention, loin des calculs habiles et intéressés, et finalement aussi effrayés par la réussite que par l'échec. Cinq traîne-semelles formant une sorte de bastion de résistance face aux flots des modes et aux ascensions conventionnelles dans le domaine du rock.
Bien sûr, tout au long des disques de Pavement, et encore plus sur Wowee Zowee, on a cette impression que le groupe ne cesse de saboter volontairement ses mélodies, de maltraîter ses morceaux comme personne n'oserait le faire (Best Friends Arm, par exemple). Pourtant, on ne peut au final que saluer la performance de songwriting du génial Stephen Malkmus qui signe ici quelques-unes des meilleures chansons du groupe (Grounded, Father to a Sister of Thought, Grave Architecture), qui n'atteindront jamais les hits-parades, mais dont l'auteur s'en fout plutôt pas mal, comme il le prévoyait déjà en 1992, dans « Here » : « I was dressed for success, but success it never comes, and I'm the only one who laughs... ».


Seventeen Seconds (Coffret Deluxe 2 CD)
Seventeen Seconds (Coffret Deluxe 2 CD)

9 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Minimalisme déroutant pour LE disque culte, 29 novembre 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : Seventeen Seconds (Coffret Deluxe 2 CD) (CD)
SEVENTEEN SECONDS : voilà bien pour moi le premier exemple qui me vient à l'esprit pour définir ce qu'on appelle dans le jargon musical un disque culte. Ce qui est exceptionnel, avec ce disque et avec d'ailleurs la plupart des grands disques de Robert Smith et ses divers comparses, c'est que chaque admirateur en a sa propre définition, vision, représentation, et sensations.
Pour certains, c'est le disque le plus honnête de Cure : le moins boursouflé, celui dont le son ouaté est le plus finement évocateur, et celui qui contient le morceau emblématique du groupe (et de bravoure en concert), A Forest.
Pour d'autres, c'est le plus important de leur discographie, définition du fameux son Cure inimitable - mais souvent imité, première étape de la fameuse trilogie glacée, qui éclatera ensuite dans un sommet quasi expressionniste de violence, de colère et d'intensité avec Pornography. En somme, tout est déjà en friche dans Seventeen Seconds.
Pour moi, c'est un peut tout ça réuni. Avec en plus un constat majeur: il s'agit d'un album rare. Rare, et dense. Rare, parce que l'album est épuré au strict minimum musical, ne contenant finalement que très peu d'instruments (une caisse claire assourdie, une basse étouffée, quelques grains parsemés de guitare cristalline, un clavier cotonneux, une voix monotone), très peu de textes, et... très peu de notes. Et dense, parce que le minimalisme de Seventeen Seconds, justement, emmène loin, loin, l'auditeur, avec ... aussi peu de notes.
Pour ma part, ce disque est à jamais associé à l'espace restreint de ma chambre, où j'ai épuisé jusqu'à la moëlle Seventeen Seconds pendant une longue période. Perdu dans le brouillard et les brumes crépusculaires créés par la musique, il me semblait à l'époque que ce disque avait été enregistré pour moi seul, que personne ne l'avait jamais écouté comme je l'avais fait, que personne ne l'avait jamais compris. Je ressens encore la paralysie qui m'avait envahie à la première écoute de Seventeen Seconds, et les sentiments, encore confus, sont tellement nombreux qu'ils me donnent encore une curieuse sensation de vertige. Voilà probablement pourquoi Seventeen Seconds représente pour moi une magistrale prouesse artistique, déroutante : le fait qu'un album aussi épuré m'ait donné l'illusion qu'il n'appartenait qu'à moi, que moi seul en connaissait l'accès secret. Et ça, c'est énorme.


Pet Sounds
Pet Sounds
Prix : EUR 9,70

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le disque académique de la pop par excellence, 29 novembre 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : Pet Sounds (CD)
Bien sûr, tout a été dit et tout se sait à propos de Pet Sounds : chef d'oeuvres d'harmonies vocales, arrangements de haute volée, mélodies pop à peine perfectibles, ... Album régulièrement cité comme le meilleur album pop de tous les temps... Quelques titres (God Only Knows et That's Not Me, au hasard) encensés par les meilleurs compositeurs de rock depuis des lustres (Paul Mc Cartney, Neil Young, Bob Dylan, pour ne citer qu'eux).
Premier constat quarante ans après sa sortie dans les bacs : outre ce nom d'album et cette pochette un poil ridicules (et très éloignés des standards et clichés pop/rock de l'époque), Pet Sounds passe sans encombres l'épreuve du temps et demeure un ilôt de bonheur musical assez intemporel.
Second constat : la richesse de l'instrumentation (non conventionnelle: orgues, clavecins, flûtes, sonnettes de bicyclettes, aboiements de chiens!), des mélodies et des arrangements, font de Pet Sounds une oeuvre à part dans la discographie du groupe, et qui surpasse globalement tous les albums majeurs de l'époque (même Sgt Pepper's..., pris à part, n'est pas aussi parfait!).
Et puis, Pet Sounds, encore plus que tout le reste de la discographie des garçons de la plage, frappe par l'alliance étourdissante entre perfection pop qui donne envie de chanter comme jamais, et rafales d'émotion insufflées par la plupart des titres finalement assez mélancoliques (God Only Knows, You Still Believe In Me, I Wasn't Made For These Times...). Comme si nous voulions encore croire à nos rêves de gosse, nous raccrocher à l'insouciance des temps révolus, croire que tout est possible, que le bonheur simple est à la portée de nous, mais avec un indéfectible doute. C'était peut-être ça, finalement l'oeuvre des Beach Boys : un moyen furtif de repenser quelques minutes à des moments de joie intense de nos vies, en attendant qu'ils reviennent.


Agaetis Byrjun
Agaetis Byrjun

12 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Perte de repères totale pour l'ultime rocker. Disque de feu et de glace., 29 novembre 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : Agaetis Byrjun (CD)
Il m'a donc fallu attendre 8 ans, depuis Loveless (My Bloody Valentine) pour me prendre une claque pareille à l'écoute d'une galette aussi novatrice et aussi chargée en émotions !
Alors, oui, évidemment, si je devais m'adonner à l'exercice habituel du chroniqueur de rock (vous savez, ça ressemble à tel truc avec une pincée de bidule), je ferais l'effort de dire qu'il y a quelques similitudes avec Kid A de Radiohead ou l'univers de Björk, quelques ambiances rappelant vaguement le Floyd des années Dark Side Of The Moon, quelques sons de flûte et de violon nous ramenant parfois aux arrangements de Nick Drake, ou même quelques passages ressemblant à certains titres de groupes issus du Shoegazing (Ride, au hasard) ou du post-rock (Mogwaï, Godspeed) ou d'autres formations islandaises (Mum, par exemple). Mais globalement, la tentative est plutôt vaine, parce que là, ça ressemble franchement à rien !
La perte de repères pour le rockeur averti est considérable : ces dix morceaux vaporeux et aériens, parfois symphoniques, nous emmènent dans des contrées tout à fait vierges. A l'écoute d'Agaetis Byrjun, on ne sait pas bien si l'on nage loin dans les profondeurs de la mer en compagnie de baleines, où bien à l'orée du cratère d'un volcan, ou bien carrément dans les airs, en surplombant le grand fjord Skjálfandi. Mélange de feu, de glace et d'oxygène.
Même doute en ce qui concerne la voix : s'agit-il d'un homme, d'une femme, d'un ange ? Probablement un alien. Un chant d'alien, aux accents élégiaques, mélange de cris de baleine, de plaintes de sirènes, de gémissements d'ermite ilien.
Autres curiosités : la façon de jouer du chanteur avec un archet et cette langue bien personnelle (incompréhensible). Sans compter la longueur inhabituelle des morceaux, et la structure des morceaux non conventionnelle. Malgré un vernis pop sous-jacent dans la plupart de ces titres (deviné au bout de plusieurs écoutes), le format d'aucun n'est compatible avec ce qu'il y a lieu d'appeler un single radio.
Il y a une dimension spirituelle, voire religieuse et même mystique dans ce disque.
Le résultat est exceptionnel, le disque envoûtant et spectaculaire, émotionnellement déstabilisant, et extrêmement stimulant pour les sens si l'on accepte l'effort d'une écoute active.
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