Profil de Lao > Commentaires

Fiche d'identité

Contenu rédigé par Lao
Classement des meilleurs critiques: 1.959
Votes utiles : 319

Chez vous : découvrez nos services personnalisés en pages d'aide !

Commentaires écrits par
Lao "Xiao Ren" (la Reunion)

Afficher :  
Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10
pixel
Musique pour caméléons
Musique pour caméléons
par Truman Capote
Edition : Poche
Prix : EUR 7,90

3.0 étoiles sur 5 Léger, 8 juillet 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Musique pour caméléons (Poche)
Un mélange curieux, sans être indigeste, de nouvelles a-morales, des portraits de personnages originaux sur lesquels Capote se refuse à porter un jugement, de roman-vérité qui hésite entre le polar et la critique sociale et de conversations plus ou moins inspirées.
L'écriture extrêmement maîtrisée passe allègrement de la tragédie au théâtre de boulevard. Si les histoires se situent entre 1950 et 1970, elles donnent toutes le sentiment d'être enfermées dans un 19 ème siècle qui aurait emprunté nos codes et la trivialité du 20 ème. Capote s'y met en scène avec un art consommé du badinage.


Le Sud et autres fictions
Le Sud et autres fictions
par Jorge Luis Borges
Edition : Broché
Prix : EUR 2,00

3.0 étoiles sur 5 Stylé, 25 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Sud et autres fictions (Broché)
Un opuscule de 6 nouvelles de bonne facture tirées de "Fictions" (1944) dans lesquelles Borges s'amuse à abandonner l'Homme dans une série de mondes labyrinthiques et vertigineux.
Constructions intellectuelles, narration autocentrée et teintée de réalité magique qui rappelle Edgar Allan Poe.
Style érudit, un peu daté.
Une approche fidèle de son univers.


Le Vagabond américain en voie de disparition, précédé de : Grand voyage en Europe
Le Vagabond américain en voie de disparition, précédé de : Grand voyage en Europe
par Jack Kerouac
Edition : Poche
Prix : EUR 2,00

4.0 étoiles sur 5 Détours, 22 juin 2014
Opuscule de 90 pages comprenant deux textes tirés du "Vagabond solitaire" (1960).
- Le "Grand voyage en Europe" (p.9 à 72) retrace quelques péripéties d'un voyage de Kerouac entre le Maroc et la Grande-Bretagne, en passant par la France des 30 glorieuses. Style alerte et plein d'invention qui alterne échappées poétiques et trivialités, culture et clichés,
- "Le vagabond" (p.73 à 92), amusante défense de l'errance comme mode de vie et méthode de compréhension du monde mise à mal par les temps modernes.


Notes de Hiroshima
Notes de Hiroshima
par Ôé Kenzaburô
Edition : Broché
Prix : EUR 6,80

3.0 étoiles sur 5 Bonne cause, 18 mai 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Notes de Hiroshima (Broché)
Sept articles d'une trentaine de pages de qualité variable.
Les premiers voyages de Ôé à Hiroshima déconcertent par l'intérêt porté aux calculs politiques locaux, qui ne disent rien ou presque sur ce qu'un lecteur occidental vient chercher à propos de la tragédie. Beaucoup de répétitions, de détours, de perplexité, d'ennui, le tout desservi par une traduction où tout paraît trop lisse.
Deux articles dénotent par leur recul et leur intelligence :
- "De la dignité", où les contradictions japonaises concernant Hiroshima (culpabilité/indignation) sont plus finement analysées et où l'auteur lui-même écarte toute idée de pitié en faveur d'une large compassion qu'il voudrait universelle,
- l'article final "Encore d'autres voyages" où, par une série de témoignages des victimes de la bombe, Ôé passe du rôle de journaliste effectuant un reportage à celui d'acteur apportant son engagement concret à leur cause.


L'oeil qui voyage
L'oeil qui voyage
par Henry Miller
Edition : Broché
Prix : EUR 7,40

2.0 étoiles sur 5 tropicalamiteux, 21 février 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'oeil qui voyage (Broché)
L'ouvrage réunis quatre petits textes :
- Dérive aux Everglades, récit des déambulations du jeune Miller dans l'Amérique d'avant-guerre, dont la naïveté ne déparerait pas la copie d'un élève de CM2,
-De Dieppe à Newhaven, récit enjoué des mésaventures de l'écrivain lorsqu'il s'aventura à traverser la Manche pour rejoindre l'Angleterre,
- Une lettre, ou les impressions brouillonnes et pesantes de sa rencontre avec un peintre, et ce qu'il convient d'en penser,
- La tarte lumineuse, retour acide et désabusé de Miller dans son Amérique natale.
De tout cela, seul le second échappe à une pensée désincarnée, à un style abstrait et à une impression de déjà vu désastreuse.


Nord-Michigan
Nord-Michigan
par Jim Harrison
Edition : Poche
Prix : EUR 6,60

Aucun internaute (sur 1) n'a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 Ras le Nord !, 1 janvier 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Nord-Michigan (Poche)
Au moins, cette fois, le titre de l'ouvrage est explicite et ne triche pas avec son contenu.
Pour un lecteur qui découvrirait Harrison par le biais de celui-ci, l'intérêt ne serait sans doute pas tout à fait absent. C'est un roman classique et gentillet sur la crise de la quarantaine qui, écrit par tout autre que lui, n'aurait pas à rougir outre-mesure de ses facilités.
Hélas, pour un lecteur déjà habitué à cette prose, le rabâchage permanent des mêmes thèmes, des mêmes décors (Nord-Michagan, forcément), des mêmes personnages (le pauvre doc alcoolique est encore du voyage), et des mêmes sentiments confinent à l'escroquerie. Quand, de surcroît, Harrison perd ici toute espèce d'ambition littéraire pour donner un récit confit dans le formol et les conventions, on s'indigne d'une pareille indigence imaginative et d'un recyclage ad-nauseum de tout ce décor d'opérette pour naturaliste en herbe.


«Je vivais seul, dans les bois»
«Je vivais seul, dans les bois»
par Henry David Thoreau
Edition : Broché
Prix : EUR 2,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 La Voie de la solitude, 1 janvier 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : «Je vivais seul, dans les bois» (Broché)
On comprend en lisant Thoreau toute l'admiration que lui voue Jim Harrison et leur passion commune pour les grands espaces et la nature sauvage.
Cet opuscule, en fait le premier chapitre de son oeuvre majeure (Walden), se compose de deux parties :
- des considérations acides sur le monde contemporain d'alors (moeurs, mode, coutumes…)
- le récit d'une expérience de vie en solitaire, d'où le titre.
La première laisse dubitatif par la confusion de l'expression, pour ne pas dire de la pensée, enchaînant sans ordre des critiques qui se refusent toujours d'être politiques.
La seconde, plus fraîche et plus vraie, laisse entrevoir la complexité d'un personnage haut en couleur, pour qui le progrès, le paraître et les conventions sociales sont autant de voiles qui masquent les véritables aspirations de l'Homme et contribuent à l'en éloigner : "Nos inventions ont coutume d'être de jolis jouets, qui distraient notre attention des choses sérieuses" (p.81), "Pour les pyramides, ce qu'elles offrent surtout d'étonnant, c'est qu'on ait pu trouver tant d'hommes assez avilis pour passer leur vie à la construction d'une tombe destinée à quelque imbécile ambitieux" (p.89), "Lorsqu'il m'est arrivé de rencontrer un immigrant qui chancelait sous un paquet contenant tout son bien -énorme tumeur, eût-on dit, poussé sur sa nuque- je l'ai pris en pitié, non parce que c'était, cela, tout son bien, mais parce qu'il avait tout cela à porter" (p.102).


Tristessa
Tristessa
par Jack Kerouac
Edition : Broché
Prix : EUR 5,60

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Mexican roots, 8 décembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Tristessa (Broché)
"Ce que vous faites ne sert à rien, disait Gandhi, mais il est indispensable que vous le fassiez".
Il y a chez Kerouac la vibration de ces quêtes futiles et vouées à l'échec, qui seules peuvent permettre d'entrevoir une autre vie. Baroudeur de la littérature, il livre ici un portrait atypique, attachant, déstructuré, sans véritable début ni fin, une sorte d'aquarelle féminine délavée, un parfum capiteux et tenace, rongé par le temps et la mort, d'une beauté sensuelle et désespérée.
Au prix de quelques facilités de langage et de certaines maladresses ("Depuis le commencement des temps et jusque dans l'infini du futur, des hommes ont aimé des femmes sans le leur dire et le Seigneur les a aimés sans le leur dire, et le néant n'est pas le vide puisqu'il n'y a rien avant", p. 70), Kerouac surprend au détour d'une ligne par la nouveauté fulgurante de son langage ("No te molesta, mais je la laisserais me molester, moi - Old Bul m'observe par-dessus ses lunettes et ses papiers, j'ai encore tout bousillé avec la mama, Oedipus Rex, je m'arracherai les yeux demain matin…" p. 109). Dans ce monde glauque, peuplé de junkies au bord du gouffre, le portrait de Tristessa se métamorphose en une sorte d'attente mystique, une rédemption qui ne peut avoir lieu.
On mesure en lisant Kerouac ce que d'autres écrivains lui doivent, notamment Harrison ou Mc Carthy et l'on rêve des écrits qu'aurait laissé un Nicolas Bouvier alcoolique et morphinomane.


Les rêves des autres
Les rêves des autres
par John Irving
Edition : Poche
Prix : EUR 6,70

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Irving morne plaine, 28 octobre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les rêves des autres (Poche)
John Irving n'a ni la sincérité égrillarde de Jim Harrison ni la cruauté sensuelle de Carver.
Son talent de conteur un peu appliqué est au service d'existences modestes, ternes, grises et provinciales qui donnent au cinq nouvelles de ce recueil une atmosphère désuète qu'on croirait sortie d'un médiocre téléfilm. Il ne se passe rien, ou presque. Les personnages s'observent, ni complices, ni ennemis. Au mieux, ils tentent de fixer les limites de leur propre univers dans le regard des autres, d'aménager en somme leur prison intérieure et leur confort bourgeois.
Les deux derniers textes, de loin les plus intéressants, se donnent pour autobiographiques. Plus justes, plus alertes, plus drôles et plus récents, ils corrigent une première impression assez décevante.


Dans le scriptorium
Dans le scriptorium
par Paul Auster
Edition : Poche
Prix : EUR 6,60

3.0 étoiles sur 5 Miroir déformant, 22 octobre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Dans le scriptorium (Poche)
Oeuvre conceptuelle et sans âme dans laquelle Auster a le mérite d'ouvrir au lecteur plusieurs pistes d'interprétation possible (qu'il se garde de valider) et la prétention de rivaliser avec Kafka.
L'écriture est très maîtrisée. C'est froid, classique, rétrograde.


Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10