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Contenu rédigé par sebdoolittle
Classement des meilleurs critiques: 290.829
Votes utiles : 235

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Commentaires écrits par
sebdoolittle "sebdoolittle"

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Are You Experienced ?
Are You Experienced ?
Proposé par DVD Overstocks UK
Prix : EUR 18,14

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Dieu noir de l'électricité régnant sur l'espace, 25 novembre 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : Are You Experienced ? (CD)
Les premiers albums ont toujours une saveur particulière : ils possèdent la plupart du temps la sincérité de l'inexpérience et la puissance du bouillonnement d'idées novatrices. Si pour les rock-critiques avertis, Are You Experienced ? est de tout évidence le moins abouti des disques d'Hendrix, il n'en demeure pas moins à mes yeux un des meilleurs premiers albums de tous les temps.
Bien sûr, Are You Experienced? est tout d'abord l'expression même du mythe Hendrix : absorption et synthèse d'un nombre incalculable d'éléments musicaux et sociétaux : rock, blues, jazz, pop, pysché, larsen, mais aussi science-fiction, sexualité, idéaux hippies...
Puis, on est à genoux devant les compositions : les chocs que sont Foxy Lady (sensuelle, presque sexuelle) et Purple Haze s'intègrent dans un tout composé également d'un blues rock survitaminé incroyable (Red House), une rythmique tournoyante exprimant un certain chaos (Love Or Confusion), un morceau de rock psychédélique et ses effets en pagaille (Are You Experienced?), une fantastique ballade (The Wind Cries Mary), et la perle du disque : Third Stone From The Sun. Avec ce titre, pierre angulaire du coup de maître d'Are You Experienced?, pas de doute : ce premier album est un condensé de génie composé par un extraterrestre afro-hippie à la voix langoureuse et à la Fender tranchante, Dieu noir de l'électricté régnant sur l'espace.


Pink Moon
Pink Moon
Prix : EUR 19,11

10 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Monument folk touché par la grâce, 24 novembre 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : Pink Moon (CD)
Aboutissement d'une longue dépression et terme d'une lente désincarnation entamée dès Five Leaves Left trois ans plus tôt, Pink Moon frappe par le dépouillement musical le plus absolu et met en valeur bien plus que sur les précédents disques la remarquable dextérité guitaristique de Nick. Mais plus frappant encore : la puissance émotionnelle dégagée par si peu de bruit. Un des rares disques, donc, qui nous prouve que virtuosité et émotion ne sont pas toujours incompatibles. Les deux, ici, sont entremêlés dans un monument folk dont les sentiments de solitude, d'aliénation, de renoncement, du besoin éternel d'être aimé, déchirent le coeur : on y voit moins l'image d'une lune rose que d'un soleil noir irradiant les onze morceaux d'une atmosphère spectrale et crépusculaire absolument bouleversante. Mais c'est un curieux paradoxe qui rend à mes yeux Pink Moon comme un disque extrêmement attachant. D'une part cette impression que cette pudique confession minimaliste pourrait être la nôtre, et d'autre part la certitude que le propos elliptique et l'univers lunaire, maladif et touché par la grâce de Nick Drake sont uniques, inacessibles à nous, auditeurs. C'est peut-être ça, Pink Moon : une lune rose chaude, gracieuse et attirante, mais loin, loin dans la galaxie.


Doolittle
Doolittle
Prix : EUR 12,96

14 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 La perfection du rock-pop-surf-country-punk ?, 16 mai 2004
Ce commentaire fait référence à cette édition : Doolittle (CD)
Même quinze ans après, difficile de se remettre d'une telle décharge électrique. Album brillant, dense, amusant, bouillant, éclectique, énergique, sans temps mort ni perte de régime, à quelques lieues de la perfection absolue, de la juste mesure entre calme et fureur, rythme et mélodie, lumière et obscurité, joie de vivre et malaise, DOOLITTLE est un peu tout ça à la fois. Ce qui frappe surtout, c'est la manière dont Black Francis démontre avec cette insolence caractéristique sa facilité à écrire des mélodies implacables, terriblement efficaces. Ainsi, on verra un Black Francis hurler à la mort comme pour rameuter un troupeau d'éléphants (Debaser, Tame, les deux premiers titres du disques, irrésistibles), surfer sur une pop légère américaine(Wave of Mutilation, La La Love You), clamer des hymnes pop parfaits (Here comes your man, Monkey Gone to Heaven), tutoyer le ska, le reggae, le hip hop et la country (Mr Grieves, Hey, Silver) avant de clôturer le chef d'œuvre par un condensé merveilleux du talent du groupe (Gouge away, meilleur morceau de Doolittle ?). A chaque écoute, Doolittle est si constant dans le génie, que chaque morceau, tour à tour, est meilleur que le précédent.


Low
Low
Prix : EUR 9,98

36 internautes sur 39 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 "Low", le seul album parfait de la trilogie berlinoise, 26 avril 2004
Ce commentaire fait référence à cette édition : Low (CD)
Apres avoir paru 4 ou 5 chefs d'oeuvres (de 71 a 76, principalement, de Hunky Dory a Station to Station) qui se sont suivi aussi vite qu'ils ne se ressemblaient pas, Sir Bowie a du en decontenancer plus d'un en sortant ce truc bizarre, glacial, indescriptible. Sur la premiere face, l'auditeur est accueilli par 7 titres etranges, distants, entre rock science fiction (Speed of Glass !), pop mecanique desarticulee (Breaking Glass, What in the world), melodies cubiques (Sound and Vision) ou espaces aeriens aux solos de guitare hypnotiques (Always crashing in the same car, Be wy wife). On pense au Alien de Ridley Scott, au 1984 de George Orwell, aussi bien qu'a une morne etendue deserte de Varsovie en plein hiver. La derniere piste musicale de la face A, (A new career in a new town et sa note unique d'harmonica enfouie sous une melodie impeccable) annonce plus ou moins la face B, essentiellement instrumentale, entre ambiances froides, lourdes et oniriques, et espaces sonores inquietants (la logique souterraine du dernier morceau Subterraneans ou le splendide et dramatique Warszawa). Low est exceptionnel dans le sens ou il rejoint le pantheon tres ferme des chefs d'oeuvre dramatiques formant une et meme unite de son incroyablement perceptible (avec entre autres Pink Moon de Nick Drake, Closer de Joy Division, Loveless de My Bloody Valentine, Disintegration de The Cure). C'est nul doute le seul disque integralement reussi de sa trilogie berlinoise (Heroes et Lodger tiennent souvent de la redite, avec un peu moins de creativite ou de panache). Low est aussi exceptionnel puisqu'il est sorti en pleine (ins)urgence punk et se voit involontairement attitre le role d'avant-gardiste merite de la cold-wave. Low est enfin exceptionnel si on analyse la discographie de Bowie depuis le debut de la decennie, livrant quasiment un chef d'oeuvre par an, sans copier ou prolonger la musicalite du precedent. Superbe.


Loveless
Loveless

29 internautes sur 32 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Du Mozart ultra-saturé : migraine jouissive, 14 avril 2002
Ce commentaire fait référence à cette édition : Loveless (CD)
S'attaquer au monstrueux « Loveless » n'est jamais une mince affaire : à la première écoute, on a l'impression de perdre tous ses codes et repères du bon vieux rock classique : ici, le bruit est constant : désaxé, déstructuré, défiguré par des bandages d'effets sonores, par le vrombissement de centaines de guitares superposées. La batterie, autiste, martèle ses coups comme elle le peut derrière le fracas, la basse sous-mixée ne se distingue plus de l'ensemble, et personne ne comprend un traître mot des appels au secours murmurés par les plaintes de voix féminines qui semblent émaner de sirènes sous valium. Et c'est pourtant tout ça qui rend « Loveless » irrésistible : un travail de studio insensé pour parvenir à un ultime objectif bien ruminé dans le cerveau de Kevin Shields, son auteur : réussir à déconcerter l'auditeur par tant de créativité sonore, aussi bien que par les émotions dégagées par les onze titres complexes du disque. Aucun des instruments (y compris vocaux), pris un par un, n'est le héros du disque, mais tous participent à leur manière à bâtir une certaine texture sonore carrément jouissive. Les compositions, elles, sont également de haute volée. Il me semble ne jamais avoir entendu quelquechose d'aussi beau, d'aussi complexe et d'aussi émouvant que le passage de trente secondes compris entre 1:45 et 2:15 d' « I Only Said ». Au fil des années, « Loveless » reste inflexible, ne prend aucune ride, surprend encore, inroyable de maîtrise : le travail de Kevin Shields est énorme, surpassant de loin tous les modèles du Shoegazing, allant jusqu'à devenir la référence absolue du genre, manifeste cinglant contre la musique progressive et ses solos de guitare interminables. A la deux-centième écoute, lorsqu'on a définitivement adopté les accords torturés d' « Only Shallow », assimilé le bloc sonore unique qu'est « To Here Knows When », ou encore les mélodies suggestives à la Cocteau Twins telles que « Blown a wish », on devient atteint d'une grande dépendance, qui se caractérise notamment par monter encore et toujours le son afin de connaître les limites de ses propres tympans. Loveless est un disque envoûtant, passionnant, spectaculaire, assommant d'émotion, de malaise et de fascination. Expérience à vivre absolument.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 15, 2009 11:50 PM MEST


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