Profil de Robert Redford > Commentaires

Fiche d'identité

Contenu rédigé par Robert Redford
Classement des meilleurs critiques: 7.742
Votes utiles : 2856

Chez vous : découvrez nos services personnalisés en pages d'aide !

Commentaires écrits par
Robert Redford (Québec)

Afficher :  
Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11-20
pixel
La Comtesse aux pieds nus
La Comtesse aux pieds nus
DVD ~ Humphrey Bogart
Prix : EUR 9,97

9 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Les pieds dans la poussière, la tête dans les étoiles, 15 décembre 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Comtesse aux pieds nus (DVD)
Maria Vargas, en Espagne, est une célébrité locale. Hollywood cherche un nouveau visage, et bien que Maria ne se mélange jamais aux clients du restaurant où elle danse, cette fois elle se laisse convaincre par un drôle de réalisateur de rencontrer un magnat d'Hollywood. Après un bout d'essai à Rome, sa réussite est fulgurante.

Mankiewicz, avec sa comtesse aux pieds nus, joue avec le conte de Cendrillon. Quel prince charmant viendra lui ramener ses escarpins ? Et des princes charmants, il n'y en a pas beaucoup. Jeune fille qui a les pieds dans la poussière de son Espagne natale, l'argent et les millions ne la changent pas, et ne font pas d'elle une femme heureuse.

À travers le destin brisé d'une femme qui n'est pas à vendre, Mankiewicz dresse un tableau acerbe d'Hollywood, avec ces magnats tyranniques et minables, ces actrices mesquines, envieuses et médisantes, prêtes à se vendre, la bêtise crasse (l'actrice qui prend le backgammon pour un échiquier chinois...).
Plus le film avance, et plus on monte dans l'aristocratie ; après Hollywood, le réalisateur règle ses comptes avec la jet set, ses dandys sans âme et ses princes de pacotille.

Maria, au milieu de ces mondes superficiels et hypocrites, est malheureuse. Les hommes de pouvoir jouent avec elle, mais sont incapables de la posséder. Elle reste toujours proche des gens d'en bas, qui font des fêtes dehors.
Mais bientôt, ses rêves se réalisent, et celle qui a toujours eu les pieds dans la poussière monte vers les étoiles...

Et le spectateur attend, pressentant le pire, se demandant quel laid secret se cache derrière le rêve enfin réalisé, car il sait depuis le début du film que Maria Vargas est morte.

Il a quand même des défauts ; des voix-off très envahissantes, un côté théâtre filmé appuyé, très bavard. Le film a vieilli. La danse d'Ava Gardner dans un camp de gitans n'est pas très convaincante non plus. C'est un film qui mériterait un remake de qualité, car le sujet est encore très actuel.

Mais quel film !
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 18, 2012 9:11 PM CET


Pat Garrett & Billy the Kid [Import USA Zone 1]
Pat Garrett & Billy the Kid [Import USA Zone 1]
DVD ~ James Coburn
Proposé par RAREWAVES USA
Prix : EUR 16,65

5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Là où il n'y a pas de valeurs, il faut au moins avoir des principes, 14 décembre 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Pat Garrett & Billy the Kid [Import USA Zone 1] (DVD)
Pat Garrett, ancien bandit, est devenu shérif. On lui demande d'arrêter son ancien complice Billy the Kid. Mais plus le temps passe, et plus Pat Garrett regrette son ancienne vie et se dégoûte de la nouvelle.

On peut avoir une lecture simple de ce film ; Billy the Kid est un admirable homme libre, et Pat Garrett un vilain homme rangé. Mais ce serait trop simple. Sam Peckinpah nous montre au contraire un Billy the Kid qui n'a pas grand-chose d'admirable, et qui tire dans le dos.

Dans ce monde sans valeurs, ce qui en partie sauve Billy The Kid est qu'il reste un homme de son époque, attaché à ses principes. Pat Garrett, au contraire, veut faire de "vieux os" et change de camp, mais la justice à laquelle il obéit n'en est pas vraiment une. C'est la loi des gros propriétaires terriens, des ranchers. Pat Garrett est un mercenaire déguisé en shérif, et tout le monde le sait à commencer par lui.

Comme dans The Wild Bunch, en moins spectaculaire, en plus tranquille, Sam Peckinpah filme la fin de l'Ouest américain. "Les temps changent, dit Billy à Garrett, mais moi je change pas". Ils en sont incapables, aussi bien lui que Garrett. Ces hommes sont voués à disparaître d'une façon ou d'une autre. Le monde ne veut plus d'eux.

Dans la forme, ce film est beaucoup plus classique que The Wild Bunch, pas aussi tonitruant et étonnant. Pourtant le décalage est toujours là, peut-être plus efficace car plus sournois. Il est cette fois-ci assuré par la bande originale, signée Bob Dylan. Sa musique crée comme une atmosphère anachronique bizarrement en phase, par on ne sait quel miracle, avec l'image, jusqu'à un passage déchirant, baignant dans Knock'in on Heaven's door, où on assiste à la mort d'un vieux briscard sous les yeux éplorés de son épouse. Toute la douleur du monde, capturée en un plan.

Sam Peckinpah fait ici du classique original. On est en terrain connu, et en même temps, on ne l'est pas. Déroutant, et terriblement efficace.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 26, 2009 9:06 AM CET


Un bonheur insoutenable
Un bonheur insoutenable
par Ira Levin
Edition : Poche

6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Passionnant !, 10 décembre 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Un bonheur insoutenable (Poche)
Un Bonheur Insoutenable raconte l'histoire de Li, surnommé Copeau par son grand-père, qui vit dans une société parfaite. Cette société est régulée par un immense ordinateur, et assure le "bonheur" et l'unité de l'humanité en faisant les choix à sa place. Les soucis n'existent pas, ni la violence, ou si peu, grâce à un contrôle chimique régulier. Dès que l'on devient malade, une petite dose chimique et le bonheur est retrouvé. Seulement, être malade, dans le sens où Uni, l'ordinateur, l'entend, c'est être plus vivant, plus alerte et plus sensible. Plus humain, et unique.
Il y a aussi que cet ordinateur, qui à la base devait servir l'humanité, semble se servir d'elle.

Je n'aime pas beaucoup les romans d'anticipation, qui sont souvent mal écrit. De ce côté-là, Un bonheur Insoutenable ne brille pas par son style, mais ne s'embarque pas non plus dans des territoires où sa pauvreté serait évidente. En grande partie, le roman va à l'essentiel, ne s'attarde pas sur les descriptions (qui auraient été son point faible), et se lit donc agréablement. L'intrigue fait le reste.

Le roman est d'une simplicité déconcertante et pourtant d'une profondeur incroyable. C'est par les thèmes qu'il aborde, et la façon dont il les traite avec intelligence, qu'on est happé du début à la fin. Roman social, mais aussi plus vaste, s'intéressant aux fondements de nos sociétés. Le bonheur est-il vraiment le but à atteindre pour l'humanité ? Doit-on s'adapter à la société si on y est matériellement confortable, et faire taire sa conscience ? Peut-on se fier à tous les êtres qui nous veulent du bien ? Y'a-t-il une solution idéale pour le bonheur de tous ?

Ainsi Copeau, qui tombera malade, fera bientôt la connaissance d'autres malades, clandestins. Au fur et à mesure de sa vie, il connaîtra différents stades de bonheur, de satisfaction, mais, contrairement aux autres, ne pourra jamais s'y résoudre. Il est en quête d'autre chose, de liberté, mais aussi d'imperfection.

J'ai juste regretté la toute fin, la conclusion, qui manque d'idées et se termine de façon banale, et ici et là des passages un peu inutilement descriptifs et maladroits. Mais dans l'ensemble, j'ai eu du mal à lâcher le livre.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 14, 2009 10:02 PM CET


Grand hôtel
Grand hôtel
DVD ~ Greta Garbo
Prix : EUR 10,00

15 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Superbe, 1 décembre 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Grand hôtel (DVD)
Le film m'a fait penser à Separate Tables, qui se passe aussi dans un hôtel où les locataires ont chacun une blessure secrète. Mais je trouve Grand Hôtel beaucoup mieux réussi. Dans Separate Tables, il n'y a pas vraiment d'unité, le thème central est la solitude, mais on saisit mal le lien entre tous les personnages, ce qui justifie leur rassemblement, à part le hasard. Le film est donc dispersé.

Ici, c'est l'argent qui assure l'unité. Un escroc essaye de dérober des bijoux à une danseuse sur le déclin. Une secrétaire aux maigres revenus est tentée de coucher avec son ignoble patron pour une grosse somme d'argent. Un homme pitoyable en phase terminale, vrai cancre du bonheur, dépense les économies de toute une vie pour être heureux avant de mourir.

Jusqu'où est-on capable d'aller, de descendre pour assurer sa survie ? Le film tourne autour d'un escroc, sorte de gentleman cambrioleur, qui est trop humain pour profiter de la vulnérabilité des faibles créatures (un très mauvais escroc, donc), et d'un patron odieux, malhonnête. L'un apporte aux autres le bonheur, quitte à mettre sa vie en péril, l'autre rabaisse, salit et souille pour assurer son plaisir. Entre ces deux personnages, des hommes et des femmes vulnérables, brisés par la vie.

C'est aussi un film baignant dans la magie noir et blanc, fait de contraintes techniques et morales. Joan Crawford en peignoir, une épaule juste un peu dénudée ; tout est dit, elle va se vendre. Pas besoin d'en montrer plus.
Et si c'était ça, le cinéma ?
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (5) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 7, 2012 2:02 PM CET


Cop Land
Cop Land
DVD ~ Sylvester Stallone
Proposé par jerome221
Prix : EUR 8,49

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark, 1 décembre 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Cop Land (DVD)
Garrisson est une ville où la police est pourrie jusqu'à l'os. Le shérif décide de ne rien voir. Seulement, au bout d'un moment, malgré son apathie, sa conscience se réveille.

Un prestigieux casting fait de grandes figures du cinéma et de seconds rôles très solides. Tout le monde est bien employé. C'est un film dont Sylvester Stallone est fier, et qui a prouvé, peut-être plus à lui-même qu'au grand public et aux studios d'Hollywood (malheureusement), qu'il était capable de sortir de ses rôles musclés. Pour jouer ce shérif dépressif, il a pris du poids, et comme d'habitude, il est d'un naturel désarmant.

La réalisation est simple, ne s'encombre pas de figures de style. Et pourtant, il y a de l'idée ; dans Copland, la justice retrouve la vue, et elle devient sourde aux menaces comme aux doléances.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (5) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 18, 2012 8:51 PM CET


Qu'est-il arrivé à Baby Jane ? [Édition Simple]
Qu'est-il arrivé à Baby Jane ? [Édition Simple]
DVD ~ Bette Davis
Proposé par New Choice
Prix : EUR 6,90

14 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Entre Mysery et Sunset Boulevard, 14 novembre 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Qu'est-il arrivé à Baby Jane ? [Édition Simple] (DVD)
Baby Jane, ancienne enfant star capricieuse et tête à claques à boucles blondes, a mal accepté, à l'âge adulte, de voir sa soeur Blanche devenir une actrice renommée du 7ème Art, tandis qu'elle-même était abandonnée par le succès. Mais Blanche, après un mystérieux accident de voiture, perd l'usage de ses jambes. Baby Jane prend alors "soin" d'elle.

J'ai d'abord trouvé le film assez drôle. Bette Davis en fait des tonnes dans son rôle de vieille femme décatie, avachie et méchante, ça fonctionne parfaitement, et l'on pourrait croire que ce film est rempli d'humour noir.

Ce n'est pas toujours le cas. Certes, Baby Jane est grotesque, mais bientôt le malaise s'installe. Grotesque, oui, mais c'est aussi une véritable ordure. Coupant peu à peu sa soeur Blanche du monde extérieur, elle la martyrise aussi de plus en plus. Malgré tout, Blanche cherche un moyen de s'enfuir, et le monde extérieur, lui, est embêtant pour Baby Jane. Il y a la voisine qui prend de nouvelles, la femme de ménage envahissante, et un drôle de bonhomme aux intentions particulières.

Entre la star de Sunset Boulevard qui cherche à revenir sur le devant de la scène, et la cinglée de Mysery qui veut à tout prix garder sa proie dans une cage, se situe Baby Jane, femme tyrannique, égocentrique, infiniment envieuse, absolument pitoyable, qu'on pourrait croire inoffensive comme la plupart des gens qui lui ressemblent dans la vie réélle.
Mettez lui une proie sans défense entre les griffes, et vous obtenez un monstre.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 13, 2010 9:58 PM CET


America'S Least Wanted
America'S Least Wanted
Prix : EUR 5,49

5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Affreux, sales et méchants, 13 novembre 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : America'S Least Wanted (CD)
"Je déteste la pluie et le beau temps", chante Whitfield Crane sur Everything about you. Ça résume un peu l'album ; Ugly Kid Joe déteste tout, en particulier Disney Land.

Entre Hard Rock et Heavy, cet album est avant tout dynamique et virtuose, inventif et détendu, et surtout ne se prend jamais au sérieux. Moqueur, parodique, ironique, Ugly Kig Joe c'est un peu les Simpsons, mais en chansons Metal. C'est aussi l'un des groupes les plus marquants et les plus talentueux du genre des années 90, à côté des innombrables groupes de Mike Muir (qui lui aussi déteste tout le monde).

Que ce soit les ballades magnifiques (la reprise Cats in the Craddle, Busy Bee) ou les morceaux musclés (Goddamn Devil, Madman, So Damn Cool, I'll Keep Tryin', Don't Go), Ugly Kid Joe est un groupe avec un énorme capital sympathie, avec des chansons auxquelles on s'attache, dynamitées par le chant très enthousiaste de Whitfield Crane et les solos stupéfiants des guitaristes.

Au fond, ils ne sont pas si méchants. Ils détestent juste l'hypocrisie. Le Metal old school, quoi.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Jul 11, 2011 8:43 PM MEST


Le Silence des agneaux [Édition Collector]
Le Silence des agneaux [Édition Collector]
DVD ~ Jodie Foster
Proposé par laurius
Prix : EUR 11,00

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Macabre, 12 novembre 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Silence des agneaux [Édition Collector] (DVD)
Un tueur en série kidnappe des filles ayant de l'embonpoint et leur découpe la peau. Le FBI n'a aucune piste, mais Hannibal Lecter, un éminent psychiatre, cannibal à ses heures perdues, enfermé dans un asile, détient de précieuses informations sur le tueur qu'il ne souhaite aucunement communiquer. Le directeur chargé de l'enquête décide donc de sacrifier un agneau pour l'appâter, envoyant une jeune recrue interroger le cannibal.

Le Silence des Agneaux est le film qui popularisa et lança le genre "Tueurs en série" à Hollywood, enfantant malgré lui d'innombrables navets qui permirent à Morgan Freeman de réparer sa toiture et, ici et là, quelques pépites comme Seven et Zodiac (du même réalisateur d'ailleurs). Même si moins bon, Dragon Rouge est une pré-quelle honnête et solide du Silence des Agneaux. The Vanishing, pas original pour un sous, mais où Jeff Brigdes est une fois de plus exceptionnel, se laisse voir également.

Hannibal Lecter n'est pas encore ce "sympathique" super-héros du sordide qu'Anthony Hopkins caricaturera dans des suites plus ou moins réussies, et dont le public sera friand de découvrir les aventures macabres. Le jeu de l'acteur est tout en retenue morbide, tout en froideur sinistre. Face à lui, Jodie Foster, fragile et solide, complètement crédible et, même, indispensable à la réussite de ce duo (Julianne Moore sera sévèrement décevante dans hannibal, tout comme le film) fera entrer à l'aide du cher docteur Lecter le film dans la légende.

Le réalisateur choisit de ne pas axer son film sur l'aspect sensationnaliste du sujet (ou pas trop). Tout est déjà assez parlant, évocateur, assez sinistre. On mène une enquête, on cherche à découvrir les mobiles. Peu à peu se dessine le portrait de Buffalo Bill, le tueur en question. Là encore, le personnage est effroyable, mais jamais on n'en rajoute. Au contraire, jusqu'au bout, on en découvre un peu plus, mais la caméra ne s'attarde pas, montre en arrière-plan.

Puis le film est parsemé de petites idées très efficaces, que je ne dévoilerai pas ici, qui font de ce film, peut-être pas le meilleur du genre (encore que...), mais un indispensable.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (10) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 18, 2012 8:56 PM CET


Gladiator - Edition Collector 2 DVD
Gladiator - Edition Collector 2 DVD
DVD ~ Russell Crowe

10 internautes sur 21 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 La guerre du faux, 12 novembre 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Gladiator - Edition Collector 2 DVD (DVD)
Maximus, pour se venger d'un empereur romain pas commode (ah si, c'est lui !), a la brillante idée de devenir gladiateur, et de découper en morceaux des dizaines d'adversaires jusqu'à ce que le méchant se décide à l'affronter. Un pur génie, donc.

Il y a trois genres de films historiques. Le premier, plus ou moins fidèle et plus ou moins romancé, essaye dans une certaine mesure de reconstituer le passé. Cela donne Cléopâtre, Alexandre, Spartacus, et même pour des époques plus récentes le Reine Margot, Gangs of New York.

Le second tient du divertissement, voire de la comédie. Au fond, l'époque choisie sert juste de cadre et ne prétend à aucune vérité d'aucune sorte. L'intérêt est ailleurs. Cela donne Le Clash des Titans, Chevalier (assez nul au passage), la Grande Vadrouille.

Puis il y a catégorie Gladiator, ou Titanic, ou Jeanne d'Arc de Luc Besson, qui entretiennent l'illusion qu'on voit un film s'apparentant au premier genre cité plus haut. Ce n'est malheureusement qu'un gros n'importe quoi où les oripeaux historiques qu'on utilise ne sont là que pour renforcer l'illusion de l'authenticité. Du vrai-faux, en somme, ou du faux-vrai. C'est d'ailleurs si bien fait qu'un spectateur moyen, même un peu cultivé sur l'époque, ne saura démêler le vrai du faux s'il ne connaît pas assez bien la période, et aura cru avoir vu, consciemment ou pas, un film en partie enrichissant sur le plan culturel.

Ainsi, dans Gladiator, rien de ce que l'on voit n'est vrai, mais en plus rien n'a d'intérêt. Histoire qui pourrait se dérouler à n'importe quelle époque (c'est-à-dire à aucune), thèmes stéréotypées telles que la liberté, et les gentils faibles contre les vilains puissants avides de pouvoir et de tyrannie, Gladiator ne se démarque de la nullité absolue que par sa réalisation, qui lui a valu une ribambelles d'Oscars...
C'est donc très bien fait. Maximus est une brute adorable qui découpe 5 énormes gladiateurs à la suite. Ça saigne, ça gicle, c'est violent. Le spectateur est ravi, et il y a de quoi, car le film se regarde très agréablement.

Dans Spartacus, Kubrick décide de ne pas mettre de casque à Kirk Douglas durant un combat de gladiateurs, ce qui est une "erreur" historique, mais un parti pris cinématographique. Kubrick veut que l'on voit son acteur.
Georges Lucas, parfois Spielberg et l'ensemble des films de super-héros, pour créer du divertissement, choisissent un cadre fantaisiste. C'est un cinéma de l'évasion pure.

Dans Gladiator, il n'y a ni enjeu historique, ni enjeu cinématographique, mais il semble y en avoir, et c'est là le problème. On est dans le divertissement malhonnête, comme le dernier Jugnot, même si cette malhonnêté n'est pas voulue par le réalisateur. C'est un film dans les limbes, un film de chevaliers du Moyen-Âge où on s'entretuerait au bazooka et à la grenade. Ce n'est certes pas aussi évident que mon exemple extrême, mais pourtant c'est la même chose.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (12) | Permalien | Remarque la plus récente : Aug 19, 2012 4:48 PM MEST


Load
Load
Prix : EUR 6,99

9 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Trahison ou aboutissement ?, 29 octobre 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Load (CD)
On a tout dit de cet album, on a tout dit de Metallica. Trahison, album commercial, le début de la fin, etc. En fait, je crois qu'on peut difficilement tout aimer de Metallica. Ce groupe a un style propre, mais touche-à-tout. Difficile de trouver deux albums qui se ressemblent, si ce n'est Load et sa version ratée Reload.

Personnellement je n'aime que deux albums de Metallica, c'est-à-dire deux albums que je possède et que j'aime, vraiment, écouter. Le premier, Kill'em all, dont je ferai un jour une chronique. Puis Load, que j'adore.

Load est un album sacrément couillu sur la forme. À cette époque, les Metalleux se gargarisent avec des solos furieux et virtuoses qui font pleurer leurs guitares. Kirk Hammett décide de faire des solos "inspirés", qui ont une âme, sans forcément tomber dans la démonstration technique, ce qui est assez surprenant de la part d'un discipline de Satriani. Déception des fans et des adolescents boutonneux (dont je faisais partie). À cette époque, les Metalleux veulent du riff brutal qui secoue et bouscule, ils veulent se faire botter le cul. James Hetfield a des ambitions plus artistiques. Déception des fans, à nouveau. On ne comprend pas encore que Metallica, qui a souvent eu une longueur d'avance (pas toujours), vient de faire entrer le Metal dans l'âge adulte.

Sacrément couillu, oui. Surtout après un Black Album qui a fait découvrir Metallica au grand public. Nothing else Matters, Unforgiven, les ballades qui ont fait pleurer dans les chaumières. Autant faire un second Black Album, alors ! et le succès est assuré. Non, et c'est tant mieux. Kirk Hammett qui découvre la wha-wha et en fout sur chaque solo c'était gavant à la longue.

Et là, Load arrive. Les musiciens n'ont plus rien à prouver. Peut-être que pour la première fois, ils composent pour créer, et non plus pour épater. Certes, la ballade Mama Said et ses accents country, c'est moins glamour qu'Unforgiven. Pourtant, lorsqu'on réécoute Bleeding Me des années plus tard, après avoir revendu puis racheté l'album, il faudrait être sourd pour ne pas se rendre compte de la parfaite maîtrise du groupe, du parfait dosage, d'une montée en puissance extraordinaire, d'un aboutissement qui ne vient pas de la technique, mais d'une forme de sagesse musicale. Désormais, le solo n'est plus admirable par sa virtuosité, il fait frissonner par les émotions qu'il soulève.

James Hetfield avait trouvé sa voix sur le Black Album, ici il trouve son chant. Le son est énorme, le meilleur que le groupe ait eu, tout album confondu. L'album secoue, bouscule, il crée des atmosphères. Les morceaux ne sont jamais, ou rarement, trop longs (ce qui est souvent la plaie habituelle des chansons de Metallica). Sur Load, Metallica découvre la souplesse, autant dans le fond que sur la forme. L'album est plus direct, va à l'essentiel, tout en prenant son temps. On n'a plus droit aux arpèges parfaitement composés, millimétrés, limite mathématiques, mais à Until it Sleeps déroutant, avec des sonorités sombres et singulières.

Load, à sa sortie, était un album épatant. Nous fûmes nombreux à passer à côté.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (7) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 21, 2011 7:51 PM MEST


Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11-20