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Contenu rédigé par Bruce Tringale
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Commentaires écrits par
Bruce Tringale (France)
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Une dernière chose avant de partir
Une dernière chose avant de partir
par Jonathan TROPPER
Edition : Poche
Prix : EUR 8,10

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Tout est déjà arrivé, 13 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Une dernière chose avant de partir (Poche)
Silver est un batteur de rock quarantenaire. Après la séparation de son groupe auteur d'un tube unique, il est devenu un serial loser plaqué par sa femme, sa fille et sa famille. Il vit depuis à l'hôtel où il passe son temps à picoler et prendre du bide avec d'autres potes divorcés...
Jusqu'au jour où Casey, sa fille qui le méprise, renoue avec lui pour lui apprendre qu'elle est enceinte et qu'elle ne sait pas quoi faire. Le même jour, Silver fait une forme d'AVC. Sans opération dans le mois, Silver est bon pour la morgue. Silver a l'argent et le soutien de ses proches. Seulement voila, dégoutté par l'échec de sa vie, il n'a pas vraiment envie qu'elle continue...Il se met au défi pour ce qui lui reste à vivre de se réconcilier avec ceux qu'il a blessé, devenir un bon père et tomber amoureux.
Comme d'habitude Tropper n'a pas son pareil pour superposer les événements liées à la naissance et la mort dans un temps très court. Les personnages sont ballottés et toujours aussi attachants. Ca se dévore et contient de bien belles saillies sur le temps qui passe et la course contre la montre du fil de la vie. A la Tv, on obtiendrait un mix de My name is Earl et Californication.
Seulement voilà, ce livre il l' a déjà écrit, en mieux ! Il s'appelait Tout peut arriver et il serait temps pour Tropper de renouveler son écriture.


From Hell
From Hell
par Eddie Campbell
Edition : Broché
Prix : EUR 49,95

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Enfer et Dame Nation, 7 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : From Hell (Broché)
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En 1888 à Londres, un descendant royal, le Prince Eddy, a un enfant avec une vendeuse de bonbons. Ses amies prostituées, avec à leur tête une certaine Mary Kelly, pensent innocemment se faire quelques sous en faisant chanter la Couronne. En leur envoyant son médecin, William Gull, nettoyer l’affaire, la reine Victoria est loin de se douter qu’ elle a ouvert les portes de l’Enfer !

Gull est un chirurgien de renommée . C’est aussi un Franc Maçon versé dans les sciences occultes persuadé que les lignes temporelles de notre humanité sont bâties comme une arche, que les coïncidences n’existent pas et que Londres, construite dans le sang, exige des sacrifices humains.

En dessinant dans le sang de ses victimes un pentagramme à travers Londres, Gull est convaincu d’être investi d’une mission qui maintiendrait en respect les forces du Chaos. En tuant les prostituées les unes après les autres, il pense en effet freiner l’ascendance féminine sur les sphères hiérarchiques britanniques, préserver la Couronne du Chaos, et éviter a tout prix les décollations royales. Rien de personnel donc, Gull se voyant d’avantage comme l’outil du Destin.

De meurtre en meurtre, il devient le tueur en série le plus célèbre de l’humanité. Jamais pris, son identité restera un mystère au fil des siècles et Moore brosse sa vérité historique au fil d’un processus intellectuel passionnant reposant sur des archives, des témoignages, des séquences imaginaires plausibles et des concomitances mystiques. C’est ainsi qu’il établit une correspondance audacieuse entre le premier meurtre de Gull et la date de conception d’Adolf Hitler !

Une séquence montre en effet s’accoupler papa et maman Hitler tandis que Jack prémédite son meurtre. Puisque durant tout l’ouvrage il est établi que l’histoire se répète à intervalle régulier, quoi de plus naturel que les actes du plus célèbre tueur en série donnent naissance au plus célèbre criminel contre l’humanité ? Que l’ homme qui assassinait le sexe faible engendra celui qui haïssait les faibles ?

Pourtant, à la différence de la Moustache Furieuse, William Gull a, de l’aveu même de Moore, un versant sympathique qui, à défaut d’empathie, inspire tout du moins le respect. On peut comprendre ce qui attira Alan Moore chez ce personnage : Gull est un monument de culture tout aussi capable de disserter de poésie que de chirurgie, d’architecture ou de franc maçonnerie.

Moore effectue un tour de force à se glisser dans la peau de l’assassin sans que celui ci n’ait l’air d’un illuminé notoire. Les liens qu’il fait entre magie, histoire et sciences occultes sont suffisamment érudits pour que Gull soit pris au sérieux. Pour autant que ses meurtres apparaissent barbares, Gull les accomplit sans cruauté ni sadisme : il ne viole, ni ne torture ses victimes.

Malgré cela, on est gré à Alan Moore de ne pas installer son lecteur dans un syndrome de Stockholm qui nous ferait apprécier la présence de l’éventreur. Gull reste un être hautain, froid et méprisant des classes inférieures, capable d’éventrer une prostituée sans remord pour ensuite se coucher paisiblement et embrasser madame. Moore effectue d’ailleurs des pieds de nez amusants à son lecteur : l’ignorance de son cocher que Gull déplore fait écho à celle du lecteur lambda obligé de se référer aux annexes du bouquin pour saisir la portée des références.

A la fin de ouvrage, Gull est pris de visions et voit le siècle venir, notamment la froideur et la perfection de l’ère informatique. Il déclare alors avoir accouché du siècle qui viendra. C’est pourtant immédiatement au nazisme que l’on pense : Gull précède les expériences et les crimes des nazis au nom d’un Reich pur et du maintien des seigneurs en haut et des esclaves en bas. Ces criminels de masse, instruits pour la plupart, qui accomplissait leurs meurtres de manière rationnelles et dépassionnés ( pas tous hein ? ). Et à plusieurs reprises, Moore décrit le terreau antisémite de l’époque visant, faute de preuves, à imaginer un coupable forcément juif !

Car, aussi brillante soit elle, From Hell, n’est pas qu’une enquête visant à mettre en lumière l’identité d’un tueur légendaire. C’est aussi et surtout la description des conditions de vie épouvantables des femmes de cette époque obligées de se prostituer pour vivre. Une scène est particulièrement éprouvante : celle où Gull dort comme un bébé le matin de son premier meurtre juxtaposée à ses futures victimes dormant sur le trottoir, côte a côte, attachées par une corde à linge pour ne pas tomber par terre. Pour un lecteur contemporain, l’image de ces femmes traitées comme des bêtes et réveillées sans ménagement comme dans un poulailler est insupportable.

From Hell, c’est aussi l’histoire de la lutte désespérée d’une caste qui, pour s’accrocher au pouvoir, confond intérêt particulier et bien public. La reine Victoria est montrée comme un être impitoyable qui signe des fatwas; la police, informée par Gull en personne du déroulement des meurtres, démissionne pour ne pas compromettre les francs maçons. Et Gull, lui-même est impitoyablement éliminé pour ne pas laisser de traces.

Pour autant, Moore, en suscitant l’indignation de son lecteur contemporain, ne sombre pas dans le misérabilisme et la démagogie riches = pourris, pauvres = gentils. Au contraire, l’Angleterre d’en bas est aussi veule et cruelle que celle d’en haut. En se délectant des détails des meurtres sordides, en affluant aux enterrements par pur voyeurisme, en se faisant prendre en photos sur les lieux des crimes, Moore rappelle le goût du public pour les monstres et la violence. Il convoque par trois reprises à cet effet, le tristement célèbre John Merrick, l’Homme Elephant immortalisé par David Lynch, attraction dans un premier temps de la populace d’un cirque puis de la bourgeoisie dans un hôpital.

Mary Kelly et les autres victimes ne sont pas sanctifiées : alcooliques, vulgaires, vénales, sales chacune de ces vies ôtées est une tragédie sur patte. Au point que l’éventreur prédit qu’il n’a fait qu’abréger les misères de ces marginales. Quant à l’inspecteur Abberline, sa silhouette voûtée et ventripotente traduisent une honnêteté et un certain humanisme mis à mal par le sabotage de ses supérieurs hiérarchiques.

Du début à la fin , il pédale dans la semoule et ne dispose d’aucun indice. Lorsque par le plus grand des hasards, il démasque Gull, il est à son tour écrasé par le poids de la société et dissout son honnêteté dans ses intérêts financiers. Le film qui en sera tiré lui donnera à l’écran le visage de….Johnny Depp…

Lorsque From Hell se termine, il est facile de déterminer qui est le personnage principal de cette histoire : il ne s’agit ni de Mary Kelly, ni d’Abberline, ni de Jack l’éventreur mais bien de Londres, une ville monstrueuse, hantée par son passé qui, comme un Dieu cruel, exige les organes de ses morts et le sacrifice de ses vivants.

La démarche de Moore n’est pas éloignée d’un Kubrick qui dans son Spartacus faisait dire à Cassius ( de mémoire ) : il ne suffit pas d’aimer Rome pour bien la servir, mais de ramper à ses pieds pour mieux y mourir. Comme le réalisateur de 2001, Moore raconte une odyssée de l’humanité. Le tueur en série fait ici figure de symptôme sociologique crée par une société impitoyable créant son prédateur pour éliminer les plus faibles. Il est le révélateur des pires travers humains : l’appât du gain, le gout du pouvoir, la soumission aux pulsions sexuelles, la lâcheté, la falsification de preuves et les mensonges de la presse.

A bien des égards, From Hell est la conclusion terriblement pessimiste d’une trilogie entamée par V pour Vendetta et Watchmen : comme V et Veidt, William Gull est un homme seul qui va bouleverser les fondements d’une société. Si les deux premiers faisaient assaut d’idéalisme et d’humanisme, Gull, lui provoque le changement en voulant maintenir la couronne en place. Une fois sa mission accomplie, Gull sort de son rôle comme d’une transe et devient un vieil homme pathétique qui meurt en regardant son infirmière s’accoupler avec un aide soignant ! lui ! le tueur de catins !

From Hell est certainement l’une des oeuvres les plus sombres de Moore. Aidé par le trait charbonneux de Campbell qui ne lésine pas dans l’édification de décors sinistres, tout ce petit monde n’en finit pas de se faire souffrir mutuellement en voulant pourtant s’éviter. Du flic désabusé au gentleman tueur, la nature humaine privée des droits de l’homme édictée par la révolution française est montrée dans toute sa cruauté et ses bas instincts.

Lost Girls qui occupera Moore seize années de plus ( ! ) adoucira ce propos bien sombre avec cette fois ci, des femmes accomplissant une sexualité heureuse, libérées de toute domination masculine et une fin similaire débouchant sur la première guerre mondiale qui précipita notre monde….En Enfer….


PREACHER tome 1
PREACHER tome 1
par Matt Hollingsworth
Edition : Relié
Prix : EUR 28,00

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 God is dead et no one cares !, 2 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : PREACHER tome 1 (Relié)
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Attention cet article porte sur l'intégralité de la série et comporte de nombreux Spoilers !

Impossible de ne pas profiter de la réédition de Preacher pour revenir sur un phénomène du Comic- Book qui traumatisa toute une génération de lecteurs.

La saga de Jesse Custer ( homonyme d’une ordure complice du génocide amérindien- mais aussi initiales de Jesus Christ) peut s’apparenter à du grand n’importe quoi. Custer est un prêtre ayant perdu la foi a hérité d’un pouvoir divin : celui de la voix. Il lui suffit de prononcer un mot pour se faire obéir immédiatement de son interlocuteur. Custer est en fait l’hôte d’une entité Genesis mi ange, mi démon. Custer apprend que Dieu a abandonné son royaume et trahi sa création. Le révérend entreprend alors l’entreprise la plus folle de l’histoire des Comics : traquer Dieu pour l’obliger à confesser ses crimes devant l’humanité ! Et Dieu face à un tel enragé prend peur et va tout faire pour éliminer notre héros !

Jesse, c’est un type à qui on ne la fait pas : enterré vivant dans son enfance par sa grand mère sadique, témoin de la mort de son père enfant, Custer est une vraie rock star qui ne respecte rien, ni personne et ne se laisse pas intimider lorsque Dieu vient lui parler ! Custer est un fier américain : aussi beauf que touchant, rempli de préjugés notamment envers les français et prêt à donner une seconde chance aux freaks qu’il rencontre, impitoyable et sensible.

C’est surtout un homme d’honneur habité par sa mission qui va le conduire à braver mille morts

Ennis n’est pas intéressé par la dimension religieuse de son récit. Ou si peu.En cherchant bien, on y trouve ici et là quelques réminiscences du Sandman, autre star de Vertigo : des Dieux qui fuient leur responsabilité, une parodie de Death, ici représentée en gothique obèse et des créatures fantastiques qui vont contre leur nature : Le Corinthien et Cassidy ont une certaine parenté physique. Cassidy tente d’être un bon vampire tandis que le Corinthien est un cauchemar qui souhaite exister dans le monde réel.

Mais Ennis est d’avantage attiré par le réalisme que le fantastique raffiné de Neil Gaiman. Car malgré toute sa violence et le trash de ses situations, Preacher est une perle d’écriture, un Western crépusculaire qui, au fil des personnages plus exubérants les uns que les autres, raconte une certaine histoire de l’Amérique. Celle des Freaks, des laissés pour compte, des marginaux, des cons, du conformisme et du Vietnam. Et brosse des portraits fascinants. Inoubliables. Imparables.

Cassidy, le vampire Irlandais occupe un second rôle prédominant. Présenté en début de série, comme le Wanker de la troupe, il est l’archétype du pote drôle qui aime un peu borderline. Ennis nous trompe une première fois en mettant en scène un Vampire pacifique qui répugne à boire du sang humain. Dans un hors série d’une qualité époustouflante, Ennis peint le portrait de Proinsias Cassidy comme un type plutôt censé. Loin du gothisme morbide et romantique façon Anne Rice, Cassidy est un type qui aime la vie, mange de l’ail et apprécie le silence des églises. Impitoyablement torturé par Herr Starr durant Proud Americans, Cassidy est méprisé par Dieu en personne qui le traite d’animal. Le degré d’empathie du lecteur est alors au maximum pour ce bouffon sympathique.

Pourtant à partir de l’arc Dixie Road, Ennis décide de casser le schéma du trio de copains inséparables et fait de Cassidy une menace de plus en plus pesante. Ce qui commence comme une sympathique bluette de triangle amoureux se termine en véritable cauchemar pour Tulip après la mort présumée de Jesse. Alors que clairement, Cassidy ne ressent pour Tulip qu’une attirance sexuelle, le choix de Tulip de coucher avec un être qui la répugne n’est pas si déconcertant. Cette femme au prénom de fleur se fâne loin de Jesse Custer. Coucher avec son meilleur ami n’est clairement qu’ une tentative désespérée pour elle de surmonter le deuil de son amant en côtoyant son meilleur ami.

De fil en aiguille, le lecteur comprend que le vrai héros de la série est Cassidy, un immortel irresponsable qui joue avec les vies qu’il détruit sans disposer du temps devant lui pour acquérir sagesse et sérénité. Cassidy a tout connu : l’héroïne, la prostitution et a été auteur de violences impardonnables envers les femmes. Parmi les inombrables parenthèses que l’Irlandais ouvre, la violence conjugale occupe une place de choix.

Dans le dernier arc, le magnifique Alamo, la finalisation de la quête de Dieu prend moins de place que le règlement de comptes entre les deux amis. L’affrontement est terrible avec d’un côté, Jesse Custer, homme d’honneur incapable de mentir et de l’autre Cassidy qui supplie son ami prêtre de lui accorder son pardon. Encore une fois Ennis nous a bien eu ! Il met en scène une histoire d’amitié déçue qui surclasse les crimes d’un Dieu idiot.

Brutale et bourin en apparence, Ennis faisait ici montre d’un talent véritablement littéraire en réalité. De quoi parle Preacher ? De rédemption purement et simplement. D’ailleurs l’un des meilleur arc de la série s’appelle Salvation ! Mais cette rédemption n’est pas celle infantile véhiculée par les comics de Super Héros mais résulte d’un effort autant physique qu’intellectuel à constamment renaître des cendres de nos vies précédentes , de nos choix et nos erreurs!

Dans un monde où même Dieu a abandonné ses créatures, Jesse Custer choisit de rester debout et de demander des comptes. Jesse va perdre une oeil mais reste un homme lucide et clairvoyant. Cet amour dévorant que Dieu exige de lui, il n’en a cure. Il est un homme sans peur, n’ayant rien à perdre, donc rien à demander. Preacher évolue dans les abysses de l’humanité et côtoie l’équivalent de créatures préhistoriques qui se sont développées sans lumières, sans amour, sans âme. Et sans bienveillance d’un Dieu qui pervertit toute notion de Bien , de Mal et du sens à donner à la vie.

Pour Ennis, il ne s’agit pas de naître homme, il faut vouloir le devenir. La vraie grandeur d’âme de Jesse Custer se situe dans son sens des responsabilités et de l’honnêteté. En dépit de sa violence et de son caractère rustre, Jesse est un homme auquel le lecteur apprend à s’identifier en ce qu’il mène le combat de l’homme de tous les jours : ne jamais abandonner ! Exactement comme le Matt Murdock de Frank Miller dont on sait qu’il constitue l’un des rares super héros que Garth Ennis respecte. Preacher est une fable sur la virilité qui exalte les valeurs masculines sans en faire une apologie patriotique malsaine ou démagogique !

Au contraire, en décortiquant les principes de loyauté, d’honneur, de courage et d’amitié, Ennis rappelle aux hommes qui le lisent leurs devoirs à l’égard du monde que leur lâcheté et leur paresse ont amené à déserté pour des intérêts immédiats comme ce Dieu égocentrique que Custer cherche à abattre. Jesse est un homme capable de discerner chez l’autre la propension au bien. Impitoyable envers ses ennemis, il est celui qui laisse une chance de rédemption à des damnés comme le Saint des Tueurs ou Cassidy. Et même s’il devient borgne au cours de la série, il reste roi au milieu des aveugles du conformisme.

Et puis, il y a aussi les femmes. La force de la série est de mettre en scène un personnage féminin remarquable, Tulip, qui joue un contre-pouvoir efficace dès que le récit devient trop burné. Tulip n’est pas un modèle de féminisme : elle n’est pas plus jolie que ça, elle se bat comme un mec et fait preuve au combat de peu de scrupules humanistes. Pourtant, elle reste un modèle d’équilibre dans l’univers désaxé de Jesse Custer, celle capable de lui rappeler une fois le carnage terminé au numéro 66 que toutes ces conneries machos n’auront finalement pas servi à grand chose.

Tulip n’est jamais une demoiselle en détresse, une princesse effarouchée perdue dans un monde d’hommes. Au contraire, elle est une femme qui s’est adaptée à la brutalité d’un monde masculin dangereux tout en gardant ses attributs féminins : sensibilité, perspicacité et ténacité. La même chose pourrait s’appliquer à la mère de Jesse Custer, Jody, dont les retrouvailles constitue une des grands moments de la série. Ce sont ces deux femmes qui conduisent Jesse Custer vers sa rédemption : l’acceptation de sa fragilité.

Lorsqu’il s’avère que Jesse Cow-boy autoproclamé a menti à la femme qui l’aimait, celle-ci, révoltée à l’idée qu’une femme ne mérite pas qu’on lui fasse confiance, le quitte impitoyablement. Même si Ennis surjoue leur réconciliation façon Western à cheval vers le soleil couchant, l’émotion est là. Après avoir bravé mille morts et tué Dieu ( ! ) Jesse Custer pleure pour la première fois en 30 ans terrorisé à l’idée de perdre la femme qu’il aime. Cette masculinité réconcilié avec sa part féminine constitue la meilleure fin de Preacher.

Il oppose ici cette virilité moderne à celle archaïque de Herr Starr qui ne voit les femmes comme un utilitaire sexuel ou celle du Saint des Tueurs exclusivement centrée sur la vengeance brutale au mépris de sa propre humanité . Starr a force de renier les femmes devient un phallus humain toujours en érection, excité par son propre pouvoir, sans jamais jouir de l’autre…. Pourtant malgré tous ses défauts Herr Starr arrive à attirer l’amour de Featherstone, qui, comme Eric Finch de V for Vendetta, est une femme respectable qui s’est retrouvée dans le mauvais camp. Comme Custer, Starr est borgne mais, lui ne voit que ses intérêts égoïstes malgré une intelligence en tout point supérieure à celle de Jesse.

Derrière ses outrances, Preacher est une fable humaniste vibrante volant au secours de la maltraitance des femmes, des enfants battus et incestés, des animaux maltraités, des noirs pourchassés par le KKK et les héros oubliés du Vietnam. Beaucoup se sentirent trahis par la fin heureuse de la série. Elle n’a pourtant rien d’opportuniste. Jesse, Tulip et Cassidy onnt tous perdu la vie au cours du récit. Cette vie qu’ils retrouvent, c’est leur deuxième chance, une renaissance où ils décident de mettre à profit leur volonté de ne pas refaire les mêmes erreurs. Rien de leurs vies précédentes n’est oublié. Et Cassidy est mort pour ses amis malgré une grosse bourde scénaristique d’Ennis ( comment a t’il fait pour laisser un mot dans la poche de Tulip qui l’a quitté ? ).

En dépit de la violence du récit, le message de Garth Ennis est plein de vie et d’optimisme. Pourquoi nos moments de bonheurs devraient ils être liés à Dieu et pas à nous mêmes ? Dieu est mort ? Et alors ! L’homme n’a pas besoin de lui pour être heureux ! Il s’agit juste d’en avoir conscience, de croire en nous même et de notre potentiel à être juste ! Rappelons nous la promesse de Jesse faîte à son père :You got to be one of the good guys, cause there’s way too many of the bad.


Gemma Bovery
Gemma Bovery
DVD ~ Fabrice Luchini
Prix : EUR 9,99

4 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Gemma Forever, 31 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Gemma Bovery (DVD)
Un film aimable porté par un duo à l'unisson. Gemma Arterton bien loin des morues hollywoodiennes y est comme à son habitude lumineuse. Chaque geste de sa part n'est que grâce et féminité. Il est impossible de ne pas tomber immédiatement sous son charme d'autant plus qu'elle parle français avec un accent british adorable.
Luchini n'est jamais aussi bon que lorsqu'il est sobre. Son jeu est contenu et il est contre toute attente incroyablement séduisant.
Pour le reste, ce marivaudage ( aucune allusion péjorative là dedans, Marivaux est un auteur immense) normand se laisse suivre avec sympathie même si les références à Flaubert sont parfois un peu poussées.
En dehors de Gemma et Luchini, les personnages secondaires sont plus stéréotypés les uns que les autres : l'épouse castratrice, le mari cocu, le parvenu vénal et la greluche anorexique. La réalisation est un peu plate et surtout le thème de l'ingénue qui enflamme la campagne a déjà été mieux traité dans Tamara Drew de Frears avec Gemma justement !
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 2, 2015 11:46 AM CET


Bel âge (Le) - tome 3 - Départs
Bel âge (Le) - tome 3 - Départs
par Merwan
Edition : Album
Prix : EUR 16,45

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 La vie et rien d'autres, 29 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bel âge (Le) - tome 3 - Départs (Album)
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Le Bel âge est une histoire complète en trois volume écrite et dessinée par Merwan chez Casterman. Le dernier volume est paru début 2014.

Le Bel âge suit le destin de trois adolescentes que tout sépare : une franco-libanaise déchirée par ses origines ( Leïla ) , une thésarde qui sacrifie sa vie à des études dont elle ne voit pas la fin ( Hélène ) et une jolie franco-vietnamienne qui a peur de l’échec ( Violette ) .

Construit sous forme de courts chapitres individuels qui amène nos amies à se rencontrer et à prendre une coloc’ ensemble, le Bel âge est une chronique douce amère de l’errance adolescente après le lycée . Aucune souffrance majeure, mais une incertitude angoissante face à cette croisée des chemins où toutes les bifurcations sont possibles : l’envie de profiter de la vie et de ne pas la gâcher en même temps.

C’est ainsi que lecteur ne peut que s’attacher au destin de ces trois jeunes femmes et y trouver des échos aussi bien spécifiques au sexe féminin qu’à l’universalisme de l’être humain. Leïla se fait appeler Lila pour cacher ses origines. Elle a honte de la soumission de sa mère maltraité par son père. Elle revêt alors un masque emprunt de liberté sexuelle pour coucher avec les mecs de ses copines. Traitée de salope et abandonnée par son entourage, Leïla est profondément malheureuse et fait tout ce qu’elle ne veut pas faire. Comme tous les autres filles de Merwan, elle accomplit un chemin initiatique l’amenant à se découvrir, ce qu’elle veut et ce qu’elle ne veut plus.

Hélène pourrait être l’exacte contraire de Lila : issue de Perpignan, elle a fui l’ennui de la province pour se noyer dans ses études auxquelles elle sacrifie sa vie amicale et sexuelle. Elle découvrira progressivement que cette discipline qu’elle s’impose est sa propre soumission à ne pas affronter sa vie.

Enfin, l’adorable Violette qui décide d’abandonner ses études pour mener une vie indolente rythmée par le sexe et les copains. Elle sait au fond d’elle que son destin d’adulte dépendra de ce qu’elle joue et en est terrifiée. Ce trio au caractère aussi bien trempé qu’opposé se retrouve alors sous le même toit.

Merwan décrit avec brio des vignettes de petits riens de la vie quotidienne d’une jeunesse en France ni extravagante, ni atypique. Dans le tome 1 le lecteur les découvre séparément. Le tome 2 présente les joies et les galères de la cohabitation. Le Volume 3, plus conséquent en pagination envoie les trois amies en pèlerinage à la montagne où chacune va être amenée, loin de sa vie et de ses masques, à prendre la décision qui déterminera le reste de leur existence.

C’est vraiment chouette de voir que Terry Moore n’a pas l’apanage du scénariste-dessinateur masculin excellant à trouver la voix de ses caractères féminins au détriment des hommes qui ne semblent guère l’intéresser . . . Hélène, Violette et Hélène sont faillibles, font de vraies conneries à la fois graves dans le présent et dérisoires sur l’échelle d’une vie. Nos trois amies sont immédiatement attachantes, empathie accentuée par le trait séduisant de l’auteur qui comblera les amateurs de Bastien Vivès, même si Merwan rappelle dans ses interviews qu’il était là avant. Il excelle autant à dessiner l’infiniment petit rendant crédible le souvenir de tous ceux qui ont vécu sous les toits : le rideau séparant la cuisine de la chambre, les corvées de vaisselle, les gâteaux avec bougies fauchées, les petites cafetières italiennes du matin….

Si certains dialogues sonnent parfois un peu plaqués, on se rend compte que Merwan n’est pas un homme de mots. Car finalement l’émotion passe presque à l’insu de ses personnages, de leur attitude et d’un langage corporel élaboré : de la première vignette, où avec l’aide d’un découpage quasi cinématographique, Violette , en larmes dans une voiture, regarde dehors, un lampadaire, ses pieds et son mec avant de le plaquer à l’excursion en montagne où tout sonne juste : l’épuisement mêlé au plaisir d’avoir surmonté un obstacle aussi bien physique que mental, les chaussures ôtées et jetées en vrac pour laisser respirer les panards.

Enfin, Merwan croque des femmes dans le Bel âge : nos amies ne sont ni silliconnées, ni ultra sexuée. Mais leur féminisme est irrésistible orné de tenues chaque fois renouvelées, de pyjamas et de sous-vêtements à croquer. Les rondeurs des ventres, des seins et des culs sont sensuels sans être aguicheurs. Les scènes sexuelles sont suggérées et n’humilient jamais nos héroïnes. Il n’y a finalement pas grand chose de ces petits riens de la vie. Juste ressentir.

Ni mièvre , ni snob , ni sitcom façon Hélène et les garçons , ce Bel âge constitue une lecture charmante porté par des femmes adorables et un auteur amoureux que l’on quitte à regret. Comme un ami que l’on abandonne….


X-men Extra, N° 103 : X-men forever : Saison 2, 3/3
X-men Extra, N° 103 : X-men forever : Saison 2, 3/3
par Chris Claremont
Edition : Broché

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Regrets éternels...., 28 janvier 2015
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Publié par Marvel entre 2009 et 2011, Xmen Forever est une maxi série de 43 épisodes. Elle contient un début et une fin ( avortée). Cet article portera sur l’ensemble de cette série et comportera dans son intégralité des Spoilers Majeurs portant sur l’ensemble de la série.

Chris Claremont et les Xmen c’est une longue et douloureuse histoire d’amour. Débarqué comme un malpropre en 1991, Marvel – c’est suffisamment exceptionnel pour être mentionné- a su faire acte de contrition depuis un quart de siècle en ré-embauchant Claremont à plusieurs reprises où son retour en fanfare donna lieu à l’annulation systématique de son travail.

Le gentleman britannique ne semble jamais en avoir pris ombrage. Bien au contraire, il signe avec cet Xmen Forever son énième come back le plus ambitieux. Il s’agit d’un gigantesque What if : et si papa Claremont n’avait pas quitté les Xmen, quelles histoires aurait il écrit après la période Jim Lee ? A ce niveau, difficile de différencier le volet artistique du cynisme de Marvel. Honnêtement qui a besoin sur le marché d’une série X-Men de plus ? Quel sens donner aux histoires d’ un type viré 20 ans plus tôt dévoilées depuis des lustres dans la presse ? Car, bien sûr au bout de deux ans, alors que toutes les intrigues n’ont pas été conclues, la série est – once again- annulée….

Pour autant, Xmen Forever vaut il le déplacement ? Oui, car pour tout fan des X-Men, on y trouve plein de bonnes idées ! L’histoire reprend juste après la mort de Magnéto sur l’Asteroïd M. Et dès le départ, Claremont frappe fort, très fort. On comprend ce qui a pu le séduire dans ce projet : la liberté totale de tuer qui il veut sans aucun espoir de résurrection ! Et tout au long de ce run, le carnage est total ! Trois X-Men majeurs meurent ainsi que deux Vengeurs !

Dès le premier épisode donc, le plus conservateur des fans a de quoi faire une attaque ! Wolverine sur la piste d’un criminel meurt brûlé vif assassiné par….Storm ?! Ouais ! La plus fidèle des X-Woman, l’héroïne au centre du run historique de Claremont devient une ordure de première ordre dont on apprend qu’elle est une tueuse infiltrée parmi les Xmen depuis des mois ! Pourchassée par ses anciens amis, mutilée par Kitty Pryde, Storm prend le contrôle du Wakanda après avoir assassiné T’Challa. En menaçant d’annexer l’île de Genosha, elle déclenche un incident international qui risque de tourner à la guerre entre Xmen et ces abrutis de Vengeurs… Il faut attendre le dernier épisode pour comprendre les motivations d’Ororo.

Alors que Charles Xavier est de nouveau évincé par Claremont, le nouveau mentor des Xmen est Nick Fury qui prend ses quartiers à Salem Center avec toute la gentillesse et la finesse qui le caractérise. Le couple Scott-Jean Grey est dissout ! Sabretooth et Mystique rejoignent les Xmen ! Kurt Wagner retrouve une apparence humaine ! Une organisation puissante infiltre le SHIELD pour détruire les mutants ! On apprend que la famille Stark et Trask sont liées ! Que tous les mutants sont atteints du Virus Burnout les condamnant à mourir jeunes. Un vilain inédit apparaît dans le giron de M.Sinistre. Et enfin, surgit une autre Tornade enfant cette fois, tandis que Kitty Pryde hérite de la personnalité de Logan, d’une griffe en adamantium et de son healing factor.

De ce côté là, l’acheteur d’Xmen Forever en a pour son argent ! Du changement en veux-tu, en voilà, des coups de théâtre, des morts en pagaille et des sub-plots à rallonge ! Claremont est en pleine forme et se régale. Les fans du run historique de Lobdell et Nicieza en auront pour leur argent aussi ! Cyclope ne se marie plus avec Jean Grey ! Il est cocufié en bonne et due forme par Logan qui consomme enfin son amour pour la rouquine, qui batifole à son tour avec tous les mutants poilus après la mort de Logan….

Pourtant, la série aussi bouillonnante soit elle est loin d’être une réussite. Ce changement que Claremont impose, apparaît souvent factice, obligé, forcé. De l’évolution certes, mais encore faut il qu’elle soit bien amenée et crédible. Sous prétexte d’évolution, Kitty se transforme en pétasse vulgaire et insupportable, Mariko Yoshida en mégère psychotique et Jean Grey a les hormones qui lui démangent. Attention , il ne s’agit pas d’être choqué par l’évolution de sa sexualité mais plutôt par la brutalité avec laquelle Claremont la met en scène.

Scott Summers inversement a perdu tout charisme, Sabretooth censé être la wild card de l’équipe après la mort de Logan est trop facilement intégré dans l’équipe et Mystique perd toute ambivalence pour devenir une sainte nitouche qui se félicite à chaque scène de voir ses enfants Rogue et Nightcrawler si bien s’entendre !

Si Claremont a revisité son écriture ( il a gardé quelques bulles de pensées, c’est plus fort que lui, mais dans l’ensemble les personnages s’expriment en voix off), c’est toujours très bavard, chaque épisode met une plombe à commencer et la psychologie des personnages semble peu naturelle, froide et plaquée. S’il réhabilita intelligemment le vilain Magnéto par le passé, il est difficile de croire que Mystique et Sabretooth sont passés du côté des anges en quelques épisodes sans aucune explication.

C’est d’ailleurs là le second point faible de ce run. Sans doute vexé par ses fans qui l’accusent à raison de mettre constamment en scène des X-Men victimes de Mind- Control, papy Claremont a trouver un nouveau moyen de les faire s’affronter entre eux : les clones ! On le savait fan de Star Wars, c’est effectivement l’attaque des clones !

On apprend ainsi que le Sabretooth qui décima les Morlocks était un clone ! Véritable enfant de choeur, il admet quand même être celui qui persécutait Logan chaque année pour son anniversaire après avoir violé Silver-Fox… C’est inadmissible de la part d’un scénariste féministe qui avait écrit cette histoire comme manifeste de la brutalité masculine !

Et puis c’est quoi cette histoire de clones venant de quelqu’un qui n’a jamais digéré que Madelyne Pryor soit celui de Jean Grey ? Le grand chamboulement promis par Claremont, c’est finalement du toc et la liberté promise par Marvel reste bien limitée !

Comme dans l’univers classique de Marvel, les super vilains ont disparu ! Exit les Arcade, Proteus, Sinister, Apocalypse ou Magnéto. Les Xmen affrontent des clones : celui de Sabretooth donc, puis celui de Wolverine et de Storm… Ou des anciens amis devenus fous. Et bien sûr les Vengeurs à deux reprises.

Et Clameront est plutôt léger question rigueur : il demande à son lecteur de gober que Kitty Pryde puisse hériter d’une griffe en adamantium, de la personnalité de Logan et de ses pouvoirs par simple opération du saint esprit , qu’aucun télépathe de l’équipe n’ait pu détecter une fausse Strom dans l’équipe et que Mariko Yoshida déjà cocue du vivant de Logan ( Yukio, Viper, Tyger Tyger…) se transforme en **** machiavélique jalouse de Jean Grey.

Vexée, elle organise donc le génocide de ses anciens amis qui lui ont sauvé la mise plus d’une fois…De la part d’un Bendis qui ne connait pas ses tables de multiplication, ce serait compréhensible. Venant du type qui présida toutes ces histoires c’est très embarrassant…

Côté dessin, Tom Grummet et ses copains effectuent un travail honnête. C’est mignon à regarder, la mise en scène reste très paresseuse et toujours incertaine voire incompréhensible. Cyclops change de costume à chaque épisode, le look que Jim Lee donna aux mutants est conservé pour quelques épisodes avant d’être abandonné pour un design moins pire que celui de Salvador Larocca mais tout de même très laid. Notamment Gambit qui ressemble à un proxénète en costard cravate dans les égouts des morlocks. Ce pauvre Cajun fait d’ailleurs de la figuration incapable de retrouver son statut d’icône des 90′s.

En moins de 43 épisodes, Chris Claremont dynamite le statu quo de la série qu’il enfanta et propose réellement des histoires différentes à ce qu’il a pu être écrit dans les années 90. Toujours aussi imaginatif, plein de panache, Claremont parvient à tirer à plusieurs reprises à tirer son épingle du jeu.

Pour autant, le papa des Xmen peine à retrouver la voix des personnages ! Ce fameux Burnout qui atteint les mutants ne serait ce pas celui de Claremont ? Jean Grey, Storm, Cyclops et Gambit sont méconnaissables. Ceux qui vénèrent l’auteur de la Saga du Phenix Noir, de Proteus ou de Days of Future Past repartiront déçus. Le Claremont d’ici, c’est celui d’Inferno ou de Xtinction Agenda qui sentait déjà le bout du chemin… Il montre ici que Liefeld et Lee ne furent pas les seuls responsables de ce carnage.

Comme d’habitude 80 % des intrigues sont laissées en jachère et Claremont qui a plus de come-back que Frank Sinatra est viré. Il est actuellement revenu écrire pour un Nightcrawler fraîchement ressucité. Une histoire sans fin décidément….


Walking Dead, Tome 22 : Une autre vie
Walking Dead, Tome 22 : Une autre vie
par Robert Kirkman
Edition : Broché
Prix : EUR 14,95

23 internautes sur 23 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 She's not there !, 22 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Walking Dead, Tome 22 : Une autre vie (Broché)
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Cet article peut dévoiler des moments clés de l’intrigue en fonction du niveau d’attente du lecteur.

Ce nouvel arc qui ressemble à une nouvelle saison est intitulé A New Begining. Et mazette ! Kirkman est déchaîné et les pistes qu’il lance pour les arcs ultérieurs sont plus passionnantes les unes que les autres ! Tout d’abord il prend le contrepied de sa série. Depuis le début de WD, nous suivons l’évolution d’un groupe de survivants mené par Rick Grimes pour survivre puis pour reconstruire un semblant de civilisation. 22 volumes plus tard, ce groupe n’a plus rien à prouver à son lecteur. Kirkman l’acte dès le premier épisode avec une mise en scène originale : il introduit un nouveau groupe de survivants mené par une femme et qui demande asile à nos amis.

L’action est vue par ces personnages frais qui découvrent les actions de Rick. C’est à leur tour d’être les sceptiques : ce Rick Grimes si charismatique est il un honnête homme ? Et qui est ce mystérieux prisonnier Negan qui les supplie du fond de son cachot ? Très vite ces personnages à inégalité d’informations avec le lecteur amène une tension insoupçonnée. En voici enfin qui ne tombent pas immédiatement sous le charme de notre héros.

D’autre part, pour la première fois de la série, Kirkman effectue un saut dans le temps ! Une idée simple et efficace. Environ 3 ans ont passé depuis la fin du conflit contre Negan. Sophia et Carl sont des ados avec des poussées d’hormones, Maggie est devenue mère d’un petit Hershell et Rick Grimes est devenu une sorte de patriarche ventru, boiteux et barbu ! Oui ! ce héros qui aura tant souffert accède à une respectabilité qui le met en retrait… Il est devenu clair que la série à son image est devenue plus mûre et plus seulement axée sur l’affrontement physique. Les séquences de Charlie Adlard montre que notre héros qui aura été estropié, amputé et canardé n’est plus en mesure de se battre comme durant ses jeunes années.

Kirkman réussit un tour de force : il arrive à écrire 5 épisodes autour de petits riens : la production de céréales permettant les premières brioches, les premiers alcools, la renaissance de l’acier… La communauté est désormais organisée, mène des battues savamment répétées pour éloigner les zombies du camp. Et Carl souhaite quitter son père, le plongeant dans le désarroi du parent paniqué à l’idée de perdre son enfant. Maggie peut enfin élever un bébé sans craindre qu’il ne se fasse dévorer. Il n’est plus question de survie mais d’une vie paisible et harmonieuse.

C’est de toute cette vie qui se réinstalle dans sa normalité dont il est question. Et Kirkman parvient à écrire sur le bonheur sans que celui-ci ne soit ennuyeux. Bien au contraire, le lecteur partage trop les souvenirs des souffrances de ses héros pour ne pas jouir avec eux du plaisir d’un coucher de soleil. L’amour que ses personnages se portent entre eux n’a d’égal que l’attachement inouï que le public a développé envers ces créatures de papier.

Pourtant Kirkman continue d’instaurer de grands moments d’angoisse et de suspense : il y est question de la disparition de Michonne sans que le lecteur n’ait assez d’indice pour savoir de quoi il s’agit. Negan en prison est toujours aussi dangereux et plus manipulateur que jamais. Le bref échange entre Rick et lui figure d’ores et déjà comme l’un des meilleurs écrits par Kirkman pour la série. Enfin, il attise la curiosité du lecteur autour de rumeurs terrifiantes : certains zombies auraient acquis la parole et la capacité de se servir d’armes. Le trade se termine avec la confrontation contre ces zombies new-age et finit sur un cliffhanger insupportable. La vérité est bien en dessous de ce à quoi nos amis s’attendaient !

Des nouveaux personnages secondaires enfin intéressants, un dessin qui soigne les expressions des émotions des personnages, un équilibre formidable entre horreur et normalité, son invitation au changement, une réelle évolution des personnages principaux et le retour des zombies ne font pas seulement de ce nouveau départ un retour en grâce d’une série qui avait perdu de sa superbe,mais, oui on peut le dire, l’un des meilleurs arc narratif depuis le début de la saga !
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 28, 2015 2:58 PM CET


L'enlèvement de Michel Houellbecq
L'enlèvement de Michel Houellbecq
DVD ~ Michel Houellebecq
Prix : EUR 21,37

8 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Les Irrésistibles !, 16 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'enlèvement de Michel Houellbecq (DVD)
L'enlèvement de Michel Houellebecq met en scène l'écrivain dans son propre rôle. Produit par Arte, le film imagine qu'au lendemain des attentats du 11 septembre, Houellebecq est enlevé par trois hommes qui réclament une rançon sans que l'on sache le pourquoi du comment de ces événements.
Aucune violence, bien au contraire. Houellebecq accueille ces événements avec nonchalance et se lie d'amitié avec ses ravisseurs ! Il prend l'apéro avec, parle politique, un peu de littérature, commande une prostituée ! Certaines scènes sont irrésistibles d'humour froid et sophistiqué. Ainsi lorsque Houellebecq, connu pour son look débraillé, ses bras chétifs, sa démarche de pépé, s'entraîne au Free Fight avec son ravisseur boxeur ! Ou lorsqu'il écrit des poèmes à Ginette, petite mémé centenaire chez qui il est séquestré !
Vous l'aurez compris cet enlèvement est un grand moment de situation cocasses qui, tout en faisant le portrait de l'artiste, refuse l'hagiographie. A deux reprises, le réalisateur tourne en dérision son acteur / écrivain en lui faisant lire à haute voix ses poèmes sous fond de Chopin avant d’interrompre la scène brutalement.
Houellebecq y est montré tel qu'en lui même : intolérant, ayant une curieuse conception de la démocratie mais sans que son intelligence soit montée en épingle. Au contraire, personne n'a envie d'être Houellebecq : indifférent à tout, alcoolique, d'humeur constamment neutre, vide de toute émotion. Pourtant au fur et à mesure on s'attache à ce curieux bonhomme non exempt de valeurs et d'attention envers l'autre.
Mais face à lui, ce sont ses 3 ravisseurs qui lui volent presque la vedette ! Incultes ( ils confondent Lovecraft et le jeu vidéo Warcraft), vulgaires et portés sur la bouteille,ils se plient en 4 pour accueillir au mieux Houellebecq durant son enlèvement et supporter ses sautes d'humeur.
C'est souvent tordant, plein de malice et la fin est très réussie. Voici des tortionnaires bien plus proches des pieds nickelés que d'Al Qaida que l'on quitte à regret. Une très bonne surprise quoique l'on pense de l'écrivain sulfureux.


DAREDEVIL : END OF DAYS T02
DAREDEVIL : END OF DAYS T02
par Brian Michael Bendis
Edition : Broché
Prix : EUR 12,50

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 DDébandade..., 12 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : DAREDEVIL : END OF DAYS T02 (Broché)
Retrouvez cet article en intégralité et en images sur le blog Bruce Lit ( brucetringale.com), le rendez vous des amoureux des Comics Mangas Bd.

Daredevil The End est une mini série en 8 épisodes mettant en scène DD dans une réalité alternative. Il s’agit en fait d’un scénario élaboré par Bendis il y a quelques années dans le cadre de l’opération The End mettant en scène les derniers jours des Super Héros Marvel.

Matt Murdock, le visage défiguré par la raclée que lui inflige Bullseye est assassiné en public par son pire ennemi. Avant de succomber, il murmure un mot mystérieux : Mapone. Comme d’habitude, le préposé aux Murdockeries, l’infatigable Ben Urich va enquêter sur la mort de son ami pour chercher à comprendre ce que ce mot voulait dire. Au long de ces 8 épisodes, presque 200 pages au total, il va interviewer les amis de DD, ses ennemis et surtout ses femmes.

Pour mettre en scène la fin de son personnage culte, Bendis reprend les événements peu ou prou après son arc Hardcore, où Matt Murdcok disjonctait et se démasquait devant tout le monde au s’auto-proclamant Kingpin of Hell’s Kitchen. Ca tombe bien, votre serviteur avait toujours clamé qu’après cet arc, la qualité des histoires de Bendis étaient allées décroissantes.

Murdock continue ici son glissement vers le côté obscur. De plus en plus violent, il franchit la ligne rouge en tuant un ennemi. A partir de là, Urich et l’opinion publique ne voient plus DD comme un héros, et ses agissements deviennent de plus en plus mystérieux. Le picth, comme toujours avec Bendis est plutôt excitant. Mais très vite, le lecteur qui refuse de se laisser aveugler par la beauté du dessin voit que quelque chose cloche.

.Premièrement, Bendis a déjà écrit cette histoire il y a 10 ans dans l’arc Cauchemar où Ben suspectait que les agissements de DD avaient plongé un petit garçon ,Tim, dans un état catatonique. Bendis est plutôt honnête sur ce coup là. Il inclut cette histoire dans la continuité en reproduisant des pages entières et en mettant en scène un Tim devenu adulte élevé par Urich.

Tous les défauts de ce qu’est devenue l’écriture de Bendis se déchaînent : Une intrigue décompressée frimeuse, des pleines pages qui ne servent qu’à remplir du vide, une histoire catalogue où défilent les personnages venant dire bonjour, et surtout une enquête ennuyeuse qui n’avance pas d’un chouia au fil des épisodes…. La révélation du mot Mapone est complètement alambiquée : une fois connue, arguments lourdingues répétés des fois que, le lecteur a l’impression de s’ être fait berné ( je suis un garçon poli ) .

Comme pour Décalogue, Bendis veut se la jouer cinéphile en singeant le Rosebud de Citizen Kane. Sauf qu’à l’instar d’Urich, le lecteur n’apprend rien , sur Mapone, sur Murdock, ni sur les personnages secondaires. Il n’est pas donné à tout le monde de pouvoir comme Gaiman ou Ennis parler d’un personnage absent. Ici DD est totalement évacué avant de revenir dans la dernière histoire sur un claquement de doigt….

La plupart des réactions des témoins sont hallucinantes d’idiotie : Nick Fury révèle à la fin qu’il détenait le dossier Mapone et le donne placidement alors qu’il aurait pu le faire dès le début. Milla Donovan est devenue une mégère brutale qui gifle sans raison Urich qui venait de lui dire que son fils était beau. Entre temps, Bendis semble oublier qu’elle est aveugle, encore un symptome à sa propension à massacrer ses personnages et ceux des autres !

Quant aux autres femmes du récit, il en fait des pondeuses éplorées tentant de reconstruire leur vie après le décès de Matt. Ces femmes, on vient de le voir, sont écrites hors des clous, et représentées avec des jeunes enfants roux, des mini Murdock du même âge, suggérant que notre héros était polygame et a fait des marmots à toutes ses copines une nuit après l’autre.
Mention spéciale à Elektra, qui accompagne son fils jouer au foot le jour de l’enterrement de son amant et fait preuve d’une brutalité lamentable envers Urich. Ce n’est pas la première fois que Bendis massacre allègrement la ninja grecque mais alors là, c’est le pompom….

Ce qui est complètement dingue, c’est que les sauts dans le temps que Bendis propose sont complètement carabinés, inexplicables et à contre pied de la plupart des caractères mis en scène…. Ah ? Milla n’est plus aveugle ? Matt Murdock avait un plan post mortem ? Stick est capable de se réincarner ? Bref des personnages creux, une intrigue plate invraisemblable où Bendis parvient à déglinguer ses personnages en leur faisant faire et dire n’importe quoi, une fin nulle et une histoire décompressée sur huit volumes où les dessinateurs se font plaisir….

Encore une Bendisserie laborieuse, loin, bien loin de l’effroyable concision, de la violence et de l’économie verbale d’un Garth Ennis qui clôturait en moins de 40 pages la vie de Frank Castle avec Richard Corben sans toute cette débauche de moyens : quatre dessinateurs par histoire, des ( très belles) couvertures alternatives par dizaines pour une montagne qui accouche de sa souris habituelle…..


DAREDEVIL : END OF DAYS T01
DAREDEVIL : END OF DAYS T01
par Klaus Janson
Edition : Album

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 DDébandade...., 12 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : DAREDEVIL : END OF DAYS T01 (Album)
Retrouvez cet article en intégralité et en images sur le blog Bruce Lit ( brucetringale.com), le rendez vous des amoureux des Comics Mangas Bd.

Daredevil The End est une mini série en 8 épisodes mettant en scène DD dans une réalité alternative. Il s’agit en fait d’un scénario élaboré par Bendis il y a quelques années dans le cadre de l’opération The End mettant en scène les derniers jours des Super Héros Marvel.

Matt Murdock, le visage défiguré par la raclée que lui inflige Bullseye est assassiné en public par son pire ennemi. Avant de succomber, il murmure un mot mystérieux : Mapone. Comme d’habitude, le préposé aux Murdockeries, l’infatigable Ben Urich va enquêter sur la mort de son ami pour chercher à comprendre ce que ce mot voulait dire. Au long de ces 8 épisodes, presque 200 pages au total, il va interviewer les amis de DD, ses ennemis et surtout ses femmes.

Pour mettre en scène la fin de son personnage culte, Bendis reprend les événements peu ou prou après son arc Hardcore, où Matt Murdcok disjonctait et se démasquait devant tout le monde au s’auto-proclamant Kingpin of Hell’s Kitchen. Ca tombe bien, votre serviteur avait toujours clamé qu’après cet arc, la qualité des histoires de Bendis étaient allées décroissantes.

Murdock continue ici son glissement vers le côté obscur. De plus en plus violent, il franchit la ligne rouge en tuant un ennemi. A partir de là, Urich et l’opinion publique ne voient plus DD comme un héros, et ses agissements deviennent de plus en plus mystérieux. Le picth, comme toujours avec Bendis est plutôt excitant. Mais très vite, le lecteur qui refuse de se laisser aveugler par la beauté du dessin voit que quelque chose cloche.

.Premièrement, Bendis a déjà écrit cette histoire il y a 10 ans dans l’arc Cauchemar où Ben suspectait que les agissements de DD avaient plongé un petit garçon ,Tim, dans un état catatonique. Bendis est plutôt honnête sur ce coup là. Il inclut cette histoire dans la continuité en reproduisant des pages entières et en mettant en scène un Tim devenu adulte élevé par Urich.

Tous les défauts de ce qu’est devenue l’écriture de Bendis se déchaînent : Une intrigue décompressée frimeuse, des pleines pages qui ne servent qu’à remplir du vide, une histoire catalogue où défilent les personnages venant dire bonjour, et surtout une enquête ennuyeuse qui n’avance pas d’un chouia au fil des épisodes…. La révélation du mot Mapone est complètement alambiquée : une fois connue, arguments lourdingues répétés des fois que, le lecteur a l’impression de s’ être fait berné ( je suis un garçon poli ) .

Comme pour Décalogue, Bendis veut se la jouer cinéphile en singeant le Rosebud de Citizen Kane. Sauf qu’à l’instar d’Urich, le lecteur n’apprend rien , sur Mapone, sur Murdock, ni sur les personnages secondaires. Il n’est pas donné à tout le monde de pouvoir comme Gaiman ou Ennis parler d’un personnage absent. Ici DD est totalement évacué avant de revenir dans la dernière histoire sur un claquement de doigt….

La plupart des réactions des témoins sont hallucinantes d’idiotie : Nick Fury révèle à la fin qu’il détenait le dossier Mapone et le donne placidement alors qu’il aurait pu le faire dès le début. Milla Donovan est devenue une mégère brutale qui gifle sans raison Urich qui venait de lui dire que son fils était beau. Entre temps, Bendis semble oublier qu’elle est aveugle, encore un symptome à sa propension à massacrer ses personnages et ceux des autres !

Quant aux autres femmes du récit, il en fait des pondeuses éplorées tentant de reconstruire leur vie après le décès de Matt. Ces femmes, on vient de le voir, sont écrites hors des clous, et représentées avec des jeunes enfants roux, des mini Murdock du même âge, suggérant que notre héros était polygame et a fait des marmots à toutes ses copines une nuit après l’autre.
Mention spéciale à Elektra, qui accompagne son fils jouer au foot le jour de l’enterrement de son amant et fait preuve d’une brutalité lamentable envers Urich. Ce n’est pas la première fois que Bendis massacre allègrement la ninja grecque mais alors là, c’est le pompom….

Ce qui est complètement dingue, c’est que les sauts dans le temps que Bendis propose sont complètement carabinés, inexplicables et à contre pied de la plupart des caractères mis en scène…. Ah ? Milla n’est plus aveugle ? Matt Murdock avait un plan post mortem ? Stick est capable de se réincarner ? Bref des personnages creux, une intrigue plate invraisemblable où Bendis parvient à déglinguer ses personnages en leur faisant faire et dire n’importe quoi, une fin nulle et une histoire décompressée sur huit volumes où les dessinateurs se font plaisir….

Encore une Bendisserie laborieuse, loin, bien loin de l’effroyable concision, de la violence et de l’économie verbale d’un Garth Ennis qui clôturait en moins de 40 pages la vie de Frank Castle avec Richard Corben sans toute cette débauche de moyens : quatre dessinateurs par histoire, des ( très belles) couvertures alternatives par dizaines pour une montagne qui accouche de sa souris habituelle…..


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