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Contenu rédigé par ChaK_
Classement des meilleurs critiques: 9.174
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Commentaires écrits par
ChaK_

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Saladin : Rassembleur de l'Islam
Saladin : Rassembleur de l'Islam
par Geneviève Chauvel
Edition : Broché
Prix : EUR 18,91

2.0 étoiles sur 5 Très moyen, 5 mai 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Saladin : Rassembleur de l'Islam (Broché)
Pour faire court : j'ai pas aimé.

Le livre est une biographie (bien), romancée (mouais).... à la première personne (horreur, malheur).
Autant dire de suite que les deux derniers points engendrent une mini catastrophe. ça me fait du mal d'écrire ça sur ce livre, l'auteur à bossé 3 ans dessus, et historiquement (niveau évènements j'entend) c'est inattaquable vu mon degré de connaissance. En tant que "fan" de Saladin tout me semble historiquement correct, sauf qu'elle le nomme "Rassembleur de la foi", la ou tout le monde s'accorde plutôt sur "Rectitude de la foi", et l'histoire avec sa mère dont on ne sait strictement rien.

La ou la catastrophe arrive c'est la liberté que l'auteur prend vis à vis de Saladin. Elle lui prête des propos, des pensées, des doutes, des attitudes qui ne sont que pure extrapolation, et sonnent parfois complètement fausse. Peut être sont elle vrais, peut être pas, mais le bouquin est entaché de ce genre de pensée qu'il aurait, le faisant douter d'Allah, lui donnant une sorte de romance avec sa sultane etc.... Perso ça m'a choqué, on n'a pas le droit quand on fait une biographie de se lacher autant sur ce qu'il aurait pu ou pas penser.

Pour tout dire ça m'a complètement gâché le bouquin, qui, pour couronner le tout n'a pas un style d'écriture particulièrement passionnant. Ca fait parfois un peu petite vieille, mêlant une sorte de faux romantisme, de description à l'eau de rose et des idées étranges tel que le concept des Emirs "chevaleresques" ou un fil rouge avec sa mère alors qu'on ne connait semble il absolument rien sur elle...

Bref, pas particulièrement bien écrit, trop grosse liberté sur le sujet principal, mais respect des evènements.

Si la vie de Saladin vous intéresse allez donc lire la VRAIE biographie d'Anne Marie Eddé. 600p de bonheur, infiniment mieux documentée et plus agréable à lire.


Babyliss - Tondeuse Cheveux Wtech - E709E
Babyliss - Tondeuse Cheveux Wtech - E709E
Prix : EUR 22,70

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Très médiocre, 16 février 2013
Achat authentifié par Amazon(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Babyliss - Tondeuse Cheveux Wtech - E709E (Beauté et hygiène)
Etonné par les nombreux commentaires positif. Coupe très mal les cheveux, manque de puissance ou je ne sais quoi. Plaque les cheveux au crane plutôt que les couper directement, et donc obligé de faire moultes passages avec plusieurs angles differents.

Vraiment TRES deçu.

Par contre pour la barbe le produit est satisfaisant.

Gros - : Cable très court, donc quasiment obligé soit d'être au dessus du lavabo, soit d'utiliser la batterie, avec 12H de charge... c'est beaucoup pour se couper la barbe.


Le bal des débris
Le bal des débris
par Thierry Jonquet
Edition : Poche
Prix : EUR 5,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Bonne critique, 5 décembre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le bal des débris (Poche)
Fred, gros looser de cité, 24 ans, pousse chariot au service gériatrie de l'hosto du coin à une belle vie de merde. Il devient ami avec un vieux un peu moins pété que les autres, et quand débarque une mamie qui à l'air de cacher quelque chose les deux loustics décident de voir de quoi il retourne.

J'avoue c'est un bouquin que j'ai eu gratos, me serait pas vraiment venu à l'esprit d'acheter ça. Je connaissais pas jonquet en plus, enfin seulement de nom.

Et ce fut une surprise plutôt agréable en fait. Déja beaucoup d'humour. D'humour con, très con (dans le bon sens), mais aussi cynique, très noir, noir comme la vipère, noir comme le petit phacochère . J'ai vraiment beaucoup aimé le style, les vieux prennent très très cher, à leur insu certes, mais avant que notre tour arrive autant en rire.

C'est bien sûr aussi drôle que triste, et c'est la qu'il est fort l'animal. C'est certes exagéré, amplifié, mais c'est surtout terriblement vrai. C'est au milieu de cet humour cruel une dure critique de notre gestion des personnes agées, qu'on colle dans des mouroirs aux bons soin de personnes qui n'ont pas forcément la vocation et payés à coup de lance pierre. Entre les clowns payés 3 francs pour costumer les vieux, les brancardiers qui font tomber les patients, les kinés culturistes ou la chef de service dégueulasse qui cherche à se faire tout ce qui bouge on est vraiment plongé dans un univers à la fois tellement drôle mais avec une tel accent de vrai que ça pique parfois un peu de réaliser que ce n'est pas forcément si drôle. Surtout quand Jonquet insère parfois un petit paragraphe, qui comme un couperet, sans humour, rappelle soudainement la condition de ces pauvres vieux.

L'histoire en elle même, est sympatique. Pas de quoi se relever la nuit, mais ça fait son office. 2/3 rebondissements. D'un style parlé, courant, ça se boit comme du petit lait. Un peu comme le vieux qui voulait pas feter son anniversaire que j'ai lu il y a peu. Simple et efficace.

J'aime aimé interpréter le livre comme un épisode de H dans ma tête, ça s'y prête parfaitement, on est vraiment dans le même style d'humour crétin en milieu hospitalier. Avec la critique plus serieuse brodée dessus.

Bref, passé un bon moment, j'attendais pas grand chose, et au final j'ai eu quelques ricanements bienvenus.


La peste
La peste
par Albert Camus
Edition : Poche
Prix : EUR 6,46

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Excellent, 4 décembre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : La peste (Poche)
Dans les années 40 dans l'Algerie coloniale la peste se déclare à Oran. Dur de faire plus simple comme synopsis.

J'avoue, je ne connaissait pas Camus. Faut bien commencer un jour comme qui dirait. Grosse claque bien comme il faut. D'entrée l'écriture fait mouche, c'est d'une qualité irréprochable, les mots sont choisis soigneusement, pas de déchet, ça décrit les choses de manière à la fois extrêmement simple de par son vocabulaire très abordable et de manière complexe, Camus creusant les pensées humaines pour en faire ressortir l'essence même. J'ai adoré, très très efficace, j'aime ce style de plume.

Attention, ne pas acheter ce livre en cherchant une sorte de répertoire morbide, trash ou que sais-je. On est plus dans une étude psychologique, comportementale de l'être humain plus qu'un roman d'aventure noir. Il ne se passe globalement pas grand chose, on assiste simplement à la vague inéluctable de la peste, personnage principal du roman. Oh il y a bien des humains au milieu de tout ça, et c'est bien d'eux que Camus analyse les peurs, les espoirs et les chagrins, mais c'est vraiment la peste qui assombrie chaque page d'une façon ou d'une autre, qu'on le vive au travers du médecin, de l'idéaliste, du préfet, de l'ancien criminel etc... c'est bien elle qui régule leur vie. Implacable, frappant aléatoirement, elle met en évidence les faiblesses et les forces de l'être humain.

Ces dernières sont magistralement écrites, entre les prêches du prêtre, les reflexions des protagonistes ou le ressenti de la population, tout est de très grande qualité, tourné de manière percutante et parfaitement adapté au contexte.

Les personnalités mettent du temps à se reveler, on ne les découvre qu'a fur et à mesure qu'ils se decouvrent eux même entre eux. Ce ne sont pas les personnages les plus attachants que j'ai pu rencontrer dans des livres cependant, ils sont impuissants, las, fatigués de lutter, et si on compatit avec eux on a forcément un peu de mal à s'identifier.

Si je devais trouver un défaut je dirais que bien qu'étant sous l'ère coloniale on reste en Tunisie, et dans son romans les tunisiens ne sont que les anonymes au fond. Tout les personnages sont français, ou d'origine, j'aurais aimé que le côté Maghreb ressorte un peu.

On m'a également dit que ce roman serait une allégorie du Nazisme. Possible en effet de par sa structure, mais je préfère ignorer ce genre de bêtise et voir le sens direct des choses.

Au final un livre écrit de façon sublime, une manière de décrire le ressentit de manière formidable et malgré une ou deux lenteurs c'est selon moi une oeuvre remarquable.

plus qu'a lire l'ensemble de ses écrits.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Oct 12, 2013 4:00 AM MEST


L'invention de Morel
L'invention de Morel
par Adolfo Bioy Casares
Edition : Poche
Prix : EUR 3,90

2 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Pas trop mal, 2 décembre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'invention de Morel (Poche)
Le personnage principal, Venezuelien semble il, fui la justice de son pays qui l'accuse à tort et se retrouve isolé sur une île. Un jour, de mystérieux personnages font leur apparition à l'endroit même ou il avait fait son nid.

Je vais être franc de suite, ça ne m'a pas emballé plus que ça. Je ne révélerais rien de l'histoire bien sûr, mais l'ensemble de la première partie est grillée à 3 bornes, n'a rien de surprenante, du moins de nos jours (le roman ayant été écris en 1940) et l'ensemble est techniquement peu crédible. Je m'attendais à un truc énorme, mais non, c'est bidon. Admettons que ça soit du fantastique.

Bref, passé la non-surprise le bouquin bascule dans une sorte de réflexion plus intéressante sur le sens de la vie, la mort, l'éternité, la technologie, la solitude etc... Quelques bonnes idées, c'est déja moins lassant que la première partie qui a tendance à traîner de la patte, chose formidable vu la courte durée du livre.

Cette seconde partie est de loin la plus intéressante et donne un peu plus matière à réfléchir. Même si Borges dans la préface dit que c'est un livre d'aventure je pense que les pistes de "reflexion" sont de loin plus accrocheuse que l'histoire en elle même.

L'atermoiement permanent du "héro" est pénible, on a envie de lui coller des gifles pour qu'il se secoue un peu, qu'il arrête de chouiner, qu'il donne enfin du rythme à ce livre au lieu de se morfondre.

Idem du style littéraire, je n'ai pas vraiment aimé, ce n'est pas mal écrit en soit, mais ça fait très fouillis, on passe un peu du coq à l'âne sans paragraphe, on se perd un peu entre le journal de l'exilé et celui trouvé sur place, ça se mêle et c'est pas toujours agréable selon moi. Aucun repère temporel, ni de lieu, on flotte dans une sorte de peinture abstraite où il est dur de cerner les choses, probablement voulu de l'auteur, mais ça donne un impression peu agréable, assez floue.

Bonne seconde partie donc, et une idée de fin que j'ai vraiment bien aimé et surtout pas vu venir, assez triste, mais ça ne relèvera pas assez l'ensemble pour ma part.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 1, 2014 11:44 AM CET


Dieu et nous seuls pouvons
Dieu et nous seuls pouvons
par Michel Folco
Edition : Poche
Prix : EUR 6,84

4.0 étoiles sur 5 Très bon livre, 1 décembre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Dieu et nous seuls pouvons (Poche)
Justinien (trouvé) Pibrac jeune garçon campagnard du 17eme se retrouve par la force des choses forcé de devenir le bourreau officiel de la ville de Bellerocaille sans rien connaitre du metier.

On m'en a beaucoup parlé, et je me suis donc empressé de l'acheter. Le livre est composé de deux grandes parties. La première relate la jeunesse de Justinien, de sa naissance présumée à son accession à son poste. C'est plein de bonnes idées, ça respire très bon l'esprit campagnard de cette époque. Des péripéties, des bourdes, un soupçon d'aventure... c'est remarquablement bien écrit, on est happé dans son univers, on commence à bien s'attacher au personnage qui monte "en puissance". Fin de la partie 1.

Pardon? Nous sommes en 1900? J'ai loupé un livre au milieu? Hyppolite Pibrac, dernier descendant de la lignée est toujours représentant de la fonction de son ailleul et c'est désormais sa vie que nous suivons. Autant dire que le décalage temporel est énorme, perso je n'en suis toujours pas remis.

Ce n'est pas raconter l'histoire que de parler de ce "twist", le livre est assez riche en lecture pour que ce détail ne gâche en riche le plaisir, mais à titre personnel ça m'a complètement stoppé dans ma lecture. J'étais parti sur cette aventure, qui s'annonçais palpitante, passionnante dans un milieu que j'aimais pour subitement me mettre entre les mains un autre personnages à un autre époque. Choc des époques, des cultures garanti.

Je ne sais pas trop pourquoi l'auteur à fait ça, pour expliquer mon ressenti j'ai eu l'impression de lire bilbo, puis le retour du roi, et que seulement dans ce dernier on me parlais par brèves anecdotes de ce qui se passait dans le livre 1 et 2. J'ai fini le livre en ayant une grosse impression de vide, d'incomplet, j'aurais vraiment aimé suivre cette lignée de bourreau de bout en bout, quitte à en faire une véritable saga, voir un gros pavé de 2000 pages. La coupe est tellement énorme que je ne m'en suis pas remis.

Cependant, et c'est important de la préciser, la qualité du tout, malgré cet élément perturbateur (pour ma part du moins) est vraiment remarquable. ça se lit extrêmement bien, c'est du bon texte, de la bonne histoire, des personnages attachants. Il a une plume simple, très efficace, et c'est un régal de lire cette (ces plutôt) histoire(s). Plongé dans ce monde plutôt méconnu des bourreaux, ou exécuteurs des arrêts criminels pour être plus précis. L'auteur à fait preuve d'une recherche minutieuse, ça sent la crédibilité, la maitrise du sujet, c'est très agréable à lire.

Le tout saupoudré d'un humour léger mais très efficace, assez cynique bien sûr, qui colle parfaitement au métier.

Sa pirouette temporel permettant qui plus est de faire le grand pont entre les méthodes du 17eme et celle du 20eme ou la peine de mort devient plus rare, mais surtout centralisée sur un exécuteur de l'état. La fin d'un metier en somme.

Bref, un excellent livre, très agréable à parcourir, mais je lui tiendrais rigueur de m'avoir retirer mon personnage de manière si cruelle, comme s'il l'avait lui même mit à mort. Bourreau va.


La Moustache
La Moustache
par Emmanuel Carrère
Edition : Poche
Prix : EUR 5,89

3.0 étoiles sur 5 Un bon moment, 29 novembre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Moustache (Poche)
Je vous fais l'insulter d'énoncer le pitch de ce bouquin archi connu, deux trois au fond de la classe ne connaissent peut être pas : Un homme qui a toujours eu une moustache se la rase par esprit de plaisanterie vis à vis de sa femme. Celle ci en rentrant affirme qu'il n'en a jamais eu, et que vraiment il faut arrêter avec ses bêtises.

Livre que j'ai lu au collège, ou au lycée je sais plus, et que j'avais envie de redécouvrir avec un oeil différent. J'aime toujours autant la base de l'histoire, je trouve l'idée bonne.

Le livre, plus qu'un roman ou il se passe plein de chose, et une sorte de parcours psychologique, un cheminement intérieur. Carrère nous narre la suite de pensée de l'ex moustachu (ou pas?).

Ce pauvre homme passe par tout une suite de sentiments et ressentiments logique, qui découlent à chaque fois d'une nouvelle façon d'aborder son problème. C'est plutôt bien écrit. On passe de la plaisanterie à l'incompréhension, puis à la colère. Le doute, l'aigritude, la certitude, le doute à nouveau, la paranoïa, le rejet sur autrui etc... (l'ordre n'est pas bon bien sûr).

C'est donc une descente aux enfer psychologique que nous propose l'auteur, et j'ai trouvé ça assez bon, le début n'étant que les prémices de ce qu'il va lui arriver... C'est fluide, les idées s'enchainent, et quand on trouver une solution à son problème il l'élude quasi aussi tôt. Est il fou? lui joue on un sale tour? Est-ce sa femme qui est tarée? A il jamais eu une moustache?

On avale donc les pages comme le bougre effeuille ses idées et on se demande bien quelle est la vérité et comment il va se sortir de ce mauvais pas.

Vers les 50 dernières pages ça commence à trainer un peu en longueur, on demande secrètement qu'il abrège et nous ponde enfin le dénouement qui nous bouleversera à vie. Jusqu’à la dernière ligne on attend la révélation...

Je ne peut en dire plus sur la fin pour ne pas gâcher la surprise. A titre personnel ça m'a gaché le plaisir, mais je ne doute pas que certains aiment. Disons pour faire court qu'il m'a empecher de dormir pendant 1H à ressasser les mêmes questions.

J'ai malgré tout passé un moment assez agréable. Si possible à lire d'une traite, pour ne pas perdre le fil de sa pensée.


Le feu: Journal d'une escouade
Le feu: Journal d'une escouade
par Henri Barbusse
Edition : Poche
Prix : EUR 6,46

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Poignant, 28 novembre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le feu: Journal d'une escouade (Poche)
J'aime parfois lire un ouvrage sur 14-18. Pas ceux des generaux, mais de ceux qui étaient dans la boue, qui combattaient. J'ai rien trouvé de mieux pour remettre à leurs places nos petits tracas quotidien, qui soudain mis en perspective semblent dérisoire et futiles. C'est en ricanant qu'on ose repenser à nos soucis après ce genre de lecture.

C'est donc dans ce but la que j'ai acheté ce livre. Une sorte de curiosité morbide aussi, faut pas se le cacher je pense, la vie de ces hommes, aussi terrifiantes soient elles fascinent.

Le feu de barbusse est paru en 1916, en pleine guerre, et autant dire qu'il n'a pas du tout plus à une certaine élite. Dénonciateur, réaliste, voir propagandiste, on est loin des journaux qui glorifiaient la guerre et les soldats chargeant main dans la main. Surtout qu'il n'hésite pas à taper sur les officiers incompétents, les planqués et les nantis, loin de la.

Bref, un livre qui dénonce, comme on en a lu beaucoup depuis, mais ce fut un, si ce n'est le premier.

La particularité de Barbusse est d'avoir été un grand lettré. Ca se sent immédiatement dans son texte. L'ecriture est à deux vitesses. D'une part les descriptions, les faits etc... sont écrits avec une plume absolument superbe, parfois proche de la poesie ou de la peinture litteraire. Il brosse des portraits splendides des paysages, des gens, des choses qui l'entourent. C'est parfois très métaphorique, très envolé, mais c'est superbe. Mais ça se lit de façon globale très très bien.

[Citation] :
C'est le barrage. Il faut passer dans ce tourbillon de flammes et ces horribles nuées verticales. On passe. On est passé, au hasard; j'ai vu, çà et là, des formes tournoyer, s'enlever et se coucher, éclairées d'un brusque reflet d'au-delà. J'ai entrevu des faces étranges qui poussaient des espèces de cris, qu'on apercevait sans les entendre dans l'anéantissement du vacarme. Un brasier avec d'immenses et furieuses masses rouges et noires tombait autour de moi, creusant la terre, l'ôtant de dessous mes pieds, et me jetant de côté, comme un jouet rebondissant. Je me rappelle avoir enjambé un cadavre qui brûlait, tout noir, avec une nappe de sang vermeil qui grésillait sur lui, et je me souviens aussi que les pans de la capote qui se déplaçait près de moi avaient pris feu et laissaient un sillon de fumée. À notre droite, tout au long du boyau 97, on avait le regard attiré et ébloui par une file d'illuminations affreuses, serrées l'une contre l'autre comme des hommes.

- En avant!

Je trouve ça superbe.

Puis la seconde vitesse, plus dure à appréhender : le langage poilu. Plein d'argot, de raccourci, d'inversion de lettre. Parfois dur à lire, parfois plus fluide. On a une espèce de mélange entre du ch'tit et de l'accent du berry.

[Citation] :
j’suis pas sale comme ca, dans l’civil, disait Blaire. – ben, mon pauv’ vieux, ça doit salement te changer ! dit Barque. – Heureusement, renchérit Tirrette, parce qu’alors, en fait de gosses, tu f’rais des petits nègres à ta femme ! Blaire se fâcha. – Qu’est-c’ que tu m’embètes, toi ? Et pis après ? c’est la guerre. Et toi, face d’aricot, tu crois p’t’etre que ça n’te change pas la trompette et les manières, la guerre ? Ben, r’garde-toi, bec de singe, peau d’fesse ! Faut-il qu’un homme soye bête pour sortir des choses comme v’la toi

J'ai eu du mal à m'habituer, mais j'avoue vers la fin du livre je le lisais bien plus couramment. Comme quoi.

La première moitié du bouquin est très "calme". Je me disais jusque la qui avait eu une guerre plutôt "bonne" (désolé pour l'expression). ça reste affreux, triste, parfois macabre, mais on est loin des carnets de Verdun. On a un peu de tranché, mais il raconte surtout sur ses amis poilus, les conditions de vie, mais en secondes lignes. Puis la permission, l'embarquement, l'attente, le glandage, le barda etc.... C'est déja souvent cruel, mais ça reste (dans un livre) supportable. Quelques chapitres sont durs cependant, comme celui qui visite son village qui est rasé jusqu'au sol et ou il ne reconnait plus rien.

Puis vient le chapitre éponyme, la charge, le bombardement en pleine face, le corps à corps, les meurtres "gratuits". On pleure interieurement pour ces hommes. Mais il ne nous lache pas la, on poursuit avec l'hopital souterrain bombardé, la corvée en première ligne etc... Ces passages sont vraiment très très durs, superbement écris et on est presque essoufflé en ressortant de toutes ces épreuves. Tout ces hommes attachants qu'il a dépeint au fil des pages, avec leurs spécificités, meurent subitement, ou sont retrouvé morts dans l’indifférence totale. Il n'épargne aucun détail, des plus macabres aux plus étrange, il les dépeint sans aucune retenue.

En parlant de chapitre d'ailleurs, j'ai eu du mal à rentrer dans le livre à cause d'eux. On passe d'une tranchée à la permission, d'une corvée à une grange. Y'a bien parfois une sorte de continuité, et les personnes sont communs, mais je pense que pour mieux apprehender le livre il faut prendre chaque chapitre comme une nouvelle. Certaines de 3 pages, d'autres de 40. C'est bien plus facile ainsi et on ne cherche pas de lien entre eux.

Le livre se fini sur un chapitre que j'ai peu aimé malheureusement. Les hommes, hagards, allemands et français réunis dans le même trou après une inondation discutent du mal de la guerre, de la paix, de l'égalité. Chapitre nécessaire, Barbusse étant un socialiste/pacifiste (puis communiste), mais j'ai trouvé ça bancal, les ficelles énormes et surtout ça terni la véracité et l’authenticité de l'ensemble.

Mais ce n'est pas grave, ça n'en reste pas moins un formidable recit, qui à le mérite de présenter tout les aspects de la guerre, de l'horreur à la joie d'être ailleurs.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 2, 2014 12:33 PM CET


Les Tribulations d'un Chinois en Chine
Les Tribulations d'un Chinois en Chine
par Jules Verne
Edition : Poche
Prix : EUR 4,37

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Moyen pour du Verne, 24 novembre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Tribulations d'un Chinois en Chine (Poche)
Kin-Fo, chinois de Shanghai s'ennuie royalement. Il a tout dans la vie, mais ne ressent plus rien. Tout le fatigue et rien ne le distrait. Comme il dit, toute émotion l'a quitté. En apprenant sa ruine après un crash boursier il décide de se suicider, car au final sa vie n'est qu'ennui, et ennui + pauvreté n'a pas vraiment l'air de l’intéresser. Mais au lieu de bêtement se tirer une balle ou avaler du poison, il demande à son ami de toujours de le tuer avant 3 mois, ce qui d'après lui, lui permettra d'avoir quelques émotions d'attendre la mort à chaque minutes... tout en souscrivant à une assurance vie pour dédommager son entourage très rapidement.

Voila globalement, idée sympatique j'ai trouvé et à fort potentiel. Bien sûr moult rebondissement, du voyage, des péripéties etc... on est dans du Verne quand même.

Ayant lu une bonne 10ène de Verne, je dois dire qu'il fait partie de la pile basse du panier. C'est pas toujours terrible. Déja très long à démarrer, il faut 50 pages d'interminables descriptions avant que ça commence à se mettre en place. Suit les 2/3 du bouquin, où malgré quelques aventures on s'ennuie un peu, ça manque de folie Vernesque, de technologie avant-gardiste et un peu de rythme parfois. C'est pas mal consacré à une balade en chine, avec beaucoup d'énumerations et de descriptions de choses chinoises, et donc pas toujours connues, telle la flore ou differentes embarcations. Il manque un petit quelque chose pour que ça soit plus passionant, j'avoue j'ai pas mal baillé pendant les 2/3. Faut dire les noms de villes, bateau ou fleuve chinois c'est pas toujours passionnant, ni facile à enchainer dans la lecture.

Les personnages sont relativement plat, surtout le héro, peu attachant, blasé, pas agréable et qui maltraite son esclave. Il est suivi par un duo à la Dupont et dupond, qui sauve un peu cette fresque assez inhabituelle de sa part. La ou il met souvent des gens au caractère fort, aux idées bien précises et globalement charismatique, la ça fait tout drôle.

Vient donc un peu péniblement le dernier quart, que j'ai adoré. On dirait que c'est Verne lui même qui reprend enfin les rênes, on retrouve la ses idées farfelues, les innovations de son siècle, l'aventure s'emballe, reprend du souffle, et c'est très agréable après m'être un peu assoupi pendant 200 pages, qui sans être mauvaises (j'insiste) ne sont clairement pas ses meilleures productions.

Fin classique de ses livres, virage à 180, happy ending, sortez les mouchoirs. C'est naïf, mais ça m'amuse à chaque fois, surtout qu'a force on grille la fin généralement vers la 20eme page. Mais ce qui compte c'est le voyage et pas la destination comme on dit.

Voila, comparé à un 5 semaines en ballon, le tour du monde en 80 jours voir l'ile mysterieuse c'est moyen, et qui plus est j'ai eu beaucoup de mal à me plonger dans cette Chine, la ou j'ai adoré aller sur son ile, dans sa russie ou dans son afrique sauvage.


Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire
Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire
par Jonas JONASSON
Edition : Poche
Prix : EUR 7,70

10 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Très sympatique, 22 novembre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire (Poche)
Allez, j'avoue tout. J'ai acheté ce livre uniquement pour sa couverture et son titre crétin... Et pas de regrets !

2 mai 2005, Allan, 100 ans se fait la malle de la maison de retraite pour échapper à son anniversaire. Il en profite pour piquer sur un coup de tête une malette fermée à un membre d'un gang de biker. Et c'est partit pour 500 pages allant de la suède à bali.

Le bouquin est construit à la manière d'un forest gump, alternant passage en 2005 et reconstruction du passé du vieux. Le temps moderne est un melting pot de pseudo polar et de road movie, le vieux fuyant toujours plus loin les emmerdes, la police et la marâtre de la maison de retraite. En dire plus serait cruel. Mais c'est complètement barré, on y croise un elephant, des gangsters crétins ou un vendeur de saucisse presque sur-diplômé. Le reste est donc le recit chronologique de sa vie. Vie Ô combien énorme et rocambolesque, il va grosso modo rencontrer tout les leaders du monde, participer à des projets immenses et globalement faire n'importe quoi, tant qu'on lui parle pas de politique et qu'il a de l'eau de vie et à manger. C'est bien sur complètement abusé et démesuré, mais c'est ce qui fait le charme de l'histoire.

Le bouquin est bourré d'humour, de cynisme, de second de gré, de qui proquo, c'est vraiment souvent complètement loufoque et crétin, c'est rare que je rigole d'un bouquin, mais la c'est vraiment drôle et subtil, avec du comique de paradoxe, de situation etc... J'ai trouvé l'humour très bien intégré et assez intelligent.

Très bon bouquin donc, mais 2/3 trucs m'ont chagriné.

Primo le style littéraire, j'ai bien aimé, mais ce sont de courtes phrases, très simples, parfois un peu trop. On est plus proche du petit nicolas que des misérables. ça pourrait en choquer certains. ça colle bien au bouquin, mais c'est à prendre en compte.

Secondo quelques petites lenteurs. Je dis bien lenteurs et pas longueur, j'aime faire la difference. Parfois l'auteur oublie de glisser un peu d'humour et on se retrouve à patauger pendant 8/10 pages dans une sorte de faux rythme. Rien de grave, mais il aurait pu retravailler un peu plus ces rares moments.

Globalement un livre très agréable, à l'humour fort, une histoire qui se laisse suivre, passé un bon moment quoi.


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