Profil de Bruce Tringale > Commentaires

Fiche d'identité

Contenu rédigé par Bruce Tringale
Classement des meilleurs critiques: 54
Votes utiles : 3081

Chez vous : découvrez nos services personnalisés en pages d'aide !

Commentaires écrits par
Bruce Tringale (France)
(TOP 100 COMMENTATEURS)    (VRAI NOM)   

Afficher :  
Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11-20
pixel
Walking Dead, Tome 20 : Sur le sentier de la guerre
Walking Dead, Tome 20 : Sur le sentier de la guerre
par Robert Kirkman
Edition : Broché
Prix : EUR 13,95

19 internautes sur 25 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Un p'tit coup de mou Robert ?, 4 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Walking Dead, Tome 20 : Sur le sentier de la guerre (Broché)
Voici venir le volume qui va ravir les détracteurs de la série, ceux qui trouvent que Robert Kirkman tourne en rond depuis des années, que ses histoires suivent toujours le même schéma et qu’il serait temps d’achever les souffrances de Rick Grimes et ce qui lui reste d’amis.

Et force de constater, malgré toute notre affection pour cette série, que cette fois, ils auront raison.

Car on parle quand même d’un Arc intitulé Guerre Totale et que ce genre d’histoire de massacre après l’accalmie a toujours été le fort de la série.

Oh ! des coups de feu détonnent, des grenades explosent, quelques personnages secondaires rencontrent leur créateur et les zombies font leurs grand retour.

Pourtant, force est de constater que le plan de Rick est en dessous de ce que l’on pouvait attendre de 20 épisodes de préparation.

Que les affrontements manquent d’intensité et que tout ce petit monde meure dans l’indifférence générale voire d’un certain contentement du lecteur qui se débarrasse de quelques boulets qui venaient plomber la série, et dont Kirkman a peut être pressenti l’inutilité.

Le problème de cette histoire vient de là : la plupart des personnages venant combler le vide laissé par la disparition des grandes figures de la série n’étaient pas à la hauteur.

C’est d’ailleurs le point fort de la série TV: se détacher du focus porté sur Rick Grimes pour consacrer des épisodes entiers à ses copains…
Heureusement le vilain Negan est à la hauteur aussi imprévisible que surprenant, cruel que drôle et Kirkman a réussi à créer un psychopathe au caractère plus intéressant que le Gouverneur.

Il n’en reste pas moins qu’avant que Rick et lui règlent leurs comptes, il faudra que Kirkman se réveille un peu et se rappelle ce qui faisait le sel de sa série : l’impossibilité d’anticiper ce qui allait suivre, ce qui n’est malheureusement pas le cas ici.

Retrouvez l'intégralité de cette chronique sur mon blog : brucetringale.com
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (11) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 11, 2014 4:11 PM MEST


Magneto le Testament
Magneto le Testament
par Pak+Di Giandomenico
Edition : Broché
Prix : EUR 14,95

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Shoah !, 4 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Magneto le Testament (Broché)
Magneto est l’un des personnages les plus passionnants du l’univers Marvel. Ni bon, ni tout à fait mauvais, sa présence dans les Xmen induit souvent des combats souvent aussi physique qu’idéologiques.

Lorsqu’il apparaît pour la première fois chez les Xmen, Magneto est le stéréotype du vilain qui n’est là que pour s’opposer aux bons : impitoyable, veule, menteur, manipulateur.

Il faudra attendre une quinzaine d’années pour que Chris Claremont le recréateur des Xmen tel qu’on les connait et que l’on aime, remodèle entièrement le personnage.

C’est ainsi qu’au cours d’un combat somme toute routinier contre les hommes de Xavier, il est sur le point de tuer Kitty Pryde, l’adorable benjamine de 13 ans et juive de surcroît.

Il s’agit à mon sens de la plus belle scène des Xmen sous l’ère Claremont: Magnéto, d’habitude si arrogant fond en larmes, en proie à un syndrome post traumatique et craque durant un combat : du jamais vu !

Impuissant aux pieds d’une Tornade prête à l’exécuter, il confie être un rescapé de la Shoah et que la haine éprouvé envers ses bourreaux se répercute surs ses choix idéologiques.Traumatisé par le fait qu’une race ait pu disparaître à cause de la haine, il jure de protéger les mutants afin d’éviter que ne se reproduise le massacre.

Si ces intentions sont nobles, les méthodes radicales du Maître du Magnétisme en choquera plus d’un. Lui même admettra en s’attaquant à une enfant être devenu ce qu’il s’est juré de combattre : un despote raciste pas si différent d’Hitler.

En plus d’une réflexion passionnante induisant que les victimes peuvent devenir des bourreaux, Claremont invente progressivement un passé à ce personnage nouveau après 20 d’existence: Magneto a vu toute sa famille exterminée à Auschwitz, il en est un des rares survivants avec Magda la femme qu’il a sauvé.

De retour à la vie civile, des militants communistes le persécutent et causent accidentellement la mort de sa petite fille. Fou de douleur, Le jeune Magneto cède à la rage qui l’habite en déployant pour la première fois ses pouvoirs.

Terrorisée par cet homme qu’elle pensait aimer, Magda abandonne un Magneto désemparé qui rencontre en Israel un jeune Thérapeute idéaliste : un certain Charles Xavier …

Claremont que l’on a jamais assez remercié pour les aventures des Xmen qui nous ont tant fait rêver, fait rentrer la Shoah dans les Comics Books. Son choix de transformer un vilain d’operette en une victime de l’histoire qui se révolte est une une étape majeure de l’évolution du Comic Book que l’on oublie souvent.

Magnéto : Testament raconte l’histoire du jeune Magnéto en détail, ce qui n’avait jamais été fait.

Question de maturité ? Le Comics code en vigueur jusqu’en 2000 empêchait il la représentation des chambres à Gaz en format BD ? Manque de courage artistique ?

Toujours est il, qu’avec ce livre, Marvel frappe un grand coup et prouve que le Comics Books n’est pas seulement un vecteur de combat titanesques pour adolescent attardé ; Spiegelmann avec Mauss et Joe Kubert avec Yossel ont prouvé que Bande Dessinée pouvait s’accorder avec l’Histoire.

Attention ! Ici les pouvoirs de Magneto ne sont pas encore apparus . Qu’on ne s’attende pas à de l’Inglorious Basterds où l’on fait voler les Nazis !

Le projet , mené de main de maitre par Greg Pak est de se servir du seul personnage de BD Américaine ayant connu ces atrocités pour raconter aux jeunes générations le carnage Nazi.

Max est donc un jeune juif d’une dizaine d’années au moment des premières lois raciales. On y suit ses premières humiliations , son histoire d’amour tragique avec Magda , une jeune Gitane , puis de fil en aiguille , les réquisitions , l’étoile jaune , la traque des commandos de la mort et la déportation .

La dernière partie de Testament se situe donc à Auschwitz où le jeune Max est un homme par la force des choses et devient "Sonderkommando" , c’est à dire un prisonnier afféré aux taches jeter les corps de ses frères dans les fours crématoires …

Voilà , c’est terrible , c’est dur , c’est réaliste, c’est audacieux pour une industrie qui a tendance à ressusciter ses morts dès que les ventes chutent , on en ressort KO et les dessins sont bouleversants. Plus qu’un background à un personnage passionnant, Testament est une splendide oeuvre, courte, mais terriblement efficace.

L’édition Française est très bien même s’il manque le petit QCM présent dans l’édition Américaine demandant aux jeunes lecteurs de faire part de leurs impressions.

Elle a cependant le mérite d’offrir une traduction de qualité (rare chez Panini !) et une Postface émouvante et militante de Stan Lee ( Lieber de son vrai nom). Seul reproche : la couverture est poignante mais pêche sur un petit détail : il aurait été impossible dans la réalité pour Max de laisser sa main sur la clôture électrifiée …
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 5, 2014 7:10 PM MEST


Opium
Opium
par Laure Garancher
Edition : Relié
Prix : EUR 21,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 L'opium des peuples, 4 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Opium (Relié)
Elles ne sont pas si nombreuses les auteures de BD féminines. Encore moins salariées de l’OMS, parlant couramment cinq langues et dessinant le soir sur leur temps libre. Avec ce parcours atypique, Laure Garancher livre un deuxième album à son image : surprenant et original.

Opium relate une page sombre de l’histoire de la Chine : celle de la guerre de l’opium. L’empire britannique implanté en Inde réduit son déficit extérieur en exportant en chine des quantités effrayantes d’opium.
Outre le fait que des millions de chinois vont succomber à la drogue extraite du pavot, la Chine va réagir en détruisant vingt mille caisses de la drogue britannique.

Les représailles britanniques ne se font pas attendre et commencent en 1855 une chaîne d’événements qui vont aboutir à un conflit de 15 ans, 20 millions de morts (autant que pour la 2ème guerre mondiale !) et le début de la chute de l’empire chinois.
Notre histoire débute en 1855. Mei Ju est une femme aussi belle que brillante.

Elle maîtrise à la perfection les arts martiaux et pour obéir à son père haut gradé de l’empire, elle accepte de consacrer sa vie à laver l’honneur de son pays mis en déroute par les anglais. Pendants des années Mei Ju va donc apprendre l’anglais, l’histoire britannique, les arts martiaux et ceux de la séduction. Infiltrée chez un haut trafiquant d’opium, Mei Ju va à la fois espionner l’ennemi et jouer avec les enfants de l’adversaire.

L’ambivalence va battre son plein lorsqu’une passion amoureuse l’entraîne, elle qui a maîtrisé l’art du contrôle comme personne, dans les bras d’un artiste anglais. Mei Ju va devoir choisir entre le devoir et l’amour, la raison et la passion, la vie d’une aventurière ou d’une femme au foyer.
Ce choix aura des répercussions inattendues sur la vie de sa soeur jumelle retirée dans un monastère, à l’abri des tourments de l’Histoire.

Ce qui est immédiatement remarquable dans cet album est son parti pris esthétique : Garancher maîtrise un art pas si naïf qu’au premier abord puisqu’elle n’est jamais avare de décors et d’enluminures de l’époque.
Que ce soit dans les scènes de marché, dans le quartier résidentiel britannique ou au monastère, Garancher, derrière la fausse simplicité de son trait, livre des costumes et des cadres travaillés.

Si le langage corporel et les regards sont volontairement figés , les angles de vue choisis témoignent d’une solide expérience esthétique.Enfin, le parti pris de délaver les couleurs et de donner au papier un effet jauni de parchemin permet une véritable immersion dans une histoire que l’on dévore de bout en bout.

Côté scénario, le parti pris de Garancher est aussi singulier qu’exotique : de l’espionnage, des grands sentiments, un peu d’action, des réflexions sur l’art et un amour authentique pour ce pays. On se laisse très vite emporter par le récit et le moindre des talents de Garancher est de produire l’étonnement de son lecteur.

Car voici un récit historique plein de fureur raconté avec sérénité par son auteure. Un récit d’espionnage sans violence. Des personnages blessés sans effusions de sang. Du romantisme sans mièvrerie.
Notre scénariste n’est jamais là où on l’attend. Alors que le lecteur attendait un récit d’espionnage, voici qu’elle délivre une poignante histoire d’amour contrariée.

Et jouer des clichés de son histoire : tourments, triangle amoureux, destins contrariés, certes, mais les réactions des personnages ne sont jamais conformes à ce que l’on pourrait attendre d’une romance à l’occidentale.

Garancher dissèque le sens de l’honneur à l’épreuve de la réalité, le sacrifice de l’individu pour le collectif et un certain éloge de la fuite dans un pays à feu et à sang.

Pour autant, l’album n’est pas dénué de défauts : quelques bulles de pensées et des dialogues un peu scolaires. Et le parti pris de favoriser le conflit intérieur au conflit du pays. Mei Ju s’oppose à la cupidité des occidentaux sans que cela soit réellement montré par son auteure.

Notre héroïne pleure à l’évocation des actes de violence des anglais à l’encontre de son peuple sans que cela ait été représenté sur papier. Lorsque les soldats français saccagent le Palais d’été, le père de notre héroïne se fait…tirer les cheveux. Loin de nous l’envie de voir des bains de sang à chaque page, mais les actes de barbarie que combat Mei Ju ne sont pas à la mesure de ce qui est représenté.

En cela le parti pris de Garancher a les défauts de ses qualités : le parti pris contemplatif de son auteur n’est pas toujours raccord avec la violence de l’époque. Avec un peu plus de pages, d’expérience ou tout simplement d’envie, Garancher aurait pu d’avantage articuler ses personnages fictifs à leur époque à la manière d’un Tezuka sur les 3 Adolfs.

Mais sachons relativiser : le chef d’oeuvre de Tezuka faisait 800 pages et marquait l’accomplissement d’un auteur dans un art moins naïf qu’il en avait l’air, Laure Garancher n’a que 33 ans et toute sa carrière devant elle.

Ces défauts mineurs n’entament en rien le plaisir de lecture d’événements trop peu connus et qui rappelle qu’avant le pétrole, nos démocraties n’hésitaient pas à détruire une culture, asservir ses habitants pour satisfaire ses besoins économiques et son rapport à la jouissance.

Doté d’un scénario basé sur de solides connaissances historiques, Opium est une excellente lecture hypnotisante qui vous transportera au pays du soleil levant dès la première page. Et qui n’est pas sans rappeler par moment un autre album d’un reporter belge au pays du lotus….

L'intégralité de ce commentaire et bien d'autres en images sur le blog : brucetringale.com


Gen d'Hiroshima Vol.3
Gen d'Hiroshima Vol.3
par Keiji Nakazawa
Edition : Broché
Prix : EUR 15,30

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 L'enfant de l'Atome, 1 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Gen d'Hiroshima Vol.3 (Broché)
Attention ce commentaire révèle la fin du premier tome et des moments clés des trois volumes !

Alors que la bombe atomique et le traumatisme qui en découla fut le prétexte à de multiples allégories, le départ de récits d’horreur, de science fiction ou de super héros ( bombe à rayon gamma, araignée radioactive, mutations), on peut s’étonner que peu de bande dessinées aient traité directement d’Hiroshima.

Moins larmoyant que le Tombeau des lucioles, Gen décrit la vie d’un petit garçon apres que sa famille ait été décimée par la bombe.
Préfacé par Art Spiegelman, ce premier volume présente les personnages et introduit à chaque page des séquences d’humour permettant au lecteur de supporter l’insupportable.

Car le moins que l’on puisse dire, c’est qu’avant l’explosion de la bombe, la vie des japonais était déjà impossible.Tout au long de ce récit autobiographique, Nakazawa revient sur la famine ravageant le Japon et sa famille. En plus de l économie en crise, il est montré en effet que la nourriture était impitoyablement rationnée pour nourrir les soldats.

Et que, question racisme, bourrage de crâne ( culte de la personnalité de l’empereur, sacrifice pour la nation) le Japon d’Hirohito n’avait pas grand chose a envier à l’Allemagne d’Hitler.Les meilleures pages de cet opus sont consacrées à la persécution que la famille de Gen du fait du pacifisme de son père. Voici un personnage à la droiture admirable, à l’humanisme visionnaire.

Et si Gen peut être répétitif sur la longueur, la force de l’auteur est de créer une empathie immédiate pour cette famille martyre. Et de multiplier les sous couches de lectures. Outre la famille de Gen, on peut suivre de longues parenthèses sur la confrontation de nobles idéologies (le pacifisme) à la violence, la capacité à continuer d’aimer malgré la haine, le destin émouvant d un kamikaze terrifié a l’idée de sa mort prochaine.

Et cette question en filigrane qui choque l’auteur de Mauss en préface. La bombe a t’elle finalement sauvé plus de vie qu’elle en a détruit ?
Car à la la lecture du fanatisme du gouvernement japonais qui envisageait de sacrifier toutes les vies d’une nation pour sauvegarder l’honneur de son empereur, on aurait bien envie de répondre par l’affirmative !

Des femmes qui se jettent du haut de falaises avec leur bébé, des soldats balançant des grenades sur des enfants pour leur éviter le déshonneur, des kamikazes dont la mort ne sert a rien, des moyens militaires grotesques face à la puissance américaine, la famine des civils, le Japon avant la bombe n’en en finit plus de s’auto-mutiler.

Il faudra ce terrible drame pour que le Japon capitule. A ce titre, Spiegelman reproche d ailleurs a notre auteur son indulgence envers les Etats-Unis alors qu’il charge la mule contre son propre pays. Nakawaza prend aussi une certaine liberté historique en dessinant Einstein lors de l’élaboration de la bombe.
Le style graphique a beaucoup vieilli et tout y est très mignonnet : des yeux énormes, des bouches ouvertes, des expressions faciales angéliques.

Pourtant, le lecteur au vu de l’ énergie du récit ne peut que se sentir happé par le calvaire de cette famille, qui au moment de l’explosion de la bombe a déjà une vie de souffrances derrière elle.

Ce style propret permet de supporter la violence extrême des événements, notamment la fin ou notre ami voit sa famille coincée sous les décombres de sa maison et succomber lentement aux flammes…Les deux autres volumes ne sont pas en reste : après l’explosion, nos amis n’ont pas une minute de repos ! La lutte contre la faim se poursuit.

Dans le volume 2, la mère de Gen accouche et la venue d’une nouvelle vie tourne à la panique : faut il laisser vivre un enfant dans un pays ravagé par la bombe atomique ? Comment nourrir un bébé alors que l’on crève de faim ?
Celle pour la dignité également. Nakazawaka décrit en effet l’épouvantable racisme qui règne dans son pays à l’époque : les coréens vus comme des sous hommes sont refoulés des hôpitaux qui se réservent le droit de garder leurs médicaments pour les vrais japonais !

L’épouvantable mesquinerie des îles survivantes non touchées par la bombe qui traitent les victimes de la bombe comme des parias en les traitant de monstres, de rebuts génétiques et de mendiants ! Les personnes qui vont héberger Gen et sa famille vont tout faire pour les racketter, les humilier et les mettre dehors !

Le volume 3 à ce titre est assez puissant dramatiquement parlant. Pour nourrir sa famille, Gen accepte de s’occuper d’un mourant irradié mis au ban par sa famille qui refuse de traiter en être humain. S’ensuit alors une magnifique histoire d’amitié drôle et tragique, qui à elle seule , pourrait faire le sujet d’un film.

Et curieusement les amateurs de Walking Dead se sentiront chez eux avec ce récit survivaliste où la vraie nature de l’être humain se révèle lorsque la société s’écroule avec des humains transformés en… zombies.
Nul doute que le monde post-atomique engendrera par la suite ces récits de morts vivants à la recherche d’espoir, d’amour ou de nourriture !

Tout n’est pas sombre en permanence heureusement : l’humour bouffon à la japonaise et là, Gen est une figure généreuse, courageuse auquel le lecteur peut facilement s’identifier et l’humanisme de son auteur suinte à chaque page.
Moins profond et philosophique que les oeuvres de Tezuka de la même époque, Gen, malgré le pathos de certaines situations et un graphisme à la ramasse, reste une lecture de haute volée à la fois grave et, oui, très divertissante !

Magie du 9 ème art….

Cette chronique et bien d'autres en images sur mon blog :brucetringale.com


Gen d'Hiroshima, Tome 2 : réédition
Gen d'Hiroshima, Tome 2 : réédition
par Keiji Nakazawa
Edition : Broché
Prix : EUR 18,30

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 L'enfant de l'Atome, 1 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Gen d'Hiroshima, Tome 2 : réédition (Broché)
Attention ce commentaire révèle la fin du premier tome et des moments clés des trois volumes !

Alors que la bombe atomique et le traumatisme qui en découla fut le prétexte à de multiples allégories, le départ de récits d’horreur, de science fiction ou de super héros ( bombe à rayon gamma, araignée radioactive, mutations), on peut s’étonner que peu de bande dessinées aient traité directement d’Hiroshima.

Moins larmoyant que le Tombeau des lucioles, Gen décrit la vie d’un petit garçon apres que sa famille ait été décimée par la bombe.
Préfacé par Art Spiegelman, ce premier volume présente les personnages et introduit à chaque page des séquences d’humour permettant au lecteur de supporter l’insupportable.

Car le moins que l’on puisse dire, c’est qu’avant l’explosion de la bombe, la vie des japonais était déjà impossible.Tout au long de ce récit autobiographique, Nakazawa revient sur la famine ravageant le Japon et sa famille. En plus de l économie en crise, il est montré en effet que la nourriture était impitoyablement rationnée pour nourrir les soldats.

Et que, question racisme, bourrage de crâne ( culte de la personnalité de l’empereur, sacrifice pour la nation) le Japon d’Hirohito n’avait pas grand chose a envier à l’Allemagne d’Hitler.Les meilleures pages de cet opus sont consacrées à la persécution que la famille de Gen du fait du pacifisme de son père. Voici un personnage à la droiture admirable, à l’humanisme visionnaire.

Et si Gen peut être répétitif sur la longueur, la force de l’auteur est de créer une empathie immédiate pour cette famille martyre. Et de multiplier les sous couches de lectures. Outre la famille de Gen, on peut suivre de longues parenthèses sur la confrontation de nobles idéologies (le pacifisme) à la violence, la capacité à continuer d’aimer malgré la haine, le destin émouvant d un kamikaze terrifié a l’idée de sa mort prochaine.

Et cette question en filigrane qui choque l’auteur de Mauss en préface. La bombe a t’elle finalement sauvé plus de vie qu’elle en a détruit ?
Car à la la lecture du fanatisme du gouvernement japonais qui envisageait de sacrifier toutes les vies d’une nation pour sauvegarder l’honneur de son empereur, on aurait bien envie de répondre par l’affirmative !

Des femmes qui se jettent du haut de falaises avec leur bébé, des soldats balançant des grenades sur des enfants pour leur éviter le déshonneur, des kamikazes dont la mort ne sert a rien, des moyens militaires grotesques face à la puissance américaine, la famine des civils, le Japon avant la bombe n’en en finit plus de s’auto-mutiler.

Il faudra ce terrible drame pour que le Japon capitule. A ce titre, Spiegelman reproche d ailleurs a notre auteur son indulgence envers les Etats-Unis alors qu’il charge la mule contre son propre pays. Nakawaza prend aussi une certaine liberté historique en dessinant Einstein lors de l’élaboration de la bombe.
Le style graphique a beaucoup vieilli et tout y est très mignonnet : des yeux énormes, des bouches ouvertes, des expressions faciales angéliques.

Pourtant, le lecteur au vu de l’ énergie du récit ne peut que se sentir happé par le calvaire de cette famille, qui au moment de l’explosion de la bombe a déjà une vie de souffrances derrière elle.

Ce style propret permet de supporter la violence extrême des événements, notamment la fin ou notre ami voit sa famille coincée sous les décombres de sa maison et succomber lentement aux flammes…Les deux autres volumes ne sont pas en reste : après l’explosion, nos amis n’ont pas une minute de repos ! La lutte contre la faim se poursuit.

Dans le volume 2, la mère de Gen accouche et la venue d’une nouvelle vie tourne à la panique : faut il laisser vivre un enfant dans un pays ravagé par la bombe atomique ? Comment nourrir un bébé alors que l’on crève de faim ?
Celle pour la dignité également. Nakazawaka décrit en effet l’épouvantable racisme qui règne dans son pays à l’époque : les coréens vus comme des sous hommes sont refoulés des hôpitaux qui se réservent le droit de garder leurs médicaments pour les vrais japonais !

L’épouvantable mesquinerie des îles survivantes non touchées par la bombe qui traitent les victimes de la bombe comme des parias en les traitant de monstres, de rebuts génétiques et de mendiants ! Les personnes qui vont héberger Gen et sa famille vont tout faire pour les racketter, les humilier et les mettre dehors !

Le volume 3 à ce titre est assez puissant dramatiquement parlant. Pour nourrir sa famille, Gen accepte de s’occuper d’un mourant irradié mis au ban par sa famille qui refuse de traiter en être humain. S’ensuit alors une magnifique histoire d’amitié drôle et tragique, qui à elle seule , pourrait faire le sujet d’un film.

Et curieusement les amateurs de Walking Dead se sentiront chez eux avec ce récit survivaliste où la vraie nature de l’être humain se révèle lorsque la société s’écroule avec des humains transformés en… zombies.
Nul doute que le monde post-atomique engendrera par la suite ces récits de morts vivants à la recherche d’espoir, d’amour ou de nourriture !

Tout n’est pas sombre en permanence heureusement : l’humour bouffon à la japonaise et là, Gen est une figure généreuse, courageuse auquel le lecteur peut facilement s’identifier et l’humanisme de son auteur suinte à chaque page.
Moins profond et philosophique que les oeuvres de Tezuka de la même époque, Gen, malgré le pathos de certaines situations et un graphisme à la ramasse, reste une lecture de haute volée à la fois grave et, oui, très divertissante !

Magie du 9 ème art….

Cette chronique et bien d'autres en images sur mon blog :brucetringale.com


Gen d'Hiroshima Vol.1
Gen d'Hiroshima Vol.1
par Keiji Nakazawa
Edition : Broché

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 L'enfant de l'Atome, 1 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Gen d'Hiroshima Vol.1 (Broché)
Attention ce commentaire révèle la fin du premier tome et des moments clés des trois volumes !
Alors que la bombe atomique et le traumatisme qui en découla fut le prétexte à de multiples allégories, le départ de récits d’horreur, de science fiction ou de super héros ( bombe à rayon gamma, araignée radioactive, mutations), on peut s’étonner que peu de bande dessinées aient traité directement d’Hiroshima.

Moins larmoyant que le Tombeau des lucioles, Gen décrit la vie d’un petit garçon apres que sa famille ait été décimée par la bombe.
Préfacé par Art Spiegelman, ce premier volume présente les personnages et introduit à chaque page des séquences d’humour permettant au lecteur de supporter l’insupportable.

Car le moins que l’on puisse dire, c’est qu’avant l’explosion de la bombe, la vie des japonais était déjà impossible.Tout au long de ce récit autobiographique, Nakazawa revient sur la famine ravageant le Japon et sa famille. En plus de l économie en crise, il est montré en effet que la nourriture était impitoyablement rationnée pour nourrir les soldats.

Et que, question racisme, bourrage de crâne ( culte de la personnalité de l’empereur, sacrifice pour la nation) le Japon d’Hirohito n’avait pas grand chose a envier à l’Allemagne d’Hitler.Les meilleures pages de cet opus sont consacrées à la persécution que la famille de Gen du fait du pacifisme de son père. Voici un personnage à la droiture admirable, à l’humanisme visionnaire.

Et si Gen peut être répétitif sur la longueur, la force de l’auteur est de créer une empathie immédiate pour cette famille martyre. Et de multiplier les sous couches de lectures. Outre la famille de Gen, on peut suivre de longues parenthèses sur la confrontation de nobles idéologies (le pacifisme) à la violence, la capacité à continuer d’aimer malgré la haine, le destin émouvant d un kamikaze terrifié a l’idée de sa mort prochaine.

Et cette question en filigrane qui choque l’auteur de Mauss en préface. La bombe a t’elle finalement sauvé plus de vie qu’elle en a détruit ?
Car à la la lecture du fanatisme du gouvernement japonais qui envisageait de sacrifier toutes les vies d’une nation pour sauvegarder l’honneur de son empereur, on aurait bien envie de répondre par l’affirmative !

Des femmes qui se jettent du haut de falaises avec leur bébé, des soldats balançant des grenades sur des enfants pour leur éviter le déshonneur, des kamikazes dont la mort ne sert a rien, des moyens militaires grotesques face à la puissance américaine, la famine des civils, le Japon avant la bombe n’en en finit plus de s’auto-mutiler.

Il faudra ce terrible drame pour que le Japon capitule. A ce titre, Spiegelman reproche d ailleurs a notre auteur son indulgence envers les Etats-Unis alors qu’il charge la mule contre son propre pays. Nakawaza prend aussi une certaine liberté historique en dessinant Einstein lors de l’élaboration de la bombe.
Le style graphique a beaucoup vieilli et tout y est très mignonnet : des yeux énormes, des bouches ouvertes, des expressions faciales angéliques.

Pourtant, le lecteur au vu de l’ énergie du récit ne peut que se sentir happé par le calvaire de cette famille, qui au moment de l’explosion de la bombe a déjà une vie de souffrances derrière elle.

Ce style propret permet de supporter la violence extrême des événements, notamment la fin ou notre ami voit sa famille coincée sous les décombres de sa maison et succomber lentement aux flammes…Les deux autres volumes ne sont pas en reste : après l’explosion, nos amis n’ont pas une minute de repos ! La lutte contre la faim se poursuit.

Dans le volume 2, la mère de Gen accouche et la venue d’une nouvelle vie tourne à la panique : faut il laisser vivre un enfant dans un pays ravagé par la bombe atomique ? Comment nourrir un bébé alors que l’on crève de faim ?
Celle pour la dignité également. Nakazawaka décrit en effet l’épouvantable racisme qui règne dans son pays à l’époque : les coréens vus comme des sous hommes sont refoulés des hôpitaux qui se réservent le droit de garder leurs médicaments pour les vrais japonais !

L’épouvantable mesquinerie des îles survivantes non touchées par la bombe qui traitent les victimes de la bombe comme des parias en les traitant de monstres, de rebuts génétiques et de mendiants ! Les personnes qui vont héberger Gen et sa famille vont tout faire pour les racketter, les humilier et les mettre dehors !

Le volume 3 à ce titre est assez puissant dramatiquement parlant. Pour nourrir sa famille, Gen accepte de s’occuper d’un mourant irradié mis au ban par sa famille qui refuse de traiter en être humain. S’ensuit alors une magnifique histoire d’amitié drôle et tragique, qui à elle seule , pourrait faire le sujet d’un film.

Et curieusement les amateurs de Walking Dead se sentiront chez eux avec ce récit survivaliste où la vraie nature de l’être humain se révèle lorsque la société s’écroule avec des humains transformés en… zombies.
Nul doute que le monde post-atomique engendrera par la suite ces récits de morts vivants à la recherche d’espoir, d’amour ou de nourriture !

Tout n’est pas sombre en permanence heureusement : l’humour bouffon à la japonaise et là, Gen est une figure généreuse, courageuse auquel le lecteur peut facilement s’identifier et l’humanisme de son auteur suinte à chaque page.
Moins profond et philosophique que les oeuvres de Tezuka de la même époque, Gen, malgré le pathos de certaines situations et un graphisme à la ramasse, reste une lecture de haute volée à la fois grave et, oui, très divertissante !

Magie du 9 ème art….

Cette chronique et bien d'autres en images sur mon blog :brucetringale.com


Double Détente - Edition limitée
Double Détente - Edition limitée
Prix : EUR 14,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Tout est sous contrôle !, 28 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Double Détente - Edition limitée (CD)
Après avoir pondu un futur classique de la pop française ( Aucun Mal Ne Vous Sera Fait, Alister ignorait en 2011 les méandres du toujours difficile second album en pondant un disque absolument fabuleux qui tourne en boucle matin, midi,soir à la maison depuis 4 mois.
Une double détente qui sait faire le grand écrat entre les seigneurs du genre ( Dutronc, Giansbourg, Christohpe, Ferrer ) et la pop anglo saxone. Le résultat est moins abrasif que le premier disque, plus soyeux,plus intime plus axée, sur la mélodie.
Et chaque morceau fait mouche : "La femme parfaite" et ses arrangements orchestré par le légendaire Steve Nieve sonne comme un hommage subtil à ...Ellioth Smith. Le refrain est immédiatement fredonnable, séduisant sans être racoleur. La grande classe!

"Mauvaise rencontre" synthétise New wave, rythmique disco et claviers Floydiens époque Animals. Talk over impeccable et dandysme de rigueur.
"Je suis loin" , ambiance soul entre Stevie Wonder et Robert Palmer et des trouvailles à la Gainsbourg : "l'argent que je vous devais, vous pouvez le garder". Et puisqu'on parle du beau Serge, "Room Service" s'inscrit directement dans la lignée de Vu de l'extérieur avec ses rythmiques de guitares Wah Wah indolente et la voix d'Alister plus narquoise que jamais.
"Docteur" et son superbe refrain façon Randy Newman synthétique.

Et chaque morceau est une pépite en puissance où le compromis entre la puissance de la mélodie, de la culture musicale de son auteur et l'intelligence de son interprétation est toujours trouvé !
" Tu peux dormir ici" : Alister délaisse son ironie pour verser dans une ballade assez poignante toute droit du répertoire des Commodores ("Easy". Du Funk de Lionel Ritchie, Alister passe ensuite à l'indus façon NIN pour le splendide FBI et ses paroles post 11 septembre sur la paranoïa policière.

"Les mecs, les filles", Alister renoue avec le cynisme du premier album et écrit le meilleur morceau de Dutronc si celui-ci n'avait pas abandonné la musique pour le cinéma.
"La fonte des glaces" entre Michel Berger et Christophe époque Paradis Perdus achève l'auditeur par tant de perfection.

On va laisser, quoi, passer une heure avant de se le refaire tourner cette double détente, histoire d'oublier qu'Alister nous fait cruellement mijoter pour le toujours difficile troisième album!
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 4, 2014 3:51 PM MEST


Nemesis
Nemesis
par Steve McNiven
Edition : Broché
Prix : EUR 12,50

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
1.0 étoiles sur 5 Eteignez vos cerveaux, ouvrez les braguettes !, 28 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Nemesis (Broché)
Voila le genre de truc qu’Image aurait pu publier à la grande époque de Mc Farlane et ses copains !Une histoire plutôt bien dessinée, une mise en page dynamique mais avec un scénario même pas bon pour le tri sélectif !Et ce n’est pas la première fois que le grand Mark Millar, désormais gérant de Millarworld nous fait le coup .
En fait c’est même beaucoup trop souvent à notre goût. Et ce type a de la chance d’avoir dans une autre vie produit Kickass, Marvel Zombies et Ultimates.

Mais interrompons notre coup de gueule pour vous resituer le contexte de l’oeuvre (rires étouffés).Nemesis est une sorte de croisement entre Fantomas et Batman mais en très méchant.Il capture, torture et exécute les forces de Police du monde entier devant les caméras du monde entier pour…, pour, euh, on ne sait pas très bien en fait. Censuré

Donc Nemesis après avoir terrorisé les frics du monde entier se dirige vers les Etats Unis pour défier le plus grand flic de tous les temps : Blake Morrow.

Commence alors une partie d échecs, hum, intellectuelle (rires de hyène) où, bien évidemment, la famille du héros va être prise en otage avec le… Président des Etats Unis…Ce n’est pas la première fois que l’homme le plus puissant du monde ***** est la victime de criminels patentés.

On se rappelle bien évidemment de Donald Pleasence humilié par une bande de Punks dans le légendaire Escape From New York.Ou du cynisme glaçant de Frank Miller transformant Reagan en Cow-boy décérébré dans son Batman.Ou encore dernièrement des machinations politiques de Vought America au sein de la maison blanche dans The Boys de Garth Ennis.

Carpenter, Miller, Ennis, malgré leurs qualités et leurs défauts, voila des gens qui ont pris de vrais risques en mélangeant ultra-violence et méta commentaire sur l’état de la société américaine.Ici Nemesis prend en otage le Président en quelques pages, tout étant ultra condensé comme toujours chez Millar. Ennis aussi avait fait le coup dans 303 où un vétéran russe de la guerre d Afghanistan abattait froidement et facilement l’homme de la maison blanche.
Mais encore une fois, ce raccourci scénaristique s’effaçait devant la noirceur et la profondeur de la fable amère d’Ennis. Et dans les multiples parenthèses sociales et existentielles qu’il ouvrait dans son récit.

Le principal reproche que l’on peut adresser à Millar ? Depuis l’adaptation de Wanted et Kickass au cinéma, il n’écrit plus des scenarii mais des scripts avec des concepts tapageurs pour cartonner au box office !

Du vilain au héros, aucun de ses personnages n’a d’épaisseur psychologique, d’ambiguïté ou, de motivation de noblesse. Ses héros de Millar sont des marionnettes lui permettant de raconter ses histoires sans que l’auteur ne leur donne de voix intérieures. Le génie de Némésis que Millar met en scène, ne serait ce pas lui-même s’auto-célébrant ? Hé les Kids, je vais vous inventer un méchant ultra-cool qui sait trop bien se battre et qui est trop malin…

Et encore une fois, Millar après Wanted et Kickass 2 fait mumuse avec le viol des femmes. La question n’est pas de savoir si ça le fait **** ou non. C’est plutôt cette désinvolture irritante avec laquelle, ses femmes sont victimes d’atrocités gratuites pour pimenter une intrigue passablement vide. Ici donc, la fille du président est **** de son frère…Millar balance cela comme ça, entre deux bagarres, comme une coupure de pub au milieu d un programme racoleur.

Que Marvel puisse publier cela en dit long sur la toute puissance de Millar aujourd’hui. Car voici un éditeur qui a arrêté de publier des revues adultes pour ramener ses super héros au bac à sable jouer à ****

Nemesis , à l’heure où les comics books acquièrent une forme de légitimité est un produit creux, sans âme et assez lamentable. Et inutile de dire que le père Millar est attendu au tournant pour la conclusion de Kickass.*****

L'intégralité de ce commentaire en image et en version non censurée sur mon blog :brucetringale.com
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : May 29, 2014 8:13 AM MEST


Superior Spider-Man tome 1
Superior Spider-Man tome 1
par Dan Slott
Edition : Cartonné
Prix : EUR 14,95

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Pas d'Ottographes !, 27 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Superior Spider-Man tome 1 (Cartonné)
Ce commentaire traitera des 25 premiers épisodes de la série titre.

Ce pauvre Peter Parker ! Le super héros le plus célèbre de Marvel finira t’il de souffrir un jour ? Médiocrement rebooté au cinéma, infantilisé après One More Day, cloné dans les années 90, assassiné dans l’univers Ultimate et maintenant réduit à l’état de fantôme ! Qui veut la peau de l’araignée ?
Superior Spiderman commence juste après la mort de Peter Parker. Celui-ci a été victime d’une lâche opération de Body Snatching. C’est à dire qu’il occupe le corps d un ennemi mourant tandis que celui ci (Otto Ottavius) vit désormais de le corps vigoureux de notre héros .

Alors que Peter décède dans la peau d’un vilain sans personne pour le pleurer, Octavius entreprend une carrière de super héros en ayant en tête de surpasser en tous les domaines le Spider-man original ( d’où le titre ).

Wow ! Dan Slott a vraiment écrit ça, tout seul en un an ? Et Marvel a donné son feu vert ? Et Bendis n’est pas venu tout gâcher ?
Ce n’est pas la première fois qu’un vilain occupe le poste de super héros. En fait, Peter Parker pourrait même porter plainte pour multiples usurpations d’identité ! Venom bien sûr mais aussi Kraven, Ben Reilly et Kaine ont également enfilé les lances toiles de Peter en leurs temps.

Mais le scandale de la saga du clone n’était pas de remplacer Peter, mais de lui substituer Ben Reilly qui avait exactement la même personnalité !
Les puristes se rappelleront également que dans les années 90, lors de la saga Identity Crisis (complètement idiote et justement oubliée), Parker brouillait les pistes en assumant quant à lui l’identité de 4 justiciers !
En cela, donc, le traitement de Dan Slott n’a rien d’original. Il s agit pour un éditeur Avida Dollares de pouvoir vendre un héros avec 700 épisodes au compteur et 50 ans d’existence.

Ce qui est nouveau est le traitement de cette affaire. Sans concession, profondément novateur, trouvant constamment le bon équilibre entre le respect du personnage et la moquerie a l’encontre de sa mythologie. Un détail amusant : les initiales de notre héros ? SM ! Comme si la souffrance masochiste de Parker était inscrite dans son ADN ! Car la plupart du temps la guigne légendaire de notre héros est de son fait !

Et c’est cette version que les lecteurs préfèrent :Peter Parker est un loser, un type fondamentalement honnête, gentil , écrasé par les responsabilités qui préfère souffrir et sombrer dans l’auto apitoiement plutôt que de blesser l’autre.
Notre héros est profondément névrosé, si mal dans sa peau qu’il en devient son propre ennemi. Clone, symbiote, possession, Peter Parker n’en finit plus de se battre contre lui même.

Lorsque un scientifique mégalomane se glisse dans sa peau, il est oblige de faire le constat que Peter malgré son physique, ses pouvoirs et son intelligence hors du commun a gâché sa vie de par les barrières morales qu’il s’est imposé ! Octopus constate, et c’est irréfutable, que Parker est un génie qui n a pas fini ses études, un fils à papa qui a négligé sa vieille tante pour faire le zouave, et un héros qui allait droit au combat sans aucune préparation !

Parker est il suicidaire ? Car les méthodes employées par Octavius relèvent du bon sens. Il laisse les menus larcins aux forces de police pour se concentrer sur les menaces majeures. Il travaille main dans la main avec la presse, les médias et les autorités de New York pour ne pas aller seul au casse pipe et déploie des trésors de communication pour que ses efforts soient reconnus par la populace.

Il met au point tout un tas de gadgets notamment des cameras de surveillance dans toute la ville qui lui évitent les patrouilles inutiles. Ce qu’ Octavius gagne en efficacité se fait au détriment des libertés individuels des citoyens qu’il prétend protéger. Il entreprend de donner a Peter Parker son doctorat de scientifique.
Il devient donc le bras droit du maire de New-York (JJ Jameson !) , monte une entreprise permettant de breveter la technologie mise au point pour Spider Man et emploie désormais une dizaine de salariés !

Là ou Slott se montre habile, c’est en jouant en permanence sur ce qui unit et sépare ces deux hommes. Les deux sont habités par l’obsession de la justice. Mais si Peter souffrait d une obsession lie a la responsabilité et agissait de manière désintéressée , Otto a le souci de l’efficacité et du résultat avant tout au service de son égo. Et si ce Spider Man se montre effectivement supérieur en tout, ses actes finissent par surprendre puis interroger ses amis comme ses adversaires .

Le nouveau Spider man est donc arrogant, violent , il n’ hésite pas à tuer, torturer, harceler ! Froid,méthodique, calculateur, il n’est pas non plus dénué de compassion et de qualités. Slott décrit Octavius comme un homme travailleur, habité par son idée de la justice,capable d’obtenir le respect de ses pairs voire l’amour d un adorable personnage secondaire qui illumine chacune des scènes ou elle apparaît : Anna Maria Marconni.

Slott n’oublie pas que la réputation de Marvel s’est construite sur le double versant Super Heros /commentaire social. Il met ainsi en scène une jeune femme atteinte de nanisme dont la différence va émouvoir notre vilain qui va tomber amoureux avec le lecteur de cette femme intelligente et énergique.
Si je ne devais retenir qu une scène de toute cette saga, ce serait celle où Tante May demande à Anna si elle serait capable de donner naissance a des enfants normaux !

Et Peter /Octavius d’invectiver violemment la vieille la plus résistante du Marvel Universe ! Parker engueulant sa tante ! Du jamais lu !
Tres vite le lecteur est happé par cette narration brillante ou chaque épisode apporte une nouvelle pierre a l’édifice que Slott construit: l’ascension puis la chute d un homme dont l’intelligence finit par aliéner son entourage et rendre ses adversaires plus dangereux que jamais.

Les combats sont finalement assez secondaires mais assez jouissifs du fait des rebondissements incessants de la série. Les dessins de Camuncoli et Ramos, jeunes, dynamiques et emprunts de culture manga renforcent contre toute attente le côté irrévérencieux de l’entreprise.
A la différence de la saga du clone qui avait réellement envisagé d’éjecter Peter Parker du casting, Slott multiplie les indices demandant à son lecteur d’être patient avant de voir revenir notre héros.

Slott aura t il les coudées franches pour aller au bout de son histoire ? On sent que si cela ne tenait qu’à lui, il se débarrasserait de la double identité Spidey/Peter. Mais cela a déjà été fait et effacé lamentablement par Marvel auparavant. Outre atlantique, il faut lire le courrier furieux des fans les plus conservateurs réclamant le retour au statu quo.

L'un deux invective même directement Slott en lui disant : "Spiderman ne t’appartient pas ! Il appartient a ses lecteurs" !
La page Wikipedia mentionne même des menaces de mort à son encontre… Ce qui prouve un QI digne d’une huître, car il est impossible de ne pas voir dans la déconstruction du personnage, un chant d’amour à Spider-Man et à ses valeurs que Slott pervertit avec jouissance pour mieux les valoriser.

Que restera t il de ce run absolument brillant et comment Parker reprendra t’il le contrôle de sa vie mise à mal, voici l’interrogation angoissée de ceux qui aimerait que le respect de la continuité du personnage soit l’intérêt supérieur du personnage !

Retrouvez cet article en image et bien d'autres sur le blog : brucetringale.com
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (5) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 19, 2014 8:53 AM MEST


Superior Spider-Man Volume 2
Superior Spider-Man Volume 2
par Dan Slott
Edition : Relié
Prix : EUR 27,62

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Pas d'Ottographes !, 27 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Superior Spider-Man Volume 2 (Relié)
Ce commentaire traitera des 25 premiers épisodes de la série titre.

Ce pauvre Peter Parker ! Le super héros le plus célèbre de Marvel finira t’il de souffrir un jour ? Médiocrement rebooté au cinéma, infantilisé après One More Day, cloné dans les années 90, assassiné dans l’univers Ultimate et maintenant réduit à l’état de fantôme ! Qui veut la peau de l’araignée ?
Superior Spiderman commence juste après la mort de Peter Parker. Celui-ci a été victime d’une lâche opération de Body Snatching. C’est à dire qu’il occupe le corps d un ennemi mourant tandis que celui ci (Otto Ottavius) vit désormais de le corps vigoureux de notre héros .

Alors que Peter décède dans la peau d’un vilain sans personne pour le pleurer, Octavius entreprend une carrière de super héros en ayant en tête de surpasser en tous les domaines le Spider-man original ( d’où le titre ).

Wow ! Dan Slott a vraiment écrit ça, tout seul en un an ? Et Marvel a donné son feu vert ? Et Bendis n’est pas venu tout gâcher ?
Ce n’est pas la première fois qu’un vilain occupe le poste de super héros. En fait, Peter Parker pourrait même porter plainte pour multiples usurpations d’identité ! Venom bien sûr mais aussi Kraven, Ben Reilly et Kaine ont également enfilé les lances toiles de Peter en leurs temps.

Mais le scandale de la saga du clone n’était pas de remplacer Peter, mais de lui substituer Ben Reilly qui avait exactement la même personnalité !
Les puristes se rappelleront également que dans les années 90, lors de la saga Identity Crisis (complètement idiote et justement oubliée), Parker brouillait les pistes en assumant quant à lui l’identité de 4 justiciers !
En cela, donc, le traitement de Dan Slott n’a rien d’original. Il s agit pour un éditeur Avida Dollares de pouvoir vendre un héros avec 700 épisodes au compteur et 50 ans d’existence.

Ce qui est nouveau est le traitement de cette affaire. Sans concession, profondément novateur, trouvant constamment le bon équilibre entre le respect du personnage et la moquerie a l’encontre de sa mythologie. Un détail amusant : les initiales de notre héros ? SM ! Comme si la souffrance masochiste de Parker était inscrite dans son ADN ! Car la plupart du temps la guigne légendaire de notre héros est de son fait !

Et c’est cette version que les lecteurs préfèrent :Peter Parker est un loser, un type fondamentalement honnête, gentil , écrasé par les responsabilités qui préfère souffrir et sombrer dans l’auto apitoiement plutôt que de blesser l’autre.
Notre héros est profondément névrosé, si mal dans sa peau qu’il en devient son propre ennemi. Clone, symbiote, possession, Peter Parker n’en finit plus de se battre contre lui même.

Lorsque un scientifique mégalomane se glisse dans sa peau, il est oblige de faire le constat que Peter malgré son physique, ses pouvoirs et son intelligence hors du commun a gâché sa vie de par les barrières morales qu’il s’est imposé ! Octopus constate, et c’est irréfutable, que Parker est un génie qui n a pas fini ses études, un fils à papa qui a négligé sa vieille tante pour faire le zouave, et un héros qui allait droit au combat sans aucune préparation !

Parker est il suicidaire ? Car les méthodes employées par Octavius relèvent du bon sens. Il laisse les menus larcins aux forces de police pour se concentrer sur les menaces majeures. Il travaille main dans la main avec la presse, les médias et les autorités de New York pour ne pas aller seul au casse pipe et déploie des trésors de communication pour que ses efforts soient reconnus par la populace.

Il met au point tout un tas de gadgets notamment des cameras de surveillance dans toute la ville qui lui évitent les patrouilles inutiles. Ce qu’ Octavius gagne en efficacité se fait au détriment des libertés individuels des citoyens qu’il prétend protéger. Il entreprend de donner a Peter Parker son doctorat de scientifique.
Il devient donc le bras droit du maire de New-York (JJ Jameson !) , monte une entreprise permettant de breveter la technologie mise au point pour Spider Man et emploie désormais une dizaine de salariés !

Là ou Slott se montre habile, c’est en jouant en permanence sur ce qui unit et sépare ces deux hommes. Les deux sont habités par l’obsession de la justice. Mais si Peter souffrait d une obsession lie a la responsabilité et agissait de manière désintéressée , Otto a le souci de l’efficacité et du résultat avant tout au service de son égo. Et si ce Spider Man se montre effectivement supérieur en tout, ses actes finissent par surprendre puis interroger ses amis comme ses adversaires .

Le nouveau Spider man est donc arrogant, violent , il n’ hésite pas à tuer, torturer, harceler ! Froid,méthodique, calculateur, il n’est pas non plus dénué de compassion et de qualités. Slott décrit Octavius comme un homme travailleur, habité par son idée de la justice,capable d’obtenir le respect de ses pairs voire l’amour d un adorable personnage secondaire qui illumine chacune des scènes ou elle apparaît : Anna Maria Marconni.

Slott n’oublie pas que la réputation de Marvel s’est construite sur le double versant Super Heros /commentaire social. Il met ainsi en scène une jeune femme atteinte de nanisme dont la différence va émouvoir notre vilain qui va tomber amoureux avec le lecteur de cette femme intelligente et énergique.
Si je ne devais retenir qu une scène de toute cette saga, ce serait celle où Tante May demande à Anna si elle serait capable de donner naissance a des enfants normaux !

Et Peter /Octavius d’invectiver violemment la vieille la plus résistante du Marvel Universe ! Parker engueulant sa tante ! Du jamais lu !
Tres vite le lecteur est happé par cette narration brillante ou chaque épisode apporte une nouvelle pierre a l’édifice que Slott construit: l’ascension puis la chute d un homme dont l’intelligence finit par aliéner son entourage et rendre ses adversaires plus dangereux que jamais.

Les combats sont finalement assez secondaires mais assez jouissifs du fait des rebondissements incessants de la série. Les dessins de Camuncoli et Ramos, jeunes, dynamiques et emprunts de culture manga renforcent contre toute attente le côté irrévérencieux de l’entreprise.
A la différence de la saga du clone qui avait réellement envisagé d’éjecter Peter Parker du casting, Slott multiplie les indices demandant à son lecteur d’être patient avant de voir revenir notre héros.

Slott aura t il les coudées franches pour aller au bout de son histoire ? On sent que si cela ne tenait qu’à lui, il se débarrasserait de la double identité Spidey/Peter. Mais cela a déjà été fait et effacé lamentablement par Marvel auparavant. Outre atlantique, il faut lire le courrier furieux des fans les plus conservateurs réclamant le retour au statu quo.

L'un deux invective même directement Slott en lui disant : "Spiderman ne t’appartient pas ! Il appartient a ses lecteurs" !
La page Wikipedia mentionne même des menaces de mort à son encontre… Ce qui prouve un QI digne d’une huître, car il est impossible de ne pas voir dans la déconstruction du personnage, un chant d’amour à Spider-Man et à ses valeurs que Slott pervertit avec jouissance pour mieux les valoriser.

Que restera t il de ce run absolument brillant et comment Parker reprendra t’il le contrôle de sa vie mise à mal, voici l’interrogation angoissée de ceux qui aimerait que le respect de la continuité du personnage soit l’intérêt supérieur du personnage !

Retrouvez cet article en image et bien d'autres sur le blog : brucetringale.com


Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11-20