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Contenu rédigé par Bruce Tringale
Classement des meilleurs critiques: 87
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Commentaires écrits par
Bruce Tringale (France)
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Murena L'Intégrale cycle 2
Murena L'Intégrale cycle 2
par Delaby
Edition : Cartonné

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une merveille !, 24 décembre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Murena L'Intégrale cycle 2 (Cartonné)
Ceux qui découvrent Murena aujourd'hui sont vernis . Non seulement ils embarquent pour un voyage fantastique dans la Rome de Neron ; mais surtout cette série qui parait au compte goutte ( un album tout les 3 ans ....Sob...) peut être lue ici en recueil sans se soucier des délais de parution . Ce volume agrémenté de crayonnés magnifiques et de couvertures inédites permet d'apprécier la continuité de la série et les emboitements des événements . Oui! pour apprécier Murena , il est indispensable de lire les histoires de manière chronologique .

Murena est le nom du Héros imaginaire bien transparent . Le véritable héros de cette histoire est l’empereur Néron . Celui ci , avec Caligula a laissé dans l'histoire l'image d'un monstre synonyme de dépravation , d'inceste et de matricide .
Dufaux , solidement documenté ( la série est maintenant étudiée à l'université et a été traduite en latin ! ) souhaite réhabiliter l'homme et en laisser une image moins manichéenne .
A la manière de la série Rome - L'intégrale il décrit patiemment la grande et la petite histoire de l'empereur . Comme la série d'HBO , des personnages ordinaires côtoient des figures historiques : Britanicus , Agripine , Sénèque .

Nul besoin d'être agrégé d'histoire pour apprécier la subtilité de l'histoire . Les auteurs se veulent pédagogues et Néron est présentée comme la victime d'une tragédie antique . Manipulé par une mère machiavélique , victime du destin ( Il est accusé du meurtre de son demi frère qui meurt accidentellement) , Néron est présenté tour à tour comme sensible , courageux , noble puis , au fur et à mesure que les complots se déchainent , il devient sournois , cruel et paranoïaque .

La série est une réflexion fascinante sur l'exercice du pouvoir. Comment un adolescent qui rêvait d'une vie simple et porté au pouvoir malgré lui va t'il supporter la pression à la tête du plus grand empire du monde ? Chaque épisode voit des personnages majeurs disparaitre victimes de complots auxquels ils ont participé . Et de voir qu'aucun d'entre eux ne se rend compte qu'à long terme , la vengeance et le sang finiront par les anéantir.

Murena est une suite ininterrompue de coups de théâtre , d'alliances contre nature , de sexe et de meurtres . Les amis deviennent des ennemis mortels , les secrets sont éventés , la famille n'est pas une cellule protectrice .

Certaines scènes sont d'une cruauté insoutenable : torture , poisons ,crucifixions ,la liste est longue pour décrire toutes les exactions d'une époque qui ne se souciait pas vraiment des droits de l'homme . Mais les auteurs sugèrent la violence plus qu'ils ne la montrent et agrémentent le tout d'humour noir .

Tout n'est pas parfait : les seconds rôles n'ont que peu de personnalité , quelques dialogues sont maladroits , et le lettreur a parfois des problèmes de phylactères...

Mais tout cela est emporté par la force de dessins grandioses , de couvertures somptueuses de Delaby . Son style est immédiatement séduisant et aéré . Il sait donner à ses personnages une identité propre . Tout respire l'exaction chez lui , que ce soit dans les vêtements antiques , la nature des cheveux et surtout le rendu de l'architecture antique . Les décors sont hallucinants de justesse et de détails jusqu'au graffiti en latin .

Murena est aussi agréable à lire qu'à regarder et son histoire passionnante réveillera votre âme d'enfant gavée de péplums :
gladiateurs , course de chars , traitres , chrétiens persécutés : ils sont tous là ! Et ils ne sont pas contents !

Ce volume réunit les albums du cycle de la femme: les deux mères de Murena et de Néron ont été tuées . Autrefois amis , Neron et Murena vont être manipulés jusqu'à la haine . Néron est désormais passé du côté obscur . Et Muréna va prendre la tête de la rebellion contre son ancien ami .Les mères sont remplacés par deux femmes qui , comme dans toute tragédie , vont être à l'origine de la destruction de Rome !
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 3, 2013 7:33 AM CET


Murena L'Intégrale cycle 1
Murena L'Intégrale cycle 1
par Philippe Delaby
Edition : Relié

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une saga inoubliable, 24 décembre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Murena L'Intégrale cycle 1 (Relié)
Ceux qui découvrent Murena aujourd'hui sont vernis . Non seulement ils embarquent pour un voyage fantastique dans la Rome de Neron ; mais surtout cette série qui parait au compte goutte ( un album tout les 3 ans ....Sob...) peut être lue ici en recueil sans se soucier des délais de parution . Ce volume agrémenté de crayonnés magnifiques et de couvertures inédites permet d'apprécier la continuité de la série et les emboitements des événements . Oui! pour apprécier Murena , il est indispensable de lire les histoires de manière chronologique .

Murena est le nom du Héros imaginaire bien transparent . Le véritable héros de cette histoire est l’empereur Néron . Celui ci , avec Caligula a laissé dans l'histoire l'image d'un monstre synonyme de dépravation , d'inceste et de matricide .
Dufaux , solidement documenté ( la série est maintenant étudiée à l'université et a été traduite en latin ! ) souhaite réhabiliter l'homme et en laisser une image moins manichéenne .
A la manière de la série Rome - L'intégrale, il décrit patiemment la grande et la petite histoire de l'empereur . Comme la série d'HBO , des personnages ordinaires côtoient des figures historiques : Britanicus , Agripine , Sénèque .

Nul besoin d'être agrégé d'histoire pour apprécier la subtilité de l'histoire . Les auteurs se veulent pédagogues et Néron est présentée comme la victime d'une tragédie antique . Manipulé par une mère machiavélique , victime du destin ( Il est accusé du meurtre de son demi frère qui meurt accidentellement) , Néron est présenté tour à tour comme sensible , courageux , noble puis , au fur et à mesure que les complots se déchainent , il devient sournois , cruel et paranoïaque .

La série est une réflexion fascinante sur l'exercice du pouvoir. Comment un adolescent qui rêvait d'une vie simple et porté au pouvoir malgré lui va t'il supporter la pression à la tête du plus grand empire du monde ? Chaque épisode voit des personnages majeurs disparaitre victimes de complots auxquels ils ont participé . Et de voir qu'aucun d'entre eux ne se rend compte qu'à long terme , la vengeance et le sang finiront par les anéantir.

Murena est une suite ininterrompue de coups de théâtre , d'alliances contre nature , de sexe et de meurtres . Les amis deviennent des ennemis mortels , les secrets sont éventés , la famille n'est pas une cellule protectrice .

Certaines scènes sont d'une cruauté insoutenable : torture , poisons ,crucifixions ,la liste est longue pour décrire toutes les exactions d'une époque qui ne se souciait pas vraiment des droits de l'homme . Mais les auteurs sugèrent la violence plus qu'ils ne la montrent et agrémentent le tout d'humour noir .

Tout n'est pas parfait : les seconds rôles n'ont que peu de personnalité , quelques dialogues sont maladroits , et le lettreur a parfois des problèmes de phylactères...

Mais tout cela est emporté par la force de dessins grandioses , de couvertures somptueuses de Delaby . Son style est immédaitement séduisant et aéré . Il sait donner à ses personnages une identité propre . Tout respire l'exaction chez lui , que ce soit dans les vêtements antiques , la nature des cheveux et surtout le rendu de l'architecture antique . Les décors sont hallucinants de justesse et de détails jusqu'au graffiti en latin .

Murena est aussi agréable à lire qu'à regarder et son histoire passionnante réveillera votre âme d'enfant gavée de péplums :
gladiateurs , course de chars , traitres , chrétiens persécutés : ils sont tous là ! Et ils ne sont pas contents !

Ce volume réunit les albums du cycle de la mère : les deux mères de Murena et de Néron vont être à l'origine de l'intronisation du jeune empereur . Ces femmes vont donner naissance à des événements qui vont les dépasser , les tuer et lancer un cycle de violence hallucinant.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 26, 2012 12:01 PM CET


The Invitation To The Voyage
The Invitation To The Voyage
Prix : EUR 12,24

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Careful with that axe Eugene, 24 décembre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Invitation To The Voyage (CD)
Révélé par Miles Kane , Eugene Mc Guiness avec ces costards sur mesure , sa gueule d'ange et ses cheveux gominés est l'homme que la Pop Anglaise attendait . Ne vous fiez pas au titre horrible inspiré de Baudelaire , ni à cette gestion insolite des contrastes de la pochette .
Ce gamin est doué ! Sur " Shotgun" qui inonde les FM rock survivantes , il recycle le thème de Peter Gunn , probablement l'un des plus samplé du Rock . Et il arrive à en tirer un chanson phénoménale . Tout l'album est bon , plein d'arrangements de bon goût . Allez chercher sur You Tube le clips de Lions et vous verrez que Eugene peut prétendre à la meilleure chanson de l'année ainsi qu'au meilleur clip . 9 TItres ! 35 minutes qui s'écoutent en boucle ! Une voix de velours originale , accessible qui ne passe pas son temps à pleurnicher comme chez Radiohead !
En 2001 , Hawksley Workman avec The Delicious Wolves avait commencé en fanfare de manière analogue avant de sombrer dans la dépression :Mélodies qui tuent , choeurs grandiloquents , refrains épiques. Tout le disque parcourt l'oeuvre de Bowie des solos de guitare tout droit sorti de Aladdin Saneaux audaces de Lodger . Eugene est le fils que Marc Almond et Bowie auraient pu avoir . Les adorateurs de The Divine Comedy vont adorer... Les autres aussi....
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 30, 2012 5:32 PM CET


Looper
Looper
DVD ~ Joseph Gordon-Levitt
Proposé par plusdecinema
Prix : EUR 15,00

3 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Même si tu revenais ..., 23 décembre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Looper (DVD)
Ce commentaire portera sur le film et non sur le produit DVD.

Encore un truc qui a déchaîné une certaine hystérie journalistique à sa sortie . A ce stade vous avez tous entendu parlé du scénario qui propose à un tueur à gage de supprimer sa version plus âgée du futur . Comme c'est Bruce Willis , notre sexagénaire en réchappe haut le flingue et se met en tête d'en profiter pour tuer un futur dictateur .
Looper , s'il n'est pas le chef d'oeuvre que l'on a voulu nous vendre a un intérêt manifeste : il rappelle qu'il y a une vie après le film de super héros même s'il en emprunte beaucoup les codes . Il serait , à vrai dire , facile d'imaginer ce truc publié chez Vertigo . Le mix est plutôt réussi : un Terminator à visage humain , un gamin qui à l'inverse de John Connor serait plutôt un connard en devenir doté de télékinésie , une veuve sexy , des gros flingues et des explosions .

Looper a un début immédiatement accrocheur où le réalisateur plante le décor avec brio : boucles temporelles , hygiène de l'assassin qui va progressivement s'humaniser au contact d'un enfant . On a déjà vu cela mille fois , mais ça fonctionne . La fin du film est également très réussie . Le réalisateur quitte la science fiction pour lorgner sur un western moderne avec des mercenaires fatigués , des duels au soleil , un ferme , une veuve et l'orphelin . Emily Blunt est comme toujours un objet de vénération justifié .

Mais voilà pour faire un chef d'oeuvre , encore faut-il savoir rythmer son film . Et après 40 minutes , il n'y a pas que Bruce Willis qui regarde sa montre . Notre John Mc Lane n'a pas grand chose à jouer tant l'intrigue secondaire qui doit l'amener sur les traces de sa version jeune n'a aucun intérêt . La tête d'affiche fait de la figuration, soyez prévenus !
Et puis , comme beaucoup de film contemporains , c'est quand même plutôt vide de contenu : pas de critique voilée de notre société , pas de méta commentaire. Le film prétend répondre à la question du meurtre d'Hitler enfant ; mais le traitement proposé n'est pas plus excitant que cela . Le public visé est adolescent : pas de sang , de violence , de sexe , de gros mots, tout est bien aseptisé pour attirer le chaland qui aurait vu la bande annonce sur MTV . Enfin , à l'inverse des Terminator et des John Carpenter le score musical est insignifiant .
Looper est un bon divertissement qui sait recycler ce que l'on vu mille fois ailleurs . Il le fait gentiment , poliment, donne tout ,tout de suite et puis s'en va , annihilant toute envie de faire tourner le film en boucle . C'est un bon film écolo qui pratique le tri sélectif en ramassant les déchets des autres films sans l'assaisonner . C'est fade mais ça se mange ...
Sinon , en cas d'adaptation d'un Biopic de Pink Floyd , M.Willis ferait un très bon David Gilmour ...

Homeland - Saison 1 - Édition exclusive Amazon.fr (1 DVD de bonus contenant une interview exclusive de Gideon Raff, créateur de la série) [Blu-ray]
Homeland - Saison 1 - Édition exclusive Amazon.fr (1 DVD de bonus contenant une interview exclusive de Gideon Raff, créateur de la série) [Blu-ray]
DVD ~ Claire Danes

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 L'enemi intérieur (Spoilers), 21 décembre 2012
Ce commentaire traite de la série et non du produit DVD .

Alors Homeland , digne successeur de 24 ? Oui et non !

Oui car on y retrouve la paranoïa de la série , l'emboitement des intrigues personnelles et politiques Comme dans la série de Bauer , un traître infiltre le pays et notre héros ( ici une héroine ) n'aura de cesse de se heurter à la médisance de sa hiérarchie qui ignore ses intuitions . Comme dans 24 , chaque fin de saison se termine sur une victoire à la Pyrhus où le héros finit complètement détruit , viré , humilié . C'est flagrant ici pour Claire Danes qui finit en psychiatrie .
Enfin des similitudes évidentes : la première saison de 24 se passait dans un contexte électoral ; Dans Homeland , un attentat se prépare contre le candidat à la présidence américaine .

Mais la vraie force de Homeland réside dans les distances prises avec son illustre aînée : Comme Bauer en Chine à la fin de la saison 5 , Brody a été enlevé en territoire ennemi . Comme Bauer il revient sale et brisé. Mais alors que Jack au bout d'une heure sur le sol américain redevient un super agent luttant pour un pays qui l'avait abandonné , Brody souhaite se venger. Les 6 premiers épisodes jouent sur l'ambiguïté : Traître ou pas traître ? C'est lorsque la série répond clairement à la question qu'elle décolle car il faut avouer que le format décompressé de l'intrigue est parfois pénible .

A l'inverse de Bauer , Carrie est une héroine fragile : elle est en proie à des troubles psychotiques contre lesquels elle doit lutter . De manière poignante , elle se sacrifie pour expier sa relation avec Brody . Et finalement les "gentils" perdent ! Toutes leurs tentatives à éviter l'attentat échouent . Bauer en 24 heures aurait réglé ça !

LA série enfin propose très peu d'action. A la place , les scénaristes misent d'avantage sur la psychologie des personnages : le difficile retour d'un prisonnier après huit ans d'absence et sa réinsertion douloureuse après la joie des retrouvailles . Les motivations qui ont forcé Brody à changer de camp sont convainquantes et en font un héros attachant et non manichéen . Comme dans MI 5 les terroristes sont humains et leurs arguments pour utiliser la violence se tiennent . Le spectateur comprend , sans accepter ces actes de vengeance . Les seconds rôles sont attachants avec mention spéciale à Saul ( sosie de Coppola ) et Dana , la fille de Brody .

Homeland , c'est aussi l'histoire de la famille Brody , une famille "normale" embarquée dans des évènements qui la dépasse . Broduy rejoint les héros de Breaking BAd , Dexter , The Shield qui cachent leur Moi à leurs proches et s'accomplissent dans leur double identité .

Les musiques de Sean Callery , présentes aussi sur 24 , ponctuent efficacement le suspense de la série , et le générique , superbe, rend hommage à Amicalement Votre dont 24 empruntait déjà le Split Screen...

Homeland se termine de manière cruellement convainquante et laisse le spectateur sonné par la maîtrise de l'écriture du dernier épisode. SA réputation de meilleure série 2012 n' pas été usurpée .

Je suis ouvert au débat pacifique avec les personnes n'étant pas d'accord avec moi dans la rubrique liée au commentaire , plus constructif à mon sens qu' un VNU rageur et anonyme .

God Save the Queen
God Save the Queen
par Mike Carey
Edition : Relié
Prix : EUR 15,37

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Anarchy in Carey..., 19 décembre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : God Save the Queen (Relié)
En Angleterre , une adolescente rebelle se trouve mêlée malgré elle à une guerre entre Titania et Mab , reines rivales du mondes des fées .
Notre héroïne se retrouve en interaction avec des créatures fantastiques qui semblent la connaitre . L'idée n'est pas nouvelle . Neil Gaiman en avait fait le coeur de "Sandman " : Rose Walker , Hypolyta Hall , Nada , Hazel, Barbie ( !) étaient déjà de jeunes femmes prises dans des brèches dimensionnelles où elles allaient être amenées à jouer un rôle majeur .
Et Mike Carey a toute légitimité pour marcher sur les plates bandes du grand Neil puisque il est l'auteur désigné des Spin Offs de Sandman : "Lucifer" et "The Furies" . On reconnait d'ailleurs dans cette histoire des personnages déjà croisés chez Morpheus : Titania , Puck et Lucien .
Carey n'étant pas le premier venu , il sait installer une ambiance , une tension nous faisant cheminer dans l'histoire . La structure du récit : Exposition - Révélation- Rédemption - Conclusion est conforme à ce que l'on peut attendre d'un auteur aguerri . Le titre du chef d'oeuvre des Pistols est parfaitement choisi et joue sur les double sens et la violence du conflit .

Et les peintures de John Bolton sont de toute beauté . Sa mise en page est très aérée et rendent l'aspect graphique immédiatement attractif et il n'a pas son pareil pour rendre la sensualité du corps féminin .A noter que sa Titania de 2007 présente des analogies avec le design des habitants de Pandora d'"Avatar" . Ce n'est pas surprenant James Cameron étant amateur de Comics .

Toutefois , ce n'est pas le meilleur récit de Carey . Les forces en opposition sont décrites de manière superficielles : la méchante est vilaine , la reine est jolie . La prise de pouvoir de Mab se passe sur deux pages . Rien ne vient nous faire souhaiter le rétablissement du régime de Titania : quelle est sa légitimité ? la nature de son règne et de l'antagonisme de sa rivale ?
Carey ne s'attarde pas sur ces éléments et son récit en souffre , puisque il est difficile de s’intéresser à un conflit sans en comprendre l'origine . La captivité et la libération de Mab sont aussi télescopées et la résolution du conflit se lit d'une oeil distrait . Enfin , certains dialogues sont un rien pédant , et je me suis agacé de les relire pour m'assurer les avoir compris .

GSTQ n'est pas désagréable mais restera mineure dans la littérature de Mike Carey . J'en retiens essentiellement les superbes illustrations de Bolton et des scènes pleine de poésie et de sensualité féminine . Sans grande exigence et sans prétention , c'est une lecture qui ravira les amateurs de "Sandman" et de "Fables".
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (6) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 20, 2012 9:23 PM CET


God Save the Queen
God Save the Queen
par Mike Carey
Edition : Album

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Anarchy in Carey..., 19 décembre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : God Save the Queen (Album)
En Angleterre , une adolescente rebelle se trouve mêlée malgré elle à une guerre entre Titania et Mab , reines rivales du mondes des fées .
Notre héroïne se retrouve en interaction avec des créatures fantastiques qui semblent la connaitre . L'idée n'est pas nouvelle . Neil Gaiman en avait fait le coeur de "Sandman " : Rose Walker , Hypolyta Hall , Nada , Hazel, Barbie ( !) étaient déjà de jeunes femmes prises dans des brèches dimensionnelles où elles allaient être amenées à jouer un rôle majeur .
Et Mike Carey a toute légitimité pour marcher sur les plates bandes du grand Neil puisque il est l'auteur désigné des Spin Offs de Sandman : "Lucifer" et "The Furies" . On reconnait d'ailleurs dans cette histoire des personnages déjà croisés chez Morpheus : Titania , Puck et Lucien .
Carey n'étant pas le premier venu , il sait installer une ambiance , une tension nous faisant cheminer dans l'histoire . La structure du récit : Exposition - Révélation- Rédemption - Conclusion est conforme à ce que l'on peut attendre d'un auteur aguerri . Le titre du chef d'oeuvre des Pistols est parfaitement choisi et joue sur les double sens et la violence du conflit .

Et les peintures de John Bolton sont de toute beauté . Sa mise en page est très aérée et rendent l'aspect graphique immédiatement attractif et il n'a pas son pareil pour rendre la sensualité du corps féminin .A noter que sa Titania de 2007 présente des analogies avec le design des habitants de Pandora d'"Avatar" . Ce n'est pas surprenant James Cameron étant amateur de Comics .

Toutefois , ce n'est pas le meilleur récit de Carey . Les forces en opposition sont décrites de manière superficielles : la méchante est vilaine , la reine est jolie . La prise de pouvoir de Mab se passe sur deux pages . Rien ne vient nous faire souhaiter le rétablissement du régime de Titania : quelle est sa légitimité ? la nature de son règne et de l'antagonisme de sa rivale ?
Carey ne s'attarde pas sur ces éléments et son récit en souffre , puisque il est difficile de s’intéresser à un conflit sans en comprendre l'origine . La captivité et la libération de Mab sont aussi télescopées et la résolution du conflit se lit d'une oeil distrait . Enfin , certains dialogues sont un rien pédant , et je me suis agacé de les relire pour m'assurer les avoir compris .

GSTQ n'est pas désagréable mais restera mineure dans la littérature de Mike Carey . J'en retiens essentiellement les superbes illustrations de Bolton et des scènes pleine de poésie et de sensualité féminine . Sans grande exigence et sans prétention , c'est une lecture qui ravira les amateurs de "Sandman" et de "Fables".

Faker : Rêves angéliques
Faker : Rêves angéliques
par Mike Carey
Edition : Broché

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Young Liars, 12 décembre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Faker : Rêves angéliques (Broché)
Mick Carey est un spécimen ; un type intelligent , sympathique et consciencieux , peut être le seul sur le marché du comics , qui lit le travail des copains avant de reprendre une licence . Rappelons que le type s'est illustré sur Lucifer , avec la bénédiction de Neil Gaiman . Pas facile hein ?

Avant qu'il transforme Xmen Legacy en mini série un peu ennuyeuse centré autour de Rogue , Carey avait livré un travail impressionnant sur le professeur Xavier . Non seulement , c'était intelligent , bien raconté mais en plus, Carey avait ait l'effort surhumain de se taper 40 ans de bonne et mauvaise continuité mutante pour raconter 10 épisodes ! Qui fait encore cela aujourd'hui ?

Alors , lorsque notre reprenneur se lance dans sa propre mini série , qu'est ce que ça donne ?
Et bien , c'est carré ! ( ah ! ah! ) . 4 jeunes sociopathes , étudiants en médecine partagent le même toit. Un soir de beuverie dans un laboratoire finit mal. Lorsqu'ils se réveillent , le cinquième de la bande , Nick , les réconforte . Mais , Nick Nick existe t'il vraiment ? d'où vient il? et que vient faire l'armée américaine là dedans ?

Le talent de Carey lui permet de distiller quelques doses de paranoïa de manière crédible. On est tout de suite happé par le ton du récit. Sa subtilité fait que pour en apprécier la teneur , il est de bon ton de le relire une fois terminé pour y trouver les indices disséminés par l'auteur .
Carey se montre fidéle à ses obsessions . Tout antipathiques soient ils , nos héros sont des êtres humains fragilisés par le cynisme de l'existence et aspirent secrètement à la pureté , la compassion et l'altruisme personnifiés par Nick .

De nos 4 pas fantastiques , c'est la jeune Jessie qui attire le plus l'attention. Séduisante , instable , dangereuse , c'est un ange aux ailes brisées à qui la vie n' a pas fait de cadeau. Comme ses amis , elle se ment à elle même et modifie ses souvenirs pour ne plus souffrir. Carey brosse ici une fable sur notre hypocrisie face à la souffrance et dissèque ses effets sur notre mémoire. Le résultat entre Sandman et Xfiles et surprenant, malgré quelques clichés ( le volet Weapon X , l'armée , le scientifique sadique ) . La fin est superbe.

Je suis plus réservé sur les illustrations de jock . Capable de pondre de superbes couvertures pleine de symbolisme , l'artiste est moins intéressant en tant que dessinateur . On rame pour trouver une identité visuelle forte des personnages , mis à part Jessie .Le résultat n'accroche pas l'oeil et reste conforme au style Vertigo : couleurs délavées et univers oppressant .

Faker est un courte histoire étonnante , l'équivalent d'une nouvelle en littérature , où Carey propose une plongée audacieuse dans la solitude existentielle de ses personnages . Le ton est adulte sans être pompeux , mysterieux mais compréhensible . Le plaisir de la relecture est assuré par le talent de son auteur . Dommage que le visuel ne soit pas à la hauteur de son histoire .
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (5) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 18, 2012 6:50 PM CET


The Walking Dead 17
The Walking Dead 17
par Robert Kirkman
Edition : Broché
Prix : EUR 10,45

6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 100 mois plus tard ! Attention Spoilers majeurs !!!!, 10 décembre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Walking Dead 17 (Broché)
8 ans ! Qui aurait parié un kopeck sur TWD il y a 8 ans ? Des morts vivants ? En noir et blanc ? Pas de super héros ?
Même si le fan de la première heure ( votre serviteur ! ) peut s'agacer de la prolifération des produits dérivés aussi nombreuse que la zombaille ( Série Tv , jeu video , jeu de plateau , tee shirt etc) , force est de constater que Robert Kirkman a réussi son pari !

Ecrire sans discontinuer 100 épisodes ,mois après mois, avec le même dessinateur des histoires , qui, malgré quelques baisse de régime et des -inévitables -répétitions , ont su mettre en haleine des milliers de lecteurs est une gageure!
Il est très rare qu'une équipe artistique tiennent aussi longtemps , sans changement d'artistes , de Fill-in ou de retards de publication . Pour cela , chapeau bas !
Tout ceci a un prix : Charlie Adlard , s'il s'est avéré être l'homme de la situation , remplaçant au pied levé un Tony Moore au style beaucoup trop caricatural à mon goût, a pourtant ses défauts . Doté d'un indéniable talent pour mettre en scène les nombreux dialogues de la série , l'homme dessine vite , trop vite .
Les décors manquent de détails et certaines finitions frôlent l'amateurisme . Ces épisodes contiennent deux séquences avec Rick et Andrea au lit . Outre le fait que ces séquences n'ont rien d'érotique , leurs mains et leurs pieds nus semblent avoir été dessinés par un enfant de cinq ans !

Aux Etats Unis le numéro 100 donne lieu immanquablement à un évènement dans la série.Et le lecteur en a pour son argent.

Spoiler ! Spoiler ! Spoiler ! Spoiler ! Spoiler ! Spoiler !

Après avoir survécu aux zombies , à la famine , aux intempéries , au manque de nourriture , à des blessures invalidantes , après avoir affronté des êtres humains plus dangereux que les morts , échappés à des cannibales , et exécuter des enfants devenus fous , après avoir du enterrer famille , amis et voisins , le groupe original de Rick est réduit à 7 personnes : Rick , Carl , Maggie, Glenn, Andréa, Sophia et Michonne.

A l'image de leur leader , ceux ci sont persuadés que le pire est derrière eux et qu'ils sont capables de braver désormais toutes les menaces . Rick a même persuadé ses amis de devenir des mercenaires qui , en échange de nourriture, sécuriserait les alentours des méfaits d'une bande de pillards dirigés par un dénommé Negan .
Tout à son arrogance , notre amputé commet une erreur fatale : sous estimer l'adversaire !

Negan n'est pas un voleur à la petite semaine comme le supputait notre héros ! C'est un criminel organisé à la tête de centaine d'hommes entraînés qui va , pour la première fois depuis le début de la série , mettre notre ami à genoux !

Numero 100 oblige, un évènement majeur se produit : deux personnages meurent , dont un des 7 historiques !

C'est une mort habilement mise en scène par Kirkman . Negan organise un tirage au sort pour savoir qui paiera l'affront qui lui a été fait. Le suspense y est insoutenable , le découpage d'Adlard implacable . Et lorsque vient l'heure de l’exécution , le coeur se serre , le gorge se noue et les larmes coulent . Non seulement , une figure centrale de la série disparaît mais de la manière la plus atroce qui soit depuis la mort de Lorie ! Vous voilà prevenus !

Nos héros qui se prenaient à espérer d'une vie meilleure , de la possibilité d'éradiquer la menace des morts vivants et rétablir un semblant de civilisation sont anéantis . Rick capitule et préfère payer la dîme du tyran plutôt que de voir les siens périr ! Les zombies n'apparaissent pas dans cet arc , façon de rappeler que le danger , comme dans les films de Romero est humain .

Tout en favorisant l'action principale , Kirkman réussit à faire exister ses personnages secondaires , à tisser des ramifications entre eux , si bien que lorsque ceux-ci décèdent , le lecteur a la sensation de perdre une partie de l'histoire . Ces morts ne sont jamais gratuites . Elles rappellent que la survie de nos amis n'est jamais acquise et qu'a chaque fois qu'ils baissent leur garde la mort les frappe ! Celle ci est désormais dans leur vie , dans leur lit , dans leur relations amoureuses et familiales . Rick Grimes et ses amis jouent leur humanité à chaque page : comment ne pas devenir une bête ? Comment survivre à la fin du monde ? Comment supporter la mort sans être soi-même détruit? Vivre sans espoirs ? Le talent de Kirkman est de convoquer des histoires s'étant déroulées des années auparavant histoire de montrer le cheminement des personnages . C'est du grand art !

Des dialogues réussis , des cliffhangers à couper le souffle , un suspense crescendo . Pour son numéro 100 Kirkman maintient le feu sacré . Et peut continuer à vendre des tee shirts...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (5) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 12, 2012 8:09 PM CET


Le Grand soir
Le Grand soir
DVD ~ Albert Dupontel
Proposé par DVD-A-TOUT-PRIX
Prix : EUR 12,00

10 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Une petite journée ..., 8 décembre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Grand soir (DVD)
Oh la la.... le battage médiatique autour de celui là ...Cannes et les poncifs habituels : regard au vitriol sur la société française , poésie urbaine , beauté des perdants ,hymne à la liberté , toutes les génuflexions usuelles dès qu'un film sort du format standard .

Et on l'a vu avec bienveillance ce film : une affiche prometteuse ( et mensongère puisque cette scène n'existe pas... ) et parce que , en tant que fan de Groland , on s'attendait à ce mélange de Trash et de bons mots.
Hélas , le trash se résume au sordide : voir Poelvoorde roter et vomir , et Brigitte Fontaine jouer de son personnage de vieille femme à la frontière de la débilité mentale ...

Deux frères ,donc, redécouvrent "le sens de la vie" dans une zone industrielle d'une province française . On sent que les intentions sont là : les auteurs se servent des décors blafards des enseignes pour dénoncer la déshumanisation de ces zones . Les valeurs qu'elles véhiculent ( fric , compétitivité , mépris de l'autre ) poussent Albert Dupontel à son pétage de plomb habituel .

Mais voilà ; on voulait du Groland ; On se retrouve avec un ersatz des Deschiens : plans fixes où les personnages sont en roue libre et baragouinent des , hum...., dialogues pendant deux-trois minutes, la plupart du temps sans s'écouter ...
Au cabaret , ça marcherait peut être ... Et encore .... Une fois de plus , rien n'est très subtil et on entend venir les arguments habituels portés à dos de mulet : le langage est trompeur ( ploum ploum) , l'incommunicabilité entre les êtres permet l'aliénation de notre société ( tralala ).

Mais cet argument massue , les auteurs nous le dégainent au bout de trois minutes ... Et il reste encore 1h30 à tirer partagés entre l'ennui vaporeux et la consternation ....

Pas de gags , d'empathie pour les personnages et ...d'originalité ...Poelvoorde et Dupontel ne sont pas des Losers avec des valeurs , avec de l'existence intérieure qui viendraient bousculer notre confort bourgeois : ce sont deux idiots , et sans la connotation satirique de Dostoïevski , deux ringards pathétiques qui abandonnent leurs enfants, exploitent l'autre , et emmerdent le monde.
Ici encore on aurait pu imaginer que l'effet était volontaire . Et l'on sent que le film cherche désespérément à filmer les marginaux sublimes de Blier ...ou de Gainsbourg , qui dans Je t'aime moi non plus arrivait à d'authentiques moments de grâce en filmant les ébats sodomites de ses personnages dans une décharge publique .

Et dans un autre temps , on eut pu imaginer Dewaere et Depardieu dans les rôles titres . Celui-ci fait d'ailleurs une apparition affublé d'un chapeau brésilien en devin ...de supermarché...aussi pathétique que le Marlon Brando enfariné de L'ile du docteur Moreau [Blu-ray].... Récemment un film mettant en scène un autiste et une femme rejetée pour sa laideurMary et Max , nous donnait envie de se mettre du côté des perdants et questionnait notre échelle des valeurs de tolérance et d'humanisme .

A l'image de la révolution de Not et Dead ( les surnoms des personnages ) , le Grand Soir est plein d'ambitions jamais réalisées. Plutôt se rallier à la consommation à outrance que de finir SDF,idiots et sans avenir , comme nos deux héros ! Les auteurs loupent complètement leur sujet , et plutôt que d'appeler à la révolution , le film candidate au à l'appel au suicide : nos valeurs sont pourries , notre monde sans espoir , ni amour et nos héros des minables de la France d'en bas...

D'ailleurs le film n'a pas de fin : il aurait pu durer deux heures de plus... ou s'arrêter au bout de 20 minutes...puisqu'il ne se passe rien de plus que le pitch proposé...

On met deux étoiles en souvenir des fous rires gras, trash et insolent de Groland ...
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