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Contenu rédigé par M. B. Deltombe
Classement des meilleurs critiques: 7.944
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Commentaires écrits par
M. B. Deltombe "Le Nobre" (Paris, France)
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Hand.Can Not.Erase
Hand.Can Not.Erase
Prix : EUR 14,99

23 internautes sur 27 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 La confession d'un(e) enfant du siècle, 2 mars 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Hand.Can Not.Erase (CD)
Depuis longtemps Steven Wilson regarde le monde, depuis longtemps il le triture, il le malaxe, s'interroge sur la vie moderne, ses grands ensembles, ses grandes solitudes, ce spleen qui nous guette tous. Pour le conjurer, il poursuit avec ce Hand Cannot Erase sa captivante épopée sonore. On l'a connu chez Porcupine Tree, sciant du riff dans des contrées technoïdes, on l'a vu, solitaire, sous l'objectif du fidèle Lasse Hoile, concasser de l'iPod et tout un fatras de pourvoyeurs encodés, bondir d’étoiles en comètes pour plonger dans les trous noirs d’Insurgentes et de Grace For Drowning. Aujourd'hui le voilà qui se glisse dans la peau d'une femme. Une anonyme perdue dans la foule d'une mégalopole, tellement anonyme que sa disparition passe inaperçue. Elle n’a pas été enlevée, non, la ville l’a en quelque sorte absorbée, diluée dans le grand mélange. Il a juste suffi qu’elle reste deux mois cloîtrée dans son appartement. Nul ne s’en est inquiété. Pas d’ami, pas de parent, pas de confident. Peur d’une planète vide… Cette histoire s'inspire de celle de "Joyce Carol Vincent, une londonienne de 38 ans retrouvée morte en 2006 dans son canapé, entourée de cadeaux de Noël emballés, télévision allumée, trois ans après son décès" (source : [...]). Le Potter du prog la raconte en déroulant une série de chansons parmi ses plus belles, citons le morceau-titre, hit définitif, mais aussi Perfect Life, Routine (le chef d'oeuvre de l'album), Transcience, truffées de mélodies inoubliables. Au passage, il n'oublie pas, en éternel alchimiste, de nous perdre dans les vertiges de quelque Grand Canyon, comme l'abrasive paire floydienne Home Invasion/ Regret #9. Jamais sans doute n'aura-t-il mieux maîtrisé sa science du détail. Toujours accompagné de l'impressionnante Agence tous risques qui œuvrait sur The Raven That Refused To Sing, ce grand grimoire seventies, Steven Wilson revient dans le présent, dans ce foutu 21ème siècle, pour une revue complète de son arsenal. Pop, prog, électronique, indus, ses champs des possibles sont vastes, ses acquis confondants... L'ouverture 3 Years Older évoque le tout meilleur de Rush en version 2.0, Ancestral, chevauchée haletante, n'est pas aux antipodes d'Happy The Man, mythique quintette américain, la voix angélique de l’enfant de Routine emprunte au All The Love de Kate Bush… Steven vocalise pour sa part en solo ou dans le sillage fantomatique de l’israélienne Ninet Tayeb, Guthrie Govan tutoie la perfection à chaque intervention, Adam Holzman est aussi véloce que Jordan Ruddess MAIS aussi pertinent que Mark Kelly, Marco Minnemann et le jovial Nick Beggs semblent sortis de la cuisine de Neil Peart et de Geddy Lee, bref Hand Cannot Erase est tout simplement un moment de musique exceptionnel ! Au terme duquel l’héroïne réapparaît, pour entrevoir l’inéluctable réalité : dans notre monde, rien n’a changé. "Il leur restait donc le présent, l'esprit du siècle, ange du crépuscule, qui n'est ni la nuit ni le jour." (Alfred de Musset)
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Mar 25, 2015 12:17 PM CET


The Art of McCartney - Double CD Digipack
The Art of McCartney - Double CD Digipack
Prix : EUR 16,99

12 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Ils sont venus, ils sont tous là..., 8 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Art of McCartney - Double CD Digipack (CD)
... et pour la plupart ils auraient mieux fait de tomber en panne d'essence sur la route du studio ! Mais quel jeu massacre ce prétendu "hommage" à "l'art" de Paul McCartney !! L'Oscar de la pire atrocité revient sans doute à Robert Smith et à ce qu'il reste de Cure pour un Hello Goodbye auquel on dit cent fois au revoir !! Tout comme au Things We Said Today, passé au papier de verre par la momie de Bob Dylan, à la pauvre Eleanor Rigby, l'une des immaculées conceptions de Paul, souillée par la grand-mère d'Alice Cooper, et à Birthday, victime d'un odieux maléfice et transformée en un pachyderme martial digne la fête de la bière par Sammy Van Hagar !
Pour le reste Dame Mansuétude s'inclinera tout de même devant les efforts sincères et touchants de Brian Wilson sur Wanderlust, ou de Barry Gibb sur When I'm 64. Et devant la clairvoyance d'un Smokey Robinson (So Bad), d'un Harry Connick Jr (My Love) ou d'un Jeff Lynne (Junk) qui ont au moins choisi des chansons compatibles avec leurs univers respectifs.
Mais dans l'ensemble, voilà une brassée de reprises où l'on s'échine surtout à s'approcher de l'original sans apporter le moindre soupçon d'originalité, ce qui donne le résultat escompté : parfois correct et donc totalement inutile, le plus souvent poussif voire insupportable.
Ou comment placer sur le terrain onze Zlatan et ne pas réussir à en planter un !
Si, allez, un petit pouce levé quand même pour Dr John, dont la voix de vieux sage parvient à bousculer un peu Let 'Em In.
Avant d'en finir, s'il vous prend l'idée de célébrer également "l'art" de John Lennon, et de confier Imagine à Slipknot, ou Strawberry Fields à Rika Zaraï, merci de sortir ça sur Saturne ou sur Uranus, mais pas ici, par pitié pas ici.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 17, 2014 9:57 AM CET


Alain Souchon & Laurent Voulzy
Alain Souchon & Laurent Voulzy
Proposé par METAMZCI
Prix : EUR 24,28

12 internautes sur 20 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Nous avons 40 ans, si tu nous crois pas hé..., 4 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Alain Souchon & Laurent Voulzy (CD)
40 ans à deux, le bel âge. Pourtant à ce stade, après les premières années de frénésie créatrice, combien de "songwriters" ont perdu la sève, le jus qui font les bonnes chansons ? Alain et Laurent, eux, continuent de sillonner la campagne, de voguer sur la mer, de pique-niquer, de chanter dans les chapelles et de parler des vieilles pierres, de Dieu, des filles. Et quand ils sont repus, enivrés d'embruns et de grand air, ils se posent. Alain sort son carnet, Laurent sa guitare. Un air, des mots, un premier jet et c'est parti. Cette fois, il a fallu écrire des choses qui racontent non pas Alain, non pas Laurent, mais les deux à la fois, avec leurs terrains d'entente et leurs différences. La conscience sociale de l'un, le mysticisme de l'autre, le verre à moitié plein et à moitié vide. Une nouvelle alchimie. Qui donne un nouveau nectar. Mature, dense, mais jamais pesant. Oiseau malin, Il roule, Bad Boys, Souffrir de se souvenir, autant de perles à ajouter à un répertoire déjà exceptionnel. Et puis il y a cet art de la légèreté jamais vaine, que transportent l'Idylle anglo-normande, En île de France, On était beau, et le merveilleux La Baie des fourmis qui complète un gracieux tryptique bossa, entamé avec Le Soleil Donne et le Rêve du pecheur... Messieurs, vous avez depuis quelques jours les oreilles rebattues de "merci" et autres "on vous aime", mais que vous dire d'autre ? Encore ? C'est ça, encore !!
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A Different Kind Of Truth
A Different Kind Of Truth
Prix : EUR 4,71

24 internautes sur 28 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le coeur, la raison, et l'écoute..., 6 février 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : A Different Kind Of Truth (CD)
Ah Van Halen... drôle d'équation, aux multiples variables. Face à un tel album, un tel retour, le cœur et la raison s'affrontent. Violemment. La raison dit : ils ne reviennent dans cette formation que parce qu'ils n'avaient pas d'autre choix. La façon dont Michael Anthony n'a pas été reconduit est douteuse, voire dégueulasse. Dave n'a plus l'âge de ses pirouettes vocales et gestuelles. En fait de nouvel album, il s'agit pour l'essentiel de vieilles idées ou de vieilles démos retravaillées, ils n'ont quasiment rien écrit de nouveau ensemble. D'ailleurs sont-ils vraiment ensemble ? Un management pour la famille VH, un pour David Lee Roth, des titres signés Van Halen/ Roth, et non plus des quatre membres du groupe comme à la grande époque. N'en jetez plus.

Le cœur accuse le coup, et s'épanche. Quand même... après la fausse joie de 1996, après ces retrouvailles avortées, après l'échec de Van Halen III (un album pourtant pas inintéressant), après le comeback pitoyable avec Sammy Hagar en 2004 (à cause d'un guitariste alors en piteux état), ça fait drôlement plaisir de revoir Dave et Eddie côte à côte. Le swing et la vista. Et le fun. Le vrai Van Halen quoi ! Celui que je suis depuis 1978, depuis le commencement... Avec en sus le petit Wolfie pour donner un vrai coup de jeune. C'est quoi le problème ?

Seule l'écoute peut répondre à cette question. L'écoute est sans appel, sans complaisance. L'écoute connaît bien les reliques qui ont servi de base à ce "nouvel" album, pourtant elle les reconnaît à peine. Oui, ce choix du « neuf avec du vieux » reste curieux, mais ce qui saute aux oreilles, c'est qu'entre les produits finis et leurs ancêtres il y a un monde. Sans compter que le nombre de musiciens qui, sur cette planète, entassent les idées au fil du temps, et les ressortent au moment jugé opportun, ce nombre-là est infini. Au final prenez par exemple Tattoo. Si vous possédez le bootleg où figure son aïeul Down In Flames, enregistré en son audience, la grille d'accord vous dira quelque chose. Mais pour le reste, mélodies vocales, lyrics, pont, refrain, solo, tout est nouveau. Et c'est bien du bon, du vrai Van Halen. C'est groove, classe, malin, et encore ce n'est que le début. Une entrée pépère dans un album qui ne l'est pas du tout.
She's The Woman met les choses au point, tout comme Bullethead, Outta Space, Big River et Beats Workin', autant de titres implacables qui auraient pu figurer sur un hypothétique Van Halen III, comme une rupture du continuum espace-temps, avant Women And Children First. Dans ce registre, Eddie Van Halen retrouve la forme (enfin!) et ses doigts de vingt ans, une fluidité et un à-propos très bien mis en valeur par la production de John Shanks et le mix de Ross Hogarth. Pour autant, l'écoute repense avec un brin de nostalgie au travail d'orfèvre de Ted Templeman et de Donn Landee, à ces dynamiques ahurissantes, qui permettent encore aujourd'hui aux six premiers Van Halen de "sonner", à ce rendu authentique, aujourd'hui sacrifié sur l'autel du Pro Tools et des joujoux numériques. C'est là le seul talon d'Achille de A Different Kind Of Truth. Car à l'évidence, malgré l'absence de l'irremplaçable Michael Anthony, Van Halen est en feu. Blood And Fire, c'est la pop jouissive de Diver Down et toute la gouaille de Diamond Dave, Chinatown c'est la course-poursuite, pied au plancher, avec les Triades aux fesses, Honeybabysweetiedoll c'est une virée heavy à coup de sustainer, Stay Frosty c'est le boogie du sage, The Trouble With Never, c'est du Crosstown Traffic à l'EPO, et puis il y a As Is. Un tour de Space Mountain. D'abord on monte, on se met en mouvement, lentement, lourdement, puis c'est la descente à mach 2, des idées dans tous les sens, du grand Van Halen !
Avant de découvrir cet album aussi improbable qu'inespéré, l'écoute donnait pourtant plus de crédit à la raison qu'au cœur. Et elle a bien tiqué çà et là, sur une voix forcément moins élastique que la dernière fois... il y a 28 ans, et sur ce son résolument moderne, résolument digital. Néanmoins, elle s'incline et à l'image de David Lee Roth dans les notes du livret, dit : Thanks for the dream...


Lys and Love
Lys and Love
Prix : EUR 18,13

5 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Laurent... Quelque part dans le temps..., 10 décembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Lys and Love (CD)
Le 30 novembre 2011, Laurent Voulzy assistait aux trois heures de show d'un increvable génie de 69 ans, Paul McCartney. Eternelles idoles, inépuisables inspirations, McCartney, les Beatles, la pop sixties, le Bopper en larmes les a toujours eus en lui. Mais son rêve musical est bien plus vaste. Il a bâti depuis fort longtemps une invisible passerelle entre la France et l'Angleterre, sonore bien sûr, mais aussi affective (il vit à Londres avec sa famille), et même temporelle. Ses songes ne sont pas peuplés que de Kim Wilde ou de guitar hérauts à Rickenbacker 12-cordes, ils mettent aussi en scène chevaliers et gentes dames, baladins et ménestrels, châteaux-forts, douves, et forêts remplies de mystères, guerre, religion et mysticisme. En 1992 déjà, Laurent chantait Caché Derrière, les choses derrière les choses, Lancelot dans Brocéliande. En Avril 2001, il convoquait sitars et arches gothiques en disant I Want You, parlait en interview de Josquin Des Prés et de musique Renaissance. En 2011, avec Lys & Love, il va enfin au bout de sa quête. Il traverse le temps, entre dans le tableau où Jeanne se languissait de l'attendre, et lâche tout. Absolument tout. D'abord ses aspirations électro (réécouter « Sous la lune » dans Recollection'). Car initialement son nouvel album était un projet dans cette veine. Et puis les échanges, notamment avec Alain Souchon, l'ont emmené ailleurs. Dans un ailleurs où l'hypnose des machines le dispute aux cordes d'Eleanor Rigby et aux cantiques de l'Eglise, aux falbalas d'Orient et au rock d'outre Manche. Un ailleurs où les mots de la Souche s'effacent parfois pour laisser place aux strophes de Charles 1er D'Orléans ou d'Abu Firas, poète arabe du Xème siècle. Lys & Love, c'est un Voulzy habité, en état de grâce. Tout commence en psalmodie, le convecteur temporel programmé sur l'an 1400, puis c'est l'incroyable voyage. Glastonbury. Blackdown. Le ciel et La Terre. La France, la Perfide Albion, les états d'âme d'un Prince captif. « Je n'ai plus rien à me réconforter qu'un souvenir pour retenir liesse » pleure-t-il. Et c'est Roger Daltrey des Who, invité de dernière minute, qui lui donne la réplique ! Ainsi Laurent, s'il s'éloigne souvent de sa traditionnelle partition de chanteur pop, n'oublie pas totalement les amoureux d'Une Héroine ou de Paradoxal Système, pour preuve l'enivrant C'était Déjà Toi, ni ceux de Karin Redinger ou de Peggy, que transcende La Nuit. Une guitare, une voix, puis un long silence. Et tout finit à la Neuvième Croisade, sublime movie soundtrack de 14 minutes, assurément le grand œuvre de Lolo, croisade sentimentale réconciliant des siècles de musique, ponctuée d'une ode douce et essentielle. J'Aime L'Amour. All You Need Is Love. Tout est dit.
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50 Words For Snow
50 Words For Snow
Prix : EUR 14,99

14 internautes sur 20 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Giverny sous la neige..., 23 novembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : 50 Words For Snow (CD)
Kate Bush ne fait plus vraiment de chansons. Comme l'a déjà montré Aerial, elle est passée à autre chose, elle s'est élevée au-dessus des faiseurs ordinaires. Aujourd'hui sa musique, c'est de l'impressionnisme sonore. Les contrées enneigées et livrées au blizzard de 50 Words For The Snow, c'est son Giverny. Et comme un fait exprès, les précieuses notes de son piano évoquent de plus en plus Satie, contemporain de... Monet. La magie contemplative de cet album s'explique difficilement avec des mots. On est transporté dans un ailleurs, loin des formats, loin du tumulte et des vaines besognes des hommes. Quelque part parmi les anges, dans les bras d'une artiste qui a ceci de commun avec la neige : elle est éternelle.


Everything Changes
Everything Changes

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Le devoir de mémoire, 8 novembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Everything Changes (CD)
Il est bon de repenser périodiquement à John. John et ses fulgurances géniales, ses excès, ses erreurs, et surtout sa vision du monde. Depuis qu'il n'est plus là, il appartient à ses descendants de poursuivre son œuvre. Julian d'abord puis Sean ont déjà relevé par le passé ce défi quasi-impossible non pas en occupant le terrain coûte que coûte mais en se faisant rare. Dernière livraison en date : le touchant Friendly Fire de Sean en 2006. C'est maintenant au tour de Julian de s'y coller à nouveau. Son album précédent - son meilleur - Photograph Smile, remontant carrément à 1998 ! L'absence créé le désir dit-on, et ce Everything Changes s'écoute donc avec gourmandise. Ces mélodies, ces phrasés, cette immédiateté sont dans les gènes des Lennon, le fantôme du père ne sera jamais chassé et au fond tant mieux. Si certains titres s'avèrent plus besogneux que d'autres, Julian est quand même touché par la grâce à maintes reprises, notamment sur le sublime Hold On, sur Don't Wake Me Up ou sur Beautiful. Pas des révolutions, simplement de très belles chansons, des moments que John aurait sûrement vécus avec fierté.


Mylo Xyloto
Mylo Xyloto
Prix : EUR 6,99

33 internautes sur 39 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 My-figue my-raisin, 1 novembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mylo Xyloto (CD)
Coldplay est aujourd'hui LE groupe à abattre. Un peu comme The Cure le fut à l'époque de The Head On The Door. Coldplay a trop de succès voilà tout. Ils sont endorsés jusqu'à l'os et plaisent à tout le monde, du technicien de surface au porteur de valises africaines. Il y en a que ça énerve. Evidemment, au temps du premier album, Coldplay ne jouait que pour un public d'avertis, et affichait une candeur particulièrement additive. Et puis très vite, tout s'est emballé, la sortie de Clocks en éclaireur de Rush Of Blood To The Head a tout précipité. Ce groupe n'était pas fait pour l'intimité des alcôves mais pour le tumulte des lupanars, alors il a évolué en conséquence. X & Y introduisit cette grandiloquence, très utile quand il s'agit de se faire entendre tout au fond d'un stade... Nombre de critiques ont crié à la haute trahison. Pour eux, Coldplay s'était renié, pas moins. Et si la richesse de Viva La Vida, réalisé avec Eno, ne les a pas calmé, on imagine sans peine quelle torture médiévale ils vont infliger à l'album le plus commercial jamais enfanté par Coldplay : le curieusement nommé Mylo Xyloto. Une machine à tubes parfaitement formatée pour Virgin Radio, un peu, comme me le soufflait un ami, le Invisible Touch de Coldplay. Néanmoins il ne faut pas s'y tromper, ce sont surtout les arrangements, très synthétiques, qui ont changé. Le songwriting, lui, est resté quasiment le même. C'est limpide quand le groupe daigne se débarrasser de certains atours, sur le magnifique Us Against The World par exemple, qui aurait pu figurer sans honte sur Parachutes ou sur son successeur. Pour le reste, il y a quand même des moments jubilatoires à ne pas manquer tels Hurts Like Heaven, Charlie Brown, ou Don't Let It Break Your Heart, des airs qu'il est impossible de chasser de son esprit. Cela se gâte davantage quand Coldplay confond style et maniérisme, en bardant ses chansons de ohohohoh, en s'auto-plagiant, ou en sombrant dans l'indigence d'un Up In Flames. Un titre malencontreusement préféré à Moving To Mars, relégué en face b... Mais le plus objectivement du monde, même Paradise, qui recycle une mélodie donnée il y a deux ans à Natalie Imbruglia, même Princess Of China, taillée sur mesure pour Rihanna, même ces titres-là font mouche. Car Coldplay sait définitivement trousser une chanson, c'est incontestable. Simplement, ils sont confrontés au syndrome de tous ces groupes qui ont atteint les sommets. Leur but en 2011 est clairement d'y rester par tous les moyens, quitte à pactiser avec les démons FM sur d'improbables crossroads. Le hic avec ce genre de stratégie, c'est qu'elle ne marche pas éternellement. Vainqueur aux points pour cette fois, Coldplay n'a, artistiquement, plus le droit à l'erreur.
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Biophilia
Biophilia
Prix : EUR 17,00

11 internautes sur 25 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Chasse d'eau..., 16 octobre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Biophilia (CD)
Il n'y a plus de chansons chez Bjork, juste une artiste surestimée et bouffie de prétention. Le résultat : Biophilia, un lavement sonore qui restera dans les annales.
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Iii
Iii
Prix : EUR 7,00

5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le remontant de l'automne !, 11 octobre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Iii (CD)
Voilà un album qui arrive à point nommé ! Riche en magnésium, en vitamines, en oligo-éléments, Chickenfoot III est LE kit santé qu'il vous faut pour bien attaquer les premiers frimas. Du riff, du groove, du savoir-faire, on en attendait pas moins d'une telle équipe ! Il est vrai que ce n'était pas forcément gagné, le concept du "super groupe", du "les meilleurs à chaque poste", ayant fait long feu. Honnêtement, qu'a retenu l'histoire de Mr Big ? Que retiendra-t-elle du douteux alliage proposé par Super Heavy ? Il y a bien sûr des contre-exemples, mais tout de même... Chickenfoot a heureusement trouvé la formule du super groupe utile dès son premier album, en soignant l'essentiel : les chansons ! Rien de révolutionnaire, rien de neuf, juste de bonnes compos, de la vista, et un fun palpable à chaque instant, c'est précisément ça qui fait du bien ! Loin de tous les laborantins de pacotille, qui ont l'incommensurable prétention de croire qu'ils vont réinventer la musique (qui a dit Radiohead ? Qui ?), Chickenfoot va tout simplement à l'essentiel, en rappelant à tous que l'essentiel est aussi une science. Joe Satriani, à l'instar d'un Steve Vai époque David Lee Roth, excelle dans chaque intervention, ne livrant que sa substantifique moelle, Sammy Hagar n'a probablement jamais aussi bien chanté (et non hurlé), Chad Smith et Michael Anthony vivent en parfaite symbiose, et globalement l'ensemble est un cran au-dessus de l'album précédent. Plus abouti, plus riche ! Une moitié évoque évidemment les grandes années "big rock" de Van Halen, via Big Foot, Up Next, et Alright Alright, l'autre explore avec bonheur des territoires plus roots, plus sensibles, via Dubai Blues, Something's Going Wrong et l'immense Come Closer, LE morceau de l'album, gorgé de soul, qui met à nu un Sammy totalement méconnaissable. Pour terminer, rendons un hommage appuyé à un musicien trop longtemps sous-estimé : le débonnaire Michael Anthony ! Ecarté de Van Halen dans des conditions pour le moins suspectes, il semble avoir trouvé chez Chickenfoot le terrain de jeu idéal. Sa basse y tutoie l'excellence, et ses précieux backing vocals (Anthony reste l'un des meilleurs au monde dans cet exercice) illuminent chaque refrain tel le soleil californien. De quoi avons-nous besoin si ce n'est de ce soleil-là ?
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