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Contenu rédigé par Bruce Tringale
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Bruce Tringale (France)

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L' Attaque des Titans - Reedition - Coffret 1/2 - Bluray [Blu-ray]
L' Attaque des Titans - Reedition - Coffret 1/2 - Bluray [Blu-ray]
DVD ~ Tetsuro Araki
Prix : EUR 52,00

Aucun internaute (sur 2) n'a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Titanesque !, 21 novembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : L' Attaque des Titans - Reedition - Coffret 1/2 - Bluray [Blu-ray] (Blu-ray)
Retrouvez cet article en intégralité et en images sur le blog Bruce Lit ( brucetringale.com), le rendez vous des amoureux des Comics Mangas Bd. Cet article portera sur la série et non sur le produit lui-même.

L'attaque des titans est l'adaptation animée du manga éponyme écrit et dessiné par Hajime Isayama publié en France chez Pika édition.
L'animé responsable de la popularisation de la série (50 millions de mangas vendus à ce jour !) se limite pour l'instant à une première saison de 25 épisodes. La série est réalisée par Tetsurō Araki déjà responsable de l'adaptation du non moins légendaire Death Note.

Alors que le monde entier attend fébrilement la deuxième saison, je vais vous causer UNIQUEMENT du phénomène animé. Le diffuseur français s'est vite taillé une haine titanesque auprès des fans puisque la série a été charcutée en deux volumes pour 60€ chacun. Sympa et ultra efficace pour lutter contre le téléchargement illégal...
Sur terre, à une époque indéterminée, de géantes créatures allant de 8 à 40 mètres, ont exterminé l'humanité en la dévorant. Celle-ci réduite de moitié vit désormais parquée dans des murailles géantes plus ou moins bien protégées en fonction des classes sociales.

Les titans ressemblent à de grands bébés à la démarche hésitante: ils ne parlent pas, se baladent à poil, et croquent les humains comme des friandises. Personne ne sait d'où ils viennent et leur mode de vie. Dotés de healing factor comme Wolverine, le seul moyen de les tuer est de leur trancher la nuque. Pour ce faire, les soldats doivent maîtriser la tri-dimensionnalité: un système de grappin qui leur permet de se battre comme Spider-Man au bout de sa toile.

Lorsque l'histoire commence, l'humanité n'a pas été attaquée depuis une centaine d'années. Parqués dans leurs murs, les hommes ont perdu leur discipline, se sont laissés aller à la corruption et se sont résignés à vivre enfermés pour le reste de leur existence.

Nous rencontrons notre héros Eren, un jeune garçon aux yeux vert. Impulsif et coléreux, il rêve de partir de chez lui. Son monde et celui de ses deux amis Armin (le pleurnicheur de service) et Mikasa (une Wolverine au féminin charismatique) bascule, lorsque des titans pénètrent dans son district, dévorent sa mère sous ses yeux et éliminent 70 % de la population.

Après un entrainement de 5 ans, Eren, tout héros soit-il succombe immédiatement à une nouvelle attaque, amputé et dévoré vivant ! Ses amis n'ont pas le temps de le pleurer qu'ils découvrent l'impensable: Eren est capable de guérir de ses blessures et de se transformer en Titan sous le coup de la colère et du stress ! Eren devient à la fois l'espoir de l'humanité et une nouvelle menace: incapable de se contrôler comme Hulk, il détruit tout sur son passage.

Autant de le dire: si sur papier les dessins sont plutôt moyens, à l'écran cette Attaque des titans est grandiose ! Un peu de 3D, des couleurs chaudes, des décors à couper le souffle, un doublage investi et une OST de toute beauté (des musiques façon Led Zep' époque Kashmir, des ambiances où Jerry Goldsmith rencontre Basil Poledouri et Joe Harnell mixés par Trent Reznor, l'OST mériterait un article à part entière !).
Dans une ambiance a mi chemin entre le Steampunk et Nausicaa, les combats sont titanesques, ultra-violents et parfois gore. Dans les airs ou à terre, les affrontements contre les titans sont dangereux, les héros meurent ou sont terriblement mutilés. Certaines âmes sensibles pourraient s'en offusquer.

Pourtant, L'attaque des titans n'est pas une suite ininterrompue de combats. C'est aussi, comme le Walking Dead de Kirkman, l'occasion pour les auteurs de mettre en scène une société en crise qui va devoir faire des choix, des sacrifices, des compromis. Tout super héroïques soient ils, nos guerriers sont bourrés de failles et de doutes. Lorsque l'un d'entre eux meurent, le traumatisme est réel, les personnages se trouvent en état de choc sans pouvoir combattre, et continuent d'être hantés par l'horreur de cette guerre pendant toute la série.

Comme les zombies, ces titans sont une menace silencieuse, gratuite, inquiétante. Il n'y a aucune idéologie à affronter, aucune cause à défendre si ce n'est survivre face à des adversaires de la taille d'une maison. Ils rappellent aussi le requin tueur de Jaws.
De ce fait, la psychologie des personnages est très fouillée. Si Eren et ses coups de gueule incessants peut sembler épuisant dans les premiers épisodes, son comportement reste celui de la jeunesse refusant de se soumettre à la fatalité des événements qu'il subit. Armin, nul sur le terrain est un redoutable tacticien. Et l'impitoyable Mikasa partage un secret avec Eren inavouable: celui d'avoir commis un meurtre à l'âge de neuf ans !

Vous l'aurez compris, si le Club Dorothée existerait encore, les Titans en seraient immédiatement bannis. La série, si elle obéit à tous les codes (honneur, bravoure, sacrifice et confiance) du Shonen, va beaucoup plus loin que ces glorieux aînés Saint Seiya, Dragonball ou Ken le survivant. Souvent, nous sommes dans de la mélancolie pure, où la perdition de la pensée peut représenter la mort. Eren et ses amis ne font pas que combattre des Goliaths. Ils s’interrogent sur le sens de ce combat et beaucoup sur la mort. La leur et celle de leurs compagnons. De quoi vais je mourir ? Vais je souffrir ? Quel est le sens à tout cela?
Face au danger omniprésent, les héros les plus vaillants fuient, prennent peur, loupent ce que leur entrainement leur garantissaient de sécurité.

En cela, la sincérité des auteurs est indubitable : la série disserte sur la force et la faiblesse de notre humanité en la mettant en scène sans ambages, nos héros se battent comme des lions sans être capables d'éviter les pertes civiles et l'impopularité vis à vis d'une population qui en a marre de payer des impôts pour des soldats qui ne font que crever ! On applaudira les nombreux passages où les réfugiés des villes détruites sont accueillis sous les huées en demandant asile. Loin de compatir à ces rescapés qui ont connu l'horreur, les plus chanceux blâment les victimes d'être encore en vie et de leur ponctionner leur nourriture. De quoi faire écho à une actualité réelle nettement moins héroïque.

C'est un fait ! L'attaque des Titans ajoute une pierre digne d'une muraille à la culture Geek. Sans concession, ultra violent mais aussi ultra sensible, ces Titans sont the Next Big Thing ! On pourra juste reprocher à cette première saison une baisse de rythme après la transformation d'Eren vaguement ennuyeuse où il lui faut 4 épisodes pour porter un rocher....Mais une fois à l’extérieur des murs, pardon, quelle merveille!

Une série dont on reparlera encore dans 20 ans ! Un truc qui réconcilie enfin, les amateurs d'animé adultes et adolescents, ce qui ne firent jamais Naruto ou One Piece. Ambitieux, frais, d'une énergie à déplacer des montagnes, épique, l'Attaque des Titans est à la hauteur de sa réputation dont la France continue reste le parent pauvre..... La question, la seule qui vaille la peine d'être posée, c'est de savoir si vous en serez ou pas.


Walking Dead, Tome 24 : Opportunités
Walking Dead, Tome 24 : Opportunités
par Robert Kirkman
Edition : Broché
Prix : EUR 14,95

10 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Que les plus forts survivent !, 18 novembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Walking Dead, Tome 24 : Opportunités (Broché)
Retrouvez cet article en intégralité et en images sur le blog Bruce Lit ( brucetringale.com), le rendez vous des amoureux des Comics Mangas Bd.
Life and Death regroupe les épisodes 139 à 144 de la série, traduite dans nos contrées sous l’appellation : Opportunités. Saluons le sérieux de la parution française qui n’a que 5 épisodes de retard avec l’américaine !

Le volume précédent confirmait le renouveau que Robert Kirkman souhaitait donner à sa série en mettant Carl Grimes au centre de nos morts marchants…Pour le meilleur et pour le pire, cette dynamique initiée par Kirkman est ici suspendue. Les conservateurs seront aux anges, les autres qui se réjouissaient de ce nouveau souffle devront ronger leurs freins, puisque ce volume voit le grand retour de Michonne, d’Ezekiel, de Neggan et bien entendu de Rick Grimes.

Cette histoire met en scène un coup de théâtre concernant Neggan, Maggie Greene doit prendre une décision cruciale pour son leadership, Michonne explique les raisons de sa longue absence, et Kirkman après nous avoir fait visiter le campement des Whisperers, nous abandonne sur un des cliffhangers les plus impitoyables de la série !

Conservatrice, oui assurément cette histoire l’est : on y retrouve des pages très bavardes, parfois pénibles lorsque l’on a attendu 5 mois pour connaître la suite de l’intrigue principale, Neggan retrouve son apparence normale et des cut-scenes parfois brutales. Ceux qui ne seront jamais contents diront que Walking Dead, c’est toujours la même chose, que la série est basée sur l’alternance de moments calmes et de guerre totale avec un psychopathe de service que Rick finit toujours par défaire.

Pourtant, comme ils se trompent ! A l’inverse de la saga qui avait lieu dans la prison avec le gouverneur, Kirkman ne peut plus fait marche arrière. Rick a trop accompli en terme de reconstruction d’une société pour retourner faire du camping avec ses amis. Walking Dead est désormais une série sur la reconstruction d’un minima de civilisation, sur le vivre et non le survivre. Kirkman disserte de nouveau sur la pertinence de la peine de mort ou de la clémence dans une société si fragile que la moindre erreur peut coûter la vie à une communauté.
Aucune décision n’est jamais prise à la légère, aucune conséquence occultée. L’avantage indéniable d’une série écrite depuis le début par son créateur reste tout de même la cohérence de son univers et de sa…continuité.

Ici, l’affrontement prévisible avec les Whisperers prend un tournant inédit. il ne s’agit plus de survivre face à un psychopathe (le Gouverneur), résister au racket d’une communauté (Neggan), mais de choisir sous quelle idéologie reconstruire notre monde. Kirkman pose encore les questions qui dérangent : le pacifisme de Rick Grimes est il sincère ou une façade dissimulant son égo ?

Ce qui est surtout passionnant sont les relations entretenues avec les Whisperers. Pour la première fois depuis le début de la série, voici une communauté qui n’est intéressée en rien par ce que nos amis possèdent, ce qu’ils ont bati ou leur mode de vie. L’idéologie d’Alpha, rappelle au contraire celle d’Apocalypse chez les X-men, un Darwinisme occultant les sentiments pour prôner la survivance du plus fort dans un monde en miettes.

Le groupe d’Alpha ne cherche rien, ne veut rien. Leur mode de vie est aussi modeste qu’effrayant de par sa brutalité. Il s’agit au contraire du groupe de Rick, d’oublier tout fondement sociétal, pour apprendre à vivre en compagnie des morts. Les Whisperers campent, ne possèdent rien, et coexistent pacifiquement avec des hordes de zombies. Autant dire qu’à côté la bande de Rick en rétablissant le troc, les loisirs et l’école semblent être les nouveaux bourgeois de la post-apocalypse !

Kirkman maintient ainsi la pression de son lecteur : ce monde que Grimmes veut reconstruire n’est il pas un berceau d’illusions, un tissu de mensonges de faibles cherchant à oublier la nature réelle du monde. Ces deux communautés que tout sépare et qui ne demandaient qu’à s’éviter vont devoir s’affronter à cause de l’idylle naissante entre Carl et Lydia. Ou comment un simple flirt peut tourner à la catastrophe.
Pour autant, les propos de Kirkman ne sont jamais ridicules; il suffit de penser au morcellement de notre société et de la géopolitique pour que le script de Kirkman prenne tout son sens: imaginons par exemple le flirt d’une arabe et d’un juif, d’homosexuels dans une famille traditionaliste, ou plus largement de n’importe quelle communauté, de couleurs de peaux ou de milieu sociaux honnissant l’autre.

En réécrivant Roméo et Juliette chez les Zombies, Kirkman est loin d’être ridicule et montre comme à son habitude qu’il a toujours une longueur d’avance sur ses lecteurs. Il suffira de repenser au nombre de personnages et de situations qu’il aura mis en scène durant toute ces années pour soupirer d’aisance. Oui, Walking Dead méritait d’exister.

Reste qu’on aimerait revoir Carl au centre du jeu et que les scènes de Michonne sont capillotractées (en fait, ce personnage fonctionne mieux en mode silencieux), les motifs de son absence plutôt embarrassants et son nouveau look de Pirate à couettes n’étant pas des plus charismatique. On aimerait enfin, que la psychologie des Whisperers soit d’avantage développée. Pour le reste, ce volume 24 reste un très bon épisode.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 23, 2015 2:09 PM CET


Bone - Intégrale N&B
Bone - Intégrale N&B
par Jeff Smith
Edition : Album
Prix : EUR 55,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Good to the bone, 14 novembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bone - Intégrale N&B (Album)
Retrouvez cet article en intégralité et en images sur le blog Bruce Lit ( brucetringale.com), le rendez vous des amoureux des Comics Mangas Bd. Cet article portera sur la série et non sur le produit lui-même.

Cet article passe en revue l’ensemble de la série et ses 9 volumes ( plus un hors série).

La série Bone a 20 ans ! Traduite dans 17 pays, auréolée de 40 récompenses à travers le monde, couronnée par le Time dans le Top 10 des meilleurs romans graphiques de tous les temps, Bone reste le mal-aimé des amateurs de comics où ça se bastonne continuellement.
Pour beaucoup le désign simple du personnage fait de Bone un comic book indigne de leur attention et le rélègue à la littérature infantile ou bizarre façon Howard The Duck. Comme ils se trompent ! Vénéré par Frank Miller, Bone synthétise le meilleur de la Bd universelle !

Oui ! Les graphismes de Jeff Smith rappellent aussi bien La bande à Picsou de Carl Barks que la grâce d’Hergé, de Franquin voire d’Uderzo avant de s’achever sur une ambiance furieuse et épique d’Heroic Fantasy. Impossible non plus de ne pas penser au Snoopy de Charles Schultz. Ses personnages ont des gros nez, des points à la place des yeux. Mais en contrepartie , ils ont un langage corporel très élaboré, des expressions à tomber. Et bénéficient d’une identité visuelle travaillée immédiatement reconnaissable.

Et la série bénéficie d’une galerie de personnages incroyable, où tous gardent un rôle équilibré du début à la fin. Notre héros, Fone Bone est l’archétype du héros pur et sans âge même s’il n’ a pas les moyens physiques de son courage. Smiley Bone est le rigolo de service dont l’auto-satisfaction permanente est à rapprocher de Seraphin Lampion.
Et puis l’impayable Phoney Bone, arnaqueur au petit pied, cupide, menteur, capable de construire un orphelinat sur une usine de déchets toxiques pour bénéficier d’exonérations d’impôts ! Via le Bone à l’étoile de Shérif, Jeff Smith installe un comique de répétition irrésistible : Phoney (à rapprocher de Phony en anglais signifiant Faux, Hypocrite), c’est le type qui va se faire jeter de partout et par tout le monde.Un personnage qui bénéficie de son jour férié à Boneville pour que les gamins puissent le caillasser sans louper l’école !

Un personnage pourtant incroyablement attachant et à l’importance fondamentale ; si Vador est à l’origine de la chute et de la renaissance des Jedi de Star Wars, Phoney Bone est présenté comme le messie de la vallée et va y déclencher bien malgré lui la guerre. Il lui arrive pourtant d’être vaillant, raisonnable et toujours prêt à aider ses cousins.
Les Bone sont aidés par des humains : Lucius Down ressemble avec ses traits bourrus à Haddock (il tient une taverne !). Il représente l’honnêteté un peu rustre qui va être remise en cause par les magouilles séduisante de Phoney Bone.
Mamie Ben détient un sixième sens et une force herculéenne qui rappelle l’antique Tartine. Plus la série progresse, plus le personnage devient sombre et tourmenté. Comme Obi Wan, elle est celle qui protège le héros en lui mentant pour son bien.
Enfin, l’héroïne, puisque les femmes ont le beau rôle dans la série. La douce Thorn commence comme une villageoise ingénue, terriblement sensuelle sous ses haillons. La série va la voir se métamorphoser en une courageuse guerrière au conflit oedipien.

Les méchants ne sont pas en reste : une vilaine assez terrifiante dont le corps est composé de criquets, un esprit maléfique façon Sauron, et surtout les rats garous, plus bêtes que méchants toujours en duo qui évoquent les Dupondt. La série les met en scène dans un sempiternel comique de répétition où ils poursuivent les Bone façon Tex Avery. Obsédés par la….quiche Loraine, chacune des poursuites se termine de manière catastrophique et hilarante.
L’histoire en apparence n ‘a pourtant rien de transcendante: trois cousins perdus dans la forêt cherchent à revenir au village dont ils ont été bannis. Entre temps ils seront au centre d’une prophétie annonçant l’arrivée d’un messie ( Phoney Bone donc- il s’agit en fait d’un de ses ballons électoral…) dans une vallée déchirée par une guerre entre créatures fantastiques.
L’originalité se fait dans le traitement de l’histoire : Les Dragons sont de gros paresseux qui traînent leur ennui ! Un arc est centré autour d’une course de vaches! Mais aussi un tigre géant, des villageois manipulables, des factions irréconciliables et des enjeux écologiques. Et notre héros qui sert de tampons entre tout ce petit monde. Ça ne vous rappelle rien les copains ? Miyazaki ? Princesse Mononoké ?
Bone reste l’épopée initiatique d’une bande d’amis passant de l’âge de l’innocence à celui de la souffrance. Même si l’histoire n’est pas aussi violente que la majorité des comics qui usent et abusent des effets guerriers, nos amis vont quitter le monde champêtre pour être couverts de bleus, de bosses, de sang.
La douce princesse-paysanne Thorn si rieuse va progressivement acquérir un regard est dur, motivé, décidé. Dans le dernier épisode, maquillée comme une guerrière, les pieds meurtris, ses dents brisées, la princesse en haillons joue l’avenir de sa vallée au mépris du danger. Car Bone , c’est aussi ça : la possibilité pour le lecteur lambda d’y trouver ce qu’il cherche en fonction de ses attentes : de l’action, du rire, de l’émotion et de l’exotisme.

Jusqu’au final de la série, Smith va au bout de ces ambitions. Et le lecteur qui a crée un lien unique avec ces personnages tremble pour leurs vies. Quant à la détermination de Phone Bone à sauver son amie envers et contre tout, au delà de ses limites physiques et du bon sens, son abnégation n’est pas sans rappeler celle de Tintin envers Tchang dans le légendaire Tintin au Tibet .

Après des montagnes russes de fous rires et de réelles frayeurs, l’épilogue retrouve la fraîcheur de la série et chaque personnage a sa séquence finale entre humour et émotion. Et la dernière page renvoie à la première séquence de la série ! C’est beau , c’est sobre, c’est Bone. Un série qui mettra d’accord tous les amateurs de Comics et de franco-belge qui se donneront la peine d’aller au delà des appréhensions liées au design du personnage. Sublime !


E.T., l'Extra-Terrestre [Édition Spéciale - Single]
E.T., l'Extra-Terrestre [Édition Spéciale - Single]
DVD ~ Dee Wallace
Prix : EUR 6,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Téléphone maison, 13 novembre 2015
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ET est un film écrit par Melissa Mathison, récemment décédée (qui obtint un Oscar) et réalisé par Steven Spielberg (qui n'obtint rien du tout). Sorti en 1982, il s'agit du sixième film officiel du réalisateur de Jaws, Duel étant considéré comme un téléfilm. L'histoire est celle d'un jeune garçon, Elliot, qui recueille un Alien pacifique et l’héberge le temps que celui-ci retourne dans son UFO pour un monde inconnu.

Pour ceux qui ont vécu les années 80, deux dates traumatisèrent durablement la future galaxie Geek : la diffusion du Thriller de Michael Jackson en 1983 et la sortie un an auparavant d'ET. Le petit extraterrestre faisait la une de Paris Match, était représenté en poupée, en porte clés, en tee shirt.
Elliot, c'était vous, moi, Spielberg ne laissait aucun libre arbitre à son public : comme Hitchcok avant lui, il était un maître dans l'art de manipuler la réaction de son audience aidé par la musique ultra directive (et un peu envahissante) de John Williams. Et maintenant la question qui tue : E.T débarrassé du folklore de l'époque a t'il résisté à l'épreuve du temps ? Ou, tout du moins à l'oeil adulte ?

E.T est à 75 %, un film nocturne, ce qui achève de le transformer en conte pour enfants. Voir E.T aujourd'hui n'est pas ringard, loin de là, beaucoup moins ridicule que le requin en carton de Jaws. Et plus humain que tous les effets spéciaux sous fond vert. La mise en scène reste exceptionnelle. Bien sûr la séquence de la libération des grenouilles est mielleuse à souhait, tout comme les adieux forcément larmoyants entre les deux copains. Le script est parfois embarrassant : ainsi donc, il est possible de ridiculiser le gouvernement des Etats Unis en aidant à l'évasion d'un Alien, sans être plus inquiété que cela ? Et puis Spielberg est lourd : la jolie séquence du vélo face à la lune, est ensuite dupliquée face au soleil, histoire de bien faire passer le message....

L'agonie de la créature et sa résurrection ne sont pas très claires : il est sous entendu qu'E.T est en symbiose avec son ami terrien et qu'il succombe peu à peu à l'atmosphère terrestre. Cela n'explique pas comment il ressort frais comme un gardon après avoir été cryogénisé. Enfin, on ne peut pas dire que les rôles des adultes soient inoubliables : Dee Walace est une vraie cruche et le rôle de Peter Coyotte complètement insignifiant. Et puis le processus d'intégration de l'alien à coup de coca-cola et de m&m' s est très agaçant.

Pourtant, le film reste fondamentalement attachant. Spielberg confiait y avoir mis beaucoup de son enfance solitaire. Située en banlieue américaine, la ville d'Elliot comme Amity dans Jaws, est le reflet du banal de l'existence. Les interprètes choisis ont un physique ordinaire ce qui favorise l'identification du public à une famille confrontée à des événements extraordinaires. Et l’interprétation à fleur de peau du petit Henry Thomas parachève cette fable sur cette enfance magnifiée par un ami tombé du ciel et qui refuse de mourir.

Taxé de sentimentalisme, E.T contient pourtant des moments doux amer : l'agonie d'ET montre au jeune public son héros cadavérique. Avec ses rides et sa voix rocailleuse, E.T devient le grand parent que l'enfant apprend à quitter sur son lit de mort. Et, après les séparations déchirantes entre les deux amis, Spielberg ne tourne pas d'épilogue pour soulager le spectateur. Malgré la force de son amitié, E.T rentre chez lui et fait l'aveu de son inadaptation à notre monde. Sa pulsion de vie est plus grande que son amitié. Il fuit l'amour dévorant d'Elliot qui se sert de lui comme d'un doudou avant qu'il ne mûrisse La dernière image du film reste celle d'Elliot en larmes. Contrairement à ce qu'il souhaitait, son enfance est morte avec son ami. Il devient le parent qui, par amour, accepte l'adieu de son enfant.

ET est en fait un film sur la rupture, la séparation, la mort : Elliot est un enfant abandonné par son père, abandonné par son ami et par sa mère (il reste une nuit seul dans la forêt quand même) ! Il n'est pas sans rappeler l'orphelin Peter chez Disney qui voit son destin protégé par un dragon nommé.....Elliot ! ( Peter et Elliot le Dragon).

La puissance psychanalytique et religieuse est là : E.T a le coeur qui s'allume garantissant une transparence totale de ses émotions. C'est une créature nue physiquement et moralement, un écran susceptible de recueillir les émotions des autres. E.T est à la fois un animal domestique, le copain d'Elliot, la poupée travestie pour Gertie ( la jeune soeur incarnée par une Drew Barrymore adorable), un objet d’expérience pour l'armée américaine.

Au dessus de notre planète, au plus haut des cieux, les doigts de l'enfant et de l'alien se touchent comme jadis ceux de YHWH et d'Adam dans la chapelle Sixtine. Une référence innocente ou un message terriblement triste ? Dieu est mort, le salut de l'homme vient d'une autre planète.

Comme le Silver Surfer, E.T contraste avec la représentation traditionnelle de l'alien : il est pacifique, démuni, ne conçoit pas de détruire la planète bleue et en devient à la fois le messie et le martyre. Il apparaît vêtu d'un linceul blanc au moment de la résurrection. Elliot renferme le container de cryogénisation qui évoque la pierre renfermant le tombeau du Christ. Et E.T apparaît ressuscité à son ami incarné par un acteur nommé ....Thomas, le disciple qui voulait y voir pour y croire ! Après avoir semé le bien autour de lui, l'alien s'en va dans une élévation en bénissant le front de son ami.
Je suis toujours là dit-il à son ami avant de disparaître à jamais comme le Christ laissant ses disciples dans le mystère de la présence invisible. Dans son linceul blanc, il n'a jamais été si vulnérable.

Il est pourtant possible de savoir ce qu'est E.T devenu ! Le film est parsemé de culture pop (on ne dit pas geek à l'époque) : Elliot joue avec un faux requin qui évoque bien sûr le Bruce de Jaws. Il montre ses jouets Star Wars . Sa chambre donne sur un poster de Hulk. Et un comics de Buck Rogers, inspire l'alien pour fabriquer un téléphone inter planétaire.

E.T reste un film habité par de vraies intentions d'auteur qui, cachées derrière un propos sucré en apparence, évoque la nature sombre de l'homme, la peur de la mort et de la séparation ainsi que la culture de paix...comme l'Imagine de John Lennon qui venait de tomber sous les balles d'un cinglé.
Comme souvent chez Spielberg, ces thématiques seront repris en écho ailleurs : aux aliens pacifiques de Rencontre du 3ème type et ET, répondront l'invasion de ceux de la Guerre des Mondes. Quant à Leo Di Caprio, il reprendra le relais de l'enfant abandonné devenu grand dans Attrape moi si tu peux !

Avec sa démarche mal assurée, sa voix étrange, ses rides et ses grands yeux, E.T est la fois un enfant, un animal, un père, une mère et un vieillard en moins de 120 minutes. 7200 secondes qui suffiront à faire de lui ce que nous voudrons et bien plus : une icône populaire d'un siècle qui en plein Reaganisme attendait son messie venu des étoiles.....
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ROAD TO ONSLAUGHT T01
ROAD TO ONSLAUGHT T01
par Fabian Nicieza, divers Scott Lobdell
Edition : Album
Prix : EUR 66,00

4.0 étoiles sur 5 La question de confiance, 9 novembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : ROAD TO ONSLAUGHT T01 (Album)
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Voilà la réédition essentielle à qui voudra comprendre la continuité des mutants en 1995. L’âge d’apocalypse (AOA) vient de se terminer et les mutants, à part Bishop, n’en ont aucun souvenir.
La situation n’est guère brillante et Xmen Prime annonce la couleur: Wolverine perd son humanité, Charles Xavier doute, un mutant est lynché à l’entrée du manoir et le virus legacy attaque désormais les humains. A cela s’ajoutent les événements de l’époque : Gambit dans le coma, Rogue et Iceberg sur la route et une nouvelle race de terroristes morlocks.

Ce volume compile enfin un récit de DeMatteis qui transforme M. Sinistre en vilain à l’aura romantique. Entendez par là qu’il condamne à la souffrance la femme qu’il aime.
Le but de AOA était de montrer ce qu’un monde serait sans Xavier et ses Xmen ! A bien des reprises, Bishop, Rachel, Cable avaient pointé à qui voudrait déserter la force armée de Charles Xavier à quel point leur présence faisait la différence dans le conflit Mutants / Humains. Ce qui saute aux yeux pour ceux qui ont bien connu cette époque, c’est la solidité des scenarii de Lobdell et Nicieza. On peut leur reprocher les soliloques grandiloquents des personnages, les solos en pleine bataille et une horde de vilains d’opérette: les acolytes, gene-nation et la bande de Genesis que tout le monde a oublié.
Pourtant les deux disciples de Claremont font montre de leurs connaissances impeccables de la continuité, de la psychologie des personnages et de leur sens du rythme. Pour ceux qui vénèrent le passage de Claremont, il y a de quoi être au nirvana. Des Subplots, de l’action, des débats et des scènes de vie quotidienne des Xmen. Tout mainstream fut cette licence, elle n’empêche pas une certaine profondeur. Car ce qui émerge de cette histoire, c’est l’incompétence des Xmen dépassés par la guerre raciale qu’ils tentent d’éviter.

La réalité 616 rétablie après AOA vient cogner amèrement à la porte de nos amis. L’équipe qui abrite des puissances cosmiques est incapable d’empêcher la lapidation à mort devant chez elle d’un jeune homme pourchassé ! Xavier voulait changer Sabretooth. Son orgueil l’a empêché de voir que Sabretooth l’avait changé, lui ! Il est fascinant de voir comment le mal d’un seul individu aura influé sur un homme bon et son équipe.

Et lorsque les Xmen veulent se détendre en organisant un match de basse ball, les morlocks viennent leur rappeler qu’ils organisent leur sauterie le jour de l’anniversaire du Mutant Massacre ! Et Marrow de questionner la désinvolture avec laquelle Storm a assumé son leadership sur la communauté des mutants défigurés. Dans ce contexte qui croire ? Wolverine au bord de la folie ? Bishop déjà psychotique? Xavier en pleine dépression ? Gambit et son passé sinistre ?

D’autre part les auteurs s’interrogent sur la nature du mal. Gambit a choisi le bien mais reste un criminel. Sabretooth est un psychopathe qui veut changer. Les deux mutants sont finalement rattrapés par leurs passés et leurs rédemption semble bien mal engagée. AOA avait également montré que dans d’autres circonstances, le destin et surtout les choix des Xmen faisaient d’eux l’exacte contrepartie de l’univers 616.

Côté illustration que du beau monde: Andy Kubert mais aussi, JP Leon, Paul Smith et P Craig Russel. C’était également l’apogée du règne de Joe Madureira qui imprima sa marque avec le succès que l’on sait. A l’époque, le duo jouait avec les nerfs du public et sous entendait que le traître qui entraînerait la perte des Xmen pouvait être n’importe qui ! Des indices disséminés montrent que les auteurs savaient pertinemment que Xavier allait craquer et que la mission qu’il s’était imposé était devenue trop lourde pour ses épaules. Pour éviter l’hystérie collective, Xavier répand de fausses informations à la TV sur le Legacy Virus mettant encore à mal sa déontologie.

Bien entendu, pour ceux qui veulent débuter avec les Xmen, cet album pétri de continuité risque de les faire déserter les Xmen à tout jamais!


ORIGINAL SIN
ORIGINAL SIN
par Jason Aaron
Edition : Cartonné
Prix : EUR 75,00

6 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Que regarde le gardien ?, 7 novembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : ORIGINAL SIN (Cartonné)
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Cet article portera sera sur la mini série Original Sin publiée en 8 épisodes par Marvel. L’édition francçaise de 440 pages contient Point One 1 (I), Original Sin # 0-8, Original Sin Annual 1, Original Sins # 1-5, Original Sin: Secret Avengers Infinite Comic # 1-2.

Notre article dévoile les éléments clés de l’intrigue.

Uatu le Gardien (un chauve habillé dans un drap de nuit qui n’apparaît que pour annoncer la météo quand les choses se gâtent pour l’univers Marvel) est assassiné sur la Lune. Ces yeux ont également été arrachés. On apprend en effet que toutes les informations collectés dans les orbites du Gardien contiennent tous les secrets de l’univers Marvel. Capturés par un vilain de 10 ème zone, les yeux explosent comme une bombe dévoilant les sales petits secrets des héros…

Alors que ceux ci sont dévoilés dans les Tie-ins, l’événement principal se concentre sur l’enquête en deux temps : qui est le meurtrier et pourquoi. Depuis House of M, l’univers Marvel tourne à la partouze permanente. Une fois le crossover lancé, malgré ses qualités d’écriture (nous y reviendrons), un sentiment de lassitude étreint le lecteur le plus indulgent envers Aaron (auteur de véritables perles : Scalped, Wolverine et les Xmen, The Other Side).

Pourtant Original Sin n’est pas dénué de qualités. A l’inverse des autres crossovers façon Bendis, Aaron favorise l’introspection, une certaine psychologie des personnages et c’est globalement très bavard. Le personnage de Nick Fury permet à quelques reprises à Aaron de disserter brièvement sur la guerre comme il le fit si bien pour The Other Side.

Et le récit n’est pas exempt de métaphore religieuses. Le Gardien, figure omnipotente et silencieuse observant la terre loin des souffrances humaines évoque bien sûr Dieu. Le titre, pêché originel, renvoie au péché d’Adam et Eve lié à l’arbre de la connaissance. Et ici nos héros souffrent d’accéder à des secrets qui les éloignent du Paradis Perdu de leur naïveté.

C’est ainsi que l’on apprend que Nick Fury a depuis des décennies mené des missions d’assassinats cosmiques pour préserver l’humanité. Devenu criminel de masse, Fury justifie ses actes pour préserver la pureté des idéaux des autres Marvel. Aaron joue encore sur la symbolique : au pacifisme de Uatu-Dieu s’oppose la furie de Nick, surnom occasionnel du Diable. Et lorsque celui-ci assassine Uatu, nous sommes en pleine parabole de la mort de Dieu. Soit, c’est un peu rapide, mais pourquoi pas après tout ?

Concernant les sales petits secrets de nos héros, les révélations sont de taille : Angela sortie tout droit de Spawn est la soeur de Thor, Spider-Man a (encore ?) un double féminin cette fois, Johnny Storm a empêché le retour de Ben Grimm à sa forme humaine et Charles Xavier était marié à Mystique. Et enfin, celle majeure de cet événement : Iron Man est à l’origine de la transformation de Bruce Banner en Hulk, entraînant une baston d’anthologie entre les deux vengeurs qui finit bien sûr par une réconciliation! Et qui rappelle quand même World War Hulk, autre event de triste mémoire où déjà Hulk voulait la peau de Stark…. Sortie 20 ans plus tôt cette histoire aurait sans doute eu plus d’impact. Mais encore une fois, c’est la lassitude qui est au RDV.

Voici une énième histoire où Charles Xavier est un pourri. Et nos héros après s’être entre-tués pendant la Civil War, après avoir vécu des vies parallèles bien meilleures dans House of M, après la Paranoia de Secret Invasion et de Dark Reign et de nouveaux affrontements pendant AvsX, ces héros donc sont de nouveau mis à mal. Et trouvent encore la force de se pardonner à la fin de l’histoire.

Il ne s’agit pas ici de défendre le statu quo. Bien au contraire, tout changement notable est le bienvenue dans l’univers figé de Marvel. Seulement, tout le monde sait qu’à quelques exceptions près, cette idée de changement l’emporte sur le changement réel. Qu’une bonne baston avec plein de morts serait l’issue définitive à ces évenements.

Parce qu’encore une fois Tony Stark s’en tire à bon compte. Et qu’encore une fois, nos héros Marvel n’ont plus rien d’héroîque. Plutôt des brutes souvent sans cervelles pratiquant meurtres, violence et torture pour la bonne cause…

Voici maintenant une dizaine d’années que les grands vilains ont totalement disparu de ces events et que les héros se battent constamment entre eux… Car ce ne sont pas les vilains bas de gamme proposés par Jason Aaron qui relèvent le niveau de l’histoire. Leur motivation, leurs pouvoirs font bien pâle figure face à celle des Héros.

Cette tension permanente, cette perte d’illusion qui revient à chaque crossover n’est elle pas la manifestation inconsciente du pacte de confiance rompu entre Marvel et ses lecteurs ? Ces changements qu’Aaron s’éreinte à mettre en scène, personne n’a envie d’y croire. Malgré ses qualités et des dessins de Deodato magnifiques, des couvertures avec de la gueule, Original Sin est un événement ennuyeux, ultra bavard et qui frise parfois le ridicule voire le grand guignol…

Après le cerveau de Charles Xavier dans les Uncanny Avengers, ce sont maintenant les yeux dégoulinants de Uatu que les vilains convoitent. Et il est embarrassant de voir tout ce petit monde cavaler après deux globes oculaires. Et que dire cette enquête lénifiante autour du meurtre du Gardien à la personnalité inexistante dont finalement tout le monde se fiche ?

Des yeux et une tête coupés, un borgne et un vilain avec un globe oculaire en forme de visage…Jason Aaron tente de développer avec ce pêché originel une histoire teintée de rétrocontinuité et de grand guignol qui effacent les qualités de certains chapitres… Les changements proposés pourraient être passionnants chez un éditeur indépendants. Mais la confiance n’y est plus, et Marvel de poursuivre le schisme avec son public en proposant ce genre de truc qui n’en met plus plein la vue malgré des dessins souvent impressionnants….

Pourtant, à certains moments une certaine ironie de Jason Aaron et Mark Waid transparaissent et rend la lecture d’Original Sin ambivalente : impossible à aimer et à détester totalement !


ALL NEW X-MEN T05
ALL NEW X-MEN T05
par Brian Michael Bendis
Edition : Broché
Prix : EUR 14,95

3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Le retour de Facteur X...., 20 octobre 2015
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Bon.. Faisons court…. Les habitués de la maison connaissent maintenant la « sympathie » que j’ai pour Brian Bendis.
Comme nous l’avions supputé, il est arrivé finalement à ramener les anciens Xmen, ressusciter la première monture de Facteur X, celle des années 80, et y apposer le label New Xmen, celui de Grant Morrison qui en son temps révolutionna la franchise.

Jamais en retard en terme d’opportunisme, il va jusqu’ à pousser le vice à intituler son quatrième arc « All different »…Comment dire sans être méchant ? Comme sur ses Avengers, Bendis fait défiler les personnages sans leur donner aucune consistance . Mystique élabore des plans foireux sans conclusion, drague cyclope sans aucune conséquence, le plan de Scott Summers et sa révolution jamais éclaircie.

Oui ! tout un épisode est centré sur cette rencontre sans que, 20 épisodes plus tard, on ne comprenne le pourquoi du comment sinon de faire du featuring gratuit. Même Claremont n’aurait pas osé en terme de décompression. Et au moins lui savait où il allait la plupart du temps…
Bendis n’en finit pas d’agrandir son casting : Mystique, Sabretooth puis Lady Mastermind, puis X23. Tout ce petit monde est convoqué autour d’un épisode puis dilué dans la masse sans n’avoir rien à faire ni à dire…

Bendis n’a même plus de scénario mais des pitchs : et si Young Scott rencontrait notre version Uncanny Avengers de Havok. Que se diraient ils ? Et si Jean pour échapper à son destin Jean Grey flirtait avec Hank Mc Coy pendant un épisode, comme ça, hein pour rigoler les copains ?
Tout cela manque de cohérence, de lucidité et truffé de faute de continuité.
C’est ainsi que tout le monde semble avoir oublié que Jean Grey n’a jamais été le Phénix et n’a jamais tué personne puisqu’en hibernation dans un cocon de Jamaica Bay…C’est dommage, c’est dans le premier épisode de… Factor X….Et les Shi’ar qui vont la juger une énième fois en dépit du bon sens…
Les anciens Xmen, les nouveaux Xmen passent d’un point A à un point B, rencontrent leurs avatars, d’autre membre du Marvel Universe échangent trois vannes et passent à autre chose en dissertant sur le temps qui passent. Quant à leur mission première, cela fait bien longtemps que tout le monde semble l’avoir oublié…Finalement on se retrouve ici avec un pur produit des 90′s.

Une époque qui vit des titres comme Mutant X ou Xman cartonner sur quelques épisodes avant de sombrer dans l’oubli. Il suffisait de jouer avec les réalités alternatives, y confronter un personnage à ses avatars et boucler la boucle 20 pages plus tard, exactement comme ici.
Il y a quelque chose de fascinant à lire cette série : comment peut on écrire 20 épisodes d’une série qui n’a rien à dire, sinon ressasser le passé et ignorer complètement la métaphore raciale.
Réponse: par intermittence Bendis retrouve un peu du talent qui fit de lui un scénariste majeur des années 90 et donner lieu à des échanges intéressant par le jeune Scott Summers et Wolverine. Impossible de résisiter aux charmes de la jeune Jean Grey et certains de ses dialogues avec Kitty Pryde rappelle le Bendis de la grande époque.

Et les dessins d’Imonem restent de toute beauté même si les nouveaux costumes de Facteur X, des Xmen, notamment celui du fauve frôle le ridicule. On les croirait tous parti pour un championnat du monde de ski… Ce n’est pas nul, c’est du fast reading aussitôt lu, aussitôt oublié, un étrange produit bling bling où un auteur continue de piquer les idées des autres, prendre son lecteur pour un bleu et se réfugie derrière des dessinateurs surdoués pour ne rien raconter.

C’est triste et surtout très, très creux aux antipodes du run de Jason Aaron…Voilà, j’ai pas été trop méchant hein ?
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 9, 2015 2:20 PM CET


Démokratia, Tome 3 :
Démokratia, Tome 3 :
par Motorô Mase
Edition : Broché
Prix : EUR 8,29

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 En Mai, fais ce qu'il te plait !, 16 octobre 2015
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Demokratia est la nouvelle série écrite et dessinée par Motoro Masé le créateur du chef d’oeuvre Ikigami. Cet article proposera un commentaire sur les trois volumes parus en France (contre quatre au Japon).
Pour ce nouveau projet, Masé frappe fort ! très fort ! Jugez plutôt: deux ingénieurs ont mis au point une androïde baptisée Mai. Sa spécificité, au contraire des robots de Blade Runner ou de Pluto, est de ne posséder aucune intelligence artificielle. Mai est en fait téléguidée par un logiciel permettant à 3000 internautes de lui imposer leurs choix. Parfaite réplique humaine, les internautes vont confronter le robot à d’autres êtres humains pour tester leurs réactions.

.Tout ceci pourrait sembler être une gentille variation du Tamagochi ou d’une télé réalité si Mai ne faisait pas partie d’un programme plus ambitieux: chaque action que May doit entreprendre est soumise à un vote avec une proposition principale et une alternative. Mai obeira à la loi du plus grand nombre au nom de la représentativité démocratique. C’est le projet Demokratia qui a pour but de rechercher un mode de démocratie pure. Naturellement, malgré ces bonnes intentions, l’expérience va tourner au vinaigre lorsque ce robot, utopie d’une société parfaite, va rencontrer un sociopathe qui va commettre l’irréparable (dur de pas spoiler)….

Après un début un peu laborieux durant la première moitié du récit où Motoro Masé nous assomme d’explications techniques et scientifiques, Demokratia décolle enfin pour ne plus jamais redescendre. Comme pour Ikigami, l’action n’est jamais dissociable de la trame de fond. Lorsque l’expérience dérape, Mai n’est pas guidée par des psychopathes, des trolls ou des geeks décérébrés. Au contraire, Masé prend le temps de nous présenter des individus raisonnables, sympathiques, cultivés avec une expérience de vie établie permettant de faire de vrais choix. Leurs réactions face aux conséquences de la série noire dont ils sont responsables n’en sont que plus passionnantes.

Comme son éminent collègue Naoki Urasawa, c’est cette profonde compassion pour ses personnages bons ou mauvais qui donne du poids à la narration de Masé. A tel point qu’en refaisant le film de ces 3 premiers volumes, il est pratiquement impossible pour les personnages d’agir autrement qu’ils ne l’ont fait. L’expérience Demokratia n’est pas l’oeuvre de savants fous convaincus que l’humanité ne sera sauvée d’elle même qu’après un coup de Kaarcher. Ce sont au contraire des citoyens concernés avec une vraie démarche scientifique d’enquête sur le terrain autour du fondement de l’âme humaine.

Il s’agit aussi d’interroger le lecteur sur le fonctionnement d’une démocratie: les choix de la majorité sont ils toujours les plus légitimes ? Ce qui est décidé à chaud n’est il pas la dictature de l’émotion ? Ce qui est décidé à froid, un manque d’humanité ? Sur le long terme, quels sont les bons choix ? L’individu doit il se soumettre au plus grand nombre ou, au contraire, apporte t’il la marge de liberté pour contrebalancer la pensée unique ?

Masé montre bien tout au long de Demokratia que le choix du plus grand nombre n’est pas forcément représentatif d’une opinion, mais au contraire, d’une masse anonyme sur Internet qui suit une direction dominante sans forcément avoir d’avis prononcé. Dire à l’unanimité : « je suis d’accord » sans mesurer les conséquences de ce qui se joue, est il un acte de liberté ou d’aliénation ? Lorsque ce choix entraîne la mort de deux hommes en deux volumes, il y a de quoi s’interroger !

En étant le miroir d’être humains faillibles obsédés par le contrôle et la morale (qu’est ce qu’une bonne décision ?), Mai va devenir à la fois la victime, la coupable et le l’incarnation des névroses des états démocratiques. En choisissant de mettre en scène un robot féminin, Masé ajoute une touche originale bienvenue lui permettant aussi de disserter sur le viol, l’absurdité du désir masculin et la place des femmes au Japon. Elle est cette nouvelle Eve chassée du Paradis Originel, objet de toutes les tentations. Elle est surtout le jouet de la fluctuation du désir et des émotions. Mai porte secours à un petit vieux dans la rue au nom du civisme. Mais lorsqu’il s’agit pour le robot de l’assister dans les derniers jours de sa vie, la plupart des internautes en quête de nouveautés votent l’abandon du mourant….

Du côté du dessin, Masé n’ a pas varié d’un iota, même si sa mise en scène est plus imaginative que pour Ikigami. Les visages sont toujours expressifs même si la plupart des personnages avec leurs cheveux plaqués semblent tous sortir de la douche. Au bout de 3 volumes, Masé parvient à la fois d’écrire un récit totalement inédit et raccord avec Ikigami. Un Thriller unique en son genre addictif, passionnant, vertigineux. Actuel.


Démokratia, Tome 2 :
Démokratia, Tome 2 :
par Motorô Mase
Edition : Broché
Prix : EUR 8,29

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 En Mai, fais ce qu'il te plait !, 16 octobre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Démokratia, Tome 2 : (Broché)
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Demokratia est la nouvelle série écrite et dessinée par Motoro Masé le créateur du chef d’oeuvre Ikigami. Cet article proposera un commentaire sur les trois volumes parus en France (contre quatre au Japon).
Pour ce nouveau projet, Masé frappe fort ! très fort ! Jugez plutôt: deux ingénieurs ont mis au point une androïde baptisée Mai. Sa spécificité, au contraire des robots de Blade Runner ou de Pluto, est de ne posséder aucune intelligence artificielle. Mai est en fait téléguidée par un logiciel permettant à 3000 internautes de lui imposer leurs choix. Parfaite réplique humaine, les internautes vont confronter le robot à d’autres êtres humains pour tester leurs réactions.

.Tout ceci pourrait sembler être une gentille variation du Tamagochi ou d’une télé réalité si Mai ne faisait pas partie d’un programme plus ambitieux: chaque action que May doit entreprendre est soumise à un vote avec une proposition principale et une alternative. Mai obeira à la loi du plus grand nombre au nom de la représentativité démocratique. C’est le projet Demokratia qui a pour but de rechercher un mode de démocratie pure. Naturellement, malgré ces bonnes intentions, l’expérience va tourner au vinaigre lorsque ce robot, utopie d’une société parfaite, va rencontrer un sociopathe qui va commettre l’irréparable (dur de pas spoiler)….

Après un début un peu laborieux durant la première moitié du récit où Motoro Masé nous assomme d’explications techniques et scientifiques, Demokratia décolle enfin pour ne plus jamais redescendre. Comme pour Ikigami, l’action n’est jamais dissociable de la trame de fond. Lorsque l’expérience dérape, Mai n’est pas guidée par des psychopathes, des trolls ou des geeks décérébrés. Au contraire, Masé prend le temps de nous présenter des individus raisonnables, sympathiques, cultivés avec une expérience de vie établie permettant de faire de vrais choix. Leurs réactions face aux conséquences de la série noire dont ils sont responsables n’en sont que plus passionnantes.

Comme son éminent collègue Naoki Urasawa, c’est cette profonde compassion pour ses personnages bons ou mauvais qui donne du poids à la narration de Masé. A tel point qu’en refaisant le film de ces 3 premiers volumes, il est pratiquement impossible pour les personnages d’agir autrement qu’ils ne l’ont fait. L’expérience Demokratia n’est pas l’oeuvre de savants fous convaincus que l’humanité ne sera sauvée d’elle même qu’après un coup de Kaarcher. Ce sont au contraire des citoyens concernés avec une vraie démarche scientifique d’enquête sur le terrain autour du fondement de l’âme humaine.

Il s’agit aussi d’interroger le lecteur sur le fonctionnement d’une démocratie: les choix de la majorité sont ils toujours les plus légitimes ? Ce qui est décidé à chaud n’est il pas la dictature de l’émotion ? Ce qui est décidé à froid, un manque d’humanité ? Sur le long terme, quels sont les bons choix ? L’individu doit il se soumettre au plus grand nombre ou, au contraire, apporte t’il la marge de liberté pour contrebalancer la pensée unique ?

Masé montre bien tout au long de Demokratia que le choix du plus grand nombre n’est pas forcément représentatif d’une opinion, mais au contraire, d’une masse anonyme sur Internet qui suit une direction dominante sans forcément avoir d’avis prononcé. Dire à l’unanimité : « je suis d’accord » sans mesurer les conséquences de ce qui se joue, est il un acte de liberté ou d’aliénation ? Lorsque ce choix entraîne la mort de deux hommes en deux volumes, il y a de quoi s’interroger !

En étant le miroir d’être humains faillibles obsédés par le contrôle et la morale (qu’est ce qu’une bonne décision ?), Mai va devenir à la fois la victime, la coupable et le l’incarnation des névroses des états démocratiques. En choisissant de mettre en scène un robot féminin, Masé ajoute une touche originale bienvenue lui permettant aussi de disserter sur le viol, l’absurdité du désir masculin et la place des femmes au Japon. Elle est cette nouvelle Eve chassée du Paradis Originel, objet de toutes les tentations. Elle est surtout le jouet de la fluctuation du désir et des émotions. Mai porte secours à un petit vieux dans la rue au nom du civisme. Mais lorsqu’il s’agit pour le robot de l’assister dans les derniers jours de sa vie, la plupart des internautes en quête de nouveautés votent l’abandon du mourant….

Du côté du dessin, Masé n’ a pas varié d’un iota, même si sa mise en scène est plus imaginative que pour Ikigami. Les visages sont toujours expressifs même si la plupart des personnages avec leurs cheveux plaqués semblent tous sortir de la douche. Au bout de 3 volumes, Masé parvient à la fois d’écrire un récit totalement inédit et raccord avec Ikigami. Un Thriller unique en son genre addictif, passionnant, vertigineux. Actuel.


Demokratia - 1st season Vol.1
Demokratia - 1st season Vol.1
par MASE Motoro
Edition : Broché
Prix : EUR 8,29

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 En Mai, fais ce qu'il te plait !, 16 octobre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Demokratia - 1st season Vol.1 (Broché)
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Demokratia est la nouvelle série écrite et dessinée par Motoro Masé le créateur du chef d’oeuvre Ikigami. Cet article proposera un commentaire sur les trois volumes parus en France (contre quatre au Japon).
Pour ce nouveau projet, Masé frappe fort ! très fort ! Jugez plutôt: deux ingénieurs ont mis au point une androïde baptisée Mai. Sa spécificité, au contraire des robots de Blade Runner ou de Pluto, est de ne posséder aucune intelligence artificielle. Mai est en fait téléguidée par un logiciel permettant à 3000 internautes de lui imposer leurs choix. Parfaite réplique humaine, les internautes vont confronter le robot à d’autres êtres humains pour tester leurs réactions.

.Tout ceci pourrait sembler être une gentille variation du Tamagochi ou d’une télé réalité si Mai ne faisait pas partie d’un programme plus ambitieux: chaque action que May doit entreprendre est soumise à un vote avec une proposition principale et une alternative. Mai obeira à la loi du plus grand nombre au nom de la représentativité démocratique. C’est le projet Demokratia qui a pour but de rechercher un mode de démocratie pure. Naturellement, malgré ces bonnes intentions, l’expérience va tourner au vinaigre lorsque ce robot, utopie d’une société parfaite, va rencontrer un sociopathe qui va commettre l’irréparable (dur de pas spoiler)….

Après un début un peu laborieux durant la première moitié du récit où Motoro Masé nous assomme d’explications techniques et scientifiques, Demokratia décolle enfin pour ne plus jamais redescendre. Comme pour Ikigami, l’action n’est jamais dissociable de la trame de fond. Lorsque l’expérience dérape, Mai n’est pas guidée par des psychopathes, des trolls ou des geeks décérébrés. Au contraire, Masé prend le temps de nous présenter des individus raisonnables, sympathiques, cultivés avec une expérience de vie établie permettant de faire de vrais choix. Leurs réactions face aux conséquences de la série noire dont ils sont responsables n’en sont que plus passionnantes.

Comme son éminent collègue Naoki Urasawa, c’est cette profonde compassion pour ses personnages bons ou mauvais qui donne du poids à la narration de Masé. A tel point qu’en refaisant le film de ces 3 premiers volumes, il est pratiquement impossible pour les personnages d’agir autrement qu’ils ne l’ont fait. L’expérience Demokratia n’est pas l’oeuvre de savants fous convaincus que l’humanité ne sera sauvée d’elle même qu’après un coup de Kaarcher. Ce sont au contraire des citoyens concernés avec une vraie démarche scientifique d’enquête sur le terrain autour du fondement de l’âme humaine.

Il s’agit aussi d’interroger le lecteur sur le fonctionnement d’une démocratie: les choix de la majorité sont ils toujours les plus légitimes ? Ce qui est décidé à chaud n’est il pas la dictature de l’émotion ? Ce qui est décidé à froid, un manque d’humanité ? Sur le long terme, quels sont les bons choix ? L’individu doit il se soumettre au plus grand nombre ou, au contraire, apporte t’il la marge de liberté pour contrebalancer la pensée unique ?

Masé montre bien tout au long de Demokratia que le choix du plus grand nombre n’est pas forcément représentatif d’une opinion, mais au contraire, d’une masse anonyme sur Internet qui suit une direction dominante sans forcément avoir d’avis prononcé. Dire à l’unanimité : « je suis d’accord » sans mesurer les conséquences de ce qui se joue, est il un acte de liberté ou d’aliénation ? Lorsque ce choix entraîne la mort de deux hommes en deux volumes, il y a de quoi s’interroger !

En étant le miroir d’être humains faillibles obsédés par le contrôle et la morale (qu’est ce qu’une bonne décision ?), Mai va devenir à la fois la victime, la coupable et le l’incarnation des névroses des états démocratiques. En choisissant de mettre en scène un robot féminin, Masé ajoute une touche originale bienvenue lui permettant aussi de disserter sur le viol, l’absurdité du désir masculin et la place des femmes au Japon. Elle est cette nouvelle Eve chassée du Paradis Originel, objet de toutes les tentations. Elle est surtout le jouet de la fluctuation du désir et des émotions. Mai porte secours à un petit vieux dans la rue au nom du civisme. Mais lorsqu’il s’agit pour le robot de l’assister dans les derniers jours de sa vie, la plupart des internautes en quête de nouveautés votent l’abandon du mourant….

Du côté du dessin, Masé n’ a pas varié d’un iota, même si sa mise en scène est plus imaginative que pour Ikigami. Les visages sont toujours expressifs même si la plupart des personnages avec leurs cheveux plaqués semblent tous sortir de la douche. Au bout de 3 volumes, Masé parvient à la fois d’écrire un récit totalement inédit et raccord avec Ikigami. Un Thriller unique en son genre addictif, passionnant, vertigineux. Actuel.


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