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Contenu rédigé par Robert Redford
Classement des meilleurs critiques: 7.986
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Commentaires écrits par
Robert Redford (Québec)

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Gangs Of New York (Édition simple)
Gangs Of New York (Édition simple)
DVD ~ Leonardo DiCaprio
Proposé par Neobang
Prix : EUR 8,70

5 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Il était une fois dans l'Est, 4 septembre 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Gangs Of New York (Édition simple) (DVD)
À travers la quête du père et la quête de vengeance d'un jeune américain d'ascendance irlandaise, Gangs of New York raconte l'époque où la ville préférée de Martin Scorsese était la proie des gangs de rue.

Gangs of New York s'inscrit dans la grande tradition des films américains fastueux, un peu comme Cléopâtre ; il y a eu un travail titanesque sur les décors pour faire revivre cet ancien New York. Le quartier qui nous occupe dans le film a été entièrement construit, avec un sens du détail très poussé. C'est une véritable Cour des Miracles qui apparaît à nos yeux.

Ce n'est pas le Scorsese préféré des cinéphiles. D'une part, contrairement à Casino et les Affranchis, on quitte la mafia italienne qui avait fait la réputation du réalisateur, mais surtout, là où dans ses deux précédentes fresques, Martin Scorsese s'appuyait sur des témoignages et retraçait l'itinéraire de personnages ayant existés de manière quasi-documentaire, ici le scénario est plus romanesque, même s'il est fabriqué de manière à nous faire visiter les lieux en détail.

Là où je trouve le film réussi côté scénario, c'est que l'histoire ne prend jamais le pas sur la fresque New-yorkaise, tout en n'étant pas une simple trame à prétexte. Chaque personnage représente une partie de la population, sert à éclairer une activité ou une autre, tout en faisant partie d'une histoire solide.
On se souviendra longtemps de Daniel Day Lewis dans le rôle de Bill le Boucher, de ses répliques définitives ("Amsterdam... I'm New York"), de son allure de dandy désarticulé, de son oeil d'aigle ! Et aussi de tous ces personnages secondaires que Martin Scorsese a pioché dans ses années de recherches pour porter à l'écran ce film qui lui tenait tant à coeur.

Il y a quelque chose de Dickens dans cette peinture d'un monde infernal, dominé par la violence, la misère et la corruption. C'est la naissance de New York, et Scorsese aime trop sa ville pour se faire des illusions sur sa genèse.


Le Reptile
Le Reptile
DVD ~ Joseph L. Mankiewicz
Proposé par DVD_EN_STOCK
Prix : EUR 19,99

8 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 L'ultime ordure, 4 septembre 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Reptile (DVD)
Un gangster très malin cambriole un riche propriétaire durant son souper. Malheureusement, par un concours de circonstances, il est retrouvé dans une maison close et finit en prison. À partir de là, grâce aux 500 000 dollars qu'il a caché dans une fosse à serpents, il organise une évasion en promettant de partager ses gains.

Le Reptile est un western assez léger, plutôt humoristique. Le réalisateur prend soin de présenter ses personnages avec dérision. On se croirait presque dans une bande dessinée de Lucky Luke.

Si les ordures sont effectivements de véritables ordures, les autres personnages sont très nuancés, avec des méchants pas si mauvais et des bons qui sont prêts à saisir l'occasion au vol (l'occasion fait le larron, dit-on). Entre Henry Fonda qui n'a jamais paru aussi vertueux et Kirk Douglas qui fait étrangement pensé à John Lennon (à cause des lunettes), il y a toute une panoplie de portraits auxquels on s'attache.
On passe un très bon moment.


Apocalypse Now Redux [Édition Single]
Apocalypse Now Redux [Édition Single]
DVD ~ Marlon Brando
Prix : EUR 7,81

4 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Voyage au bout de l'enfer, 4 septembre 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Apocalypse Now Redux [Édition Single] (DVD)
Lors de la guerre du Vietnam, les services secrets américains confient au lieutenant Willard la mission de traquer et de tuer le Colonel Kurtz, un homme à la carrière exemplaire devenu fou, et qui mène une guerre personnelle à la frontière du Cambodge.

Apocalypse Now était un bon film de guerre, mais pas tout à fait convaincant. Il était assez difficile de comprendre la fin du film, toute son importance, sa portée. De plus, la rencontre avec Kurtz, assez brève, nous laissait sur notre faim.
C'est corrigé ici, dans cette version "redux", et corrigé magistralement.

De la même manière que Il était une fois dans l'Ouest, Apocalypse Now Redux n'est fait que de longueurs indispensables. Au fond, l'histoire se résume à un homme qui doit aller d'un point A à un point B, mais c'est dans l'écart entre ces deux points qu'on pénètre l'horreur de la guerre, son absurdité crasse, et que Willard comprend peu à peu pourquoi Kurtz est devenu ce qu'il est.

Coppola s'est inspiré du roman Au coeur des ténèbres de Joseph Conrad, avec la longue remontée du fleuve, qui s'apparente à un des fleuves de l'enfer de la mythologie. Et au bout celui qui règne sur l'orgie de l'horreur.

Kurtz devait être interprété par Harvey Keitel au départ (et d'autres acteurs). Difficile de l'imaginer dans ce rôle aujourd'hui, lorsqu'on y a vu Marlon Brando. Gigantesque (par des trucages), pas loin d'être obèse, mais de cet embonpoint qui penche plus du côté de la force que de l'handicap, chauve avec une tête de sphynx énigmatique, Marlon Brando était aussi, dans la vie, un être assez dérangeant, malsain, bizarre. Si, jeune, sa beauté troublante nous cachait cet aspect, plus il a vieilli et plus cette ambigüité est ressortie de sa personne. Il faut le voir dans Missouri Breaks dans ce rôle de tueur à gages repoussant qui parle à son cheval, ou dans le mauvais l'Île du dr Moreau, ou sa prestation est quand même une étrangeté. Dans ces deux films, sa présence n'est pas en harmonie avec les autres acteurs, il y a comme une dissonnance, c'est un homme qui possède un charme inquiétant, il est à la fois fascinant et empoisonné, en train de pourrir sur place.

Qui d'autre pouvait interpréter un être malsain comme Kurtz ? Lui donner corps et vie ? Qui d'autre pouvait être le champion de la guerre sale ? Car le sujet du film, ou l'un d'eux, est celui de la guerre sale, et de l'hypocrisie militaire d'où naissent l'horreur et des hommes comme Kurtz.

"Nous devons les tuer. Nous devons les incinérer. Porc après porc. Vache après vache. Village après village. Armée après armée, et ils me traitent d'assassin ! Comment dit-on lorsque des assassins accusent un assassin ?"

Il faut voir aussi comme Coppola donne vie par l'image à ce cauchemar, autant durant les scènes de jour (le bombardement wagnérien, les bunny désoeuvrées) que dans celles de nuit, où il joue avec un clair-obscur envoûtant, presque chamanique, dans le sens où l'image semble nous révéler des choses que les mots sont incapables d'exprimer.

C'est pour moi, avec Citizen Kane et There will be blood, l'un des plus grands films de tous les temps (parmi ceux que j'ai vu, bien entendu).
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Sep 8, 2009 1:52 PM MEST


Les Sept mercenaires (Édition simple)
Les Sept mercenaires (Édition simple)
DVD ~ Yul Brynner
Proposé par DVDMAX
Prix : EUR 7,90

5 internautes sur 27 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Pas terrible, 2 septembre 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Sept mercenaires (Édition simple) (DVD)
Des villageois mexicains sont attaqués régulièrement par des brigands. Heureusement, ils trouvent de l'aide auprès de 7 mercenaires aux grands coeurs...

Pour moi, les Sept Mercenaires est un faux classique du western. Il a sûrement plu, en son temps, grâce à un casting prestigieux. Je ne connais pas la version de Kurosawa, mais je pense que c'est inutile pour trouver cette version bien fade, sans relief.

Les états d'âmes des mercenaires sont affreusement niais. Que l'un d'eux soit plus sentimental que les autres, pourquoi pas. Mais ici, à part un qui croit que se cache une grosse affaire, les autres, censés être des durs à cuire au sang froid, s'attendrissent rapidement. Pas un mauvais garçon dans le lot, tous sont hautement recommandables...

Même là où le film pourrait se rattraper, il s'enfonce ; les batailles sont ridicules, chacun restant à découvert (sans se faire toucher, évidemment), rechargeant son revolver devant une dizaine d'ennemis en baissant toutefois la tête pour éviter une balle. La dernière bataille, de ce point de vue, est sans doute la pire.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 2, 2011 1:18 AM MEST


Le Pont de la rivière Kwai [Édition Single]
Le Pont de la rivière Kwai [Édition Single]
DVD ~ William Holden
Prix : EUR 8,10

4.0 étoiles sur 5 L'invincible imbécile, 1 septembre 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Pont de la rivière Kwai [Édition Single] (DVD)
Un Japonais, chef d'un camp de prisonniers dans la jungle, doit à tout prix construire un pont avant le 12 mai. Un officier britannique (prisonnier) s'oppose à lui pour des questions de principes, jusqu'au moment où il gagne la guerre psychologique.
En parallèle, un commando est détaché pour faire exploser ce pont.

Le Pont de la rivière Kwaï est suffisamment riche et ouvert pour proposer de nombreux points de réflexion.

Il y a le problème des oeillères redoutables. Ainsi voit-on un officier anglais se mettre au service de l'ennemi, lui construire un pont fabuleux. Est-il un traître ? Non, on en est loin. Il s'agit plutôt d'un formidable imbécile, allant jusqu'au bout de sa logique rigide et totalement absurde.

Le point de vue japonais, à travers Saïto, le chef du camp de prisonniers, qui se retrouve humilié d'obtenir ce qu'il souhaite le plus, la construction du pont, car il ne l'obtient pas par la force.

Pour finir, on a le point de vue d'un homme qui aime tout simplement la vie. S'échappant par miracle du camp, il se retrouve coincé par la logique (absurde) militaire et doit retourner sur les lieux afin de guider le commando.

À travers ces différents hommes, le film dessine un portrait singulier de la guerre. Entre les décideurs dont les objectifs sont parfois très déroutants et les hommes qui obéissent en n'en pensant pas moins, les victoires ne sont pas toujours celles que l'on croit, et parfois trouve-t-on une forme d'accomplissement dans la collaboration. Étrange...

Et le pont, sautera-t-il ? Jusqu'au bout le film nous réserve des surprises.


Thank you for smoking [Édition Collector]
Thank you for smoking [Édition Collector]
DVD ~ Joan Lunden
Proposé par plusdecinema
Prix : EUR 15,00

1 internaute sur 3 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 Rien dans le ventre, 1 septembre 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Thank you for smoking [Édition Collector] (DVD)
Thank you for smoking raconte l'histoire de Nick Naylor, un lobbyiste dont le but est de combattre les campagnes anti-tabac. J'ai failli mettre trois étoiles, mais ce sera deux.

Le film est attirant pour deux raisons ; d'une on s'attend à une attaque en règle contre le monde du tabac, et de deux, il est doté d'un casting bien rempli ; Aaron Eckhart, Robert Duvall, Maria Bello, et beaucoup d'autres sont à l'affiche.

Il y a quelque chose de Lord of War dans la réalisation, mais en moins bien. C'est amusant sans plus, mordant sans plus, trop appuyé pour être convaincant.

Le véritable problème du film, ce sont ses conclusions.
La première est : tous pourris ! Aussi bien les méchants que les hypocrites gentils, tous dans le même panier. Une façon comme une autre de ne pas prendre ses responsabilités en éclaboussant les autres.
La seconde : notre beau parleur, lors d'une commission sénatoriale contre le tabac, déclare que si un jour son fils veut fumer, il lui achètera son premier paquet de cigarettes. En gros, il parle de responsabilité individuelle, mais ça ressemble plutôt à "Je m'en lave les mains".

Alors, bien sûr, aujourd'hui il est difficile de ne pas être au courant des dangers que provoque la cigarette, on est donc responsable de sa santé lorsqu'on fume. Ça, on est d'accord. Mais là où le film est malhonnête, c'est qu'il commence par s'attaquer aux industries du tabac pour finalement disperser cette attaque vers un "Tout le monde est responsable".
Un peu comme si Lord of War nous disait "Oui, il y a des vendeurs d'armes, mais bon, y'en aurait pas si personne n'en achetait". Sauf que Lord of War le fait au cours d'une scène à travers Nicolas Cage, et que Jared Leto l'applaudit pour son cynisme.

C'est presque à se demander si le film n'a pas été financé par les industries du tabac !
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : May 30, 2013 8:48 PM MEST


Le Pacte
Le Pacte
DVD ~ Edward Furlong
Proposé par Funkingdom
Prix : EUR 4,95

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
1.0 étoiles sur 5 La déchéance, 1 septembre 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Pacte (DVD)
Un jeune homme, devenu aveugle après une agression, retrouve la vue grâce à une canne très moche où se trouve une sorte de tête de démon.

Le film est nul, filmé au caméscope. Les bruitages aussi sont assez déroutants, les bruits de pas surtout, que l'on marche sur du pavé ou du marbre, ils résonnent de la même manière.

Mais surtout, pauvre Edward Furlong... Inoubliable John Connor dans Terminator 2, inoubliable petit frère dans American History X, qu'on apprécie ou non ces films. Il a aussi joué dans des films moins connus (que je n'ai pas vu), mais il fait partie de ces acteurs qui ont quelque chose pour eux, assez pour nous marquer en une seule apparition. Et comme Christina Ricci (mais sans posséder sa carrière), il oscille entre la cime et l'abîme. Ici, c'est l'abîme.

Il est bouffi, mal coiffé. On lui fait porter des costumes trop grands pour lui, ainsi son cou disparaît dans le col de sa chemise, ses mains ne sont plus que des doigts qui parviennent à peine à dépasser le bout de ses manches. Ce n'est aucunement voulu par le réalisateur. Les costumes, comme le reste, sont au rabais.
Comme pour l'enfoncer davantage, il est en couple avec une blonde aussi superbe qu'insignifiante, une espèce de Rachel Mc Adams, mais sans le charme ni le rayonnement. Les voir côte-à-côte n'est pas crédible une seule seconde, et fait d'autant plus ressortir l'allure disgrâcieuse d'Edward Furlong.

C'est triste.


La Chatte sur un toit brûlant
La Chatte sur un toit brûlant
DVD ~ Elizabeth Taylor
Prix : EUR 10,00

11 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Eyes wide shut, 31 août 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Chatte sur un toit brûlant (DVD)
Lors d'une réunion familiale pour fêter l'anniversaire de grand-papa et les résultats de ses examens de santé satisfaisants (croit-on), le mensonge est partout. Le grand-père, bon vivant et odieux, qui n'aime rien ; sa femme, bête comme ses pieds qui se raconte des histoires ; leur belle-fille au front bas et son mari qui ont engendré une insupportable marmaille dans le but d'hériter un jour de la fortune colossale ; le médecin qui a menti sur les résultats de santé. Et il y a Brick, ancien sportif devenu alcoolique, dégouté par sa femme pour une raison obscure.

On retrouve ici un genre désormais bien connu, les secrets (ou mensonges) familiaux qui, lors d'une réunion, finissent par remonter à la surface. Inspiré d'une pièce de Tennesse Williams, le film n'aborde jamais de front l'homosexualité, mais elle reste toujours suggérée par des dialogues qui ne vont pas jusqu'au bout tout en laissant entendre que... par des silences éloquents. Il y a comme une atmosphère de malaise, que l'orage rendra poisseuse.

Le casting est particulièrement bon, collant parfaitement aux personnages.
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Citizen Kane (Two-Disc Special Edition) [Import USA Zone 1]
Citizen Kane (Two-Disc Special Edition) [Import USA Zone 1]
DVD ~ Dorothy Comingore

11 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Orson Welles en fait trop, 31 août 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Citizen Kane (Two-Disc Special Edition) [Import USA Zone 1] (DVD)
Charles Foster Kane meurt doucement dans son improbable château. Ancien magnat de la presse, milliardaire à la vie riche et remplie, il chuchote avant de rendre l'âme ce dernier mot :"Rosebud". Pourquoi ?

Le film commence sur un plan de Xanadu, l'immense demeure de Charles Foster Kane, sorte de fusion improbable entre le château de Dracula, envahi par la brume, et un temple maya. Il y a une touche fantastique ici, qu'on retrouvera à la fin du film, lorsque l'on visitera un peu ce drôle de château.

L'une des grandes réussites de Citizen Kane est qu'aujourd'hui encore, après 70 ans, il ne se regarde pas comme un classique, mais tout simplement comme un film. Montage, placement de la caméra, c'est aussi dans le jeu naturel des acteurs qu'on se retrouve en tant que spectateur. On est assez loin du "théâtre de cinéma" (expression de mon invention) où les acteurs prennent la pose, déclament, où les gestes significatifs sont accentués comme pour marquer le spectateur.
De même il ne demande pas de culture cinématographique pour s'apprécier. Pas besoin de savoir que tel type d'éclairage est génial car inspiré directement de... Il s'apprécie directement, sans détours.

Le film se déroule comme une enquête. Un reporter, cherchant à faire la lumière sur ce dernier mot émigmatique, va interroger ses anciens collègues et collaborateurs, sa deuxième femme. Ainsi par flash-back, on nous raconte l'histoire de Charles Foster Kane, un homme qui aime le contrôle. Ce qui favorise sa spectaculaire réussite du temps de sa jeunesse l'aliénera progressivement par la suite.
Orson Welles s'est inspiré d'un magnat de la presse écrite, William Randolph Hearst, mais on peut y voir aussi le destin de Howard Hugues, lui aussi fana du contrôle, qui possédait une CIA personnelle qui avait entre autres la charge de surveiller ses petites-amies.
En version cinématographique, le destin du magnat du pétrole de There Will Be Blood, jusqu'à l'explosion de violence finale, a de nombreuses ressemblances avec Charles Foster Kane.

Si le film est passionnant par l'histoire qu'il raconte, il l'est également par les procédés cinématographiques. Je ne suis pas assez calé dans les termes techniques (à base de champ, contre-champ et autres) pour m'y aventurer, par contre on remarque beaucoup de trucs visuels. La façon dont Orson Welles se vieillit par exemple, très astucieuse, en changeant sa voix et sa démarche, en se grossissant, en rentrant sa mâchoire inférieure pour se faire un double menton. Il y a peut-être un plan, sur la fin, où son visage fait trop jeune, mais le reste du temps c'est très bien fait. Quand on compare aux innombrables films, jusqu'à aujourd'hui, et le vieillissement est souvent une affaire délicate et ratée, on ne peut qu'être admiratif.

Pour le reste, à base de décors en trompe-l'oeil et de maquettes, Orson Welles nous livre des décors à la hauteur de son personnage, jusqu'à ce Xanadu, aux intérieurs immenses et terrifiants où s'entassent des statues grecques.

Certes, Orson Welles en fait trop, trop de modernité, d'effets visuels, trop de tout. Normal. C'est le premier film d'un esprit bouillonnant, il fallait que ça sorte. Pourtant, ce trop ne dessert jamais le film, il participe pleinement à l'édification du portrait d'un personnage qui, lui aussi, en fait trop.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Mar 2, 2014 7:50 AM CET


Le Crime de l'Orient Express
Le Crime de l'Orient Express
DVD ~ Albert Finney
Prix : EUR 8,54

6 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Bon moment, 31 août 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Crime de l'Orient Express (DVD)
Un homme est tué dans l'Orient-Express. Malheureusement pour le meurtrier, Hercule Poirot est dans ce train.

Le film se laisse suivre agréablement, et s'appréciera davantage pour la réalisation, avec ses lumières un peu baveuses, sa recherche des couleurs, que pour l'intrigue assez peu vraisemblable, bien que sympathique.

C'est aussi une film d'une autre époque, où l'on réunissait encore des acteurs venus de partout. France, Écosse, États-Unis. Autrement dit, Jean-Pierre Cassel, Sean Connery, Lauren Bacall, et d'autres encore, sont au programme.

On passe un bon moment.


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