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Contenu rédigé par Savinien
Classement des meilleurs critiques: 33
Votes utiles : 4348

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Commentaires écrits par
Savinien (Liège, Belgique)
(COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)    (TOP 50 COMMENTATEURS)   

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In Recital
In Recital
Prix : EUR 15,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Un ravissement permanent, 23 mai 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : In Recital (CD)
Dans sa série d'albums consacrés à Lisa della Casa, Eloquence reprend ici le récital de lieders capté en 1957, paru il y a une dizaine d'années chez Testament (avec en complément d'indispensables Frauenliebe und Leben de Schumann), et plus récemment (mais avec un lied manquant) par Decca dans la collection "[[ASIN:B00I9NJGKA Most Wanted Recital]]".

Indispensable dans le répertoire straussien et mozartien, on oublie souvent que Lisa della Casa s'est aussi remarquablement illustrée dans l'art du lied, et si les témoignages qu'elle nous en a laissés sont relativement peu nombreux, ils sont tout aussi exceptionnels.

On retrouvera ici toutes les qualités qui font de la suissesse un ravissement permanent. Une voix d'une beauté totale, pleine de simplicité dans la distinction, aux intonations colorées serties dans une certaine ingénuité naturelle, le tout servi avec une spontanéité désarmante dans un phrasé à la souplesse et au galbe hypnotiques.

Le piano de Karl Hudez se montre attentionné et plutôt délicat (certains diront peut-être un peu fade), laissant s'exprimer pleinement la voix, elle-même favorisée par la prise de son (on ne s'en plaindra pas forcément ici). Quelques petits parasites sonores épars ne parviendront pas à distraire de l'enchantement...

En complément, Eloquence nous propose les 4 derniers lieders de Richard Strauss avec Karl Bohm. Une référence absolue, depuis plus de soixante ans...


Lisa Della Casa Sings Haendel & Mozart
Lisa Della Casa Sings Haendel & Mozart
Prix : EUR 11,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Une cantatrice irrésistiblement troublante, 20 mai 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Lisa Della Casa Sings Haendel & Mozart (CD)
Voix emblématique du répertoire mozartien et straussien, Lisa della Casa incarne la féminité raffinée, la beauté pure et la séduction naturelle. Son timbre cristallin et uniformément radieux, allié à une technique de souffle infini et à une fine intelligence musicale, font de l'Arabellissima une cantatrice irrésistiblement troublante.

Dix ans après avoir éclôt en Zdenka (aux côtés de Maria Cebotari), la suissesse ensorcelante enregistre un album centré sur un répertoire auquel on ne l'associe pas forcément : le Giulio Cesare de Händel (chanté en allemand, comme de coutume encore dans ces années cinquante). Ce disque de la collection Eloquence reprend cet album enregistrés en juin 1956, qui comprenait cinq airs de Handel, et l'air de Donna Anna extrait du Don Giovanni de Mozart (repris ici en piste 8), avec Heinrich Hollreiser à la tête du Wiener Philharmoniker.

Ce Giulio Cesare est certes (et bien évidemment) hors des conventions baroqueuses, mais les qualités vocales de cette musicienne exceptionnelle, même dans un Händel germanisé, sont celles d'un rêve éveillé : une séduction immédiate, un charme troublant, à la fois ingénu et distingué, et des lignes en lévitation surnaturelle.

Dans cette édition Eloquence (comme d'ailleurs sur le LP original), le complément est pour l'essentiel tiré des intégrales mozartiennes indispensables :
- le Don Giovanni avec les Wiener de Josef Krips (1955)
- le Cosi fan tutte avec les Wiener de Karl Böhm (1955)
- les Noces de Figaro, avec les Wiener d'Erich Leinsdorf (avec Roberta Peters pour le "Sull'aria", 1958)
- les Noces toujours, cette fois avec les Wiener d'[[Erich Kleiber (1955)
 
En guise de bonus (le complément du complément :), et pour le coup annoncés comme inédits en CD, l'air de Pamina ("Ach, Ich Fühls") extrait de la Flûte Enchantée, et l'air de Cherubino ("Voi che sapete") des Noces de Figaro, tous deux enregistrés à Genève en 1950 avec l'Orchestre de la Suisse Romande sous la baguette de Victor Reinshagen.

On peut encore noter que l'album de 1956 a été récemment réédité par Decca dans sa collection "[[ASIN:B00I9NJGKA Most Wanted Recital]]" , avec cette fois en complément un (splendide) récital de lieders (avec Karl Hudez au piano)... depuis également réédité par Eloquence.


Decca Sound: 55 Great Vocal Recitals
Decca Sound: 55 Great Vocal Recitals
Prix : EUR 99,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 De Suzanne Danco à Joseph Calleja, 16 mai 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Decca Sound: 55 Great Vocal Recitals (CD)
Les coffrets thématiques sont à la mode; les grands éditeurs ratissent leurs catalogues pour nous fournir en cubes de tous poils. Dans ses rééditions auto-satisfaisantes de ses "60 ans d'excellence", Decca nous avait ainsi déjà livré en 2011 un coffret "Decca Sound" picorant dans le catalogue de six décennies d'éditions, suivi par un coffret "Analogue Years" rassemblant des enregistrements réalisés entre 1957 et 1979, et un "Mono Years" avec des captations datées de 1944 à 1956 (à mon goût personnel sans doute le coffret le plus intéressant, pour tout mélomane qui ne serait pas allergique au son mono). Tout cela évidemment en édition limitée, avec reproduction des pochettes originales, et livret trilingue détaillé à la gloire du son Decca.

Voici donc un nouvel opus dans cette collection du "son decca", cette fois centré sur les voix d'un catalogue il est vrai particulièrement associé au monde lyrique, et qui est riche depuis ses origines de nombre d'éminentes voix de l'industrie du disque. Au total 55 récitals vocaux, mêlant airs d'opéras et lieders (voire chansons), sur une base chronologique selon une année d'édition variant entre 1950 et 2010 (avec en outre un tir groupé pour l'année 1956 !).

Il s'agit donc de rassembler dans une même boîte des récitals déjà disponibles séparément (pour beaucoup), et même souvent réédités assez récemment (par exemple dans la collection "Most Wanted Recitals", "Operatic Arias", ou encore chez Eloquence) et repris ici "tels quels" (y compris certains compléments pour des récitals gravés à d'origine pour le vinyle et bien courts à l'ère du CD; ce qui autrement ne gêne guère les éditeurs dans ce type de coffret). Des anciens albums déjà récemment réédités donc, des albums plus récents ou multi-réédités et toujours disponibles, mais aussi une série de disques à la disponibilité plus problématique (et en outre souvent mal indexés par Amazon) : Simionato, Berganza, Souzay, McCraken, ou des récitals signés Chiara, Burchuladze, Söderström, Talvela, Nucci, Dunn ou encore Barstow.

On pourrait aussi regretter à mon sens le principe même de prendre la chronologie comme critère de sélection, plutôt qu'un critère musical ou artistique qui donnerait plus de cohérence à cet agglomérat discophile; mais bon, c'est aussi la thématique "anniversaire" du catalogue qui veut cela.

En tant que somme, ce coffret représente évidemment un beau panel de l'art du chant (une expression dont l'éditeur raffole, d'ailleurs), mais comme pour les autres coffrets la vraie question pour chacun sera surtout de se demander quel est l'intérêt individuel (et la quantité de doublons !) que représente pareil "ratissage".

Ci-dessous certains liens qui pourront aider à se faire une meilleure idée, pour que chacun puisse faire son choix, selon le prix pratiqué, et selon la liste à la fois alléchante et hétéroclite des albums repris dans ce coffret... de Suzanne Danco à Joseph Calleja !

01. 1950 Suzanne Danco "Operatic Recital"
02. 1951 Paul Schöffler "Operatic Recital"
03. 1952 Kathleen Ferrier "Recital of Bach and Handel Arias"
04. 1954 Cesare Siepi "Operatic Arias for Bass"
05. 1956 Fernando Corena "Operatic Arias for Bass"
06. 1956 Mario del Monaco "Great Tenor Arias"
07. 1956 Kirsten Flagstad "Wagner Recital & Sibelius Songs"
08. 1956 Lisa Della Casa "Lieder Recital"
09. 1956 Giulietta Simionato "Operatic Recital"
10. 1956 Gerard Souzay "French Operatic Arias & Gabriel Faure"
11. 1956 Virginia Zeani "Operatic Recital"
12. 1957 Jennifer Vyvyan "Mozart & Haydn Recital"
13. 1957 Carlo Bergonzi "Operatic Recital"
14. 1958 Giuseppe di Stefano "Operatic Recital & Italian Songs"
15. 1959 Joan Sutherland "Operatic Arias"
16. 1961 Regina Resnik "On the Wings of Opera"
17. 1961 Hilde Gueden "Sings Operetta Evergreens"
18. 1962 Teresa Berganza "sings Mozart"
19. 1963 Tom Krause "Songs by Sibelius and Strauss"
20. 1963 Peter Pears (Schubert: "Die Wintereise")
21. 1963 Birgit Nilsson "Sings German Opera by Wagner, Weber & Beethoven"
22. 1963 Robert Merrill & James McCracken "Italian Opera Arias"
23. 1964 Marilyn Horne "Recital"
24. 1964 Renata Tebaldi "Operatic Arias"
25. 1965 Hermann Prey (Schubert: "Schwanengesang")
26. 1966 Elena Souliotis "Donizetti & Verdi"
27. 1967 Regine Crespin "Song Recital"
28. 1968 Gwyneth Jones "Scenes from Verdi"
29. 1968 Luciano Pavarotti "Arias by Verdi and Donizetti"
30. 1969 Nicolai Ghiaurov "Great Scenes from Verdi" + Mussorgsky
31. 1970 Huguette Tourangeau "Arias from Forgotten Operas"
32. 1972 Maria Chiara "sings Verdi Arias"
33. 1972 Sherrill Milnes "Great Scenes from Italian Opera"
34. 1974 Hans Hotter "The Art of Hans Hotter Vol.1"
35. 1977 Sylvia Sass "Presenting Sylvia Sass"
36. 1978 Pilar Lorengar "Portrait of Pilar"
37. 1978 Elisabeth Söderström "Sings Songs for Children"
38. 1978 Mirella Freni & Renata Scotto "In Duet"
39. 1980 Martti Talvela "Mussorgsky & Rachmaninov"
40. 1984 Paata Burchuladze "Mussorgksy: Arias aus Boris Godunow"
41. 1986 Leo Nucci "Bel canto Arias"
42. 1987 Susan Dunn "Recital"
43. 1988 Cecilia Bartoli "Rossini Arias"
44. 1989 Josephine Barstow "Final Scenes"
45. 1989 Kiri te Kanawa "In Recital : Songs"
46. 1990 Brigitte Fassbaender "Liszt: Songs"
47. 1993 Sumi Jo "Carnaval"
48. 1995 Angela Gheorghiu "Arias"
49. 1998 Andreas Scholl "Heroes"
50. 1996 Renee Fleming "Great Opera Scenes"
51. 1999 Barbara Bonney "Diamonds in the Snow"
52. 2000 Matthias Goerne "Arias"
53. 2002 Juan Diego Florez "Una furtiva lagrima"
54. 2008 Jonas Kaufmann "German Arias"
55. 2010 Joseph Calleja "The Maltese Tenor"


Hans Richter-Haaser : Beethoven 6 piano sonatas
Hans Richter-Haaser : Beethoven 6 piano sonatas
Proposé par EliteDigital FR
Prix : EUR 79,43

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Trop peu connus et trop rares, 14 mai 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Hans Richter-Haaser : Beethoven 6 piano sonatas (CD)
Trop peu connus et trop rares, les enregistrements de Hans Richter-Haaser sont chéris par les beethovéniens. Avant les indispensables captations EMI, ces 6 premières Sonates enregistrées pour Philips ont été depuis republiées dans un double disque Eloquence (avec en complément la Fantaisie chorale dirigée par Karl Böhm); je renvoie à cette édition pour un commentaire plus complet.

Ceux qui connaissent ce pianiste fantastique ne manqueront pas ses captations rarement publiées; les autres qui voudront découvrir cet orfèvre atypique ne regretteront pas le voyage... A ne pas manquer pas non plus les deux Sonates de Schubert par ce pianiste hors normes et pourtant bien oublié.


Götterdämmerung 3. Akt
Götterdämmerung 3. Akt
Prix : EUR 7,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Le Crépuscule du Reich, 9 mai 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Götterdämmerung 3. Akt (Téléchargement MP3)
Cet enregistrement du 3ème Acte de Götterdämmerung a été réalisé pour la Radio de Berlin, le 7 novembre 1944, dans une capitale du IIIème Reich qui va bientôt payer sa folie destructrice au prix du feu. A noter que l'Acte n'est pas complet, et s'arrête avec la Marche Funèbre de Siegfried. Pour compléter, Preiser propose une Immolation de Brünnhilde captée le 20 février 1937, avec Martha Fuchs et le Stuttgarter Sinfonie-Orchester sous la baguette de Carl Leonhardt.

On pourra toujours ergoter que Lorenz pourrait se trouver en meilleure forme ailleurs, ce Siegfried-là reste toujours aussi faramineux. Max Lorenz chante dans sa liberté coutumière, lumineuse et hypnotique, avec un aplomb et une vérité qui ne peuvent qu'emporter l'adhésion. Il nous offre à nouveau une mort de Siegfried dont il a le secret tragique.

Avec les Gunther et Hagen de Jaho Prohaska et Ludwig Hofmann, on a ici un trio habituel depuis Bayreuth 1937 et la baguette de Fürtwängler (pour les amateurs de raretés); par contraste ils semblent toutefois presque prosaïques (c'est dire le relief de Lorenz !). Mais tout de même, quelle époque, qui pouvait s'offrir une Margarethe Klose en fille du Rhin !

Les choeurs et l'Orchestre de l'Opéra d'Etat de Berlin (où Lorenz officiait depuis 1933) sont sous la baguette de son chef attitré Robert Heger. Côté son, la qualité est très bonne pour un enregistrement de 1944.

Une archive devenue difficile à trouver en CD, mais dont la quasi totalité (il manque malheureusement la Marche Funèbre) a été republié chez Myto en complément d'une Salomé de la radio de Francfort 1952.


Brahms: Concerto 1 - Fleisher
Brahms: Concerto 1 - Fleisher
Prix : EUR 6,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Une intimité brahmsienne au souffle irrésistible, 5 mai 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Brahms: Concerto 1 - Fleisher (CD)
C'est un Fleisher trentenaire qui enregistre à Cleveland ces deux monuments brahmsiens que sont le premier Concerto (en février 1958) et le second (en octobre 1962), entre lesquels auront notamment été enregistrés les immanquables cinq Concertos de Beethoven (en 1959 et 1961, dans la foulée des 9 Symphonies de Szell).

Dans cet enregistrement de 1958, Szell et son rutilant Orchestre de Cleveland sont à leur sommet, nous offrant un Brahms dramatiquement intense, presque férocement tumultueux, énergique et passionné, finalement parfaitement au diapason d'un Fleisher qui signe peut-être ici le plus électrique Concerto n°1 de toute la discographie ! On admire ainsi la fluidité et l'urgence d'un jeu puissant et magnifiquement coloré, à la maîtrise rythmique superlative, qui laisse s'exprimer librement un lyrisme non démonstratif (une performance dans ce Concerto !), mais qui sait aussi distiller une intelligence, une poésie et une tendresse rémanentes, nous proposant en définitive une sorte d'intimité brahmsienne au souffle irrésistible.

Dès les premiers accords, après la tempête signée George Szell, on est emporté par l'enthousiasme communicatif du pianiste américain, sublimé par ce sens particulier du rubato qui insuffle une vitalité particulière à une vision impressionnante de globalité; tout au long dans une complicité entre le chef et le pianiste qui fait réellement des merveilles (écoutez seulement la reprise dans le monumental 1er mouvement !). Fleisher nous grise encore dans le second mouvement, qui évite adroitement le piège du pathos pour dégager avant tout une grande noblesse, mêlée à un certain recueillement qui traduit en esprit le trop rarement observé Benedictus autographe. Un rondo final débordant d'énergie, plein de sève beethovénienne, mélange de puissance irrésistible et de raffinement expressif, termine un enregistrement qui n'a jamais été surpassé.

En complément, les Variations et Fugue sur un thème de Handel op.24, enregistrées en 1956 (avec les Valses op.39). Fleischer nous présente ces Variations dans un savant mélange de force, de délicatesse et de débordements de couleurs, avec une Fugue finale d'une cohérence remarquable et d'une expressivité rarement entendue. On reste stupéfait, et inexorablement captivé, par cette espèce d'hypnotisme rythmique et moteur, ce feux d'artifice sonore, cette profusion d'intentions parfaitement déclamées. On en ressort avec deux certitudes : ces Variations sont un petit chef-d'œuvre brahmsien, et Léon Fleisher en est incontestablement le chantre !

Dans une qualité de son excellente, ces enregistrements figurent dans le peloton de tête des indispensables de toute discographie brahmsienne ! On ira voir dans l'édition "Masterworks Heritage" (dont la pochette est reprise en incrustation de la présente édition) pour le couplage avec le second Concerto et les Valses.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : May 6, 2016 12:54 PM MEST


Salomé
Salomé
Prix : EUR 12,72

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Une luxueuse Salomé, et un Götterdämmerung rarement publié, 2 mai 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Salomé (CD)
Myto réédite ici une captation réalisée en 1952 pour la radio de Francfort (il ne s'agit donc pas à proprement parler d'un "live" ni d'un studio), avec l'Orchestre de la Radio de Francfort sous la baguette de Kurt Schröder.

On se souvient qu'un an plus tôt, à Munich, deux ans à peine après la disparition de Richard Strauss, Joseph Keilberth donnait pour la Radio Bavaroise une Salomé d'anthologie avec le Jochanaan de Hans Hotter et Max Lorenz en Hérode fangeux (chez Orfeo). Cette année 1952, au Metropolitan, Fritz Reiner chauffe à blanc une vénéneuse Ljuba Welitsch pour faire fondre le Jochanaan de Hotter (avec aussi Elisabeth Höngen et Set Svanholm; voir par exemple chez Walhall). La même année au Met, c'est Astrid Varnay qui s'illustrera en Elektra, elle qui fut deux ans plus tôt la doublure de la Salomé de Welitsch, et qui enregistrerait Salomé en juin 1953 pour la radio bavaroise (chez Orfeo). Alors que Christel Golz suivra la baguette de Clemens Krauss à Vienne l'année suivante (chez Naxos' Abondance de grandes Salomé en ce début des années cinquante !

On connaît la Salomé d'Inge Borkh; princesse de Judée complètement allumée, à la fois irradiante de beauté sensuelle et pourtant consumée de l'intérieur par des envies inassouvies. De manière peut-être plus insolente encore qu'ailleurs, elle nous livre ici une Salomé pleine de justesse et de subtilité, d'une intensité à laquelle Jochanaan est bien le seul à pouvoir résister.

Après le Jochanaan de Hotter, on ne s'étonnera plus de trouver un Wotan en inflexible prêcheur. Ferdinand Franz (qui s'offre le luxe de nous faire penser parfois à George London !?) impressionne d'emblée, et s'impose sans peine par sa puissance vocale autant que par sa présence. Un Jochanaan raide et droit, presque monolithique, forteresse imprenable contre laquelle les assauts soutenus d'une Borkh fascinée semblent dès le départ voués à l'échec; la flamme tentatrice restera impuissante à faire fondre le marbre de la foi.

Comme à son habitude, le métal liquide de Max Lorenz se coule à corps perdu dans le rôle du tétrarque concupiscent; il livre un Hérode suant de grandeur délabrée, peut-être un peu moins intense qu'en live l'année précédente, mais pas moins impressionnant de pertinence et de charisme nauséeux.

Margaret Klose est une Hérodias incontournable, parfaite de décadence et de perversion coupable; elle sera supérieure encore à mon sens l'année suivante aux côtés de Varnay. A noter encore l'excellent Narraboth de Franz Fehringer, ténor lyrique abonné aux radios (et aux opérettes) allemandes.

Quant à Kurt Schröder, s'il ne peut rivaliser avec la science d'un Krauss, le feu d'un Reiner ou l'expressionisme d'un Mitropoulos, il soulève néanmoins la partition avec dynamisme et enthousiasme, dégageant ses aspects lyriques et la violence qui la parcoure.

On regrettera tout que même que Myto nous coupe les dernières mesures de la Danse des sept voiles pour les reporter sur le second CD... On pouvait sûrement faire mieux ! On appréciera par contre une qualité de son mono assez appréciable pour un enregistrement de cet âge (mais radiophonique, rappelons-le), à laquelle l'éditeur n'est pas forcément coutumier (on n'ose rêver ce que donnerait un "vrai" remastering chez un éditeur comme Testament !).

Une luxueuse Salomé, pour tous les amateurs straussiens !

Comme dans sa précédente édition, Myto complète le second CD avec des extraits du Götterdämmerung de Richard Wagner (environ 40 minutes de l'Acte III). De nouveau il ne s'agit pas à proprement parler d'un live, mais bien d'un enregistrement réalisé pour la radio de Berlin, le 7 novembre 1944, dans une capitale du IIIème Reich qui va bientôt payer sa folie destructrice au prix du feu.

On pourra toujours ergoter que Lorenz pourrait se trouver en meilleure forme ailleurs, ce Siegfried-là reste toujours aussi faramineux. Max Lorenz chante dans sa liberté coutumière, lumineuse et hypnotique, avec un aplomb et une vérité qui ne peuvent qu'emporter l'adhésion. Il nous offre une mort de Siegfried dont il a le secret tragique (et dont Roger Dominique Maes parle si bien dans son commentaire).

Avec les Gunther et Hagen de Jaho Prohaska et Ludwig Hofmann, on a ici un trio habituel depuis Bayreuth 1937 et la baguette de Fürtwängler (pour les amateurs de raretés ;); par contraste ils semblent toutefois presque prosaïques (c'est dire le relief de Lorenz !). Mais tout de même, quelle époque, qui pouvait s'offrir une Margarethe Klose en fille du Rhin !

Les choeurs et l'Orchestre de l'Opéra d'Etat de Berlin (où Lorenz officiait depuis 1933) sont sous la baguette de Robert Heger. Cette captation de 1944 s'arrête avec la mort de Siegfried; on comprend mal pourquoi ne pas inclure la Marche Funèbre de Siegfried, pourtant enregistrée le même jour (on aimerait y voir l'allégorie de la mort du Reich, mais ce serait faire trop d'honneur aux rêves millénaires de l'exécrable petit moustachu). Côté son, la qualité est inférieure à celle de Salomé, mais néanmoins exceptionnelle pour un enregistrement de 1944 rarement publié.

A noter que l'enregistrement "complet" a été publié autrefois chez Preiser, avec la Marche Funèbre de 1944, l'Acte étant complété par une Immolation de Brünnhilde captée le 20 février 1937, avec Martha Fuchs et le Stuttgarter Sinfonie-Orchester sous la baguette de Carl Leonhardt.


Der Fliegende Holländer
Der Fliegende Holländer
Prix : EUR 12,72

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Une Hollandais terre-à-terre, 24 avril 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Der Fliegende Holländer (CD)
Il s'agit de la captation live du Fliegende Holländer du Festival de Bayreuth cuvée 1959. Une captation déjà parue plusieurs fois, autrefois chez Melodram, on encore chez Opera d'Oro.

L'attrait de cet enregistrement réside bien entendu dans son couple principal. Le Hollandais de George London est tel qu'on le connait : massif, halluciné, ardent, à la fois violent et visionnaire. La grande Leonie Rysanek est sans doute une Senta trop lourde pour la conception de Sawallisch, à la fois trop héroïque et trop mûre. Mais l'intelligence de l'interprête transforme ce décalage en force : Senta n'est-elle pas cet être mal à l'aise au milieu de ses semblables ?

Josef Greindl (qui fait bailler Daland comme Fafner) est un loup de mer commencant à s'user, plutôt paternaliste, certes un peu vulgaire (à ce jeu il se fait toutefois dammer le pion par le pilote de Georg Paskuda) mais finalement plutôt en bonne forme ici. Si Fritz Uhl brûlera sa voix à des rôles trop lourds pour lui, il est encore en possession de son timbre clair et sonnant, et le rôle d'Erik lui convient plutôt bien, même si on n'aura pas chez lui d'incarnation inoubliable. Il est aussi par moment mis à mal par le flux emporté et parfois imprévisible de Sawallisch.

Car c'est théâtralement et nerveusement que Wolfgang Sawallisch anime la partition (allégée de quelques coupures sacrilèges), dans un tempo changeant et quelquefois précipité, ce qui met ici et là ses chanteurs en position inconfortable. Ce faisant, il parvient à dynamiser et même à illuminer un orchestre ailleurs souvent sombre et massif, mais il gomme aussi totalement la dimension mystique de l'oeuvre (ce qui peut être considéré comme un comble !). Rien de hanté ici... heureusement donc qu'il y a London et Rysanek pour nous rappeler que ce Holländer se doit d'avoir au moins un côté halluciné. En terme d'équilibre général Sawallisch fera mieux en 1961, avec une Anja Silja exaltée et en phase avec le chef, mais sans London, et avec un Uhl et un Greindl plus fatigués.

Dans un son assez correct pour un live de cet âge, au total un Holländer de bonne facture, presque immanquable pour London et Rysanek en live sur la Colline verte. Beaucoup de qualités individuelles, qui ont toutefois un peu de mal à former un tout vraiment convaincant, dans une approche terre-à-terre qui pourrait en désorienter plus d'un.


Schubert / Liszt: Sonates - Gilels
Schubert / Liszt: Sonates - Gilels
Prix : EUR 7,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Immanquable, 16 avril 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Schubert / Liszt: Sonates - Gilels (CD)
Réédition économique d'un classique de la discographie studio d'Emil le géant.
Un Liszt faramineux et un Schubert personnel mais grandiose.
Voir à cette précédente édition pour un commentaire complet.


Claudio Arrau: Rarities 1929-1951
Claudio Arrau: Rarities 1929-1951
Prix : EUR 10,34

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Comme le meilleur des grands crus, 16 avril 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Claudio Arrau: Rarities 1929-1951 (CD)
Les dates indiquées en titre de ce petit coffret sont assez explicites : ces enregistrements de la première moitié du XXème siècle ne s'adressent pas aux inconditionnels du confort sonore. Il s'agit d'enregistrements réalisés en gros dans les vingt premières années de la carrière discographique de Claudio Arrau, dont les plus anciens sont consécutifs à sa victoire au Concours de Genève (c'était en 1927 !). Une première vague, en quelque sorte, qui sera suivie par quarante années de carrière discographique supplémentaires, et les captations indispensables de l'un des pianistes majeurs de son siècle.

Ce triple CD au prix attractif s'inscrit donc en complément naturel au coffret Icon, même si l'on peut se demander pourquoi ces disques n'y ont pas été inclus dès le départ (d'autant que le coffret Icon incluait déjà un disque d'enregistrements de 1938-39). S'agissant d'enregistrements plus anciens, la qualité sonore est évidemment globalement inférieure, même si le remastering est ici finalement plutôt correct et permet d'apprécier le jeu du jeune lion chilien (cela manque toutefois de détails, comme dans l'impressionnant Concerto par exemple). Les vraies raretés de ce coffret (jamais parus en CD ou même en LP, a priori) concernent la 7ème Sonate de Beethoven, la 17ème Sonate de Mozart, et le 4ème Scherzo de Chopin.

Ce qui frappe à l'écoute de ces captations plus anciennes, c'est d'abord l'insolence technique d'un vrai virtuose, alliée à une formidable énergie, mais aussi et déjà la puissance surnaturelle et la densité exceptionnelle du discours pianistique; si l'on n'est certes pas encore dans la philosophie, on est pourtant déjà dans l'éloquence pleinement cérébrale. Ainsi, au-delà d'un certain étonnement (mais un réel enthousiasme) provoqué par cet Arrau plein de force et de fougue irrésistible, on s'aperçoit que tout Arrau semble être déjà là, prêt à s'affiner comme le meilleur des grands crus, ensorcelant par les seules promesses de l'îvresse à venir.

Le programme est visible sur le dos de la pochette, mais en substance le contenu est détaillé ci-dessous, avec les dates d'enregistrement données par l'éditeur (d'ailleurs pas toujours très précis).

BEETHOVEN: Sonates n°7 op.10/3 (1951, proposé avec les versions alternatives des 2 derniers mouvements), n°14 op.27/2 (1er novembre 1950), n°18 op.31/3 (10 & 15 janvier 1947)

BRAHMS: Concerto pour piano n°1 op.15 (Philharmonia Orchestra, Basil Cameron, 20-21 janvier 1947)

CHOPIN: Scherzo n°3 op.39 (4 avril 1939) et n°4 op.54 (1950) -- Ballade n°3 op.47 (4 avril 1939) -- Etudes op.10/4, op.25/1 et 2 (23 janvier 1929) -- Prélude op.28 n°23 (23 janvier 1929) -- Valse op.34 n°3 (27 février 1928)

DEBUSSY: La puerta del Vino, n°3 des Préludes n°3 du Livre 2 (30 juin 1951)

GRANADOS: Goyescas n°4 du Livre 1 (30 juin 1951)

LISZT: "Meine Freuden" extrait des Six chants polonais d'après F.Chopin (1950) -- Valse mélancolique (27 février 1928) -- Les Jeux d'eau à la Villa d'Este, extrait de la 3ème Année de Pélerinage (15 novembre 1928)
SCHUBERT/LISZT: Ständchen D889 (27 février 1928)

MOZART: Sonate pour piano K.570 (1951)


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