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Contenu rédigé par Robert Redford
Classement des meilleurs critiques: 10.214
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Commentaires écrits par
Robert Redford (Québec)

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Vampires
Vampires

4 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 La vulgarité gratuite, 24 août 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Vampires (DVD)
Des chasseurs de vampires se font décimer par une créature très puissante.

Vampires avait toutes les qualités de son côté pour devenir une excellente série B. D'abord ses décors désertiques du Mexique, avec du sable partout, des villes abandonnées, un soleil de plomb, et ce gros blues texan pas subtil qui donne le ton.

Puis les vampires sont loin des standards habituels. Revisitant le mythe, Carpenter en fait des créatures presque animales. Elles sont brutales, pouilleuses et sales. Valek, le chef, réussit l'exploit d'être à la fois charismatique et repoussant.
Et pour finir un scénario qui est plutôt pas mal.

Malheureusement, les dialogues du film sont vulgaires au possible. Ça pourrait se justifier dans une certaine mesure par le look des chasseurs de vampires, mais là c'est gratuit, on sent l'état d'esprit derrière, genre Bigard version ultramachiste "pour de rire". Et dans cette même logique d'humour lourd et pas drôle, le personnage de James Wood sort des répliques qui gâchent plusieurs scènes.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 10, 2011 11:56 PM CET


Jackie Brown
Jackie Brown
DVD ~ Pam Grier
Proposé par Expédition sous 24H
Prix : EUR 8,65

3 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 La forme et le fond, 24 août 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Jackie Brown (DVD)
Jackie Brown, hôtesse de l'air, coincée entre la police et un gangster, doit choisir son camp. Et ce sera le sien.

Jackie Brown commence de manière assez singulière, voire un peu ridicule. On voit Pam Grier de profil qui est déplacée par un tapis roulant dans un aéroport. Le travelling est interminable, et Pam Grier, immobile, tremblote un peu sous le mouvement... Étrange. Puis on la voit marcher quelques pas (sur du carrelage cette fois), démarche assurée, fière. Le personnage est posé car Pam Grier est resplendissante, mais l'impression d'étrangeté reste là.

S'enchaînent quelques scènes simplement informatives pour lancer l'intrigue (avec Samuel L. Jackson et De Niro) que Tarantino étire selon son habitude. Je m'ennuie, le blabla inconsistant devient limite pénible, les personnages, bien que réalistes et très bien écrits n'ont aucun intérêt.

Puis Jackie Brown est arrêtée par la police, et le vrai film démarre, celui qui parle d'une femme dont on a envie de connaître l'histoire, d'un personnage intéressant. Et là, tout le style de Tarantino prend du sens, toute sa culture underground. Il a été cherché Pam Grier dans ses séries B, il en fait un personnage fort, qu'on n'oublie pas, avec d'autant plus de talent qu'elle n'est ni jeune, ni anorexique (c'est pas Nicole Kidman, en somme). Chevelure abondante, bouche étrangement tordue lorsqu'elle parle, elle forme avec Robert Forster un des plus beaux couples de cinéma parce qu'il est à la fois vrai et bizarrement assorti.

On arrive à la dernière scène, déchirante, où la caméra pleine de pudeur devient floue. Puis Jackie Brown est dans sa voiture, le plan fixe dure une plombe, mais cette fois il est porteur de quelque chose, et si ce n'est pas de sens, c'est au moins d'émotion.

Jackie Brown est souvent consideré comme le moins bon film de Tarantino. Je trouve que c'est le seul à posséder une âme.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Sep 28, 2009 8:01 PM MEST


The Thing
The Thing
DVD ~ Kurt Russell
Proposé par New Choice
Prix : EUR 5,70

2 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Crade, 24 août 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Thing (DVD)
The Thing raconte l'histoire de quelques hommes, perdus dans un camp scientifique en Antarctique, qui doivent faire face à une créature sans cesse en mutation.

Connu pour être un classique, j'ai mis du temps à voir ce film. Son principal défaut est d'être assez mal mis en scène, ce qui réduit l'intérêt de nombreux passages. Je ne donnerai qu'un exemple ; alors que la paranoïa est installée entre les hommes car chacun pourrait être la créature, l'un d'eux, disparu on ne sait où, ressurgit. Panique, on se méfie de lui ! sauf le spectateur qui n'a même pas remarqué son absence...

Et c'est souvent comme ça, on identifie mal les acteurs, on doit parfois deviner ce que le réalisateur a mal souligné, ou oublié de mentionner. Rajoutons à cela quelques incohérences. C'est donc assez confus parfois, voire brouillon, et c'est d'autant plus dommage que le scénario repose sur de bonnes idées.

Mais le point fort du film reste la créature. L'époque des effets numériques n'est pas encore arrivée, la technique de l'image par image n'est pas retenue (on peut en voir un bout dans les scènes coupées). Ici, c'est l'emploi d'animatronics, qui reste pour moi ce qui se fait de mieux pour donner corps et vie à une créature de cinéma.
Les artistes ont de l'imagination à revendre, des tonnes de bonnes idées. La créature est crade, affreuse, sans cesse en train de changer de forme, un vrai cauchemar sur pattes (quand elle en a !). C'est sûrement la meilleure créature (dans le genre affreux) que le cinéma a engendré.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 25, 2012 1:09 PM CET


PULP FICTION [Édition Simple]
PULP FICTION [Édition Simple]
Proposé par [mediapromo]
Prix : EUR 11,00

9 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Les deux Amériques, 21 août 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : PULP FICTION [Édition Simple] (DVD)
Pulp Fiction raconte, à travers un montage éclaté, le destin de plusieurs personnages plus ou moins liés au milieu de la pègre.

Pulp Fiction est un film culte, au sens où on l'entend aujourd'hui, c'est-à-dire que de nombreuses personnes lui vouent un culte (comme Fight Club, notamment).
Montage original pour l'époque, B.O. d'enfer, Tarantino se paye en plus le luxe de relancer la carrière de Travolta (et pour longtemps !) et de faire enfin décoller celle de l'excellent Samuel l. Jackson.
J'ai vu ce film une première fois adolescent, à sa sortie au cinéma. J'ai trouvé le film très long au début, je m'ennuyais, pour le trouver ensuite génial.

Eh bien... qu'en reste-t-il aujourd'hui ? Le même ennui au départ. Toutes ces digressions lourdes à digérer, ces dialogues sans fins sur le prix d'un milk-shake, sur le système métrique, sur le massage des pieds... Tout sonne vrai, authentique, mais Tarantino en tartine tellement que l'ennui est là, que le film est plombé.
Il n'a pas encore la maîtrise et la sobriété (qu'il perdra très vite, malheureusement) qui font de Jackie Brown son meilleur film, du moins pour moi.

Puis le film commence à décoller, on est à la fois scotché par ce montage nouveau et inventif, par ces scènes incroyables, presque improbables, par ces recoupements d'intrigues. Et tout sonne vrai, encore une fois, Tarantino semble connaître par coeur le milieu des gangsters sans envergure. Seulement ça n'aboutit sur rien, ça ne raconte rien.

Et tout le problème Tarantino se pose là. Il est à la fois un très grand cinéaste, capable de produire des films qui deviennent des classiques instantanés (du moins en apparences), de raconter des intrigues complexes avec simplicité grâce à un montage virtuose.
Et en même temps, de manière presque binaire, il est une sorte de néant culturel à lui tout seul, un peu comme Zack Snyder, le responsable du film 300 (sauf que Zack Snyder lui est véritablement irrécupérable).

Pulp Fiction laisse une impression de génie au service du vide. C'est agréable à suivre, certes, mais sans conséquence, et parfois même je me dis sans intérêt. Une impression de gâchis aussi, en comparant avec Jackie Brown, d'un homme qui aurait pu devenir un grand réalisateur, et qui n'est qu'un amuseur très doué parce que tout le monde a cru que le style Tarantino (lui le premier) se résumait à des singeries loufoques et des dialogues interminables, quand c'était justement là du superflu dont il aurait du se débarrasser avec l'âge.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (9) | Permalien | Remarque la plus récente : Sep 28, 2009 8:05 PM MEST


Star Wars la prélogie , Episodes 1, 2, 3 - Coffret collector 6 DVD
Star Wars la prélogie , Episodes 1, 2, 3 - Coffret collector 6 DVD
DVD ~ Liam Neeson

20 internautes sur 39 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Gros gâchis, 20 août 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Star Wars la prélogie , Episodes 1, 2, 3 - Coffret collector 6 DVD (DVD)
Star Wars raconte plus ou moins comment un gamin égocentrique et pleurnichard est devenu le plus gros méchant de l'univers.

Je ne suis pas un fan de la première trilogie, pas du genre à crier au génie Lucassien. La première trilogie était... sympa, bon enfant, genre de film naïf que les enfants regardent avec des yeux ronds de bonheur et que les adultes (à l'époque) faisaient semblant de ne pas apprécier.
C'était l'âge d'or du divertissement réussi, avec les Indiana Jones, les Gremlins (le 1, pas le 2), les Goonies, etc.

Ce qui est perdu dans cette nouvelle fournée, c'est d'abord la simplicité. Il y a du vrai drame dans Star Wars désormais, du vrai sombre. On ne rigole plus ! Tout se prend terriblement au sérieux. Fini le second degré.
Mais par souci de conserver "l'esprit" Star Wars, on incorpore tout de même ici et là quelques grosses blagues potaches et des personnages hilarants (ou voulus comme tel) qui font peine à voir.

On perd l'émerveillement naïf. Fini le système D pour les effets spéciaux, désormais c'est la débauche des effets virtuels, has-been un an plus tard. Il faut voir dans les bonus le boss Lucas qui parcoure le storyboard et tartine de fluo tout ce qui ne sera pas "réél". Il ne reste rien après son passage.
Ces effets spéciaux, grâce aux dernières technologies, sont propres, corrects, mais on est loin de Matrix ou du Seigneur des Anneaux. Ça sent l'usine, pas l'artisanat.

Fini les acteurs sympathiques. On a de la peine pour toutes ces stars, si heureuses de jouer dans ce qui a fait la joie de leur enfance, sortir des répliques pourries sur fond vert, parler à des êtres invisibles rajoutés plus tard. Les acteurs font ce qu'ils peuvent, mais ça ne fonctionne pas, c'est vide, c'est faux, c'est nul.

Dommage.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (8) | Permalien | Remarque la plus récente : May 17, 2013 1:39 AM MEST


Voyage au bout de l'enfer
Voyage au bout de l'enfer
DVD ~ Robert De Niro
Proposé par BERSERK MEDIA
Prix : EUR 12,95

2 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Trop long, 20 août 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Voyage au bout de l'enfer (DVD)
Voyage au bout de l'enfer raconte l'histoire de trois copains qui partent au Vietnam, et n'en reviendront pas indemnes.

Classique du cinéma, et du film sur le Vietnam, je dois avouer que j'apprécie moyennement Voyage au bout de l'enfer. Pour moi le problème réside avant tout dans les longueurs du film, dans lesquelles se noient des passages forts et évocateurs. Ne serait-ce que la cérémonie du mariage et la fête qui s'ensuit, passage interminable qui donne l'impression que le film s'enlise, là où dans Le Parrain, le long début cérémonial est mieux ponctué par des morceaux d'intrigue.

C'est d'autant plus dommage que sur bien d'autres plans, le film est magnifique, comme ce début qui nous montre un paysage industriel au petit matin, puis l'usine avec ses étincelles, ses coulées de lave, sorte de vision de l'enfer quotidien d'une petite ville perdue avec son lot de drames domestiques, ou encore ce passage au Vietnam, court, mais si puissant et destructeur.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (11) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 13, 2010 3:29 AM CET


Stanley Kubrick Collection : Full Metal Jacket
Stanley Kubrick Collection : Full Metal Jacket
DVD ~ Matthew Modine
Prix : EUR 8,71

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 L'ennemi au doux visage, 20 août 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Stanley Kubrick Collection : Full Metal Jacket (DVD)
Full Metal Jacket est un film en plusieurs temps ; pour faire simple, on pourrait le couper en deux parties, une première qui se déroule dans un camp d'entraînement militaire, et la seconde au Vietnam, ces deux parties étant séparées (même si elles sont liées).

J'ai toujours préféré la première partie, que je trouve plus concentrée et réussie, plus marquante. Elle se concentre sur au moins deux thèmes (du moins pour moi).
Il y a d'abord la perte d'identité qui commence directement par la coupe des cheveux. Par la suite, les bleus n'ont plus de prénoms, juste des surnoms. Dallas, Joker, Baleine, Blanche-Neige... Cette perte s'accompagne d'une autre, celle de la personnalité (mais difficile d'en dire plus).

Cette première partie, où Baleine devient le souffre-douleur de l'instructeur, est étouffante. Plus on voit ce film, et plus le harcèlement moral nous interpelle, comme ce plan, où l'instructeur pointe la caméra du doigt en vociférant, que j'ai trouvé très drôle au premier visionnage et qui aujourd'hui me met presque mal à l'aise. C'est ici le deuxième thème ; personne ne sera là pour vous soutenir et vous encourager, la seule voie possible est celle de l'endurcissement et de la violence canalisée.
Ici, il y a déjà un ennemi à combattre ; la faiblesse.

La deuxième partie du film joue sur le mensonge, mensonge dans la presse car la guerre du Vietnam n'est pas populaire, mensonge envers ses camarades pour faire croire qu'on est un dur de dur. Jusqu'au moment où l'on se retrouve dans le merdier et qu'on fait face à un ennemi complètement destabilisant et imprévu.

C'est sûrement le film le plus dépouillé de Kubrick que j'ai vu. Il y a la scène où Dallas et Joker passent la serpillère dans les toilettes, leur dialogue presque anodin où se joue pourtant le sort d'un de leur camarade, et cette autre scène, plus marquante encore, durant cette nuit bleue où Joker finit par se boucher les oreilles. Par des gestes simples, des dialogues anorexiques, tout est dit, comme si Kubrick appliquait une logique froide et implacable en délestant tout le superflu de nos comprtements humains pour toucher à l'essentiel.

Je finirai en disant que si je préfère la première partie du film, j'aime bien plus la conclusion de la seconde partie. En effet, la conclusion de la première a quelque chose de trop forcée, lorsque Vincent d'Onofrio nous fait une imitation du Jack Nicholson de Shining (sûrement voulue par Kubrick, bien que je n'en sois pas sûr). L'impact prévu est amoindri, il a quelque chose de démonstratif.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Aug 25, 2009 9:39 AM MEST


Talk Radio [Import anglais]
Talk Radio [Import anglais]
Prix : EUR 13,13

6 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Voyage au bout de la nuit, 14 août 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Talk Radio [Import anglais] (DVD)
Film peu connu d'Oliver Stone (je suis d'ailleurs tombé dessus complètement par hasard), Talk Radio raconte l'histoire de Barry, animateur radio cynique et haineux qui jouit d'un taux d'écoute exceptionnel au point d'être approché par des réseaux importants. Mais si son émission nocturne est un véritable succès, on se rend compte qu'en dehors Barry est moins populaire, voire carrément détesté par le public.

Talk Radio nous parle de l'époque où (j'imagine) l'audimat est devenu la priorité, peu importe le contenu des émissions tant que ça ameute du monde. Ainsi, Barry se ruine à insulter ses auditeurs, à pulvériser le monde entier, et plus il touche le fond, plus ses producteurs trouvent ses émissions formidables.

Égocentrique, Barry est aussi l'archétype de l'animateur (radio ou télé) d'aujourd'hui, obsédé par le prestige, le pouvoir et l'argent, se croyant au-dessus du commun des mortels. Il croit faire plus qu'une émission de radio, il pense oeuvrer (à quoi ?), et déteste d'autant plus les auditeurs qui le trouvent "marrant, rigolo". Il attire à lui la haine et la misère. Juif, il est régulièrement appelé par des antisémites et des révisionnistes, et reçoit aussi par courrier des menaces de mort.

Le film est intéressant, mais pas passionnant. Le principal inconvénient est que les longs passages à la radio, bien que réalistes, sont aussi un peu ennuyeux ; en effet, les auditeurs ont des dialogues de vrais auditeurs, c'est-à-dire qu'ils racontent des bouts sans intérêt de leur vie.
Le film aurait d'après moi gagné à être raccourci (il dure 1h50), ou alors un peu plus développé hors radio.


Stanley Kubrick Collection : Eyes Wide Shut
Stanley Kubrick Collection : Eyes Wide Shut
DVD ~ Nicole Kidman
Proposé par Expédition sous 24H
Prix : EUR 8,35

12 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Les impasses du désir, 14 août 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Stanley Kubrick Collection : Eyes Wide Shut (DVD)
William Harford, médecin, a une vie réussie et parfaite. Bien propre sur lui, il s'autorise de temps en temps un joint, histoire de s'encanailler sans danger. Tout s'écroule le jour où sa femme, pour se moquer de lui, lui raconte qu'elle aurait été prête il y a quelques mois de cela à le laisser tomber, lui et leur enfant, pour coucher avec un parfait inconnu croisé dans un hôtel.
Troublé, hanté par des images de sa femme couchant avec un autre, il entame un périple au coeur de la nuit pour aller, un peu au hasard, au devant de ses désirs.

"Le dernier Kubrick est manqué" disait-on dans la presse, et autour de moi on n'avait été déçus, on s'attendait "à mieux".
C'est donc sans grand entrain que j'ai regardé Eyes Wide Shut une première fois alors qu'il passait à la télévision, et j'ai été fasciné de bout en bout par ce voyage au bout du désir, cette fluidité hypnotisante des mouvements de caméra kubrickiens, cette facilité à saisir, avec un dépouillement total, les ressorts du comportement humain.

À la manière de 2001, Eyes Wide Shut ne répond pas aux questions qu'il pose, Kubrick sait que l'intérêt de ce film réside en partie sur le mystère, sur des personnages étrangers à eux-mêmes, mûs par des ressorts qu'ils peinent à comprendre. Comme une femme a plus d'attrait habillée que nue, Eyes Wide Shut n'est composé que de demie-révélations toujours un peu frustrantes, agaçantes, allumeuses en sorte.

(Ce qui suit révèle des passages du film)

Le sommet est atteint durant la scène du manoir. Par un heureux (?) hasard, William se retrouve dans un manoir où est organisée une gigantesque partie fine. Les hommes sont en costume noir, masqués comme à Venise, les femmes, toutes grandes et superbes, ne portent qu'un masque. La cérémonie dans la grande salle, aux accents sectaires et à la musique inquiétante, est envoûtante et pleine de mystères codifiés. Puis William est emmené par une gazelle dans les couloirs où des couples forniquent dans toutes les positions. Sans jamais tombé dans le voyeurisme, ni même l'érotisme, Kubrick filme cette scène comme une sorte de rêve éveillé et angoissant jusqu'au moment où William est démasqué.
C'est alors que le danger apparaît dans la vie du respectable médecin.

(Fin des révélations)

Kubrick, comme pour 2001, termine son film en nous laissant sur nos interrogations, car il sait qu'au bout du désir, il y a la déception.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (11) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 19, 2014 1:07 AM CET


La Légende de Bagger Vance
La Légende de Bagger Vance
DVD ~ Will Smith
Prix : EUR 8,69

Aucun internaute (sur 2) n'a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Curieux, 13 août 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Légende de Bagger Vance (DVD)
Matt Damon, ancien golfeur talentueux, n'est plus bon à rien depuis qu'il est revenu de la guerre. Mais alors qu'un prestigieux tournoi se prépare, il a peut-être l'occasion de renouer avec son swing, et la vie.

La Légende de Bagger Vance est un film assez curieux. À la fois film sur le golf (comme Et au milieu coule une rivière, du même Robert Redford, se concentrait sur la pêche), il a des accents de comédie, une légère teinte mystique, et lorsqu'on parvient à la fin, il semble nous avoir appris quelque chose sur la vie sans qu'on sache vraiment quoi, ni pourquoi.
Il ne reste que le mystère, au sens religieux du terme.

Ce n'est pas un film que j'admire particulièrement, ni que je recommanderais à un ami (tout simplement parce que je n'y penserais pas), mais je le regarde à l'occasion. Peut-on parvenir à laisser derrière soi ce qui nous empêche d'avancer ?
La réponse est dans le swing.


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