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JiMorrison27

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L'Âne Culotte
L'Âne Culotte
par Henri Bosco
Edition : Poche
Prix : EUR 6,20

2 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 L'âne Culotte, 29 février 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Âne Culotte (Poche)
« [...] M. Cyprien était là. Je le voyais mal, lui aussi. Il ne disait rien. Il me regardait. Mon épouvante monta en moi comme une panique et la honte en activait les mouvements. Je ne pleurais pas. J'étais incapable de ces manifestations grossières ; je baissais la tête ; j'avais perdu mon corps ; je me bornais à être là ; car il n'y avait plus, en moi, et de moi, que mon être... Je ne savais comment dire ma peine. M. Cyprien se tenait près de moi. Un peu voûté, silencieux... Je le distinguais mal. C'était une Ombre, un vieillard irréel, détaché de moi et perdu pour toujours.
Le lien qu'il avait établi entre mon épouvante et son amitié pitoyable, cette vieille main calme, maintenant ne me touchait plus, et j'étais seul.
J'avais oublié Peirouré, ma maison, ma famille, Anne-Madeleine ; et mon désespoir me retenait là, dans l'attente d'une parole de pardon, pour me détacher de ma faute et me rendre à moi-même.
M. Cyprien maintenant semblait se parler à voix basse, marmonner des mots confus, hors de ma portée. Alors je sentis un souffle humide ; l'âne était près de moi. Il était survenu en silence. Le vieillard me fit signe de l'enfourcher. J'obéis. J'allais quitter Belles-Tuiles. La douleur me tordait la gorge.
- Monsieur Cyprien ! implorai-je encore.
Il secoua ma tête, puis je l'entendis qui me disait :
- Pour moi, je te pardonne ; mais, vois-tu, mon enfant, il ne faut pas toucher au Paradis.
Et il disparut [...] »


L'Oeuvre
L'Oeuvre
par Marie-Ange Voisin-Fougère
Edition : Poche
Prix : EUR 5,10

Aucun internaute (sur 1) n'a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 L'Oeuvre, 29 février 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Oeuvre (Poche)
« [...] Par un phénomène constant, son besoin de créer allait ainsi plus vite que ses doigts, il ne travaillait jamais à une toile, sans concevoir la toile suivante. Une seule hâte lui restait, se débarrasser du travail en train, dont il agonisait ; sans doute, ça ne vaudrait rien encore, il en était aux concessions fatales, aux tricheries, à tout ce qu'un artiste doit abandonner de sa conscience ; mais ce qu'il ferait ensuite, ah ! ce qu'il ferait, il le voyait superbe et héroïque, inattaquable, indestructible. Perpétuel mirage qui fouette le courage des damnés de l'art, mensonge de tendresse, et de pitié sans lequel la production serait impossible, pour tous ceux qui se meurent de ne pouvoir faire de la vie ! [...] »


Nécropolis
Nécropolis
par Herbert Lieberman
Edition : Poche
Prix : EUR 8,00

3.0 étoiles sur 5 Necropolis, 29 février 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Nécropolis (Poche)
« [...] Jamais il n'avait remarqué à ce point combien la morgue était proche du fleuve. L'idée lui vient tout à coup qu'elle n'a pas été bâtie là par hasard, que depuis toujours et dans le monde entier les morgues ont été construites sur les rives ou à proximité des grands fleuves. De même, toutes les grandes nécropoles de l'Antiquité...Et enfin, suprême merveille d'efficacité technologique Hiroshima et ses centaines de milliers d'êtres humains incinérés en un éclair. Il voit tout cela. Tous ces champs funéraires. Toutes ces tombes soudain ouvertes et béantes,. Toutes ces âmes qui soudain défilent devant lui charriées par le fleuve qui passe sous sa fenêtre [...] »


Les Hauts de Hurle-Vent
Les Hauts de Hurle-Vent
par Emily Brontë
Edition : Poche
Prix : EUR 5,60

2 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Les Hauts de Hurle-Vent, 25 février 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Hauts de Hurle-Vent (Poche)
« [...] Mes grandes souffrances dans ce monde ont été les souffrances de Heathcliff, je les ai toutes guettées et ressenties dès leur origine. Ma grande raison de vivre, c'est lui. Si tout le reste périssait et que lui demeurât, je continuerais d'exister ; mais si tout le reste demeurait et que lui fût anéanti, l'univers me deviendrait complètement étranger, je n'aurais plus l'air d'en faire partie. Mon amour pour Linton est comme le feuillage dans les bois : le temps le transformera, je le sais bien, comme l'hiver transforme les arbres. Mon amour pour Heathcliff ressemble aux rochers immuables qui sont en dessous : source de peu de joie apparente, mais nécessité. Nelly, je suis Heathcliff ! Il est toujours, toujours dans mon esprit ; non comme un plaisir, pas plus que je ne suis toujours un plaisir pour moi-même, mais comme mon propre être. Ainsi, ne parlez plus de notre séparation ; elle est impossible, et [...] »


L'Annonce faite à Marie: Mystère en quatre actes et un prologue
L'Annonce faite à Marie: Mystère en quatre actes et un prologue
par Paul Claudel
Edition : Poche
Prix : EUR 6,20

3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 L'annonce faite à Marie, 22 février 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Annonce faite à Marie: Mystère en quatre actes et un prologue (Poche)
« [...] VIOLAINE :
Ne suis-je pas assez belle en ce moment, Jacques? Que me demandez-vous encore?
Que demande-t-on d'une fleur
Sinon qu'elle soit belle et odorante une minute, pauvre fleur, et après ce sera fini.
Le fleur est courte, mais la joie qu'elle a donnée une minute
N'est pas de ces choses qui ont commencement ou fin.
Ne suis-je pas assez belle? Manque-t-il quelque chose? Ah ! Je vois tes yeux, mon bien-aimé! Est-ce qu'il y a rien en toi qui en ce moment ne m'aime et qui doute de moi?
Est-ce que mon âme n'est pas assez? Prends-la et je suis encore ici et aspire-la jusques aux racines qui est à toi!
Il suffit d'un moment pour mourir, et la mort même l'un dans l'autre
Ne nous anéantira pas plus que l'amour, et est-ce qu'il y a besoin de vivre quand on est mort?
Que veux-tu faire de moi davantage? Fuis, éloigne-toi! Pourquoi veux-tu m'épouser? Pourquoi veux-tu
Prendre pour toi ce qui est à Dieu seul?
La main de Dieu est sur moi et tu ne peux me défendre!
O Jacques ; nous ne serons pas mari et femme en ce monde! [...] »


Elise ou la vraie vie
Elise ou la vraie vie
par Claire Etcherelli
Edition : Poche
Prix : EUR 6,80

Aucun internaute (sur 1) n'a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 Elise ou la vraie vie, 22 février 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Elise ou la vraie vie (Poche)
« [...] Anna, ce n'est qu'un décor, une construction habilement montée, un mensonge, une illusion. Anna mise à nu, il reste un corps, maigrement perché, deux seins naissants, le teint ingrat des filles passionnées, des yeux larges et trop écartés, d'énormes cicatrices laissées dans le cou par des glandes de croissance, une grande paresse, un orgueil qui trouve son compte à de spectaculaires humiliations, un besoin permanent de lit, de chaleur, de sommeil, une indifférence non feinte à la nourriture, quelques longs cheveux surmontant le tout. Anna, c'est une imagination démesurée qui se voit telle qu'elle n'est pas et se construit telle qu'elle se voit. Anna, pour Lucien, c'est un roseau fragile. Tout est fabriqué. Ses cheveux qu'elle crêpe, ses cils qu'elle colore, ce visage qu'elle façonne en collant ses cheveux sur les joues suivant une ombre bien calculée, ses yeux qu'elle dessine, son teint faux, ses seins pointus sous le tricot. Lucien est-il dupe? Aime-t-il l'image qu'elle lui offre ou la véritable Anna, ratée par le créateur, attendrissante dans ses efforts? Avec lui, elle peut user de tous ses effets. Elle s'est clouée au mur de son esprit comme un papillon rare. Et, prisonnière de l'image, elle ne se montre à lui que prête à jouer son rôle. Elle se lève la nuit pour défaire son visage ; elle se lève au petit jour pour le préparer [...] »


Adieu, ma jolie
Adieu, ma jolie
par Raymond Chandler
Edition : Poche
Prix : EUR 7,90

1 internaute sur 5 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Adieu ma jolie, 22 février 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Adieu, ma jolie (Poche)
« [...] Au fur et à mesure que la sensibilité réintégrait mon corps, la douleur reprenait possession de ma tête, de mon cou et de mon bras. Pourtant je ne me rappelais rien à propos du bras. Relevant la manche du machin en coton, je l'examinai d'un œil vaseux : depuis le coude jusqu'à l'épaule, la peau était couverte de piqûres d'aiguilles. Chaque piqûre faisait comme un rond blanc de la taille d'une pièce de vingt sous.
La drogue! On m'en avait filé une cargaison pour me faire tenir tranquille. Et peut-être aussi de la scopolamine, pour me faire parler. Ils m'avaient trop bourré d'un coup. J'avais un mal du diable à m'en sortir. Certains s'en tirent, d'autres pas. Question de nature. C'est ça, la drogue.
C'était là l'explication de la fumée, des têtes miniatures dans la vasque de porcelaine, des voix, des idées baroques, doigts et de mes pieds gours. Le whisky devait probablement faire partie du traitement de 48 heures pour alcooliques. Ils l'avaient laissé trainer - en prime [...] »


Sur la route
Sur la route
par Jack Kerouac
Edition : Poche
Prix : EUR 8,40

3 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Sur la route, 21 février 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sur la route (Poche)
« [...] Dean avait le rouge au visage. On démarra sans un mot. C'était exactement nous inciter au vol que de nous piquer l'argent de notre voyage. Ils savaient que nous étions fauchés et n'avions pas de parents à taper sur la route ou par télégramme. La police américaine est engagée dans une guerre psychologique contre les Américains qui ne lui collent pas la frousse avec des papiers impressionnants et des menaces. C'est une police de style victorien ; elle guette derrière ses fenêtres puantes, elle enquête sur tout et n'importe quoi, et peut faire des crimes s'il n'y en a pas assez à son gré. « Neuf lignes de crime, une d'ennui », dit Louis-Ferdinand Céline [...] »


L'Adversaire
L'Adversaire
par Emmanuel Carrère
Edition : Poche
Prix : EUR 6,20

2 internautes sur 19 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 L'Adversaire, 21 février 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Adversaire (Poche)
« [...] Jusqu'alors maitre de lui, dominant en virtuose toutes les situations, l'affabulateur devenait humain, fragile. Le défaut de la cuirasse se révélait. Il avait rencontré une femme. Il l'aimait. Il n'osait pas lui avouer la vérité, il aimait mieux mourir que de la décevoir, il aimait mieux aussi mourir que de continuer à lui mentir. Corinne le regardait avec intensité. Elle prenait sa main. Des larmes coulaient sur leurs joues. Ils montaient en silence jusqu'à la chambre, ils étaient nus, ils faisaient l'amour en pleurant tous les deux et ces pleurs partagés avaient le goût de la délivrance. Il pouvait mourir désormais, ça n'avait plus d'importance, plus rien n'avait d'importance, il était pardonné, sauvé [...] »


Le Poète
Le Poète
par Michael Connelly
Edition : Poche

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4.0 étoiles sur 5 Le poète, 21 février 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Poète (Poche)
« [...] Grâce au ciel ! la crise - le danger est passé, et le malaise traînant est loin enfin - et la fièvre appelée "Vivre" est vaincue enfin.

C'est tristesse, je le sais, que d'être dénué de ma force, et je ne meus pas un muscle, moi qui gît de tout mon long, - mais n'importe ! - Je sens que je suis mieux à la longue.

Et je reste si posément maintenant dans mon lit, qu'un spectateur pourrait s'imaginer ma mort, pourrait tressaillir à ce spectacle, me croyant mort.

Geignement et gémissement - le soupir, le sanglot - sont maintenant apaisés, avec cet horrible battement du cœur : - ah ! cet horrible, horrible battement !

Le malaise - la nausée - l'impitoyable douleur - ont cessé, avec la fièvre appelée "Vivre" qui brûlait dans mon cerveau.

Oh ! et de toutes tortures - cette torture, la pire s'est abattue - la terrible torture de la soif pour le fleuve bitumineux de passion maudite : - j'ai bu d'une eau qui étanche toute soif ;

D'une eau qui coule avec des syllabes endormantes hors d'une source rien qu'à très peu de pieds sous terre - hors d'une caverne pas très avant située sous la terre.

Ah ! que jamais on ne dise - sottement - que ma chambre est obscure ni étroit mon lit ; car homme n'a jamais dormi dans un lit différent et, - pour dormir vous aurez juste à sommeiller dans un même lit.

Mon esprit à la Tantale ici se repose agréablement, oubliant ou ne regrettant jamais ses roses, - ses vieilles agitations de myrtes et de roses :

Car voici que, tout en gisant dans sa quiétude, il imagine une odeur plus sainte, alentour, de violettes - une odeur de romarin, entremêlé avec les violettes - avec de la rue et les belles violettes puritaines.

Il gît ainsi, heureusement baigné - par maint songe de la constance et de la beauté d'Annie - noyé dans un bain des tresses d'Annie.

Tendrement elle m'embrassa : affectueusement me caresse, et je tombai alors doucement pour dormir sur son sein, - dormir profondément à cause des cieux de son sein.

Et je gis si posément, maintenant, dans mon lit (connaissant son amour) que vous vous imaginez ma mort, que vous frémissez de me regarder, me croyant mort.

Mais pour mon cœur - il est plus brillant - que toutes les multiples étoiles du ciel - car il scintille par Annie, - il s'allume à la lumière de l'amour de mon Annie - à la pensée de la lumière des yeux de mon Annie. l'extinction de la lumière, elle me couvrit chaudement et elle pria les anges de me garder de tout mal, - la reine des anges de me parer de tout mal [...] » ( Edgar Allan Poe ).


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