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Contenu rédigé par johan
Classement des meilleurs critiques: 692
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Commentaires écrits par
johan
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Les secrets de Waterloo
Les secrets de Waterloo
par Jacques Garnier
Edition : Broché
Prix : EUR 19,90

2.0 étoiles sur 5 Waterloo morne livre..., 19 juin 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les secrets de Waterloo (Broché)
Ce livre est indigne de Jacques Garnier spécialiste par ailleurs émérite de l'histoire militaire.
D'abord son titre: que nul n'y espère de "révélations" sur quelques "secrets" inavoués relatifs à la célèbre bataille; le livre relate les grandes lignes de la campagne de Belgique sans plus. Le titre est de l'accroche pure et simple.

Ensuite le style : le livre est atrocement rédigé, farci de clichés (oser employer la formule rabachée "sic transit gloria mundi" pour conclure un paragraphe, il fallait le faire !) et on sent que Garnier a du l'écrire en 4ème vitesse. Il y a pire : le texte est parasité par des remarques ironiques lamentables et des maladresses incompréhensibles qui n'ont rien à faire dans un tel livre.
En voici un exemple : page 143 Garnier écrit en note : "Je me souviens que, lorsque j'étais étudiant, travaillant pendant les vacances à porter les cochons aux halles de Paris-on appelait cela les forts des halles- chaque jour de minuit à midi, j'étais capable de dormir debout en m'appuyant sur un mur"...!!! Que vient faire cette anecdote personnelle, dont nul n'avait besoin pour illustrer dans un livre d'histoire militaire, la rude vie du soldat en campagne ?
Autre exemple : page 130 et 156 se trouve un doublon: on y trouve exactement la même longue citation d'un témoignage du Lt Lefol relatif aux conditions climatiques que durent subir les soldats. N'y-a-t-il pas de relecteurs dans cette maison d'édition et Garnier s'est-il lui-même relu ?
Tout ceci indique qu'il s'agit d'un ouvrage de commande, écrit à la va-vite, muni d'un titre "à sensation", destiné à surfer sur la commémoration de 2015.
Bref question désastre ce bouquin c'est vraiment Waterloo.


Initiation à Saint Thomas d'Aquin : Sa personne et son oeuvre
Initiation à Saint Thomas d'Aquin : Sa personne et son oeuvre
par Jean-Pierre Torrell
Edition : Relié
Prix : EUR 34,00

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une somme magistrale mais un titre trompeur, 28 avril 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Initiation à Saint Thomas d'Aquin : Sa personne et son oeuvre (Relié)
Cet ouvrage du dominicain J-P Torrell est une somme d'érudition mais s'adresse à des spécialistes et des chercheurs chevronnés : il est essentiellement composé de nombreuses discussions biographiques et bibliographiques et n'aborde qu'incidemment l'oeuvre elle-même. L'approfondissement de cette oeuvre est l'objet de la suite de cet ouvrage ( à paraître sans doute au Cerf dans une nouvelle édition ) "Thomas d'Aquin, maître spirituel".
Il ne s'agit donc pas d'une initiation au sens plein, c'est-à-dire d'une livre destiné au néophyte. Pour une introduction à l'Aquinate, on peut conseiller "A la découverte de l'amour de Dieu" de Dauphinais et Lewering ou l'excellent petit ouvrage de Thierry-Dominique Humbrecht "Lire Thomas d'Aquin" ou Gilson pour des débutants avancés...
Mais mis à part la confusion dûe à son titre cet ouvrage de Torrell est absolument magistral.


A la découverte de l'amour de Dieu : Une introduction à la théologie de S. Thomas d'Aquin
A la découverte de l'amour de Dieu : Une introduction à la théologie de S. Thomas d'Aquin
par Sybille von Streng
Edition : Broché
Prix : EUR 25,40

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Breviloquium de qualité, 25 avril 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Il y a peu d'introductions synthétiques à S.Thomas d'Aquin. Ce qui contribue à occulter dans le public la grandeur de son oeuvre, alors qu'on promeut par ailleurs tant de sagesses orientales (souvent de seconde main) et de philosophies ineptes. Avant d'entreprendre de gravir la montagne Aquinate, s'exercer à monter d'humbles collines est recommandé sous peine de s'épuiser ou de se perdre. Cette petite introduction rempli très bien ce rôle en exposant et clarifiant les grandes lignes de l'oeuvre Thomasienne. Rédigé par deux dominicains anglo-saxons le ton de l'ouvrage, décontracté mais clair et rigoureux, change d'autres études de ce genre parfois plus ardues que les oeuvres qu'elles veulent commenter. On peut la compléter avec l'excellent résumé de Thierry-Dominique Humbrecht "Lire S.Thomas d'Aquin".
L' "Initiation à S.Thomas d'Aquin." de J-P Torrell, hyper érudite, s'adresse à un public de spécialistes et s'occupe, en dépit de son titre, surtout de problèmes biographiques et bibliographiques.


La Vallée De La Paix
La Vallée De La Paix

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Une vallée au sommet, 13 avril 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Vallée De La Paix (CD)
Un chef-d'oeuvre méconnu du Troubadour Taciturne. Chansons simples mais fascinantes d'où émane une atmosphère de spleen stratosphérique à faire passer un Leonard Cohen ou un Bashung pour des animateurs de Club Med.
Superbe utilisation des synthés car à l'époque avoir un orchestre à cordes devenait impossible à gérer dans un studio français selon les propres commentaires de Manset. Et pourtant le résultat est magique et c''est l'un de ces rares disques où, un peu comme dans le "Inarticulate Speech of The Heart" de Van Morrison, les synthés ont une âme. Tous les morceaux sont sublimes, avec mention spéciale à la longue et sombre chevauchée métaphysique de "Face aux Objets" et au final "A qui n'a pas Aimé", mélopée de plus de 8 minutes ou Manset convoque une fois de plus l'indicible.


Not Dark Yet : Chansons de Bob Dylan
Not Dark Yet : Chansons de Bob Dylan
par Nicolas Rainaud
Edition : Broché
Prix : EUR 29,00

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Y-a-t-il un traducteur dans la salle ?, 12 avril 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Not Dark Yet : Chansons de Bob Dylan (Broché)
On ne peut qu'admirer la somme de travail qu'a dû représenter ce recueil de recensions de la plupart des chansons de Dylan. Je dis "recensions" et non "analyses" car les commentaires de l'auteur sont plutôt pauvres musicalement et techniquement, assez redondants et parfois à côté de la plaque. Mais ce livre fera la paire avec le pavé "Dylan la totale" de Margotin et Guesdon (livre bien mal nommé car moins exhaustif que celui de Rainaud). Le bouquin de Rainaud est plus complet donc et plus critique. Par contre dans les deux cas j'ai trouvé le style des auteurs assez convenu, souvent ennuyeux.
Les deux bouquins sont également un peu gâchés par un certain amateurisme surtout côté traduction. Par exemple Rainaud traduit ces vers du traditionnel "Jack-A-Roe":
"This couple they got married
So well they did agree"
par "Ce couple ils (sic) se sont mariés/ Si bien (sic) tout le monde est d'accord (sic) "...!!!
...alors qu'il faudrait traduire correctement et un peu plus fluidement : "Ces deux-là se sont mariés/Et ont été très heureux" ou quelque chose de ce genre...Ailleurs "squire" est traduit dans "Blind Willie McTell" par..."chevalier" alors qu'il faut lire "propriétaire" etc....
Ce niveau en anglais de classe de 5ème est assez gênant pour un livre d'exégèse dylanienne !


Operation Aphrodite
Operation Aphrodite
Prix : EUR 17,99

31 internautes sur 33 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Comme un "égo"..., 5 avril 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Operation Aphrodite (CD)
Certains artistes peuvent être trompés par leur vanité, une vanité nourrie par leur propre talent et exacerbée par les louanges unanimes et ils en viennent alors parfois à se croire infailliblement géniaux. Les symptômes de cette inflation de l'ego, on les sentait dans les récentes interviews et productions de Manset : disques sans intérêt de reprises en forme d'auto célébration (« Un oiseau s'est posé ») et propos mégalomanes tenus sans rire dans la presse et la radio. Manset a souvent entretenu avec la chanson un rapport ambivalent : méprisant pour cet art mineur et pourtant conscient de sa valeur (valeur qui est incontestable) en regard de la médiocrité de 95% de la chanson française actuelle et parfois passée. Mais « les dieux aveuglent ceux qu'ils veulent perdre » et en l'occurrence c'est une déesse, Vénus/Aphrodite, qui s'en est chargé.

Le disque débute d'ailleurs par une brève séquence d'auto citation : des notes semblant empruntées à « La Mort d'Orion » ouvrent les mesures de ce qu'on espère être le digne successeur de l'oratorio de 1970.
Hélas on déchante vite : cet opus là n'a rien à voir avec le chef-d'œuvre bancal mais fascinant du jeune Manset d'alors. Manset a désormais 70 ans et il n'était pas raisonnable d'espérer de lui l'équivalent d'un disque qui ne fut jamais égalé par le troubadour taciturne, sauf peut-être, par l'étrange « Long Long Chemin » de 1972 quoi que sur un mode différent.

En effet, ce qui frappe à l'écoute de cet essai de concept-album vaguement ordonné autour du bouquin de Pierre Louÿs, c'est, contrairement à ces deux albums des années 70, son absence d'unité. Bien sûr « Orion » et « Long Chemin », relevaient eux aussi de l'esbroufe (comme souvent dans les albums de Manset) c'est-à-dire frisaient parfois le ridicule : rimes « hyper riches » de collégien attardé et arrangements pompiers; mais ces albums avaient une cohérence malgré leurs défauts. L'esbroufe qu'on pouvait y déceler était transcendée par la mystérieuse « magie Manset », une magie due essentiellement à l'originalité et la qualité des compos et à la tessiture vocale envoûtante de ce chanteur sans pareil.
Avec cette « Opération Aphrodite » (titre tiré d'un roman de Jimmy Guieu) Manset n'est pas parvenu à unir les éléments disparates qui le composent, à savoir : le bouquin érotico soft de Louÿs, l'univers S-F de Brantonne et ses chansons. A priori on ne voit pas bien quel rapport entretiennent ces trois composants et à la fin du disque on n'est pas plus avancé. La « magie Manset » n'a pas fonctionné. Manset à peut-être tenté au forceps d'unifier ces choses éparses mais n'y est pas parvenu ou n'a peut-être même pas vraiment essayé, son égo lui ayant fait considérer tout ce qu'il produit comme grandiose : il avait d'ailleurs, avant sa sortie, à peu près parlé de cet album-concept comme d'une chose qui étonnerait le public...

D'où vient que cet album ne tient pas la route ? D'abord les passages lus des extraits du livre de Louÿs n'arrivent pas à s'insérer dans l'ensemble ; la faute surtout à la diction de la jeune comédienne ( Chloé Stéfani) choisie par Manset. Disons-le tout net : les lectures de cette comédienne sont d'une atroce platitude et plombent le disque. Manset, dans ses lectures, lit beaucoup mieux, et sa voix parlée ne manque pas de charme ; il aurait du lire lui-même tous les textes du livret. De plus les illustrations musicales de ces passages lus sont d'un kitsch incroyable (synthé, ou luth et flûte) ; on a l'impression d'écouter des extraits d'une banale émission de France Culture. Ils sonnent comme des interludes incongrus et lorsqu'ils sont intégrés à une chanson ("Divinités") ça ne fonctionne pas mieux. Ces passages lus (sutout ceux récités par Chloé Stéfani) paraissent étrangers au reste de l'œuvre qui sont les chansons.
Et là, les choses ne vont pas bien non plus, car (et on souffre de le dire) les chansons de Manset ne sont pas très bonnes. Le premier morceau sonne comme une resucée d'une séquence saccadée de "Matrice", la sublime chanson finale de l'album du même nom de 1989. Sauf que cette chanson d'ouverture est loin d'être du même niveau. A part à la rigueur « Le Lys dans la vallée » et « Que t'ont-ils fait » qui sonnent comme des chutes moyennes de « Manitoba ne répond plus » et « Landicotal » sorte de blues du désert bien enlevé qui évoque un peu l'univers de Moebius. Mais rien du niveau de "Vivent les hommes" (à mon avis la plus grande chanson de la pop française des années 70) ni des morceaux de "Long Chemin"; ici les chansons sont banales, poussives ou caricaturales.
Ce ne sont que compos mid tempo sans relief et rimes forcées de textes débités au rank xerox ; je cite : « L'amour en Océanie/ Ce qu'on voit dans l'eau c'est Annie » « Les bâtisseurs de pont/Comme une poule pond »...'Et il y en d'autres de ce genre. En entendant ça je me suis une fois encore demandé si Manset était aveuglé par son égo au point de ne pas réaliser l'inanité de ce type de rimailleries ou bien s'il ne se moquait pas sciemment du public : une sorte de cynisme supérieur ou d'humour décalé.
On a même droit a une sorte de long « slam » (« Comme un arbre ses fruits » (il y a souvent beaucoup trop de « comme » anti poétiques au possible dans les textes de Manset) ; ce monologue balancé sur un vague slow frise vraiment le ridicule par sa teneur et son style ; c'est tout de même meilleur que du « Grand Corps Malade » c'est certain mais justement à l'aune de ce que peut faire Manset c'est plutôt gênant.
Le tout n'est pourtant pas inaudible et je décerne sans problème trois étoiles à ce nouveau Manset en dépit de son ratage, car un mauvais Manset sera toujours préférable à la bouillie infâme qu'est devenue une chanson française en pleine décadence. Aussi parce que Manset chante plutôt bien et c'est le seul point fort du disque; sa voix si particulière à la tessiture à présent usée est vraiment magnifique.
Bref les maniaques de son œuvre comme moi écouteront ce disque de temps en temps tout de même.
Mais très souvent, sûrement pas.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (14) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 6, 2016 10:33 PM MEST


Bob Dylan, La totale
Bob Dylan, La totale
par Philippe Margotin
Edition : Broché
Prix : EUR 49,90

3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Un livre épais pour un texte plat, 29 mars 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bob Dylan, La totale (Broché)
Et voilà...Je me suis encore fait avoir ! Croyant dévorer le livre enfin exhaustif, pertinent, et peut-être même impertinent, sur l'oeuvre pléthorique et polymorphe du Shakespeare de la pop, j'ai vite compris que ce livre-là n'a pas encore été publié en France.
Voici à mon sens pourquoi :
-D'abord le style des auteurs, qui est très plat, en gros du niveau d'un article banal du soporifique défunt magazine "Best". Ce genre de livre aurait dû être écrit avec une plume, un point-de-vue, un horizon mental qui soient au niveau du sujet traité. Hélas c'est désespérément lisse, ça ronronne et les auteurs ne sont ni Greil Marcus pour la passion -parfois aveugle- et l'érudition -parfois délirante- ni Bangs ou Cohn pour le style et l'intelligence artistique. Ici, pas d'implication, pas de prise de risque, pas de souffle dans les analyses qui sont toutes très convenues et parfois affligeantes (entre autres les analyses des albums dits "chrétiens" qui contiennent un bon nombre de bourdes)

-De plus le choix de ne traiter que des albums studio officiels (sans les Live ou les Bootleg Series !) est absurde : il oblige à se farcir les analyses sans intérêt d'albums eux mêmes sans intérêts, du genre "Knocked out loaded" ou "Empire Burlesque". Il aurait fallu analyser, non les albums officiels, mais les chansons. A cause de ce choix étrange, bien des disques majeurs ("Before The Flood" par exemple) et de morceaux ("I'm Not There") sont absents du bouquin. Donc ce n'est pas, en dépit du titre, "la totale".
Le livre a aussi d'autres faiblesses : les traductions de l'anglais sont souvent faiblardes, il y a des coquilles diverses (un concert de Dylan de "1957" , une version "live" de "Can You Please Crawl out Your Window" qui n'a jamais existé, une photo de Dylan et Ochs au commentaire faussement daté...) L'iconographie n'est pas toujours très raccord avec les périodes.
Dommage pour le travail que les auteurs ont du abattre mais le travail sans le talent n'aboutit qu'à des résultats moyens. Points positifs : une iconographie assez riche et certaines infos sur l'aspect technique des enregistrements (ce dernier point est l'aspect le plus intéressant du livre)
Un autre pavé, moins cher et moins luxueux,mais sans iconographie, "Not Dark Yet, chansons de Bob Dylan" par Nicolas Rainaud, est disponible également. Il contient des erreurs de traduction et des approximations mais il est bien mieux écrit et plus complet. Il est aussi un peu plus critique et lucide que celui de Guesdon et Margotin qui ont un côté fans béats qui devient vite horripilant et trouvent bonnes 98% des productions de Dylan y compris des disques ou des chansons vraiment mauvais. Même s'il a des côtés qui m'insupportent, je regrette le boulot qu'aurait pu faire un Greil Marcus sur cette "totale" :au moins le livre aurait eu une âme.


Eros enchainé - Les chrétiens, la famille et le genre
Eros enchainé - Les chrétiens, la famille et le genre
par André Paul
Edition : Broché
Prix : EUR 20,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 André Paul, l'apôtre "déchaîné" ..., 20 mars 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Eros enchainé - Les chrétiens, la famille et le genre (Broché)
André Paul est un savant bibliste et éxégète scientifique d' une grande érudition, à l'oeuvre originale, parfois gratuitement iconoclaste mais souvent intéressante. Ses "Leçons paradoxales sur les juifs et les chrétiens" m'avait intéressé ainsi que son "Jésus Christ la rupture" bien que la thèse de l'auteur d'une radicale rupture entre le message christique et le "judaïsme" multiformel de l'époque frise le marcionisme.

Ce livre dont le titre promettait un débat de haut-vol sur les relations entre la sexualité et le catholicisme est, à mon sens, un très médiocre ouvrage et ses thèses extrèmement problématiques.
L'auteur, donc s'attache à analyser la génalogie des restrictions/répulsions du christianisme (plus spécialement catholique) envers l'amour dit charnel.
Les qualités d'André Paul sont celles d'un savant de son niveau : on apprend toujours quelque chose dans ses ouvrages. Ses défauts, les mêmes que d'habitude : un style qui s'écoute un peu trop écrire, un étalage érudition parfois indigeste et un goût de la provocation moins irritant que ridicule. J'y reviendrai plus loin.
S'agissant des défauts de ses thèses, d'abord l'auteur ne démontre nulle part que cette hostilté fut et soit et partout soit véritable; et il ne l'aurait pas pu car, à part quelques tendances chez certains Pères et docteurs, fidèles et autres, il est évident que l'attitude de l'Eglise à ce sujet est en réalité très èquilibrée : en gros c'est, hérité de l'antiquité, la juste mesure contre l'hubris. Si cela n'avait pas été le cas, d'ailleurs, le christianisme n'aurait guère perduré, ses fidèles sombrant tous dans la dépression la plus irrémédiable (à moins que les viols ne soient devenus pléthoriques!) Dépeindre, comme le fait André Paul, une Eglise globalement hantée par la peur de la sexualité est une forgerie historique basée sur l'extrapolation de faits ou écrits isolés. Un document comme le pénitentiel de Worms, dont André Paul ne dit mot, montre que l'approche de la sexualité a pu être très décomplexée, au contraire.
Mais en se focalisant sur une poignée de figures (essentiellement Clément d'Alexandrie, Augustin et St-François de Sales) l'auteur tirent, afin de nourrir sa thèse, de passages isolés des conclusions vraiment disproportionnées.
D'autre part il aurait fallu souligner que les garde-fous proposées par le catholicisme à cet égard ne sont pas son exclusivité puisque des restrictions à l'égard de l'acte charnel et certains comportements sexuels se trouvent aussi bien dans d'autres formes traditionnelles, comme l'Islam, le bouddhisme etc...et parfois de manière plus rigoureuse ( à ce sujet la prétendue libéralité de l'islam à ce sujet est un contresens parfait)

La première partie est la plus lisible: retraçant l'origine des préventions du christianisme envers le sexe, telles du moins que les conçoit l'auteur, il croit les retrouver chez Philon et le stoïcisme tardif. Le christianisme préconisant une économie à cet égard, ces filiations sont possibles mais pourquoi seraient-elles certaines (car l'auteur est très souvent péremptoirement catégorique) ? Cette économie me semble plutôt-et très logiquement-provenir du corpus chrétien lui-même.

Les choses se gâtent fortement ensuite dans la partie autobiographique du livre: l'auteur évoque assez longuement sa jeunesse campagnarde, puis son service militaire et son expérience de séminariste (André Paul n'a pas poursuivi cette voie ce qui, cas classique depuis Renan, Combes, Loisy et cie explique peut-être nombre de ses thèses déviantes et de ses commentaires acerbes sur l'eglise) Cette partie autobiographique tombe à plat: outre qu'elle est très banale l'auteur excipe de ses expériences existentielles des réflexions soit abstruses soit indûment généralisées. A partir de sa biographie propre on est souvent tenté, à tort, de déduire des généralités normatives, ce que fait l'auteur. Il a cependant l'honnêteté, s'agissant de la pédomanie, dont il fut l'objet durant sa scolarité en établissement privé de rappeler qu'elle est ultra minoritaire dans l'eglise; en effet la grande majorité des abus de ce genre se déroulen au sein des familles.

Mais le malaise complet éclate dans la dernière partie de l'ouvrage qui est celle traitant des relations de l'Eglise actuelle envers la sexualité de ses fidèles, la contraception, la théorie du "genre" ou le mariage gay et autres sujets artificiellement "brûlants".
Se basant sur l'opposition ( artificielle selon moi) entre les mythes du Banquet ( la création simultanée d'humains bisexualisés ou monsexualisés) de Platon et celui de son Timée ( dualité stricte du premier couple) , l'auteur, qui déduisait de ces mythes des conclusions déjà exhorbitantes, en tire pour l'actualité et le futur des considérations que j'ai trouvé aussi farfelues que les chimères du freudisme. L'auteur en vient à préconiser l'avènement d'une société pluri-genre à laquelle l'Eglise devrait sans tarder s'adapter et même adouber.
Cette dernière partie est, de plus, truffée de propos assez agressifs et méchamment ironiques sur le magistère romain qui font que l'on doute du..."genre" véritable de ce livre : impartiale étude ou réglement de comptes inavoué ?

Pour ne pas étendre trop longuement ce compte-rendu, je ne mentionnerai pas toutes les bizarreries du livre, ni ses analyses parfois d'une trivialité stupéfiante. Je ne citerai que quelques exemples : entre autres l'interprétation que l'auteur fait de l'épisode de la Samaritaine. J'ai été sidéré qu'André Paul n'interprète cette scène célèbre aussi littéralement possible : que cette Samaritaine avait eu plusieurs époux et que l'attitude de Jésus à cet égard illustrerait, pour André Paul, sa tolérance envers une multi divorcée (tolérance dont-c'est ce qu'entend l'auteur-devrait bien s'inspirer l'Eglise)...! Ceci est vraiment désolant d'ignorance symbolique et de parti-pris et prouve qu'un grand savant ne fait pas forcément un herméneute spirituel, car, en vérité, les "5 maris" de la Samaritaine représentent symboliquement les divintés babyloniennes des 5 cités païennes que les habitants de Samarie avaient un temps adoptées après leur retour d'exil. Pas de message "sociétal" dans tout cela...

Il y a de façon plus grave des incompréhensions radicales du concept de "résurrection" : André Paul raille la conception naïve qu'en auraient la plupart des chrétiens (avec toujours cette manie des généralisations abusives chez l'auteur)qui pense que tous les chrétiens ont une conception grossière de la Résurrection) en parlant, lui, de "dissolution du corps dans l'Esprit"...formule qui sonne plus bouddhiste que chrétienne. De plus l'auteur oublie complètement l'épisode très concret des plaies touchées par Thomas qui s'inscrit contre une simple étherisation du corps. Il y a là je trouve une grande méconnaissance chez André Paul de l'anthropologie chrétienne.

D'autres vues et considérations de l'auteur relèvent ainsi des théories personnelles les plus vagues ou modernisantes: on en est guère étonné lorsqu'il nous avoue dans un passage son admiration pour Theilard de Chardin, l'inventeur du fameux (et fumeux) "point oméga", concept ingénieux mais absolument contraire à la cosmologie chrétienne. L'auteur s'inspire d'ailleurs du lexique de T.de Chardin pour élaborer son concept nouveau : le "genre oméga", c'est-à-dire une humanité débarrassée de la polarité sexuelle naturelle, humanité dont le Christ lui-même est sensé avoir promu l'excellence...! Outre le caractère farfelu de cette théorie, il est, on l'aura compris, sous entendu qu' en ignorant cette chose étonnante, que le Christ a enseigné une "théorie du genre" révolutionnaire, les chrétiens ne comprennent rien au Christ et que l'Eglise n'enseigne rien de bien solide depuis 2000 ans. Je n'exagère pas car cela découle immédiatement des affirmations de l'auteur.
Dans le même ordre d'idée, André Paul affirme que pour saisir le concept de Création, au sens biblique, il est indispensable d'être à la page des découvertes les plus récentes de...l'astrophysique..! Nous sommes là en pleine confusion entre le phénoménal et le spirituel car le premier, "vestige" du second, ne saurait, en lui-même fournir de certitude métaphysique. Origène, Augustin, Thomas d'Aquin, Bonaventure, bref tous les saints des plus humbles aux plus savants, n'ont donc, si on suit André Paul, compris quoi que ce soit au concept de Création du Monde par Dieu, vu qu'ils ignoraient -et pour cause- l'astrophysique moderne !

Le genre d'allusions anti-magistère dont je parlais imprègnent le livre tout entier. Cela tutoie à la fin le ridicule :car il s'agit bien là d'un savant bibliste, monsieur André Paul, mais aussi, il n'est pas déplacé de le rappeler, d'un séminariste raté, qui dicte le Droit, énonce la Vérité et admoneste l' Eglise Catholique, ni plus ni moins C'est André Paul tout seul contre une institution de plus de 2000 ans d'âge avec ses innombrables saints et docteurs et c'est le premier qui se prononce envers elle de la façon la plus catégorique et c'est à la seconde de faire résipiscence. Après Paul l'apôtre des Gentils, voici André Paul l'apôtre du "Genre"...
L'auteur ne nous épargne non plus des considérations digne du "Da Vinci Code" : il estime en effet très probable que Jésus fut l'amant de Marie de Magdala. S'ensuivent même des propos sur le Christ ayant des rapports sexuels avec cette femme et même sur ses érections. Si André Paul n'a pas osé s'étendre aussi crûment sur un Christ faisant ses besoins naturels, il y a sans doute pensé...André Paul se justifie de ses propos-là par l'argument suivant : l'incarnation du Verbe pour être vraiment telle doit assumer tous les aspects de la condition humaine, y compris la copulation etc...On pourrait lui rétorquer : le Verbe doit-il aussi, selon vous, assumer alors aussi le péché ? ET les aspects les plus vils de l'humanité ? En toute logique de ses théories, ce serait une conclusion naturelle. Mais, un Logos tel que celui envisagé par André Paul, n'aurait évidemment plus rien de catholique ni de salvateur. Les nombreuses considérations d'André Paul, déjà présentes dans d'autres ouvrages, et souvent allusives , tels que le Christ considéré en tant que "mythe" ou le Royaume du Ciel comme "expression vide" (sic) ne laissent pas grand doute à cet égard : le christianisme qu'André Paul promeut n'est qu'une philosophie de plus, vaguement hegelienne, et son Christ un être idéalisé devenu un élastique objet de métaphore.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 7, 2016 5:16 PM MEST


L'Archeometre: Pour la Revue La Gnose
L'Archeometre: Pour la Revue La Gnose
par T.
Edition : Broché
Prix : EUR 29,00

1 internaute sur 5 a trouvé ce commentaire utile :
1.0 étoiles sur 5 Arnaque., 30 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Archeometre: Pour la Revue La Gnose (Broché)
Ce recueil d'articles de Guénon n'est qu'une arnaque éditoriale.
Publié au mépris des droits des héritiers de René Guénon ce volume est donc une édition pirate, de plus mal agencée et dépourvue du minimum de rigueur.
Le responsable de cette édition (qui empoche ainsi l'argent des ventes de ce livre au détriment des ayants-droits) est le membre d'un groupuscule sectaire pseudo guénonien et pseudo islamique qui se présente sur son blog "L'Esprit Universel" comme un "initié" défenseur ultime de Guénon (du reste tout ceux qui ne sont pas d'accord avec ce personnage pontifiant sont classés ipso facto dans la catégorie des "ennemis de Guénon") En réalité, ce personnage, imbu de lui-même et se servant de Guénon pour son propre désir de domination sur des naïfs et qui se manifeste sous le pseudonyme grotesque de "Tagada", bafoue comme on le voit, par ce genre d'entreprise éditoriale à la fois médiocre et illégale, la mémoire de Guénon et les droits des enfants de cet auteur.
Bref il s'agit d'une entreprise indigne élaborée par un individu louche et qui dessert l'oeuvre de Guénon.
Il est honteux que de semblables ouvrages de piratage soient vendus sur Amazon !
F.B.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 8, 2016 12:12 PM CET


The Classic 2015 : Alternatif best of Gérard Manset
The Classic 2015 : Alternatif best of Gérard Manset
Prix : EUR 23,00

17 internautes sur 19 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Prisonnier de l'inutile, 26 décembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Classic 2015 : Alternatif best of Gérard Manset (CD)
Encore un best of de Manset : il ne s'est pas caché du fait qu'il s'agit pour lui d'honorer les exigences du contrat avec sa maison de disque.
Afin de justifier cette énième compile, elle ne comprend que des morceaux récents; il s'agit donc d'un "best of" de Manset lorsqu'il n'est pas à son "best".
Car à mon humble avis, Manset, vocaliste de grand style, auteur-compositeur unique en son genre, à l'oeuvre hors du commun et au parcours relativement intègre (relativement à cause de ses compos pour des chanteurs de variétoche comme Herbert Léonard ou l'atroce Raphaël...un Raphaël qui fut pistonné, il faut le rappeler, par la propre fille de Manset qui bosse dans l'industrie du shobize, ce qui explique pourquoi Manset favorise ce chanteur prétentieux et sans talent) a perdu une part de sa magie depuis son dernier chef-d'oeuvre le parfait "Matrice" de 1989.
Depuis, ses albums, qui certes valent toujours 1000 fois mieux que 95% des productions affligeantes de la chanson française, recèlent toujours des compositions de première classe ("La terre endormie", "Revivre", "La voie royale", " Dans mon berceau j'entends" "Quand on perd un ami" etc) mais sont aussi un peu gâchés par une forme d'auto complaisance (morceaux pompiers, préciosité des textes)

Bien sûr, un des charmes de Manset réside depuis ses débuts dans cet étrange mélange d'à-peu-près voire de bricolage frisant l'imposture (rimes scolaires de certains textes artificiels , production des chansons médiocre) et de génie atypique, mais dans la période années 70/80 son sens mélodique alignait régulièrement les classiques ; des années 90 à nos jours cette capacité est devenue moins évidente au fur et à mesure que Manset s'installait, après avoir été longtemps presque confidentiel, comme auteur unanimement révéré et dont l'humilité n'est pas la vertu principale. Devenant plus connu Manset devenait aussi moins bon. On s'en rend compte sur cette compile où certains morceaux ne sont pas au niveau de ceux du passé ou par la reprise de "Lumières", morceau phare des années 80, qui est ici revisité sans atteindre la majesté de l'original.
Bref avec cette compile (qui ne contient rien de neuf à part une médiocre version surproduite d'"Animal on est mal" et un inédit anodin) l'auditeur risque de se retrouver "prisonnier de l'inutile"...
Un coffret de la totale devrait sortir en 2016. Espérons qu'on y trouvera "L'album blanc" et "2870" entre autres !
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