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Contenu rédigé par Bruce Tringale
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Bruce Tringale (France)
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Le Mort amoureux
Le Mort amoureux
par Junji Ito
Edition : Poche
Prix : EUR 12,50

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 The Fog, 1 juillet 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Mort amoureux (Poche)
Ce volume est un One Shot écrit par Junji Ito en 1996.

Encore un récit terrifiant signé Ito qui en 4 chapitres raconte une histoire aussi originale qu’angoissante.
De nos jours au Japon , une ville inconnue où revient après des événements dramatiques notre jeune héros Ryusuke.

Loin du cliché de l’adolescent insouciant, Ryusuke est un garçon morose convaincu d’avoir accidentellement causé le suicide d’une femme quelques années auparavant. La coutume de cette ville est de demander une prédiction à un inconnu dans la rue, de cacher son visage grâce au brouillard et de tenir pour acquis que cette prédiction va se réaliser.

Lorsque le jeune Ryusuke encore enfant prédit à une femme enceinte qu’elle ne sera jamais heureuse, celle ci se tranche la gorge ! Écrasé par la culpabilité Ryusuke revient dans cette ville d’où il s’est exilé ( il est encore mineur et doit suivre ses parents) en pensant s’être leurré sur sa responsabilité de ce drame.

Après de brefs instants de bonheur, voilà qu’apparaît un jeune homme qui prédit à des collégiennes un destin fatal. Et inexorablement reprennent un, puis deux, puis trois suicides…

La ville fait vite le rapprochement entre ces événements et le retour de notre héros. Et le résultat va s’avérer surprenant : Ryusuke va devenir un genre de star romantique que les filles vont approcher pour le plaisir d’associer amour et mort !
Quelle est l’identité de cet étrange garçon et son lien avec notre héros ? Ryusuke parviendra t’il à enrayer cette vague de morts épouvantables ?

Nom de Dieu ! Mais il va les chercher où ces idées tordues ce Ito ? Parce que chacun de ses bouquins ne ressemble au précédent tout en continuant de distiller le poison d’une terreur autant physique que psychologique.

Alors même que les phénomènes paranormaux n’ont pas commencé, Ito n’ a pas son pareil pour instaurer une ambiance lourde, inquiétante où amour, amitié, empathie n’ont aucune efficacité. Comme les grands écrivains il utilise un paranormal crédible, ancré dans la réalité permettant de renforcer l’inquiétude croissante de son lecteur.

Et de multiplier les sous couches de lectures autour de l’aliénation amoureuse annihilant la volonté d’une amante malheureuse passant progressivement de la passion à la haine.

Et de laisser les portes ouverte à la culpabilité de celui qui survit au suicide de l’autre, ainsi que l’impossibilité de verbaliser ses angoisses. Lorsque ces personnages brisent enfin le silence, ils entraînent irrémédiablement leurs amis dans leur chute.

Dans ce contexte vivants et fantômes errent dans ces ruelles embrumées, les uns à la recherche du sens de la vie, les autres à celui de leur mort. Ils n’en demeurent pas moins à stricte égalité face aux tourments qui les dévorent et Ito parvient à installer une nausée authentique : les vivants semblent aussi éteints que ces cadavres ambulants.

Désespérément à la recherche du bonheur, au point d’en croire une prédiction idiote, les habitants errent dans ces rues comme dans un labyrinthe d’une existence ou un navire perdu en mer. Lorsqu’Ito ouvre des parenthèses à son récit principal, c’est pour renforcer le malaise de son lecteur : femme enceinte au bord de la folie, manque de confiance en l’autre et en la vie…

Dans ce désert affectif, Ryusuke reste persuadé qu’une rédemption est possible. Il s’aliène toute une ville, refuse de succomber aux sentiments par honte de révéler son passé et enquête sur ce jeune homme qui donne la mort en souriant.
Ito explore ainsi la propension naturelle de l’être humain à croire à sa rédemption et sa confrontation à ses actes ici via un Doppelgänger.

L’intensité dramatique est croissante, souvent irrespirable et la narration d’Ito en parfait adéquation avec son dessin.
Son trait fin est méticuleux, jamais avare de décors. Si ces morts vivants ne dérogent pas aux règles du genre ( yeux blancs, bouches édentées ) en les rendant proprement effrayants.

Lorqu’il met en scène un femme dont le corps est intégralement tatouée, il en fait un monstre bien humain aux tatouages aussi esthétiques que repoussants. Ceux ci sont agencés intelligemment sur le corps de cette femme et Ito prend la peine de les dessiner à l’identique à chaque fois qu’il met en scène ce personnage tragique.

Passé maître dans l’art des nouvelles horrifiques, Junti Ito démontre avec maestria qu’il est aussi à l’aise dans le récit long, le développement et le maintien d’une tension permanente et une fin satisfaisante…Il maîtrise un manga adulte véritablement éprouvant où la mort n’ a rien de glamour ou de drôle.

Ce qui est moins drôle reste une traduction de Jacques Lalloz qui continue à oublier les règles d’accords et de participe. C’est peut-être la seule touche -involontairement- humoristique de la chose….

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Lastman tome 1
Lastman tome 1
par Michaël Sanlaville
Edition : Broché
Prix : EUR 12,50

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Kammeha !, 26 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Lastman tome 1 (Broché)
ce commentaire portera sur les 3 premiers tomes

Voila qui réjouir les nostalgiques de Dragon Ball et de Ken le Survivant.
Un projet de manga à la française avec trois stars de la Bd made in France publié en ligne. Le découpage et le sens de lecture reste celui d’une Bd occidentale.

Last Man va bien au delà de son pitch. Dynamique, rythmé plein d’humour, le lecteur embarque immédiatement au pays imaginaire d’Adrian jeune garçon de 12 ans.

Celui-ci s’entraîne dans une royauté dystopique pour un tournoi annuel d’arts martiaux. Il risque pourtant la disqualification car il n’ a pas de partenaire. Arrive alors le mystérieux Richard Adlana, un adulte mystérieux aussi rustre que puissant.

Voici ce duo improbable à la quête du haut du podium, tandis que la belle Marianne, la mère d’Adrian tente de maîtriser ses pulsions sexuelles envers l’ami vulgaire de son fils.

Bien sûr ce tournoi ne se fait pas sans coups de théâtre, magouilles en coulisses et de victoire à l’arrachée. C’est vivifiant, frais, rempli d’humour et des personnages aux auteurs personne ne se prend au sérieux.

Les auteurs s’amusent à affubler leurs héros de look moyen-ageux, les faire déplacer en moto et emprunter des monte-charges archaïques. Les combats évoquent bien sûr les premiers Dragon Ball. Adrian débute dans les arts martiaux, il doit affronter des vilains patibulaires faisant le triple de sa taille plus bêtes que méchants.

Vivès prête à deux d’entre eux le look impayable des frères Bogdanove. Preuve que son trait est capable de spontanéité et de précision puisqu’on reconnait aussitôt les jumeaux.

Projection d’énergie, noms d’attaques ridicules, sortie de ring et bonne humeur achèvent l’hommage à la série de Toriyama.
Il est amusant de voir Richard faire ce que tout fan de la série aura eu secrètement envie de faire pendant des années: attaquer l’ennemi alors que celui-ci met des heures à rassembler son ki et préparer son attaque.

Les personnages sont hauts en couleurs avec des caractères très affirmés même s’il est à déplorer que dès le tome 3 Adrian s’efface derrière la personnalité écrasante de sa mère ( qui entre parenthèse pourrait être sa soeur…).

A défaut de profondeur, Last Man est un excellent divertissement qui se lit à une vitesse fulgurante, au moins pour les deux premiers tomes. Vers la fin du deuxième opus, les auteurs semblent pressés d’abréger le tribute à Goku et ses copains.

La bataille finale est bâclée et lorsque le troisième tome ouvre une nouvelle dimension, celle post apocalyptique de Ken le survivant ( sans la violence quand même), la série se transforme en une suite de de courses poursuites.

Il y a toujours des passages irrésistibles, notamment celle du tribunal où deux avocats doivent physiquement s’affronter pour faire triompher leurs clients, mais quelque chose s’est cassé entre temps.

Le rythme était à peine en train de s’installer, que les auteurs bouleversent leur casting et le décor. Le point de vue enfantin d’Adrian est chassé pour laisser la place à celui plus amer de sa mère, au bordel où ils trouvent refuge et aux allusions salaces.

Et puis les décors sont les grands absents de la saga. Dans ce fameux chapitre, on a du mal à se projeter dans la post apocalypse sans qu’on puisse en imaginer le cadre. Dommage car lorsque Vivès en esquisse, c’est plus qu’intéressant.

Inégale dans ces trois premiers tomes Last Man reste une série attachante à surveiller.

Dans un marché de la Bd français où les auteurs ont du mal à arrondir leur fin de mois, une initiative aussi enthousiaste est salutaire. Un espoir d’y voir un jour une parodie de St Seiya ?

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X-Men: X-Tinction Agenda
X-Men: X-Tinction Agenda
par Jim Lee
Edition : Relié
Prix : EUR 50,55

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Agenda chargé..., 25 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : X-Men: X-Tinction Agenda (Relié)
Lorsque débutent les années 90, les Xmen de Chris Claremont n’ont plus rien à voir avec ceux du début de son run. Les doux pacifistes sont devenus une vraie milice impitoyable. Plus de professeur Xavier, plus de costumes, plus d’école et pendant un temps plus de mémoire…

Jamais, un auteur n’avait poussé aussi loin nos héros, et franchise oblige, il faut bien remettre de l’ordre dans tout ça. Claremont ne sait pas encore que les conflits qui l’ont opposé à John Byrne ne sont que pipi de chat à côté de l’avènement des superstars de l’époque, Lee et Liefeld qui vont finir par avoir sa peau, lui, le papa des Xmen modernes.

Avant d’être débarqué comme un malpropre, Chris doit donc ranger ses jouets et enchaîner des crossover plus insipides les uns que les autres. Celui-ci bat des records et votre serviteur l’avait déjà trouvé illisible à l’époque.

Genosha, une île au large de l’Afrique prive les mutants de leurs pouvoirs et les asservit au profit de sa puissance économique.

Bien sûr, toujours à la recherche de main d’oeuvre malléable, ces idiots ne trouvent rien de mieux que d’enlever une partie des Xmen. Et d’attendre que l’autre partie vienne leur flanquer la pâtée. L’ambition de Claremont est louable : continuer la métaphore raciale débutée avec les références à Auschwitz en s’attaquant cette fois ci au régime sud -africain de l’époque : l’Apartheid.

Nos mutants ont le crâne rasé, sont appelés par des numéros, le regard éteint, ils n’ont plus aucune mémoire. A la tête de Genosha, une présidente sans scrupules qui a l’air d’un travelo, un genegenieur qui se prend pour Mengele et sans doute le pire vilain de l’histoire des Xmen : Cameron Hodge.

Alors que le X-Fan s’en croyait débarrassé décapité par Archangel, Hodge va voir sa tête greffée sur un exosquelette en forme de scorpion géant…Un abruti qui fera son retour dans la série à peu près tous les 10 ans. Une psychologie de mollusque, des pouvoirs lamentables, une apparence grotesque, on est bien loin de la menace sourde du révérend Stryker. S’il n’y avait que lui…

Lorsque débute l’histoire, le lecteur aguerri ne peut pas s’empêcher de sourire à l’ironie du sous texte… Avec Charles Xavier, les mutants avaient comme rêve de coexister pacifiquement avec les humains. Voilà qu’ils n’arrivent même plus à cohabiter ensemble…

Ce genre de situation, c’est rigolo chez les fantastiques ( ils ne sont que 4), chez les Xmen c’est assez pathétique. La franchise avoue malgré elle une évidence : à force de multiplier les mutants comme des lapins, Marvel ne sait plus où caser tous ces mutants.

Menés par un Cable qui , sous l’impulsion de Liefeld, venait d’arriver pour incarner le gros dur avec des gros flingues et le QI d’une huître, les morveux de la Xforce sont devenus arrogants et assez insupportables. Il faudra Nicieza et surtout Loeb pour donner à Nathan Summers une personnalité et une sensibilité.

Factor X loge encore par intermittence dans un vaisseau d’Apocalypse et vient sporadiquement s’entraîner avec leurs anciens amis. Une séquence montre un émouvante entraînement entre Jean Grey fraîchement ressuscitée et Tornade. Havok, lui, victime d’un lavage de cerveau travaille pour les nazis de Genosha et va affronter son frère dans de rares séquences réussies. C’est d’ailleurs à se demander pourquoi Captain América l’a sélectionné pour sa monture des Uncanny Avengers.

Havok a quand même un CV plutôt chargé : il a torpillé deux avions ( dans les années 70 puis dans les 90′s), rejoint Genosha, participé au carnage d’Inferno puis mené la confrérie des mauvais mutants dans les années 90…

Tout ce petit monde donc s’ettripe sur Genosha… C’est très bavard, péniblement bavard, inutilement bavard. Chacun répète intégralement ce qui s’est passé précédemment, les enjeux dramatiques n’évoluent pas d’un iota au fil des épisodes. Au mieux les Xmen s’affrontent entre eux, au pire il se battent contre l’autre demeuré…

Ils sont devenus une famille dysfonctionnelle réunis entre eux par la force des choses, ont une interprétation différentes du rêve de Xavier et perdent la force de la série : une solidarité à toute épreuve face aux événements qui les écrasent.

Chacun fait la morale à l’autre, Gambit dit clairement qu’il s’en fout, le comble étant bien sûr que personne, pas même Wolverine ne pense à faire taire Cable…

Les grands moments de la saga sont devenus très relatifs aujourd’hui : Archangel affronte Wolverine, Havok se bat avec son frère ( comme d hab!), Warlock meurt, Ororo retrouve sa forme adulte et Rahne est victime de manipulations génétiques.

Pendant tout ce temps le pool des créateurs montre que l’affrontement n’est pas que réservé à ces personnages. Une partie ( Claremont et Simonson) veut axer l’histoire sur un affrontement politique où les pouvoirs des Xmen leur sont inutiles et tuer les derniers restes d’innocence de l’équipe avec Warlock.

L’autre ( Lee et Liefeld) veut privilégier les images de gros gugusses musclés qui font tout péter sous fond de couleurs criardes et de décors à la ramasse. Bien sûr Lee dessine mieux que Liefeld, bien sûr que sous son crayon ils retrouvent une aura qu’ils avaient perdu avec Silvestri. Bien sûr tous les artistes qui passeront après lui copieront son style.

Il n’empêche que la dichotomie entre le texte et l’image est flagrante et peu surprenante venant de gars dont on sait que le scénario n’était qu’un prétexte à dessiner des muscles, des flingues et des gros nibards…

Sur la trentaine de personnages à l’oeuvre, moins de dix ont quelque chose à dire ou à faire. Jon Bogdanove lui s’éclate à (mal) dessiner des hommes à moitié nus…
Il restera encore la saga des Starjamers pour ramener Xavier sur terre puis celle de Muir pour reformater les équipes avant que Claremont sorte en beauté avec un Genesis enfin à hauteur de son talent.

Une lecture parfaitement dispensable pour les lecteurs d’aujourd’hui. Et ceux d’hier….


Cendres
Cendres
par Ortiz
Edition : Album
Prix : EUR 21,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Hotel Existence, 24 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Cendres (Album)
Cendres est un roman graphique scénarisé et dessiné par Alvaro Ortiz un jeune auteur espagnol. Il est édité en France par les éditions Rackham et bénéficie d’une traduction irréprochable.
Cendres raconte le périple de trois amis perdus de vue depuis 5 ans ( Polly, Moho et Piter).

Le temps et la réalité ont eu raison de leurs illusion de jeunesse, notamment d’ouvrir un hôtel nommé d’après un livre de Paul Auster : Hotel Existence. L’absence et une certaine amertume ont peu à peu remplacé les rêves d’amitié et de solidarité de nos amis. Polly débarque un jour avec les cendres du quatrième larron : Hector. Son testament demande à ce que la bande sillonne l’Angleterre jusqu’à une mystérieuse destination pour répandre ses cendres.

Commence alors une expédition picaresque où accompagnés d’un singe et poursuivis par deux jumeaux échappés d’un disque de ZZ Top, le trio roule vers son destin parsemé d’une amitié qui refuse de mourir, de déboires inattendus et de beaux moments d’émotion.

Dès le début, Ortiz indique via la réplique de Moho que ce genre de récit autour façon road movie corrobore ses codes et ses clichés : personnages hauts en couleurs, moment d’intimité où les héros sont confrontés à leurs angoisses existentielles et certaines situations ubuesques.

Ortiz en indiquant qu’il n’est pas dupe donne quand même à son lecteur ce qu’il attend de ce genre de récit : beaucoup d’humour, de tendresse et une empathie authentique pour ses personnages et ce qu’ils traversent.

Ortiz part d’une situation dramatique ( la mort d’un ami ) pour inciter Polly , Moho, et Pitter à retrouver du sens à leur vie. Il évite tout pathos, pas un personnage ne pleure. Ils sont trop occupés à douter. Chacun voit ses intérêts personnels confrontés à celui du groupe, son égoïsme sacrifié au don de soi.

Derrière son graphisme simple façon ligne clair, Ortiz s’inscrit dans la ligne de conteurs comme Charles Burns, Clowes voire Paul Auster. Des auteurs américains à la narration fluide derrière laquelle se cachent des questions métaphysiques complexes autour de la condition humaine.

Du nom de l’hôtel, au déroulé de l’intrigue en passant par l’emprunt de la couverture de Brooklyn Folies, Ortiz multiplie les clins d’oeil au grand écrivain américain. Et s’aligne sur les mêmes obsessions : quête de la liberté, grands espaces, quotidien aliénant, variation autour de l’identité. Une certaine poésie aussi.

Le montage est travaillé et multiplie les focus sur les personnages. Hector n’est jamais présenté comme une personne. Ortiz choisit d’intégrer son absence dans les décors qu’il a côtoyé sans jamais le dessiner. Ou, quand il choisit de le faire, il le met en scène en pointillé sans qu’aucun trait distinctif ne nous permette de l’identifier.

A certains moments ces procédés narratifs ne sont pas sans rappeler le travail de David Mazzuchelli dans Cité de Verre, une graphique novel adapté d’un roman de Paul Auster ! Et comme Auster, Ortiz ouvre des parenthèses fascinantes d’intelligence sur l’historique de la crémation à travers les siècles.

De ses origines bibiliques liées au Phénix à l’obscurantisme religieux, des rives du Gange en passant par Auschwitz, Ortiz retrace avec humour et simplicité une histoire humaine sur un rite funéraire majeur de l’humanité. Fidèle à la citation de Jules Renard : La mort des autres nous aide à vivre, voici nos amis portés eux mêmes comme les cendres par le vent,où l’irrémédiable fin rend finalement les choses plus légères, plus gaies, plus facile.

Ce point de vue résolument optimiste mais pas niais, Ortiz le communique à ses personnages jusqu’aux méchants, les jumeaux Smirnov qui peuvent rappeler le burlesque des rats garoux de Bone, une autre série irrésistible de simplicité et de joie de vivre.

Avec une fin superbe avec un coup de théâtre magnifique et un épilogue Austerien où Ortiz se met en scène en côtoyant nos amis qui lui inspirent le sujet du livre entre nos mains, on termine la lecture de ces Cendres ravi, plus intelligent qu’au départ et plus léger à l’arrivée…

Cet article en images et bien d'autres sur le blog Bruce Lit (brucetringale.com).


YOUNG PEREZ
YOUNG PEREZ
DVD ~ Brahim Asloum
Proposé par plusdecinema
Prix : EUR 10,50

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Boxer contre la mort, 21 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : YOUNG PEREZ (DVD)
Le destin d'un tunisien juif qui après être devenu champion de monde de boxe est déporté à Auschwitz.
Rudolf Hoss, le directeur du camp lui propose de vivre encore un peu en organisant un match de boxe à l’intérieur du camp.
Victor aura droit à un bol de soupe de plus et le droit de faire du footing aux pieds des miradors et de s’entraîner parmi les valises volées des prisonniers.
Aucune bonté là dedans. Il s'agit pour le sinistre nazi de montre la suprématie aryenne sur notre ami et de lui prouver qu'il a triché en remportant ses titres.
Dès le début du film, le spectateur est forcément happé et révolté par ce qu'il y voit. Victor y est cadavérique, ses muscles ont fondu et lorsque le match débute, il se prend un uppercut terrifiant sans pouvoir se défendre.
Ce coup de poing permet l'introduction d'un flash back nous racontant son ascension, sa chute bien avant les camps et sa déportation.
Autant le dire tout de suite. Sans la particularité de ce destin, le film n'aurait pas été très intéressant puisqu'il y reprend tous les poncifs du film de boxe : le p'tit gars sorti de nulle part qui a la gnaque et qui, une fois champion, se perd dans la bibine et les femmes.
Pour autant, le film n'est pas dénué de qualité. Il raconte une histoire entre deux frères assez poignante et égratigne déjà l'identité nationale. Perez, se bat sous le drapeau français, a intégré ses valeurs tandis que notre pays le rejette. Même à l'apogée de sa carrière, un grand quotidien français refusera de publier la photo de ses parents en djellaba. Il montre aussi des juifs et des arabes coexistant pacifiquement en Tunisie.
La deuxième partie dans le camps est plus intéressante. Malgré des moyens limités ( un Auschwitz bien plus petit qu'en réalité, des dizaines de prisonniers à l'écran contre des milliers dans la réalité), le film, pour une fois dénote par son réalisme historique.
Les déportés sont sales, amaigris, brisés. Les sélections pour les chambres à gaz sont montrées ainsi que les marches de la mort dans toute leur cruauté. Ainsi que la vie dans les baraquements et la cruauté des capos. Rien à voir avec les films avec des camps en carton pâte ( La vie est belle, Portier de nuit, le garçon au pyjama rayé).
En boxant auprès des fours crématoires, Perez devient malgré lui, le champion d'hommes, de femmes et d'enfants assassinés. Là encore pas de romantisme de mauvais goût. Pas d’héroïsme de la part des déportés qui assistent à la torgnole de notre ami, de sacrifice ou de noblesse impossible dans la réalité.
La personnalité de Victor suscite bien avant ces événements un fort sentiment d'empathie. La plupart du temps, Brahim Asloum interprète un homme sympathique, simple et plutôt courageux.
Malgré des ellipses parfois brutales, Young Perez reste un film grand public porté par des interprètes investis qui raconte un destin exceptionnel sans faire de l’héroïsme de pacotille. Le lecteur peut poursuivre l’expérience des boxeurs dans les camps via la Bd : Le Boxeur
Du cinéma toujours d'actualité au vu de déclarations toujours plus nauséabondes d'un borgne répugnant à qui on mettrait bien un bon crochet...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 23, 2014 10:48 AM MEST


Saint Seiya the Best
Saint Seiya the Best
Prix : EUR 53,28

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le John Williams des chevaliers !, 13 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Saint Seiya the Best (CD)
Damned un best of des Ost de Saint Seiya !
A quoi reconnait-on une bande son réussie ? Il suffit en écoutant la musique d'en revoir mentalement le film . Retour en 1986 ! Diffusé entre deux âneries de Dorothée, un dessin animé étrange raconte l'histoire de 5 super héros en armure.
De mémoire, rien ne nous avait préparés à Saint Seiya (Les chevaliers du Zodiaque). Malgré de nombreuses incohérences et fautes de scripts monumentales, une certaine répétition, Saint Seiya reste un monument du genre. Jamais auparavant, avant de triompher, les héros ne se prenaient de telles raclées face à des adversaires, qui souvent, étaient embringués dans un conflit qui les dépassaient. Car les combats dans les chevaliers étaient nettement plus statiques et moins spectaculaires que dans Dragonball. L'intérêt était ailleurs : dans les débats idéologiques qui opposaient les personnages , leurs points faibles , leur noblesse .
Tout ceci était rehaussé par les musiques magnifiques de Seiji Yokoyama qui est à la série ce que Morricone fut à Sergio Leone. La comparaison n'est pas fortuite car à maintes reprises, Yokoyama convoque des choeurs féminins angéliques.
Car ce que tout fan de la série n' a pas oublié , c'est qu'en plus des musiques guerrières , la série rengorge d'instants de pure mélancolie trahissant le conflit qui ronge les personnages ( ah ! la "mort" de Hyoga dans le temple de la balance ! ) .Ce type était capable de rendre dramatique la traversée d'un feu rouge .
Tous les Cds étant des imports japonais, je suis bien dans l'incapacité de lister les morceaux et en décrire le contenu. Les thèmes sont aussi riches que la série : musiques guerrières, ode au courage, à la noblesse, thèmes dramatiques accentuant les fêlures des personnages, thèmes "maléfiques" et laissant croire que tout est foutu pour nos héros.
Les instrumentaux sont d'une richesse inouïe : on y trouve des harpes accompagnées de guitares électriques, des violoncelles des orchestrations à la Vivaldi, des synthétiseurs, des envolées lyriques qui vous mettront la larme à l'oeil , d'autres qui vous donneront l'envie de revetir votre armure de bronze et d'en coller une au grand pope , quelques tentatives en free jazz et je suis encore loin du compte .
Impossible d'apprécier les chevaliers sans cette musique. Autant regarder les Star Wars sans les thèmes de John Williams !
Les morceaux qui ont le plus souffert de l'épreuve du temps sont les rares morceaux hard des années 80 avec tapping. La polyvalence de Yokoyama est proprement hallucinante et s'étend sur plusieurs CDs. Les fans peuvent y aller les yeux fermés. Ces disques étant très rares , il n'est pas certain que vous puissiez les trouver en occaz même sur Amazon .
Regret ou soulagement ? Le générique chanté par l'immortel Bernard Minet n'est évidemment pas là
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 18, 2014 10:51 AM MEST


LA FILLE PERVERSE
LA FILLE PERVERSE
par Junji Ito
Edition : Broché
Prix : EUR 12,50

3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Monsieur Sinistre, 10 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : LA FILLE PERVERSE (Broché)
La fille perverse est un recueil de nouvelles horrifiques de Junji Ito parues dans des nouvelles mensuelles entre 1990 et 1994. Les scans de qualité étant tout aussi cauchemardesques à trouver et les nouvelles de qualités inégales, nous n'en commenterons que 5 sur les 7 publiées.

- La fille Perverse

Une jeune femme se souvient du plaisir sadique qu'elle avait à torturer un enfant dont elle avait la garde. Celui-ci se manifeste 20 ans après pour la demander en mariage.

Contrairement au titre de la nouvelle et du recueil, il ne s'agit ni d'un récit pornographique, encore moins érotique, tant le sexe semble absent des considérations du mangaka.

Pourtant en terme de persuasion, de sadisme et de masochisme, Ito fait très fort sur ce coup là. En moins de 30 pages, il réussit à bâtir un récit terrifiant de méchanceté à en faire pâlir Polanski, pourtant spécialiste du genre !

Kuriko est une jeune femme bien sous tout rapport. Alors qu'elle voulait jouer au jardin d'enfant on lui colle la garde d'un petit garçon à la présence envahissante. Pour retrouver sa liberté, elle va le martyriser de plus en plus cruellement. Ito décrit admirablement la naissance du sadisme. Kuriko imagine des punitions auxquelles elle prend progressivement plaisir. Et l'objet de son sadisme dont elle devait se débarrasser devient progressivement sa raison de vivre.

Elle finit par épouser sa victime des années plus tard et a un enfant qui le portrait craché de celui qu'elle aimait torturer. Ito montre sa parfaite connaissance de l''âme humaine et brise le tabou de la méchanceté de l'enfant. Kuriko est déterminée et a des raisons de sombrer dans le sadisme.

Comme souvent chez cet auteur, cette écriture est celle du déclic. Le moment où des personnages bons sous tous rapports deviennent des monstres. Ito joue avec les nerfs de ses lecteurs avec une écriture particulièrement sadique où nous prévenons mentalement des innocents du danger qu'ils encourent sans que ceux-ci puissent nous entendre. Un enchaînement impeccable pour un chef d'oeuvre du genre.

-La maison du déserteur

8 ans après la fin de la deuxième guerre mondiale, un déserteur est toujours planqué chez des amis qui le cachent dans une remise. Ceux-ci le manipulent et lui font croire que la guerre continue en le coupant de toute source d'information.

Ils demandent également à des voisins d'organiser de fausses descente de police militaire. Quelles sont les raisons de cette cruauté envers celui qui était un ami ?

Non seulement, la réponse implacable fait froid dans le dos mais le déroulement aux frontières du réel achèvent de donner à cette nouvelle une ambiance irrespirable.

Encore une fois, la méchanceté des personnages n'est pas innée. Elle s'est construite sur des événements dramatiques fournissant le prétexte aux protagonistes de justifier leur cruauté, leurs crimes contre leur humanité.

Une nouvelle ne permet jamais le développement des personnages que le permettrait un média long format. Pour autant, Ito réussit toujours à instaurer en moins de 30 pages une ambiance, des personnalités fortes, une tension dramatique incroyable. Pas une ligne, pas une page qui ne soit en trop et un final inattendu qui montre l'étendue du talent d'Ito à choquer son lecteur.

-Le coeur d'un père

Attention, lecture traumatisante ! 3 enfants d'un père tyrannique sont victimes de transes passagères. Après le suicide du plus vieux de la fratrie, les deux autres s'interrogent sur l'origine des migraines et continuent d'avoir un comportement erratique. Il s'agit à mon sens d'une oeuvre majeure d'Ito. Le père réussit de manière surnaturelle à prendre possession du corps de ses enfants pour vivre une innocence qu'il n'a pas connu.

Voici une allégorie remarquable autour de la tyrannie paternelle, de son culte au japon et bien sûr autour du viol d'un enfant.

En déplaçant son discours sur vers le surnaturel, l'auteur titille la curiosité de son lecteur qui continue d'investiguer autour de drames épouvantables qui le feraient fuir dans la réalité.

Pour rendre tout cela supportable, il instaure, chose rare des héros sympathiques et une fin morale, preuve qu'il agit auprès de son lectorat de manière responsable.

Après un tel chef d'oeuvre, les nouvelles qui suivent sont forcément moins bonnes, moins développées même si les trames restent excellentes comme celles de la capsule enterrée. D'anciens collégiens déterrent 20 ans après dans leur école une capsule remplie de leur souvenir d'enfance. Ce qu'ils vont y trouver va être aux antipodes de ce qu'ils se rappelaient de cette époque...

- Souvenirs

Une jeune femme physiquement parfaite se souvient avoir été difforme pendant son enfance. Pourquoi ses souvenirs sont flous ? Et comment son visage a t'il changé ? Une métaphore brillante sur l'identité intérieure / extérieure et de l'angoisse à son paroxysme.

Car en plus de ces tourments, comme toujours chez Ito l'individu affronte ses cauchemars sans aucune présence fiable et/ou rassurante à ses côtés.

Avec ces 7 nouvelles pas toujours égales, Ito s'affirme définitivement comme le Stephen King nippon, où les enfants n’échappent ni à la cruauté de la vie, ni à celle intrinsèque de leur nature. La violence physique est rarement représentée. La violence sexuelle jamais.

Le lecteur qui pénètre dans cet univers doit accepter de rentrer dans un monde de cruauté psychologique aux effets jamais gratuits et aux ramifications existentielles.

Tonkham publie un belle couverture en 3 D mais qui perturbe un peu la lecture du fait de sa rigidité. Question traduction, si la tournure littéraire de Jacques Lalloz n'atteint pas les horreurs de Panini, on lui demandera de réviser ses conjugaisons et notamment ses participes... Pas moins d'une dizaine de fautes recensées pour 200 pages, ça aussi c'est cruel...


Wolverine & the X-Men by Jason Aaron Volume 8
Wolverine & the X-Men by Jason Aaron Volume 8
par Jason Aaron
Edition : Broché
Prix : EUR 12,39

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 School's Out Forever !, 5 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Wolverine & the X-Men by Jason Aaron Volume 8 (Broché)
Voilà c'est fini ! Plutôt que de jouer les prolongations en attendant les penaltys , Jason Aaron conclut avec cet arc la première session de la Jean Grey School. Il l'avoue lui même dans la post face. Il s'agira sûrement d'un moment unique dans son oeuvre.

Après avoir massacré ses héros de Scalped, tuer Frank Castle dans son run pour le Punisher et envoyer Wolverine en enfer, il avait personnellement besoin de légèreté.

Tout comme les mutants de Xavier qui enchaînaient les tartines de m**** depuis des années.Pendant 42 épisodes Aaron aura tourné en dérision mais jamais en ridicule les Xmen.
A l'inverse d'un Garth Ennis qui n'est jamais tant heureux que lorsqu'il parodie les super héros en les traînant dans la boue, Jason Aaron a brodé à sa manière une étrange fable drôle et tendre sur la peur de grandir.

Cet arc confirmera nos dires. La Jean GreySchool aura été décrite comme une grande famille dysfonctionnelle avec son père autoritaire, ses brebis galeuses, ses premiers de la classe, ses inadaptés.

Qu'attendre d'une école dirigée par Wolverine ? Des pièges dans les toilettes, des heures de colles humiliantes, des professeurs complètement dingues et des châtiments à faire pâlir le Marine's le plus aguerri.
Mais cette famille dysfonctionnelle reste une famille qu'il est difficile de quitter. Au moment de la remise des diplômes, nos élèves sociopathes réalisent que cette folie, cette insouciance, cette joie de vivre a toujours été encouragée par leurs mentors.

Que leur différence a toujours été respectée et que personne n'a tenter de les faire rentre dans le moule, les Xmen étant suffisamment paumés pour cela !

Et Quentin Quire, l'apprenti terroriste de constater qu'il a peur de vieillir, des responsabilités, des sentiments qui viendraient l'affaiblir. Face à ce miroir fauteur de chaos, Wolverine aura appris à ne plus penser avec ses griffes et à se comporter comme un directeur d'école plutôt que comme un kamikaze.

Aaron diplôme ses élèves. Il ne les aura opposés ni à Apocalypse, ni à Magneto. Et aura réussi à tirer son épingle du jeu lors du crossover Avengers contre Xmen.

Pour distiller l'indispensable dose d'action aux comics de super héros, il a écrit un running gag tout au long de la série : l'école est attaquée, les Xmen vont se battre les mains dans les poches et recommencent leurs cours 2 heures après auprès de morveux indisciplinés.

Chacun d'entre eux aura eu son heure de gloire : la grossesse de Kitty, la montée en pouvoir de Bobby Drake, la nouvelle personnalité d'Angel et la psychose d'Husk. Face à eux, un groupe de super vilains forcément adolescents pour augmenter l'effet miroir et développer la propension au bien des élèves de l'école.

La force du run est de pouvoir rattacher chaque élève à des séquences mémorables : les larmes de lave de Krakoa, les tee shirt de Quentin, la gentillesse authentique de Broo le Brood, la maturité précoce d'Idie, la violence de Kid Gladiator, chacun d'entre eux évoque immédiatement 1001 souvenirs au lecteur qui aura apprécié ce run.

Et même si à force de jouer avec les personnages, Aaron ne dispose pas d'autant d'espace qu'il aurait pu avoir pour ses mutants ( 10 épisodes bouffés par les crossovers...), ce n'est pas grave.

Comme le suggère Aaron dans le futur proche où Logan vieilli rumine sur la fermeture de l'école, le lecteur aura compris que le personnage principal de cette académie loufoque c'est bien la Jean Grey School !

Et puis les absents malgré la rigolade n'auront jamais été aussi présents.
Aaron rappelle que le combat des Xmen a eu ses martyrs : Jean Grey, Xavier et Scott Summers dont l'ombre aura planné tout au long de la saga.

L’idéologie des Xmen est dépassée. Le pacifisme écrasé. La JGS ne propose plus qu'une seule chose à ses élèves : apprendre à vivre et survivre come disait l'autre... Mais si la survie est amère chez Scott Summers, elle est vivifiante chez Logan.

Au delà de son scénario, des gags drôles mais jamais lourdingues, n'oublions pas que Aaron est un vrai psychologue et un grand dialoguiste. Si l'artifice pour réunir Scott et Logan dans une même pièce face à des sentinelles est un peu gros, il reste cohérent.

Les voilà de retour à la situation de Shism qui a brisé leur amitié. Deux héros face à des sentinelles ! Aaron décrit en quelques pages une amitié qui ne veut pas mourir, malgré les rancunes, les non dits, les erreurs, les morts.

Et Logan de rappeler à Scott que s'il le déteste, c'est parce qu'il lui rappelle trop le psychopathe qu'il était. Une famille je vous dis.

J'ai tiqué à quelques reprises durant ce dernier épisode : un défilé de dessinateurs à chaque page alors que l'on aurait aimé l’époustouflant Bradshaw. Et les séquences futuristes allégoriques à défaut d'être crédibles.

Pourtant, comme pour le run de Waid sur DD, le tout est plus important que la somme des parties.
Aaron aura tenu sa promesse : faire de son lecteur un élève à part entière de l'école tout en le sevrant du syndrome Peter Pan en lui rappelant que le plaisir de grandir est lié au plaisir de vivre.

Exceptionnel !
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (6) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 10, 2014 8:17 PM MEST


All-New X-Men: All-Different Vol. 4
All-New X-Men: All-Different Vol. 4
par Brian Michael Bendis
Edition : Broché
Prix : EUR 17,44

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Le retour de Factor X !, 5 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : All-New X-Men: All-Different Vol. 4 (Broché)
Ce commentaire couvre les épisodes 5 à 20 de la série All New Xmen.

Bon.. Faisons court.... Les habitués de la maison connaissent maintenant la "sympathie" que j'ai pour Brian Bendis.
Comme nous l'avions supputé, il est arrivé finalement à ramener les anciens Xmen, ressusciter la première monture de Facteur X, celle des années 80, et y apposer le label New Xmen.

Comment dire sans être méchant ? Comme sur ses Avengers, Bendis fait défiler les personnages sans leur donner aucune consistance : Mystique élabore des plans foireux sans conclusion, drague cyclope sans aucune conséquence, le plan de Scott Summers et sa révolution jamais éclairci.

Il n'en fini pas d'agrandir son casting : Mystique, Sabretooth puis Lady Mastermind, puis X23. Tout ce petit monde est convoqué autour d'un épisode puis dilué dans la masse sans n'avoir rien à faire ni à dire...

Tout cela manque de cohérence, de lucidité et truffé de faute de continuité. C'est ainsi que tout le monde semble avoir oublié que Jean Grey n'a jamais été le Phénix et n'a jamais tué personne puisqu'en hibernation dans un cocon de Jamaica Bay... C'est dommage, c'est dans le premier épisode de Factor X....C'est pourtant les Shi'ar qui vont la juger une énième fois...

Les mutants passent d'un point A à un point B, rencontrent leurs avatars, d'autre membre du marvel universe échangent trois vannes et passent à autre chose en dissertant sur le temps qui passent. Quant à leur mission première, cela fait bien longtemps que tout le monde semble l'avoir oublié...

Il y a quelque chose de fascinant à lire cette série : comment peut on écrire 20 épisodes d'une série qui n'a rien à dire, sinon ressasser le passé et ignorer complètement la métaphore raciale.

Réponse: par intermittence Bendis retrouve un peu du talent qui fit de lui un scénariste majeur des années 90 et donner lieu à des échanges intéressant par le jeune Scott Summers et Wolverine. Et les dessins d'Imonem restent de toute beauté.

C'est triste, vraiment et surtout très, très creux aux antipodes des run de Jason Aaron...

Voilà, j'ai pas été trop méchant hein ?

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Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 5, 2014 8:56 PM MEST


Walking Dead, Tome 20 : Sur le sentier de la guerre
Walking Dead, Tome 20 : Sur le sentier de la guerre
par Robert Kirkman
Edition : Broché
Prix : EUR 13,95

21 internautes sur 28 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Un p'tit coup de mou Robert ?, 4 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Walking Dead, Tome 20 : Sur le sentier de la guerre (Broché)
Voici venir le volume qui va ravir les détracteurs de la série, ceux qui trouvent que Robert Kirkman tourne en rond depuis des années, que ses histoires suivent toujours le même schéma et qu’il serait temps d’achever les souffrances de Rick Grimes et ce qui lui reste d’amis.

Et force de constater, malgré toute notre affection pour cette série, que cette fois, ils auront raison.

Car on parle quand même d’un Arc intitulé Guerre Totale et que ce genre d’histoire de massacre après l’accalmie a toujours été le fort de la série.

Oh ! des coups de feu détonnent, des grenades explosent, quelques personnages secondaires rencontrent leur créateur et les zombies font leurs grand retour.

Pourtant, force est de constater que le plan de Rick est en dessous de ce que l’on pouvait attendre de 20 épisodes de préparation.

Que les affrontements manquent d’intensité et que tout ce petit monde meure dans l’indifférence générale voire d’un certain contentement du lecteur qui se débarrasse de quelques boulets qui venaient plomber la série, et dont Kirkman a peut être pressenti l’inutilité.

Le problème de cette histoire vient de là : la plupart des personnages venant combler le vide laissé par la disparition des grandes figures de la série n’étaient pas à la hauteur.

C’est d’ailleurs le point fort de la série TV: se détacher du focus porté sur Rick Grimes pour consacrer des épisodes entiers à ses copains…
Heureusement le vilain Negan est à la hauteur aussi imprévisible que surprenant, cruel que drôle et Kirkman a réussi à créer un psychopathe au caractère plus intéressant que le Gouverneur.

Il n’en reste pas moins qu’avant que Rick et lui règlent leurs comptes, il faudra que Kirkman se réveille un peu et se rappelle ce qui faisait le sel de sa série : l’impossibilité d’anticiper ce qui allait suivre, ce qui n’est malheureusement pas le cas ici.

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Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (11) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 11, 2014 4:11 PM MEST


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